21 Et lorsque furent accomplis les huit jours pour sa circoncision, il fut appelé du nom de Jésus, nom indiqué par l'ange avant sa conception. |
22 Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la Loi de Moïse, ils l'emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, |
23 selon qu'il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur, |
24 et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. |
25 Et voici qu'il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux; il attendait la consolation d'Israël et l'Esprit Saint reposait sur lui. |
26 Et il avait été divinement averti par l'Esprit Saint qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Christ du Seigneur. |
27 Il vint donc au Temple, poussé par l'Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard, |
28 il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit : |
29 " Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s'en aller en paix ; |
30 car mes yeux ont vu ton salut, |
31 que tu as préparé à la face de tous les peuples, |
32 lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. " |
33 Son père et sa mère étaient dans l'étonnement de ce qui se disait de lui. |
34 Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : " Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction - |
35 et toi-même, une épée te transpercera l'âme ! - afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. " |
36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d'Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari, |
37 elle était restée veuve; parvenue à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. |
38 Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. |
En complément des autres parallèles bibliques, l'évangéliste raconte aujourd'hui comment Jésus, à l'exemple de l'ancien prophète Samuel, fut porté au Temple afin de consacrer le Premier-né à Dieu. Mais, à la différence des autres premiers-nés, qui étaient seulement, pour ainsi dire, symboliquement «offerts en sacrifice» à Dieu et rachetés auprès de Lui par des animaux sacrificiels (par exemple une paire de colombes, cf. Lévitique 12), Jésus Lui-même est appelé «rédemption», terme qui se rapporte au sacrifice.
Jésus dans le Temple devient à la fois sacrifice, signe, salut et accomplissement des prophéties, récapitulant en Lui tous les symboles et réalités bibliques. Pour l'évangéliste Luc, c'est précisément ce moment qui devient le sacrifice dans lequel le Christ accomplit la rédemption du peuple et des «païens».
Devenu participant de ce service, Siméon a accompli sa destinée en ce monde et peut maintenant partir, montrant aux lecteurs de l'Évangile que leur but, eux aussi, dans cette vie, est de devenir participants de la rédemption et du salut du monde.
26 Et il avait été divinement averti par l'Esprit Saint qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Christ du Seigneur. |
Il existe dans le monde des hommes d'une seule pensée, d'un seul but, d'une seule idée. Et si l'idée ou le but en vaut la peine, Dieu peut aller à la rencontre de tels hommes. Il en fut ainsi de Syméon. Il ne voulait qu'une chose : voir le Messie. De ses propres yeux. Vivre jusqu'au jour où le Messie viendrait. Et Dieu le lui avait promis.
Certes, dans le peuple juif, on attendait alors le Messie, sinon tous, du moins beaucoup. Mais on L'attendait de différentes manières. D'une manière ou d'une autre, chacun L'attendait sans doute. La question est seulement de savoir comment. Certains L'attendaient plus ou moins. En principe, ils n'auraient pas été contre Le voir et Le rencontrer, mais... seulement plus ou moins. En tout cas, l'attente du Messie n'était pas pour de telles personnes l'affaire principale de la vie. S'Il était venu de leur vivant, eh bien, eux aussi auraient sans doute été parmi ceux qui L'accueillaient. Si leurs affaires le leur avaient permis.
D'autres L'attendaient avec plus d'impatience, avec espérance. C'étaient d'ordinaire des personnes profondément religieuses et religieusement actives ; pour elles, la venue du Messie signifiait le sommet de leur propre vie religieuse, et elles ne doutaient pas qu'en ce jour elles seraient aux premiers rangs de ceux qui L'accueilleraient. Elles étaient en outre certaines que le Messie viendrait d'abord précisément pour elles. Il y en avait beaucoup parmi les membres de la fraternité pharisienne, mais il y en avait bien sûr aussi d'autres, sans rapport direct avec les pharisiens, qui L'attendaient avec la même espérance. Pour de telles personnes, le Messie et le Royaume étaient le sens et le centre de leur vie religieuse.
Mais il y avait, comme on le voit, encore une autre catégorie de ceux qui attendaient la venue du Messie, probablement très peu nombreuse. Ces hommes attendaient le Messie parce qu'Il était non seulement le principal, mais l'unique sens de leur vie. Ou, plus exactement, le Messie et le Royaume étaient proprement leur vie : ils n'en connaissaient pas d'autre. Sans doute seuls de tels hommes pourraient-ils être appelés chrétiens avant le Christ au sens strict : ils vivaient déjà de ce qui est dans l'éternité de Dieu mais n'était pas encore entré dans notre monde déchu. Ils en vivaient, bien sûr, comme d'une attente et d'un pressentiment, mais ils en vivaient. Et, évidemment, chacun d'eux aurait été heureux de voir le Messie de ses propres yeux. Pour eux, ce n'était pas le sommet de leur propre vie, mais sa source, la vie elle-même qui leur était ouverte en plénitude.
Bien sûr, cela ne fut pas donné à tous : beaucoup durent toucher la mort, le sheol, le monde des ombres sur le chemin vers la plénitude de cette vie qu'ils pressentaient. Syméon fut plus heureux : il vit le Messie non depuis le sheol, où il n'avait pas encore eu le temps de descendre, mais depuis le monde des vivants. Et maintenant, même le sheol ne lui faisait plus peur : car pour lui, le temps était déjà terminé. L'éternité du Royaume avait commencé, et avec elle la plénitude des temps.
26 Et il avait été divinement averti par l'Esprit Saint qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Christ du Seigneur. |
Dans l'Évangile selon Luc, il est question d'une personne mystérieuse que nous ne connaissons que par cet évangéliste, car aucune autre source ne donne de renseignements sur elle. Il s'agit d'un homme nommé Shiméon, ou Siméon, dont il est dit qu'il attendait la «consolation d'Israël», c'est-à-dire la venue du Messie, et que l'Esprit Saint était sur lui. On peut en conclure que Siméon était soit prophète, soit l'un de ces maîtres sages de la Torah dont l'expérience de la révélation était comparable à celle des prophètes.
De tels hommes, bien sûr, n'ont jamais été nombreux, mais dans l'histoire juive on ne trouvera guère d'époque où il n'y en ait pas eu du tout. À en juger par les paroles de l'évangéliste, Siméon s'adressait souvent à Dieu dans la prière pour qu'Il lui donne de voir le Messie, que beaucoup, sinon tous, attendaient à cette époque. Et, visiblement, en réponse à ses prières, Siméon reçut la révélation qu'il verrait réellement Celui qu'il attendait tant avant de mourir. Une telle promesse était bien sûr un don merveilleux de Dieu à cet homme. Mais la position de Siméon lui-même a aussi joué un rôle certain.
On peut attendre le Messie de différentes manières. On peut L'attendre en passant, sans L'oublier tout à fait, mais sans L'avoir constamment en vue. Attendre en comprenant qu'on ne L'attendra pas, selon toute apparence, et qu'il ne vaut donc pas la peine de faire de cette attente le sens de sa vie. Et l'on peut attendre comme Siméon, en faisant justement de cette attente le seul but, l'unique sens de sa vie terrestre. Une telle attente peut paraître déraisonnable, car il n'y a pas de garanties. Mais, d'un autre côté, la vie de chacun de nous n'a de sens que dans la mesure où elle s'achève dans le Royaume. Sinon, tôt ou tard, elle s'en va dans le néant.
Déjà pour cette raison, la rencontre avec le Messie ne peut pas ne pas être le but principal de chacun de nous, si nous prenons notre vie au sérieux. Et si l'on vit ainsi, Dieu vient à notre rencontre. Même si nos représentations de Lui ou de Son Messie ne correspondent pas entièrement, ou pas du tout, à la réalité. Ce qui importe, c'est ce que nous voulons et vers quoi nous tendons, non la manière dont nous nous représentons ce en quoi nous plaçons le but et le sens de notre vie. Au bout du compte, Dieu est unique, le Messie est unique, et le Royaume aussi est unique. Et tout chercheur sincère trouvera au terme du chemin précisément ceux-là, et non autre chose.
29 " Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s'en aller en paix ; |
30 car mes yeux ont vu ton salut, |
31 que tu as préparé à la face de tous les peuples, |
32 lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. " |
Le juste Syméon attendait le Messie. Bien sûr, il n'était pas le seul. En ces temps-là, en Judée, beaucoup attendaient le Messie, sinon tous. Mais ils l'attendaient de manières différentes. Syméon l'attendait de tout son coeur. Attendre le Messie était devenu l'unique sens de sa vie. Bien sûr, pour un juste, la mort, le départ au shéol, ne changeaient rien de radical. Après tout, lorsque le Messie viendra et que viendra le jour de la résurrection générale et du Jugement, tous sortiront du shéol. Ils reviendront à la plénitude de la vie, du moins jusqu'au Jugement.
Car devant Dieu l'homme doit se présenter précisément dans sa plénitude, dans la plus grande plénitude qui lui ait été ouverte et qu'il ait su contenir. Afin qu'il devienne clair ce que l'homme peut. Ce n'est pas une compétition, mais bien une évaluation: peut-on confier le Royaume à l'homme? Et si oui, dans quelle mesure? Mais traverser la mort et le shéol est une chose; rencontrer le Messie dès cette vie en est une autre.
Beaucoup ont rêvé d'une telle rencontre, ils en ont rêvé en tout temps. Et Syméon vivait de cette espérance. Et Dieu lui avait promis qu'il verrait le Messie. De ses propres yeux. De son vivant. Sans descendre au shéol. Et voici que la promesse de Dieu s'est accomplie. Devant Syméon se tenait le Messie. L'attente s'est achevée par la rencontre. Pour Syméon, c'était la Rencontre avec une majuscule: il avait compris Qui il voyait. Et maintenant il pouvait partir en paix. Quitter ce monde. Non seulement parce que la promesse de Dieu s'était accomplie, mais aussi parce qu'avec le Messie le Royaume était entré dans le monde.
Il ne s'était pas encore déployé, mais il était déjà là, dans notre monde déchu. Cela signifie que la mort cessait désormais d'être un simple départ vers le shéol, comme auparavant. Ce n'est pas par hasard que le mot grec correspondant signifie non seulement «laisser partir», mais aussi «libérer». Il ne s'agit pas seulement du fait que Syméon était lié par l'attente de la venue du Messie. Il s'agit du fait qu'avant la venue du Messie, la seule alternative à la vie terrestre pour lui était le shéol. Désormais apparaissait une autre alternative: le Royaume. Syméon était libre. Comme l'étaient aussi les centaines de justes qui avaient achevé leur chemin terrestre avant lui et qui attendaient eux aussi le Messie, ou du moins pressentaient le Royaume. «Mes yeux ont vu ton salut». Et maintenant je suis libre. Devant moi: le Messie et le Royaume.
33 Son père et sa mère étaient dans l'étonnement de ce qui se disait de lui. |
La prophétie de Syméon fut inattendue pour Joseph et Marie. Ils s'étonnent. Cela peut paraître étrange : tous deux connaissaient pourtant la bonne nouvelle que le messager de Dieu avait annoncée à Marie avant même la naissance de Jésus. Et pourtant ils sont étonnés. Pourquoi ? Ici se manifeste sans doute la nature de l'homme déchu. Les particularités de la mémoire humaine. Et aussi de la perception humaine. En effet, le fonctionnement de la mémoire, comme celui de toute la nature humaine, physique et psychique, est déterminé par l'état spirituel de l'homme. Or la question de l'état spirituel est la question de ce qui prédomine dans ce flux de vie humaine que la Bible appelle l'âme, et qu'un philosophe contemporain appellerait peut-être l'existence.
Selon le dessein de Dieu, la vie de l'âme humaine devait être déterminée par le souffle de vie que Dieu avait donné à l'homme lors de la création. Par le souffle de Dieu. Mais chez l'homme déchu, selon le témoignage de la Bible, l'âme est « dans le sang ». Comme chez les animaux. Et sa qualité est déterminée, comme chez les animaux, par la nature et non par l'esprit. Or la mémoire est l'une des capacités de l'âme. L'une des fonctions de la nature psychique de l'homme.
L'homme ne peut retenir que ce qui est, au moins dans une certaine mesure, apparenté à sa propre vie. Et plus c'est apparenté, mieux, plus pleinement, plus profondément l'homme retient tel ou tel événement. Plus longtemps et plus nettement il s'en souvient. Plus l'événement lui-même devient réel pour lui. Inversement, ce qui ne touche la vie de l'homme qu'en partie, ce qui ne lui est pas apparenté, ce qui, bien qu'en soi beau, étonnant et tout à fait extraordinaire, dépasse manifestement le niveau spirituel ordinaire de sa vie, demeurera dans la mémoire humaine comme quelque chose de pas tout à fait réel.
Comme quelque chose dont on se souvient comme d'un beau rêve, mais tout de même plutôt comme d'un rêve que comme d'une réalité. Et même si la vie quotidienne rappelle sans cesse que ce qui paraissait être un rêve n'en était pas un, l'acuité de la perception s'émousse presque inévitablement. Alors tout devient ordinaire. Et vient à l'esprit la pensée : et si tout n'était pas du tout ainsi ? Et si rien de particulier ne s'était passé ? Et s'il n'y avait rien d'extraordinaire devant nous ?
Bien sûr, ni Joseph ni Marie ne pouvaient oublier ce qui leur avait été dit au sujet de Jésus. Ils attendaient sans doute quelque chose d'inhabituel. Et pourtant ce qui arrive devient pour eux une surprise attendue. Tout dépend en effet de la manière de percevoir. De ce qui domine dans le regard : l'esprit ou la nature. Si c'est la nature, alors le Royaume lui-même devient une surprise attendue. Mais ce n'est pas l'essentiel. L'essentiel est la manière dont l'homme répond à cette surprise attendue. Accueillera-t-il ce qui entre dans sa vie, ou le rejettera-t-il ? Fera-t-il un pas vers le Royaume, même dans l'étonnement et l'incompréhension, ou restera-t-il dehors ?
21 Et lorsque furent accomplis les huit jours pour sa circoncision, il fut appelé du nom de Jésus, nom indiqué par l'ange avant sa conception. |
22 Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la Loi de Moïse, ils l'emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, |
23 selon qu'il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur, |
24 et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. |
25 Et voici qu'il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux; il attendait la consolation d'Israël et l'Esprit Saint reposait sur lui. |
26 Et il avait été divinement averti par l'Esprit Saint qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Christ du Seigneur. |
27 Il vint donc au Temple, poussé par l'Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard, |
28 il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit : |
29 " Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s'en aller en paix ; |
30 car mes yeux ont vu ton salut, |
31 que tu as préparé à la face de tous les peuples, |
32 lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. " |
33 Son père et sa mère étaient dans l'étonnement de ce qui se disait de lui. |
34 Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : " Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction - |
35 et toi-même, une épée te transpercera l'âme ! - afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. " |
36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d'Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari, |
37 elle était restée veuve; parvenue à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. |
38 Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. |
39 Et quand ils eurent accompli tout ce qui était conforme à la Loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. |
40 Cependant l'enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui. |
41 Ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque. |
42 Et lorsqu'il eut douze ans, ils y montèrent, comme c'était la coutume pour la fête. |
43 Une fois les jours écoulés, alors qu'ils s'en retournaient, l'enfant Jésus resta à Jérusalem à l'insu de ses parents. |
44 Le croyant dans la caravane, ils firent une journée de chemin, puis ils se mirent à le rechercher parmi leurs parents et connaissances. |
45 Ne l'ayant pas trouvé, ils revinrent, toujours à sa recherche, à Jérusalem. |
46 Et il advint, au bout de trois jours, qu'ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant; |
47 et tous ceux qui l'entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses. |
48 A sa vue, ils furent saisis d'émotion, et sa mère lui dit : " Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! ton père et moi, nous te cherchons, angoissés. " |
49 Et il leur dit : " Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? " |
50 Mais eux ne comprirent pas la parole qu'il venait de leur dire. |
51 Il redescendit alors avec eux et revint à Nazareth; et il leur était soumis. Et sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur. |
52 Quant à Jésus, il croissait en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes. |
Chaque homme sait qu'un jour il mourra. La mort est un phénomène unique: elle est parfaitement évidente et parfaitement fermée à ceux qui ne l'ont pas encore traversée. Dieu parle avec l'homme, et celui-ci demeure vivant. À partir de ce passage évangélique, on peut dire que l'homme qui parle avec Dieu, non pas n'importe comment, mais face à face, reçoit à la fois la vie et la mort: une vie pleine de sa présence, lumière de révélation pour tous, et la mort comme accomplissement de la promesse, comme possibilité de la rencontre pleine et définitive.
21 Et lorsque furent accomplis les huit jours pour sa circoncision, il fut appelé du nom de Jésus, nom indiqué par l'ange avant sa conception. |
22 Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la Loi de Moïse, ils l'emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, |
23 selon qu'il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur, |
24 et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. |
25 Et voici qu'il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux; il attendait la consolation d'Israël et l'Esprit Saint reposait sur lui. |
26 Et il avait été divinement averti par l'Esprit Saint qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Christ du Seigneur. |
27 Il vint donc au Temple, poussé par l'Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard, |
28 il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit : |
29 " Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s'en aller en paix ; |
30 car mes yeux ont vu ton salut, |
31 que tu as préparé à la face de tous les peuples, |
32 lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. " |
33 Son père et sa mère étaient dans l'étonnement de ce qui se disait de lui. |
34 Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : " Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction - |
35 et toi-même, une épée te transpercera l'âme ! - afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. " |
36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d'Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari, |
37 elle était restée veuve; parvenue à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. |
38 Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. |
39 Et quand ils eurent accompli tout ce qui était conforme à la Loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. |
40 Cependant l'enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui. |
41 Ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque. |
42 Et lorsqu'il eut douze ans, ils y montèrent, comme c'était la coutume pour la fête. |
43 Une fois les jours écoulés, alors qu'ils s'en retournaient, l'enfant Jésus resta à Jérusalem à l'insu de ses parents. |
44 Le croyant dans la caravane, ils firent une journée de chemin, puis ils se mirent à le rechercher parmi leurs parents et connaissances. |
45 Ne l'ayant pas trouvé, ils revinrent, toujours à sa recherche, à Jérusalem. |
46 Et il advint, au bout de trois jours, qu'ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant; |
47 et tous ceux qui l'entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses. |
48 A sa vue, ils furent saisis d'émotion, et sa mère lui dit : " Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! ton père et moi, nous te cherchons, angoissés. " |
49 Et il leur dit : " Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? " |
50 Mais eux ne comprirent pas la parole qu'il venait de leur dire. |
51 Il redescendit alors avec eux et revint à Nazareth; et il leur était soumis. Et sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur. |
52 Quant à Jésus, il croissait en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes. |
La lecture d’aujourd’hui poursuit le récit des témoignages liés à la Nativité. Et si les premiers témoins furent les bergers, voici que viennent maintenant à leur place les justes et les prophètes. À première vue, ces gens ne ressemblent pas du tout à de simples bergers. Mais il y a quelque chose de commun qui les unit : tous attendent le Messie et sont prêts à L’accueillir tel qu’Il est. Pour le prophète, ce qui compte le plus est la révélation reçue de Dieu ; il entend Dieu directement, et la question de savoir s’il peut faire confiance à ce qu’il a entendu ne se pose pas pour lui.
L’expérience prophétique de la communication directe avec Dieu est bien sûr chaque fois unique, mais malgré toute son unicité, aucun de ceux qui ont eu à entendre la voix de Dieu ne se demandait, comme disent les théologiens modernes, s’il fallait une vérification théologique : tout prophète reçoit la révélation obtenue comme une indication directe pour agir. Et si Dieu désigne l’enfant porté au Temple comme le Messie, alors cet enfant est réellement le Messie, quoi que l’on dise et quels que soient les doutes exprimés à ce sujet par les rabbins savants et les enseignants de la Torah.
La justice est un phénomène d’un autre ordre, mais il est souvent donné au juste, lui aussi, d’entendre Dieu. Et si parfois son ouïe mystique n’est pas aussi aiguë que celle du prophète, l’habitude de faire confiance à Dieu sans réserve aide le juste à s’assurer de l’authenticité de la révélation reçue. Ces personnes sont apparentées aux simples bergers non seulement par l’attente du Messie, mais aussi par leur attitude envers Dieu et envers la volonté de Dieu. On pourrait dire que, contrairement par exemple à ces mêmes pharisiens, elles sont peu religieuses. Bien sûr, elles sont toutes membres de la Synagogue, mais là, visiblement, elles ne sont pas au premier rang : il y a là des gens dont l’activité les rend peu visibles, et parfois même tout à fait invisibles.
Dans les controverses théologiques et politico-religieuses, si fréquentes dans les synagogues des temps évangéliques, elles ne participent, semble-t-il, que rarement et à contrecœur, ou pas du tout. Elles n’appartiennent à aucune école religieuse et, peut-être, n’ont même pas ce qu’on appelle ordinairement une vision religieuse du monde. Elles font simplement confiance à Dieu, qui est depuis longtemps devenu le centre et le sens de leur vie, et elles vivent en écoutant attentivement ce qu’Il leur dira. Ou bien elles gardent leurs troupeaux, comme les bergers de Bethléem. Certes, comparées aux théologiens savants, elles peuvent paraître simples et même, comme les bergers, ignorantes. Mais en revanche, elles n’auront aucun problème d’interprétation théologique de ce qu’elles ont entendu de Dieu. Ni de doutes superflus sur la fiabilité de ce qu’elles ont entendu. Voilà pourquoi il leur est donné de voir le Messie avant les autres. Y compris avant ceux qui étaient certains de Le voir les premiers.
22 Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la Loi de Moïse, ils l'emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, |
23 selon qu'il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur, |
24 et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. |
25 Et voici qu'il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux; il attendait la consolation d'Israël et l'Esprit Saint reposait sur lui. |
26 Et il avait été divinement averti par l'Esprit Saint qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Christ du Seigneur. |
27 Il vint donc au Temple, poussé par l'Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard, |
28 il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit : |
29 " Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s'en aller en paix ; |
30 car mes yeux ont vu ton salut, |
31 que tu as préparé à la face de tous les peuples, |
32 lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. " |
33 Son père et sa mère étaient dans l'étonnement de ce qui se disait de lui. |
34 Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : " Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction - |
35 et toi-même, une épée te transpercera l'âme ! - afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. " |
36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d'Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari, |
37 elle était restée veuve; parvenue à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. |
38 Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. |
39 Et quand ils eurent accompli tout ce qui était conforme à la Loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. |
40 Cependant l'enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui. |
Nous lisons dans l’Évangile comment l’Enfant Jésus est apporté pour la première fois au Temple, ce qui s’y passe et ce qu’on en dit. Connaissant l’histoire évangélique et nous souvenant que, pendant les vingt siècles écoulés, Jésus demeure un « signe de contradiction », nous ne pouvons nous étonner de rien. Le prophète Malachie nous ramène à ce qui nous échappe sur le fond des paroles lourdes de la prophétie de Syméon. La première apparition du Sauveur dans le Temple est décrite ainsi : « soudain viendra dans Son Temple le Seigneur que vous cherchez ». Tout ici déconcerte. L’homme sait-il quel Dieu il cherche ? Cherchons-nous l’Enfant qui provoque sans cesse contradictions et querelles ? Tu attends Dieu, et soudain on apporte un petit Enfant, et tu te trouves devant la nécessité d’accepter que c’est précisément Lui qui est lumière pour éclairer les nations et gloire d’Israël.
22 Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la Loi de Moïse, ils l'emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, |
23 selon qu'il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur, |
24 et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. |
25 Et voici qu'il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux; il attendait la consolation d'Israël et l'Esprit Saint reposait sur lui. |
26 Et il avait été divinement averti par l'Esprit Saint qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Christ du Seigneur. |
27 Il vint donc au Temple, poussé par l'Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard, |
28 il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit : |
29 " Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s'en aller en paix ; |
30 car mes yeux ont vu ton salut, |
31 que tu as préparé à la face de tous les peuples, |
32 lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. " |
33 Son père et sa mère étaient dans l'étonnement de ce qui se disait de lui. |
34 Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : " Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction - |
35 et toi-même, une épée te transpercera l'âme ! - afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. " |
36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d'Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari, |
37 elle était restée veuve; parvenue à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. |
38 Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. |
39 Et quand ils eurent accompli tout ce qui était conforme à la Loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. |
40 Cependant l'enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui. |
Le mot « sretenie » est slave ; en russe, il signifie « rencontre ». De quelle rencontre s’agit-il donc ? De la rencontre des parents du Sauveur avec Syméon ? De leur rencontre avec la prophétesse Anne ? Bien sûr, de cela aussi. Mais en premier lieu, le récit évangélique nous parle de la rencontre du peuple de Dieu avec son Messie.
Que ce peuple se soit trouvé représenté par ceux qui attendaient la venue du Messie n’a rien d’étonnant. Ce qui étonne est autre chose : au nom du peuple, ce ne sont pas les personnes qui semblaient les plus connues parmi ceux qui l’attendaient qui le rencontrent. Certes, il n’est pas question ici du sacerdoce du Temple : le sacerdoce se montrait justement réservé et sceptique à l’égard des attentes messianiques populaires. Mais il y avait aussi la Synagogue ; dans le milieu synagogal, les attentes messianiques étaient alors très intenses. Et pourtant Dieu montra le Messie non aux chefs de la Synagogue, mais à des personnes certes connues, mais qui n’appartenaient pas au nombre des dirigeants du peuple.
Le choix peut paraître étrange, mais à y regarder de plus près, il est tout à fait explicable. Le Messie, bien sûr, était attendu alors dans le peuple juif sinon par tous, du moins par un très grand nombre. Mais la plupart de ceux qui l’attendaient avaient leurs propres représentations du Messie, de ce qu’il devait être et de ce qu’il devait faire. Or lui, entre-temps, n’avait nullement l’intention de faire presque rien de ce que le peuple simple comme les rabbins savants attendaient du Messie.
On attendait du Messie le rétablissement d’un État juif indépendant et fort, l’expulsion des païens de la terre sainte, l’établissement d’un nouveau gouvernement fondé sur la Torah, qui deviendrait l’âge d’or d’Israël. Et, bien sûr, on attendait de lui des miracles, de tels miracles qui résoudraient d’un seul coup tous les problèmes du peuple dans son ensemble comme de chacun de ceux qui lui appartenaient en particulier.
Tous attendaient le triomphe, et personne n’attendait le Jugement. Seul Syméon, qui possédait le don prophétique, comprit tout correctement. Il comprit que le Messie est Celui qui fera tomber beaucoup d’hommes et en relèvera beaucoup, comme on pouvait s’y attendre au jour du Jugement. Un tel homme pouvait voir le Messie : cela n’aurait fait naître en lui ni attentes excessives et injustifiées, ni agitation inutile. Tous les autres devaient encore attendre. Attendre le jour où le Père ferait entrer le Fils dans son ministère terrestre.
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