À quel point la Révélation donnée par Dieu par le Seigneur Jésus-Christ s'est révélée nouvelle se voit dans le trouble des disciples, dont nous lisons aujourd'hui le récit dans le passage évangélique. Le Seigneur parle de réalités invisibles et utilise pour cela des analogies tirées de la vie quotidienne. Mais Ses disciples, même en discutant de Ses paroles, pensent encore dans les cadres de la religiosité humaine. Ils supposent que le Seigneur leur reproche de n'avoir pas pris de pain et que, là où ils se rendent, ils devront recourir à une nourriture passée par les mains des pharisiens. Ainsi, sous le pouvoir soviétique, on ne pouvait pas venir au département militaire en jean, parce que c'était le «pantalon de l'ennemi supposé».
Le Seigneur, lui, ne parle pas de séparation rituelle d'avec quelqu'un, mais de la manière de penser et d'agir des pharisiens et des partisans d'Hérode. L'évangéliste Luc, au chapitre 12, rapporte Ses paroles ainsi: «gardez-vous du levain des pharisiens, qui est l'hypocrisie». Au fond, les disciples manifestent précisément à ce moment-là ce contre quoi le Christ les met en garde. L'expérience de la communauté des disciples du Christ dit que cette tentation du pharisaïsme, propre à la nature humaine déchue, est toujours près de nous. Et en lisant aujourd'hui ce récit, il est utile de penser non pas au manque de perspicacité des disciples, mais à la quantité de pareille confusion dans notre propre vie.
