16 Il lui dit : « Un homme faisait un grand dîner, auquel il invita beaucoup de monde. |
17 À l’heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : « Venez ; maintenant tout est prêt. » |
18 Et tous, comme de concert, se mirent à s’excuser. Le premier lui dit : « J’ai acheté un champ et il me faut aller le voir ; je t’en prie, tiens-moi pour excusé. » |
19 Un autre dit : « J’ai acheté cinq paires de bœufs et je pars les essayer ; je t’en prie, tiens-moi pour excusé. » |
20 Un autre dit : « Je viens de me marier, et c’est pourquoi je ne puis venir. » |
21 « À son retour, le serviteur rapporta cela à son maître. Alors, pris de colère, le maître de maison dit à son serviteur : « Va-t’en vite par les places et les rues de la ville, et introduis ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux. » |
22 « Maître, dit le serviteur, tes ordres sont exécutés, et il y a encore de la place. » |
23 Et le maître dit au serviteur : « Va-t’en par les chemins et le long des clôtures et fais entrer les gens de force, afin que ma maison se remplisse. |
24 Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon dîner. » » |
Les mots «beaucoup sont appelés, mais peu sont élus» sont souvent compris comme l'affirmation d'un certain élitisme. Pourtant, si l'on regarde la parabole plus attentivement, on peut remarquer autre chose. Le festin avait été préparé pour un certain nombre d'invités, qui ont refusé de venir. À leur place, on en a invité d'autres, et leur nombre était sans doute à peu près le même. Mais ensuite on a appelé encore d'autres invités; les élus se sont donc trouvés, au contraire, plus nombreux que les appelés du début. Peut-être cette contradiction apparente a-t-elle troublé l'évangéliste Matthieu et l'a-t-elle conduit à ajouter l'épisode de l'expulsion du nombre des élus.
Mais nous savons bien que, lorsque nous parlons d'une contradiction apparente, il s'agit d'un message important pour nous. Rappelons ces paroles: «Le serviteur dit: maître, ce que tu as ordonné a été fait, et il y a encore de la place». Il nous semble que dans ces mots, «il y a encore de la place», se trouve une indication très importante: dans quelque état désespéré que nous soyons, même s'il nous semble que maintenant «l'abîme va refermer sur moi sa bouche» (Ps 68:16), il y a toujours cette espérance qu'«il y a encore de la place», et qu'en vérité elle existe.
Mais ce refrain sévère résonne tout de même: beaucoup sont appelés, peu sont élus. Oui, et qui a dit que la sévérité soit mauvaise? La sévérité est bonne jusqu'à la limite où celui à qui elle s'applique ne commence pas à tomber dans la dépression, le désespoir, l'abattement, etc. Là, il faut d'urgence remplacer la sévérité par la tendresse.
Bien sûr, il faut sentir qu'une personne est au bord de cette limite. Aucun être humain n'en est capable, même si nous nous rassurons par notre sensibilité intérieure. Mais «ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu». Et Lui place toujours, à côté de la sévérité, une bonté sans limites. Ensuite, Il doit accorder le coeur de l'homme à recevoir l'une ou l'autre, selon l'état où se trouve cette personne. Et cela Lui réussit toujours bien, si l'homme L'aime.
16 Il lui dit : « Un homme faisait un grand dîner, auquel il invita beaucoup de monde. |
17 À l’heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : « Venez ; maintenant tout est prêt. » |
18 Et tous, comme de concert, se mirent à s’excuser. Le premier lui dit : « J’ai acheté un champ et il me faut aller le voir ; je t’en prie, tiens-moi pour excusé. » |
19 Un autre dit : « J’ai acheté cinq paires de bœufs et je pars les essayer ; je t’en prie, tiens-moi pour excusé. » |
20 Un autre dit : « Je viens de me marier, et c’est pourquoi je ne puis venir. » |
21 « À son retour, le serviteur rapporta cela à son maître. Alors, pris de colère, le maître de maison dit à son serviteur : « Va-t’en vite par les places et les rues de la ville, et introduis ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux. » |
22 « Maître, dit le serviteur, tes ordres sont exécutés, et il y a encore de la place. » |
23 Et le maître dit au serviteur : « Va-t’en par les chemins et le long des clôtures et fais entrer les gens de force, afin que ma maison se remplisse. |
24 Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon dîner. » » |
En bref, le sens principal de la parabole des invités au banquet est que prennent part au festin non pas ceux à qui cela « revient », mais ceux qui en ont besoin. Le serviteur invite ceux qui sont proches de celui qui a organisé le festin, ceux qui avaient déjà été avertis de la fête préparée. Il est évident que le Seigneur vise les Juifs, à qui avait été donnée la foi au Dieu unique et qui attendaient la venue du Christ. Pour nous, il est toutefois essentiel de garder à l'esprit que les soucis immédiats d'ordre matériel ne détournent pas de la participation au Royaume les seuls Juifs. Grâce à deux mille ans de développement de la culture chrétienne, nous sommes tous, d'une manière ou d'une autre, avertis d'avance. Même sans avoir lu l'Évangile, nous savons que l'Église existe, que le Christ et Sa résurrection existent, que la foi et Dieu existent.
Il est tout aussi important de voir quels hommes viennent tout de même à ce festin. Les pauvres, les aveugles, les estropiés : ceux qui en ont le plus besoin. Le fait qu'ils n'aient pas été invités dès le début ne signifie pas qu'ils soient des hommes de seconde catégorie : le genre de la parabole a tout de même ses limites. Le Royaume des Cieux est bien sûr proposé à tous, et chacun de nous, selon son propre choix, se trouve soit invité mais ayant refusé, soit dans le besoin et ayant accepté de venir. Certes, la foi est un don de l'Esprit Saint ; mais, comme l'a dit le Christ, nous ne savons pas d'où Il vient ni où Il va. Pour que ce don advienne malgré tout, pour qu'il devienne réalité, notre décision est sans aucun doute nécessaire, ainsi que notre disponibilité à demander ce don et à en user. Cette décision, avoir besoin de Dieu, répondre et venir au festin dans le Royaume des Cieux, est précisément l'essentiel pour quoi la volonté et la liberté nous ont été données.
16 Il lui dit : « Un homme faisait un grand dîner, auquel il invita beaucoup de monde. |
17 À l’heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : « Venez ; maintenant tout est prêt. » |
18 Et tous, comme de concert, se mirent à s’excuser. Le premier lui dit : « J’ai acheté un champ et il me faut aller le voir ; je t’en prie, tiens-moi pour excusé. » |
19 Un autre dit : « J’ai acheté cinq paires de bœufs et je pars les essayer ; je t’en prie, tiens-moi pour excusé. » |
20 Un autre dit : « Je viens de me marier, et c’est pourquoi je ne puis venir. » |
21 « À son retour, le serviteur rapporta cela à son maître. Alors, pris de colère, le maître de maison dit à son serviteur : « Va-t’en vite par les places et les rues de la ville, et introduis ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux. » |
22 « Maître, dit le serviteur, tes ordres sont exécutés, et il y a encore de la place. » |
23 Et le maître dit au serviteur : « Va-t’en par les chemins et le long des clôtures et fais entrer les gens de force, afin que ma maison se remplisse. |
24 Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon dîner. » » |
Le sens de la parabole racontée par Jésus sur les appelés et les élus est tout à fait clair et ne demande aucune explication. Pourtant, des questions subsistent. Et la principale est d’ordre pratique : elle concerne nos propres choix spirituels et nos choix de vie. Si seuls des gens en difficulté trouvent place à table, cela signifie-t-il qu’il n’y aura pas de place pour nous à cette table à moins que nous ne devenions nous-mêmes comme eux ?
Il existe une réponse traditionnelle à cette question : l’essentiel n’est pas ce que nous possédons ni ce dont nous disposons, mais notre manière de considérer ce que nous avons. Formellement, cette réponse peut être tenue pour parfaitement juste. Mais que signifie-t-elle concrètement pour nous ? Et quel était, au fond, le principal problème de ces gens à qui tout réussissait, que le maître de maison avait conviés à son festin ? Leurs biens ? Leur prospérité matérielle ou leur bien-être en tant que tels ? Sans doute pas.
Chacun de ces invités favorisés refuse l’invitation non parce qu’il possède quelque chose, ni même parce qu’il vient d’acquérir quelque chose d’important. Tous refusent parce que leurs acquisitions, quelles qu’elles soient, leur dictent une logique de comportement bien précise, entièrement déterminée par ce qu’ils ont acquis. C’est cette logique qui les conduit à décliner l’invitation.
À première vue, il pourrait sembler qu’il s’agit simplement de choisir entre deux conduites possibles, entre l’invitation et ses propres intérêts, en définitive entre le monde et le Royaume. Mais, si l’on réfléchit à la situation, il n’est pas difficile de voir qu’en réalité le choix se fait entre les relations et leur absence.
Le maître de maison n’avait pas invité ces gens sans raison : une amitié ancienne et apparemment profonde le liait manifestement à eux. Pourtant, au moment le plus joyeux et le plus important pour leur ami, chacun des invités a choisi non sa relation avec lui, mais son propre monde, sa propre vie, derrière lesquels il s’est retranché pour se couper de celui qui l’invitait. Le choix se fait, au fond, non entre différentes formes de vie spirituelle, mais entre la vie spirituelle et son absence, même si l’on voit dans le maître de maison non le Messie, mais un homme tout à fait ordinaire : car la vie spirituelle, ce sont précisément les relations, les relations avec Dieu, avec le Christ, avec le prochain.
Renoncer aux relations au profit de quoi que ce soit d’autre revient, en réalité, à renoncer à la vie spirituelle. Dans cette perspective, l’appel adressé à ceux qui n’ont rien devient compréhensible : rien ne les empêche d’apprécier l’importance des relations qui leur sont proposées, puisqu’ils ne possèdent rien qui puisse les leur masquer. Ce n’est peut-être pas la meilleure solution — chacun préférerait accueillir ses vieux amis plutôt que des gens de la rue, même toujours prêts à venir —, mais, dans la situation présente, c’est la seule possible.
16 Il lui dit : « Un homme faisait un grand dîner, auquel il invita beaucoup de monde. |
17 À l’heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : « Venez ; maintenant tout est prêt. » |
18 Et tous, comme de concert, se mirent à s’excuser. Le premier lui dit : « J’ai acheté un champ et il me faut aller le voir ; je t’en prie, tiens-moi pour excusé. » |
19 Un autre dit : « J’ai acheté cinq paires de bœufs et je pars les essayer ; je t’en prie, tiens-moi pour excusé. » |
20 Un autre dit : « Je viens de me marier, et c’est pourquoi je ne puis venir. » |
21 « À son retour, le serviteur rapporta cela à son maître. Alors, pris de colère, le maître de maison dit à son serviteur : « Va-t’en vite par les places et les rues de la ville, et introduis ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux. » |
22 « Maître, dit le serviteur, tes ordres sont exécutés, et il y a encore de la place. » |
23 Et le maître dit au serviteur : « Va-t’en par les chemins et le long des clôtures et fais entrer les gens de force, afin que ma maison se remplisse. |
24 Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon dîner. » » |
Tous ceux qui viennent à Jésus Lui posent en substance la même question, formulée le plus clairement par le « chef » inconnu dans le passage d'aujourd'hui : « Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » La formulation même de cette question suppose une action unique et précise. Dans l'original, elle signifie : « Qu'ayant fait, aurai-je en héritage la vie éternelle ? » C'est exactement ainsi que la traduction slavonne rend ces paroles : « Qu'ayant fait, aurai-je en héritage la vie éternelle ? » En posant une telle question au Christ, nous ne sentons généralement pas combien elle est dangereuse pour le cours habituel de notre vie. Le chef s'attend manifestement à ce qu'on lui propose de donner une certaine somme ou d'accomplir quelque acte cultuel. Plus tard, le hadj deviendra un exemple éclatant d'un tel acte : rends-toi en pèlerinage dans un certain lieu et tu mériteras la miséricorde du Tout-Puissant. Mais pour recevoir en héritage la vie éternelle, qui appartient à Dieu, il faut donner toute sa vie. C'est ce qu'implique la réponse du Christ, qui propose à ce prince de distribuer tout ce qu'il possède. Cela est difficile non seulement parce qu'il faut réellement donner toute sa vie à Dieu, mais aussi parce qu'il est terrible de tomber entre les mains du Dieu vivant. L'exploit de la confiance est l'un des plus difficiles et des plus importants.
16 Il lui dit : « Un homme faisait un grand dîner, auquel il invita beaucoup de monde. |
17 À l’heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : « Venez ; maintenant tout est prêt. » |
18 Et tous, comme de concert, se mirent à s’excuser. Le premier lui dit : « J’ai acheté un champ et il me faut aller le voir ; je t’en prie, tiens-moi pour excusé. » |
19 Un autre dit : « J’ai acheté cinq paires de bœufs et je pars les essayer ; je t’en prie, tiens-moi pour excusé. » |
20 Un autre dit : « Je viens de me marier, et c’est pourquoi je ne puis venir. » |
21 « À son retour, le serviteur rapporta cela à son maître. Alors, pris de colère, le maître de maison dit à son serviteur : « Va-t’en vite par les places et les rues de la ville, et introduis ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux. » |
22 « Maître, dit le serviteur, tes ordres sont exécutés, et il y a encore de la place. » |
23 Et le maître dit au serviteur : « Va-t’en par les chemins et le long des clôtures et fais entrer les gens de force, afin que ma maison se remplisse. |
24 Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon dîner. » » |
Il nous arrive de regarder des personnes spirituelles, des prêtres, des moines, ou simplement des laïcs dont nous savons qu’ils ont une foi très profonde, et il nous semble qu’ils sont proches de Dieu, qu’ils comptent parmi Ses amis les plus intimes et qu’Il les invitera à Son banquet. Et nous ? Nous sommes de simples pécheurs ; nous ne connaissons pas l’Écriture aussi bien qu’eux ; nous ne jeûnons probablement pas avec autant d’assiduité ; peut-être omettons-nous parfois notre règle de prière. Oui, tout cela est vrai. Mais, conscients de toute notre pauvreté spirituelle devant le Seigneur, nous devons toujours être prêts à une chose : répondre aussitôt qu’Il nous appellera. Et Il nous appellera, cela ne fait aucun doute. Les paroles « Beaucoup sont appelés, mais peu sont élus » sembleront peut-être à certains indiquer que le christianisme est une réalité spirituellement élitiste. Pourtant, nous comprenons tous que le christianisme est la foi principale sur terre et qu’il n’en est rien. Où se trouve donc l’apparente contradiction ? Il s’agit plutôt de ceci : « étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la vie, et peu nombreux sont ceux qui le trouvent » (Mt 7,14). Dieu est ouvert à chacun, mais seulement à celui qui le veut réellement et s’y applique, car « depuis lors, le Royaume de Dieu est annoncé, et chacun s’efforce d’y entrer » : c’est uniquement de cela qu’il est question ici.
15 À ces mots, l’un des convives lui dit : « Heureux celui qui prendra son repas dans le Royaume de Dieu ! » |
16 Il lui dit : « Un homme faisait un grand dîner, auquel il invita beaucoup de monde. |
17 À l’heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : « Venez ; maintenant tout est prêt. » |
18 Et tous, comme de concert, se mirent à s’excuser. Le premier lui dit : « J’ai acheté un champ et il me faut aller le voir ; je t’en prie, tiens-moi pour excusé. » |
19 Un autre dit : « J’ai acheté cinq paires de bœufs et je pars les essayer ; je t’en prie, tiens-moi pour excusé. » |
20 Un autre dit : « Je viens de me marier, et c’est pourquoi je ne puis venir. » |
21 « À son retour, le serviteur rapporta cela à son maître. Alors, pris de colère, le maître de maison dit à son serviteur : « Va-t’en vite par les places et les rues de la ville, et introduis ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux. » |
22 « Maître, dit le serviteur, tes ordres sont exécutés, et il y a encore de la place. » |
23 Et le maître dit au serviteur : « Va-t’en par les chemins et le long des clôtures et fais entrer les gens de force, afin que ma maison se remplisse. |
24 Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon dîner. » » |
25 Des foules nombreuses faisaient route avec lui, et se retournant il leur dit : |
26 « Si quelqu’un vient à moi sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et jusqu’à sa propre vie, il ne peut être mon disciple. |
27 Quiconque ne porte pas sa croix et ne vient pas derrière moi ne peut être mon disciple. |
28 « Qui de vous en effet, s’il veut bâtir une tour, ne commence par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ? |
29 De peur que, s’il pose les fondations et ne peut achever, tous ceux qui le verront ne se mettent à se moquer de lui, en disant : |
30 « Voilà un homme qui a commencé de bâtir et il n’a pu achever ! » |
31 Ou encore quel est le roi qui, partant faire la guerre à un autre roi, ne commencera par s’asseoir pour examiner s’il est capable, avec dix mille hommes, de se porter à la rencontre de celui qui marche contre lui avec vingt mille ? |
32 Sinon, alors que l’autre est encore loin, il lui envoie une ambassade pour demander la paix. |
33 Ainsi donc, quiconque parmi vous ne renonce pas à tous ses biens ne peut être mon disciple. |
34 « C’est donc une bonne chose que le sel. Mais si même le sel vient à s’affadir, avec quoi l’assaisonnera-t-on ? |
35 Il n’est bon ni pour la terre ni pour le fumier : on le jette dehors. Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! » |
Le Royaume de Dieu vient dans ce monde, mais l'homme doit faire un pas à sa rencontre, car il est semblable à un banquet de noces auquel chacun est invité, mais où tout le monde ne veut pas venir. Beaucoup de choses dépendent de ce pas, voilà pourquoi le Christ en parle avec des paroles si graves. Il peut tout demander à l'homme, jusqu'à s'oublier soi-même pour le Royaume. Pour faire ce pas, la Bonne Nouvelle doit devenir plus importante que les choses les plus importantes pour l'homme: la maison, les biens, la famille, l'assurance de l'avenir. (Le couple araméen «aimer-haïr» signifie ici simplement «préférer».)
Mais un pas sérieux exige une décision sérieuse (peut-être même plus sérieuse que la décision du roi ou du bâtisseur de tour dans ces paraboles). Le Christ veut la confiance, mais n'exige pas la folie: l'homme doit «calculer» sobrement si, pour lui, l'Évangile vaut vraiment plus que tout le reste de la vie; et si oui, faire un pas vers lui.
1 Et il advint, comme il était venu un sabbat chez l’un des chefs des Pharisiens pour prendre un repas, qu’eux étaient à l’observer. |
2 Et voici qu’un hydropique se trouvait devant lui. |
3 Prenant la parole, Jésus dit aux légistes et aux Pharisiens : « Est-il permis, le sabbat, de guérir, ou non ? » |
4 Et eux se tinrent cois. Prenant alors le malade, il le guérit et le renvoya. |
5 Puis il leur dit : « Lequel d’entre vous, si son fils ou son bœuf vient à tomber dans un puits, ne l’en tirera aussitôt, le jour du sabbat ? » |
6 Et ils ne purent rien répondre à cela. |
7 Il disait ensuite une parabole à l’adresse des invités, remarquant comment ils choisissaient les premiers divans ; il leur disait : |
8 « Lorsque quelqu’un t’invite à un repas de noces, ne va pas t’étendre sur le premier divan, de peur qu’un plus digne que toi n’ait été invité par ton hôte, |
9 et que celui qui vous a invités, toi et lui, ne vienne te dire : « Cède-lui la place. » Et alors tu devrais, plein de confusion, aller occuper la dernière place. |
10 Au contraire, lorsque tu es invité, va te mettre à la dernière place, de façon qu’à son arrivée celui qui t’a invité te dise : « Mon ami, monte plus haut. » Alors il y aura pour toi de l’honneur devant tous les autres convives. |
11 Car quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé. » |
12 Puis il disait à celui qui l’avait invité : « Lorsque tu donnes un déjeuner ou un dîner, ne convie ni tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins, de peur qu’eux aussi ne t’invitent à leur tour et qu’on ne te rende la pareille. |
13 Mais lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; |
14 heureux seras-tu alors de ce qu’ils n’ont pas de quoi te le rendre ! Car cela te sera rendu lors de la résurrection des justes. » |
15 À ces mots, l’un des convives lui dit : « Heureux celui qui prendra son repas dans le Royaume de Dieu ! » |
16 Il lui dit : « Un homme faisait un grand dîner, auquel il invita beaucoup de monde. |
17 À l’heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : « Venez ; maintenant tout est prêt. » |
18 Et tous, comme de concert, se mirent à s’excuser. Le premier lui dit : « J’ai acheté un champ et il me faut aller le voir ; je t’en prie, tiens-moi pour excusé. » |
19 Un autre dit : « J’ai acheté cinq paires de bœufs et je pars les essayer ; je t’en prie, tiens-moi pour excusé. » |
20 Un autre dit : « Je viens de me marier, et c’est pourquoi je ne puis venir. » |
21 « À son retour, le serviteur rapporta cela à son maître. Alors, pris de colère, le maître de maison dit à son serviteur : « Va-t’en vite par les places et les rues de la ville, et introduis ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux. » |
22 « Maître, dit le serviteur, tes ordres sont exécutés, et il y a encore de la place. » |
23 Et le maître dit au serviteur : « Va-t’en par les chemins et le long des clôtures et fais entrer les gens de force, afin que ma maison se remplisse. |
24 Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon dîner. » » |
25 Des foules nombreuses faisaient route avec lui, et se retournant il leur dit : |
26 « Si quelqu’un vient à moi sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et jusqu’à sa propre vie, il ne peut être mon disciple. |
27 Quiconque ne porte pas sa croix et ne vient pas derrière moi ne peut être mon disciple. |
28 « Qui de vous en effet, s’il veut bâtir une tour, ne commence par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ? |
29 De peur que, s’il pose les fondations et ne peut achever, tous ceux qui le verront ne se mettent à se moquer de lui, en disant : |
30 « Voilà un homme qui a commencé de bâtir et il n’a pu achever ! » |
31 Ou encore quel est le roi qui, partant faire la guerre à un autre roi, ne commencera par s’asseoir pour examiner s’il est capable, avec dix mille hommes, de se porter à la rencontre de celui qui marche contre lui avec vingt mille ? |
32 Sinon, alors que l’autre est encore loin, il lui envoie une ambassade pour demander la paix. |
33 Ainsi donc, quiconque parmi vous ne renonce pas à tous ses biens ne peut être mon disciple. |
34 « C’est donc une bonne chose que le sel. Mais si même le sel vient à s’affadir, avec quoi l’assaisonnera-t-on ? |
35 Il n’est bon ni pour la terre ni pour le fumier : on le jette dehors. Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! » |
La parabole d'aujourd'hui sur le festin de noces touche directement à la question de la vie, de la joie et de l'amour. Nous aspirons tous à cela. Nous en avons tous besoin. Mais, un beau jour, et même plus souvent, nous sommes placés devant un choix : où chercher la vie et la joie ? Nous pouvons commencer à construire notre propre vie, notre propre bonheur, familial ou autre. Ou bien nous pouvons aller au festin de noces, image constante du Royaume du Christ dans l'Évangile. Le choix est entièrement libre.
1 Et il advint, comme il était venu un sabbat chez l’un des chefs des Pharisiens pour prendre un repas, qu’eux étaient à l’observer. |
2 Et voici qu’un hydropique se trouvait devant lui. |
3 Prenant la parole, Jésus dit aux légistes et aux Pharisiens : « Est-il permis, le sabbat, de guérir, ou non ? » |
4 Et eux se tinrent cois. Prenant alors le malade, il le guérit et le renvoya. |
5 Puis il leur dit : « Lequel d’entre vous, si son fils ou son bœuf vient à tomber dans un puits, ne l’en tirera aussitôt, le jour du sabbat ? » |
6 Et ils ne purent rien répondre à cela. |
7 Il disait ensuite une parabole à l’adresse des invités, remarquant comment ils choisissaient les premiers divans ; il leur disait : |
8 « Lorsque quelqu’un t’invite à un repas de noces, ne va pas t’étendre sur le premier divan, de peur qu’un plus digne que toi n’ait été invité par ton hôte, |
9 et que celui qui vous a invités, toi et lui, ne vienne te dire : « Cède-lui la place. » Et alors tu devrais, plein de confusion, aller occuper la dernière place. |
10 Au contraire, lorsque tu es invité, va te mettre à la dernière place, de façon qu’à son arrivée celui qui t’a invité te dise : « Mon ami, monte plus haut. » Alors il y aura pour toi de l’honneur devant tous les autres convives. |
11 Car quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé. » |
12 Puis il disait à celui qui l’avait invité : « Lorsque tu donnes un déjeuner ou un dîner, ne convie ni tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins, de peur qu’eux aussi ne t’invitent à leur tour et qu’on ne te rende la pareille. |
13 Mais lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; |
14 heureux seras-tu alors de ce qu’ils n’ont pas de quoi te le rendre ! Car cela te sera rendu lors de la résurrection des justes. » |
15 À ces mots, l’un des convives lui dit : « Heureux celui qui prendra son repas dans le Royaume de Dieu ! » |
16 Il lui dit : « Un homme faisait un grand dîner, auquel il invita beaucoup de monde. |
17 À l’heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : « Venez ; maintenant tout est prêt. » |
18 Et tous, comme de concert, se mirent à s’excuser. Le premier lui dit : « J’ai acheté un champ et il me faut aller le voir ; je t’en prie, tiens-moi pour excusé. » |
19 Un autre dit : « J’ai acheté cinq paires de bœufs et je pars les essayer ; je t’en prie, tiens-moi pour excusé. » |
20 Un autre dit : « Je viens de me marier, et c’est pourquoi je ne puis venir. » |
21 « À son retour, le serviteur rapporta cela à son maître. Alors, pris de colère, le maître de maison dit à son serviteur : « Va-t’en vite par les places et les rues de la ville, et introduis ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux. » |
22 « Maître, dit le serviteur, tes ordres sont exécutés, et il y a encore de la place. » |
23 Et le maître dit au serviteur : « Va-t’en par les chemins et le long des clôtures et fais entrer les gens de force, afin que ma maison se remplisse. |
24 Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon dîner. » » |
25 Des foules nombreuses faisaient route avec lui, et se retournant il leur dit : |
26 « Si quelqu’un vient à moi sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et jusqu’à sa propre vie, il ne peut être mon disciple. |
27 Quiconque ne porte pas sa croix et ne vient pas derrière moi ne peut être mon disciple. |
28 « Qui de vous en effet, s’il veut bâtir une tour, ne commence par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ? |
29 De peur que, s’il pose les fondations et ne peut achever, tous ceux qui le verront ne se mettent à se moquer de lui, en disant : |
30 « Voilà un homme qui a commencé de bâtir et il n’a pu achever ! » |
31 Ou encore quel est le roi qui, partant faire la guerre à un autre roi, ne commencera par s’asseoir pour examiner s’il est capable, avec dix mille hommes, de se porter à la rencontre de celui qui marche contre lui avec vingt mille ? |
32 Sinon, alors que l’autre est encore loin, il lui envoie une ambassade pour demander la paix. |
33 Ainsi donc, quiconque parmi vous ne renonce pas à tous ses biens ne peut être mon disciple. |
34 « C’est donc une bonne chose que le sel. Mais si même le sel vient à s’affadir, avec quoi l’assaisonnera-t-on ? |
35 Il n’est bon ni pour la terre ni pour le fumier : on le jette dehors. Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! » |
En parlant du Royaume, Jésus ne cesse de rappeler à Ses auditeurs qu'il faut encore y entrer et que cela ne se produira pas tout seul. Pour le Royaume, il faut tout quitter et être prêt à prendre sa croix. Ces paroles du Sauveur étaient parfaitement compréhensibles : Ses auditeurs se souvenaient encore que, guère plus d'un siècle avant les événements évangéliques, sous le règne d'Alexandre Jannée dans la Judée alors indépendante, les participants à une révolte contre le pouvoir, qui exigeaient des autorités la stricte observance des normes de la Torah dans le pays, avaient été crucifiés. Les insurgés ne voulaient qu'une chose : le Royaume, tel qu'ils le connaissaient, bien entendu. Et pour lui, ils ont tout donné. L'idée qu'ils s'en faisaient ressemblait peu à ce dont parle Jésus, mais Il donne leur détermination en exemple à Ses auditeurs. Ils ont réellement tout quitté.
Contrairement aux personnages de la parabole de Jésus, qui refusent de venir au festin sous des prétextes apparemment tout à fait raisonnables, mais qui refusent tout de même et perdent l'essentiel. Leur place est prise par ceux qui n'ont rien dans ce monde et aucune raison de décliner l'invitation. Une question de priorités ? Oui, bien sûr, de priorités aussi, mais pas seulement. Ce n'est pas un hasard si Jésus parle d'un festin, des premiers et des derniers, et de ces places que beaucoup cherchent à occuper, même au risque d'en être chassés.
Le Royaume n'est ni un lieu, ni une structure, ni une hiérarchie. Le Royaume est un état dans lequel on peut demeurer, mais qu'il est absolument impossible, pour ainsi dire, de figer, même si on le désire ardemment. C'est de là que vient le désir d'occuper les meilleures ou les moins bonnes places. Car, en réalité, il n'y a dans le Royaume ni bonnes ni mauvaises places. Il n'y existe qu'un seul critère : la personne se trouve-t-elle à sa place, à cette place même que Dieu lui a destinée, ou à celle qu'elle a choisie elle-même parce qu'elle la jugeait plus appropriée ?
De là vient aussi la question : faut-il aller au festin ou dans le champ que l'on vient d'acheter ? Le festin de noces est le symbole du Royaume. Et si quelqu'un ne sait que choisir, c'est qu'il ne sait pas ce qu'est le Royaume. S'il le savait, il ne lui viendrait pas à l'esprit de comparer l'importance de la vie qu'il vit à quoi que ce soit qui lui appartienne. La vie est plénitude, tandis qu'un champ acheté, les biens et même la famille ne sont que des dérivés de cette plénitude. Il importe ici de ne pas confondre la partie et le tout, l'essentiel et le secondaire. Une seule chose peut nous y aider : l'expérience de la vie véritable du Royaume, cette vie même qui est le salut.
Il n’y a pas de lecture pour dimanche
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