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RÉFLEXIONS pour Tt 1:15-2:10; Lc 21:37-22:8

15 Tout est pur pour les purs. Mais pour ceux qui sont souillés et qui n’ont pas la foi, rien n’est pur. Leur esprit même et leur conscience sont souillés.
16 Ils font profession de connaître Dieu, mais, par leur conduite, ils le renient : êtres abominables, rebelles, inaptes à toute œuvre bonne.
1 Pour toi, enseigne ce qui est conforme à la saine doctrine.
2 Que les vieillards soient sobres, dignes, pondérés, robustes dans la foi, la charité, la constance.
3 Que pareillement les femmes âgées aient le comportement qui sied à des saintes : ni médisantes, ni adonnées au vin, mais de bon conseil ;
4 ainsi elles apprendront aux jeunes femmes à aimer leur mari et leurs enfants,
5 à être réservées, chastes, femmes d’intérieur, bonnes, soumises à leur mari, en sorte que la parole de Dieu ne soit pas blasphémée.
6 Exhorte également les jeunes gens à garder en tout la pondération,
7 offrant en ta personne un modèle de belles œuvres : pureté de doctrine, dignité,
8 enseignement sain, irréprochable, afin que l’adversaire, ne pouvant dire aucun mal de nous, soit rempli de confusion.
9 Que les esclaves soient soumis en tout à leurs maîtres, cherchant à leur donner satisfaction, évitant de les contredire,
10 ne commettant aucune indélicatesse, se montrant au contraire d’une parfaite fidélité : ainsi feront-ils honneur en tout à la doctrine de Dieu notre Sauveur.
37 Pendant le jour, il était dans le Temple à enseigner ; mais la nuit, il s’en allait la passer en plein air sur le mont dit des Oliviers.
38 Et, dès l’aurore, tout le peuple venait à lui dans le Temple pour l’écouter.
1 La fête des Azymes, appelée la Pâque, approchait.
2 Et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment le tuer, car ils avaient peur du peuple.
3 Or Satan entra dans Judas, appelé Iscariote, qui était du nombre des Douze.
4 Il s’en alla conférer avec les grands prêtres et les chefs des gardes sur le moyen de le leur livrer.
5 Ils se réjouirent et convinrent de lui donner de l’argent.
6 Il acquiesça, et il cherchait une occasion favorable pour le leur livrer à l’insu de la foule.
7 Vint le jour des Azymes, où devait être immolée la pâque,
8 et il envoya Pierre et Jean en disant : « Allez nous préparer la pâque, que nous la mangions. »
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Nous aimons beaucoup le Christ, et souvent, à cause de cet amour, nous avons beaucoup de peine pour Lui dans Ses souffrances ; nous voudrions tant que, par quelque miracle, Il les évite. En cela, nous ressemblons un peu à Pierre lorsqu’il disait : « Cela ne T’arrivera pas » (Mt 16:22) ; seulement nous nous écrions : si seulement Tu pouvais éviter une telle souffrance ! Et il nous semble, en ces instants, qu’il aurait suffi d’arrêter Judas pour que rien n’arrive. Judas devient l’objet de notre sentiment involontairement vengeur.

Mais nous ne devons pas oublier l’essentiel. La souffrance du Christ fut volontaire. Dans tout le drame, Judas ne jouait aucun rôle décisif ; il était simplement une victime, victime de sa faiblesse. Il est donc faux de voir en lui l’incarnation du mal mondial ou quelque chose de semblable. Si Judas n’avait pas été là, tout se serait déroulé selon un autre scénario, mais le sens de la Rédemption, comme plus grand événement de l’histoire de l’humanité, n’en aurait pas changé.

Une autre question, souvent soulevée à propos de Judas, concerne la liberté de sa volonté. N’était-il pas un simple instrument entre les mains de la providence ? Car le Christ dit qu’il était « le fils de perdition, afin que l’Écriture soit accomplie » (Jn 17:12). Bien sûr, il n’en est pas ainsi non plus. Jamais l’homme n’est un simple instrument entre les mains de Dieu ; pour Lui, chaque personne qu’Il a créée « à Son image et à Sa ressemblance » est trop précieuse. Certains exégètes pensent que, lorsque le Christ trempa le morceau et le donna à Judas, Il ne le fit pas pour étonner les disciples par Son omniscience, mais pour donner à Judas une chance de revenir à lui, car la conversation se déroulait à voix basse, comme on le verra si nous lisons attentivement le texte (Jn 13:26).

De plus, Judas pouvait, comme Pierre, se repentir. Mais se repentir précisément comme Pierre, en produisant un fruit digne du repentir. C’est justement cela que Judas ne parvient pas à faire. Et cela le rend très digne de pitié. La pitié, voilà le sentiment qui doit naître en nous à l’égard de cet homme.

Autres réflexions

 
Pour Tt 2:1
1 Pour toi, enseigne ce qui est conforme à la saine doctrine.
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Paul oppose au strict formalisme religieux sur lequel insistaient certains « maîtres » de l'Église ce qui peut paraître de simples règles...  Lire la suite

Paul oppose au strict formalisme religieux sur lequel insistaient certains « maîtres » de l'Église ce qui peut paraître de simples règles morales. Pourtant, dans ces règles simples se trouve l'essence de la Torah, et avant tout de la Torah extérieure. Il s'agit de l'observation la plus ordinaire des commandements, sans religiosité particulière, sans la multitude de normes et de règles de pureté rituelle qui perdent leur actualité pour l'habitant du Royaume: dans le Royaume, la division yahviste traditionnelle, et juive, entre pur et impur devient sans pertinence, car là tout est pur.

Mais si l'on va plus loin, il apparaît que l'observation des commandements, même purement extérieure, suppose une certaine dynamique de relations avec les personnes les plus diverses, et que ces relations doivent être construites consciemment, non simplement en suivant des automatismes socialement conditionnés. Ce n'est pas par hasard que l'apôtre mentionne ensuite non seulement les communautés ecclésiales les plus problématiques, les « anciens » et les « anciennes », mais aussi les esclaves dans leur rapport à leurs maîtres. Le point commun est ici une sorte de « naturalité » du statut, aussi bien des « anciens » et des « anciennes » de l'Église que des esclaves. En effet, beaucoup de ces « anciens » et « anciennes » que Paul mentionne voyaient sans doute leur position dans l'Église non comme un ministère consciemment choisi, mais comme une situation qui s'était formée d'elle-même.

Beaucoup d'entre eux sont sans doute devenus « anciens » et « anciennes » non parce qu'ils avaient pris conscience de leur vocation aux ministères correspondants, mais parce qu'à un âge avancé ils n'avaient nulle part où aller, et que toute leur vie se trouvait liée à l'Église: ainsi soit-il, la voie directe menait donc aux « anciens » ou aux « anciennes ». Un peu comme au Moyen Âge on entrait au monastère, surtout les jeunes filles et les femmes, non parce qu'on avait pris conscience de sa vocation monastique, mais parce que la vie n'avait pas réussi et qu'aucune autre alternative ne se dessinait.

Un tel automatisme détruit spirituellement l'homme: car la place où il s'est retrouvé suppose précisément un ministère conscient, et quand il n'y a pas de conscience, donc pas de ministère à part entière, commence la dégradation spirituelle inévitable d'un tel « serviteur ». Mais de la même manière, même si c'est peut-être plus lentement, l'homme se dégrade aussi dans la société s'il n'a pas conscience de lui-même et de ses relations avec les personnes avec lesquelles il doit communiquer. L'automatisme social ne vaut pas mieux que l'automatisme « spirituel », même s'il paraît au premier regard moins dangereux. Voilà les automatismes dont Paul met Tite en garde, les considérant comme un problème bien plus grand que le manque de religiosité chez les membres de l'Église.

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Pour Tt 1:15
15 Tout est pur pour les purs. Mais pour ceux qui sont souillés et qui n’ont pas la foi, rien n’est pur. Leur esprit même et leur conscience sont souillés.
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Comme on le sait, l’une des principales questions dans le yahvisme, tout comme le judaïsme était la question de la pureté rituelle. Et ce n'est pas étonnant : car, notamment la pureté rituelle définissait la possibilité (ou l'impossibilité) pour l’homme de s'approcher de l'autel et se sanctifier...  Lire la suite

Comme on le sait, l’une des principales questions dans le yahvisme, tout comme le judaïsme était la question de la pureté rituelle. Et ce n'est pas étonnant : car, notamment la pureté rituelle définissait la possibilité (ou l'impossibilité) pour l’homme de s'approcher de l'autel et se sanctifier. Cependant avec le temps le vrai sens des normes et des règles de la pureté rituelle était si pas entièrement, alors très soigneusement oublié.

Au temps de Paul pour plusieurs ils étaient déjà quelque chose de valeur, demandant une exécution rigoureuse juste parce que l'observation de ces normes et règles est devenue un devoir religieux. Et leur violation a commencé à être considérée presque comme un crime, non parce que la relation envers le sacré est devenue plus fébrile, mais parce que la piété elle-même (au moins, dans certains cercles pharisiens) est devenue considérablement rigoriste. Et cependant dans le Royaume les notions traditionnelles de pureté et impureté deviennent non relevantes: car le Royaume est sanctifié tout entièrement, sanctifié par ce souffle de Dieu, qui le pénètre jusqu'aux fins.

Pour les habitants du Royaume la division entre le pur et l’impur est déjà dépassée: car il ne peut avoir par définition rien d’impur i.e. pas soumis à la sanctification dans le Royaume. Et cependant l'inertie religieuse pénétrait aussi dans les communautés d'église comprenant les Juifs, ainsi que des récents païens. Et il était difficile pour les juifs profondément religieux (en général) d’accepter le fait que les normes et les règles de la pureté rituelle formant le noyau de leur tradition religieuse, se trouvaient soudainement dépassées. Et ils continuaient à insister sur l'observation des règles, dans un nouveau contexte perdant tout sens. Continuaient à demander leur observation à chaque membre de l'Église, insistant que sans une telle observation, l’on ne peut pas entrer dans le Royaume.

Et ne voulaient aucunement accepter le fait que pour l'Église leur piété est leur affaire purement privée. Et Paul, bien sûr comprend parfaitement que c'est justement comme cela, que pour le Royaume la question de la pureté et l’impureté se résout exclusivement au niveau du coeur humain: s'il est pur, il ne peut avoir aucune impureté dans la vie d'une telle personne, et s’il est impur, alors on n'a rien à craindre d’aucune autre saleté: le plus pire s'est déjà passé. Ainsi l'apôtre résout le problème de la pureté et l’impureté conformément au Royaume, et donc, conformément aussi à l'Église.

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Pour Lc 21:37-22:8
37 Pendant le jour, il était dans le Temple à enseigner ; mais la nuit, il s’en allait la passer en plein air sur le mont dit des Oliviers.
38 Et, dès l’aurore, tout le peuple venait à lui dans le Temple pour l’écouter.
1 La fête des Azymes, appelée la Pâque, approchait.
2 Et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment le tuer, car ils avaient peur du peuple.
3 Or Satan entra dans Judas, appelé Iscariote, qui était du nombre des Douze.
4 Il s’en alla conférer avec les grands prêtres et les chefs des gardes sur le moyen de le leur livrer.
5 Ils se réjouirent et convinrent de lui donner de l’argent.
6 Il acquiesça, et il cherchait une occasion favorable pour le leur livrer à l’insu de la foule.
7 Vint le jour des Azymes, où devait être immolée la pâque,
8 et il envoya Pierre et Jean en disant : « Allez nous préparer la pâque, que nous la mangions. »
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Beaucoup se sont interrogés sur la raison de la trahison de Judas : historiens, écrivains, spécialistes du Nouveau Testament. Pourtant, elle demeure encore...  Lire la suite

Beaucoup se sont interrogés sur la raison de la trahison de Judas : historiens, écrivains, spécialistes du Nouveau Testament. Pourtant, elle demeure encore inconnue. Les hypothèses les plus diverses ont été avancées, mais aucune ne peut être considérée comme exhaustive, même si beaucoup semblent avoir effectivement mis en lumière tel ou tel détail important de l'ensemble.

L'évangéliste, quant à lui, n'indique qu'une seule cause : Satan qui, selon ses mots, « entra en Judas ». À un chercheur, historien ou bibliste, une telle explication paraîtra manifestement insuffisante : d'un point de vue scientifique, elle n'explique rien. Mais peut-être l'évangéliste n'avait-il justement pas l'intention de donner une explication historique ? Ce n'est pas qu'il néglige l'histoire ou les faits.

Luc est précisément un historien : il recueille et analyse avec soin tout ce qui se rapporte à la vie terrestre du Sauveur, et ses livres, qu'il s'agisse de son Évangile ou du Livre des Actes, se distinguent par leur richesse factuelle. Mais, dans le cas de Judas, il préfère manifestement éviter les explications que cherchent les historiens. Une telle démarche n'a sans doute rien de fortuit. Certes, il est des choses auxquelles un chrétien trouve pénible de penser, sans même parler d'écrire à leur sujet. Mais est-ce là toute la question ?

Peut-être existe-t-il des choses qui ne s'expliquent par rien, par aucune circonstance, par aucun fait ? Peut-on seulement expliquer le mal ? Et surtout, faut-il l'expliquer ? Certes, tout péché a sa cause. Celui de Judas n'était pas non plus sans cause. Mais, pour la vie spirituelle, ce qui compte, ce ne sont pas les causes de l'acte accompli par l'homme, mais son sens spirituel, qui est déterminé par l'intention qu'il y met. Quels qu'aient été les mobiles de Judas, le résultat est évident : il veut se débarrasser de son Maître, à tout prix, même au prix de la trahison. Une telle intention est, au fond, entièrement irrationnelle, comme tout mal poussé jusqu'au bout.

Il y a ici un but, mais pas de sens. Ce n'est pas un hasard si, après avoir exécuté son projet, Judas s'est pendu : il n'a pas supporté l'absence de sens de son propre acte. Non pas une absence de sens intellectuel — de ce point de vue, il avait tout suffisamment réfléchi et mené à bien — mais spirituel : la trahison n'était que trahison, et rien de plus. Elle n'avait et ne pouvait avoir aucun autre sens spirituel, même si, au moment où Judas la préparait, il lui semblait qu'elle en avait un.

Ce n'est pas un hasard si l'évangéliste mentionne Satan : on retrouve ici le jeu habituel du diable, par lequel l'esprit des ténèbres s'efforce de donner l'illusion que le mal possède un sens et un contenu spirituels, qu'en réalité il n'a pas et ne peut avoir. Et Luc, semble-t-il, ne s'intéresse pas à la raison pour laquelle Judas est tombé dans le piège tendu. Il veut seulement montrer ce qui peut arriver à celui qui y tombe.

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Pour Lc 21:37-22:8
37 Pendant le jour, il était dans le Temple à enseigner ; mais la nuit, il s’en allait la passer en plein air sur le mont dit des Oliviers.
38 Et, dès l’aurore, tout le peuple venait à lui dans le Temple pour l’écouter.
1 La fête des Azymes, appelée la Pâque, approchait.
2 Et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment le tuer, car ils avaient peur du peuple.
3 Or Satan entra dans Judas, appelé Iscariote, qui était du nombre des Douze.
4 Il s’en alla conférer avec les grands prêtres et les chefs des gardes sur le moyen de le leur livrer.
5 Ils se réjouirent et convinrent de lui donner de l’argent.
6 Il acquiesça, et il cherchait une occasion favorable pour le leur livrer à l’insu de la foule.
7 Vint le jour des Azymes, où devait être immolée la pâque,
8 et il envoya Pierre et Jean en disant : « Allez nous préparer la pâque, que nous la mangions. »
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La lecture de l'Évangile d'aujourd'hui nous fait penser à un triptyque, une icône en trois parties. Au centre, le Christ enseigne dans le Temple ; à gauche...  Lire la suite

La lecture de l'Évangile d'aujourd'hui nous fait penser à un triptyque, une icône en trois parties. Au centre, le Christ enseigne dans le Temple ; à gauche, Satan entre en Judas ; à droite, le Christ et l'agneau pascal. Il nous semble à présent que ce sont les trois thèmes fondamentaux de l'histoire évangélique et qu'il n'y en a pas d'autres. Ainsi, en une seule lecture, telle que l'Église l'a providentiellement fixée pour nous, nous voyons tout l'Évangile. Et c'est très précieux. Nous morcelons souvent notre vie spirituelle en expériences de petits fragments. Cela a son sens : pendant tout le jeûne de la Nativité, par exemple, nous pensons à la naissance de l'Enfant-Dieu ; puis, lorsque Noël est passé, nous le vivons encore quelque temps comme un événement accompli. Étendre ainsi une même expérience sur plusieurs mois a un certain sens. Vivre soudain tout l'Évangile en une seule minute en a un autre, mais non moins important. Ce sont, à vrai dire, deux points limites entre lesquels se situe tout l'éventail de notre vie spirituelle ordinaire. Et tout scientifique sait que, pour obtenir une image d'ensemble d'un phénomène, il faut faire varier tous ses paramètres sur les plages qui nous sont accessibles. Car un même phénomène peut avoir un aspect et un sens tout différents à l'une et à l'autre de ses limites. C'est difficile ; cela exige un effort particulier, une capacité de « réajustement ». Mais sans cela, on ne peut atteindre la plénitude. Cela est impossible dans l'activité professionnelle : une seule personne ne peut tout embrasser, même dans son propre domaine. Mais, dans l'esprit, nous avons le devoir de rechercher l'intégrité, car nous devons accéder à notre personne propre, qui est, par définition, un tout. Certes, cette intégrité, même dans les paroles de l'Évangile d'aujourd'hui, ne se révèle pas toujours ni immédiatement ; mais, avec une certaine expérience, nous pouvons et nous devons l'apprendre. Il arrive, par exemple, que nous n'ayons pas le temps d'accomplir notre règle de prière du matin ou du soir. Si nous avons acquis une expérience personnelle de discipline et d'assiduité en la matière, nous pouvons alors, lorsque le temps manque, nous retirer une ou deux minutes, fermer les yeux, concentrer notre attention à l'extrême, presque jusqu'à en avoir mal à la tête, et vivre toute la règle de prière dans ces une ou deux minutes. Il est important d'apprendre à le faire. C'est un pas vers la prière du silence. Car le silence est très dense et intense.

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Pour Tt 2:1-15
1 Pour toi, enseigne ce qui est conforme à la saine doctrine.
2 Que les vieillards soient sobres, dignes, pondérés, robustes dans la foi, la charité, la constance.
3 Que pareillement les femmes âgées aient le comportement qui sied à des saintes : ni médisantes, ni adonnées au vin, mais de bon conseil ;
4 ainsi elles apprendront aux jeunes femmes à aimer leur mari et leurs enfants,
5 à être réservées, chastes, femmes d’intérieur, bonnes, soumises à leur mari, en sorte que la parole de Dieu ne soit pas blasphémée.
6 Exhorte également les jeunes gens à garder en tout la pondération,
7 offrant en ta personne un modèle de belles œuvres : pureté de doctrine, dignité,
8 enseignement sain, irréprochable, afin que l’adversaire, ne pouvant dire aucun mal de nous, soit rempli de confusion.
9 Que les esclaves soient soumis en tout à leurs maîtres, cherchant à leur donner satisfaction, évitant de les contredire,
10 ne commettant aucune indélicatesse, se montrant au contraire d’une parfaite fidélité : ainsi feront-ils honneur en tout à la doctrine de Dieu notre Sauveur.
11 Car la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, s’est manifestée,
12 nous enseignant à renoncer à l’impiété et aux convoitises de ce monde, pour vivre en ce siècle présent dans la réserve, la justice et la piété,
13 attendant la bienheureuse espérance et l’Apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, le Christ Jésus
14 qui s’est livré pour nous afin de nous racheter de toute iniquité et de purifier un peuple qui lui appartienne en propre, zélé pour les belles œuvres.
15 C’est ainsi que tu dois parler, exhorter, reprendre avec une autorité entière. Que personne ne te méprise.
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En lisant dans les épîtres de Paul ce qu’il propose aux chrétiens comme manière de vivre, on ne peut manquer de penser à la littérature des sages...  Lire la suite

En lisant dans les épîtres de Paul ce qu’il propose aux chrétiens comme manière de vivre, on ne peut manquer de penser à la littérature des sages, dont on trouve sans peine des exemples, par exemple, dans le Livre des Proverbes. L’appel à la chasteté, à la responsabilité dans les affaires domestiques, au respect des anciens (v. 1–6) n’avait rien de nouveau. On pouvait, en un certain sens, considérer comme nouveau l’appel adressé aux esclaves à se soumettre à leurs maîtres non par crainte, mais par conscience (v. 9–10), appel qui, dans l’épître à Tite, n’apparaît déjà pas pour la première fois. Cela, d’ailleurs, n’a rien d’étonnant : l’ancien Israël n’a jamais connu l’esclavage de masse qui caractérisait l’Égypte, la Grèce ou Rome. Mais l’apôtre, de toute évidence, transpose aux réalités du monde gréco-romain les principes des relations sociales reflétés dans la tradition de la littérature des sages. Il considère manifestement comme assez universelles, sinon les recommandations mêmes des sages anciens, du moins la logique qui les a produites.

Bien sûr, de tels appels et exhortations étaient liés, et non de manière secondaire, au messianisme politique, qui était alors largement répandu dans la Synagogue, pénétrant sans doute aussi dans le milieu ecclésial, avant tout, naturellement, dans le milieu judéo-chrétien, qui déterminait alors largement la vie de l’Église dans son ensemble. Paul, quant à lui, était un adversaire résolu de ce type d’idées et de représentations. Et, de toute évidence, pas seulement parce que le messianisme politique était pour lui un messianisme manifestement faux, qui ne pouvait mener à rien d’autre qu’à des révoltes absurdes et aux répressions qui s’ensuivaient. L’essentiel était ailleurs : l’apôtre n’oubliait jamais les paroles du Sauveur selon lesquelles Son Royaume « n’est pas de ce monde ». Les réformes sociales, la lutte politique ou les révoltes ne pouvaient pas, par elles-mêmes, rapprocher le triomphe du Royaume, ce que l’apôtre savait parfaitement. Pour Paul, la société n’était qu’un moyen et un milieu : un moyen de témoigner du Royaume et un milieu dans lequel les témoins doivent vivre temporairement, jusqu’à la transfiguration complète du monde. Et il veut que ce milieu entrave le moins possible l’accomplissement de la tâche principale des chrétiens : leur propre maturation spirituelle et le témoignage (v. 11–14), en quoi consiste le sens de la vie chrétienne.

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Pour Tt 2:1-15
1 Pour toi, enseigne ce qui est conforme à la saine doctrine.
2 Que les vieillards soient sobres, dignes, pondérés, robustes dans la foi, la charité, la constance.
3 Que pareillement les femmes âgées aient le comportement qui sied à des saintes : ni médisantes, ni adonnées au vin, mais de bon conseil ;
4 ainsi elles apprendront aux jeunes femmes à aimer leur mari et leurs enfants,
5 à être réservées, chastes, femmes d’intérieur, bonnes, soumises à leur mari, en sorte que la parole de Dieu ne soit pas blasphémée.
6 Exhorte également les jeunes gens à garder en tout la pondération,
7 offrant en ta personne un modèle de belles œuvres : pureté de doctrine, dignité,
8 enseignement sain, irréprochable, afin que l’adversaire, ne pouvant dire aucun mal de nous, soit rempli de confusion.
9 Que les esclaves soient soumis en tout à leurs maîtres, cherchant à leur donner satisfaction, évitant de les contredire,
10 ne commettant aucune indélicatesse, se montrant au contraire d’une parfaite fidélité : ainsi feront-ils honneur en tout à la doctrine de Dieu notre Sauveur.
11 Car la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, s’est manifestée,
12 nous enseignant à renoncer à l’impiété et aux convoitises de ce monde, pour vivre en ce siècle présent dans la réserve, la justice et la piété,
13 attendant la bienheureuse espérance et l’Apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, le Christ Jésus
14 qui s’est livré pour nous afin de nous racheter de toute iniquité et de purifier un peuple qui lui appartienne en propre, zélé pour les belles œuvres.
15 C’est ainsi que tu dois parler, exhorter, reprendre avec une autorité entière. Que personne ne te méprise.
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On raconte qu’à l’époque soviétique, lorsque la propagande religieuse était un délit et que la fréquentation d’une église pouvait au minimum...  Lire la suite

On raconte qu’à l’époque soviétique, lorsque la propagande religieuse était un délit et que la fréquentation d’une église pouvait au minimum vous faire perdre votre emploi, quelqu’un proposait ce petit test : « Si vos collègues apprennent que vous êtes croyant, pensez-vous que ce sera de la propagande religieuse ou antireligieuse ? » Voilà ce dont parle l’apôtre Paul dans sa lettre à Tite. Il n’existe qu’un seul moyen de s’opposer à la propagande antireligieuse, une seule manière efficace d’évangéliser : notre vie dans le Christ. Si l’on peut dire de nous : « Ils sont comme tout le monde, mais en pire, parce qu’ils sont hypocrites », cela signifie hélas que notre vie s’est transformée en propagande antireligieuse.

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Pour Tt 1:10-16
10 Nombreux sont en effet les esprits rebelles, les vains discoureurs, les séducteurs, surtout chez les circoncis.
11 Il faut leur fermer la bouche ; ces gens-là bouleversent des familles entières, enseignant pour de scandaleux profits ce qui ne se doit pas.
12 L’un d’entre eux, leur propre prophète, a dit : « Crétois perpétuels menteurs, mauvaises bêtes, ventres paresseux. »
13 Ce témoignage est vrai ; aussi reprends-les vertement, pour qu’ils conservent une foi saine,
14 sans prêter attention à des fables juives et aux prescriptions de gens qui tournent le dos à la vérité.
15 Tout est pur pour les purs. Mais pour ceux qui sont souillés et qui n’ont pas la foi, rien n’est pur. Leur esprit même et leur conscience sont souillés.
16 Ils font profession de connaître Dieu, mais, par leur conduite, ils le renient : êtres abominables, rebelles, inaptes à toute œuvre bonne.
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Tite est un disciple de Paul, converti du paganisme. L’Apôtre lui écrit de Rome, dans l’attente de son jugement. En ces derniers jours, il...  Lire la suite

Tite est un disciple de Paul, converti du paganisme. L’Apôtre lui écrit de Rome, dans l’attente de son jugement. En ces derniers jours, il veut fortifier son fidèle disciple, qu’il a établi évêque en Crète. Il lui rappelle avant tout ce qui demeure aujourd’hui encore l’un des problèmes les plus aigus. Tite, converti du paganisme, et les chrétiens de Crète doivent se garder de ceux qui, sous couvert de connaissance de l’Ancien Testament, cherchent à restreindre les droits des nouveaux convertis. L’expérience et la connaissance ont certes une grande importance. Mais rien ne peut remplacer une communion vivante avec Dieu et la prière, ni l’effort constant pour connaître la vérité dans la mesure accessible à chacun, selon ce qu’il a reçu de Dieu.

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Pour Tt 1:10-16
10 Nombreux sont en effet les esprits rebelles, les vains discoureurs, les séducteurs, surtout chez les circoncis.
11 Il faut leur fermer la bouche ; ces gens-là bouleversent des familles entières, enseignant pour de scandaleux profits ce qui ne se doit pas.
12 L’un d’entre eux, leur propre prophète, a dit : « Crétois perpétuels menteurs, mauvaises bêtes, ventres paresseux. »
13 Ce témoignage est vrai ; aussi reprends-les vertement, pour qu’ils conservent une foi saine,
14 sans prêter attention à des fables juives et aux prescriptions de gens qui tournent le dos à la vérité.
15 Tout est pur pour les purs. Mais pour ceux qui sont souillés et qui n’ont pas la foi, rien n’est pur. Leur esprit même et leur conscience sont souillés.
16 Ils font profession de connaître Dieu, mais, par leur conduite, ils le renient : êtres abominables, rebelles, inaptes à toute œuvre bonne.
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À première vue, la situation spirituelle dans l'Église de Crète était loin d'être simple, de sorte que personne ne restait à l'écart des débats qui s'enflammaient dans les assemblées ecclésiales, quelle que soit...  Lire la suite

À première vue, la situation spirituelle dans l'Église de Crète était loin d'être simple, de sorte que personne ne restait à l'écart des débats qui s'enflammaient dans les assemblées ecclésiales, quelle que soit sa place ou sa position dans la communauté. Et ces débats, comme dans beaucoup d'autres Églises, à en juger par les paroles de l'apôtre, tournaient autour de la question de la Torah et du judaïsme, ou plus précisément de la nécessité d'observer les normes et prescriptions religieuses juives. Il semble que dans l'Église de Crète, comme dans toutes les Églises de l'époque du christianisme primitif, il y avait bon nombre de judéo-chrétiens qui considéraient le respect de ces normes et prescriptions comme obligatoire pour tous, en insistant sur leur opinion et, sans doute, en faisant pression sur ceux qui n'étaient pas d'accord (v. 15-16). À en juger par la mention que Paul fait du pur et de l'impur, la même question très pratique revenait encore et encore dans l'Église : celle de la nourriture casher et non casher, qui divisait constamment les communautés ecclésiales entre ceux qui ne concevaient pas la vie spirituelle et, par conséquent, ecclésiale sans le judaïsme et ses prescriptions religieuses, d'une part, et ceux à qui elles étaient indifférentes, d'autre part.

C'est pourquoi Paul doit rappeler encore et encore que la religion n'a pas de rapport direct avec la vie spirituelle, que les normes et prescriptions religieuses juives, dont les zélateurs de la piété religieuse exigeaient si fortement l'observance, sont l'œuvre des mains et des esprits humains, comme toute religion, tandis que le but de la vie chrétienne ne peut être que le Royaume que le Sauveur a apporté dans le monde. Ce n'est pas par hasard que l'apôtre appelle les théories religieuses qui absolutisent la religiosité juive un mythe et une invention purement humaine, qui ne fait qu'entraver les fidèles sur le chemin du Royaume et à laquelle il faut donc s'opposer pour préserver la santé spirituelle, y compris celle de ceux qui propagent et défendent ces théories (v. 13-14 ; dans la traduction synodale, les mythes sont appelés « fables »). Il n'est pas exclu que leurs partisans et défenseurs aient voulu préserver la paix avec la Synagogue en acceptant une sorte de compromis qui aurait pu assurer à l'Église le soutien de la communauté juive orthodoxe, avant tout dans la diaspora, mais peut-être aussi en Judée. Cependant Paul, visiblement, s'est opposé résolument à un tel compromis, comme il s'opposait résolument à tout ce qui pouvait détourner les fidèles du chemin qui mène au Royaume.

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Pour Lc 22:1-30
1 La fête des Azymes, appelée la Pâque, approchait.
2 Et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment le tuer, car ils avaient peur du peuple.
3 Or Satan entra dans Judas, appelé Iscariote, qui était du nombre des Douze.
4 Il s’en alla conférer avec les grands prêtres et les chefs des gardes sur le moyen de le leur livrer.
5 Ils se réjouirent et convinrent de lui donner de l’argent.
6 Il acquiesça, et il cherchait une occasion favorable pour le leur livrer à l’insu de la foule.
7 Vint le jour des Azymes, où devait être immolée la pâque,
8 et il envoya Pierre et Jean en disant : « Allez nous préparer la pâque, que nous la mangions. »
9 Ils lui dirent : « Où veux-tu que nous préparions ? »
10 Il leur dit : « Voici qu’en entrant dans la ville, vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau. Suivez-le dans la maison où il pénétrera,
11 et vous direz au propriétaire de la maison : « Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la pâque avec mes disciples ? »
12 Et celui-ci vous montrera, à l’étage, une grande pièce garnie de coussins ; faites-y les préparatifs. »
13 S’en étant donc allés, ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la pâque.
14 Lorsque l’heure fut venue, il se mit à table, et les apôtres avec lui.
15 Et il leur dit : « J’ai ardemment désiré manger cette pâque avec vous avant de souffrir ;
16 car je vous le dis, jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle s’accomplisse dans le Royaume de Dieu. »
17 Puis, ayant reçu une coupe, il rendit grâces et dit : « Prenez ceci et partagez entre vous ;
18 car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne jusqu’à ce que le Royaume de Dieu soit venu. »
19 Puis, prenant du pain, il rendit grâces, le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous ; faites cela en mémoire de moi. »
20 Il fit de même pour la coupe après le repas, disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, versé pour vous.
21 « Cependant, voici que la main de celui qui me livre est avec moi sur la table.
22 Le Fils de l’homme, certes, va son chemin selon ce qui a été arrêté, mais malheur à cet homme-là par qui il est livré ! »
23 Et eux se mirent à se demander entre eux quel était donc parmi eux celui qui allait faire cela.
24 Il s’éleva aussi entre eux une contestation : lequel d’entre eux pouvait être tenu pour le plus grand ?
25 Il leur dit : « Les rois des nations dominent sur elles, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler Bienfaiteurs.
26 Mais pour vous, il n’en va pas ainsi. Au contraire, que le plus grand parmi vous se comporte comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert.
27 Quel est en effet le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Et moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert !
28 « Vous êtes, vous, ceux qui sont demeurés constamment avec moi dans mes épreuves ;
29 et moi je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi :
30 vous mangerez et boirez à ma table en mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël.
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La Cène se déroule dans une grande chambre haute, déjà préparée pour recevoir des invités. Cette chambre haute ressemble à l’homme qui, libéré des forces obscures, doit inviter le Christ chez lui afin que...  Lire la suite

La Cène se déroule dans une grande chambre haute, déjà préparée pour recevoir des invités. Cette chambre haute ressemble à l’homme qui, libéré des forces obscures, doit inviter le Christ chez lui afin qu’Il demeure constamment dans son coeur. Le Christ est entré dans la chambre haute de Jérusalem pour y accomplir la Cène, mais aujourd’hui encore chaque coeur peut devenir une telle chambre haute grâce à l’Eucharistie.

Si Jésus n’est pas invité dans la chambre haute balayée et préparée, des esprits impurs s’y installeront. À de nombreuses reprises, on a tenté de justifier Judas, d’attribuer à sa trahison des motifs élevés, mais l’évangéliste témoigne clairement : Satan entra en Judas. Il entra précisément parce que Judas s’était détourné du Maître. Et nous voyons que les autres disciples aussi, bien qu’ils n’aient pas commis de trahison comme Judas, pensaient dans les catégories du succès terrestre. À la veille des souffrances du Maître, dont ils avaient été avertis, ils discutent avec légèreté de la primauté... La nature humaine déchue est prête à tout déformer ; même le service chrétien, elle s’efforce de le transformer en moyen d’affirmation de soi. Et si une telle tentation commence à nous assaillir, que les paroles du Sauveur ne se taisent pas dans notre conscience : que le plus grand parmi vous soit comme le plus petit, et celui qui gouverne comme celui qui sert.

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Pour Lc 22:1-38
1 La fête des Azymes, appelée la Pâque, approchait.
2 Et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment le tuer, car ils avaient peur du peuple.
3 Or Satan entra dans Judas, appelé Iscariote, qui était du nombre des Douze.
4 Il s’en alla conférer avec les grands prêtres et les chefs des gardes sur le moyen de le leur livrer.
5 Ils se réjouirent et convinrent de lui donner de l’argent.
6 Il acquiesça, et il cherchait une occasion favorable pour le leur livrer à l’insu de la foule.
7 Vint le jour des Azymes, où devait être immolée la pâque,
8 et il envoya Pierre et Jean en disant : « Allez nous préparer la pâque, que nous la mangions. »
9 Ils lui dirent : « Où veux-tu que nous préparions ? »
10 Il leur dit : « Voici qu’en entrant dans la ville, vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau. Suivez-le dans la maison où il pénétrera,
11 et vous direz au propriétaire de la maison : « Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la pâque avec mes disciples ? »
12 Et celui-ci vous montrera, à l’étage, une grande pièce garnie de coussins ; faites-y les préparatifs. »
13 S’en étant donc allés, ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la pâque.
14 Lorsque l’heure fut venue, il se mit à table, et les apôtres avec lui.
15 Et il leur dit : « J’ai ardemment désiré manger cette pâque avec vous avant de souffrir ;
16 car je vous le dis, jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle s’accomplisse dans le Royaume de Dieu. »
17 Puis, ayant reçu une coupe, il rendit grâces et dit : « Prenez ceci et partagez entre vous ;
18 car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne jusqu’à ce que le Royaume de Dieu soit venu. »
19 Puis, prenant du pain, il rendit grâces, le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous ; faites cela en mémoire de moi. »
20 Il fit de même pour la coupe après le repas, disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, versé pour vous.
21 « Cependant, voici que la main de celui qui me livre est avec moi sur la table.
22 Le Fils de l’homme, certes, va son chemin selon ce qui a été arrêté, mais malheur à cet homme-là par qui il est livré ! »
23 Et eux se mirent à se demander entre eux quel était donc parmi eux celui qui allait faire cela.
24 Il s’éleva aussi entre eux une contestation : lequel d’entre eux pouvait être tenu pour le plus grand ?
25 Il leur dit : « Les rois des nations dominent sur elles, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler Bienfaiteurs.
26 Mais pour vous, il n’en va pas ainsi. Au contraire, que le plus grand parmi vous se comporte comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert.
27 Quel est en effet le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Et moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert !
28 « Vous êtes, vous, ceux qui sont demeurés constamment avec moi dans mes épreuves ;
29 et moi je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi :
30 vous mangerez et boirez à ma table en mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël.
31 « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment ;
32 mais moi j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. »
33 Celui-ci lui dit : « Seigneur, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort. »
34 Mais il dit : « Je te le dis, Pierre, le coq ne chantera pas aujourd’hui que tu n’aies, par trois fois, nié me connaître. »
35 Puis il leur dit : « Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni besace, ni sandales, avez-vous manqué de quelque chose ? » ­ « De rien », dirent-ils.
36 Et il leur dit : « Mais maintenant, que celui qui a une bourse la prenne, de même celui qui a une besace, et que celui qui n’en a pas vende son manteau pour acheter un glaive.
37 Car, je vous le dis, il faut que s’accomplisse en moi ceci qui est écrit : Il a été compté parmi les scélérats. Aussi bien, ce qui me concerne touche à sa fin. » ­
38 « Seigneur, dirent-ils, il y a justement ici deux glaives. » Il leur répondit : « C’est bien assez ! »
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Au cours du séder pascal qui devint la Cène, Jésus montra plus clairement que jamais à Ses disciples ce qu'est le christianisme. C'est précisément la Cène qui est devenue pour les chrétiens l'événement sur lequel la vie de l'Église devait ensuite être fondée...  Lire la suite

Au cours du séder pascal qui devint la Cène, Jésus montra plus clairement que jamais à Ses disciples ce qu'est le christianisme. C'est précisément la Cène qui est devenue pour les chrétiens l'événement sur lequel la vie de l'Église devait ensuite être fondée, jusqu'au retour du Christ dans la gloire. Toute fraction chrétienne du pain, toute eucharistie, devient en réalité la continuation de cette même Cène qui, tout en appartenant à l'éternité, se réfracte en même temps encore et encore dans l'histoire, devenant ce que l'Église appelle habituellement un sacrement.

Mais qu'était la Cène ? Extérieurement, un séder pascal ordinaire, le repas rituel et festif traditionnel juif célébré le premier jour, ou plus précisément la première nuit, de la fête de Pessa'h. À cet égard, Jésus n'invente rien de nouveau. Il n'a pas l'intention d'élaborer pour Ses disciples un rite religieux particulier. Et cela se comprend : Jésus n'avait pas l'intention de créer une nouvelle religion. Il parle d'autre chose : de Son corps et de Son sang. Que veut-Il dire ?

Dans l'usage juif traditionnel, qu'il s'agisse de l'hébreu ou de l'araméen, le corps et le sang désignent la personne, la nature humaine, la vie humaine. Mais la vie dans toute sa plénitude, tant naturelle que spirituelle. Dans le cas du Christ, cela représente énormément. On pourrait dire : immensément, car Il porte en Lui la vie du Royaume dans toute sa plénitude. Et les repas rituels juifs avaient toujours été un lieu de rencontre, non seulement de Dieu avec la personne, mais aussi des personnes rassemblées à une même table les unes avec les autres. La présence de Dieu les unissait et les sanctifiait comme un tout unique, un seul organisme, un seul corps spirituel. Aux temps évangéliques, tout le peuple juif était précisément perçu de cette manière, comme un unique organisme spirituel et non pas seulement comme une communauté ethnique. Les repas rituels jouaient un rôle immense dans son existence comme corps spirituel unique : avant tout, bien sûr, les repas du shabbat, mais aussi ceux des autres fêtes juives, qui reposaient sur la fraction du pain comme moment de rencontre des participants avec Dieu et entre eux.

Jésus S'introduit Lui-même dans cette communion. Il y apporte la plénitude de Sa vie, et donc de la vie du Royaume qu'Il a apporté au monde. Il l'y apporte pour tous les temps à venir, jusqu'au jour où Il reviendra comme Roi triomphant de Son Royaume pleinement révélé. Le christianisme est précisément la participation à cette vie du Christ, le fait d'avoir part à la vie de Son Royaume. Tout le reste n'est que son cadre, un contexte historique qui peut prendre n'importe quelle forme, pourvu qu'il ne contredise pas la tâche principale. À la rigueur, on peut même s'en passer complètement, pourvu que demeure ce qui a commencé lors de la Cène. C'est en effet cela qui fait de l'Église l'Église. Le reste sera donné par surcroît, s'il est nécessaire.

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Pour Lc 22:1-38
1 La fête des Azymes, appelée la Pâque, approchait.
2 Et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment le tuer, car ils avaient peur du peuple.
3 Or Satan entra dans Judas, appelé Iscariote, qui était du nombre des Douze.
4 Il s’en alla conférer avec les grands prêtres et les chefs des gardes sur le moyen de le leur livrer.
5 Ils se réjouirent et convinrent de lui donner de l’argent.
6 Il acquiesça, et il cherchait une occasion favorable pour le leur livrer à l’insu de la foule.
7 Vint le jour des Azymes, où devait être immolée la pâque,
8 et il envoya Pierre et Jean en disant : « Allez nous préparer la pâque, que nous la mangions. »
9 Ils lui dirent : « Où veux-tu que nous préparions ? »
10 Il leur dit : « Voici qu’en entrant dans la ville, vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau. Suivez-le dans la maison où il pénétrera,
11 et vous direz au propriétaire de la maison : « Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la pâque avec mes disciples ? »
12 Et celui-ci vous montrera, à l’étage, une grande pièce garnie de coussins ; faites-y les préparatifs. »
13 S’en étant donc allés, ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la pâque.
14 Lorsque l’heure fut venue, il se mit à table, et les apôtres avec lui.
15 Et il leur dit : « J’ai ardemment désiré manger cette pâque avec vous avant de souffrir ;
16 car je vous le dis, jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle s’accomplisse dans le Royaume de Dieu. »
17 Puis, ayant reçu une coupe, il rendit grâces et dit : « Prenez ceci et partagez entre vous ;
18 car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne jusqu’à ce que le Royaume de Dieu soit venu. »
19 Puis, prenant du pain, il rendit grâces, le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous ; faites cela en mémoire de moi. »
20 Il fit de même pour la coupe après le repas, disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, versé pour vous.
21 « Cependant, voici que la main de celui qui me livre est avec moi sur la table.
22 Le Fils de l’homme, certes, va son chemin selon ce qui a été arrêté, mais malheur à cet homme-là par qui il est livré ! »
23 Et eux se mirent à se demander entre eux quel était donc parmi eux celui qui allait faire cela.
24 Il s’éleva aussi entre eux une contestation : lequel d’entre eux pouvait être tenu pour le plus grand ?
25 Il leur dit : « Les rois des nations dominent sur elles, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler Bienfaiteurs.
26 Mais pour vous, il n’en va pas ainsi. Au contraire, que le plus grand parmi vous se comporte comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert.
27 Quel est en effet le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Et moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert !
28 « Vous êtes, vous, ceux qui sont demeurés constamment avec moi dans mes épreuves ;
29 et moi je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi :
30 vous mangerez et boirez à ma table en mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël.
31 « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment ;
32 mais moi j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. »
33 Celui-ci lui dit : « Seigneur, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort. »
34 Mais il dit : « Je te le dis, Pierre, le coq ne chantera pas aujourd’hui que tu n’aies, par trois fois, nié me connaître. »
35 Puis il leur dit : « Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni besace, ni sandales, avez-vous manqué de quelque chose ? » ­ « De rien », dirent-ils.
36 Et il leur dit : « Mais maintenant, que celui qui a une bourse la prenne, de même celui qui a une besace, et que celui qui n’en a pas vende son manteau pour acheter un glaive.
37 Car, je vous le dis, il faut que s’accomplisse en moi ceci qui est écrit : Il a été compté parmi les scélérats. Aussi bien, ce qui me concerne touche à sa fin. » ­
38 « Seigneur, dirent-ils, il y a justement ici deux glaives. » Il leur répondit : « C’est bien assez ! »
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La fête de la Pâque approche, et les disciples sont certains que, dans quelques heures, leur Maître deviendra le Roi d'Israël promis...  Lire la suite

La fête de la Pâque approche, et les disciples sont certains que, dans quelques heures, leur Maître deviendra le Roi d'Israël promis, offrira dans le Temple le sacrifice rédempteur pour Son peuple, et que tous Le serviront, et donc les serviront eux aussi, Ses plus proches compagnons. Jésus confirme pour ainsi dire leurs paroles : tout s'accomplira très bientôt — Il ne goûtera pas au repas pascal avant d'avoir offert le sacrifice dans le triomphe du Royaume de Dieu, et les disciples auront douze trônes et l'autorité sur tout Israël.

Et c'est ici que le paradoxe de l'Évangile atteint son sommet : tout se passera exactement ainsi, mais tout se passera d'une tout autre manière. Jésus deviendra Lui-même le sacrifice pascal pour le péché du monde ; Il sera le moindre des hommes — Il sera exécuté comme un criminel, et les disciples connaîtront les persécutions et l'effondrement de leurs espérances. Le sacrifice a été offert, et ceux qui y ont part sont devenus citoyens du Royaume, qui ne ressemble absolument pas à tous les autres royaumes du monde.

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Pour Lc 22:1-38
1 La fête des Azymes, appelée la Pâque, approchait.
2 Et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment le tuer, car ils avaient peur du peuple.
3 Or Satan entra dans Judas, appelé Iscariote, qui était du nombre des Douze.
4 Il s’en alla conférer avec les grands prêtres et les chefs des gardes sur le moyen de le leur livrer.
5 Ils se réjouirent et convinrent de lui donner de l’argent.
6 Il acquiesça, et il cherchait une occasion favorable pour le leur livrer à l’insu de la foule.
7 Vint le jour des Azymes, où devait être immolée la pâque,
8 et il envoya Pierre et Jean en disant : « Allez nous préparer la pâque, que nous la mangions. »
9 Ils lui dirent : « Où veux-tu que nous préparions ? »
10 Il leur dit : « Voici qu’en entrant dans la ville, vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau. Suivez-le dans la maison où il pénétrera,
11 et vous direz au propriétaire de la maison : « Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la pâque avec mes disciples ? »
12 Et celui-ci vous montrera, à l’étage, une grande pièce garnie de coussins ; faites-y les préparatifs. »
13 S’en étant donc allés, ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la pâque.
14 Lorsque l’heure fut venue, il se mit à table, et les apôtres avec lui.
15 Et il leur dit : « J’ai ardemment désiré manger cette pâque avec vous avant de souffrir ;
16 car je vous le dis, jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle s’accomplisse dans le Royaume de Dieu. »
17 Puis, ayant reçu une coupe, il rendit grâces et dit : « Prenez ceci et partagez entre vous ;
18 car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne jusqu’à ce que le Royaume de Dieu soit venu. »
19 Puis, prenant du pain, il rendit grâces, le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous ; faites cela en mémoire de moi. »
20 Il fit de même pour la coupe après le repas, disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, versé pour vous.
21 « Cependant, voici que la main de celui qui me livre est avec moi sur la table.
22 Le Fils de l’homme, certes, va son chemin selon ce qui a été arrêté, mais malheur à cet homme-là par qui il est livré ! »
23 Et eux se mirent à se demander entre eux quel était donc parmi eux celui qui allait faire cela.
24 Il s’éleva aussi entre eux une contestation : lequel d’entre eux pouvait être tenu pour le plus grand ?
25 Il leur dit : « Les rois des nations dominent sur elles, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler Bienfaiteurs.
26 Mais pour vous, il n’en va pas ainsi. Au contraire, que le plus grand parmi vous se comporte comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert.
27 Quel est en effet le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Et moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert !
28 « Vous êtes, vous, ceux qui sont demeurés constamment avec moi dans mes épreuves ;
29 et moi je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi :
30 vous mangerez et boirez à ma table en mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël.
31 « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment ;
32 mais moi j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. »
33 Celui-ci lui dit : « Seigneur, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort. »
34 Mais il dit : « Je te le dis, Pierre, le coq ne chantera pas aujourd’hui que tu n’aies, par trois fois, nié me connaître. »
35 Puis il leur dit : « Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni besace, ni sandales, avez-vous manqué de quelque chose ? » ­ « De rien », dirent-ils.
36 Et il leur dit : « Mais maintenant, que celui qui a une bourse la prenne, de même celui qui a une besace, et que celui qui n’en a pas vende son manteau pour acheter un glaive.
37 Car, je vous le dis, il faut que s’accomplisse en moi ceci qui est écrit : Il a été compté parmi les scélérats. Aussi bien, ce qui me concerne touche à sa fin. » ­
38 « Seigneur, dirent-ils, il y a justement ici deux glaives. » Il leur répondit : « C’est bien assez ! »
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Tous les évangélistes décrivent le Royaume comme quelque chose d'inséparable de la personne de Jésus-Christ. Il n'y a là rien d'étonnant...  Lire la suite

Tous les évangélistes décrivent le Royaume comme quelque chose d'inséparable de la personne de Jésus-Christ. Il n'y a là rien d'étonnant : c'est lui qui a apporté le Royaume au monde ; c'est en lui que, dès l'origine, toute la plénitude du Royaume était contenue, et il est impossible d'entrer dans le Royaume sans communion avec lui. Or, au cours de la Cène, Jésus lui-même relie la plénitude du Royaume à celle de sa propre vie, à cette plénitude divino-humaine qu'il porte en lui depuis l'instant de sa conception.

Au fond, la Cène n'était rien d'autre qu'un séder pascal, un repas rituel juif consacré à la fête de Pessa'h, parfois également appelée la Pâque juive. Son moment central était la prière de bénédiction du pain et du vin, qui unissait tous les convives réunis à la table de fête à Dieu et les uns aux autres. C'était le point culminant de la fête, du moins de sa célébration familiale : la présence de Dieu sanctifiait l'assemblée et en faisait une communauté, non seulement en unissant les participants au repas, mais aussi en faisant d'eux une partie du peuple de Dieu, perçu comme un seul corps spirituel. Jésus y unit aussi la plénitude de sa vie, la rendant ainsi accessible, et avec elle le Royaume, à chacun des participants au repas de fête. Il prononce les prières traditionnelles de bénédiction du pain et du vin, en y ajoutant les paroles sur la nouvelle alliance (« testament »), qu'il relie à son sang, tout comme, en bénissant le pain, il le relie à son corps (v. 19–20). Pour comprendre ces paroles, il importe de garder à l'esprit que, dans l'usage hébraïque, l'expression « corps et sang » signifiait la vie, la vie humaine dans toute sa plénitude et toutes ses manifestations. Dans le cas de Jésus, cette vie était manifestement inséparable de la divinité et de la plénitude du Royaume qui constituaient l'essence même de sa vie.

Notre vie est fondamentalement naturelle et, même lorsque nous entrons dans le Royaume, elle le demeure ; simplement, cette nature est transfigurée, comme toute la nature est transfigurée dans le Royaume. La vie de Jésus est fondamentalement surnaturelle ; sa composante naturelle est simplement unie à ce fondement surnaturel, jusqu'à en être totalement inséparable, sans pourtant jamais se fondre entièrement en lui. Et c'est cette vie divino-humaine qui est la sienne qu'il offre à ceux qui sont prêts à partager avec lui le repas sacré. Il n'est donc pas étonnant que Jésus mentionne le Royaume qu'il laisse à ses disciples, ainsi que le repas dans le Royaume (v. 28–30). Car tout repas auquel Jésus participe devient un repas du Royaume, quels que soient le lieu et le moment où il se déroule. Voilà pourquoi la fraction du pain devient le fondement de la vie spirituelle de l'Église dès la première génération chrétienne : chacune de ces assemblées devient un repas partagé par Jésus ressuscité et ses disciples toujours plus nombreux. Et donc un repas du Royaume.

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Pour Lc 22:7-39
7 Vint le jour des Azymes, où devait être immolée la pâque,
8 et il envoya Pierre et Jean en disant : « Allez nous préparer la pâque, que nous la mangions. »
9 Ils lui dirent : « Où veux-tu que nous préparions ? »
10 Il leur dit : « Voici qu’en entrant dans la ville, vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau. Suivez-le dans la maison où il pénétrera,
11 et vous direz au propriétaire de la maison : « Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la pâque avec mes disciples ? »
12 Et celui-ci vous montrera, à l’étage, une grande pièce garnie de coussins ; faites-y les préparatifs. »
13 S’en étant donc allés, ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la pâque.
14 Lorsque l’heure fut venue, il se mit à table, et les apôtres avec lui.
15 Et il leur dit : « J’ai ardemment désiré manger cette pâque avec vous avant de souffrir ;
16 car je vous le dis, jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle s’accomplisse dans le Royaume de Dieu. »
17 Puis, ayant reçu une coupe, il rendit grâces et dit : « Prenez ceci et partagez entre vous ;
18 car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne jusqu’à ce que le Royaume de Dieu soit venu. »
19 Puis, prenant du pain, il rendit grâces, le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous ; faites cela en mémoire de moi. »
20 Il fit de même pour la coupe après le repas, disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, versé pour vous.
21 « Cependant, voici que la main de celui qui me livre est avec moi sur la table.
22 Le Fils de l’homme, certes, va son chemin selon ce qui a été arrêté, mais malheur à cet homme-là par qui il est livré ! »
23 Et eux se mirent à se demander entre eux quel était donc parmi eux celui qui allait faire cela.
24 Il s’éleva aussi entre eux une contestation : lequel d’entre eux pouvait être tenu pour le plus grand ?
25 Il leur dit : « Les rois des nations dominent sur elles, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler Bienfaiteurs.
26 Mais pour vous, il n’en va pas ainsi. Au contraire, que le plus grand parmi vous se comporte comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert.
27 Quel est en effet le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Et moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert !
28 « Vous êtes, vous, ceux qui sont demeurés constamment avec moi dans mes épreuves ;
29 et moi je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi :
30 vous mangerez et boirez à ma table en mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël.
31 « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment ;
32 mais moi j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. »
33 Celui-ci lui dit : « Seigneur, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort. »
34 Mais il dit : « Je te le dis, Pierre, le coq ne chantera pas aujourd’hui que tu n’aies, par trois fois, nié me connaître. »
35 Puis il leur dit : « Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni besace, ni sandales, avez-vous manqué de quelque chose ? » ­ « De rien », dirent-ils.
36 Et il leur dit : « Mais maintenant, que celui qui a une bourse la prenne, de même celui qui a une besace, et que celui qui n’en a pas vende son manteau pour acheter un glaive.
37 Car, je vous le dis, il faut que s’accomplisse en moi ceci qui est écrit : Il a été compté parmi les scélérats. Aussi bien, ce qui me concerne touche à sa fin. » ­
38 « Seigneur, dirent-ils, il y a justement ici deux glaives. » Il leur répondit : « C’est bien assez ! »
39 Il sortit et se rendit, comme de coutume, au mont des Oliviers, et les disciples aussi le suivirent.
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Le mont des Oliviers est le commencement de la glorification du Christ. C'est Son Entrée à Jérusalem, l'entrée du Roi. Et c'est sur cette même montagne qu'Il revient après...  Lire la suite

Le mont des Oliviers est le commencement de la glorification du Christ. C'est Son Entrée à Jérusalem, l'entrée du Roi. Et c'est sur cette même montagne qu'Il revient après avoir mangé la Pâque avec les disciples. Et de nouveau, c'est du mont des Oliviers que commence la glorification du Christ - comme Sauveur du Monde.

Et au cours du repas pascal, le Christ explique aux apôtres ce qu'Il accomplissait Lui-même et ce qui s'accomplit. Il est Celui qui sert, auprès duquel se trouvaient des hommes qui avaient déjà changé dans leur coeur. À qui Il promet le repas dans le Royaume des Cieux. Et à qui Il lègue, comme témoins de Ses oeuvres, la Communion à Son Corps et à Son Sang. La communion à Sa mort et à Sa Résurrection prochaine. La communion à la gloire du Christ, par laquelle tous les chrétiens sont fortifiés et sauvés depuis ces jours-là.

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Pour Lc 22:7-39
7 Vint le jour des Azymes, où devait être immolée la pâque,
8 et il envoya Pierre et Jean en disant : « Allez nous préparer la pâque, que nous la mangions. »
9 Ils lui dirent : « Où veux-tu que nous préparions ? »
10 Il leur dit : « Voici qu’en entrant dans la ville, vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau. Suivez-le dans la maison où il pénétrera,
11 et vous direz au propriétaire de la maison : « Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la pâque avec mes disciples ? »
12 Et celui-ci vous montrera, à l’étage, une grande pièce garnie de coussins ; faites-y les préparatifs. »
13 S’en étant donc allés, ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la pâque.
14 Lorsque l’heure fut venue, il se mit à table, et les apôtres avec lui.
15 Et il leur dit : « J’ai ardemment désiré manger cette pâque avec vous avant de souffrir ;
16 car je vous le dis, jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle s’accomplisse dans le Royaume de Dieu. »
17 Puis, ayant reçu une coupe, il rendit grâces et dit : « Prenez ceci et partagez entre vous ;
18 car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne jusqu’à ce que le Royaume de Dieu soit venu. »
19 Puis, prenant du pain, il rendit grâces, le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous ; faites cela en mémoire de moi. »
20 Il fit de même pour la coupe après le repas, disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, versé pour vous.
21 « Cependant, voici que la main de celui qui me livre est avec moi sur la table.
22 Le Fils de l’homme, certes, va son chemin selon ce qui a été arrêté, mais malheur à cet homme-là par qui il est livré ! »
23 Et eux se mirent à se demander entre eux quel était donc parmi eux celui qui allait faire cela.
24 Il s’éleva aussi entre eux une contestation : lequel d’entre eux pouvait être tenu pour le plus grand ?
25 Il leur dit : « Les rois des nations dominent sur elles, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler Bienfaiteurs.
26 Mais pour vous, il n’en va pas ainsi. Au contraire, que le plus grand parmi vous se comporte comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert.
27 Quel est en effet le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Et moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert !
28 « Vous êtes, vous, ceux qui sont demeurés constamment avec moi dans mes épreuves ;
29 et moi je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi :
30 vous mangerez et boirez à ma table en mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël.
31 « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment ;
32 mais moi j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. »
33 Celui-ci lui dit : « Seigneur, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort. »
34 Mais il dit : « Je te le dis, Pierre, le coq ne chantera pas aujourd’hui que tu n’aies, par trois fois, nié me connaître. »
35 Puis il leur dit : « Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni besace, ni sandales, avez-vous manqué de quelque chose ? » ­ « De rien », dirent-ils.
36 Et il leur dit : « Mais maintenant, que celui qui a une bourse la prenne, de même celui qui a une besace, et que celui qui n’en a pas vende son manteau pour acheter un glaive.
37 Car, je vous le dis, il faut que s’accomplisse en moi ceci qui est écrit : Il a été compté parmi les scélérats. Aussi bien, ce qui me concerne touche à sa fin. » ­
38 « Seigneur, dirent-ils, il y a justement ici deux glaives. » Il leur répondit : « C’est bien assez ! »
39 Il sortit et se rendit, comme de coutume, au mont des Oliviers, et les disciples aussi le suivirent.
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Aujourd’hui, nous lisons un immense passage de l’Évangile selon saint Luc, qui comprend le récit de...  Lire la suite

Aujourd’hui, nous lisons un immense passage de l’Évangile selon saint Luc, qui comprend le récit de l’Entrée du Seigneur à Jérusalem et celui de la Cène et du dernier entretien du Christ avec Ses disciples. Il s’agit au fond du récit de la conclusion de la Nouvelle Alliance, qui sera définitivement scellée par le Sang du Christ versé sur la Croix.

C’est pour conclure la Nouvelle Alliance que le Seigneur va à la Croix. Nous lisons aujourd’hui qu’aucun pas du Christ sur Son dernier chemin n’est facile. Comme un rasoir, l’action salvatrice de Dieu sépare les hommes. Quelques disciples acceptent ce que le Christ fait et dit, mais autour de Lui s’élève sans cesse la voix de Ses adversaires, qui s’indignent contre Jésus. Finalement, seuls les douze disciples restent auprès de Lui, et même parmi eux l’un se révèle traître. Au pied de Sa croix, au milieu de la foule qui se moque de Lui, nous ne voyons que Sa Très Pure Mère avec le disciple bien-aimé, quelques femmes et le centurion Longin stupéfait, qui proclame, à sa propre surprise, cette vérité : cet homme était le Fils de Dieu.

Mais malgré l’opposition qui ne cesse de se renforcer, le Fils de l’homme poursuit Son chemin comme il est écrit de Lui. La lecture d’un passage aussi long fait sentir l’accélération continue des événements. Ce n’est pas une procession lente et solennelle. Le récit de l’évangéliste donne plutôt l’impression d’une marche rapide dont le but ultime est la conclusion de la Nouvelle Alliance, cette Alliance à laquelle nous participons en communiant au Corps et au Sang du Christ selon Son commandement.

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Pour Lc 21:29-38
29 Et il leur dit une parabole : « Voyez le figuier et les autres arbres.
30 Dès qu’ils bourgeonnent, vous comprenez de vous-mêmes, en les regardant, que désormais l’été est proche.
31 Ainsi vous, lorsque vous verrez cela arriver, comprenez que le Royaume de Dieu est proche.
32 En vérité, je vous le dis, cette génération ne passera pas que tout ne soit arrivé.
33 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.
34 « Tenez-vous sur vos gardes, de peur que vos cœurs ne s’appesantissent dans la débauche, l’ivrognerie, les soucis de la vie, et que ce Jour-là ne fonde soudain sur vous
35 comme un filet ; car il s’abattra sur tous ceux qui habitent la surface de toute la terre.
36 Veillez donc et priez en tout temps, afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »
37 Pendant le jour, il était dans le Temple à enseigner ; mais la nuit, il s’en allait la passer en plein air sur le mont dit des Oliviers.
38 Et, dès l’aurore, tout le peuple venait à lui dans le Temple pour l’écouter.
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Le Royaume de Dieu est proche, mais le Christ Lui-même a dit qu’il vient sans se faire remarquer et qu’il se trouve déjà en partie parmi nous...  Lire la suite

Le Royaume de Dieu est proche, mais le Christ Lui-même a dit qu’il vient sans se faire remarquer et qu’il se trouve déjà en partie parmi nous. Cela signifie qu’il ne faut pas identifier les désastres apocalyptiques à venir avec le second avènement et le Jugement dernier. Après avoir averti les disciples des événements redoutables qui accompagneront le second avènement, le Christ les a appelés à veiller et à prier dans l’espérance d’échapper à tout ce qui doit arriver. Ces événements seront la conséquence des actes humains, mais le Christ ne veut pas de désastres pour les hommes. Il ne souhaite la perte de personne, et l’essence de Sa venue dans le monde ne réside pas dans les cataclysmes. Au contraire, les signes de Sa venue sont comparés à la tendresse des feuilles et à la floraison des branches qui bourgeonnent.

Quant à nous, nous avons reçu l’avertissement d’être prêts pour le jour qu’Il a annoncé. Remarquons donc qu’Il nous met en garde non pas contre des forfaits particulièrement effroyables, mais contre ce qui est naturel et quotidien : l’ivresse, la gloutonnerie et—ce qui est tout à fait stupéfiant—les soucis de la vie. Mais comment s’en passer ? Pourtant, ce n’est pas la mer qui nous noie, mais une flaque, et les soucis les plus normaux et les plus nécessaires ne nous seront d’aucun profit s’ils nous cachent le Christ.

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Pour Lc 21:25-38
25 « Et il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur la terre, les nations seront dans l’angoisse, inquiètes du fracas de la mer et des flots ;
26 des hommes défailliront de frayeur, dans l’attente de ce qui menace le monde habité, car les puissances des cieux seront ébranlées.
27 Et alors on verra le Fils de l’homme venant dans une nuée avec puissance et grande gloire.
28 Quand cela commencera d’arriver, redressez-vous et relevez la tête, parce que votre délivrance est proche. »
29 Et il leur dit une parabole : « Voyez le figuier et les autres arbres.
30 Dès qu’ils bourgeonnent, vous comprenez de vous-mêmes, en les regardant, que désormais l’été est proche.
31 Ainsi vous, lorsque vous verrez cela arriver, comprenez que le Royaume de Dieu est proche.
32 En vérité, je vous le dis, cette génération ne passera pas que tout ne soit arrivé.
33 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.
34 « Tenez-vous sur vos gardes, de peur que vos cœurs ne s’appesantissent dans la débauche, l’ivrognerie, les soucis de la vie, et que ce Jour-là ne fonde soudain sur vous
35 comme un filet ; car il s’abattra sur tous ceux qui habitent la surface de toute la terre.
36 Veillez donc et priez en tout temps, afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »
37 Pendant le jour, il était dans le Temple à enseigner ; mais la nuit, il s’en allait la passer en plein air sur le mont dit des Oliviers.
38 Et, dès l’aurore, tout le peuple venait à lui dans le Temple pour l’écouter.
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Sur fond des terribles événements de l’apocalypse, lorsque « les hommes défailliront de peur », au milieu des guerres et des ténèbres, les paroles du Christ résonnent de manière paradoxale et étonnante...  Lire la suite

Sur fond des terribles événements de l’apocalypse, lorsque « les hommes défailliront de peur », au milieu des guerres et des ténèbres, les paroles du Christ résonnent de manière paradoxale et étonnante : « ...Alors redressez-vous et relevez la tête, car votre délivrance approche ». C’est précisément cette dimension qui s’est toujours perdue dans toutes sortes de dernières prédictions sur la fin du monde. On n’en attendait rien de bon, et en tout cas on n’en attendait pas la rencontre avec le Christ. Or c’est une question actuelle, et ce n’est pas sans raison que ces paroles s’adressent à tous : « cette génération ne passera pas que tout ne soit accompli » ; quelle que soit l’évolution de l’histoire de la terre dans son ensemble, chacun de nous a devant lui sa propre fin du monde personnelle, lorsque l’histoire poursuivra son cours sans nous. Et ici, le plus important est de se rappeler que la rencontre avec Dieu est joie et délivrance, y compris délivrance de la peur.

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Pour Lc 21:5-38
5 Comme certains disaient du Temple qu’il était orné de belles pierres et d’offrandes votives, il dit :
6 « De ce que vous contemplez, viendront des jours où il ne restera pas pierre sur pierre : tout sera jeté bas. »
7 Ils l’interrogèrent alors en disant : « Maître, quand donc cela aura-t-il lieu, et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? »
8 Il dit : « Prenez garde de vous laisser abuser, car il en viendra beaucoup sous mon nom, qui diront : « C’est moi ! » et « Le temps est tout proche ». N’allez pas à leur suite.
9 Lorsque vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne vous effrayez pas ; car il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas de sitôt la fin. »
10 Alors il leur disait : « On se dressera nation contre nation et royaume contre royaume.
11 Il y aura de grands tremblements de terre et, par endroits, des pestes et des famines ; il y aura aussi des phénomènes terribles et, venant du ciel, de grands signes.
12 « Mais, avant tout cela, on portera les mains sur vous, on vous persécutera, on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous traduira devant des rois et des gouverneurs à cause de mon Nom,
13 et cela aboutira pour vous au témoignage.
14 Mettez-vous donc bien dans l’esprit que vous n’avez pas à préparer d’avance votre défense :
15 car moi je vous donnerai un langage et une sagesse, à quoi nul de vos adversaires ne pourra résister ni contredire.
16 Vous serez livrés même par vos père et mère, vos frères, vos proches et vos amis ; on fera mourir plusieurs d’entre vous,
17 et vous serez haïs de tous à cause de mon nom.
18 Mais pas un cheveu de votre tête ne se perdra.
19 C’est par votre constance que vous sauverez vos vies !
20 « Mais lorsque vous verrez Jérusalem investie par des armées, alors comprenez que sa dévastation est toute proche.
21 Alors, que ceux qui seront en Judée s’enfuient dans les montagnes, que ceux qui seront à l’intérieur de la ville s’en éloignent, et que ceux qui seront dans les campagnes n’y entrent pas ;
22 car ce seront des jours de vengeance, où devra s’accomplir tout ce qui a été écrit.
23 Malheur à celles qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là !
« Car il y aura grande détresse sur la terre et colère contre ce peuple.
24 Ils tomberont sous le tranchant du glaive et ils seront emmenés captifs dans toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par des païens jusqu’à ce que soient accomplis les temps des païens.
25 « Et il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur la terre, les nations seront dans l’angoisse, inquiètes du fracas de la mer et des flots ;
26 des hommes défailliront de frayeur, dans l’attente de ce qui menace le monde habité, car les puissances des cieux seront ébranlées.
27 Et alors on verra le Fils de l’homme venant dans une nuée avec puissance et grande gloire.
28 Quand cela commencera d’arriver, redressez-vous et relevez la tête, parce que votre délivrance est proche. »
29 Et il leur dit une parabole : « Voyez le figuier et les autres arbres.
30 Dès qu’ils bourgeonnent, vous comprenez de vous-mêmes, en les regardant, que désormais l’été est proche.
31 Ainsi vous, lorsque vous verrez cela arriver, comprenez que le Royaume de Dieu est proche.
32 En vérité, je vous le dis, cette génération ne passera pas que tout ne soit arrivé.
33 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.
34 « Tenez-vous sur vos gardes, de peur que vos cœurs ne s’appesantissent dans la débauche, l’ivrognerie, les soucis de la vie, et que ce Jour-là ne fonde soudain sur vous
35 comme un filet ; car il s’abattra sur tous ceux qui habitent la surface de toute la terre.
36 Veillez donc et priez en tout temps, afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »
37 Pendant le jour, il était dans le Temple à enseigner ; mais la nuit, il s’en allait la passer en plein air sur le mont dit des Oliviers.
38 Et, dès l’aurore, tout le peuple venait à lui dans le Temple pour l’écouter.
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La lecture d'aujourd'hui nous propose un discours de Jésus dans lequel il relie de manière étonnante le début et la fin de notre époque...  Lire la suite

La lecture d'aujourd'hui nous propose un discours de Jésus dans lequel il relie de manière étonnante le début et la fin de notre époque. Pour comprendre ses paroles, il importe de garder à l'esprit que, pour les Juifs croyants de l'époque postexilique, le Temple construit par les rapatriés revenus de Babylone sur la terre de leurs pères était le Temple messianique : il devait subsister jusqu'à la fin des temps et voir la venue du Messie ainsi que le triomphe du Royaume messianique. Plus tard, cependant, vers le IIe siècle avant notre ère, ces conceptions furent complétées par l'enseignement rabbinique sur les « tribulations messianiques », les persécutions qui s'abattraient sur le Temple, le peuple et le pays peu avant l'apparition du Messie, lequel engagerait la dernière guerre sainte messianique. Celle-ci aurait pour issue la victoire du peuple de Dieu et la venue du Royaume messianique.

Pendant les persécutions, estimaient les représentants de certaines écoles rabbiniques, le Temple serait profané, voire détruit, mais il serait rebâti lorsque le Royaume triompherait. Jésus semble présenter toute l'histoire jusqu'à l'an 70, jusqu'à la destruction de Jérusalem et du Temple, dans le cadre de ces conceptions traditionnelles (v. 5–6, 20–22). Pour lui, les événements de l'an 70 semblent effectivement devenir la fin de l'histoire (v. 22–24).

Mais la fin de l'histoire se révèle, pour Jésus, n'être que le début de l'avènement du Royaume messianique ; ce processus s'achève plus tard, et Jésus ne donne ici aucune date. Il parle seulement des signes permettant de juger que la fin est proche (v. 25–28). Au fond, si l'on excepte les signes, les « présages », dont le sens n'est pas entièrement clair — on peut seulement supposer qu'il s'agit de catastrophes naturelles —, le principal signe de la fin prochaine de l'époque de transition est « l'angoisse et la perplexité » qui saisissent non plus certains peuples et pays, comme par le passé, mais l'humanité entière.

Dans le langage actuel, nous appellerions sans doute cela une crise des valeurs, une crise spirituelle et morale, qui toucherait toute l'humanité. Il est toutefois impossible de dire exactement combien de temps l'humanité demeurera dans cet état avant que ne s'achève l'étape actuelle de son histoire ; mais celle-ci s'achèvera par le retour de Jésus (v. 27). Ainsi le Sauveur relie le début et la fin de cette étape historique dont nous sommes devenus les témoins et les acteurs. L'enjeu n'est pas le calendrier, qui ne change rien de fondamental, mais le sens spirituel de ce qui se passe. Nous sommes avertis. La suite ne dépend que de nous-mêmes.

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Pour Lc 21:5-38
5 Comme certains disaient du Temple qu’il était orné de belles pierres et d’offrandes votives, il dit :
6 « De ce que vous contemplez, viendront des jours où il ne restera pas pierre sur pierre : tout sera jeté bas. »
7 Ils l’interrogèrent alors en disant : « Maître, quand donc cela aura-t-il lieu, et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? »
8 Il dit : « Prenez garde de vous laisser abuser, car il en viendra beaucoup sous mon nom, qui diront : « C’est moi ! » et « Le temps est tout proche ». N’allez pas à leur suite.
9 Lorsque vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne vous effrayez pas ; car il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas de sitôt la fin. »
10 Alors il leur disait : « On se dressera nation contre nation et royaume contre royaume.
11 Il y aura de grands tremblements de terre et, par endroits, des pestes et des famines ; il y aura aussi des phénomènes terribles et, venant du ciel, de grands signes.
12 « Mais, avant tout cela, on portera les mains sur vous, on vous persécutera, on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous traduira devant des rois et des gouverneurs à cause de mon Nom,
13 et cela aboutira pour vous au témoignage.
14 Mettez-vous donc bien dans l’esprit que vous n’avez pas à préparer d’avance votre défense :
15 car moi je vous donnerai un langage et une sagesse, à quoi nul de vos adversaires ne pourra résister ni contredire.
16 Vous serez livrés même par vos père et mère, vos frères, vos proches et vos amis ; on fera mourir plusieurs d’entre vous,
17 et vous serez haïs de tous à cause de mon nom.
18 Mais pas un cheveu de votre tête ne se perdra.
19 C’est par votre constance que vous sauverez vos vies !
20 « Mais lorsque vous verrez Jérusalem investie par des armées, alors comprenez que sa dévastation est toute proche.
21 Alors, que ceux qui seront en Judée s’enfuient dans les montagnes, que ceux qui seront à l’intérieur de la ville s’en éloignent, et que ceux qui seront dans les campagnes n’y entrent pas ;
22 car ce seront des jours de vengeance, où devra s’accomplir tout ce qui a été écrit.
23 Malheur à celles qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là !
« Car il y aura grande détresse sur la terre et colère contre ce peuple.
24 Ils tomberont sous le tranchant du glaive et ils seront emmenés captifs dans toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par des païens jusqu’à ce que soient accomplis les temps des païens.
25 « Et il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur la terre, les nations seront dans l’angoisse, inquiètes du fracas de la mer et des flots ;
26 des hommes défailliront de frayeur, dans l’attente de ce qui menace le monde habité, car les puissances des cieux seront ébranlées.
27 Et alors on verra le Fils de l’homme venant dans une nuée avec puissance et grande gloire.
28 Quand cela commencera d’arriver, redressez-vous et relevez la tête, parce que votre délivrance est proche. »
29 Et il leur dit une parabole : « Voyez le figuier et les autres arbres.
30 Dès qu’ils bourgeonnent, vous comprenez de vous-mêmes, en les regardant, que désormais l’été est proche.
31 Ainsi vous, lorsque vous verrez cela arriver, comprenez que le Royaume de Dieu est proche.
32 En vérité, je vous le dis, cette génération ne passera pas que tout ne soit arrivé.
33 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.
34 « Tenez-vous sur vos gardes, de peur que vos cœurs ne s’appesantissent dans la débauche, l’ivrognerie, les soucis de la vie, et que ce Jour-là ne fonde soudain sur vous
35 comme un filet ; car il s’abattra sur tous ceux qui habitent la surface de toute la terre.
36 Veillez donc et priez en tout temps, afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »
37 Pendant le jour, il était dans le Temple à enseigner ; mais la nuit, il s’en allait la passer en plein air sur le mont dit des Oliviers.
38 Et, dès l’aurore, tout le peuple venait à lui dans le Temple pour l’écouter.
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Dans le passage d'aujourd'hui, le Seigneur dit à Ses disciples que, dans l'avenir, leur vie peut changer très brusquement...  Lire la suite

Dans le passage d'aujourd'hui, le Seigneur dit à Ses disciples que, dans l'avenir, leur vie peut changer très brusquement. Maintenant tout leur est familier : il y a Jérusalem, il y a le Temple, le Maître bien-aimé est auprès d'eux, on ne leur demande rien d'autre que de Le suivre. Mais le Christ leur révèle qu'Il va Lui-même à la mort, que le Temple sera détruit, que Jérusalem sera dévastée, que les disciples attendent persécutions, haine et trahison.

À un degré ou à un autre, ces paroles concernent chacun de nous. Le Seigneur nous appelle à veiller, parce que nous ne savons pas quand la terre se dérobera sous nos pieds, quand viendra le temps des épreuves. Et ici Il nous donne des commandements très importants : comment tenir bon, comment survivre et vaincre dans cette bataille du bien et du mal. Premièrement, « ne craignez pas et ne soyez pas effrayés » : le Seigneur n'abandonnera pas Ses disciples. Il leur donnera des paroles pour le témoignage et une sagesse à laquelle le monde ne pourra résister. Les disciples sont menacés de persécutions et de mort, mais, paradoxe, « pas un cheveu de votre tête ne périra ». Même les souffrances à venir seront pleines de sens et apporteront leur contribution à la victoire du Christ. Deuxièmement, « par votre persévérance sauvez vos âmes » : dans les épreuves, ils auront besoin de constance. Troisièmement, « relevez vos têtes, votre délivrance approche » : la victoire appartiendra inévitablement au Christ, et c'est pourquoi les dernières épreuves seront traversées pour eux par la joie de cette victoire. Et enfin, « veillez, prenez garde à vous-mêmes », afin de ne pas se trouver, au moment nécessaire, non préparés, impuissants, afin de ne pas céder à la panique et de rencontrer le Seigneur qui vient avec un coeur joyeux.

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Pour Lc 21:5-38
5 Comme certains disaient du Temple qu’il était orné de belles pierres et d’offrandes votives, il dit :
6 « De ce que vous contemplez, viendront des jours où il ne restera pas pierre sur pierre : tout sera jeté bas. »
7 Ils l’interrogèrent alors en disant : « Maître, quand donc cela aura-t-il lieu, et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? »
8 Il dit : « Prenez garde de vous laisser abuser, car il en viendra beaucoup sous mon nom, qui diront : « C’est moi ! » et « Le temps est tout proche ». N’allez pas à leur suite.
9 Lorsque vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne vous effrayez pas ; car il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas de sitôt la fin. »
10 Alors il leur disait : « On se dressera nation contre nation et royaume contre royaume.
11 Il y aura de grands tremblements de terre et, par endroits, des pestes et des famines ; il y aura aussi des phénomènes terribles et, venant du ciel, de grands signes.
12 « Mais, avant tout cela, on portera les mains sur vous, on vous persécutera, on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous traduira devant des rois et des gouverneurs à cause de mon Nom,
13 et cela aboutira pour vous au témoignage.
14 Mettez-vous donc bien dans l’esprit que vous n’avez pas à préparer d’avance votre défense :
15 car moi je vous donnerai un langage et une sagesse, à quoi nul de vos adversaires ne pourra résister ni contredire.
16 Vous serez livrés même par vos père et mère, vos frères, vos proches et vos amis ; on fera mourir plusieurs d’entre vous,
17 et vous serez haïs de tous à cause de mon nom.
18 Mais pas un cheveu de votre tête ne se perdra.
19 C’est par votre constance que vous sauverez vos vies !
20 « Mais lorsque vous verrez Jérusalem investie par des armées, alors comprenez que sa dévastation est toute proche.
21 Alors, que ceux qui seront en Judée s’enfuient dans les montagnes, que ceux qui seront à l’intérieur de la ville s’en éloignent, et que ceux qui seront dans les campagnes n’y entrent pas ;
22 car ce seront des jours de vengeance, où devra s’accomplir tout ce qui a été écrit.
23 Malheur à celles qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là !
« Car il y aura grande détresse sur la terre et colère contre ce peuple.
24 Ils tomberont sous le tranchant du glaive et ils seront emmenés captifs dans toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par des païens jusqu’à ce que soient accomplis les temps des païens.
25 « Et il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur la terre, les nations seront dans l’angoisse, inquiètes du fracas de la mer et des flots ;
26 des hommes défailliront de frayeur, dans l’attente de ce qui menace le monde habité, car les puissances des cieux seront ébranlées.
27 Et alors on verra le Fils de l’homme venant dans une nuée avec puissance et grande gloire.
28 Quand cela commencera d’arriver, redressez-vous et relevez la tête, parce que votre délivrance est proche. »
29 Et il leur dit une parabole : « Voyez le figuier et les autres arbres.
30 Dès qu’ils bourgeonnent, vous comprenez de vous-mêmes, en les regardant, que désormais l’été est proche.
31 Ainsi vous, lorsque vous verrez cela arriver, comprenez que le Royaume de Dieu est proche.
32 En vérité, je vous le dis, cette génération ne passera pas que tout ne soit arrivé.
33 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.
34 « Tenez-vous sur vos gardes, de peur que vos cœurs ne s’appesantissent dans la débauche, l’ivrognerie, les soucis de la vie, et que ce Jour-là ne fonde soudain sur vous
35 comme un filet ; car il s’abattra sur tous ceux qui habitent la surface de toute la terre.
36 Veillez donc et priez en tout temps, afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »
37 Pendant le jour, il était dans le Temple à enseigner ; mais la nuit, il s’en allait la passer en plein air sur le mont dit des Oliviers.
38 Et, dès l’aurore, tout le peuple venait à lui dans le Temple pour l’écouter.
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La prophétie de Jésus sur la destruction de la ville et du Temple, que l'on appelle parfois la Petite Apocalypse, déconcerte beaucoup de gens. Cette perplexité apparut pour la première fois dès la deuxième génération de chrétiens, dont certains vécurent jusqu'en l'an 70 et virent de leurs propres yeux la dévastation de Jérusalem et la destruction du Temple dont parle le Sauveur. Cela tenait au fait que...  Lire la suite

La prophétie de Jésus sur la destruction de la ville et du Temple, que l'on appelle parfois la Petite Apocalypse, déconcerte beaucoup de gens. Cette perplexité apparut pour la première fois dès la deuxième génération de chrétiens, dont certains vécurent jusqu'en l'an 70 et virent de leurs propres yeux la dévastation de Jérusalem et la destruction du Temple dont parle le Sauveur. Cela tenait au fait que ce que Jésus avait prédit s'était accompli, tandis que Lui-même ne revenait toujours pas. Il fallut encore une révélation, donnée à l'apôtre Jean, pour que le sens de l'époque qui commençait devienne plus clair. Jésus Lui-même, cependant, semble ne pas être entré dans les détails lorsqu'Il parlait de la fin des temps et de Son retour dans la gloire. Il ne mentionne que les événements principaux : la fin de l'époque ancienne et la venue du Royaume dans toute sa plénitude.

La révélation reçue par Jean compléta le tableau : elle dépeint toute une époque, celle du Royaume qui vient, dont le Sauveur ne fait aucune mention dans Sa prophétie. Cela se comprend d'ailleurs : Il racontait aux disciples les événements à venir lorsque l'histoire n'était pas encore achevée, lorsque le Temple se dressait encore à sa place. Dans la bouche de Jésus, c'est précisément la fin du Second Temple qui devient la fin des temps.

Cela pourrait sembler étrange : près de deux mille ans se sont écoulés depuis l'an 70, et pourtant l'histoire paraît continuer. Mais du point de vue des processus qui ont commencé avec la venue du Christ dans le monde, l'histoire ancienne s'est réellement achevée avec la fin du Second Temple. Tous les événements ultérieurs appartiennent déjà à une autre époque, entièrement déterminée par le moment de son achèvement et donc par le retour du Sauveur et la manifestation au monde du Royaume dans toute sa plénitude. C'est précisément pourquoi Jésus, aussitôt après avoir parlé de la dévastation de Jérusalem et du Temple, passe au thème de Son retour et du triomphe du Royaume. Il ne dit rien de l'époque transitoire elle-même. C'est pourquoi ceux qui se souvenaient de cette conversation eurent l'impression que Jésus devait revenir immédiatement, ou presque immédiatement, après ces événements.

La révélation reçue par Jean après l'an 70 remit tout en place : il devint clair qu'il s'agissait de toute une époque, celle du Royaume qui vient, dans laquelle nous aussi avons eu à vivre. Mais on peut déjà la considérer comme la dernière ligne droite qui nous conduit au but. L'essentiel est d'arriver jusqu'au bout.

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