10 C'est pourquoi je me complais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les détresses, dans les persécutions et les angoisses endurées pour le Christ; car, lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort. |
Pourquoi donc Paul serait-il content dans les persécutions, dans la faiblesse ou, par exemple, lorsqu’on l’offense ? Et que signifient les mots « quand je suis faible, c’est alors que je suis fort » ? À première vue, une telle attitude peut paraître étrange. En effet, seuls les masochistes peuvent se réjouir des souffrances ; cela n’est pas propre aux personnes normales. Or Paul, de toute évidence, n’était pas masochiste. Qu’est-ce qui pouvait donc le réjouir ?
Il faut toutefois remarquer qu’il ne s’agit pas à proprement parler de joie ; le mot grec correspondant désigne plutôt un état d’esprit calme et équilibré, que l’apôtre conserve manifestement malgré les circonstances, lesquelles ne disposent nullement à la paix intérieure. Mais pourquoi une telle paix intérieure devient-elle un signe de force ? Et pourquoi seule la faiblesse rend-elle Paul fort ?
On pourrait certes dire que la force de la conviction d’un homme dans ce qu’il confesse et prêche se vérifie précisément aux temps de persécution. Mais il ne s’agit manifestement pas seulement de cela. Il s’agit de la nature même du Royaume. Et d’abord du fait que le Royaume, selon la parole du Sauveur, « n’est pas de ce monde ». Dès lors, s’il vit selon des lois fondamentalement différentes de celles du monde non transfiguré, la force du Royaume ne se définit évidemment pas par ce qui arrive à l’homme dans ce monde. Une telle indépendance est en elle-même le meilleur témoignage que l’homme appartient réellement au Royaume et vit de sa vie, d’une vie que le mal du monde ne peut lui enlever parce qu’elle n’a rien de commun avec lui.
Mais il y a encore un autre aspect dans cette situation. C’est précisément le sentiment de la présence en soi d’une force dans les moments d’impuissance totale, c’est-à-dire lorsque l’on sait avec certitude qu’on n’a pas de forces à cet instant et qu’on ne peut pas en avoir, parce qu’elles ne peuvent venir de nulle part, qui constitue la meilleure preuve que cette force vient vraiment de Dieu. À d’autres moments, on peut parfois confondre la force de Dieu avec les forces de ce monde, avec l’énergie naturelle propre à toute personne en bonne santé. Mais quand il n’y a aucune énergie naturelle, on peut être sûr que toute force ressentie en soi vient de Dieu. Et donc que l’œuvre pour laquelle elle est donnée est l’œuvre de Dieu.
10 C'est pourquoi je me complais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les détresses, dans les persécutions et les angoisses endurées pour le Christ; car, lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort. |
Pourquoi donc Paul serait-il content dans les persécutions, dans la faiblesse ou, par exemple, lorsqu’on l’offense ? Et que signifient les mots « lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort » ? À première vue, une telle position peut paraître étrange. En effet, seuls les masochistes peuvent se réjouir des souffrances ; ce n’est pas propre aux personnes normales. Or Paul n’était manifestement pas masochiste. Qu’est-ce donc qui pouvait le réjouir ? Il faut remarquer toutefois qu’il ne s’agit pas proprement de joie ; le mot grec correspondant désigne plutôt un état d’esprit calme et équilibré que l’apôtre conserve manifestement malgré les circonstances, lesquelles ne disposent nullement à la tranquillité intérieure.
Mais pourquoi une telle tranquillité intérieure devient-elle un signe de force ? Et pourquoi seule la faiblesse rend-elle Paul fort ? On pourrait certes dire que la force de la conviction d’un homme dans ce qu’il confesse et prêche se vérifie précisément aux temps de persécution. Mais l’affaire n’est pas seulement là. Elle tient à la nature même du Royaume. Et d’abord au fait que le Royaume, selon la parole du Sauveur, « n’est pas de ce monde ». Or, s’il vit selon des lois fondamentalement différentes de celles du monde non transfiguré, la force du Royaume n’est évidemment pas déterminée par ce qui arrive à l’homme dans ce monde. Cette indépendance est en elle-même le meilleur témoignage que l’homme appartient réellement au Royaume et vit de sa vie, une vie que le mal du monde ne peut lui enlever parce qu’elle n’a rien de commun avec lui.
Mais il y a encore un autre aspect de cette situation. C’est précisément le sentiment de la présence en soi d’une force dans les moments de totale impuissance, c’est-à-dire lorsque l’on sait avec certitude que l’on n’a actuellement aucune force et que l’on ne peut en avoir aucune parce qu’elle ne peut venir de nulle part, qui est la meilleure preuve que cette force vient vraiment de Dieu. À d’autres moments, on peut parfois confondre la force de Dieu avec les forces de ce monde, avec l’énergie naturelle propre à tout homme en bonne santé. Mais lorsque aucune énergie naturelle n’est là, on peut être sûr que toute force que l’on sent en soi vient de Dieu. Et donc que l’œuvre pour laquelle elle est donnée est l’œuvre de Dieu.
10 C'est pourquoi je me complais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les détresses, dans les persécutions et les angoisses endurées pour le Christ; car, lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort. |
Ce verset contient une pensée très importante que l'apôtre Paul exprime à maintes reprises sous différentes formulations : « quand je suis faible, c'est alors que je suis fort ». Il remarque aussi qu'il « se complaît dans les faiblesses ». Dans le texte grec, nous voyons les mots « eudoko en asteneias » : je trouve plaisir, je suis satisfait dans les faiblesses. Dans le cadre de la Parole de Dieu, cette pensée est si simple et naturelle qu'on pourrait croire qu'il n'y a rien à en dire. Mais combien les paroles de l'apôtre paraissent impossibles d'un point de vue terrestre, humain !
Il existe une remarquable parabole de saint François d'Assise sur la joie parfaite, que l'homme trouve lorsqu'il est entièrement privé de tout et rejeté par tous. C'est vers l'acquisition de cette joie que tendent les efforts des chrétiens pour faire du bien à tous sans rien exiger en retour. Car c'est le chemin qui rend semblable au Dieu crucifié. Toute tentative de trouver une récompense digne et de la gratitude pour le bien accompli est certes naturelle et compréhensible, mais elle éloigne très loin de cette joie.
10 C'est pourquoi je me complais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les détresses, dans les persécutions et les angoisses endurées pour le Christ; car, lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort. |
Il est intéressant, en quoi Paul est content dans les persécutions, dans l'impuissance, ou par exemple, lorsqu’il est offensé? Que signifient les mots «lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort»? À première vue une telle position peut sembler étrange. En effet, seuls les masochistes peuvent se réjouir des souffrances, une telle chose n’est pas propre aux gens normaux. Cependant il est clair que Paul n’était pas un masochiste. Qu’est-ce qui pouvait donc le réjouir?
Il faut d'ailleurs remarquer qu’il ne s’agit pas vraiment de la joie, le mot correspondant grec désigne plutôt l’état d'esprit tranquille et équilibré, que l'apôtre garde, malgré évidemment les circonstances, qui ne sont pas du tout disposées à la tranquillité de l’esprit. Mais pourquoi une telle tranquillité de l'âme devient un signe de force? Et pourquoi seulement l’impuissance rend Paul fort? On aurait bien sûr pu dire que la force de persuasion de l’homme en ce qu'il proclame et prêche, est en général vérifiée notamment aux temps de persécutions et les poursuites. Mais le problème, visiblement, n’est pas seulement en cela.
Le problème est dans la nature même du Royaume. Et avant tout en ce que le Royaume, d’après la parole du Sauveur, «n’est pas de ce monde». Et si tel est le cas, s'il vit d'après les lois qui se distinguent fondamentalement des lois du monde non transformé, alors la force du Royaume, n'est évidemment pas déterminée par ce qui se passe avec l’homme dans ce monde. Une telle indépendance est elle-même le meilleur témoignage du fait que l’homme appartient vraiment au Royaume et vit sa vie, la vie, que le monde mauvais n’est pas en état de lui ôter parce que le Royaume n'a rien de commun avec le monde mauvais. Mais il y a encore un côté dans cette situation.
Notamment le sentiment de la présence en soi d’une force dans les moments d'impuissance complète, i.e. lorsque vous savez exactement qu'il n’y a et ne peut avoir en ce moment en vous aucune force parce qu’on ne sait où les prendre, est la meilleure preuve que cette force vient vraiment de Dieu. À d'autres moments on peut parfois confondre la force de Dieu avec les forces de ce monde, avec l'énergie naturelle, inhérente à chaque homme sain. Et voici, lorsqu’il n’ y a aucune énergie naturelle, on peut être assuré que n'importe quelle force, que l’on ressent en soi, vient de Dieu. Et donc, et l’œuvre pour laquelle elle a été donnée, est une œuvre de Dieu.
10 C'est pourquoi je me complais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les détresses, dans les persécutions et les angoisses endurées pour le Christ; car, lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort. |
Ce verset contient une idée très importante, dont l’apôtre Paul exprime maintes fois dans de formulations différentes : «lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort.». Il remarque aussi qu’il se "complait dans la faiblesse». Dans le texte grec nous voyons les mots «eudoko en asteneias» - je retrouve le plaisir, je suis satisfait dans les faiblesses. Dans le cadre de la Parole de Dieu l'idée est tellement simple et naturel qu’on pourrait se demander: quoi dire encore ici? Mais que les mots de l’apôtre semblent impossibles du point de vue terrestre, humain!
Il y a une remarquable parabole du Saint François d’Assise sur la joie parfaite, que l’homme obtient, étant complètement privé de tout et rejeté par tous. C’est notamment sous réserve de cette joie que sont dirigées les tentatives des chrétiens de faire du bien à tous, sans rien demander en retour. Car c'est le chemin d'assimilation au Dieu crucifié. Toute tentative de trouver une récompense juste et le remerciement pour un bien commis – est quelque chose de naturelle et compréhensible, mais emmenant loin de côté de cette joie.
1 Il faut se glorifier? cela ne vaut rien pourtant et bien! j'en viendrai aux visions et révélations du Seigneur. |
2 Je connais un homme dans le Christ qui, voici quatorze ans - était-ce en son corps ? je ne sais ; était-ce hors de son corps ? je ne sais ; Dieu le sait - ... cet homme-là fut ravi jusqu'au troisième ciel. |
3 Et cet homme-là - était-ce en son corps? était-ce sans son corps? je ne sais, Dieu le sait -, je sais |
4 qu'il fut ravi jusqu'au paradis et qu'il entendit des paroles ineffables, qu'il n'est pas permis à un homme de redire. |
5 Pour cet homme-là je me glorifierai; mais pour moi, je ne me glorifierai que de mes faiblesses. |
6 Oh! si je voulais me glorifier, je ne serais pas insensé; je dirais la vérité. Mais je m'abstiens, de peur qu'on ne se fasse de moi une idée supérieure à ce qu'on voit en moi ou à ce qu'on m'entend dire. |
7 Et pour que l'excellence même de ces révélations ne m'enorgueillisse pas, il m'a été mis une écharde en la chair, un ange de Satan chargé de me souffleter - pour que je ne m'enorgueillisse pas! |
8 À ce sujet, par trois fois, j'ai prié le Seigneur pour qu'il s'éloigne de moi. |
9 Mais il m'a déclaré : " Ma grâce te suffit : car la puissance se déploie dans la faiblesse. " C'est donc de grand cœur que je me glorifierai surtout de mes faiblesses, afin que repose sur moi la puissance du Christ. |
10 C'est pourquoi je me complais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les détresses, dans les persécutions et les angoisses endurées pour le Christ; car, lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort. |
Paul, comme toujours, exprime sous une forme émotive et paradoxale des choses très profondes et en même temps très quotidiennes. Et il ne s’agit pas seulement ici du fait que l’apôtre présente simplement de façon très vive la pensée la plus banale : « en somme, s’enorgueillir est mauvais, tandis que s’humilier et s’affliger est bon ». Ce n’est guère là l’essentiel du passage. Après tout, il y a orgueil et orgueil (ou « vantardise, auto-glorification »), comme il y a aussi humilité et humilité. Et les afflictions aussi.
Mais le fait que les diverses réalisations humaines, même les plus élevées et les mieux intentionnées, puissent très souvent entraîner l’homme dans les fourrés de l’arrogance et de la suffisance, voilà qui est bien connu. Et cela parce que ces grandes réalisations, qu’il s’agisse de la conversion de peuples au christianisme, de la construction d’hospices et de refuges, ou des plus profondes illuminations mystiques, ne signifient rien en elles-mêmes pour la personne qui les accomplit ou y participe. Seul ce qui transforme le cœur, le rendant plus sensible au mal et au bien, à la douleur et à la joie de chaque personne particulière rencontrée sur notre chemin ; cela seul a quelque valeur. Car c’est grâce à cela seulement que l’homme devient peu à peu un Homme, une personne capable de ressembler au Christ, l’Homme universel et Dieu-homme…
Quant à notre propre douleur ou aux épreuves de la vie, accueillies comme un don de Dieu, elles nous rapprochent de nous-mêmes, nous font descendre des nuages de l’imagination vers la terre de la réalité. Elles montrent la limitation et la petitesse humaines et, en même temps, la grande puissance du courage et de la confiance de l’homme, tout ce qui aide à ressentir, dans toute la plénitude possible, la présence de l’Autre au milieu du quotidien gris, dans des conditions de vie extrêmement modestes, dans la relation avec les personnes les plus ordinaires, au fil de journées de travail fatigantes, à chaque instant infime…
1 Il faut se glorifier? cela ne vaut rien pourtant et bien! j'en viendrai aux visions et révélations du Seigneur. |
2 Je connais un homme dans le Christ qui, voici quatorze ans - était-ce en son corps ? je ne sais ; était-ce hors de son corps ? je ne sais ; Dieu le sait - ... cet homme-là fut ravi jusqu'au troisième ciel. |
3 Et cet homme-là - était-ce en son corps? était-ce sans son corps? je ne sais, Dieu le sait -, je sais |
4 qu'il fut ravi jusqu'au paradis et qu'il entendit des paroles ineffables, qu'il n'est pas permis à un homme de redire. |
5 Pour cet homme-là je me glorifierai; mais pour moi, je ne me glorifierai que de mes faiblesses. |
6 Oh! si je voulais me glorifier, je ne serais pas insensé; je dirais la vérité. Mais je m'abstiens, de peur qu'on ne se fasse de moi une idée supérieure à ce qu'on voit en moi ou à ce qu'on m'entend dire. |
7 Et pour que l'excellence même de ces révélations ne m'enorgueillisse pas, il m'a été mis une écharde en la chair, un ange de Satan chargé de me souffleter - pour que je ne m'enorgueillisse pas! |
8 À ce sujet, par trois fois, j'ai prié le Seigneur pour qu'il s'éloigne de moi. |
9 Mais il m'a déclaré : " Ma grâce te suffit : car la puissance se déploie dans la faiblesse. " C'est donc de grand cœur que je me glorifierai surtout de mes faiblesses, afin que repose sur moi la puissance du Christ. |
10 C'est pourquoi je me complais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les détresses, dans les persécutions et les angoisses endurées pour le Christ; car, lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort. |
En parlant de son expérience spirituelle, Paul distingue nettement en lui deux hommes différents. Bien sûr, il ne s’agit pas d’une sorte de dédoublement schizophrénique de la personnalité.
Nous retrouvons ici cette dualité objectivement existante dont même ceux qui vivent dans le Royaume ne peuvent se défaire jusqu’à la fin des temps. L’apôtre comprend évidemment très bien que l’homme qui a été au « troisième ciel » (v. 1–4), c’est lui-même. Manifestement, l’expérience du séjour au « troisième ciel » fut l’expérience du Royaume, vécue par Paul avec une intensité si vive. Mais il comprend aussi que son état spirituel actuel est encore très loin de ce qu’il devrait être s’il avait pu contenir en lui la vie du Royaume dans la plénitude qui s’ouvrait à lui dans ses meilleurs moments (v. 5–6). Paul, comme tout homme spirituellement sobre, se rend compte que notre état spirituel n’est pas déterminé par ce que nous pouvons voir, mais par ce que nous sommes capables de contenir. Ce n’est pas par hasard qu’il parle d’une certaine « écharde dans la chair », selon sa propre expression, dont il n’a jamais réussi à se débarrasser malgré toutes ses prières adressées à Dieu (v. 7–9).
Manifestement, sa demande est restée sans réponse non par hasard, et l’apôtre l’a compris : s’il en avait été autrement, Paul aurait facilement pu penser qu’il correspondait pleinement, spirituellement, aux révélations qu’il avait reçues. Or il comprend parfaitement qu’il s’agit, au fond, d’une sorte d’avance. Une avance que reçoit chacun de ceux qui, un jour, ont été rendus participants du Royaume. Rien d’étonnant à cela : autrement, personne ne serait jamais capable même de le voir. Mais la première participation à la vie du Royaume ne signifie pas encore que le chemin est achevé : il se poursuit afin que celui qui a été rendu participant du Royaume le contienne de plus en plus en lui, qu’il accueille en lui le souffle de Dieu dont le Royaume est pénétré, se transformant et grandissant spirituellement. Et moins l’homme se sent fort et parfait, plus il lui est facile d’avancer sur ce chemin (v. 10). Le chemin qui conduit à cette plénitude qui attend les habitants du Royaume à la fin des temps.
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