RÉFLEXIONS pour 2Co 12:10
Pourquoi donc Paul serait-il content dans les persécutions, dans la faiblesse ou, par exemple, lorsqu’on l’offense ? Et que signifient les mots « quand je suis faible, c’est alors que je suis fort » ? À première vue, une telle attitude peut paraître étrange. En effet, seuls les masochistes peuvent se réjouir des souffrances ; cela n’est pas propre aux personnes normales. Or Paul, de toute évidence, n’était pas masochiste. Qu’est-ce qui pouvait donc le réjouir ?
Il faut toutefois remarquer qu’il ne s’agit pas à proprement parler de joie ; le mot grec correspondant désigne plutôt un état d’esprit calme et équilibré, que l’apôtre conserve manifestement malgré les circonstances, lesquelles ne disposent nullement à la paix intérieure. Mais pourquoi une telle paix intérieure devient-elle un signe de force ? Et pourquoi seule la faiblesse rend-elle Paul fort ?
On pourrait certes dire que la force de la conviction d’un homme dans ce qu’il confesse et prêche se vérifie précisément aux temps de persécution. Mais il ne s’agit manifestement pas seulement de cela. Il s’agit de la nature même du Royaume. Et d’abord du fait que le Royaume, selon la parole du Sauveur, « n’est pas de ce monde ». Dès lors, s’il vit selon des lois fondamentalement différentes de celles du monde non transfiguré, la force du Royaume ne se définit évidemment pas par ce qui arrive à l’homme dans ce monde. Une telle indépendance est en elle-même le meilleur témoignage que l’homme appartient réellement au Royaume et vit de sa vie, d’une vie que le mal du monde ne peut lui enlever parce qu’elle n’a rien de commun avec lui.
Mais il y a encore un autre aspect dans cette situation. C’est précisément le sentiment de la présence en soi d’une force dans les moments d’impuissance totale, c’est-à-dire lorsque l’on sait avec certitude qu’on n’a pas de forces à cet instant et qu’on ne peut pas en avoir, parce qu’elles ne peuvent venir de nulle part, qui constitue la meilleure preuve que cette force vient vraiment de Dieu. À d’autres moments, on peut parfois confondre la force de Dieu avec les forces de ce monde, avec l’énergie naturelle propre à toute personne en bonne santé. Mais quand il n’y a aucune énergie naturelle, on peut être sûr que toute force ressentie en soi vient de Dieu. Et donc que l’œuvre pour laquelle elle est donnée est l’œuvre de Dieu.
