13 Car moi, Yahvé, ton Dieu, je te saisis la main droite, je te dis : « Ne crains pas, c’est moi qui te viens en aide. » |
14 Ne crains pas, vermisseau de Jacob, et vous, pauvres gens d’Israël. C’est moi qui te viens en aide, oracle de Yahvé, celui qui te rachète, c’est le Saint d’Israël. |
15 Voici que j’ai fait de toi un traîneau à battre, tout neuf, à doubles dents. Tu écraseras les montagnes, tu les pulvériseras, les collines, tu en feras de la paille. |
16 Tu les vanneras, le vent les emportera et l’ouragan les dispersera ; pour toi, tu te réjouiras en Yahvé, tu te glorifieras dans le Saint d’Israël. |
17 Les miséreux et les pauvres cherchent de l’eau, et rien ! Leur langue est desséchée par la soif. Moi, Yahvé, je les exaucerai, Dieu d’Israël, je ne les abandonnerai pas. |
18 Sur les monts chauves je ferai jaillir des fleuves, et des sources au milieu des vallées. Je ferai du désert un marécage et de la terre aride des eaux jaillissantes. |
19 Je mettrai dans le désert le cèdre, l’acacia, le myrte et l’olivier, je placerai dans la steppe pêle-mêle le cyprès, le platane et le buis, |
20 afin que l’on voie et que l’on sache, que l’on fasse attention et que l’on comprenne que la main de Yahvé a fait cela, que le Saint d’Israël l’a créé. |
11 « En vérité je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n’en a pas surgi de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui. |
12 Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu’à présent le Royaume des Cieux souffre violence, et des violents s’en emparent. |
13 Tous les prophètes en effet, ainsi que la Loi, ont mené leurs prophéties jusqu’à Jean. |
14 Et lui, si vous voulez m’en croire, il est cet Élie qui doit revenir. |
15 Que celui qui a des oreilles entende ! |
Les pauvres et les indigents cherchent de l'eau, et il n'y en a pas... Comme cela ressemble à ce qui nous arrive. La langue se dessèche de soif, et il n'y a pas d'eau... Et l'on a envie de demander avec colère où donc est Dieu, pourquoi Il permet cela... Si nous nous arrêtons à temps et formulons la question autrement, nous recevrons la réponse. Il est ici. Il est près de nous et attend que nous Lui ouvrions notre cœur.
Mais la voix intérieure offensée continue : « Pourquoi alors a-t-Il permis que tout autour soit désert ? » La réponse est simple. Parce que le véritable désert, c'est le cœur de l'homme sans Dieu. Et seulement s'Il y entre, le désert deviendra un jardin magnifique.
13 Car moi, Yahvé, ton Dieu, je te saisis la main droite, je te dis : « Ne crains pas, c’est moi qui te viens en aide. » |
14 Ne crains pas, vermisseau de Jacob, et vous, pauvres gens d’Israël. C’est moi qui te viens en aide, oracle de Yahvé, celui qui te rachète, c’est le Saint d’Israël. |
15 Voici que j’ai fait de toi un traîneau à battre, tout neuf, à doubles dents. Tu écraseras les montagnes, tu les pulvériseras, les collines, tu en feras de la paille. |
16 Tu les vanneras, le vent les emportera et l’ouragan les dispersera ; pour toi, tu te réjouiras en Yahvé, tu te glorifieras dans le Saint d’Israël. |
17 Les miséreux et les pauvres cherchent de l’eau, et rien ! Leur langue est desséchée par la soif. Moi, Yahvé, je les exaucerai, Dieu d’Israël, je ne les abandonnerai pas. |
18 Sur les monts chauves je ferai jaillir des fleuves, et des sources au milieu des vallées. Je ferai du désert un marécage et de la terre aride des eaux jaillissantes. |
19 Je mettrai dans le désert le cèdre, l’acacia, le myrte et l’olivier, je placerai dans la steppe pêle-mêle le cyprès, le platane et le buis, |
20 afin que l’on voie et que l’on sache, que l’on fasse attention et que l’on comprenne que la main de Yahvé a fait cela, que le Saint d’Israël l’a créé. |
Les prophètes d'Israël parlent beaucoup du Messie et du Royaume messianique. Isaïe de Babylone ne fait pas exception : chez lui, l'image du Messie et du Royaume apparaît avec une clarté sans pareille dans l'Ancien Testament. Mais on trouve aussi chez lui une imagerie tout à fait traditionnelle, enracinée dans l'époque préexilique et liée aux conceptions traditionnelles du Royaume messianique. L'une de ces images est celle du désert transformé par le souffle de Dieu et fleurissant sous son action.
C'est ainsi qu'Isaïe voit le Royaume (versets 17–20). Celui-ci est ouvert à tous ceux qui cherchent l'eau vive dans le désert du monde déchu (verset 17). Mais ce Royaume ne devient réalité que dans le cadre de l'histoire du peuple de Dieu, comme son accomplissement naturel et logique (versets 13–16). Là se trouve la réponse à la question que le prophète s'est posée, à lui-même et à Dieu, plus d'une fois : qu'est-ce que le peuple de Dieu ? Quel est le sens de son histoire ? Est-elle semblable à celle de n'importe quel autre peuple ? Et sinon, en quoi diffère-t-elle ?
La réponse est venue de Dieu : le peuple de Dieu n'est pas comme les autres. Mais non au sens d'un destin historique particulier. La particularité du peuple de Dieu, son caractère unique, n'est pas dans l'histoire ; elle est au-dessus de l'histoire. Le peuple de Dieu doit accueillir le Messie promis et poser les fondements du Royaume. C'est là sa tâche principale en tant que peuple de Dieu et la particularité de son chemin historique.
Cette particularité ne réside pas dans une tâche historique unique que Dieu confierait à Son peuple. Elle se situe au-delà de l'histoire, là où l'éternité de Dieu touche l'histoire et y entre. Devenir le lieu où Dieu entre dans l'histoire et rencontre l'homme : telle est la tâche principale du peuple juif. C'est en l'accomplissant qu'il devient le peuple de Dieu. Pour elle, il reçoit de Dieu une nouvelle vie historique, une seconde vie : son histoire ne peut s'achever tant que cette tâche principale n'est pas accomplie. Or elle ne peut l'être pleinement qu'au jour de la venue du Messie et de la manifestation du Royaume.
Dès l'origine, Dieu a conçu le monde comme Son Royaume. Il doit le redevenir : son Créateur n'accepte rien de moins. Et le Messie et le peuple de Dieu doivent L'aider à accomplir cette tâche. Alors apparaîtront l'espérance pour l'avenir et le sens de l'histoire, pour le peuple juif comme pour toute l'humanité. Et, surtout, pour chaque personne concrète. Du moins pour celle qui cherche le Royaume.
13 Car moi, Yahvé, ton Dieu, je te saisis la main droite, je te dis : « Ne crains pas, c’est moi qui te viens en aide. » |
Comme il est agréable de lire ces mots. Certes, tu te présentes ainsi : un grand et bon Dieu, comme papa, me prend par la main et dit... Mais comment ça - me prend par la main ? Est-ce que Dieu a la main? Dieu en effet n’est pas comme un homme, Il est invisible et inconcevable, on ne peut pas Le palper: Dieu est Esprit, comme le témoigne l'évangéliste Jean. C'est donc une telle image. Mais à qui alors sont adressés ces mots? En effet, la «main droite» peut aussi être une image. Probablement, tel est le cas, parce que tout le contexte est que Dieu ici à travers le prophète Isaïe S'adresse à Son peuple. Mais c'est quoi la «main droite» pour tout le peuple ? Ou c’est qui? Apparemment, c’est celui qui gouverne, le roi. Et alors ces mots signifient que Dieu promet Son vrai Roi, Celui, qui sera toujours avec Lui bras dessus bras dessous. Cette une prophétie sur le Messie.
Nous savons que cette prophétie est accomplie, et le Roi, le Fils de l’Homme est venu, a fait tout selon la volonté de Dieu, est monté au Père et est resté avec nous en même temps. Et cela signifie qu'est à côté de nous Celui, Qui a la main, avec laquelle Il peut prendre chacun de nous par la main.
11 « En vérité je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n’en a pas surgi de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui. |
12 Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu’à présent le Royaume des Cieux souffre violence, et des violents s’en emparent. |
13 Tous les prophètes en effet, ainsi que la Loi, ont mené leurs prophéties jusqu’à Jean. |
14 Et lui, si vous voulez m’en croire, il est cet Élie qui doit revenir. |
15 Que celui qui a des oreilles entende ! |
Ces lignes en disent long sur l'étonnante humilité de Jean le Baptiste. Étant le plus grand prophète, un grand ascète et un maître respecté de tous, il ne voyait en lui que le précurseur de Celui qui devait venir après lui. Beaucoup le prenaient pour le Christ, voyaient en lui le Sauveur que les Juifs attendaient depuis de longs siècles. On lui proposait peut-être des biens et des honneurs dus au Messie. Et il renonce à tout cela, se réservant le rôle modeste de celui qui prépare le chemin de Jésus.
Ailleurs, Jean dit que le temps est venu pour lui de « diminuer ». Ses paroles sont étrangères à la fausse humilité ; il ne se rabaisse pas, mais au contraire rend sobrement compte de ce qu'il est. La question de savoir quelle est ta vocation, quel est ton rôle dans ce monde, est très complexe et douloureuse pour beaucoup. La vie de Jean le Baptiste nous aide à croire que chacun est appelé à prendre conscience de sa mission et à l'accepter. À vivre la vie qui deviendrait réellement une préparation du chemin du Seigneur.
11 « En vérité je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n’en a pas surgi de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui. |
12 Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu’à présent le Royaume des Cieux souffre violence, et des violents s’en emparent. |
Nous nous sommes peut-être déjà habitués au fait que tout dans le monde dépend de Dieu. Et c'est réellement ainsi: le Seigneur lui-même nous dit que tous les cheveux de notre tête sont comptés et qu'aucun d'eux ne tombera sans sa volonté (Mt 10:29-31).
Mais ici, comme cela arrive souvent dans le christianisme, se cache un paradoxe: nous sommes libres. Dieu ne nous force pas à dépendre de lui. On peut dire qu'il est « impuissant » à nous empêcher d'aller vers ce que nous désirons très fortement. Chacun de nous est le fils prodigue, et lui est le Père qui, avec une immense patience, avec amour et douleur, permet à ses enfants de commettre des erreurs (voir Lc 15:11-32). Et nous pouvons être pleinement conscients que Dieu tient tout dans sa main, qu'il voit tout, que tout dépend de lui; pourtant cela ne peut parfois pas déplacer d'un seul pas notre volonté obstinée...
Mais le Seigneur attend tout de même de nous ce pas, même timide, mais un pas. Nous pouvons faire sur nous-mêmes cet effort dont parle le Christ, nous pouvons nous soumettre à Dieu (Jc 4:6-7), nous pouvons vaincre notre orgueil, car Dieu a promis de nous en donner la force. Et chaque fois que nous faisons ce pas vers lui, et non vers là où nous conduisent nos désirs souvent opposés à Dieu, nous remportons, uniquement par les forces de Dieu, une petite victoire, mais la plus importante de la vie.
12 Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu’à présent le Royaume des Cieux souffre violence, et des violents s’en emparent. |
Nous pouvons avoir une réaction ambiguë en lisant ces paroles : comment le Royaume des Cieux peut–il souffrir violence et être emparer par les violents? Or nous savons que dans le Royaume des Cieux il ne devrait avoir ni souffrance ni violence. Mais Jésus nous montre ainsi que tout ce qui se passe sur terre se répercute sur le Royaume des Cieux. Quand il y a joie sur terre il en est de même au Royaume des Cieux et quand il y a violence, il en est de même. Mais Jésus met beaucoup plus l’accent ici sur les mots « violence » et « violents » et nous constatons qu’Il donne un intervalle de temps pour ces deux mots, Il dit « depuis les jours de jean le Baptiste jusqu'à présent »; c'est-à-dire ces deux mots ont lieu seulement a cette période la ; Mais pourquoi ils n’ont plus leurs places dans le Royaume des Cieux aujourd’hui? Et à présent donc parle Jésus ici c’est quand? A présent c’est l’intervalle entre l’accomplissement des Ecritures par Jésus Christ jusqu'à nos jours, jusqu'à la fin des temps. Et c’est ceci le miracle du Nouveau Testament, avant l’accès à Dieu était fermé a cause de nos péchés, mais aujourd’hui après la mort de Jésus Christ sur la Croix la voix est ouverte, et si nous la suivons nous atteindrons le Royaume. Le plus important était de nous libérer de l’esclavage du péché et cette expiation par Jésus Christ nous la donne absolument gratuite. Et alors toute personne qui accepte Jésus Christ et a foi en Lui ne connaitra plus le péché, conséquemment ne connaitra ni souffrance ni violence. Accepter Jésus christ c’est essayer de vivre comme lui c'est-à-dire être gentil, doux, mais pas violent. Voila pourquoi Jésus dit jusqu’à présent. Ce présent est différent pour chacun de nous ; ce présent commence des le moment ou nous acceptons Jésus Christ comme notre Seigneur et Sauveur.
1 Îles, faites silence pour m’écouter, que les peuples renouvellent leurs forces, qu’ils s’avancent et qu’ils parlent, ensemble comparaissons au jugement. |
2 Qui a suscité de l’Orient celui que la justice appelle à sa suite, auquel Il livre les nations, et assujettit les rois ? Son épée les réduit en poussière et son arc en fait une paille qui s’envole. |
3 Il les chasse et passe en sécurité par un chemin que ses pieds ne font qu’effleurer. |
4 Qui a agi et accompli ? Celui qui dès le commencement appelle les générations ; moi, Yahvé, je suis le premier, et avec les derniers je serai encore. |
5 Les îles ont vu et prennent peur, les extrémités de la terre frémissent, ils sont tout près, ils arrivent. |
6 Chacun aide son compagnon, il dit à l’autre : « Courage ! » |
7 L’artisan donne courage à l’orfèvre, et celui qui polit au marteau à celui qui bat l’enclume : il dit de la soudure : « Elle est bonne », il la renforce avec des clous pour qu’elle ne vacille pas. |
8 Et toi, Israël, mon serviteur, Jacob, que j’ai choisi, race d’Abraham, mon ami, |
9 toi que j’ai saisi aux extrémités de la terre, que j’ai appelé des contrées lointaines, je t’ai dit : « Tu es mon serviteur, je t’ai choisi, je ne t’ai pas rejeté. » |
10 Ne crains pas car je suis avec toi, ne te laisse pas émouvoir car je suis ton Dieu ; je t’ai fortifié et je t’ai aidé, je t’ai soutenu de ma droite justicière. |
11 Voici qu’ils seront honteux et humiliés, tous ceux qui s’enflammaient contre toi. Ils seront réduits à rien et périront, ceux qui te cherchaient querelle. |
12 Tu les chercheras et tu ne les trouveras pas, ceux qui te combattaient ; ils seront réduits à rien, anéantis, ceux qui te faisaient la guerre. |
13 Car moi, Yahvé, ton Dieu, je te saisis la main droite, je te dis : « Ne crains pas, c’est moi qui te viens en aide. » |
14 Ne crains pas, vermisseau de Jacob, et vous, pauvres gens d’Israël. C’est moi qui te viens en aide, oracle de Yahvé, celui qui te rachète, c’est le Saint d’Israël. |
15 Voici que j’ai fait de toi un traîneau à battre, tout neuf, à doubles dents. Tu écraseras les montagnes, tu les pulvériseras, les collines, tu en feras de la paille. |
16 Tu les vanneras, le vent les emportera et l’ouragan les dispersera ; pour toi, tu te réjouiras en Yahvé, tu te glorifieras dans le Saint d’Israël. |
17 Les miséreux et les pauvres cherchent de l’eau, et rien ! Leur langue est desséchée par la soif. Moi, Yahvé, je les exaucerai, Dieu d’Israël, je ne les abandonnerai pas. |
18 Sur les monts chauves je ferai jaillir des fleuves, et des sources au milieu des vallées. Je ferai du désert un marécage et de la terre aride des eaux jaillissantes. |
19 Je mettrai dans le désert le cèdre, l’acacia, le myrte et l’olivier, je placerai dans la steppe pêle-mêle le cyprès, le platane et le buis, |
20 afin que l’on voie et que l’on sache, que l’on fasse attention et que l’on comprenne que la main de Yahvé a fait cela, que le Saint d’Israël l’a créé. |
21 Présentez votre querelle, dit Yahvé, produisez vos arguments, dit le roi de Jacob. |
22 Qu’ils produisent et qu’ils nous montrent les choses qui doivent arriver. Les choses passées, que furent-elles ? montrez-le, que nous y réfléchissions et que nous en connaissions la suite. Ou bien faites-nous entendre les choses à venir, |
23 annoncez ce qui doit se passer ensuite, et nous saurons que vous êtes des dieux. Au moins, faites bien ou faites mal, que nous éprouvions de l’émoi et de la crainte. |
24 Voici, vous êtes moins que rien, et votre œuvre, c’est moins que néant, vous choisir est abominable. |
25 Je l’ai suscité du Nord et il est venu, depuis le Levant il est appelé par son nom. Il piétine les gouverneurs comme de la boue, comme le potier pétrit l’argile. |
26 Qui l’a annoncé dès le principe, pour que nous sachions, et dans le passé, pour que nous disions : C’est juste ? Mais nul n’a annoncé, nul n’a fait entendre, nul n’a entendu vos paroles. |
27 Prémices de Sion, voici, les voici, à Jérusalem j’envoie un messager, |
28 et je regarde : personne ! Parmi eux, pas un qui donne un avis, que je puisse interroger et qui réponde ! |
29 Voici, tous ensemble ils ne sont rien, néant que leurs œuvres, du vent et du vide leurs statues ! |
Deux aspects frappent dans la prophétie du Second Isaïe que nous lisons aujourd'hui. Le Seigneur dit de Lui-même qu'Il est la cause de tout : « Moi, le Seigneur, Je suis le premier et, parmi les derniers, Je suis encore le même. » Le roi perse Cyrus, « l'homme de justice » comme l'appelle le prophète, devient une préfiguration du Messie libérateur parce qu'il accomplit ce que Dieu a déterminé. Et à Son peuple qui croit au Libérateur, au Saint d'Israël, Dieu dit : « Ne crains pas, car Je suis avec toi. » Le peuple de Dieu peut être petit et faible (« vermisseau de Jacob, faible reste d'Israël »), mais la force n'est pas là. « Je suis avec toi, dit le Seigneur, Je viens à ton aide. » C'est le seul appui et la seule protection véritablement sûrs.
On ne peut s'empêcher de méditer une autre dimension du texte sacré, dans le prolongement des réflexions de l'apôtre Paul aux chapitres 10–11 de l'Épître aux Romains. Ces paroles prophétiques retentissent au moment où Israël revient de la dispersion vers la Terre promise et tente de s'y établir de nouveau. Cela rencontre l'opposition violente des peuples qui avaient peuplé la Palestine pendant l'exil et la dispersion d'Israël. « C'est notre terre, nous vivons en Palestine depuis longtemps... », disaient-ils. Avec un zèle digne d'une meilleure cause, ces peuples s'opposaient par tous les moyens au repeuplement de Jérusalem et de la Judée.
Alors, à la fin du Ve siècle avant J.-C., le Seigneur dit à Israël à leur sujet : « Voici qu'ils seront honteux et confondus, tous ceux qui s'irritent contre toi ; ils seront réduits à rien et périront, ceux qui te querellent... ceux qui te combattent seront comme rien, absolument rien. » Est-ce peut-être pour cela que ceux qui s'opposent encore aujourd'hui à l'existence d'Israël n'arrivent à rien ?
2 Or Jean, dans sa prison, avait entendu parler des œuvres du Christ. Il lui envoya de ses disciples pour lui dire : |
3 « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » |
4 Jésus leur répondit : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : |
5 les aveugles voient et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ; |
6 et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! » |
7 Tandis que ceux-là s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules au sujet de Jean : « Qu’êtes-vous allés contempler au désert ? Un roseau agité par le vent ? |
8 Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu de façon délicate ? Mais ceux qui portent des habits délicats se trouvent dans les demeures des rois. |
9 Alors qu’êtes-vous allés faire ? Voir un prophète ? Oui, je vous le dis, et plus qu’un prophète. |
10 C’est celui dont il est écrit :Voici que moi j’envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi. |
11 « En vérité je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n’en a pas surgi de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui. |
12 Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu’à présent le Royaume des Cieux souffre violence, et des violents s’en emparent. |
13 Tous les prophètes en effet, ainsi que la Loi, ont mené leurs prophéties jusqu’à Jean. |
14 Et lui, si vous voulez m’en croire, il est cet Élie qui doit revenir. |
15 Que celui qui a des oreilles entende ! |
16 « Mais à qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins qui, assis sur les places, en interpellent d’autres, |
17 en disant :« Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé ! Nous avons entonné un chant funèbre, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine ! » |
18 Jean vient en effet, ne mangeant ni ne buvant, et l’on dit : « Il est possédé ! » |
19 Vient le Fils de l’homme, mangeant et buvant, et l’on dit : « Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs ! » Et justice a été rendue à la Sagesse par ses œuvres. » |
On considère traditionnellement que Jean ne doutait pas de la vocation messianique de Jésus et qu'il Lui envoya des disciples gagnés par le doute afin qu'ils s'en convainquent eux-mêmes. D'autres interprètes admettent que Jean lui-même a pu en douter. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas par hasard qu'il envoya vers Jésus deux de ses disciples : ils devront devenir témoins des paroles du Christ, et selon la loi juive il faut au moins deux témoins. Les voilà donc qui entendirent une réponse qui déconcerte encore certains lecteurs de l'Évangile : pourquoi le Christ n'a-t-Il dit ni oui ni non ? Pourquoi Lui a-t-il fallu prononcer à la place une longue phrase énumérant Ses actions ?
Il semble qu'Il ait répondu ainsi afin de ne pas troubler avant l'heure ceux qui n'étaient pas encore prêts à entendre une confirmation directe. Mais le message verbal que Jésus demande de transmettre à Jean contenait la liste des signes de la venue du Messie annoncés dans l'Ancien Testament ; cela signifie que Jésus confirmait de façon tout à fait nette qu'Il était Celui-là même qui devait venir.
L'estime que le Christ porte à Jean est élevée. Mais elle est accompagnée de l'indication selon laquelle, dans le Royaume des cieux, le plus petit sera plus grand que Jean. Une telle définition peut paraître dépréciative. Pourtant se tromperait lourdement celui qui, sûr de son propre salut, songerait pour cette raison à s'élever au-dessus de Jean. Car ceux qui seront entrés dans le Royaume des cieux, transfigurés, dépasseront Jean tel qu'il était sur la terre. Mais lui-même, dans le Royaume des cieux, se dépassera lui-même tel qu'il était dans le monde terrestre.
2 Or Jean, dans sa prison, avait entendu parler des œuvres du Christ. Il lui envoya de ses disciples pour lui dire : |
3 « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » |
4 Jésus leur répondit : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : |
5 les aveugles voient et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ; |
6 et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! » |
7 Tandis que ceux-là s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules au sujet de Jean : « Qu’êtes-vous allés contempler au désert ? Un roseau agité par le vent ? |
8 Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu de façon délicate ? Mais ceux qui portent des habits délicats se trouvent dans les demeures des rois. |
9 Alors qu’êtes-vous allés faire ? Voir un prophète ? Oui, je vous le dis, et plus qu’un prophète. |
10 C’est celui dont il est écrit :Voici que moi j’envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi. |
11 « En vérité je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n’en a pas surgi de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui. |
12 Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu’à présent le Royaume des Cieux souffre violence, et des violents s’en emparent. |
13 Tous les prophètes en effet, ainsi que la Loi, ont mené leurs prophéties jusqu’à Jean. |
14 Et lui, si vous voulez m’en croire, il est cet Élie qui doit revenir. |
15 Que celui qui a des oreilles entende ! |
Une note d'amertume se fait entendre dans les paroles du Christ sur Jean le Baptiste et sur la manière dont les gens accueillaient sa prédication. Le Seigneur adresse au peuple ce reproche : « Qu'êtes-vous allés voir au désert ? » Attirés par la personnalité hors du commun du prophète, les gens viennent à lui, mais n'accueillent pas l'essentiel de ce qu'il est envoyé annoncer. L'évangéliste Jean rapporte également ces paroles du Seigneur Jésus au sujet de Jean, elles aussi adressées au peuple : « Il était une lampe qui brûlait et qui brillait, et vous avez voulu vous réjouir un moment à sa lumière » (Jn 5:35).
Il existe parfois un écart saisissant entre l'ampleur de ce que nous venons chercher auprès de Dieu et celle de ce à quoi Il nous appelle. Nous entendons, dans les paroles du Christ aujourd'hui, que cet écart est tragique pour Dieu. Dieu agit, envoie des prophètes, vient Lui-même et accepte la Croix pour notre salut, afin que nous partagions avec Lui la plénitude de Sa vie éternelle. Et nous, nous ne pensons qu'à être en bonne santé et ne nous souvenons de Lui que dans les difficultés de la vie.
Et l'effort par lequel on s'empare du Royaume des Cieux depuis les jours de Jean jusqu'à maintenant, dont parle aujourd'hui le Christ, est avant tout l'effort pour nous élever au-dessus de l'étroitesse de notre quotidien humain. Tout nous a été dit jusqu'à Jean le Baptiste ; désormais, le choix nous appartient : vivre dans notre petit monde humain, limité par la brièveté de notre existence, ou prendre part à l'œuvre immense de salut que Dieu accomplit dans le monde.
2 Or Jean, dans sa prison, avait entendu parler des œuvres du Christ. Il lui envoya de ses disciples pour lui dire : |
3 « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » |
4 Jésus leur répondit : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : |
5 les aveugles voient et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ; |
6 et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! » |
7 Tandis que ceux-là s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules au sujet de Jean : « Qu’êtes-vous allés contempler au désert ? Un roseau agité par le vent ? |
8 Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu de façon délicate ? Mais ceux qui portent des habits délicats se trouvent dans les demeures des rois. |
9 Alors qu’êtes-vous allés faire ? Voir un prophète ? Oui, je vous le dis, et plus qu’un prophète. |
10 C’est celui dont il est écrit :Voici que moi j’envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi. |
11 « En vérité je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n’en a pas surgi de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui. |
12 Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu’à présent le Royaume des Cieux souffre violence, et des violents s’en emparent. |
13 Tous les prophètes en effet, ainsi que la Loi, ont mené leurs prophéties jusqu’à Jean. |
14 Et lui, si vous voulez m’en croire, il est cet Élie qui doit revenir. |
15 Que celui qui a des oreilles entende ! |
Dans le contexte historique le plus proche, les paroles de Jésus sur Jean sont importantes dans la mesure où, en ces temps-là, beaucoup de gens considéraient Jean comme le Messie. En tout cas, il correspondait beaucoup mieux aux représentations populaires de masse sur ce que devait être le Messie que Jésus. Et à l'époque où se formaient les textes évangéliques, il existait en Palestine des communautés assez nombreuses de johannites, partisans de Jean le Baptiste, qui considéraient leur maître comme le Messie. Sur un tel fond, le récit des disciples envoyés par Jean à Jésus pour Lui poser encore une question sur sa messianité était important comme témoignage de Jean lui-même, montrant qu'il ne prétendait à aucune messianité.
Mais il ne s'agit pas, bien sûr, seulement d'histoire. Les paroles du Sauveur sont importantes avant tout parce que, d'une part, Il donne une caractérisation brève et dense de Jean lui-même, et, d'autre part, Il évalue avec assez de dureté les gens qui entouraient Jean comme Lui-même. Le témoignage de Jean, selon les paroles du Sauveur, appartient encore à l'époque ancienne, l'époque préchrétienne, où il n'était pas encore question de parler du Royaume entrant dans le monde. Mais c'est précisément Jean qui, comme personne avec éclat, a témoigné de la venue prochaine du Messie, en comprenant en même temps ce qu'il fallait faire pour entrer dans le Royaume. Bien sûr, dans le Royaume la mesure de la plénitude est autre; c'est pourquoi quiconque appartient au Royaume est plus grand que Jean, qui appartient encore au monde non transfiguré.
Mais pour entrer dans le Royaume, un effort est nécessaire: le Royaume «se prend par la force», et «ceux qui font effort s'en emparent». Or beaucoup de ceux qui écoutèrent d'abord Jean, puis Jésus, ne voulaient précisément pas faire d'efforts. Ils se sentaient simplement bien auprès de Jean, puis auprès de Jésus.
Le feu, dans la Bible, est symbole de purification, de sacrifice, de sanctification, symbole de ce qui peut changer entièrement la nature même de l'homme, en la transfigurant et en la sanctifiant. Pourtant beaucoup avaient l'impression que le feu ne leur était donné que pour se réchauffer et se reposer au chaud. Le problème ici n'est pas que cela soit mauvais, mais qu'en utilisant ainsi le feu, l'homme ne change nullement: il se sent bien pour un temps, mais les problèmes profonds qui empoisonnent sa vie et l'empêchent de participer au Royaume ne disparaissent nulle part. Alors tous les efforts de ceux qui portent le feu dans le monde et en témoignent deviennent stériles. On peut admirer autant qu'on veut les paroles de Jésus et Jésus Lui-même; mais si celui qui admire demeure en dehors du Royaume, on peut dire que toute son admiration aura été inutile. Le Royaume avec sa vie est passé à côté de lui, et l'admiration, même sincère, ne sauve pas.
1 Et il advint, quand Jésus eut achevé de donner ces consignes à ses douze disciples, qu’il partit de là pour enseigner et prêcher dans leurs villes. |
2 Or Jean, dans sa prison, avait entendu parler des œuvres du Christ. Il lui envoya de ses disciples pour lui dire : |
3 « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » |
4 Jésus leur répondit : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : |
5 les aveugles voient et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ; |
6 et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! » |
7 Tandis que ceux-là s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules au sujet de Jean : « Qu’êtes-vous allés contempler au désert ? Un roseau agité par le vent ? |
8 Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu de façon délicate ? Mais ceux qui portent des habits délicats se trouvent dans les demeures des rois. |
9 Alors qu’êtes-vous allés faire ? Voir un prophète ? Oui, je vous le dis, et plus qu’un prophète. |
10 C’est celui dont il est écrit :Voici que moi j’envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi. |
11 « En vérité je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n’en a pas surgi de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui. |
12 Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu’à présent le Royaume des Cieux souffre violence, et des violents s’en emparent. |
13 Tous les prophètes en effet, ainsi que la Loi, ont mené leurs prophéties jusqu’à Jean. |
14 Et lui, si vous voulez m’en croire, il est cet Élie qui doit revenir. |
15 Que celui qui a des oreilles entende ! |
16 « Mais à qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins qui, assis sur les places, en interpellent d’autres, |
17 en disant :« Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé ! Nous avons entonné un chant funèbre, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine ! » |
18 Jean vient en effet, ne mangeant ni ne buvant, et l’on dit : « Il est possédé ! » |
19 Vient le Fils de l’homme, mangeant et buvant, et l’on dit : « Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs ! » Et justice a été rendue à la Sagesse par ses œuvres. » |
20 Alors il se mit à invectiver contre les villes qui avaient vu ses plus nombreux miracles mais n’avaient pas fait pénitence. |
21 « Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et dans la cendre, elles se seraient repenties. |
22 Aussi bien, je vous le dis, pour Tyr et Sidon, au Jour du Jugement, il y aura moins de rigueur que pour vous. |
23 Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu’au ciel ? Jusqu’à l’Hadès tu descendras. Car si les miracles qui ont eu lieu chez toi avaient eu lieu à Sodome, elle subsisterait encore aujourd’hui. |
24 Aussi bien, je vous le dis, pour le pays de Sodome il y aura moins de rigueur, au Jour du Jugement, que pour toi. » |
25 En ce temps-là Jésus prit la parole et dit : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits. |
26 Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. |
27 Tout m’a été remis par mon Père, et nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. |
28 « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai. |
29 Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes. |
30 Oui, mon joug est aisé et mon fardeau léger. » |
En parlant de la réalisation du Royaume de Dieu, l’évangéliste souligne clairement le rôle central du Christ Lui-même. Il se révèle être le contenu principal de la prédication du Baptiste — car c’est précisément pour cela que les gens venaient à lui de tout le pays, et non pour regarder le vent agiter un roseau dans le désert ! Il est au centre de la prédication dans les villes de Galilée : avec Sa venue, Capharnaüm « s’élève jusqu’au ciel », mais, refusant d’écouter Sa prédication, elle est « précipitée jusque dans l’enfer ». Enfin, Il concentre en Lui la loi divine et la volonté divine. Cela ressort du vocabulaire des derniers versets de ce chapitre. Les personnes pieuses qui prenaient sur elles le « fardeau » d’accomplir tous les commandements de la Loi se disaient « fatiguées et chargées ». Il ne s’agit donc nullement ici de la classe ouvrière qui, après le travail, va à l’église pour apaiser son âme par le culte. Jésus, quant à Lui, appelle les disciples à Le prendre Lui-même sur eux comme un « fardeau », à vivre par Lui et à servir Dieu par Lui, car, contrairement aux commandements fixes et immuables du Pentateuque, Son « fardeau » est aisé et léger : Il sait adopter une approche personnelle envers chacun, et il y a en outre la fidélité, l’amour et le pardon.
1 Et il advint, quand Jésus eut achevé de donner ces consignes à ses douze disciples, qu’il partit de là pour enseigner et prêcher dans leurs villes. |
2 Or Jean, dans sa prison, avait entendu parler des œuvres du Christ. Il lui envoya de ses disciples pour lui dire : |
3 « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » |
4 Jésus leur répondit : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : |
5 les aveugles voient et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ; |
6 et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! » |
7 Tandis que ceux-là s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules au sujet de Jean : « Qu’êtes-vous allés contempler au désert ? Un roseau agité par le vent ? |
8 Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu de façon délicate ? Mais ceux qui portent des habits délicats se trouvent dans les demeures des rois. |
9 Alors qu’êtes-vous allés faire ? Voir un prophète ? Oui, je vous le dis, et plus qu’un prophète. |
10 C’est celui dont il est écrit :Voici que moi j’envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi. |
11 « En vérité je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n’en a pas surgi de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui. |
12 Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu’à présent le Royaume des Cieux souffre violence, et des violents s’en emparent. |
13 Tous les prophètes en effet, ainsi que la Loi, ont mené leurs prophéties jusqu’à Jean. |
14 Et lui, si vous voulez m’en croire, il est cet Élie qui doit revenir. |
15 Que celui qui a des oreilles entende ! |
16 « Mais à qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins qui, assis sur les places, en interpellent d’autres, |
17 en disant :« Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé ! Nous avons entonné un chant funèbre, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine ! » |
18 Jean vient en effet, ne mangeant ni ne buvant, et l’on dit : « Il est possédé ! » |
19 Vient le Fils de l’homme, mangeant et buvant, et l’on dit : « Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs ! » Et justice a été rendue à la Sagesse par ses œuvres. » |
20 Alors il se mit à invectiver contre les villes qui avaient vu ses plus nombreux miracles mais n’avaient pas fait pénitence. |
21 « Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et dans la cendre, elles se seraient repenties. |
22 Aussi bien, je vous le dis, pour Tyr et Sidon, au Jour du Jugement, il y aura moins de rigueur que pour vous. |
23 Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu’au ciel ? Jusqu’à l’Hadès tu descendras. Car si les miracles qui ont eu lieu chez toi avaient eu lieu à Sodome, elle subsisterait encore aujourd’hui. |
24 Aussi bien, je vous le dis, pour le pays de Sodome il y aura moins de rigueur, au Jour du Jugement, que pour toi. » |
25 En ce temps-là Jésus prit la parole et dit : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits. |
26 Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. |
27 Tout m’a été remis par mon Père, et nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. |
28 « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai. |
29 Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes. |
30 Oui, mon joug est aisé et mon fardeau léger. » |
La lecture d'aujourd'hui nous dit beaucoup de choses sur la sagesse au sens où Jésus l'entend. Elle commence par un épisode décrivant l'étrange perplexité, à première vue, de Jean le Baptiste au sujet du ministère du Sauveur (v. 2-6). En effet, la question a été posée précisément par celui qui, le premier, avait désigné Jésus comme le Messie-Christ (Mt 3:13-17). Et pour Jésus lui-même, cet épisode est devenu l'occasion de paroles amères sur la sagesse humaine. Le problème n'est pas la limitation de la raison humaine : en soi, cette limitation n'a rien de terrible, car Dieu n'a pas conçu l'homme omniscient dès le commencement. Le problème est de savoir comment et dans quel but l'homme utilise la raison que Dieu lui a donnée. Or l'homme déchu, semble-t-il, l'utilise le plus souvent pour se justifier et s'affirmer lui-même.
Les auteurs de l'Ancien Testament voient la sagesse comme l'art de construire des relations avec Dieu et avec les hommes, comme la science d'une vie juste ; mais il arrivait souvent qu'elle dégénère en une sorte de jeux intellectuels servant uniquement au divertissement et, en ce sens, guère différents des jeux d'enfants (v. 16-17). Le pire était que ces jeux, pris avec tout le sérieux possible, ont masqué aux « sages », au moment critique, la Vérité vivante venue dans le monde ; ils leur ont masqué le Royaume.
Quel Messie les Juifs croyants attendaient-ils en ce temps-là ? Les conceptions théologiques messianiques étaient nombreuses, mais il s'est trouvé que le Messie réel n'entrait pleinement dans aucune d'elles. Sans doute même Jean le Baptiste attendait-il autre chose du Messie-Christ qu'il avait reconnu.
Du reste, il est impossible de satisfaire ceux pour qui leurs théories valent plus que la vérité : s'il jeûne, c'est qu'il est possédé ; s'il ne jeûne pas, c'est un glouton, un ivrogne, un pécheur (v. 18-19)... Ici, une seule chose compte : celui qu'on juge correspond-il aux critères du « nôtre », entre-t-il dans le cadre de la conception ou non ? Sinon, on peut toujours trouver des justifications pour le déclarer « incorrect », pécheur, transgresseur de la Torah et serviteur de Satan. Et les partisans de la théorie « correcte » sauront toujours fonder sa « correction » (v. 19). Seulement, au Jugement, ces « théoriciens » auront ensuite plus de peine que ceux qui ont simplement péché sans aucune théorie (v. 20-24). Ce qui, au fond, n'a rien d'étonnant : le sage qui a employé sa sagesse pour le mal porte une responsabilité plus grande que celui qui ne prétend à aucune sagesse.
1 Et il advint, quand Jésus eut achevé de donner ces consignes à ses douze disciples, qu’il partit de là pour enseigner et prêcher dans leurs villes. |
2 Or Jean, dans sa prison, avait entendu parler des œuvres du Christ. Il lui envoya de ses disciples pour lui dire : |
3 « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » |
4 Jésus leur répondit : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : |
5 les aveugles voient et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ; |
6 et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! » |
7 Tandis que ceux-là s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules au sujet de Jean : « Qu’êtes-vous allés contempler au désert ? Un roseau agité par le vent ? |
8 Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu de façon délicate ? Mais ceux qui portent des habits délicats se trouvent dans les demeures des rois. |
9 Alors qu’êtes-vous allés faire ? Voir un prophète ? Oui, je vous le dis, et plus qu’un prophète. |
10 C’est celui dont il est écrit :Voici que moi j’envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi. |
11 « En vérité je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n’en a pas surgi de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui. |
12 Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu’à présent le Royaume des Cieux souffre violence, et des violents s’en emparent. |
13 Tous les prophètes en effet, ainsi que la Loi, ont mené leurs prophéties jusqu’à Jean. |
14 Et lui, si vous voulez m’en croire, il est cet Élie qui doit revenir. |
15 Que celui qui a des oreilles entende ! |
16 « Mais à qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins qui, assis sur les places, en interpellent d’autres, |
17 en disant :« Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé ! Nous avons entonné un chant funèbre, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine ! » |
18 Jean vient en effet, ne mangeant ni ne buvant, et l’on dit : « Il est possédé ! » |
19 Vient le Fils de l’homme, mangeant et buvant, et l’on dit : « Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs ! » Et justice a été rendue à la Sagesse par ses œuvres. » |
Aujourd’hui, le Seigneur parle de la prophétie de l’Ancien Testament : tous les récits, prophéties et promesses concernant le Royaume de Dieu allaient jusqu’à Jean ; désormais commence le temps de leur accomplissement. Désormais, le Royaume est réel dans le Christ, accessible à tout croyant en Lui et à tout homme qui Le suit.
Ses disciples étonnés avaient l’habitude de parler du Royaume comme de quelque chose d’attendu, de quelque chose qui n’existe pas encore. Aussi étrange que cela soit, nous aussi parlons souvent du Royaume des Cieux, de la vie avec Dieu, comme d’une certaine réalité posthume, ou comme de ce qui doit se révéler dans le siècle à venir, après la Seconde Venue. Or le Christ dit que le Royaume est déjà ouvert, et que ceux qui sont prêts à faire certains efforts peuvent y entrer.
Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible. Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit. | ||
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||