8 " A l'Ange de l'Église de Smyrne, écris : Ainsi parle le Premier et le Dernier, celui qui fut mort et qui a repris vie.
9 Je connais tes épreuves et ta pauvreté - tu es riche pourtant - et les diffamations de ceux qui usurpent le titre de Juifs - une synagogue de Satan plutôt! -
10 Ne crains pas les souffrances qui t'attendent: voici, le Diable va jeter des vôtres en prison pour vous tenter, et vous aurez dix jours d'épreuve. Reste fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie.
11 Celui qui a des oreilles, qu'il entende ce que l'Esprit dit aux Églises : le vainqueur n'a rien à craindre de la seconde mort.
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La situation dans l’Église de Smyrne différait quelque peu de celle qui caractérisait l’Église d’Éphèse. Ici, comme on le voit, le principal problème était le conflit avec les zélateurs de la Torah, ou plus exactement des traditions religieuses juives, auxquels Paul avait déjà eu affaire plus d’une fois. Comme on le voit, l’essence de ce conflit était la même, quels que soient le lieu et le moment où il surgissait. Il commençait apparemment par un appel à l’observance stricte de la Torah de la part de ceux qui se considéraient comme ses principaux défenseurs, et se terminait invariablement par un conflit entre les partisans de l’observance des prescriptions religieuses juives et ceux à qui le judaïsme était indifférent, dont le nombre, après l’an 70, se mit à croître rapidement dans l’Église.
On le sait, Paul déjà ne faisait pas dépendre la fidélité à la Torah de l’observance des normes et des règles du judaïsme, et maintenant Jésus Lui-même confirme sa justesse par la révélation donnée à Son apôtre. Ce n’est pas par hasard qu’Il dit des adversaires des chrétiens de Smyrne qu’ils se font seulement passer pour Juifs, ou se considèrent eux-mêmes comme tels, alors qu’en réalité ils sont adversaires de Dieu et de Son peuple (v. 9). Apparemment, le pouvoir séculier est intervenu dans ce conflit interne à l’Église; des persécutions ont commencé, dont Jésus dit qu’elles ne dureront pas longtemps (v. 10).
L’appréciation donnée par Jésus n’est évidemment pas fortuite: en substance, Il ne fait que confirmer ce qu’Il avait déjà dit plus d’une fois par la bouche d’autres de Ses serviteurs: le sens de la Torah et de l’ancienne Alliance dans son ensemble ne se réduit pas à la religiosité juive, malgré toute l’importance de cette dernière pour la conservation spirituelle et historique du peuple de Dieu; il est plus large que le judaïsme, et en rétrécir les limites signifie s’opposer à la réalisation du dessein de Dieu pour le salut de l’humanité. Et le témoignage des confesseurs et des martyrs qui défendent l’universalité de la Torah dans l’affrontement avec les zélateurs des traditions religieuses juives se révèle être le témoignage de la liberté du Royaume, dont ils ne perdront pas la plénitude de vie (v. 11).
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