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Lectionnaire catholique pour le 22 novembre 2025

La Bible de Jérusalem (fr)

1 Maccabées, Chapitre 6,  vers 1-13

III. Judas Maccabée chef des Juifs (166-160 av. J.-C.)> 1 Fin d’Antiochus Épiphane.
1 Cependant le roi Antiochus parcourait les provinces d’en haut. Il apprit qu’il y avait en Perse une ville du nom d’Élymaïs, fameuse par ses richesses, son argent et son or,
2 avec un temple très riche renfermant des pièces d’armure en or, des cuirasses et des armes qu’y avait laissées Alexandre, fils de Philippe, roi de Macédoine, qui régna le premier sur les Grecs.
3 Il vint donc tenter de prendre cette ville pour la piller, mais il n’y réussit pas, les gens de la ville ayant eu connaissance de la chose.
4 Ils s’opposèrent à lui les armes à la main. Il fut mis en fuite et quitta les lieux avec beaucoup de tristesse pour regagner Babylone.
5 Il était encore en Perse quand on vint lui annoncer la déroute des armées qui étaient entrées dans le pays de Juda.
6 Lysias, en particulier, s’étant avancé avec une forte armée, avait dû fuir devant les Juifs devenus plus redoutables grâce aux armes, aux ressources et à la quantité de dépouilles enlevées aux armées vaincues ;
7 ceuxci avaient renversé l’abomination construite par lui sur l’autel à Jérusalem et entouré leur lieu saint de hautes murailles comme auparavant, ainsi que Bethsour, une de ses villes.
8 À ces nouvelles, le roi, frappé de stupeur, fut en proie à une violente agitation : il se jeta sur sa couche et tomba malade de chagrin parce que les choses ne s’étaient pas passées selon ses désirs.
9 Il demeura là plusieurs jours, retombant sans cesse dans une profonde mélancolie. Lorsqu’il se vit sur le point de mourir,
10 il convoqua tous ses amis et leur dit : « Le sommeil s’est retiré de mes yeux et mon cœur est abattu par l’inquiétude.
11 Je me suis dit à moi-même : À quelle affliction suis-je réduit et en quel flot de tristesse suis-je maintenant plongé ? Moi qui étais bon et aimé au temps de ma puissance !
12 Mais à cette heure je me souviens des maux dont j’ai été l’auteur à Jérusalem, quand je pris tous les objets d’argent et d’or qui s’y trouvaient et que j’envoyai exterminer sans motif les habitants de Juda.
13 Je reconnais donc que c’est à cause de cela que ces malheurs m’ont atteint et que je meurs d’une profonde affliction sur une terre étrangère ! »
Notes:
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Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

1 e) Chronologiquement, cet épisode trouverait sa vraie place avant la Dédicace du Temple, 4.36. Le récit de la fin d’Antiochus Épiphane, rapporté de façon analogue par Polybe, est beaucoup plus sobre qu’en 2 M.


1 f) En fait, on ne connaît pas de ville du nom d’Élymaïs, forme grecque de « Élam », Gn 10.22. L’Élymaïde est le pays autour de Suse, ancienne capitale de la Perse, Ne 1.1, et, au sens restreint, la région montagneuse au nord-est de cette ville.


2 g) Le temple de Nanaia-Artémis, cf. 2 M 1.13.


8 h) En réalité, Antiochus devait être mort avant ces événements, mais l’auteur de doit adapter son récit à la chronologie qu’il s’est fixée.


13 i) En fait, la Perse relevait encore de l’empire séleucide. — Pour l’auteur de 1 M, c’est le pillage du Temple de Jérusalem, et non de celui d’Artémis comme pour l’auteur de 2 M, qui est sanctionné par la mort du roi. Mais l’un et l’autre lui prêtent les mêmes sentiments de repentir.


Le Premier livre des Maccabées campe dans son introduction, 1-2, les adversaires en présence : l’hellénisme conquérant, qui trouve des complices en certains Juifs, et la réaction de la conscience nationale, attachée à la Loi et au Temple ; d’un côté, Antiochus Épiphane qui profane le Temple et déchaîne la persécution, de l’autre, Mattathias qui lance l’appel à la guerre sainte. Le corps du livre se divise en trois parties, consacrées aux actions des trois fils de Mattathias qui prennent successivement la tête de la résistance. Judas Maccabée (166-160 av. J.-C.), 1 M 3.1 – 9.22, remporte une série de victoires sur les généraux d’Antiochus, purifie le Temple et obtient pour les Juifs la liberté de vivre selon leurs coutumes. Sous Démétrius Ier, il est gêné par les intrigues du grand prêtre Alkime, mais ses succès militaires continuent et Nikanor, qui voulait détruire le Temple, est défait et tué. Pour assurer ses positions, Judas recherche l’alliance des Romains. Il meurt sur le champ de bataille. Son frère Jonathan lui succède (160-142), 1 M 9.23 – 12.53. Les manœuvres politiques l’emportent alors sur les opérations militaires. Jonathan tire habilement profit des compétitions dont le trône de Syrie est l’objet : il est nommé grand prêtre par Alexandre Balas, reconnu par Démétrius II, confirmé par Antiochus VI. Il cherche à faire alliance avec les Romains et les Spartiates. Le territoire soumis à son contrôle s’étend et la paix intérieure semble assurée, quand Jonathan tombe entre les mains de Tryphon, qui le fait périr ainsi que le jeune Antiochus VI. Le frère de Jonathan, Simon (142-134), 1 M 13.1 – 16.24, soutient Démétrius II, qui reprend le pouvoir, et il est reconnu par lui puis par Antiochus VII comme grand prêtre, stratège et ethnarque des Juifs. L’autonomie politique est ainsi obtenue. Ces titres lui sont confirmés par un décret du peuple. L’alliance avec les Romains est renouvelée. C’est une époque de paix et de prospérité. Mais Antiochus VII se retourne contre les Juifs et Simon, avec deux de ses fils, est assassiné par son gendre, qui croyait être agréable au souverain.

Le récit couvre ainsi quarante ans, de l’avènement d’Antiochus Épiphane, en 175, à la mort de Simon et à l’avènement de Jean Hyrcan, en 134 av. J.-C. Il a été écrit en hébreu, mais n’est conservé que par une traduction grecque. Son auteur est un Juif palestinien, qui a composé son ouvrage après 134, mais avant la prise de Jérusalem par Pompée en 63 av. J.-C. Les dernières lignes du livre, 1 M 16.23-24, indiquent qu’il a été écrit au plus tôt vers la fin du règne de Jean Hyrcan, plus vraisemblablement peu après sa mort, vers 100 av. J.-C. C’est un document précieux pour l’histoire de ce temps, à condition que l’on tienne compte du genre littéraire, imité des anciennes chroniques d’Israël, et des intentions de l’auteur.

Car, bien qu’il s’étende longuement sur les événements de guerre et sur les intrigues politiques, il entend raconter une histoire religieuse. Il considère les malheurs de son peuple comme une punition du péché et il rapporte à l’assistance de Dieu les succès de ses champions. Il est un Juif zélé pour sa foi et il a compris que celle-ci était l’enjeu du combat entre l’influence païenne et les coutumes des pères. Il est donc un adversaire déterminé de l’hellénisation et il est rempli d’admiration pour les héros qui ont lutté pour la Loi et pour le Temple et qui ont conquis au peuple sa liberté religieuse puis son indépendance nationale. Il est le chroniqueur d’une lutte où fut sauvé le Judaïsme, porteur de la Révélation.

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Luc, Chapitre 20,  vers 27-40

V. Ministère de Jésus à Jérusalem> 27 La résurrection des morts.
27 S’approchant alors, quelques Sadducéens ­ ceux qui nient qu’il y ait une résurrection ­ l’interrogèrent
28 en disant : « Maître, Moïse a écrit pour nous : Si quelqu’un a un frère marié qui meurt sans avoir d’enfant, que son frère prenne la femme et suscite une postérité à son frère.
29 Il y avait donc sept frères. Le premier, ayant pris femme, mourut sans enfant.
30 Le second aussi,
31 puis le troisième prirent la femme. Et les sept moururent de même, sans laisser d’enfant après eux.
32 Finalement, la femme aussi mourut.
33 Eh bien ! cette femme, à la résurrection, duquel d’entre eux va-t-elle devenir la femme ? Car les sept l’auront eue pour femme. »
34 Et Jésus leur dit : « Les fils de ce monde-ci prennent femme ou mari ;
35 mais ceux qui auront été jugés dignes d’avoir part à ce monde-là et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari ;
36 aussi bien ne peuvent-ils plus mourir, car ils sont pareils aux anges, et ils sont fils de Dieu, étant fils de la résurrection.
37 Et que les morts ressuscitent, Moïse aussi l’a donné à entendre dans le passage du Buisson quand il appelle le Seigneur le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob.
38 Or il n’est pas un Dieu de morts, mais de vivants ; tous en effet vivent pour lui. »
39 Prenant alors la parole, quelques scribes dirent : « Maître, tu as bien parlé. »
40 Car ils n’osaient plus l’interroger sur rien.
Lire la suite:Luc, Chapitre 20
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

34 h) Sémitisme ceux qui appartiennent à ce monde-ci.


35 i) Il n’est question ici que de la résurrection des justes.


36 j) Var. « ne doivent-ils ».


36 k) Sémitisme ressuscités.


39 l) Les scribes, pour la plupart Pharisiens, croyaient à la résurrection des morts, cf. Ac 23.6-9.


Le mérite particulier du troisième évangile lui vient de la personnalité très attachante de son auteur, qui y transparaît sans cesse. Saint Luc est un écrivain de grand talent et une âme délicate. Il a mené son œuvre de façon originale, avec un souci d’information et d’ordre, 1.3. Ce n’est pas à dire qu’il ait pu donner aux matériaux reçus de la tradition un arrangement plus «sp;historique » que Matthieu et Marc ; son respect des sources et sa façon de les juxtaposer ne le lui permettaient pas. Son plan reprend les grandes lignes de celui de Marc avec quelques transpositions, ou omissions. Des épisodes sont déplacés, 3.19-20 ; 4.16-30 ; 5.1-11 ; 6.12-19 ; 22.31-34, etc., tantôt par soucis de clarté et de logique, tantôt par influence d’autres traditions, parmi lesquelles il faut noter celle qui se reflète également dans le quatrième évangile. D’autres épisodes sont omis, soit comme moins intéressants pour les lecteurs païens, cf. Mc 12.28-34, à comparer Lc 10.25-28. On remarquera surtout l’absence d’un correspondant à Mc 6.45-8.26. La différence la plus notable par rapport au deuxième évangile est la longue section médiane 9.51-18.14, qui est présentée sous la forme d’une montée vers Jérusalem à l’aide de notations répétées, 9.51 ; 13.22 ; 17.11, cf. Mc 10.1, et où l’on verra moins le souvenir réel de différents voyages que l’insistance voulue sur une idée théologique chère à Luc : la Ville sainte est le lieu où doit s’accomplir le salut 9.31 ; 13.33 ; 18.31 ; 19.11, c’est là que l’Évangile a commencé, 1.5s, et c’est là qu’il doit finir, 24.52s – par des apparitions et des entretiens qui n’ont pas lieu en Galilée, 24.13-51 ; et comp. 24.6 avec Mc 16.7, Mt 28.7, 16-20 – car c’est de là que doit partir l’évangélisation du monde, 24.47 ; Ac 1.8. Dans un sens plus large, c’est la montée de Jésus (et du chrétien) vers Dieu.

D’autres traits littéraires de Luc sont l’emploi des genres du symposium, 7.36-50 ; 11.37-54 ; 14.1-24, et du discours des adieux, 22.14-38, son goût des parallèles (Jean le Baptiste et Jésus, 1.5-2.52) et des inclusions, et le schéma promesse-accomplissement qui ponctue son récit.

Si l’on poursuit dans le détail la comparaison de Luc avec Marc et Matthieu, on observe sur le vif l’activité toujours en éveil d’un écrivain qui excelle à présenter les choses d’une façon qui lui est propre, évitant ou atténuant ce qui peut froisser sa sensibilité ou celle de ses lecteurs (8.43 comp. Mc 5.26 om. Mc 9.43-48 ; 13.32, etc.), ou bien leur être peu compréhensible (om. Mc 4.13 ; 8.32s ; 9.28s ; 14.50) ou les excluant (Lc 9.45 ; 18.24 ; 22.45), interprétant les termes obscurs (6.15) ou précisant la géographie (4.31 ; 19.28s, 37 ; 23.51), etc. Par ces nombreuses et fines touches, et surtout par le riche apport dû à son enquête personnelle, Luc nous livre les réactions et les tendances de son âme ; ou plutôt, par le moyen de cet instrument de choix, l’Esprit-Saint nous présente le message évangélique d’une façon originale, riche de doctrine. Il s’agit moins d’ailleurs de grandes thèses théologiques (les idées maîtresses sont les mêmes que chez Marc et Matthieu) que d’une psychologie religieuse où l’on trouve, mêlées à une influence très discrète de son maître Paul, les inclinations propres au tempérament de Luc. En vrai « scriba mansuetudinis Christi » (Dante), il aime à souligner la miséricorde de son Maître pour les pécheurs, 15.1s, 7, 10, et à raconter des scènes de pardon, 7.36-50 ; 15.11-32 ; 19.1-10 ; 23.34, 39-43. Il insiste volontiers sur la tendresse de Jésus pour les humbles et les pauvres, tandis que les orgueilleux et les riches jouisseurs sont sévèrement traités, 1.51-53 ; 6.20-26 ; 12.13-21 ; 14.7-11 ; 16.15, 19-31 ; 18.9-14. Cependant même la juste condamnation ne se fera qu’après les délais patients de la miséricorde, 13.6-9 ; comp. Mc 11.12-14. Il faut seulement qu’on se repente, qu’on se renonce, et ici la générosité exigeante de Luc tient à répéter l’exigences d’un détachement décidé et absolu, 14.25-34, notamment par l’abandon des richesses, 6.34s ; 12.33 ; 16.9-13. On notera encore les passages propres au troisième évangile sur la nécessité de la prière, 11.5-8 ; 18.1-8, et sur l’exemple qu’en a donné Jésus, 3.21 ; 5.16 ; 6.12 ; 9.28. Enfin, comme chez saint Paul et dans les Actes, l’Esprit Saint occupe une place de premier plan que Luc seul souligne en 1.15, 35, 41, 67 ; 2.25-27 ; 4.1, 14, 18 ; 10.21 ; 11.13 ; 24.49. Ceci, avec l’atmosphère de reconnaissance pour les bienfaits divins et d’allégresse spirituelle, qui enveloppe tout le troisième évangile, 2.14 ; 5.26 ; 10.17 ; 13.17 ; 18.43 ; 19.37 ; 24.51s, achève de donner à l’œuvre de Luc cette ferveur qui touche et réchauffe le cœur.

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