16 " Personne, après avoir allumé une lampe, ne la recouvre d'un vase ou ne la met sous un lit ; on la met au contraire sur un lampadaire, pour que ceux qui pénètrent voient la lumière.
17 Car rien n'est caché qui ne deviendra manifeste, rien non plus n'est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour.
18 Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez ! Car celui qui a, on lui donnera, et celui qui n'a pas, même ce qu'il croit avoir lui sera enlevé. "
19 Sa mère et ses frères vinrent alors le trouver, mais ils ne pouvaient l'aborder à cause de la foule.
20 On l'en informa : " Ta mère et tes frères se tiennent dehors et veulent te voir. "
21 Mais il leur répondit : " Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. "
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«Il leur répondit: Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique». Aujourd'hui nous lisons des paroles du Seigneur qui parlent de l'amour entre une mère et son enfant comme de quelque chose qui dépasse les sentiments terrestres et devient pour nous comme un pont vers la connaissance de l'amour de Dieu. Les parallèles sont si étroits que ces paroles, comme celles du livre de Jésus fils de Sirach, coupent et heurtent l'oreille si on les lit non pas dans la prière, mais de manière ordinaire.
Mais pour essayer de comprendre, tournons-nous vers le livre des Psaumes. «N'ai-je pas apaisé et calmé mon âme, comme un enfant sevré auprès de sa mère? Mon âme est en moi comme un enfant sevré» (Ps 130:2). Beaucoup de ce dont parle le Seigneur est une réponse directe à l'interrogation du livre des Psaumes; cela se comprend, car ce livre est comme le résumé de tous les soupirs de prière, de tout ce que nous voulons dire à Dieu, tandis que le Christ est le centre de ce que le Seigneur veut nous dire.
Regardons donc cette image de l'enfant sevré du sein de sa mère. C'est ainsi que l'homme se sent dans le monde. Tout homme qui cherche le sens de sa vie et de celle de ceux qu'il aime, qui cherche un amour que la corruption n'effraie pas, qui cherche les sources de ce sentiment indicible du sacré qu'il ressent dans sa poitrine. C'est une image d'une intensité extrême... Le Seigneur a enfanté l'homme dans le monde, l'a nourri et l'a laissé s'éloigner de Lui, et l'homme voudrait tant de nouveau enfouir son petit visage contre Sa poitrine; sans Lui, il a si peur, il est si triste, si seul, si froid et si affamé. Ce sont les sentiments de l'homme.
Mais voici que le Christ dit: Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu... La réunion de la mère avec l'enfant, et des soeurs et des frères les uns avec les autres, a eu lieu; l'harmonie a été rétablie par Sa venue dans ce monde. Seulement, chose étrange, tout est inversé: l'image de la mère et celle de l'enfant semblent changer de place. Est-ce par hasard? Est-ce venu à propos? Simplement parce que telle était la situation: Sa mère était venue, Ses frères étaient venus?
Mais rien n'est fortuit. Rien n'est dépourvu de sens. Comme le disait le grand physicien Einstein, «le Seigneur Dieu ne joue pas aux dés». Donc, en tout, absolument en tout, nous pouvons chercher du sens. Pourquoi donc les images ont-elles ainsi changé de place par rapport au livre des Psaumes? Peut-être parce que l'amour pur est une relation entre deux êtres fondamentalement égaux, ou plus exactement commensurables. Nous ne pouvons pas aimer une fourmi, elle est trop petite; mais nous pouvons aimer un chaton. Or Dieu est bien plus parfait que nous que nous ne sommes plus parfaits qu'une fourmi; nous sommes beaucoup moins commensurables avec Lui. Et lorsque cette logique est brisée, on ne peut plus simplement appliquer les relations entre une mère et son enfant aux relations entre Dieu et Son enfant. Ce n'est qu'un pont. Un pont que l'on peut franchir pour commencer à connaître l'amour de Dieu. Ainsi, l'inversion ne change rien: l'essentiel est que la logique de l'incommensurabilité soit percée, l'essentiel est que l'intégrité soit rétablie.
Mais il y a aussi un sens plus simple. Peut-être Jésus nous dit-Il que nous ne sommes plus petits, que nous ne sommes plus des nourrissons; Dieu nous a sevrés de Son sein en nous faisant venir dans ce monde. Mais désormais, malgré tout Son amour pour nous, Il ne peut plus nous remettre au sein. On ne met pas au sein un enfant de cinq ans.
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