1 Un certain Ananie, d’accord avec Saphire sa femme, vendit une propriété ; |
2 il détourna une partie du prix, de connivence avec sa femme, et apportant le reste, il le déposa aux pieds des apôtres. |
3 « Ananie, lui dit alors Pierre, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, que tu mentes à l’Esprit Saint et détournes une partie du prix du champ ? |
4 Quand tu avais ton bien, n’étais-tu pas libre de le garder, et quand tu l’as vendu, ne pouvais-tu disposer du prix à ton gré ? Comment donc cette décision a-t-elle pu naître dans ton cœur ? Ce n’est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu. » |
5 En entendant ces paroles, Ananie tomba et expira. Une grande crainte s’empara alors de tous ceux qui l’apprirent. |
6 Les jeunes gens vinrent envelopper le corps et l’emportèrent pour l’enterrer. |
7 Au bout d’un intervalle d’environ trois heures, sa femme, qui ne savait pas ce qui était arrivé, entra. |
8 Pierre l’interpella : « Dis-moi, le champ que vous avez vendu, c’était tant ? » Elle dit : « Oui, tant. » |
9 Alors Pierre : « Comment donc avez-vous pu vous concerter pour mettre l’Esprit du Seigneur à l’épreuve ? Eh bien ! voici à la porte les pas de ceux qui ont enterré ton mari : ils vont aussi t’emporter. » |
10 À l’instant même elle tomba à ses pieds et expira. Les jeunes gens qui entraient la trouvèrent morte ; ils l’emportèrent et l’enterrèrent auprès de son mari. |
11 Une grande crainte s’empara alors de l’Église entière et de tous ceux qui apprirent ces choses. |
12 Par les mains des apôtres il se faisait de nombreux signes et prodiges parmi le peuple... Ils se tenaient tous d’un commun accord sous le portique de Salomon, |
13 et personne d’autre n’osait se joindre à eux, mais le peuple célébrait leurs louanges. |
14 Des croyants de plus en plus nombreux s’adjoignaient au Seigneur, une multitude d’hommes et de femmes... |
15 ... à tel point qu’on allait jusqu’à transporter les malades dans les rues et les déposer là sur des lits et des grabats, afin que tout au moins l’ombre de Pierre, à son passage, couvrît l’un d’eux. |
16 La multitude accourait même des villes voisines de Jérusalem, apportant des malades et des gens possédés par des esprits impurs, et tous étaient guéris. |
Sur le fond de l'élan spirituel de la première communauté chrétienne, l'épisode d'Ananie et de Saphire paraît quelque chose de sauvage et de terrible. Pourtant, il reflète le fait que la proximité de Dieu n'est pas seulement un grand bonheur, mais aussi un grand risque. Si un homme n'en est qu'au tout début de sa recherche religieuse, ses erreurs et ses égarements ne conduisent pas encore à la catastrophe; tandis que, pour un homme qui a connu Dieu, de telles choses ne sont déjà plus admissibles. Comparez: c'est une chose d'être trompé par un vendeur inconnu sur un marché, et c'en est une autre d'être trahi par un être aimé. Si un homme a déjà consacré, donné toute sa vie à Dieu, et qu'il apparaît soudain que tout cela n'était qu'une fiction, que l'on peut renoncer à tout cela, alors cette vie consacrée à Dieu perd tout sens, et l'homme meurt...
1 Un certain Ananie, d’accord avec Saphire sa femme, vendit une propriété ; |
2 il détourna une partie du prix, de connivence avec sa femme, et apportant le reste, il le déposa aux pieds des apôtres. |
3 « Ananie, lui dit alors Pierre, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, que tu mentes à l’Esprit Saint et détournes une partie du prix du champ ? |
4 Quand tu avais ton bien, n’étais-tu pas libre de le garder, et quand tu l’as vendu, ne pouvais-tu disposer du prix à ton gré ? Comment donc cette décision a-t-elle pu naître dans ton cœur ? Ce n’est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu. » |
5 En entendant ces paroles, Ananie tomba et expira. Une grande crainte s’empara alors de tous ceux qui l’apprirent. |
6 Les jeunes gens vinrent envelopper le corps et l’emportèrent pour l’enterrer. |
7 Au bout d’un intervalle d’environ trois heures, sa femme, qui ne savait pas ce qui était arrivé, entra. |
8 Pierre l’interpella : « Dis-moi, le champ que vous avez vendu, c’était tant ? » Elle dit : « Oui, tant. » |
9 Alors Pierre : « Comment donc avez-vous pu vous concerter pour mettre l’Esprit du Seigneur à l’épreuve ? Eh bien ! voici à la porte les pas de ceux qui ont enterré ton mari : ils vont aussi t’emporter. » |
10 À l’instant même elle tomba à ses pieds et expira. Les jeunes gens qui entraient la trouvèrent morte ; ils l’emportèrent et l’enterrèrent auprès de son mari. |
11 Une grande crainte s’empara alors de l’Église entière et de tous ceux qui apprirent ces choses. |
12 Par les mains des apôtres il se faisait de nombreux signes et prodiges parmi le peuple... Ils se tenaient tous d’un commun accord sous le portique de Salomon, |
13 et personne d’autre n’osait se joindre à eux, mais le peuple célébrait leurs louanges. |
14 Des croyants de plus en plus nombreux s’adjoignaient au Seigneur, une multitude d’hommes et de femmes... |
15 ... à tel point qu’on allait jusqu’à transporter les malades dans les rues et les déposer là sur des lits et des grabats, afin que tout au moins l’ombre de Pierre, à son passage, couvrît l’un d’eux. |
16 La multitude accourait même des villes voisines de Jérusalem, apportant des malades et des gens possédés par des esprits impurs, et tous étaient guéris. |
La lecture d'aujourd'hui nous présente le Royaume sous un angle quelque peu inattendu. À première vue, l'histoire d'Ananie et de Saphire, telle qu'elle est décrite ici, pourrait sembler témoigner de l'exigence de Dieu et de la dureté des lois du Royaume. La mort n'est-elle pas une punition trop cruelle pour une tromperie (v. 2–3, 8–10) ? Pourtant, une autre logique paraît à l'œuvre dans le Royaume : celle d'une liberté totale et, en même temps, d'une responsabilité totale. Dans la communauté chrétienne primitive, apparemment, personne n'obligeait les nouveaux membres à donner à l'Église tout ce qu'ils possédaient. Chacun pouvait, semble-t-il, décider lui-même combien il pouvait offrir (v. 4). Si quelqu'un donnait tout ce qu'il avait, il le faisait de bon cœur, pleinement conscient de sa responsabilité dans cet acte (Ac 4,34–37). Mais, dans le cas présent, les choses se sont passées autrement. Ananie comprenait apparemment assez mal le degré de liberté et de responsabilité que suppose la vie dans le Royaume. Peut-être les dons à la communauté lui semblaient-ils comparables à la dîme du Temple que tout Juif devait obligatoirement payer. En entrant dans la communauté, il décida donc de respecter la règle prescrite, tout en s'autorisant quelques accommodements. Or il apparut qu'il ne s'agissait pas simplement d'entrer dans une communauté, mais ni plus ni moins d'entrer dans le Royaume, où la duplicité n'a pas de place. Le principe était simple : donne ce que tu peux, mais fais-le en toute transparence. Il n'y a pas de règles, seulement la justice du Royaume, qui ne suppose aucune limite autre que celles que l'homme se fixe lui-même. Mais cette justice n'admet ni tromperie ni duplicité. Ceux qui trompent Dieu meurent non parce que Dieu est cruel. Simplement, celui qui a goûté à la vie du Royaume ne pourra plus jamais s'en passer. Mais il est tout aussi impossible de demeurer dans le Royaume sans faire entièrement confiance à Dieu : tenir une double comptabilité n'y a pas sa place. C'est pourquoi Ananie et Saphire meurent. Il n'y a pas de milieu dans le Royaume : c'est la vie dans toute sa plénitude ou la mort dans toute son inéluctabilité. Dans notre monde encore non transfiguré, on peut ne pas vivre pleinement, traîner une existence spirituellement plus proche de la mort que de la vie, sans pour autant mourir physiquement. Dans le Royaume, c'est impossible : la vie y est entière, et la mort aussi. Il n'y a pas de troisième voie.
1 Un certain Ananie, d’accord avec Saphire sa femme, vendit une propriété ; |
2 il détourna une partie du prix, de connivence avec sa femme, et apportant le reste, il le déposa aux pieds des apôtres. |
3 « Ananie, lui dit alors Pierre, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, que tu mentes à l’Esprit Saint et détournes une partie du prix du champ ? |
4 Quand tu avais ton bien, n’étais-tu pas libre de le garder, et quand tu l’as vendu, ne pouvais-tu disposer du prix à ton gré ? Comment donc cette décision a-t-elle pu naître dans ton cœur ? Ce n’est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu. » |
5 En entendant ces paroles, Ananie tomba et expira. Une grande crainte s’empara alors de tous ceux qui l’apprirent. |
6 Les jeunes gens vinrent envelopper le corps et l’emportèrent pour l’enterrer. |
7 Au bout d’un intervalle d’environ trois heures, sa femme, qui ne savait pas ce qui était arrivé, entra. |
8 Pierre l’interpella : « Dis-moi, le champ que vous avez vendu, c’était tant ? » Elle dit : « Oui, tant. » |
9 Alors Pierre : « Comment donc avez-vous pu vous concerter pour mettre l’Esprit du Seigneur à l’épreuve ? Eh bien ! voici à la porte les pas de ceux qui ont enterré ton mari : ils vont aussi t’emporter. » |
10 À l’instant même elle tomba à ses pieds et expira. Les jeunes gens qui entraient la trouvèrent morte ; ils l’emportèrent et l’enterrèrent auprès de son mari. |
11 Une grande crainte s’empara alors de l’Église entière et de tous ceux qui apprirent ces choses. |
Nous autres humains sommes un peuple étonnamment inconséquent. Comme il nous fait peur de franchir la ligne après laquelle il n'y a plus de retour. Comme nous voulons nous garder une solution de rechange, un aérodrome de secours... Peut-être cela fonctionne-t-il dans la vie ordinaire, mais dans la vie spirituelle, comme le montre l'histoire d'aujourd'hui au sujet d'Ananie et de Saphire, nullement. Et maintenant il est assez facile de comprendre ce qu'avait de mauvais la « sagesse pratique » d'Ananie ; à plus forte raison en ce temps-là, où l'on ne cherchait pas la volonté de Dieu, mais où on la connaissait simplement et la voyait en soi, parce que l'Esprit les remplissait.
Cette histoire fut pratiquement la première tentative sérieuse du diable, tentative que nous comprenons aujourd'hui comme totalement vaine, de prendre sa revanche sur la Résurrection. Il avait déjà tenté de détruire de l'extérieur l'Église toute jeune, par l'intermédiaire de ces mêmes pharisiens et scribes qui lui sont si chers. Par ceux que le Christ accuse eux aussi d'inconséquence. Car s'ils avaient aimé le Seigneur et s'étaient appuyés sur lui de toute leur âme, et s'ils avaient été jusqu'au bout sincères dans leur foi, y compris dans leur foi aux paroles de Moïse, ils « m'auraient cru aussi, parce qu'il a écrit à mon sujet » (Jn 5:46). Mais il est plus commode pour eux, comme pour nous tous, de choisir comment croire et à quoi croire parmi ce qui est proposé, et ce qu'il faut laisser à notre propre discrétion.
Du reste, Dieu a de nouveau vaincu. Maintenant le Mauvais tente de faire s'effondrer de l'intérieur l'édifice fondé par son ennemi. Pourtant nous savons que « les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre » l'Église (voir Mt 16:18), même aujourd'hui, alors qu'elle est à bien des égards plus faible que la communauté des premiers apôtres. Et alors, au temps décrit dans les premiers chapitres des Actes, la force du Seigneur était si manifeste sur ses fidèles qu'un homme ayant laissé entrer en lui non l'Esprit du Seigneur, mais l'esprit du Mauvais, et prétendant pourtant participer au salut, ne pouvait tout simplement pas survivre : il est si physiquement impossible au péché de se trouver devant la face de Dieu. Nous, malheureusement, y parvenons déjà...
1 Un certain Ananie, d’accord avec Saphire sa femme, vendit une propriété ; |
2 il détourna une partie du prix, de connivence avec sa femme, et apportant le reste, il le déposa aux pieds des apôtres. |
3 « Ananie, lui dit alors Pierre, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, que tu mentes à l’Esprit Saint et détournes une partie du prix du champ ? |
4 Quand tu avais ton bien, n’étais-tu pas libre de le garder, et quand tu l’as vendu, ne pouvais-tu disposer du prix à ton gré ? Comment donc cette décision a-t-elle pu naître dans ton cœur ? Ce n’est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu. » |
5 En entendant ces paroles, Ananie tomba et expira. Une grande crainte s’empara alors de tous ceux qui l’apprirent. |
6 Les jeunes gens vinrent envelopper le corps et l’emportèrent pour l’enterrer. |
7 Au bout d’un intervalle d’environ trois heures, sa femme, qui ne savait pas ce qui était arrivé, entra. |
8 Pierre l’interpella : « Dis-moi, le champ que vous avez vendu, c’était tant ? » Elle dit : « Oui, tant. » |
9 Alors Pierre : « Comment donc avez-vous pu vous concerter pour mettre l’Esprit du Seigneur à l’épreuve ? Eh bien ! voici à la porte les pas de ceux qui ont enterré ton mari : ils vont aussi t’emporter. » |
10 À l’instant même elle tomba à ses pieds et expira. Les jeunes gens qui entraient la trouvèrent morte ; ils l’emportèrent et l’enterrèrent auprès de son mari. |
11 Une grande crainte s’empara alors de l’Église entière et de tous ceux qui apprirent ces choses. |
L'histoire d'Ananie et de Saphire laisse certains lecteurs des Actes perplexes. En effet, si telle est la punition de tout péché, même relativement mineur, peut-on encore espérer le salut ? Pourtant, cette histoire illustre au mieux ce qu'était spirituellement la communauté de Jérusalem des premiers chrétiens. Apparemment, beaucoup de ceux qui y entraient vendaient tout ce qu'ils possédaient et versaient ensuite l'argent dans la caisse commune. Mais, à en juger par les paroles de Pierre à Ananie, ce n'était pas une condition obligatoire d'admission. « Ce qui est à toi ne t'appartient-il pas ? », lui demande l'apôtre.
Ces paroles montrent que chacun, en entrant dans la communauté, était libre de disposer de ses biens et de déterminer lui-même le montant de son don. Le problème n'était pas qu'Ananie n'avait pas donné tout ce qu'il avait. C'était qu'il avait menti, comme le ferait sa femme quelques heures plus tard. « Et Dieu l'a puni pour son mensonge », se hâterait de conclure un lecteur pieux. Mais les choses ne sont pas si simples. Dieu voit le cœur de l'homme et, s'il s'agissait d'une punition, Saphire serait probablement tombée morte sur le seuil sans avoir prononcé un mot.
Il n'aurait pas non plus été nécessaire de poser tant de questions à Ananie. Il ne s'agit pas ici d'une punition pour le mensonge, même si commencer sa vie communautaire par la tromperie et la duplicité n'est évidemment pas une bonne idée. Transgresser un commandement reste transgresser un commandement. Mais, derrière le mensonge, se trouve ici le désir évident de paraître meilleur qu'on ne l'est, de jouer aux yeux de la communauté le rôle de quelqu'un qu'on n'est pas. Or cela est absolument incompatible avec ce « seul cœur et cette seule âme » dont parle l'auteur pour caractériser les relations dans la première communauté chrétienne de Jérusalem. Il s'agit en effet de la profondeur et du caractère conscient des intentions qui déterminent la vie d'un homme.
Et de la qualité même de cette vie, de ce courant que les livres bibliques appellent l'« âme ». Pour vivre dans la communauté, la qualité spirituelle de cette vie devait être suffisamment élevée. De plus, la vie communautaire formait un courant unique, « une seule âme ». Voici donc un homme qui, voulant entrer dans cette vie nouvelle pour lui, entre en contact avec son courant. Et sa propre vie se désagrège instantanément, vole en éclats, tant l'écart est grand entre le courant de sa vie et celui de la communauté.
Là, dans la communauté, la vie est réelle ; chez lui, elle est imaginaire : il ne veut pas être lui-même véritablement et préfère jouer un rôle. Une telle destruction intérieure ne se répercute pas toujours immédiatement sur l'état physique de l'homme, mais, si l'écart est trop grand, elle peut le faire. Tout devient alors possible, de l'évanouissement à la mort instantanée.
Seulement, il n'est pas question ici de punition. Si une personne totalement non préparée, et qui le sait parfaitement, tente de gravir un sommet accessible seulement à des alpinistes entraînés, elle ne peut ignorer comment sa tentative risque de finir. Et si elle tombe finalement dans le précipice, elle ne pourra en accuser qu'elle-même.
12 Par les mains des apôtres il se faisait de nombreux signes et prodiges parmi le peuple... Ils se tenaient tous d’un commun accord sous le portique de Salomon, |
13 et personne d’autre n’osait se joindre à eux, mais le peuple célébrait leurs louanges. |
14 Des croyants de plus en plus nombreux s’adjoignaient au Seigneur, une multitude d’hommes et de femmes... |
15 ... à tel point qu’on allait jusqu’à transporter les malades dans les rues et les déposer là sur des lits et des grabats, afin que tout au moins l’ombre de Pierre, à son passage, couvrît l’un d’eux. |
16 La multitude accourait même des villes voisines de Jérusalem, apportant des malades et des gens possédés par des esprits impurs, et tous étaient guéris. |
17 Alors intervint le grand prêtre, avec tous ceux de son entourage, le parti des Sadducéens. Pleins d’animosité, |
18 ils mirent la main sur les apôtres et les jetèrent dans la prison publique. |
19 Mais pendant la nuit l’Ange du Seigneur ouvrit les portes de la prison et, après les avoir conduits dehors, leur dit : |
20 « Allez annoncer hardiment au peuple dans le Temple tout ce qui concerne cette Vie-là. » |
21 Dociles à ces paroles, ils entrèrent au Temple dès le point du jour et se mirent à enseigner. Cependant le grand prêtre arriva avec ceux de son entourage. On convoqua le Sanhédrin et tout le Sénat des Israélites et on fit chercher les apôtres à la prison. |
22 Mais les satellites, rendus sur place, ne les trouvèrent pas dans la prison. Ils revinrent donc annoncer : |
23 « Nous avons trouvé la prison soigneusement fermée et les gardes en faction aux portes. Mais quand nous avons ouvert, nous n’avons trouvé personne à l’intérieur. » |
24 À cette nouvelle, le commandant du Temple et les grands prêtres, tout perplexes à leur sujet, se demandaient ce que cela pouvait bien signifier. |
25 Survint alors quelqu’un qui leur annonça : « Les hommes que vous avez mis en prison, les voilà qui se tiennent dans le Temple et enseignent le peuple. » |
26 Alors le commandant du Temple partit avec ses hommes et ramena les apôtres, mais sans violence, car ils craignaient le peuple, qui aurait pu les lapider. |
27 Les ayant donc amenés, ils les firent comparaître devant le Sanhédrin. Le grand prêtre les interrogea : |
28 « Nous vous avions formellement interdit d’enseigner en ce nom-là. Or voici que vous avez rempli Jérusalem de votre doctrine ! Vous voulez ainsi faire retomber sur nous le sang de cet homme-là ! » |
29 Pierre répondit alors, avec les apôtres : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. |
30 Le Dieu de nos pères a ressuscité ce Jésus que vous, vous aviez fait mourir en le suspendant au gibet. |
31 C’est lui que Dieu a exalté par sa droite, le faisant Chef et Sauveur, afin d’accorder par lui à Israël la repentance et la rémission des péchés. |
32 Nous sommes témoins de ces choses, nous et l’Esprit Saint que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. » |
En décrivant la vie de la communauté chrétienne primitive, l’auteur sacré attire l’attention sur ces manifestations de la force du Royaume qui devaient être évidentes pour chacun. Guérisons, conversions, libération des possédés du pouvoir des forces ténébreuses : tout cela était bien connu et décrit dans les évangiles ; et aux temps du christianisme primitif, lorsque les évangiles n’étaient pas encore écrits, les récits de ces événements se transmettaient de bouche à oreille. Et voici que maintenant, sous les yeux de beaucoup, quelque chose de semblable se produisait. L’histoire du Royaume dans le monde se poursuivait.
Il y avait aussi quelque chose de plus : sortir de prison à travers une porte fermée, voilà quelque chose de tout à fait incroyable... mais Jésus ressuscité passait Lui aussi à travers les portes fermées, elles n’étaient pas un obstacle pour Lui. Dans un monde non transfiguré, cela est impossible ; dans le Royaume, c’est tout à fait possible. L’auteur du livre décrit précisément ce qui se passe comme se passant dans le Royaume. Ce qui se produit n’est pas la diffusion d’une nouvelle religion à travers Jérusalem et la Judée, mais la diffusion du Royaume en elles. Une diffusion à laquelle, naturellement, chacun réagit à sa manière. À laquelle les autorités religieuses sont elles aussi forcées de réagir d’une façon ou d’une autre : tout ce qui se passe devient trop visible.
Visible et effrayant. Effrayant par son caractère incontrôlable et imprévisible. Par ce qui fait peur à tout pouvoir simplement parce qu’il est pouvoir. Et les autorités religieuses de Judée ne faisaient pas exception : car le pouvoir est toujours pouvoir avant tout, et qu’il soit civil ou religieux est une question secondaire. Ce qui effraie le plus le sommet du Temple et tout le Sanhédrin, c’est la diffusion d’un nouveau nom par lequel on peut être sauvé. Cela se comprend : un nouveau nom sacré signifie une nouvelle voie vers Dieu.
Quelle est cette nouvelle voie ? Qui peut l’emprunter et comment ? Que signifie tout cela pour les anciennes voies ? Les apôtres et tous les membres du nouveau mouvement sont des messianistes évidents et déclarés ; ils parlent sans cesse du Messie, dont le nom équivaut pour eux au nom de Dieu. Ils parlent du Royaume. Qu’est-ce que ce Royaume ? Y a-t-il une place pour le Temple en lui ? Et pour l’ancien sacerdoce ? Ou bien, dans ce nouveau Royaume, tout sera-t-il nouveau : le Temple, le sacerdoce et le culte ? Et qu’en est-il du pouvoir terrestre ?
Toutes ces questions ne laissaient pas en repos le sommet du Temple ni les chefs spirituels de la Synagogue traditionnelle. Si les chefs spirituels du nouveau mouvement avaient préalablement coordonné leur activité avec le Sanhédrin, ou du moins l’en avaient informé, tout aurait été différent. Mais ils ne faisaient rien de tel. Et le Temple comme le Sanhédrin observaient avec tension les nouveaux messianistes. Qui étaient-ils : des alliés ou des concurrents ? Et plus le temps passait, plus il devenait évident, pour le Temple comme pour la Synagogue traditionnelle, que ces nouveaux messianistes ne deviendraient pas leurs alliés.
12 Par les mains des apôtres il se faisait de nombreux signes et prodiges parmi le peuple... Ils se tenaient tous d’un commun accord sous le portique de Salomon, |
13 et personne d’autre n’osait se joindre à eux, mais le peuple célébrait leurs louanges. |
14 Des croyants de plus en plus nombreux s’adjoignaient au Seigneur, une multitude d’hommes et de femmes... |
15 ... à tel point qu’on allait jusqu’à transporter les malades dans les rues et les déposer là sur des lits et des grabats, afin que tout au moins l’ombre de Pierre, à son passage, couvrît l’un d’eux. |
16 La multitude accourait même des villes voisines de Jérusalem, apportant des malades et des gens possédés par des esprits impurs, et tous étaient guéris. |
17 Alors intervint le grand prêtre, avec tous ceux de son entourage, le parti des Sadducéens. Pleins d’animosité, |
18 ils mirent la main sur les apôtres et les jetèrent dans la prison publique. |
19 Mais pendant la nuit l’Ange du Seigneur ouvrit les portes de la prison et, après les avoir conduits dehors, leur dit : |
20 « Allez annoncer hardiment au peuple dans le Temple tout ce qui concerne cette Vie-là. » |
21 Dociles à ces paroles, ils entrèrent au Temple dès le point du jour et se mirent à enseigner. Cependant le grand prêtre arriva avec ceux de son entourage. On convoqua le Sanhédrin et tout le Sénat des Israélites et on fit chercher les apôtres à la prison. |
22 Mais les satellites, rendus sur place, ne les trouvèrent pas dans la prison. Ils revinrent donc annoncer : |
23 « Nous avons trouvé la prison soigneusement fermée et les gardes en faction aux portes. Mais quand nous avons ouvert, nous n’avons trouvé personne à l’intérieur. » |
24 À cette nouvelle, le commandant du Temple et les grands prêtres, tout perplexes à leur sujet, se demandaient ce que cela pouvait bien signifier. |
25 Survint alors quelqu’un qui leur annonça : « Les hommes que vous avez mis en prison, les voilà qui se tiennent dans le Temple et enseignent le peuple. » |
26 Alors le commandant du Temple partit avec ses hommes et ramena les apôtres, mais sans violence, car ils craignaient le peuple, qui aurait pu les lapider. |
27 Les ayant donc amenés, ils les firent comparaître devant le Sanhédrin. Le grand prêtre les interrogea : |
28 « Nous vous avions formellement interdit d’enseigner en ce nom-là. Or voici que vous avez rempli Jérusalem de votre doctrine ! Vous voulez ainsi faire retomber sur nous le sang de cet homme-là ! » |
29 Pierre répondit alors, avec les apôtres : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. |
30 Le Dieu de nos pères a ressuscité ce Jésus que vous, vous aviez fait mourir en le suspendant au gibet. |
31 C’est lui que Dieu a exalté par sa droite, le faisant Chef et Sauveur, afin d’accorder par lui à Israël la repentance et la rémission des péchés. |
32 Nous sommes témoins de ces choses, nous et l’Esprit Saint que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. » |
La présence des frères sous le portique de Salomon, au Temple, témoigne de ce qu'ils observaient la loi de Moïse et poursuivaient la tradition de l'Ancien Testament, bien que leurs adversaires leur reprochent le contraire. Mais il est aussitôt mentionné qu'aucune personne extérieure n'osait se joindre à eux, ce qui indique que les disciples du Christ commençaient à se constituer en communauté particulière, distincte des Juifs. Un double mouvement s'amorçait : les chrétiens se séparaient des Juifs tout en conservant les traditions de l'Ancien Testament, vues d'un regard nouveau à la lumière de l'Évangile.
Les adversaires tentent à nouveau de faire cesser la prédication apostolique ; les sadducéens, ces « rationalistes », agissent de concert avec le grand prêtre. En général, les persécuteurs se soucient peu des mots d'ordre sous lesquels ils éliminent un enseignement indésirable. Mais il est révélateur que même des adversaires aussi acharnés que les pharisiens et les sadducéens puissent s'unir et devenir « amis contre » quelqu'un. Cette fois, toutefois, la raison donnée pour l'arrestation est la jalousie, ce qui montre déjà qu'il ne s'agit pas d'un débat de principe, mais d'une hostilité mesquine. Cela signifie aussi que les accusateurs sont désormais encore plus partiaux que la première fois.
L'ange a libéré les prisonniers non pour qu'ils se cachent : il les envoie au Temple poursuivre leur prédication. Celle-ci se poursuit même lors du nouvel interrogatoire devant le Sanhédrin. Les disciples du Christ ne se dispersent plus ; l'Esprit Saint leur a donné la possibilité de tenir bon.
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