42 Ainsi en va-t-il de la résurrection des morts: on est semé dans la corruption, on ressuscite dans l'incorruptibilité;
43 on est semé dans l'ignominie, on ressuscite dans la gloire; on est semé dans la faiblesse, on ressuscite dans la force;
44 on est semé corps psychique, on ressuscite corps spirituel. S'il y a un corps psychique, il y a aussi un corps spirituel.
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Lorsque Paul parle de la résurrection, il ne parle pas du tout de l'immortalité de l'âme ni d'une quelconque autre immortalité partielle. En réalité, l'idée de l'immortalité de l'âme n'avait alors rien de nouveau : les Égyptiens en parlaient, les Grecs aussi, à leur manière et un peu autrement les Indiens, et chez d'autres peuples encore, même s'il n'existait pas de doctrine développée de l'immortalité de l'âme, il y avait pourtant une représentation vague selon laquelle l'homme ne meurt pas tout entier ni complètement, et que le monde des ombres n'est peut-être pas le seul destin possible de ceux qui ont quitté le monde des vivants.
Mais dans toute représentation de ce genre était toujours présente l'idée d'une certaine existence résiduelle de l'homme. La mort était conçue comme une catastrophe inévitable de l'homme dans son état présent, comme la perte d'une partie de la personne humaine, avec cependant la conservation de son noyau, de sorte que l'homme ne perd ni la mémoire ni la conscience de soi.
C'est précisément ce qui distinguait toutes les représentations de l'immortalité de l'âme existant dans l'Antiquité des représentations plus anciennes du monde des ombres : là, dans le monde des ombres, l'homme perdait justement la mémoire de la vie terrestre, et la conscience de soi n'y brillait qu'à peine. Les représentations d'un principe personnel immortel étaient liées à l'espérance de la continuation de la vie après la mort du corps, d'une immortalité certes réduite, mais tout de même immortalité, et de plus personnelle, dans laquelle l'homme, même privé de corps, demeure pourtant lui-même dans l'essentiel.
Paul, lui, a en vue quelque chose de plus. Il ne parle pas de conserver quelque chose de la personne humaine afin que ce reste vive éternellement, mais précisément d'une vie pleine, d'une vie dans le corps, celle à laquelle l'homme est appelé dès le commencement, car Dieu a créé l'homme dans l'unité de l'esprit et de la nature, de l'âme et du corps.
Bien plus : il s'agit non seulement de conserver l'homme, mais aussi de le transfigurer, de changer qualitativement la nature humaine sous l'action du souffle du Royaume à mesure que l'homme entre toujours davantage dans sa vie. Il ne s'agit déjà plus d'un après-mort, mais de la plénitude de la vie, telle que, par comparaison, notre existence actuelle pourrait être appelée une pré-vie. Et le commencement du mouvement vers cette plénitude est lié à l'entrée de l'homme dans l'Église et à la première expérience du Royaume que le chrétien reçoit au moment de cette entrée.
Mais le commencement n'est pas encore la fin ; le chemin du chrétien ne se limite pas à sa seule étape terrestre. À proprement parler, en ce qui concerne le Royaume, on peut à peine parler d'après-mort au sens préchrétien du terme : il inclut en effet la vie et le chemin du chrétien tout entiers, à toutes leurs étapes, aussi bien l'actuelle que toutes les suivantes. C'est cette vie unique que l'apôtre a en vue lorsqu'il parle du corps naturel, « psychique », et du corps spirituel. La plénitude de la vie, naturelle et spirituelle, et non l'immortalité de l'âme, voilà ce qui nous attend au bout du chemin. Ce chemin que l'apôtre ne cesse de rappeler aux destinataires de sa lettre.
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