35 Ne perdez donc pas votre assurance ; elle a une grande et juste récompense.
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On a beaucoup dit et écrit sur le courage au cours de la longue histoire de l’humanité. Mais qu’est-ce que le courage du point de vue spirituel ? Et pourquoi est-il si important ? Pour répondre à cette question, il faut se rappeler autre chose, ce qui constitue le fondement de la vie spirituelle : la fidélité. Ce n’est pas un hasard si la Bible lie précisément à elle les relations entre Dieu et l’homme, entre Dieu et le peuple de Dieu. Dans la traduction russe, la fidélité est parfois appelée foi, mais dans la plupart des cas le mot grec ou hébreu correspondant désigne précisément la fidélité, ainsi que la confiance.
Mais si la fidélité joue un rôle clé dans les relations entre Dieu et l’homme, alors on peut en dire autant de la constance, sans laquelle il ne saurait être question de fidélité. Et la constance, à son tour, est impensable sans courage. Bien sûr, si nous avions à vivre dans un monde qui ne connaît pas le mal, tout serait peut-être autrement. Il est tout à fait possible qu’un tel monde ne connaisse même pas une notion comme le courage. Mais nous vivons, hélas, dans un monde atteint par le péché et gisant dans le mal. Or un tel monde, ou plutôt les forces du mal qui y agissent, n’a pas besoin de constance. D’aucune sorte et en rien.
L’expression « constance dans le mal » n’est en fait qu’une belle phrase qui ne signifie rien. Elle ne signifie pas plus que, par exemple, l’expression « dévaler de toutes ses forces une pente ». Pour faire le mal, il n’est besoin ni de recueillement spirituel ni de persévérance. Bien sûr, chacun pourrait citer de grands hommes dotés d’une forte volonté et d’autres qualités, qui se manifestaient aussi lorsqu’ils accomplissaient des actes mauvais. Mais ces qualités, ils ne les ont pas reçues du diable ni des forces obscures. Elles ont été placées en eux par Dieu, qui leur a donné la liberté, comme à tout autre. Et ils ont abusé de cette liberté, si bien que le don de Dieu est devenu en eux une force sombre et mauvaise. La force vient de Dieu ; le mal vient du refus de l’orienter vers l’œuvre de Dieu.
Au fond, pour faire le mal, il suffit de ne rien faire et de laisser d’autres utiliser ses talents et ses capacités reçus de Dieu ; tandis que pour ne pas faire le mal, il faut s’opposer et résister à ceux qui voudraient se servir de dons qui ne leur appartiennent pas. Dans le monde déchu, il faut défendre le don de Dieu, tout comme il faut y défendre sa fidélité à Dieu. Et le courage, c’est précisément la fidélité qui s’oppose aux forces du mal. Une fidélité qui, sans cette opposition, cesse d’être elle-même.
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