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RÉFLEXIONS pour Tt 2:1-15

Pour toi, enseigne ce qui est conforme à la saine doctrine.
Que les vieillards soient sobres, dignes, pondérés, robustes dans la foi, la charité, la constance.
Que pareillement les fem-mes âgées aient le comportement qui sied à des saintes : ni médisantes, ni adonnées au vin, mais de bon conseil ;
ainsi elles apprendront aux jeunes femmes à aimer leur mari et leurs enfants,
à être réservées, chastes, femmes d'intérieur, bonnes, soumises à leur mari, en sorte que la parole de Dieu ne soit pas blasphémée.
Exhorte également les jeunes gens à garder en tout la pondération,
offrant en ta personne un exemple de bonne conduite: pureté de doctrine, dignité,
enseignement sain, irréprochable, afin que l'adversaire, ne pouvant dire aucun mal de nous, soit rempli de confusion.
Que les esclaves soient soumis en tout à leurs maîtres, cherchant à leur donner satisfaction, évitant de les contredire,
10 ne commettant aucune indélicatesse, se montrant au contraire d'une parfaite fidélité : ainsi feront-ils honneur en tout à la doctrine de Dieu notre Sauveur.
11 Car la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, s'est manifestée,
12 nous enseignant à renoncer à l'impiété et aux convoitises de ce monde, pour vivre en ce siècle présent dans la réserve, la justice et la piété,
13 attendant la bien-heureuse espérance et l'Apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, le Christ Jésus
14 qui s'est livré pour nous afin de nous racheter de toute iniquité et de purifier un peuple qui lui appartienne en propre, zélé pour le bien.
15 C'est ainsi que tu dois parler, exhorter, reprendre avec une autorité entière. Que personne ne te méprise.
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En lisant dans les épîtres de Paul ce qu’il propose aux chrétiens comme manière de vivre, on ne peut manquer de penser à la littérature des sages, dont on trouve sans peine des exemples, par exemple, dans le Livre des Proverbes. L’appel à la chasteté, à la responsabilité dans les affaires domestiques, au respect des anciens (v. 1–6) n’avait rien de nouveau. On pouvait, en un certain sens, considérer comme nouveau l’appel adressé aux esclaves à se soumettre à leurs maîtres non par crainte, mais par conscience (v. 9–10), appel qui, dans l’épître à Tite, n’apparaît déjà pas pour la première fois. Cela, d’ailleurs, n’a rien d’étonnant : l’ancien Israël n’a jamais connu l’esclavage de masse qui caractérisait l’Égypte, la Grèce ou Rome. Mais l’apôtre, de toute évidence, transpose aux réalités du monde gréco-romain les principes des relations sociales reflétés dans la tradition de la littérature des sages. Il considère manifestement comme assez universelles, sinon les recommandations mêmes des sages anciens, du moins la logique qui les a produites.

Bien sûr, de tels appels et exhortations étaient liés, et non de manière secondaire, au messianisme politique, qui était alors largement répandu dans la Synagogue, pénétrant sans doute aussi dans le milieu ecclésial, avant tout, naturellement, dans le milieu judéo-chrétien, qui déterminait alors largement la vie de l’Église dans son ensemble. Paul, quant à lui, était un adversaire résolu de ce type d’idées et de représentations. Et, de toute évidence, pas seulement parce que le messianisme politique était pour lui un messianisme manifestement faux, qui ne pouvait mener à rien d’autre qu’à des révoltes absurdes et aux répressions qui s’ensuivaient. L’essentiel était ailleurs : l’apôtre n’oubliait jamais les paroles du Sauveur selon lesquelles Son Royaume « n’est pas de ce monde ». Les réformes sociales, la lutte politique ou les révoltes ne pouvaient pas, par elles-mêmes, rapprocher le triomphe du Royaume, ce que l’apôtre savait parfaitement. Pour Paul, la société n’était qu’un moyen et un milieu : un moyen de témoigner du Royaume et un milieu dans lequel les témoins doivent vivre temporairement, jusqu’à la transfiguration complète du monde. Et il veut que ce milieu entrave le moins possible l’accomplissement de la tâche principale des chrétiens : leur propre maturation spirituelle et le témoignage (v. 11–14), en quoi consiste le sens de la vie chrétienne.

Autres réflexions

 
Pour Tt 2:1-15
Pour toi, enseigne ce qui est conforme à la saine doctrine.
Que les vieillards soient sobres, dignes, pondérés, robustes dans la foi, la charité, la constance.
Que pareillement les fem-mes âgées aient le comportement qui sied à des saintes : ni médisantes, ni adonnées au vin, mais de bon conseil ;
ainsi elles apprendront aux jeunes femmes à aimer leur mari et leurs enfants,
à être réservées, chastes, femmes d'intérieur, bonnes, soumises à leur mari, en sorte que la parole de Dieu ne soit pas blasphémée.
Exhorte également les jeunes gens à garder en tout la pondération,
offrant en ta personne un exemple de bonne conduite: pureté de doctrine, dignité,
enseignement sain, irréprochable, afin que l'adversaire, ne pouvant dire aucun mal de nous, soit rempli de confusion.
Que les esclaves soient soumis en tout à leurs maîtres, cherchant à leur donner satisfaction, évitant de les contredire,
10 ne commettant aucune indélicatesse, se montrant au contraire d'une parfaite fidélité : ainsi feront-ils honneur en tout à la doctrine de Dieu notre Sauveur.
11 Car la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, s'est manifestée,
12 nous enseignant à renoncer à l'impiété et aux convoitises de ce monde, pour vivre en ce siècle présent dans la réserve, la justice et la piété,
13 attendant la bien-heureuse espérance et l'Apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, le Christ Jésus
14 qui s'est livré pour nous afin de nous racheter de toute iniquité et de purifier un peuple qui lui appartienne en propre, zélé pour le bien.
15 C'est ainsi que tu dois parler, exhorter, reprendre avec une autorité entière. Que personne ne te méprise.
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On raconte qu’à l’époque soviétique, lorsque la propagande religieuse était un délit et que la fréquentation d’une église pouvait au minimum...  Lire la suite

On raconte qu’à l’époque soviétique, lorsque la propagande religieuse était un délit et que la fréquentation d’une église pouvait au minimum vous faire perdre votre emploi, quelqu’un proposait ce petit test : « Si vos collègues apprennent que vous êtes croyant, pensez-vous que ce sera de la propagande religieuse ou antireligieuse ? » Voilà ce dont parle l’apôtre Paul dans sa lettre à Tite. Il n’existe qu’un seul moyen de s’opposer à la propagande antireligieuse, une seule manière efficace d’évangéliser : notre vie dans le Christ. Si l’on peut dire de nous : « Ils sont comme tout le monde, mais en pire, parce qu’ils sont hypocrites », cela signifie hélas que notre vie s’est transformée en propagande antireligieuse.

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Pour Tt 2:1
Pour toi, enseigne ce qui est conforme à la saine doctrine.
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Paul oppose au strict formalisme religieux sur lequel insistaient certains « maîtres » de l'Église ce qui peut paraître de simples règles...  Lire la suite

Paul oppose au strict formalisme religieux sur lequel insistaient certains « maîtres » de l'Église ce qui peut paraître de simples règles morales. Pourtant, dans ces règles simples se trouve l'essence de la Torah, et avant tout de la Torah extérieure. Il s'agit de l'observation la plus ordinaire des commandements, sans religiosité particulière, sans la multitude de normes et de règles de pureté rituelle qui perdent leur actualité pour l'habitant du Royaume: dans le Royaume, la division yahviste traditionnelle, et juive, entre pur et impur devient sans pertinence, car là tout est pur.

Mais si l'on va plus loin, il apparaît que l'observation des commandements, même purement extérieure, suppose une certaine dynamique de relations avec les personnes les plus diverses, et que ces relations doivent être construites consciemment, non simplement en suivant des automatismes socialement conditionnés. Ce n'est pas par hasard que l'apôtre mentionne ensuite non seulement les communautés ecclésiales les plus problématiques, les « anciens » et les « anciennes », mais aussi les esclaves dans leur rapport à leurs maîtres. Le point commun est ici une sorte de « naturalité » du statut, aussi bien des « anciens » et des « anciennes » de l'Église que des esclaves. En effet, beaucoup de ces « anciens » et « anciennes » que Paul mentionne voyaient sans doute leur position dans l'Église non comme un ministère consciemment choisi, mais comme une situation qui s'était formée d'elle-même.

Beaucoup d'entre eux sont sans doute devenus « anciens » et « anciennes » non parce qu'ils avaient pris conscience de leur vocation aux ministères correspondants, mais parce qu'à un âge avancé ils n'avaient nulle part où aller, et que toute leur vie se trouvait liée à l'Église: ainsi soit-il, la voie directe menait donc aux « anciens » ou aux « anciennes ». Un peu comme au Moyen Âge on entrait au monastère, surtout les jeunes filles et les femmes, non parce qu'on avait pris conscience de sa vocation monastique, mais parce que la vie n'avait pas réussi et qu'aucune autre alternative ne se dessinait.

Un tel automatisme détruit spirituellement l'homme: car la place où il s'est retrouvé suppose précisément un ministère conscient, et quand il n'y a pas de conscience, donc pas de ministère à part entière, commence la dégradation spirituelle inévitable d'un tel « serviteur ». Mais de la même manière, même si c'est peut-être plus lentement, l'homme se dégrade aussi dans la société s'il n'a pas conscience de lui-même et de ses relations avec les personnes avec lesquelles il doit communiquer. L'automatisme social ne vaut pas mieux que l'automatisme « spirituel », même s'il paraît au premier regard moins dangereux. Voilà les automatismes dont Paul met Tite en garde, les considérant comme un problème bien plus grand que le manque de religiosité chez les membres de l'Église.

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Pour Tt 2:11
11 Car la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, s'est manifestée,
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Tout homme veut recevoir de Dieu quelque chose de bon, et le demande d'ordinaire. Autrement dit, il demande la grâce, car le mot « grâce » signifie un « bon don »...  Lire la suite

Tout homme veut recevoir de Dieu quelque chose de bon, et le demande d'ordinaire. Autrement dit, il demande la grâce, car le mot « grâce » signifie un « bon don ». L'apôtre Paul écrit que Dieu a déjà donné ce bon don qui est le sien : il a donné son Fils, ce qu'il a de meilleur ! Et le Fils a accompli le bien principal dont nous avons besoin, même si nous n'en avons pas conscience : le salut. C'est la libération de l'inertie du mal et du péché dans notre vie ; c'est le remplissage de la vie par la bonté et l'amour. Et ce bien a été étendu à « tous les hommes ». Pourquoi donc, pendant les deux mille ans qui ont suivi la venue du Christ, y a-t-il eu tant de ténèbres, de douleur et d'horreur dans le monde ? La grâce de Dieu est-elle apparue ou non ?

Elle est bien apparue, mais dans quelle mesure a-t-elle été reçue... La Lumière est venue dans le monde, mais les hommes ont aimé les ténèbres. Tous les hommes ? Grâce à Dieu, non ! Et ces deux mille ans ont donné des exemples saisissants de sainteté. Notre tâche n'est pas de regarder comment s'en sortent les autres, mais de recevoir encore et encore la grâce qui nous est offerte, la main tendue du Christ, qui désire et est prêt à nous tirer du marécage du péché et de la mort qui nous engloutit.

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Pour Tt 2:11
11 Car la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, s'est manifestée,
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La grâce est déjà là, avec chacun; il ne reste qu'à consentir à l'accueillir. C'est le premier pas, et le plus difficile, parce qu'en le faisant nous acceptons de reconnaître...  Lire la suite

La grâce est déjà là, avec chacun; il ne reste qu'à consentir à l'accueillir. C'est le premier pas, et le plus difficile, parce qu'en le faisant nous acceptons de reconnaître plusieurs faits dérangeants. Premièrement, Dieu est venu à nous Lui-même. Il est déjà près de nous et, en reconnaissant la réalité de Sa présence, nous reconnaissons que nous avons passé un temps inadmissiblement long à nous tromper nous-mêmes, en essayant de ne pas le remarquer. Deuxièmement, nous reconnaissons notre faiblesse et notre infirmité, notre incapacité à sortir nous-mêmes de l'ombre de la mort. Nous reconnaissons notre dépendance envers la Source de la Vie, la primauté de Dieu en tout et sur tous. Troisièmement, il nous faut reconnaître que le salut est donné à chacun, sans aucune exception. Même si nous avons notre propre liste de ceux à qui il faudrait refuser ou donner en premier, il faut reconnaître qu'il est proposé à chacun de choisir le salut. Ces trois faits rendent la vie très inconfortable et désagréable si nous voulons ne pas en tenir compte. Cette possibilité existe pour nous, mais avons-nous le désir de revenir à une existence où il n'y a pas de place pour la grâce et la miséricorde?

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Pour Tt 1:15-2:10
15 Tout est pur pour les purs. Mais pour ceux qui sont souillés et qui n'ont pas la foi, rien n'est pur. Leur esprit même et leur conscience sont souillés.
16 Ils font profession de connaître Dieu, mais, par leur conduite, ils le renient : être abominables, rebelles, incapables d'aucun bien.
Pour toi, enseigne ce qui est conforme à la saine doctrine.
Que les vieillards soient sobres, dignes, pondérés, robustes dans la foi, la charité, la constance.
Que pareillement les fem-mes âgées aient le comportement qui sied à des saintes : ni médisantes, ni adonnées au vin, mais de bon conseil ;
ainsi elles apprendront aux jeunes femmes à aimer leur mari et leurs enfants,
à être réservées, chastes, femmes d'intérieur, bonnes, soumises à leur mari, en sorte que la parole de Dieu ne soit pas blasphémée.
Exhorte également les jeunes gens à garder en tout la pondération,
offrant en ta personne un exemple de bonne conduite: pureté de doctrine, dignité,
enseignement sain, irréprochable, afin que l'adversaire, ne pouvant dire aucun mal de nous, soit rempli de confusion.
Que les esclaves soient soumis en tout à leurs maîtres, cherchant à leur donner satisfaction, évitant de les contredire,
10 ne commettant aucune indélicatesse, se montrant au contraire d'une parfaite fidélité : ainsi feront-ils honneur en tout à la doctrine de Dieu notre Sauveur.
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Nous aimons beaucoup le Christ, et souvent, à cause de cet amour, nous avons beaucoup de peine pour Lui dans Ses souffrances ; nous voudrions tant...  Lire la suite

Nous aimons beaucoup le Christ, et souvent, à cause de cet amour, nous avons beaucoup de peine pour Lui dans Ses souffrances ; nous voudrions tant que, par quelque miracle, Il les évite. En cela, nous ressemblons un peu à Pierre lorsqu’il disait : « Cela ne T’arrivera pas » (Mt 16:22) ; seulement nous nous écrions : si seulement Tu pouvais éviter une telle souffrance ! Et il nous semble, en ces instants, qu’il aurait suffi d’arrêter Judas pour que rien n’arrive. Judas devient l’objet de notre sentiment involontairement vengeur.

Mais nous ne devons pas oublier l’essentiel. La souffrance du Christ fut volontaire. Dans tout le drame, Judas ne jouait aucun rôle décisif ; il était simplement une victime, victime de sa faiblesse. Il est donc faux de voir en lui l’incarnation du mal mondial ou quelque chose de semblable. Si Judas n’avait pas été là, tout se serait déroulé selon un autre scénario, mais le sens de la Rédemption, comme plus grand événement de l’histoire de l’humanité, n’en aurait pas changé.

Une autre question, souvent soulevée à propos de Judas, concerne la liberté de sa volonté. N’était-il pas un simple instrument entre les mains de la providence ? Car le Christ dit qu’il était « le fils de perdition, afin que l’Écriture soit accomplie » (Jn 17:12). Bien sûr, il n’en est pas ainsi non plus. Jamais l’homme n’est un simple instrument entre les mains de Dieu ; pour Lui, chaque personne qu’Il a créée « à Son image et à Sa ressemblance » est trop précieuse. Certains exégètes pensent que, lorsque le Christ trempa le morceau et le donna à Judas, Il ne le fit pas pour étonner les disciples par Son omniscience, mais pour donner à Judas une chance de revenir à lui, car la conversation se déroulait à voix basse, comme on le verra si nous lisons attentivement le texte (Jn 13:26).

De plus, Judas pouvait, comme Pierre, se repentir. Mais se repentir précisément comme Pierre, en produisant un fruit digne du repentir. C’est justement cela que Judas ne parvient pas à faire. Et cela le rend très digne de pitié. La pitié, voilà le sentiment qui doit naître en nous à l’égard de cet homme.

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