Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour 2Tm 3:14-4:5

14 Pour toi, tiens-toi à ce que tu as appris et dont tu as acquis la certitude. Tu sais de quels maîtres tu le tiens;
15 et c'est depuis ton plus jeune âge que tu connais les saintes Lettres. Elles sont à même de te procurer la sagesse qui conduit au salut par la foi dans le Christ Jésus.
16 Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, réfuter, redresser, former à la justice:
17 ainsi l'homme de Dieu se trouve-t-il accompli, équipé pour toute œuvre bonne.
Je t'adjure devant Dieu et devant le Christ Jésus, qui doit juger les vivants et les morts, au nom de son Apparition et de son Règne:
proclame la parole, insiste à temps et à contretemps, réfute, menace, exhorte, avec une patience inlassable et le souci d'instruire.
Car un temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais au contraire, au gré de leurs passions et l'oreille les démangeant, ils se donneront des maîtres en quantité
et détourneront l'oreille de la vérité pour se tourner vers les fables.
Pour toi, sois prudent en tout, supporte l'épreuve, fais œuvre de prédicateur de l'Évangile, acquitte-toi à la perfection de ton ministère.
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Nous nous plaignons souvent aujourd'hui que l'Église, dit-on, s'est corrompue : autrefois il y avait la foi et la compréhension des bases de la vie spirituelle, tandis qu'aujourd'hui, prétend-on, on ne trouve plus rien de tel. Pourtant, les épîtres de Paul réfutent ce mythe ecclésial très répandu. La situation dans l'Église n'a jamais été idéale, et dans les différentes églises elle était non idéale de façons différentes.

Mais il y avait aussi quelque chose de commun, et ce commun avait une racine spirituelle unique. L'apôtre la définit clairement et brièvement : la recherche de « maîtres » qui « flattent l'oreille », qui disent aux gens ce qu'ils veulent entendre. Et souvent (et aux premiers temps chrétiens, le plus souvent), il s'agissait de la compréhension de la Bible, des livres sacrés. Paul ne dit pas par hasard que toute la sainte Écriture est inspirée de Dieu, tout entière, et qu'elle est donc tout entière « utile pour enseigner ».

Mais on ne peut apprendre quelque chose de l'Écriture que lorsqu'on la reçoit telle qu'elle est, et dans toute la plénitude accessible à ce moment. Le maître-rabbin pouvait ici apporter une grande aide : il n'expliquait pas seulement le sens de tel ou tel texte, comme le font les commentateurs modernes ; il aidait aussi l'homme à travailler avec le texte. Ou plutôt, il aidait l'homme à s'approcher du texte de telle manière que le texte puisse travailler avec lui, avec son lecteur.

Car derrière tout texte inspiré de Dieu se tient Celui qui en est le véritable Auteur, et le sens de la lecture de la Bible comme Écriture sainte consiste précisément à permettre à l'Auteur, à travers ce texte dans chaque cas tout à fait concret, de travailler avec soi. Une telle lecture supposait une certaine aptitude, et dans cette aptitude, il y avait moins que tout ce que nous aimons souvent aujourd'hui et que l'on pourrait appeler le principe « moi et la Bible », ou même « moi dans la Bible » : mes pensées, mes sentiments, mes émotions, mes expériences à propos de tel ou tel passage.

Or la réception adéquate du texte sacré n'est possible que lorsque fonctionne le principe « la Bible en moi » : il n'y a déjà plus de place pour ma réflexion, peu importe qu'elle soit intellectuelle ou émotionnelle ; il n'y a que le silence intérieur, dans lequel résonne le texte de l'Écriture devenu parole de Dieu adressée à moi. La pratique d'une telle lecture était connue de la Synagogue comme de l'Église, bien que dans l'Église elle se soit, avec le temps, presque entièrement retirée dans les monastères.

Une telle lecture était un exercice spirituel précieux qui, avec la prière intérieure et une vie consciente, aidait l'homme à faire croître en lui cet axe spirituel que l'on appelait en ces temps-là la Torah intérieure. Mais c'était un travail spirituel assez tendu et pas toujours agréable, auquel tout le monde était loin de vouloir se consacrer. Celui qui ne le voulait pas cherchait donc pour lui un « maître » prêt à « réfléchir » et à « éprouver » avec lui, tournoyant avec son disciple devant les miroirs intérieurs de sa propre réflexion.

Il ne pouvait évidemment être question ici d'aucun travail spirituel, mais ce genre de passe-temps était agréable pour qui l'aimait, et il pouvait facilement être présenté, à soi-même et aux autres, comme une « étude de l'Écriture » et comme une « vie spirituelle ». C'est contre cette profanation de la véritable connaissance de la sainte Écriture que Paul met en garde son disciple, pour qui cela était particulièrement actuel : Timothée, à en juger par tout ce que nous savons de lui dans les épîtres de Paul, était justement un maître-rabbin, et la tentation de devenir un « maître qui flatte l'oreille » était pour lui tout à fait réelle.

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