1 Puis toute l'assemblée se leva, et ils l'amenèrent devant Pilate. |
2 Ils se mirent alors à l'accuser, en disant : " Nous avons trouvé cet homme mettant le trouble dans notre nation, empêchant de payer les impôts à César et se disant Christ Roi. " |
3 Pilate l'interrogea en disant : " Tu es le roi des Juifs ? " - " Tu le dis ", lui répondit-il. |
4 Pilate dit alors aux grands prêtres et aux foules : " Je ne trouve en cet homme aucun motif de condamnation. " |
5 Mais eux d'insister en disant : " Il soulève le peuple, enseignant par toute la Judée, depuis la Galilée, où il a commencé, jusqu'ici. " |
6 À ces mots, Pilate demanda si l'homme était Galiléen. |
7 Et s'étant assuré qu'il était de la juridiction d'Hérode, il le renvoya à Hérode qui se trouvait, lui aussi, à Jérusalem en ces jours-là. |
8 Hérode, en voyant Jésus, fut tout joyeux; car depuis assez longtemps il désirait le voir, pour ce qu'il entendait dire de lui; et il espérait lui voir faire quelque miracle. |
9 Il l'interrogea donc avec force paroles, mais il ne lui répondit rien. |
10 Cependant les grands prêtres et les scribes se tenaient là, l'accusant avec véhémence. |
11 Après l'avoir, ainsi que ses gardes, traité avec mépris et bafoué, Hérode le revêtit d'un habit splendide et le renvoya à Pilate. |
12 Et, ce même jour, Hérode et Pilate devinrent deux amis, d'ennemis qu'ils étaient auparavant. |
13 Ayant convoqué les grands prêtres, les chefs et le peuple, Pilate |
14 leur dit : " Vous m'avez présenté cet homme comme détournant le peuple, et voici que moi je l'ai interrogé devant vous, et je n'ai trouvé en cet homme aucun motif de condamnation pour ce dont vous l'accusez. |
15 Hérode non plus d'ailleurs, puisqu'il l'a renvoyé devant nous. Vous le voyez; cet homme n'a rien fait qui mérite la mort. |
16 Je le relâcherai donc, après l'avoir châtié. " [ |
17 ] |
18 Mais eux se mirent à pousser des cris tous ensemble : " A mort cet homme ! Et relâche-nous Barabbas. " |
19 Ce dernier avait été jeté en prison pour une sédition survenue dans la ville et pour meurtre. |
20 De nouveau Pilate, qui voulait relâcher Jésus, leur adressa la parole. |
21 Mais eux répondaient en criant : " Crucifie-le ! crucifie-le ! " |
22 Pour la troisième fois, il leur dit : " Quel mal a donc fait cet homme ? Je n'ai trouvé en lui aucun motif de condamnation à mort ; je le relâcherai donc, après l'avoir châtié. " |
23 Mais eux insistaient à grands cris, demandant qu'il fût crucifié; et leurs clameurs gagnaient en violence. |
24 Et Pilate prononça qu'il fût fait droit à leur demande. |
25 Il relâcha celui qui avait été jeté en prison pour sédition et meurtre, celui qu'ils réclamaient. Quant à Jésus, il le livra à leur bon plaisir. |
Tout récemment, nous avons vu que le Christ ne s'oppose pas au paiement des impôts à César, et voilà que de faux témoins L'accusent précisément d'interdire de payer l'impôt. Les accusateurs eux-mêmes ne sont nullement des admirateurs du pouvoir romain ; ils qualifient de crime et attribuent au Christ les actes qu'eux-mêmes seraient heureux d'accomplir. Les extrêmes, comme cela arrive souvent, se rejoignent, et ceux qui se présentent comme patriotes et zélateurs de la foi des pères sont prêts à livrer aux occupants païens, pour qu'ils le châtient, un compatriote qui les dérange.
Selon le témoignage de l'évangéliste, ce jour-là Pilate et Hérode devinrent amis l'un avec l'autre. Il est étrange d'entendre parler de l'amitié de gouvernants habitués à se laisser guider par d'autres principes que les sympathies personnelles. Tout aussi étrange paraît une amitié née au moment où s'accomplit un méfait. Mais peut-être, même dans leur réconciliation, l'action bienfaisante de Jésus s'est-elle manifestée ? Car l'hostilité des gouvernants retombe sur leurs sujets en sang versé et en privations...
Pilate agit selon la « volonté du peuple ». Cela seul suffirait pour que les chrétiens se gardent d'employer le proverbe païen : « la voix du peuple est la voix de Dieu ». Hélas, ils ne s'en gardent pas, et jusqu'à présent toute superstition et toute fausse représentation insiste sur sa vérité en s'appuyant sur le grand nombre de ceux qui la partagent. Ceux qui voient la vérité doivent souvent la défendre en minorité. Mais il ne faut pas en avoir peur : la Vérité elle-même, qui sait ce que c'est que d'être en minorité, est notre appui.
1 Puis toute l'assemblée se leva, et ils l'amenèrent devant Pilate. |
2 Ils se mirent alors à l'accuser, en disant : " Nous avons trouvé cet homme mettant le trouble dans notre nation, empêchant de payer les impôts à César et se disant Christ Roi. " |
3 Pilate l'interrogea en disant : " Tu es le roi des Juifs ? " - " Tu le dis ", lui répondit-il. |
4 Pilate dit alors aux grands prêtres et aux foules : " Je ne trouve en cet homme aucun motif de condamnation. " |
5 Mais eux d'insister en disant : " Il soulève le peuple, enseignant par toute la Judée, depuis la Galilée, où il a commencé, jusqu'ici. " |
6 À ces mots, Pilate demanda si l'homme était Galiléen. |
7 Et s'étant assuré qu'il était de la juridiction d'Hérode, il le renvoya à Hérode qui se trouvait, lui aussi, à Jérusalem en ces jours-là. |
8 Hérode, en voyant Jésus, fut tout joyeux; car depuis assez longtemps il désirait le voir, pour ce qu'il entendait dire de lui; et il espérait lui voir faire quelque miracle. |
9 Il l'interrogea donc avec force paroles, mais il ne lui répondit rien. |
10 Cependant les grands prêtres et les scribes se tenaient là, l'accusant avec véhémence. |
11 Après l'avoir, ainsi que ses gardes, traité avec mépris et bafoué, Hérode le revêtit d'un habit splendide et le renvoya à Pilate. |
12 Et, ce même jour, Hérode et Pilate devinrent deux amis, d'ennemis qu'ils étaient auparavant. |
13 Ayant convoqué les grands prêtres, les chefs et le peuple, Pilate |
14 leur dit : " Vous m'avez présenté cet homme comme détournant le peuple, et voici que moi je l'ai interrogé devant vous, et je n'ai trouvé en cet homme aucun motif de condamnation pour ce dont vous l'accusez. |
15 Hérode non plus d'ailleurs, puisqu'il l'a renvoyé devant nous. Vous le voyez; cet homme n'a rien fait qui mérite la mort. |
16 Je le relâcherai donc, après l'avoir châtié. " [ |
17 ] |
18 Mais eux se mirent à pousser des cris tous ensemble : " A mort cet homme ! Et relâche-nous Barabbas. " |
19 Ce dernier avait été jeté en prison pour une sédition survenue dans la ville et pour meurtre. |
20 De nouveau Pilate, qui voulait relâcher Jésus, leur adressa la parole. |
21 Mais eux répondaient en criant : " Crucifie-le ! crucifie-le ! " |
22 Pour la troisième fois, il leur dit : " Quel mal a donc fait cet homme ? Je n'ai trouvé en lui aucun motif de condamnation à mort ; je le relâcherai donc, après l'avoir châtié. " |
23 Mais eux insistaient à grands cris, demandant qu'il fût crucifié; et leurs clameurs gagnaient en violence. |
24 Et Pilate prononça qu'il fût fait droit à leur demande. |
25 Il relâcha celui qui avait été jeté en prison pour sédition et meurtre, celui qu'ils réclamaient. Quant à Jésus, il le livra à leur bon plaisir. |
Lorsqu'il est question de meurtre, ouvert ou «légal», on a souvent affaire non seulement à des meurtriers actifs, mais aussi à des meurtriers, pour ainsi dire, passifs. À ceux qui ne voulaient pas vraiment tuer, mais... il se trouve qu'ils ont tué. Ils ont participé. Comme par hasard, dans une certaine mesure. Et il peut parfois sembler à un tel participant qu'il n'y est pour rien, parfois jusqu'au jour du Jugement, quand il ne sera plus possible de se tromper soi-même.
Et cela se produit toujours à peu près de la même manière: sous la forme d'une fuite devant la responsabilité. Comme Pilate et Hérode s'en dérobent. Aucun d'eux ne veut confirmer la condamnation à mort. Pilate est mal à l'aise: il comprend bien que cet Homme qu'on veut exécuter est innocent. Hérode a peur: qui sait comment le peuple réagira à l'exécution d'un Homme que l'on considère comme un grand prophète... Au bout du compte, c'est tout de même Pilate qui doit prendre la décision. Mais avec Hérode, ils se comprennent au point de devenir amis: tous deux sont, comme on dit, de vrais politiques; tous deux ne veulent pas de problèmes; tous deux ne pensent qu'à leur pouvoir, même si l'ampleur en est incomparable. Et tous deux ne veulent répondre de rien. En tout cas, de rien de désagréable ou de délicat.
Hérode rejette tout sur Pilate, et celui-ci sur la foule qui hurle: «Crucifie-le!». C'est très commode: la voix du peuple, on n'y peut rien... et pourtant une autre option avait même été proposée: libérer l'un des condamnés. Mais le peuple est contre; il veut l'exécution de Jésus. Tout est logique, s'il n'y avait un «mais»: le choix de celui qu'il fallait exécuter et de celui qu'il fallait libérer était la prérogative de Pilate, et de lui seul. Mais si l'on n'a pas envie de décider, si la responsabilité pèse, que le peuple décide. En vérité, il n'y avait pas de peuple sur cette place. Il y avait une foule: une forme et un mode d'existence du peuple qui, lui aussi, ne veut répondre de rien. Là où chacun est «comme tout le monde», et «tout le monde» est «comme un seul homme». Cet «un seul» qui ne répond de rien, facile à manipuler parce qu'au fond, parfois même en surface, il voudrait qu'on le manipule. Car alors on pourra tout rejeter sur les manipulateurs, et soi-même, de nouveau, se soustraire à la responsabilité.
C'est ainsi que se préparait la croix pour le Messie: non dans des profondeurs infernales, mais dans un mélange d'irresponsabilité, de petites peurs et de «grands» intérêts. Dans un marécage peu profond mais trouble, où, comme on le sait, les démons sont à l'aise.
1 Puis toute l'assemblée se leva, et ils l'amenèrent devant Pilate. |
2 Ils se mirent alors à l'accuser, en disant : " Nous avons trouvé cet homme mettant le trouble dans notre nation, empêchant de payer les impôts à César et se disant Christ Roi. " |
3 Pilate l'interrogea en disant : " Tu es le roi des Juifs ? " - " Tu le dis ", lui répondit-il. |
4 Pilate dit alors aux grands prêtres et aux foules : " Je ne trouve en cet homme aucun motif de condamnation. " |
5 Mais eux d'insister en disant : " Il soulève le peuple, enseignant par toute la Judée, depuis la Galilée, où il a commencé, jusqu'ici. " |
6 À ces mots, Pilate demanda si l'homme était Galiléen. |
7 Et s'étant assuré qu'il était de la juridiction d'Hérode, il le renvoya à Hérode qui se trouvait, lui aussi, à Jérusalem en ces jours-là. |
8 Hérode, en voyant Jésus, fut tout joyeux; car depuis assez longtemps il désirait le voir, pour ce qu'il entendait dire de lui; et il espérait lui voir faire quelque miracle. |
9 Il l'interrogea donc avec force paroles, mais il ne lui répondit rien. |
10 Cependant les grands prêtres et les scribes se tenaient là, l'accusant avec véhémence. |
11 Après l'avoir, ainsi que ses gardes, traité avec mépris et bafoué, Hérode le revêtit d'un habit splendide et le renvoya à Pilate. |
12 Et, ce même jour, Hérode et Pilate devinrent deux amis, d'ennemis qu'ils étaient auparavant. |
13 Ayant convoqué les grands prêtres, les chefs et le peuple, Pilate |
14 leur dit : " Vous m'avez présenté cet homme comme détournant le peuple, et voici que moi je l'ai interrogé devant vous, et je n'ai trouvé en cet homme aucun motif de condamnation pour ce dont vous l'accusez. |
15 Hérode non plus d'ailleurs, puisqu'il l'a renvoyé devant nous. Vous le voyez; cet homme n'a rien fait qui mérite la mort. |
16 Je le relâcherai donc, après l'avoir châtié. " [ |
17 ] |
18 Mais eux se mirent à pousser des cris tous ensemble : " A mort cet homme ! Et relâche-nous Barabbas. " |
19 Ce dernier avait été jeté en prison pour une sédition survenue dans la ville et pour meurtre. |
20 De nouveau Pilate, qui voulait relâcher Jésus, leur adressa la parole. |
21 Mais eux répondaient en criant : " Crucifie-le ! crucifie-le ! " |
22 Pour la troisième fois, il leur dit : " Quel mal a donc fait cet homme ? Je n'ai trouvé en lui aucun motif de condamnation à mort ; je le relâcherai donc, après l'avoir châtié. " |
23 Mais eux insistaient à grands cris, demandant qu'il fût crucifié; et leurs clameurs gagnaient en violence. |
24 Et Pilate prononça qu'il fût fait droit à leur demande. |
25 Il relâcha celui qui avait été jeté en prison pour sédition et meurtre, celui qu'ils réclamaient. Quant à Jésus, il le livra à leur bon plaisir. |
Dans le récit que Luc fait des interrogatoires et du procès de Jésus, Jésus Lui-même ne prend presque aucune part. Les anciens juifs, Pilate et Hérode cherchent en vain un motif juridique d'accusation. Jésus prétend-Il au trône des Juifs ? Apparemment non... au trône d'Hérode ? Non plus... De quoi est-Il donc coupable, pour quel motif peut-on Le tuer ? Il semble que cette question, sous une forme ou une autre, se pose toujours lorsqu'un homme cherche à régler sa relation avec Dieu, avec le Christ. Nous n'avons pas envie de renoncer simplement à la foi, sans aucune raison. Il reste donc à trouver un prétexte : croire en Dieu n'est pas moderne, c'est ennuyeux, contraignant, inutile, stupide, on n'en trouve jamais le temps... Ce sont bien sûr les arguments les plus primitifs ; il en existe de plus sérieux. Mais le fait demeure : s'il faut écarter le Christ de sa vie, c'est toujours possible. Pour l'instant, le siège du juge est sous nous, nous sommes libres de décider, et Lui se tait...
12 Et, ce même jour, Hérode et Pilate devinrent deux amis, d'ennemis qu'ils étaient auparavant. |
Beaucoup ont sans doute entendu cette histoire. La remarquable actrice Faina Gueorguievna Ranevskaïa marche dans le théâtre, voit quelques jeunes actrices qui chuchotent entre elles, et leur demande: «Contre qui sommes-nous amies, les filles?»
À nous les hommes, cela nous est propre, n'est-ce pas, d'être amis «contre quelqu'un». Il suffit seulement de trouver un adversaire commun. Et voilà que dans les temps évangéliques, nous voyons une situation semblable. Pilate et Hérode étaient ennemis, parce que chacun d'eux voulait gouverner sans partage la Judée: l'un comme représentant plénipotentiaire de l'empereur de Rome, l'autre comme représentant de la dynastie hasmonéenne (notons que, du point de vue de la Loi de Moïse, tous deux étaient des souverains illégitimes).
Et soudain apparaît Celui que l'on appelle Messie, Roi des Juifs, Oint de Dieu. Pilate comme Hérode ont la possibilité de reconnaître le Christ, et même pas par ouï-dire, mais lors d'une rencontre personnelle! Mais tous deux préfèrent Le rejeter, considérer Jésus comme un «adversaire», et trouver en cela une communauté d'intérêts.
Dans l'histoire de l'Église, il est arrivé plus d'une fois que des intérêts politiques conduisent aux alliances les plus étranges. Bien sûr, elles furent de courte durée: car ce qui n'est pas de Dieu se détruit.
1 Puis toute l'assemblée se leva, et ils l'amenèrent devant Pilate. |
2 Ils se mirent alors à l'accuser, en disant : " Nous avons trouvé cet homme mettant le trouble dans notre nation, empêchant de payer les impôts à César et se disant Christ Roi. " |
3 Pilate l'interrogea en disant : " Tu es le roi des Juifs ? " - " Tu le dis ", lui répondit-il. |
4 Pilate dit alors aux grands prêtres et aux foules : " Je ne trouve en cet homme aucun motif de condamnation. " |
5 Mais eux d'insister en disant : " Il soulève le peuple, enseignant par toute la Judée, depuis la Galilée, où il a commencé, jusqu'ici. " |
6 À ces mots, Pilate demanda si l'homme était Galiléen. |
7 Et s'étant assuré qu'il était de la juridiction d'Hérode, il le renvoya à Hérode qui se trouvait, lui aussi, à Jérusalem en ces jours-là. |
8 Hérode, en voyant Jésus, fut tout joyeux; car depuis assez longtemps il désirait le voir, pour ce qu'il entendait dire de lui; et il espérait lui voir faire quelque miracle. |
9 Il l'interrogea donc avec force paroles, mais il ne lui répondit rien. |
10 Cependant les grands prêtres et les scribes se tenaient là, l'accusant avec véhémence. |
11 Après l'avoir, ainsi que ses gardes, traité avec mépris et bafoué, Hérode le revêtit d'un habit splendide et le renvoya à Pilate. |
12 Et, ce même jour, Hérode et Pilate devinrent deux amis, d'ennemis qu'ils étaient auparavant. |
13 Ayant convoqué les grands prêtres, les chefs et le peuple, Pilate |
14 leur dit : " Vous m'avez présenté cet homme comme détournant le peuple, et voici que moi je l'ai interrogé devant vous, et je n'ai trouvé en cet homme aucun motif de condamnation pour ce dont vous l'accusez. |
15 Hérode non plus d'ailleurs, puisqu'il l'a renvoyé devant nous. Vous le voyez; cet homme n'a rien fait qui mérite la mort. |
16 Je le relâcherai donc, après l'avoir châtié. " [ |
17 ] |
18 Mais eux se mirent à pousser des cris tous ensemble : " A mort cet homme ! Et relâche-nous Barabbas. " |
19 Ce dernier avait été jeté en prison pour une sédition survenue dans la ville et pour meurtre. |
20 De nouveau Pilate, qui voulait relâcher Jésus, leur adressa la parole. |
21 Mais eux répondaient en criant : " Crucifie-le ! crucifie-le ! " |
22 Pour la troisième fois, il leur dit : " Quel mal a donc fait cet homme ? Je n'ai trouvé en lui aucun motif de condamnation à mort ; je le relâcherai donc, après l'avoir châtié. " |
23 Mais eux insistaient à grands cris, demandant qu'il fût crucifié; et leurs clameurs gagnaient en violence. |
24 Et Pilate prononça qu'il fût fait droit à leur demande. |
25 Il relâcha celui qui avait été jeté en prison pour sédition et meurtre, celui qu'ils réclamaient. Quant à Jésus, il le livra à leur bon plaisir. |
26 Quand ils l'emmenèrent, ils mirent la main sur un certain Simon de Cyrène qui revenait des champs, et le chargèrent de la croix pour la porter derrière Jésus. |
27 Une grande masse du peuple le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur lui. |
28 Mais, se retournant vers elles, Jésus dit : " Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants ! |
29 Car voici venir des jours où l'on dira: Heureuses les femmes stériles, les entrailles qui n'ont pas enfanté, et les seins qui n'ont pas nourri! |
30 Alors on se mettra à dire aux montagnes: Tombez sur nous! et aux collines: Couvrez-nous! |
31 Car si l'on traite ainsi le bois vert, qu'adviendra-t-il du sec ? " |
32 On emmenait encore deux malfaiteurs pour être exécutés avec lui. |
33 Lorsqu'ils furent arrivés au lieu appelé Crâne, ils l'y crucifièrent ainsi que les malfaiteurs, l'un à droite et l'autre à gauche. |
34 Et Jésus disait : " Père, pardonne-leur : ils ne savent ce qu'ils font. " Puis, se partageant ses vêtements, ils tirèrent au sort. |
Et pourtant : les autorités, religieuses comme civiles, comprenaient-elles au moins un peu à qui elles avaient affaire lorsqu’il s’agissait de Jésus ? Parfois, on en vient malgré soi à penser que, si elles ne le savaient pas exactement, elles pressentaient au moins confusément quelque chose. Si c’était un prophète, c’était un prophète inhabituel, étrange ; si c’était un maître, c’était un maître tout à fait « non traditionnel ». Hérode veut de Lui des miracles, mais il n’a nullement l’intention de prendre une décision sur Son sort ultérieur ; il ne veut pas assumer la responsabilité que le procurateur essaie de faire retomber sur lui. Et il renvoie le prisonnier. Pilate, lui, n’a pas du tout besoin d’un casse-tête supplémentaire ; au fond de lui, il comprend que, quelle que soit la décision prise, tout se passera mal et à son désavantage. Et la peur, une peur à demi consciente, se fait sentir sans cesse dans son cœur. Il vaudrait mieux, bien sûr, Le relâcher sous quelque prétexte plausible ; justement, c’est la fête, on pourrait Le libérer et étouffer l’affaire... Ah, le peuple ne veut pas ? Eh bien, tant mieux : allons au-devant du peuple ; après tout, Il s’est bien déclaré leur Roi... Ainsi le pouvoir terrestre se débattait-il devant Celui qui a apporté le Royaume dans le monde. Il gêne ; il serait bon de se débarrasser de Lui, mais le mieux serait qu’Il disparaisse de Lui-même d’une manière ou d’une autre, comme s’Il n’avait jamais existé. Alors tout redeviendrait sinon bon, du moins normal, comme auparavant. Et exécuter, bien sûr, ce n’est pas difficile ; Il n’est pas le premier, Il ne sera pas le dernier. Mais quelque part, presque à la limite de la conscience, l’idée pointe que l’exécution n’est pas une issue, que quelque chose arrivera, que l’affaire ne s’achèvera pas simplement ainsi, quelle que soit la garde mise au tombeau. Et pourtant, il n’y a, semble-t-il, pas d’issue. Exécuter, non gracier. La virgule est posée.
45 Se relevant de sa prière, il vint vers les disciples qu'il trouva endormis de tristesse, |
46 et il leur dit : " Qu'avez-vous à dormir ? Relevez-vous et priez, pour ne pas entrer en tentation. " |
47 Tandis qu'il parlait encore, voici une foule, et à sa tête marchait le nommé Judas, l'un des Douze, qui s'approcha de Jésus pour lui donner un baiser. |
48 Mais Jésus lui dit : " Judas, c'est par un baiser que tu livres le Fils de l'homme ! " |
49 Voyant ce qui allait arriver, ses compagnons lui dirent : " Seigneur, faut-il frapper du glaive ? " |
50 Et l'un d'eux frappa le serviteur du grand prêtre et lui enleva l'oreille droite. |
51 Mais Jésus prit la parole et dit : " Restez-en là. " Et, lui touchant l'oreille, il le guérit. |
52 Puis Jésus dit à ceux qui s'étaient portés contre lui, grands prêtres, chefs des gardes du Temple et anciens : " Suis-je un brigand, que vous vous soyez mis en campagne avec des glaives et des bâtons ? |
53 Alors que chaque jour j'étais avec vous dans le Temple, vous n'avez pas porté les mains sur moi. Mais c'est votre heure et le pouvoir des Ténèbres. " |
54 L'ayant donc saisi, ils l'emmenèrent et l'introduisirent dans la maison du grand prêtre. Quant à Pierre, il suivait de loin. |
55 Comme ils avaient allumé du feu au milieu de la cour et s'étaient assis autour, Pierre s'assit au milieu d'eux. |
56 Une servante le vit assis près de la flambée et, fixant les yeux sur lui, elle dit : " Celui-là aussi était avec lui ! " |
57 Mais lui nia en disant : " Femme, je ne le connais pas. " |
58 Peu après, un autre, l'ayant vu, déclara : " Toi aussi, tu en es ! " Mais Pierre déclara : " Homme, je n'en suis pas. " |
59 Environ une heure plus tard, un autre soutenait avec insistance : " Sûrement, celui-là aussi était avec lui, et d'ailleurs il est Galiléen ! " Mais Pierre dit : |
60 " Homme, je ne sais ce que tu dis. " Et à l'instant même, comme il parlait encore, un coq chanta, |
61 et le Seigneur, se retournant, fixa son regard sur Pierre. Et Pierre se ressouvint de la parole du Seigneur, qui lui avait dit : " Avant que le coq ait chanté aujourd'hui, tu m'auras renié trois fois. " |
62 Et, sortant dehors, il pleura amèrement. |
63 Les hommes qui le gardaient le bafouaient et le battaient; |
64 ils lui voilaient le visage et l'interrogeaient en disant : " Fais le prophète ! Qui est-ce qui t'a frappé ? " |
65 Et ils proféraient contre lui beaucoup d'autres injures. |
66 Et quand il fit jour, le conseil des Anciens du peuple s'assembla, grands prêtres et scribes. Ils l'amenèrent dans leur Sanhédrin |
67 et dirent : " Si tu es le Christ, dis-le-nous. " Il leur dit : " Si je vous le dis, vous ne croirez pas, |
68 et si je vous interroge, vous ne répondrez pas. |
69 Mais désormais le Fils de l'homme siégera à la droite de la Puissance de Dieu ! " |
70 Tous dirent alors : " Tu es donc le Fils de Dieu ! " Il leur déclara : " Vous le dites : je le suis. " |
71 Et ils dirent : " Qu'avons-nous encore besoin de témoignage ? Car nous-mêmes l'avons entendu de sa bouche ! " |
1 Puis toute l'assemblée se leva, et ils l'amenèrent devant Pilate. |
Quelle fut la cause du reniement de Pierre ? L’apostasie ? La peur ? À peine : car tout récemment encore il promettait à Jésus de mourir avec Lui, s’il le fallait. Pierre est certes un homme ardent et résolu, mais il est loin d’être un enfant qui lance des paroles en l’air et distribue des promesses légères. Et, bien sûr, il n’est nullement lâche ; tout ce que nous savons de lui par les récits évangéliques en témoigne. Alors quoi ? Peut-être le caractère inattendu et paradoxal de tout ce qui se passait ? Pierre avait bien promis d’être avec Jésus jusqu’à la fin, comme d’ailleurs tous Ses autres disciples. Mais qu’attendaient-ils ? Jésus leur avait parlé plus d’une fois de Ses souffrances et de Sa mort à venir, ainsi que de Sa résurrection. Mais les apôtres, semble-t-il, ne Le comprirent jamais jusqu’au bout ; tout ne leur devint plus ou moins clair qu’après la Résurrection, et définitivement clair, semble-t-il, seulement après la Pentecôte. Même le jour de l’Ascension, ils attendent que maintenant enfin leur Maître rétablisse le « royaume d’Israël » et devienne le « vrai Messie », le Roi qu’attendaient alors beaucoup de gens. Et alors, pendant et aussitôt après la Cène, ils étaient, semble-t-il, absolument certains que l’insurrection allait commencer d’un moment à l’autre ; leur Maître, bien sûr, serait menacé d’un danger mortel, et eux, bien sûr, étaient prêts à rester avec Lui jusqu’à la fin, quoi qu’il arrive. Et soudain : aucune insurrection ; leur Maître se livre sans résistance ; tout est fini, fini d’une manière complètement absurde. Que faire ensuite ? Il n’est pas étonnant que tous s’enfuient. Si tout s’est terminé sans avoir commencé, à quoi garder fidélité ? Au Maître, même s’Il avait renoncé, semblait-il, à tous Ses projets ? Seul Pierre eut assez de résolution pour cela : il resta afin de voir ce qui arriverait ensuite à Jésus. Et soudain : mais toi, tu étais avec Lui ! — d’un côté, puis d’un autre, puis d’un troisième… Et pour Pierre maintenant : j’y étais, je n’y étais pas, quelle différence ? Quelle importance cela a-t-il maintenant que tout est fini ? — Je n’y étais pas ! Je ne sais rien ni personne, laissez-moi ! — première réaction, tout à fait naturelle. Et aussitôt, comme un éclair, une fulgurance illuminant sa conscience : j’ai trahi ! J’ai renié ! Voilà ce dont Il avait averti ! Et aussitôt un repentir profond, brûlant. Un repentir qui rend l’espérance.
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