18 Un notable l'interrogea en disant : " Bon maître, que me faut-il faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? " |
19 Jésus lui dit : " Pourquoi m'appelles-tu bon ? Nul n'est bon que Dieu seul. |
20 Tu connais les commandements : Ne commets pas d'adultère, ne tue pas, ne vole pas, ne porte pas de faux témoignage ; honore ton père et ta mère. " |
21 - " Tout cela, dit-il, je l'ai observé dès ma jeunesse. " |
22 Entendant cela, Jésus lui dit : " Une chose encore te fait défaut : Tout ce que tu as, vends-le et distribue-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens, suis-moi. " |
23 Mais lui, entendant cela, devint tout triste, car il était fort riche. |
24 En le voyant, Jésus dit : " Comme il est difficile à ceux qui ont des richesses de pénétrer dans le Royaume de Dieu ! |
25 Oui, il est plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu ! " |
26 Ceux qui entendaient dirent : " Et qui peut être sauvé ? " |
27 Il dit : " Ce qui est impossible pour les hommes est possible pour Dieu. " |
28 Pierre dit alors : " Voici que nous, laissant nos biens, nous t'avons suivi ! " |
29 Il leur dit : " En vérité, je vous le dis : nul n'aura laissé maison, femme, frères, parents ou enfants, à cause du Royaume de Dieu, |
30 qui ne reçoive bien davantage en ce temps-ci, et dans le monde à venir la vie éternelle. " |
31 Prenant avec lui les Douze, il leur dit : " Voici que nous montons à Jérusalem et que s'accomplira tout ce qui a été écrit par les Prophètes pour le Fils de l'homme. |
32 Il sera en effet livré aux païens, bafoué, outragé, couvert de crachats; |
33 après l'avoir flagellé, ils le tueront et, le troisième jour, il ressuscitera. " |
34 Mais eux ne saisirent rien de tout cela ; cette parole leur demeurait cachée, et ils ne comprenaient pas ce qu'il disait. |
35 Or il advint, comme il approchait de Jéricho, qu'un aveugle était assis au bord du chemin et mendiait. |
36 Entendant une foule marcher, il s'enquérait de ce que cela pouvait être. |
37 On lui annonça que c'était Jésus le Nazôréen qui passait. |
38 Alors il s'écria : " Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! " |
39 Ceux qui marchaient en tête le rabrouaient pour le faire taire, mais lui criait de plus belle : " Fils de David, aie pitié de moi ! " |
40 Jésus s'arrêta et ordonna de le lui amener. Quand il fut près, il lui demanda: |
41 " Que veux-tu que je fasse pour toi ? " - " Seigneur, dit-il, que je recouvre la vue ! " |
42 Jésus lui dit : " Recouvre la vue ; ta foi t'a sauvé. " |
43 Et à l'instant même il recouvra la vue, et il le suivait en glorifiant Dieu. Et tout le peuple, voyant cela, célébra les louanges de Dieu. |
Pauvre homme riche. Il avait tout ce qu'il fallait pour être un homme normal et bon. Mais pour devenir parfait, il devait «sauter plus haut que sa tête», accomplir un acte auquel un pauvre lui-même oserait à peine se résoudre, à plus forte raison un riche. L'effroi des disciples est donc tout à fait compréhensible: si, pour entrer dans le Royaume de Dieu, il faut faire une chose telle qu'il est plus facile à «un chameau de passer par le trou d'une aiguille», alors qui peut être sauvé? Autrement dit, à qui s'adresse la prédication du Christ, pourquoi marchent-ils avec Lui? Et même s'ils ont eux-mêmes quitté maison et famille pour Lui, cela suffit-il au salut?
La réponse de Jésus est paradoxale: le salut est impossible à l'homme, mais il est possible à Dieu. Cela signifie que Son Message s'adresse à ceux qui sauront le comprendre et le mettre en pratique, même si tous les chameaux doivent passer par des trous d'aiguille...
18 Un notable l'interrogea en disant : " Bon maître, que me faut-il faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? " |
19 Jésus lui dit : " Pourquoi m'appelles-tu bon ? Nul n'est bon que Dieu seul. |
20 Tu connais les commandements : Ne commets pas d'adultère, ne tue pas, ne vole pas, ne porte pas de faux témoignage ; honore ton père et ta mère. " |
21 - " Tout cela, dit-il, je l'ai observé dès ma jeunesse. " |
22 Entendant cela, Jésus lui dit : " Une chose encore te fait défaut : Tout ce que tu as, vends-le et distribue-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens, suis-moi. " |
23 Mais lui, entendant cela, devint tout triste, car il était fort riche. |
24 En le voyant, Jésus dit : " Comme il est difficile à ceux qui ont des richesses de pénétrer dans le Royaume de Dieu ! |
25 Oui, il est plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu ! " |
26 Ceux qui entendaient dirent : " Et qui peut être sauvé ? " |
27 Il dit : " Ce qui est impossible pour les hommes est possible pour Dieu. " |
28 Pierre dit alors : " Voici que nous, laissant nos biens, nous t'avons suivi ! " |
29 Il leur dit : " En vérité, je vous le dis : nul n'aura laissé maison, femme, frères, parents ou enfants, à cause du Royaume de Dieu, |
30 qui ne reçoive bien davantage en ce temps-ci, et dans le monde à venir la vie éternelle. " |
31 Prenant avec lui les Douze, il leur dit : " Voici que nous montons à Jérusalem et que s'accomplira tout ce qui a été écrit par les Prophètes pour le Fils de l'homme. |
32 Il sera en effet livré aux païens, bafoué, outragé, couvert de crachats; |
33 après l'avoir flagellé, ils le tueront et, le troisième jour, il ressuscitera. " |
34 Mais eux ne saisirent rien de tout cela ; cette parole leur demeurait cachée, et ils ne comprenaient pas ce qu'il disait. |
35 Or il advint, comme il approchait de Jéricho, qu'un aveugle était assis au bord du chemin et mendiait. |
36 Entendant une foule marcher, il s'enquérait de ce que cela pouvait être. |
37 On lui annonça que c'était Jésus le Nazôréen qui passait. |
38 Alors il s'écria : " Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! " |
39 Ceux qui marchaient en tête le rabrouaient pour le faire taire, mais lui criait de plus belle : " Fils de David, aie pitié de moi ! " |
40 Jésus s'arrêta et ordonna de le lui amener. Quand il fut près, il lui demanda: |
41 " Que veux-tu que je fasse pour toi ? " - " Seigneur, dit-il, que je recouvre la vue ! " |
42 Jésus lui dit : " Recouvre la vue ; ta foi t'a sauvé. " |
43 Et à l'instant même il recouvra la vue, et il le suivait en glorifiant Dieu. Et tout le peuple, voyant cela, célébra les louanges de Dieu. |
La réponse du Sauveur à la question sur la vie éternelle est à la fois simple et complexe. Simple, parce qu'Il ne propose rien de nouveau. Toujours le même ancien chemin, bien connu, de la Torah, extérieure et intérieure, le chemin de l'observance des commandements. Ce que celui qui pose la question connaît depuis l'enfance. Mais ensuite vient une exigence inattendue : tout distribuer et Le suivre, Lui, son Maître. Et là, celui qui interroge s'arrête. Il n'est pas prêt à un tel pas. Et Jésus parle des riches, pour qui il est difficile d'entrer dans le Royaume. De quelle richesse s'agit-il ici ? Celui qui interrogeait était matériellement riche. Mais les apôtres, eux, ne sont pas des riches, et pourtant ils sont troublés. Qui donc peut être sauvé ?
Il semble qu'ils aient bien compris le Maître. Tout quitter, ce n'est pas seulement une question matérielle. Car la notion de pauvreté dans le yahvisme (comme dans le judaïsme de l'époque du Second Temple) était très multiforme. Déjà Isaïe de Jérusalem parlait de la pauvreté plutôt comme d'un état spirituel que comme d'une situation matérielle. Et il se considérait lui-même comme un pauvre, alors qu'il était courtisan et aristocrate du plus haut rang. La pauvreté signifie tout quitter. La question de Jésus adressée à celui qui s'intéresse à la vie éternelle est celle-ci : pourras-tu tout quitter ? Et la question de Pierre : voici, nous avons tout quitté ; que vient ensuite ? Ici, il ne s'agit déjà plus des biens.
Il s'agit ici de renoncer à sa propre vie. Non pas à la vie physique : y renoncer signifie seulement renoncer à une forme concrète de sa propre existence. Il faut renoncer à soi, et non à sa vie. À ce soi même qui, comme le croient la plupart des personnes religieuses, ne disparaîtra nulle part, même si on lui enlève la vie terrestre. C'est à ce soi qu'il faut renoncer. À une vie séparée, à une existence séparée. Et à tout ce qui lui est lié, à tout ce qui la définit. À tout ce que l'on peut caractériser par le mot « mien ». Et ce qui reste, le vrai « moi », pur, que l'on ne parvient pas même à remarquer aussitôt, ce « moi » pur reçoit une autre vie, une vie nouvelle.
Il entre dans un autre courant, infiniment plus puissant et plus pur que le précédent. Là où il n'y a rien à soi au sens étroit et terrestre du mot, mais où chaque « moi », chacun de nous, commence à posséder toute la plénitude de la vie du grand monde de Dieu, de la vie du Royaume. Mais pour cela il faut desserrer la volonté par laquelle nous nous agrippons à notre actuelle imitation de vie. Car c'est bien elle, la volonté crispée, qui nous attache à la vie de ce monde. Et la desserrer est bien plus difficile que d'ouvrir la main qui tient une corde lorsqu'on est suspendu au-dessus d'un abîme. Mais autrement, rien ne réussira. Autrement, c'est l'attachement éternel à une imitation de vie qui épuisera sans fin notre âme et notre corps. Et aucune liberté. Donc aucun Royaume.
18 Un notable l'interrogea en disant : " Bon maître, que me faut-il faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? " |
19 Jésus lui dit : " Pourquoi m'appelles-tu bon ? Nul n'est bon que Dieu seul. |
20 Tu connais les commandements : Ne commets pas d'adultère, ne tue pas, ne vole pas, ne porte pas de faux témoignage ; honore ton père et ta mère. " |
21 - " Tout cela, dit-il, je l'ai observé dès ma jeunesse. " |
22 Entendant cela, Jésus lui dit : " Une chose encore te fait défaut : Tout ce que tu as, vends-le et distribue-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens, suis-moi. " |
23 Mais lui, entendant cela, devint tout triste, car il était fort riche. |
24 En le voyant, Jésus dit : " Comme il est difficile à ceux qui ont des richesses de pénétrer dans le Royaume de Dieu ! |
25 Oui, il est plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu ! " |
26 Ceux qui entendaient dirent : " Et qui peut être sauvé ? " |
27 Il dit : " Ce qui est impossible pour les hommes est possible pour Dieu. " |
28 Pierre dit alors : " Voici que nous, laissant nos biens, nous t'avons suivi ! " |
29 Il leur dit : " En vérité, je vous le dis : nul n'aura laissé maison, femme, frères, parents ou enfants, à cause du Royaume de Dieu, |
30 qui ne reçoive bien davantage en ce temps-ci, et dans le monde à venir la vie éternelle. " |
31 Prenant avec lui les Douze, il leur dit : " Voici que nous montons à Jérusalem et que s'accomplira tout ce qui a été écrit par les Prophètes pour le Fils de l'homme. |
32 Il sera en effet livré aux païens, bafoué, outragé, couvert de crachats; |
33 après l'avoir flagellé, ils le tueront et, le troisième jour, il ressuscitera. " |
34 Mais eux ne saisirent rien de tout cela ; cette parole leur demeurait cachée, et ils ne comprenaient pas ce qu'il disait. |
L'homme à qui le Christ conseilla de vendre et de distribuer tous ses biens avait, en quelque sorte, provoqué lui-même ce conseil. Après avoir entendu du Christ les commandements qu'il connaissait depuis sa jeunesse, il voulut lui-même quelque chose de plus. Mais il se révéla incapable de ce « plus ». Habituellement, en méditant cette parabole, nous réfléchissons à la possibilité du salut pour l'homme attaché à la richesse ou du moins orienté vers le bien-être terrestre. C'est un aspect important de la parabole. Pourtant, très souvent, à peine entrés sur le chemin de la vie spirituelle, nous nous considérons déjà comme ayant maîtrisé les « bases » et recherchons quelque chose au-delà de ce qui nous est « déjà clair ». Lorsque nous l'obtenons, nous comprenons que nous n'avons pas la force de porter dignement le nouveau ministère, et nous reculons.
Il ne faut pas condamner l'homme qui a surestimé ses forces, mais il faut se souvenir que les forces humaines ne suffiront jamais pour servir le Seigneur : c'est Lui-même qui les donne. Toutefois, pour l'homme dont il est question, le refus d'agir selon le conseil qu'il avait lui-même sollicité l'éloigna du Christ.
19 Jésus lui dit : " Pourquoi m'appelles-tu bon ? Nul n'est bon que Dieu seul. |
20 Tu connais les commandements : Ne commets pas d'adultère, ne tue pas, ne vole pas, ne porte pas de faux témoignage ; honore ton père et ta mère. " |
Les paroles de Jésus «personne n'est bon, sinon Dieu seul» suscitent parfois la perplexité: signifient-elles qu'Il témoigne Lui-même de l'absence en Lui de toute divinité, qu'Il Se sépare de Dieu dans la même mesure que tout homme en est séparé, et même un homme pécheur? À première vue, il en est bien ainsi, et beaucoup d'historiens des religions se sont appuyés sur ces paroles lorsqu'ils affirmaient que la divinité du Sauveur était une idée tardive, absente à l'origine du milieu proprement juif. Pourtant la réponse de Jésus à l'homme accouru vers Lui était parfaitement compréhensible dans le contexte même de la question. Celui-ci ne soupçonnait bien sûr aucune divinité chez Celui à qui il s'adressait. Il cherchait précisément un maître, un maître qui lui permettrait de participer à la bonté de Dieu, parce qu'il y participait lui-même.
Une telle conception des maîtres et des guides spirituels n'était pas rare dans le judaïsme de l'époque du Second Temple: le chemin de la Torah intérieure, que chacun connaissait alors (même si tous, bien sûr, ne suivaient pas ce chemin), de même que l'idéal de la «Torah vivante» que devait devenir celui qui allait jusqu'au bout du chemin de la Torah intérieure, faisaient supposer au moins la possibilité de participer à cette bonté même de Dieu dont le monde était plein avant la chute, lorsqu'il était, selon la parole du Poème biblique de la création, «tout à fait bon». Devenir ainsi «tout à fait bon», voilà ce que devait être celui qui irait jusqu'au bout, jusqu'à la transformation en «Torah vivante». Un tel maître peut faire participer ses disciples à la «bonté»; et l'homme qui s'était approché de Jésus était convaincu d'avoir trouvé celui qui pourrait l'y aider.
Il ne restait qu'à apprendre de lui ce qu'il fallait faire pour atteindre le résultat. Jésus, pourtant, ne propose aucun chemin particulier en dehors des commandements, toujours la même Torah intérieure. Il dit en quelque sorte: va par le chemin que tu connais. La réponse suit immédiatement: j'y vais, «j'ai gardé tout cela depuis ma jeunesse», mais le résultat n'est pas là. Que peut-on faire encore pour atteindre ce que l'on désire? C'est alors que retentissent les paroles qui rappellent la pauvreté spirituelle. Spirituelle précisément, sinon les disciples, qui avaient tout quitté, n'auraient pas demandé avec trouble: «qui donc peut être sauvé?».
Le but du chemin ne s'atteint pas par des procédés ascétiques ou de prière particuliers; il n'est accessible que par l'abandon complet de soi à la volonté de Dieu, et c'est cela qui est le plus difficile pour l'homme déchu. Difficile, mais absolument nécessaire; et devant cette nécessité Jésus place tôt ou tard chacun de Ses disciples, après quoi chacun choisit son propre chemin: le chemin vers le Royaume ou le maintien dans sa richesse.
24 En le voyant, Jésus dit : " Comme il est difficile à ceux qui ont des richesses de pénétrer dans le Royaume de Dieu ! |
25 Oui, il est plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu ! " |
Tout le monde se demande d'habitude si, à la fin, le chameau passera par le trou de l'aiguille ou non. Et s'il passe, cela signifie-t-il que Dieu a accompli l'impossible? Essayons plutôt de revenir à l'esprit général de la scène. Et souvenons-nous des paroles pleines d'une ardente assurance prononcées par l'homme venu à Jésus: il dit avoir gardé «tout cela depuis sa jeunesse». Qui peut dire cela de soi, qui peut dire de soi qu'il est juste? Toute la force du maximalisme des paroles de Jésus nous paraît dirigée non contre les riches, mais pour refroidir cette ardeur, seulement pour souligner que personne n'est juste. Et pourtant c'est justement pour cette ardeur que le jeune homme Lui devint si cher, comme nous l'apprenons du passage parallèle chez Marc (Mc 10:21).
26 Ceux qui entendaient dirent : " Et qui peut être sauvé ? " |
27 Il dit : " Ce qui est impossible pour les hommes est possible pour Dieu. " |
28 Pierre dit alors : " Voici que nous, laissant nos biens, nous t'avons suivi ! " |
29 Il leur dit : " En vérité, je vous le dis : nul n'aura laissé maison, femme, frères, parents ou enfants, à cause du Royaume de Dieu, |
30 qui ne reçoive bien davantage en ce temps-ci, et dans le monde à venir la vie éternelle. " |
Les paroles du Christ disant qu'il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume des Cieux frappèrent profondément Ses auditeurs. Beaucoup, et pas seulement les pharisiens, furent profondément blessés par ces paroles, parce que nous considérons tous la prospérité comme le principal signe de la faveur de Dieu envers l'homme. Si Jésus appelle la richesse un obstacle à l'entrée dans le Royaume, alors qui peut être sauvé? À cela le Seigneur répond que personne ne peut être sauvé. C'est précisément cette terrible vérité que les pharisiens entendent et rejettent dans les paroles du Christ. Toute l'espérance de l'homme de pouvoir faire quelque chose pour atteindre le salut est minée par ces paroles.
Ce sont des paroles terribles, mais elles n'ont rien de nouveau. Un bon demi-millénaire avant le Christ, les prophètes d'Israël en parlaient déjà. « Un Éthiopien peut-il changer sa peau, et un léopard ses taches? De même, pourriez-vous faire le bien, vous qui êtes habitués à faire le mal? », disait le prophète Jérémie à la fin du VIIe siècle av. J.-C. (Jr 13:23). Ce qui est beaucoup plus important, c'est ce que Jésus révèle dans la seconde moitié de la même phrase: « mais tout est possible à Dieu ». Le salut, l'entrée dans le Royaume des Cieux, dit le Seigneur, est à la portée de Dieu et, ce qui est plus important encore, Dieu veut ce salut des hommes. Il répète à maintes reprises que le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu, et que le Père L'a envoyé non pour perdre les âmes, mais pour les sauver. Ce n'est pas la volonté du Père qu'un seul de ces petits périsse, dit Jésus; la volonté du Père est que celui qui croit au Fils ne périsse pas, mais qu'il ait la vie éternelle. C'est cette volonté du Père concernant notre salut qui vainc notre impuissance pécheresse, et c'est là la principale bonne nouvelle: la Bonne Nouvelle.
26 Ceux qui entendaient dirent : " Et qui peut être sauvé ? " |
27 Il dit : " Ce qui est impossible pour les hommes est possible pour Dieu. " |
Tout que Jésus dit aux gens L'écoutant, mène inévitablement à cette question : «qui peut être sauvé?» Tout le maximalisme du sermon sur la montagne, toutes Ses paraboles bouleversant les représentations habituelles sur la justice et la piété, - tout ceci peut nous tremper dans les ténèbres du désespoir, si nous les percevons au sérieux, et non "bénignement": je ne peux pas ainsi, cela est au dessus de mes forces! Je suis un pécheur, et je n’ai droit à aucun salut. Tout ceci parce que nous pensons toujours à l’auto-salut, et non au salut tout court, nous tentons intérieurement de vouloir mériter le salut, de gagner et nous nous heurtons tout le temps à notre inconsistance. Mais Jésus a dit il y a deux mille années que notre salut n’est pas dû à notre travail et ni à notre héroïsme, il est plutôt un don de la Grace de Dieu. Dieu Seul est capable de nous sauver! Notre devoir consiste à Lui confier notre salut, et non nous opiniâtrer dans notre compréhension des voies de la justice; permettre à Dieu d'intervenir dans notre vie au stade de la prise de décisions, et non au moment de «payer les pots cassés». Au propre, c'est cette foi c.-à-d. confiance en Dieu, qui s’avère salutaire pour nous.
26 Ceux qui entendaient dirent : " Et qui peut être sauvé ? " |
27 Il dit : " Ce qui est impossible pour les hommes est possible pour Dieu. " |
Tout que Jésus dit aux gens L'écoutant, mène inévitablement à cette question : «qui peut être sauvé?» Tout le maximalisme du sermon sur la montagne, toutes Ses paraboles bouleversant les représentations habituelles sur la justice et la piété, - tout ceci peut nous tremper dans les ténèbres du désespoir, si nous les percevons au sérieux, et non "bénignement": je ne peux pas ainsi, cela est au dessus de mes forces! Je suis un pécheur, et je n’ai droit à aucun salut. Tout ceci parce que nous pensons toujours à l’auto-salut, et non au salut tout court, nous tentons intérieurement de vouloir mériter le salut, de gagner et nous nous heurtons tout le temps à notre inconsistance. Mais Jésus a dit il y a deux mille années que notre salut n’est pas dû à notre travail et ni à notre héroïsme, il est plutôt un don de la Grace de Dieu. Dieu Seul est capable de nous sauver! Notre devoir consiste à Lui confier notre salut, et non nous opiniâtrer dans notre compréhension des voies de la justice; permettre à Dieu d'intervenir dans notre vie au stade de la prise de décisions, et non au moment de «payer les pots cassés». Au propre, c'est cette foi c.-à-d. confiance en Dieu, qui s’avère salutaire pour nous.
29 Il leur dit : " En vérité, je vous le dis : nul n'aura laissé maison, femme, frères, parents ou enfants, à cause du Royaume de Dieu, |
30 qui ne reçoive bien davantage en ce temps-ci, et dans le monde à venir la vie éternelle. " |
Comme toujours, ce que Jésus dit à l'air paradoxal, voire même choquant pour ceux qui L’écoutent. Est-ce que Jésus veut vraiment que nous laissons tous nos parentés, que nous leurs renions pour Son Royaume, dans lequel Il nous promet l’obtention d’un plus grand nombre d’enfants, de frères et sœurs, de femmes et de parents? Au fait, avons-nous besoin d’un grand nombre de parents?
Mais non, pas du tout, Jésus ne parle pas des bêtises. Il veut surement nous faire sortir de notre caractère rassurant: voila tout va bien pour nous, nous avons la famille dont les membres nous aiment bien, les enfants qui seront notre perpétuation… Il veut nous faire savoir que tout cela n’est qu’un ombre de tout ce qu’on peut avoir, toutes nos relations, construites par nous-mêmes sont atoniques et éphémères. Mais si nous romprons avec toutes ces «nos» relations pour le Royaume de Dieu, pour Son leadership parmi nous, pour ces relations qu’Il peut construire entre nous, alors non seulement nous ne perdons pas tous nos proches, mais nous les acquérons réellement. Ainsi, nous allons véritablement nous aimer les uns les autres, et non s’entre-posséder. Et ce qui apparaitra ici entre nous, «en ce temps-ci», ne sera plus sujet de temps et de mort, mais passera avec nous dans la vie éternelle.
31 Prenant avec lui les Douze, il leur dit : " Voici que nous montons à Jérusalem et que s'accomplira tout ce qui a été écrit par les Prophètes pour le Fils de l'homme. |
32 Il sera en effet livré aux païens, bafoué, outragé, couvert de crachats; |
33 après l'avoir flagellé, ils le tueront et, le troisième jour, il ressuscitera. " |
34 Mais eux ne saisirent rien de tout cela ; cette parole leur demeurait cachée, et ils ne comprenaient pas ce qu'il disait. |
Les évangélistes attirent unanimement notre attention sur le fait que, lorsque le Seigneur parle aux disciples de la Passion, ils ne comprennent pas ce qu'Il leur dit. L'évangéliste Luc le souligne même davantage, en disant qu'ils « ne comprirent rien à cela ; ces paroles leur étaient cachées ». Pourtant, le Seigneur dit chaque fois que doit s'accomplir ce qui a été dit de Lui chez les prophètes. Il s'agit donc de paroles qui devaient être assez bien connues de tous les Juifs et, en particulier, des douze apôtres. C'est précisément en cela que consiste la différence entre les prophéties bibliques et les prédictions de l'avenir. Ce qui, en elles, était prophétie au sujet du Christ ne pouvait être compris qu'au moment où ces prophéties s'accomplissaient. Ainsi, les prophéties selon lesquelles toutes les nations viendraient dans le Royaume de Dieu, le Royaume de la Nouvelle Alliance, se sont accomplies dans l'Église, et non dans l'histoire politique et étatique du peuple juif. À l'inverse, les paroles du prophète Zacharie sur les trente pièces d'argent, le prix payé pour la miséricorde de Dieu, et ses paroles selon lesquelles les hommes seront sauvés en regardant Celui qu'ils ont transpercé, se révélèrent non pas un procédé poétique ni une métaphore, mais précisément une prévision littérale des événements. Les évangélistes soulignent tout cela aussi pour que nous ne nous laissions pas entraîner par une voie rationnelle de compréhension et d'interprétation des actions salvatrices du Christ. Les saisir s'avère possible principalement dans la pratique de sa propre vie spirituelle.
35 Or il advint, comme il approchait de Jéricho, qu'un aveugle était assis au bord du chemin et mendiait. |
36 Entendant une foule marcher, il s'enquérait de ce que cela pouvait être. |
37 On lui annonça que c'était Jésus le Nazôréen qui passait. |
38 Alors il s'écria : " Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! " |
39 Ceux qui marchaient en tête le rabrouaient pour le faire taire, mais lui criait de plus belle : " Fils de David, aie pitié de moi ! " |
40 Jésus s'arrêta et ordonna de le lui amener. Quand il fut près, il lui demanda: |
41 " Que veux-tu que je fasse pour toi ? " - " Seigneur, dit-il, que je recouvre la vue ! " |
42 Jésus lui dit : " Recouvre la vue ; ta foi t'a sauvé. " |
43 Et à l'instant même il recouvra la vue, et il le suivait en glorifiant Dieu. Et tout le peuple, voyant cela, célébra les louanges de Dieu. |
Tous les Évangiles sont pleins de récits de guérisons. Parfois cette abondance paraît quelque peu excessive: quelques histoires de personnes guéries auraient suffi à démontrer que Jésus est capable de guérir. Mais, à en juger par le soin avec lequel la mémoire de toutes les guérisons a été conservée, il faut penser qu'il ne s'agissait pas seulement de prouver quelque chose à quelqu'un.
En effet, Jésus ne soigne pas les gens comme les médecins l'ont fait et le font; Il guérit ceux qui s'approchent de Lui, en leur donnant de participer à ce Royaume qu'Il a apporté dans le monde. Or dans le Royaume, où il n'y a place ni pour le mal ni pour le péché, il va de soi qu'il n'y a pas non plus de place pour les maladies, de sorte que ceux qui entrent en contact avec le Royaume recouvrent naturellement la santé, trouvant cette plénitude de vie qui leur est accessible dans l'état non transfiguré. Mais pour entrer en contact avec le Royaume, il ne suffit pas seulement de se trouver physiquement près du Sauveur; il faut encore Lui faire confiance et Le suivre. Et c'est précisément ici que tous les détails des récits de guérison deviennent importants.
Qui rencontrait Jésus, et comment? Certains Le rencontraient comme l'aveugle, qui n'a rien à perdre. Celui qui n'a rien à perdre a toujours, en un certain sens, plus de facilité: il se hâte sans regarder en arrière vers l'endroit où brille pour lui ne serait-ce que la plus petite espérance. Peu lui importe ce que les autres penseront de lui-même ou de celui qui lui donne cette espérance. Ainsi l'aveugle de l'histoire évangélique: il avait entendu que cet étrange homme, Maître ou Prophète, guérissait quiconque était prêt à Lui faire confiance, et il court vers Lui pour recevoir la guérison. Et il obtient ce qu'il désirait. Avec le Royaume, auquel peut-être il n'avait guère pensé auparavant, mais qui est désormais devenu pour lui une réalité véritable et évidente.
35 Or il advint, comme il approchait de Jéricho, qu'un aveugle était assis au bord du chemin et mendiait. |
36 Entendant une foule marcher, il s'enquérait de ce que cela pouvait être. |
37 On lui annonça que c'était Jésus le Nazôréen qui passait. |
38 Alors il s'écria : " Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! " |
39 Ceux qui marchaient en tête le rabrouaient pour le faire taire, mais lui criait de plus belle : " Fils de David, aie pitié de moi ! " |
40 Jésus s'arrêta et ordonna de le lui amener. Quand il fut près, il lui demanda: |
41 " Que veux-tu que je fasse pour toi ? " - " Seigneur, dit-il, que je recouvre la vue ! " |
42 Jésus lui dit : " Recouvre la vue ; ta foi t'a sauvé. " |
43 Et à l'instant même il recouvra la vue, et il le suivait en glorifiant Dieu. Et tout le peuple, voyant cela, célébra les louanges de Dieu. |
Il est si important de comprendre ce que je veux vraiment. Pourquoi le Seigneur me le demande-t-Il, puisqu'Il le sait déjà? Parce que demander, c'est prendre une responsabilité. On pourrait croire qu'un aveugle ne peut pas ne pas vouloir voir. Mais lorsque vient le moment où la guérison devient réelle, on comprend que tout changera. On ne pourra plus demander aux autres, il faudra agir soi-même, répondre davantage de soi et de ses actes. Il en va de même pour la cécité spirituelle. Si l'homme ne voit pas et ne comprend pas qu'il agit mal, il lui sera moins demandé que s'il sait, voit et agit tout de même selon sa propre volonté et non selon celle de Dieu. Désirer voir clair, c'est aussi désirer accueillir la volonté de Dieu.
35 Or il advint, comme il approchait de Jéricho, qu'un aveugle était assis au bord du chemin et mendiait. |
36 Entendant une foule marcher, il s'enquérait de ce que cela pouvait être. |
37 On lui annonça que c'était Jésus le Nazôréen qui passait. |
38 Alors il s'écria : " Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! " |
39 Ceux qui marchaient en tête le rabrouaient pour le faire taire, mais lui criait de plus belle : " Fils de David, aie pitié de moi ! " |
40 Jésus s'arrêta et ordonna de le lui amener. Quand il fut près, il lui demanda: |
41 " Que veux-tu que je fasse pour toi ? " - " Seigneur, dit-il, que je recouvre la vue ! " |
42 Jésus lui dit : " Recouvre la vue ; ta foi t'a sauvé. " |
43 Et à l'instant même il recouvra la vue, et il le suivait en glorifiant Dieu. Et tout le peuple, voyant cela, célébra les louanges de Dieu. |
Pour diverses raisons, nous essayons de résoudre nos problèmes par nous-mêmes, sans consulter personne ni demander de l’aide. Nous ne voulons pas être redevables ni solliciter. Ou bien nous comprenons que les personnes qui nous entourent sont accablées par autant de problèmes que nous. Il est gênant de leur demander de l’aide, gênant d’insister sur notre besoin, même lorsque leur aide nous est vitale et que nous ne pouvons pas nous en sortir sans elle. Lorsque nous demandons quelque chose à Dieu, nous pensons souvent que nos problèmes sont trop petits, qu’il ne faut ni L’importuner, ni Le distraire, ni L’obliger à nous écouter, à nous comprendre et à nous aider. Pour nous montrer combien de telles pensées et de tels actes sont inacceptables, l’aveugle que rien ne peut arrêter nous est donné en exemple. Il a besoin de Jésus comme de l’air ; il a besoin de Lui pour vivre, pour être guéri et pour voir le monde. Même si l’on repousse l’aveugle et qu’on lui dit de ne pas s’imposer, il ne renoncera pas. Puissions-nous faire de même.
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