24 Comme ils étaient venus à Capharnaüm, les collecteurs du didrachme s'approchèrent de Pierre et lui dirent : " Est-ce que votre maître ne paie pas le didrachme ? " - |
25 " Mais si ", dit-il. Quand il fut arrivé à la maison, Jésus devança ses paroles en lui disant : " Qu'en penses-tu, Simon ? Les rois de la terre, de qui perçoivent-ils taxes ou impôts ? De leurs fils ou des étrangers ? " |
26 Et comme il répondait : " Des étrangers ", Jésus lui dit : " Par conséquent, les fils sont exempts. |
27 Cependant, pour ne pas les scandaliser, va à la mer, jette l'hameçon, saisis le premier poisson qui montera, et ouvre-lui la bouche : tu y trouveras un statère ; prends-le et donne-le-leur, pour moi et pour toi. " |
1 A ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus et dirent : " Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? " |
2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux |
3 et dit : " En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
Que veut dire Jésus lorsqu’il parle des enfants comme des habitants idéaux du Royaume ? Et que manque-t-il, en ce sens, aux adultes ? Bien sûr, lorsque nous pensons ou parlons des enfants, nous nous souvenons avant tout de ce qu’on appelle d’ordinaire « la spontanéité enfantine », ainsi que « l’innocence enfantine ». Mais à y regarder de plus près, le tableau n’est pas si simple : la psychologie enfantine n’est pas plus simple que celle des adultes, et quiconque a rencontré ne serait-ce qu’une fois des manifestations de cruauté enfantine peut facilement douter de cette innocence.
Mais il y a aussi quelque chose qui appartient sans aucun doute aux enfants : il s’agit de la confiance. Même des enfants rusés et méchants manifestent parfois une confiance étonnante, même si, bien sûr, on peut les en désaccoutumer si on le veut. Et pourtant, pour désapprendre à un enfant à faire confiance, surtout à ses propres parents, il faut vraiment s’y employer avec beaucoup d’efforts. Et voilà, semble-t-il, précisément la confiance dont parle Jésus lorsqu’il donne les enfants en exemple aux adultes.
Bien sûr, ce n’est encore qu’une parabole : car la confiance enfantine, surtout lorsqu’il s’agit des relations avec les parents, appartient encore à l’ordre non transfiguré des choses ; c’est un attachement purement naturel. Et si elle demeure telle quelle, avec le temps elle disparaîtra inévitablement. Alors, bien sûr, les parents se demanderont avec perplexité pourquoi leur enfant, si confiant et affectueux dans l’enfance, s’est soudain éloigné d’eux. Jésus, lui, utilise évidemment l’image de la confiance enfantine, qui est en règle générale tout à fait organique chez l’enfant, pour décrire le but que doit se fixer tout homme qui cherche le Royaume.
Il ne s’agit évidemment pas de retourner à l’enfance sous la forme d’un infantilisme religieux naïf ou d’une « obéissance » « spirituelle » exaltée envers ceux dont une personne normale préférerait se tenir éloignée. Il s’agit d’apprendre à faire confiance à Dieu et au Sauveur aussi naturellement et organiquement qu’un enfant fait confiance, dans le cas normal, à ses parents.
Bien sûr, au niveau purement naturel, qu’il s’agisse de physiologie ou de psychologie, de telles relations sont impossibles pour un adulte : l’homme déchu est égoïste par nature. Elles ne peuvent devenir possibles que dans le processus de transfiguration de la nature humaine, qui commence au moment du premier contact avec le Royaume et s’achève par le renouvellement complet et définitif de la nature humaine à la fin des temps. Et une telle transfiguration est importante non seulement pour l’homme lui-même, mais aussi pour le Royaume : car le Royaume est fondé sur des relations, celles de ses habitants entre eux, de chacun d’eux avec le Christ, du Christ lui-même avec son Père céleste. Et plus ces relations seront fortes, plus le Royaume sera plein.
24 Comme ils étaient venus à Capharnaüm, les collecteurs du didrachme s'approchèrent de Pierre et lui dirent : " Est-ce que votre maître ne paie pas le didrachme ? " - |
25 " Mais si ", dit-il. Quand il fut arrivé à la maison, Jésus devança ses paroles en lui disant : " Qu'en penses-tu, Simon ? Les rois de la terre, de qui perçoivent-ils taxes ou impôts ? De leurs fils ou des étrangers ? " |
26 Et comme il répondait : " Des étrangers ", Jésus lui dit : " Par conséquent, les fils sont exempts. |
27 Cependant, pour ne pas les scandaliser, va à la mer, jette l'hameçon, saisis le premier poisson qui montera, et ouvre-lui la bouche : tu y trouveras un statère ; prends-le et donne-le-leur, pour moi et pour toi. " |
La question du paiement de l’impôt comporte plusieurs aspects. D’une part, il y a l’aspect purement historique et juridique. Sur ce point, l’exégèse moderne propose plusieurs interprétations. Il pouvait s’agir de l’impôt du Temple établi par la loi de Moïse, ou peut-être du tribut romain, comme le pensaient de nombreux Pères de l’Église. Mais, d’autre part, il s’agit ici d’une question spirituelle. Nous avons une conception bien arrêtée de la justice, de ce qui est juste et de ce qui ne l’est pas. Nous devons toutefois y réfléchir dans une perspective eschatologique. Ici, dans les limites de la réalité terrestre, les besoins concrets des personnes sont plus importants. Le Seigneur nous indique également comment obtenir les moyens nécessaires à ces besoins : en les gagnant par notre travail. D’un côté, un miracle s’est produit. Mais d’un autre côté, Pierre était pêcheur. Il devait aller jeter sa ligne, c’est-à-dire accomplir son travail habituel. Et c’est alors que le miracle s’est produit.
1 A ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus et dirent : " Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? " |
2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux |
3 et dit : " En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
5 " Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille. |
Lorsque le Seigneur nous donne un enfant en exemple, Il dit que notre tâche pour atteindre le Royaume est de nous convertir et d'être comme des enfants. Quelle est donc la principale différence entre l'adulte et l'enfant ? Entre autres, le fait que l'enfant fait confiance à ses parents sans conditions ni réserves. Sans comprendre la nécessité, sans voir le sens des paroles, des interdictions et des demandes, il fait pourtant confiance. Le chemin de maturation de tout homme passe le plus souvent par le renforcement progressif de la désobéissance, le refus de l'expérience des parents et l'accumulation de la sienne propre.
Dans nos relations avec Dieu, nous nous trouvons aussi souvent devant des choses incompréhensibles, que le Seigneur considère comme données et n'explique même pas beaucoup. Nous devons préserver la vie, nous ne pouvons pas tuer, mentir, trahir, nous devons nous aimer les uns les autres ; et plus une situation concrète de la vie est complexe, moins nous sommes prêts à faire confiance à Dieu, plus souvent nous disons : « mais au nom de quoi, au juste ? » Dans de telles situations, le comportement vraiment enfantin consiste à se tourner vers le Père et à accepter ce qu'Il propose de faire ou de ne pas faire.
1 A ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus et dirent : " Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? " |
2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux |
3 et dit : " En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
5 " Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille. |
Il semble que, pour que les promesses de Dieu commencent à s’accomplir dans notre vie, nous devions revoir notre attitude... envers nous-mêmes. Qui sommes-nous ? Des êtres sages, forts, adultes, justes, connaissant le bien et le mal ? Alors à quoi Dieu nous sert-Il ? Et Dieu ne nous impose ni Sa communion ni Sa présence dans notre vie. Mais si nous voulons nous tenir devant Lui comme des enfants devant leur Père, comme des brebis égarées devant leur Berger, alors Il marchera réellement devant nous et ne nous abandonnera pas.
1 A ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus et dirent : " Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? " |
2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux |
3 et dit : " En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
5 " Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille. |
Les disciples demandent à Jésus qui est considéré comme le plus grand dans le Royaume des Cieux. Cette question ressemble aux disputes scolastiques sur le nombre d'anges qui peuvent tenir sur la pointe d'une aiguille, car elle est de nature purement théorique. Sans comprendre ce qu'est le Royaume de Dieu, ils discutent de la manière dont son échelle hiérarchique est organisée. De même, ils se partagent les places à la droite et à la gauche du Sauveur dans la vie du siècle à venir, sans se rendre compte qu'ils demandent pour eux-mêmes les couronnes du martyre.
La réponse de Jésus surprend par sa simplicité enfantine et son caractère profondément concret. Il ne discute pas avec eux de ce qu'ils ne peuvent comprendre, mais prend pour exemple ce qui leur est familier et proche. Le Christ ne parle ni des anges ni des archanges ; Il prend un enfant et montre en lui l'image d'un citoyen de Son Royaume. Il ne nourrit pas ces discussions théoriques, mais dit directement ce qu'il faut être pour y entrer.
1 A ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus et dirent : " Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? " |
2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux |
3 et dit : " En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
5 " Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille. |
6 Mais si quelqu'un doit scandaliser l'un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui de se voir suspendre autour du cou une de ces meules que tournent les ânes et d'être englouti en pleine mer. |
7 Malheur au monde à cause des scandales! Il est fatal, certes, qu'il arrive des scandales, mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive! |
8 " Si ta main ou ton pied sont pour toi une occasion de péché, coupe-les et jette-les loin de toi : mieux vaut pour toi entrer dans la Vie manchot ou estropié que d'être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel. |
9 Et si ton œil est pour toi une occasion de péché, arrache-le et jette-le loin de toi: mieux vaut pour toi entrer borgne dans la Vie que d'être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu. |
Il est si difficile d'assimiler que le Royaume des Cieux ne ressemble en rien aux royaumes terrestres. C'est pourquoi la question « qui est le plus grand ? », posée par les disciples, montre vivement non seulement leur niveau, car malgré leur proximité avec le Maître ils se laissent encore guider par des notions terrestres. Cette question reflète l'état de toute notre nature déchue, avec les représentations de domination et de soumission qui lui sont propres et qui sont devenues si familières au fil de tant de millénaires.
Chaque fois que quelqu'un cherche à fonder le principe de domination, il n'est pas difficile de remarquer l'espérance de celui qui le fonde : que ce soit justement lui qui dominera. Mais le Christ, comme en bien d'autres cas, nous donne ici un regard tout différent sur le problème. À des adultes, sérieux, habitués à se respecter eux-mêmes, Il propose de devenir comme des enfants. Il nous est recommandé de rejeter ce que nous avons l'habitude de tenir pour une valeur, non seulement le statut social, mais aussi, dans une certaine mesure, l'expérience. Mais si cette expérience est celle d'une vie imprégnée de péché, elle peut ne pas avoir la valeur d'une véritable expérience de vie. Le Christ nous propose de nous ouvrir au Père comme un enfant qui reçoit avec confiance des plus âgés tout ce qui est nouveau. Seulement, à la différence des adultes, le Père n'abusera jamais de la confiance enfantine.
Et ce n'est pas un hasard si, aussitôt après ces paroles, le Christ parle des scandales. Comme il est facile de traumatiser pour toute la vie un enfant confiant, et comme il est amer que des personnes sincèrement attirées vers la lumière se heurtent à des pharisiens et à de faux docteurs. Les paroles sévères sur le retranchement des membres peuvent sembler un appel à se mutiler, mais en réalité nous avons ici, exprimé sous une forme extrême, un appel à être exigeants envers nous-mêmes, à surmonter le mal qui niche en nous. Ce mal ne nous détruit pas seulement nous-mêmes, il menace aussi ceux qui sont près de nous. Et tout particulièrement ceux qui ont su devenir ouverts comme des enfants.
1 A ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus et dirent : " Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? " |
2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux |
3 et dit : " En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
5 " Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille. |
6 Mais si quelqu'un doit scandaliser l'un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui de se voir suspendre autour du cou une de ces meules que tournent les ânes et d'être englouti en pleine mer. |
7 Malheur au monde à cause des scandales! Il est fatal, certes, qu'il arrive des scandales, mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive! |
8 " Si ta main ou ton pied sont pour toi une occasion de péché, coupe-les et jette-les loin de toi : mieux vaut pour toi entrer dans la Vie manchot ou estropié que d'être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel. |
9 Et si ton œil est pour toi une occasion de péché, arrache-le et jette-le loin de toi: mieux vaut pour toi entrer borgne dans la Vie que d'être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu. |
10 " Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux [ |
11 ]. |
Depuis longtemps, la question de l'origine et de la nature du mal dans le monde occupe et tourmente l'homme. Et personne n'aurait sans doute pu en dire davantage que Jésus, qui devait affronter le mal du monde. Pourtant, il parle peu à ses disciples du diable et du mal du monde; il leur dit seulement que le diable est vaincu et qu'un jour viendra où cela deviendra clairement visible pour tous.
En revanche, il parle longuement et en détail à ses disciples et à ceux qui le suivent de la manière de résister au mal dans la vie quotidienne. L'une des tentations les plus sérieuses de cette vie, en ce qui concerne les actes mauvais, est celle de l'impuissance imaginaire de l'homme devant le mal qui s'accomplit. Il ne s'agit même pas de la possibilité d'arrêter ceux qui font le mal, mais de la prétendue absurdité de s'en abstenir. La logique du mal suggère: ta participation ou ta non-participation ne changera rien; si ce n'est pas toi, ce sera un autre. Et en essayant de résister au mal, même sous la forme d'un refus d'y participer, tu ne fais que compliquer ta vie sans rien obtenir du tout, car il n'y a pas moins de mal dans le monde pour autant.
Cette logique paraît d'une simplicité séduisante, et elle serait exhaustive si le monde non transfiguré était l'unique et l'ultime réalité. Mais, heureusement, il n'en est pas ainsi. L'homme qui refuse de participer au mal a une bonne raison d'agir comme il le fait. Il s'agit ici non seulement, ni même principalement, du monde qui gît au pouvoir du mal, mais de l'homme et de son destin spirituel: pourra-t-il entrer dans le Royaume ou demeurera-t-il dans les « ténèbres extérieures »? Même si la situation dans le monde déchu échappe souvent réellement au pouvoir de l'homme — « il faut que les scandales arrivent » —, son propre choix reste toujours en son pouvoir. Jésus ne tient manifestement aucun compte de ce que l'on appelle l'influence du milieu, le déterminisme social et les autres justifications semblables du mal commis par l'homme.
Cela ne signifie évidemment pas qu'il ne tienne pas compte de la situation dans laquelle l'homme doit faire son choix. Il dit seulement que l'on ne doit pas consentir au mal ni capituler intérieurement devant lui en l'acceptant comme norme simplement parce qu'il est la norme du monde déchu. La norme du monde déchu n'est pas une norme, mais une perversion, et quiconque accepte de devenir le conducteur des forces du mal doit s'en souvenir, car « malheur à l'homme par qui le scandale arrive ». Il peut certes se produire que, même en refusant de participer au mal, l'homme ne puisse empêcher ce mal. Mais il pourra l'empêcher de pénétrer dans son propre cœur et ainsi préserver ce cœur pour le Royaume.
1 A ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus et dirent : " Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? " |
2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux |
3 et dit : " En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
5 " Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille. |
6 Mais si quelqu'un doit scandaliser l'un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui de se voir suspendre autour du cou une de ces meules que tournent les ânes et d'être englouti en pleine mer. |
7 Malheur au monde à cause des scandales! Il est fatal, certes, qu'il arrive des scandales, mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive! |
8 " Si ta main ou ton pied sont pour toi une occasion de péché, coupe-les et jette-les loin de toi : mieux vaut pour toi entrer dans la Vie manchot ou estropié que d'être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel. |
9 Et si ton œil est pour toi une occasion de péché, arrache-le et jette-le loin de toi: mieux vaut pour toi entrer borgne dans la Vie que d'être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu. |
10 " Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux [ |
11 ]. |
La question de ce que signifie être comme des enfants préoccupe les chrétiens depuis de nombreux siècles. Cela se comprend: c'est bien la condition indispensable pour entrer dans le Royaume. Le plus souvent, on mentionne ici l'innocence enfantine et la naïveté enfantine. En réalité, cependant, les choses ne sont pas si simples avec la naïveté et l'innocence.
Déjà Augustin avait remarqué que les enfants ne sont nullement innocents; ils n'ont simplement pas encore assez de force ni d'habileté pour pécher «comme des adultes», mais il n'est pas possible de parler de leur absence de péché, ni même d'une moindre culpabilité par rapport aux adultes, car tous les grands pécheurs grandissent naturellement à partir de petits, s'ils ne tentent pas de résister à leur péché. Avec la naïveté non plus, tout n'est pas simple: les enfants comprennent d'habitude beaucoup plus qu'ils ne disent aux adultes, bien que, en règle générale, ils le fassent à leur manière, dans le cadre de leur propre logique et de leurs propres représentations du monde.
Il existe cependant une différence essentielle entre les enfants et les adultes, du moins jusqu'à un certain âge: ils se soucient d'habitude assez peu de l'image qu'ils donnent aux autres et de la place qu'ils occupent dans le monde «adulte». Pendant cette période de leur vie, les enfants ignorent simplement les repères du monde «adulte», tout en comprenant qu'il est une réalité objective. Les adultes perçoivent généralement cette existence de l'enfant comme un jeu permanent, plus important pour lui que la vie que les adultes considèrent comme «réelle».
Pour l'enfant, en ce temps-là, ce qui importe est ce qu'il considère lui-même comme réel et véritable, et non ce qu'il est convenu de considérer comme tel selon des règles admises par tous, auxquelles les adultes eux-mêmes ne croient souvent pas beaucoup. Une telle attitude enfantine devant la vie est un trésor inestimable pour quiconque aspire à une vie spirituelle normale et plénière. Car une vie spirituelle normale est impossible si l'on ne vit pas de ce que l'on reconnaît soi-même comme vrai, authentique, réel.
En grandissant, nous apprenons plus ou moins à renoncer à ce que nous-mêmes considérons comme vrai et authentique au profit de ce qu'il est convenu de considérer comme tel, et nous passons de la réalité à l'illusion, dont nous nous efforçons de toutes nos forces de convaincre nous-mêmes et les autres qu'elle est réelle. Être comme des enfants signifie renoncer à cette tromperie de soi. Ce n'est bien sûr que le premier pas sur le chemin du Royaume, vers la vie spirituelle authentique, mais sans le premier pas il n'y aura pas les suivants, et donc il n'y aura pas non plus de chemin.
1 A ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus et dirent : " Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? " |
2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux |
3 et dit : " En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
5 " Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille. |
6 Mais si quelqu'un doit scandaliser l'un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui de se voir suspendre autour du cou une de ces meules que tournent les ânes et d'être englouti en pleine mer. |
7 Malheur au monde à cause des scandales! Il est fatal, certes, qu'il arrive des scandales, mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive! |
8 " Si ta main ou ton pied sont pour toi une occasion de péché, coupe-les et jette-les loin de toi : mieux vaut pour toi entrer dans la Vie manchot ou estropié que d'être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel. |
9 Et si ton œil est pour toi une occasion de péché, arrache-le et jette-le loin de toi: mieux vaut pour toi entrer borgne dans la Vie que d'être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu. |
10 " Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux [ |
11 ]. |
12 " A votre avis, si un homme possède cent brebis et qu'une d'elles vienne à s'égarer, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes pour s'en aller à la recherche de l'égarée ? |
13 Et s'il parvient à la retrouver, en vérité je vous le dis, il tire plus de joie d'elle que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. |
14 Ainsi on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu'un seul de ces petits se perde. |
Les paroles sur les enfants qu’il faut devenir pour entrer dans le Royaume des Cieux sont reliées par l’évangéliste à une petite parabole sur le berger et la brebis perdue, et cela remet aussitôt tout à sa place. Il ne s’agit pas seulement de devenir faibles, sans défense et dépendants, même s’il nous est parfois vraiment nécessaire de nous sentir enfants devant Dieu ; le Christ parle clairement ici d’une « nouvelle enfance », c’est-à-dire d’une seconde naissance : non seulement de nous sentir enfants par rapport à Dieu, mais de devenir réellement enfants du Père céleste, et ici aucune infantilité n’a sa place, tant cet appel est élevé.
Dans cette compréhension, le commandement habituel « soyez comme des enfants » devient un appel insondable à participer à la vie de Dieu, à devenir des fils et des filles bien-aimés dans le Fils unique bien-aimé : le chemin qui s’ouvre devant nous dans la Résurrection du Christ...
1 A ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus et dirent : " Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? " |
2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux |
3 et dit : " En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
5 " Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille. |
6 Mais si quelqu'un doit scandaliser l'un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui de se voir suspendre autour du cou une de ces meules que tournent les ânes et d'être englouti en pleine mer. |
7 Malheur au monde à cause des scandales! Il est fatal, certes, qu'il arrive des scandales, mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive! |
8 " Si ta main ou ton pied sont pour toi une occasion de péché, coupe-les et jette-les loin de toi : mieux vaut pour toi entrer dans la Vie manchot ou estropié que d'être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel. |
9 Et si ton œil est pour toi une occasion de péché, arrache-le et jette-le loin de toi: mieux vaut pour toi entrer borgne dans la Vie que d'être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu. |
10 " Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux [ |
11 ]. |
12 " A votre avis, si un homme possède cent brebis et qu'une d'elles vienne à s'égarer, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes pour s'en aller à la recherche de l'égarée ? |
13 Et s'il parvient à la retrouver, en vérité je vous le dis, il tire plus de joie d'elle que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. |
14 Ainsi on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu'un seul de ces petits se perde. |
Comment comprendre les paroles selon lesquelles il faut devenir comme des enfants pour entrer dans le Royaume des Cieux ? Sans doute chacun de ceux qui connaissent un peu les petits enfants sait qu’ils ne sont nullement des anges (bien que leurs anges se tiennent devant le trône du Très-Haut dans les cieux). Peut-être l’essentiel est-il justement dans leur petitesse, leur absence de défense, leur dépendance à l’égard des parents — car le Seigneur parle précisément d’abaissement (v. 4). Ils sont les plus exposés au danger du scandale, de la tromperie, de l’action du mal du monde ; c’est pourquoi ils ont tant besoin de l’amour et de la protection de Dieu. Apparemment, ce sont précisément de telles relations avec Dieu qui constituent la réalisation du Royaume des Cieux.
22 Comme ils se trouvaient réunis en Galilée, Jésus leur dit : " Le Fils de l'homme va être livré aux mains des hommes, |
23 et ils le tueront, et, le troisième jour, il ressuscitera. " Et ils en furent tout consternés. |
24 Comme ils étaient venus à Capharnaüm, les collecteurs du didrachme s'approchèrent de Pierre et lui dirent : " Est-ce que votre maître ne paie pas le didrachme ? " - |
25 " Mais si ", dit-il. Quand il fut arrivé à la maison, Jésus devança ses paroles en lui disant : " Qu'en penses-tu, Simon ? Les rois de la terre, de qui perçoivent-ils taxes ou impôts ? De leurs fils ou des étrangers ? " |
26 Et comme il répondait : " Des étrangers ", Jésus lui dit : " Par conséquent, les fils sont exempts. |
27 Cependant, pour ne pas les scandaliser, va à la mer, jette l'hameçon, saisis le premier poisson qui montera, et ouvre-lui la bouche : tu y trouveras un statère ; prends-le et donne-le-leur, pour moi et pour toi. " |
Alors, que veut Dieu de nous ? Que nous vivions, que nous vivions dans l’amour et que nous ne soyons pas raides de nuque (quelle expression juste pour nous tous). Pourtant, nous continuons à rechercher une « belle vie »—au sens de l’aisance matérielle... Il semble qu’après avoir commencé à prêcher, Jésus n’ait même plus tenu d’argent dans Ses mains. Mais Il vit dans l’amour et, par amour, Il est prêt à accomplir quelque chose d’insensé : payer l’impôt à Son propre Père. Et pourtant, Il utilise même cela comme un geste prophétique : le Père Lui envoie l’argent destiné à l’impôt du Temple.
22 Comme ils se trouvaient réunis en Galilée, Jésus leur dit : " Le Fils de l'homme va être livré aux mains des hommes, |
23 et ils le tueront, et, le troisième jour, il ressuscitera. " Et ils en furent tout consternés. |
24 Comme ils étaient venus à Capharnaüm, les collecteurs du didrachme s'approchèrent de Pierre et lui dirent : " Est-ce que votre maître ne paie pas le didrachme ? " - |
25 " Mais si ", dit-il. Quand il fut arrivé à la maison, Jésus devança ses paroles en lui disant : " Qu'en penses-tu, Simon ? Les rois de la terre, de qui perçoivent-ils taxes ou impôts ? De leurs fils ou des étrangers ? " |
26 Et comme il répondait : " Des étrangers ", Jésus lui dit : " Par conséquent, les fils sont exempts. |
27 Cependant, pour ne pas les scandaliser, va à la mer, jette l'hameçon, saisis le premier poisson qui montera, et ouvre-lui la bouche : tu y trouveras un statère ; prends-le et donne-le-leur, pour moi et pour toi. " |
De manière étonnante, le récit où le Christ a averti ses disciples de tout ce qu'Il devait subir voisine avec une esquisse montrant un épisode des relations du Christ avec ses disciples. Les paroles du Christ sur ses souffrances attristèrent les disciples, mais elles n'ont pas été reçues par eux comme elles auraient dû l'être. Il n'est pas exclu que certains disciples aient essayé de chasser de leur tête ces informations désagréables. La composition même du récit semble le souligner: un bref récit cède vite la place à une histoire racontée en détail.
Pourquoi les collecteurs de l'impôt du Temple se sont-ils adressés à Pierre, et non directement à Jésus? À ce moment-là, Il devait déjà être devenu si respecté parmi le peuple que les collecteurs étaient gênés de s'approcher de Lui simplement. Et voici que Pierre, en l'absence du Maître, parle en son nom. Mais une situation ambiguë apparaît ainsi: même si Pierre est placé à la tête des apôtres, il n'est pas pour autant à la place du Maître. Pierre répond pourtant sans avoir consulté le Christ, bien qu'Il soit tout près.
Le Christ ne désavoue pas ce qu'a dit Pierre, Il ne le met pas dans une situation embarrassante devant les collecteurs des offrandes. Mais à Pierre lui-même, Il entrouvre encore une face mystérieuse de la vocation du disciple: ceux qui suivent le Christ sont appelés fils du Père céleste, car la collecte de l'impôt pour le Temple est comparée à la perception des taxes dont les enfants des rois sont dispensés.
Mais se soustraire aux obligations ne doit scandaliser personne. Le fait que les fils soient libres et ne soient pas tenus d'accomplir beaucoup de ce qui est obligatoire pour les autres ne signifie pas pour autant qu'ils ne doivent pas tenir compte de ceux qui les entourent.
14 Comme ils rejoignaient la foule, un homme s'approcha de lui et, s'agenouillant, lui dit: |
15 " Seigneur, aie pitié de mon fils, qui est lunatique et va très mal : souvent il tombe dans le feu, et souvent dans l'eau. |
16 Je l'ai présenté à tes disciples, et ils n'ont pas pu le guérir. " - |
17 " Engeance incrédule et pervertie, répondit Jésus, jusques à quand serai-je avec vous ? Jusques à quand ai-je à vous supporter ? Apportez-le-moi ici. " |
18 Et Jésus le menaça, et le démon sortit de l'enfant qui, de ce moment, fut guéri. |
19 Alors les disciples, s'approchant de Jésus, dans le privé, lui demandèrent : " Pourquoi nous autres, n'avons-nous pu l'expulser ? " - |
20 " Parce que vous avez peu de foi, leur dit-il. Car, je vous le dis en vérité, si vous avez de la foi comme un grain de sénevé, vous direz à cette montagne : Déplace-toi d'ici à là, et elle se déplacera, et rien ne vous sera impossible. " |
21 |
22 Comme ils se trouvaient réunis en Galilée, Jésus leur dit : " Le Fils de l'homme va être livré aux mains des hommes, |
23 et ils le tueront, et, le troisième jour, il ressuscitera. " Et ils en furent tout consternés. |
24 Comme ils étaient venus à Capharnaüm, les collecteurs du didrachme s'approchèrent de Pierre et lui dirent : " Est-ce que votre maître ne paie pas le didrachme ? " - |
25 " Mais si ", dit-il. Quand il fut arrivé à la maison, Jésus devança ses paroles en lui disant : " Qu'en penses-tu, Simon ? Les rois de la terre, de qui perçoivent-ils taxes ou impôts ? De leurs fils ou des étrangers ? " |
26 Et comme il répondait : " Des étrangers ", Jésus lui dit : " Par conséquent, les fils sont exempts. |
27 Cependant, pour ne pas les scandaliser, va à la mer, jette l'hameçon, saisis le premier poisson qui montera, et ouvre-lui la bouche : tu y trouveras un statère ; prends-le et donne-le-leur, pour moi et pour toi. " |
Les disciples n'avaient-ils donc pas même une foi grosse comme un grain de moutarde, puisqu'ils n'ont pas pu chasser le démon du jeune homme ? Mais nous avons lu qu'auparavant ils y parvenaient : le Seigneur Lui-même leur avait donné autorité sur les esprits impurs.
Apparemment, la force de la foi n'est pas simplement le degré de notre certitude concernant telle ou telle vérité sur Dieu ou sur le monde. Le Seigneur lie en un tout la foi et la prière, c'est-à-dire la communion avec Dieu. Il ne s'agit donc pas de certitude, mais de proximité avec Dieu, d'unité intérieure avec Lui. Ce n'est pas un hasard si le Seigneur mentionne le jeûne : en jeûnant, l'homme puise sa force vitale non dans la nourriture, mais dans la communion avec Dieu, il vit de Sa vie. Une telle unité ne nous est pas donnée une fois pour toutes. Aujourd'hui nous pouvons être plus proches de Dieu, demain plus éloignés, même si cela n'est pas toujours déterminé par nos impressions subjectives. Par conséquent, ce qui sépare la foi de l'incrédulité n'est pas le doute sur l'existence de Dieu, mais la fermeture intérieure à Lui : l'absence de prière, l'absence d'élan vers Lui.
14 Comme ils rejoignaient la foule, un homme s'approcha de lui et, s'agenouillant, lui dit: |
15 " Seigneur, aie pitié de mon fils, qui est lunatique et va très mal : souvent il tombe dans le feu, et souvent dans l'eau. |
16 Je l'ai présenté à tes disciples, et ils n'ont pas pu le guérir. " - |
17 " Engeance incrédule et pervertie, répondit Jésus, jusques à quand serai-je avec vous ? Jusques à quand ai-je à vous supporter ? Apportez-le-moi ici. " |
18 Et Jésus le menaça, et le démon sortit de l'enfant qui, de ce moment, fut guéri. |
19 Alors les disciples, s'approchant de Jésus, dans le privé, lui demandèrent : " Pourquoi nous autres, n'avons-nous pu l'expulser ? " - |
20 " Parce que vous avez peu de foi, leur dit-il. Car, je vous le dis en vérité, si vous avez de la foi comme un grain de sénevé, vous direz à cette montagne : Déplace-toi d'ici à là, et elle se déplacera, et rien ne vous sera impossible. " |
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22 Comme ils se trouvaient réunis en Galilée, Jésus leur dit : " Le Fils de l'homme va être livré aux mains des hommes, |
23 et ils le tueront, et, le troisième jour, il ressuscitera. " Et ils en furent tout consternés. |
24 Comme ils étaient venus à Capharnaüm, les collecteurs du didrachme s'approchèrent de Pierre et lui dirent : " Est-ce que votre maître ne paie pas le didrachme ? " - |
25 " Mais si ", dit-il. Quand il fut arrivé à la maison, Jésus devança ses paroles en lui disant : " Qu'en penses-tu, Simon ? Les rois de la terre, de qui perçoivent-ils taxes ou impôts ? De leurs fils ou des étrangers ? " |
26 Et comme il répondait : " Des étrangers ", Jésus lui dit : " Par conséquent, les fils sont exempts. |
27 Cependant, pour ne pas les scandaliser, va à la mer, jette l'hameçon, saisis le premier poisson qui montera, et ouvre-lui la bouche : tu y trouveras un statère ; prends-le et donne-le-leur, pour moi et pour toi. " |
La Résurrection est le centre même de la Bonne Nouvelle, mais elle est aussi la nouvelle la plus difficile à recevoir pour nous. Lorsque les disciples entendirent Jésus annoncer Sa mort et Sa Résurrection, ils « furent profondément attristés » ; ils n’entendirent que les paroles sur la mort, et ne comprirent pas celles sur la Résurrection.
Cela n’a rien d’étonnant : la mort et la corruption constituent le fondement de notre expérience de la vie ; partout autour de nous règnent la perte, la maladie et la peine. C’est pourquoi nous ne doutons pas que la mort ait touché le Christ ; il est facile d’y croire, car elle touche tous les hommes. Mais avec la Résurrection, c’est plus difficile : nous ne sommes pas toujours capables de connaître cette réalité par expérience. Elle nous paraît trop bonne pour être vraie. Elle n’est entrée dans la vie des apôtres que lorsqu’ils ont vu de leurs propres yeux le Christ ressuscité. Elle peut entrer dans notre vie de la même manière que dans la leur : par la rencontre pascale, par la foi et par l’amour.
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