27 C’est celui dont il est écrit :Voici que j’envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi.
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Jésus attire avec insistance l’attention des disciples sur l’essence du ministère de Jean, sur sa vocation : préparer les chemins du Seigneur. Quel est donc le sens de cette préparation ? Il semblerait que nous ne puissions jamais être définitivement prêts à Sa venue. Et ailleurs, le Christ dit (Mt 24:36-39) que nous ne pouvons connaître ni le jour ni l’heure de la venue du Fils de l’homme. En effet, quels que soient nos efforts sur nous-mêmes, notre nature pécheresse n’est vaincue par nous qu’avec difficulté. Et le Christ, par Jean, nous indique l’unique manière d’être prêts à Le rencontrer : le repentir, la conscience de nos péchés. Et le repentir ne signifie nullement se revêtir pour toujours de vêtements noirs et pleurer sans fin sur son indignité. Le repentir est la rencontre avec la réalité de notre péché, de notre défiguration, dont nous sommes le plus souvent nous-mêmes responsables. Et la conscience de cela est le commencement de notre chemin vers Dieu, le « redressement » de ce chemin.
Mais la rencontre suivante qui doit nous arriver est la conscience de la miséricorde de Dieu, de Son pardon qui dépasse toute profondeur de notre chute. Dans la vie de chacun de nous, il y a des situations où il semble que nous soyons irrémédiablement tombés loin de Dieu, où nous pensons que notre péché nous a définitivement séparés du salut. Mais aussi souvent que nous nous détournions de Dieu, aussi souvent que nous péchions, Il nous attend, Il attend notre repentir. Car « les montagnes s’éloigneront et les collines chancelleront, mais Ma miséricorde ne s’éloignera pas de toi, et Mon alliance de paix ne chancellera pas, dit le Seigneur qui a compassion de toi » (Is 54:10). Et le premier pas vers Lui est le baptême de Jean, c’est-à-dire le repentir.
18 Les disciples de Jean l’informèrent de tout cela. Appelant à lui deux de ses disciples, Jean |
19 les envoya dire au Seigneur : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » |
20 Arrivés auprès de lui, ces hommes dirent : « Jean le Baptiste nous envoie te dire : Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » |
21 À cette heure-là, il guérit beaucoup de gens affligés de maladies, d’infirmités, d’esprits mauvais, et rendit la vue à beaucoup d’aveugles. |
22 Puis il répondit aux envoyés : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ; |
23 et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! » |
24 Quand les envoyés de Jean furent partis, il se mit à dire aux foules au sujet de Jean : « Qu’êtes-vous allés contempler au désert ? Un roseau agité par le vent ? |
25 Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu d’habits délicats ? Mais ceux qui ont des habits magnifiques et vivent dans les délices sont dans les palais royaux. |
26 Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un prophète ? Oui, je vous le dis, et plus qu’un prophète. |
27 C’est celui dont il est écrit :Voici que j’envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi.
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28 « Je vous le dis : de plus grand que Jean parmi les enfants des femmes, il n’y en a pas ; et cependant le plus petit dans le Royaume de Dieu est plus grand que lui. |
29 Tout le peuple qui a écouté, et même les publicains, ont justifié Dieu en se faisant baptiser du baptême de Jean ; |
30 mais les Pharisiens et les légistes ont annulé pour eux le dessein de Dieu en ne se faisant pas baptiser par lui. |
31 « À qui donc vais-je comparer les hommes de cette génération ? À qui ressemblent-ils ? |
32 Ils ressemblent à ces gamins qui sont assis sur une place et s’interpellent les uns les autres, en disant :“Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé ! Nous avons entonné un chant funèbre, et vous n’avez pas pleuré !” |
33 « Jean le Baptiste est venu en effet, ne mangeant pas de pain ni ne buvant de vin, et vous dites : « Il est possédé ! » |
34 Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et vous dites : « Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs ! » |
35 Et la Sagesse a été justifiée par tous ses enfants. » |
Beaucoup, dans le peuple, ne voient en Jésus qu'un prophète, sans comprendre qu'Il est le Messie. Mais pourquoi la question de savoir qui Il est vient-elle de Jean, qui L'a reconnu lors de Son baptême ? On considère traditionnellement que Jean envoyait ses disciples pour que la réponse de Jésus Lui-même dissipe leurs doutes, tandis que Jean, en tant que prophète, percevait déjà la bonne réponse. Mais nous savons que la vérité n'était pas révélée en permanence aux prophètes et qu'il leur arrivait aussi d'être tourmentés par le doute. Même un homme comme Jean pouvait donc se remettre à réfléchir à ce qui lui avait récemment semblé aller de soi, d'autant plus qu'il était en prison et n'avait qu'un accès limité à des informations fiables venant de l'extérieur. On peut toutefois supposer aussi que, même en percevant spirituellement la vérité, Jean voulait recevoir du Christ une confirmation directe de ce dont il ne doutait pas. Si tel est le cas, on peut également se rappeler l'« incrédulité » de Thomas, qui voulait s'assurer personnellement de la Résurrection.
Certains lecteurs de l'Évangile ont exprimé leur perplexité : où est donc la réponse qui confirme cela ? Jésus a demandé aux disciples de Jean de rapporter beaucoup de choses à leur maître, mais Il n'a pas dit directement qu'Il était bien le Messie. Or tout ce que le Christ leur a demandé de raconter à Jean constitue précisément les signes de l'avènement des temps messianiques indiqués par les prophètes de l'Ancien Testament. Pour ceux qui connaissaient les images des discours prophétiques, tout cela était une confirmation directe.
Puis Jésus appelle Jean non pas simplement un prophète, mais celui qui est plus qu'un prophète. La grandeur et la profondeur spirituelle de Jean seront dépassées par quiconque sera jugé digne d'entrer dans le Royaume de Dieu ; mais, pour que celui-ci advienne, la prédication sacrificielle de Jean était nécessaire : elle était l'un des signes de la venue du Messie.
18 Les disciples de Jean l’informèrent de tout cela. Appelant à lui deux de ses disciples, Jean |
19 les envoya dire au Seigneur : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » |
20 Arrivés auprès de lui, ces hommes dirent : « Jean le Baptiste nous envoie te dire : Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » |
21 À cette heure-là, il guérit beaucoup de gens affligés de maladies, d’infirmités, d’esprits mauvais, et rendit la vue à beaucoup d’aveugles. |
22 Puis il répondit aux envoyés : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ; |
23 et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! » |
24 Quand les envoyés de Jean furent partis, il se mit à dire aux foules au sujet de Jean : « Qu’êtes-vous allés contempler au désert ? Un roseau agité par le vent ? |
25 Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu d’habits délicats ? Mais ceux qui ont des habits magnifiques et vivent dans les délices sont dans les palais royaux. |
26 Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un prophète ? Oui, je vous le dis, et plus qu’un prophète. |
27 C’est celui dont il est écrit :Voici que j’envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi.
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28 « Je vous le dis : de plus grand que Jean parmi les enfants des femmes, il n’y en a pas ; et cependant le plus petit dans le Royaume de Dieu est plus grand que lui. |
29 Tout le peuple qui a écouté, et même les publicains, ont justifié Dieu en se faisant baptiser du baptême de Jean ; |
30 mais les Pharisiens et les légistes ont annulé pour eux le dessein de Dieu en ne se faisant pas baptiser par lui. |
31 « À qui donc vais-je comparer les hommes de cette génération ? À qui ressemblent-ils ? |
32 Ils ressemblent à ces gamins qui sont assis sur une place et s’interpellent les uns les autres, en disant :“Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé ! Nous avons entonné un chant funèbre, et vous n’avez pas pleuré !” |
33 « Jean le Baptiste est venu en effet, ne mangeant pas de pain ni ne buvant de vin, et vous dites : « Il est possédé ! » |
34 Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et vous dites : « Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs ! » |
35 Et la Sagesse a été justifiée par tous ses enfants. » |
Dans l'Évangile de Luc, nous lirons encore plus d'une fois le récit des différents miracles accomplis par Jésus-Christ. Le moment est venu pour l'évangéliste d'expliquer au lecteur pourquoi il rapporte toutes ces histoires dans son livre. Le mystère nous est révélé lorsque Jésus, répondant aux disciples du Baptiste, cite les prophéties d'Isaïe (Is 35,5-6 ; 61,1-2), qui annonçaient le Jour du Seigneur et la venue du Royaume messianique de Dieu. Les aveugles et les boiteux de ce Royaume sont les hommes que Jésus a guéris, mais pas seulement eux : ce sont aussi ceux dont le cœur a retrouvé la vue, dont l'esprit a été guéri et qui ont découvert leur vocation et le but de leur vie. Ce n'est pas par hasard que le Seigneur les oppose aux pharisiens et aux légistes qui n'ont pas voulu retrouver la vue ni être guéris, incapables de répondre à l'Évangile et de comprendre le message du Baptiste et de Jésus sur la venue du Royaume. Ainsi, le sens des miracles messianiques s'étend aussi à la vie de ceux qui n'ont jamais boité et ont toujours bien vu, aux lecteurs de l'Évangile, anciens et modernes.
18 Les disciples de Jean l’informèrent de tout cela. Appelant à lui deux de ses disciples, Jean |
19 les envoya dire au Seigneur : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » |
20 Arrivés auprès de lui, ces hommes dirent : « Jean le Baptiste nous envoie te dire : Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » |
21 À cette heure-là, il guérit beaucoup de gens affligés de maladies, d’infirmités, d’esprits mauvais, et rendit la vue à beaucoup d’aveugles. |
22 Puis il répondit aux envoyés : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ; |
23 et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! » |
24 Quand les envoyés de Jean furent partis, il se mit à dire aux foules au sujet de Jean : « Qu’êtes-vous allés contempler au désert ? Un roseau agité par le vent ? |
25 Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu d’habits délicats ? Mais ceux qui ont des habits magnifiques et vivent dans les délices sont dans les palais royaux. |
26 Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un prophète ? Oui, je vous le dis, et plus qu’un prophète. |
27 C’est celui dont il est écrit :Voici que j’envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi.
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28 « Je vous le dis : de plus grand que Jean parmi les enfants des femmes, il n’y en a pas ; et cependant le plus petit dans le Royaume de Dieu est plus grand que lui. |
29 Tout le peuple qui a écouté, et même les publicains, ont justifié Dieu en se faisant baptiser du baptême de Jean ; |
30 mais les Pharisiens et les légistes ont annulé pour eux le dessein de Dieu en ne se faisant pas baptiser par lui. |
31 « À qui donc vais-je comparer les hommes de cette génération ? À qui ressemblent-ils ? |
32 Ils ressemblent à ces gamins qui sont assis sur une place et s’interpellent les uns les autres, en disant :“Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé ! Nous avons entonné un chant funèbre, et vous n’avez pas pleuré !” |
33 « Jean le Baptiste est venu en effet, ne mangeant pas de pain ni ne buvant de vin, et vous dites : « Il est possédé ! » |
34 Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et vous dites : « Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs ! » |
35 Et la Sagesse a été justifiée par tous ses enfants. » |
La question de Jean le Baptiste peut sembler étrange : il a été le premier à reconnaître en Jésus le Messie, et voici qu'il semble douter de la révélation reçue. Pourquoi ? Probablement pour la même raison que beaucoup de ses contemporains n'ont pas non plus reconnu en lui le Messie. De fait, on attendait du Messie certains actes bien précis, et Jésus ne les accomplissait toujours pas. Il semble sans cesse laisser entendre qu'il est le Messie, mais ne fait pas ce que tous attendaient alors du Messie. Du moins, il ne fait pas tout ce qu'on attendait de lui.
Il ne déclenche pas de soulèvement messianique et ne cherche pas à bâtir un royaume terrestre. Jean attendait probablement, lui aussi, quelque chose de ce genre du Messie, puisqu'il partageait les conceptions messianiques de ses contemporains. Certes, dans les milieux esséniens où Jean avait très probablement passé sa jeunesse, on voyait le Messie un peu autrement. Mais le comportement de Jésus ne répondait pas non plus aux conceptions messianiques esséniennes, et l'on ignore si Jean les partageait encore à l'âge adulte. Quoi qu'il en soit, sa question était très probablement liée à des attentes messianiques déçues.
Il pouvait penser que Jésus n'était pas encore le Messie lui-même, mais l'un des grands prophètes que Dieu avait chargés de préparer la venue du Messie, comme il l'avait chargé lui-même. En réponse, Jésus lui montre les signes manifestes de la proximité du Royaume : les miracles, les guérisons, les résurrections. C'était bien là le Royaume qu'il avait apporté dans le monde, et Jésus voulait manifestement faire comprendre à Jean qu'il n'y avait pas d'autre Royaume. En même temps, il désigne ce qui empêche les hommes qui l'entourent de voir ce Royaume. Il résume le problème en une phrase : la sagesse est justifiée par ses enfants, entendant par là ceux qui partagent cette sagesse et s'y tiennent.
C'est là que s'enracine le problème : chacun de nous, hommes du monde déchu, s'est habitué à voir la réalité non telle qu'elle est, mais telle qu'il se la représente. La sagesse humaine peut être une conception du monde élaborée ou un ensemble d'idées très simples, que ceux qui y adhèrent n'ont pas toujours même pleinement réfléchies. Mais, dans tous les cas, l'homme devient l'enfant de sa propre sagesse, voire son esclave.
C'est elle qui façonne sa vision et sa perception du monde. Tel un prisme, elle réfracte la réalité qui l'entoure pour la faire correspondre à cette « sagesse ». Et elle retranche ce qui ne tient pas dans ses limites. Même Jean n'en était pas entièrement affranchi, bien qu'il fût, selon le témoignage du Sauveur, « plus qu'un prophète ». Or le Royaume ne tient dans les limites d'aucune conception. On ne peut y entrer qu'en renonçant à la sagesse humaine, celle qui permet à l'homme d'habiter ce monde, mais qui ne le laissera pas devenir un habitant du Royaume.
18 Les disciples de Jean l’informèrent de tout cela. Appelant à lui deux de ses disciples, Jean |
19 les envoya dire au Seigneur : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » |
20 Arrivés auprès de lui, ces hommes dirent : « Jean le Baptiste nous envoie te dire : Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » |
21 À cette heure-là, il guérit beaucoup de gens affligés de maladies, d’infirmités, d’esprits mauvais, et rendit la vue à beaucoup d’aveugles. |
22 Puis il répondit aux envoyés : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ; |
23 et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! » |
24 Quand les envoyés de Jean furent partis, il se mit à dire aux foules au sujet de Jean : « Qu’êtes-vous allés contempler au désert ? Un roseau agité par le vent ? |
25 Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu d’habits délicats ? Mais ceux qui ont des habits magnifiques et vivent dans les délices sont dans les palais royaux. |
26 Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un prophète ? Oui, je vous le dis, et plus qu’un prophète. |
27 C’est celui dont il est écrit :Voici que j’envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi.
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28 « Je vous le dis : de plus grand que Jean parmi les enfants des femmes, il n’y en a pas ; et cependant le plus petit dans le Royaume de Dieu est plus grand que lui. |
29 Tout le peuple qui a écouté, et même les publicains, ont justifié Dieu en se faisant baptiser du baptême de Jean ; |
30 mais les Pharisiens et les légistes ont annulé pour eux le dessein de Dieu en ne se faisant pas baptiser par lui. |
31 « À qui donc vais-je comparer les hommes de cette génération ? À qui ressemblent-ils ? |
32 Ils ressemblent à ces gamins qui sont assis sur une place et s’interpellent les uns les autres, en disant :“Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé ! Nous avons entonné un chant funèbre, et vous n’avez pas pleuré !” |
33 « Jean le Baptiste est venu en effet, ne mangeant pas de pain ni ne buvant de vin, et vous dites : « Il est possédé ! » |
34 Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et vous dites : « Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs ! » |
35 Et la Sagesse a été justifiée par tous ses enfants. » |
La lecture d’aujourd’hui touche un thème très important, lié au service et au témoignage non seulement de Jean le Baptiste, mais aussi de Jésus Lui-même. Pour Jésus, ce que beaucoup de ceux qui venaient à Jean n’ont pas vu est absolument évident : il était le plus grand de tous les prophètes qui aient jamais prêché au peuple de Dieu (v. 28). Or ceux qui ne reconnaissent pas Jean sont justement ceux qui se considéraient comme le reste messianique dont parlaient les prophètes : les pharisiens et les maîtres de la Torah, les « scribes » (v. 30). Et dans le passage d’aujourd’hui, nous voyons comment Jésus explique ce refus. Il compare ceux qui rejettent Jean à des enfants vexés contre leurs camarades, qui ne veulent pas jouer selon les règles qu’ils ont fixées (v. 32). Voilà pourquoi ni l’ascétisme strict de Jean ni l’accessibilité et l’ouverture de Jésus ne leur conviennent (v. 33–34).
Jésus exprime le fond du problème en une seule phrase : la sagesse est justifiée par ses enfants (v. 35). Pour mieux comprendre cette phrase, il faut garder à l’esprit que, chez les Juifs, la notion de sagesse était depuis longtemps associée non pas tant à la théorie et au savoir abstrait qu’à la pratique. Au début, il s’agissait des compétences pratiques de tel ou tel métier ; plus tard, de la pratique des relations humaines, si nécessaire aux dirigeants, aux juges et aux hommes d’État ; puis, après l’exil de Babylone, on associa aussi à la sagesse la pratique de l’observance de la Torah, qui exigeait elle aussi une certaine compétence, que l’on pourrait appeler, en un sens, l’art de vivre dans la justice.
Jésus a en vue une autre compétence et une autre pratique : la pratique de ces débats théologiques qu’aimaient tant les rabbins savants et les croyants simplement instruits. À l’époque évangélique, ce genre de débats était l’occupation et le passe-temps favori de beaucoup d’habitants de Jérusalem. Et il arriva que, pour beaucoup, à ce qu’il semble, ces débats devinrent une fin en soi. Il ne s’agissait plus de comprendre, en lisant l’Écriture, la volonté de Dieu à travers elle, mais d’imaginer encore d’autres interprétations de ce qu’on avait lu.
Bien sûr, de tels exercices intellectuels sont en eux-mêmes assez inoffensifs, et ils peuvent même parfois être utiles. Mais si l’on s’y attache trop, ils éloignent parfois de la réalité. Car tous ces exercices gardent toujours, dans une certaine mesure, un caractère conventionnel. Et si l’on s’habitue à voir le monde exclusivement à travers le prisme de concepts théologiques, même fondés sur l’Écriture, il devient très facile de ne pas voir derrière eux Dieu et Celui qu’Il envoie dans le monde. D’autant plus qu’en accueillant le Christ, il faudra renoncer à beaucoup de concepts. On voudrait bien sûr que le Messie réel leur corresponde, afin de n’avoir à renoncer à rien. Mais la correspondance n’existe pas, et il faut alors choisir. Pour certains, leur propre sagesse peut devenir plus importante que le Royaume. Et là, même Dieu ne peut rien y faire : tel est le prix de la liberté humaine.
18 Les disciples de Jean l’informèrent de tout cela. Appelant à lui deux de ses disciples, Jean |
19 les envoya dire au Seigneur : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » |
20 Arrivés auprès de lui, ces hommes dirent : « Jean le Baptiste nous envoie te dire : Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » |
21 À cette heure-là, il guérit beaucoup de gens affligés de maladies, d’infirmités, d’esprits mauvais, et rendit la vue à beaucoup d’aveugles. |
22 Puis il répondit aux envoyés : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ; |
23 et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! » |
24 Quand les envoyés de Jean furent partis, il se mit à dire aux foules au sujet de Jean : « Qu’êtes-vous allés contempler au désert ? Un roseau agité par le vent ? |
25 Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu d’habits délicats ? Mais ceux qui ont des habits magnifiques et vivent dans les délices sont dans les palais royaux. |
26 Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un prophète ? Oui, je vous le dis, et plus qu’un prophète. |
27 C’est celui dont il est écrit :Voici que j’envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi.
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28 « Je vous le dis : de plus grand que Jean parmi les enfants des femmes, il n’y en a pas ; et cependant le plus petit dans le Royaume de Dieu est plus grand que lui. |
29 Tout le peuple qui a écouté, et même les publicains, ont justifié Dieu en se faisant baptiser du baptême de Jean ; |
30 mais les Pharisiens et les légistes ont annulé pour eux le dessein de Dieu en ne se faisant pas baptiser par lui. |
31 « À qui donc vais-je comparer les hommes de cette génération ? À qui ressemblent-ils ? |
32 Ils ressemblent à ces gamins qui sont assis sur une place et s’interpellent les uns les autres, en disant :“Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé ! Nous avons entonné un chant funèbre, et vous n’avez pas pleuré !” |
33 « Jean le Baptiste est venu en effet, ne mangeant pas de pain ni ne buvant de vin, et vous dites : « Il est possédé ! » |
34 Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et vous dites : « Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs ! » |
35 Et la Sagesse a été justifiée par tous ses enfants. » |
Pourquoi Jean, qui avait lui-même témoigné de Jésus et vu l'Esprit descendre sur lui, lui envoie-t-il soudain ses disciples avec une telle question? Veut-il peut-être affermir leur foi? Ou peut-être traversait-il lui-même en prison les dernières épreuves de la foi?
Dans tous les cas, cette question est extrêmement importante pour nous: « Es-tu celui qui doit venir? » Nous sommes appelés non simplement à « croire », mais à faire un pas tout à fait décisif: nous charger de la croix et le suivre. Et pour cela, nous devons être certains que c'est bien lui.
Jésus répond par les paroles d'une prophétie messianique: que les disciples de Jean jugent d'après les œuvres mêmes qu'il accomplit. Il semble qu'il ne nous reste rien d'autre non plus: regarder ce qu'il accomplit dans notre vie et dans celle de nos proches, et en tirer les bonnes conclusions.
17 Et ce propos se répandit à son sujet dans la Judée entière et tout le pays d’alentour. |
18 Les disciples de Jean l’informèrent de tout cela. Appelant à lui deux de ses disciples, Jean |
19 les envoya dire au Seigneur : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » |
20 Arrivés auprès de lui, ces hommes dirent : « Jean le Baptiste nous envoie te dire : Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » |
21 À cette heure-là, il guérit beaucoup de gens affligés de maladies, d’infirmités, d’esprits mauvais, et rendit la vue à beaucoup d’aveugles. |
22 Puis il répondit aux envoyés : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ; |
23 et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! » |
24 Quand les envoyés de Jean furent partis, il se mit à dire aux foules au sujet de Jean : « Qu’êtes-vous allés contempler au désert ? Un roseau agité par le vent ? |
25 Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu d’habits délicats ? Mais ceux qui ont des habits magnifiques et vivent dans les délices sont dans les palais royaux. |
26 Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un prophète ? Oui, je vous le dis, et plus qu’un prophète. |
27 C’est celui dont il est écrit :Voici que j’envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi.
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28 « Je vous le dis : de plus grand que Jean parmi les enfants des femmes, il n’y en a pas ; et cependant le plus petit dans le Royaume de Dieu est plus grand que lui. |
29 Tout le peuple qui a écouté, et même les publicains, ont justifié Dieu en se faisant baptiser du baptême de Jean ; |
30 mais les Pharisiens et les légistes ont annulé pour eux le dessein de Dieu en ne se faisant pas baptiser par lui. |
Lorsque nous lisons dans l'Évangile selon Luc que Jean le Baptiste, emprisonné, envoie ses disciples interroger le Seigneur Jésus : « Es-Tu Celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? », le plus souvent une autre question nous vient : pourquoi Jean doute-t-il ? Cette question est devenue un lieu commun et revient régulièrement chez toutes sortes de personnes. Peut-être se posait-elle aussi aux disciples qui accompagnaient Jésus-Christ, dont certains avaient auparavant été disciples du Baptiste et avaient été dirigés vers Jésus par Jean lui-même. Cela explique en partie pourquoi, après avoir répondu aux envoyés de Jean, le Seigneur se tourne vers le peuple et prononce ces paroles étonnantes au sujet du Baptiste : « Parmi ceux qui sont nés de femmes, il n'est pas de prophète plus grand que Jean. » En tout cas, dans ce passage, et particulièrement dans la réponse aux envoyés, on ne trouve aucun reproche de peu de foi, comme le Seigneur en adresse parfois aux disciples et au peuple.
Apparemment, la question de Jean le Baptiste est plus profonde que nous ne le pensons. Elle est d'ailleurs posée par un homme qui, contrairement à nous, n'a pas lu l'Évangile et ne connaît pas la résurrection. Nous pouvons tenter de reconstituer le sens de la question à partir de la réponse du Christ, comme il faut souvent le faire en lisant l'Évangile. Très probablement, Jean, qui connaît bien l'esprit et la lettre de l'Ancien Testament, interroge Jésus sur quelque chose qui se rapporte aux prophéties concernant le Royaume du Messie : la Lumière de Dieu y transfigurera le monde entier, tout mal y sera vaincu et Dieu Lui-même essuiera toute larme humaine. Les prophètes de l'Ancien Testament annonçaient le sens spirituel de ce que Dieu donnerait par le Christ, mais le mystère de Sa première et de Sa seconde venue ne leur avait pas été révélé. Ils ne distinguaient pas ce qui s'accomplirait dans la Nouvelle Alliance de ce qui aurait lieu à la fin des temps. Jean le Baptiste demande probablement justement s'il faut attendre l'accomplissement de ces prophéties et comment il se réalisera. Il ne faut pas oublier non plus qu'à cette époque, la théorie de deux Messies — un Roi et un Prêtre, dont les ministères seraient différents — était populaire parmi les théologiens juifs. Cette théorie était née de l'interprétation de certaines prophéties, alors que le mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu demeurait encore inaccessible aux hommes. Enfin, à ce moment-là, selon le témoignage des évangélistes, le Seigneur Jésus n'avait pas encore parlé de la Nouvelle Alliance. Les évangélistes témoignent unanimement que la Nouvelle Alliance n'est conclue qu'à la dernière Cène, mais cela reste encore caché au Baptiste.
Il ne s'agit donc pas d'un doute de Jean sur le fait que Jésus de Nazareth est le Messie. Pour lui, le messager du Royaume de Dieu, il importe de voir ce qui se passe à la lumière des prophéties. C'est précisément pourquoi le Seigneur répond à sa question en indiquant les prophéties qui s'accomplissent déjà dans les événements du moment, et cette réponse satisfait apparemment Jean. On comprend aussi pourquoi le Christ ajoute : « Heureux celui pour qui Je ne serai pas une occasion de chute. » Le Seigneur attire ainsi l'attention de Jean sur le fait que les prophéties sont plus profondes que leur compréhension littérale et que leurs interprétations courantes ne sont pas entièrement justes.
Enfin, l'évangéliste Luc nous rapporte qu'après avoir écouté le Christ, tout le peuple rendit gloire à Dieu, ayant reçu le baptême de Jean. Cela signifie que le Seigneur a confirmé par Sa parole le ministère de Jean le Baptiste comme dernier messager de la Nouvelle Alliance. Peut-être était-ce là, en réalité, le sens sous-jacent de la question de Jean : il s'adresse au Fils de Dieu Lui-même pour L'interroger sur son propre ministère. Toute la vie de Jean avait été consacrée à prêcher le repentir et la préparation à la venue du Christ ; maintenant, il soumet ce ministère au jugement du Fils de Dieu. Et le Seigneur lui répond que, dans le Royaume des Cieux annoncé par Jean le Baptiste, le don de Dieu aux hommes dépasse incomparablement tout ce que nous pouvons concevoir. Le plus petit dans le Royaume possédera davantage que Jean ne possède maintenant. Cela rappelle les paroles de l'apôtre Paul : aujourd'hui, nous voyons Dieu comme à travers un verre obscur, de manière énigmatique, tandis que dans le Royaume, la Lumière de Dieu atteindra nos yeux sans obstacle.
17 Et ce propos se répandit à son sujet dans la Judée entière et tout le pays d’alentour. |
18 Les disciples de Jean l’informèrent de tout cela. Appelant à lui deux de ses disciples, Jean |
19 les envoya dire au Seigneur : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » |
20 Arrivés auprès de lui, ces hommes dirent : « Jean le Baptiste nous envoie te dire : Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » |
21 À cette heure-là, il guérit beaucoup de gens affligés de maladies, d’infirmités, d’esprits mauvais, et rendit la vue à beaucoup d’aveugles. |
22 Puis il répondit aux envoyés : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ; |
23 et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! » |
24 Quand les envoyés de Jean furent partis, il se mit à dire aux foules au sujet de Jean : « Qu’êtes-vous allés contempler au désert ? Un roseau agité par le vent ? |
25 Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu d’habits délicats ? Mais ceux qui ont des habits magnifiques et vivent dans les délices sont dans les palais royaux. |
26 Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un prophète ? Oui, je vous le dis, et plus qu’un prophète. |
27 C’est celui dont il est écrit :Voici que j’envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi.
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28 « Je vous le dis : de plus grand que Jean parmi les enfants des femmes, il n’y en a pas ; et cependant le plus petit dans le Royaume de Dieu est plus grand que lui. |
29 Tout le peuple qui a écouté, et même les publicains, ont justifié Dieu en se faisant baptiser du baptême de Jean ; |
30 mais les Pharisiens et les légistes ont annulé pour eux le dessein de Dieu en ne se faisant pas baptiser par lui. |
Lorsque l’on réfléchit au passage d’aujourd’hui, tout y paraît étrange. Il est étrange que Jean le Baptiste envoie interroger Jésus alors qu’il a déjà reçu un signe du Ciel. On ne peut imaginer que ce signe n’ait pas été compris et accueilli par lui, le plus grand des prophètes nés de femmes.
La réponse de Jésus n’est pas facile à comprendre non plus. Pourquoi ne pouvait-Il pas répondre directement ? Il n’a pas affaire à des pharisiens désireux de Le prendre au piège de Ses paroles, mais à un homme qui, comme nous l’apprenons dans les autres Évangiles, s’attend à mourir bientôt, entièrement dévoué, mais qui, pour une raison quelconque, a momentanément perdu la foi.
Jean a besoin du soutien du Sauveur. Or Celui-ci ne dit rien de nouveau, seulement ce que tous savent déjà : « Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. » Enfin, pourquoi Jean ne vient-il pas lui-même, mais envoie-t-il seulement ses disciples ? Peut-être la clé se trouve-t-elle précisément là.
Peut-être Jean pose-t-il cette question surtout pour ses disciples, tandis que sa propre foi demeure forte. Jésus le comprend, et c’est pourquoi Il ne répond pas directement. Mais, bien qu’indirecte, cette réponse est parfaitement complète. Nous devons apprendre à voir le miracle. Ce n’est pas facile, mais c’est seulement alors que nous comprendrons que nous n’avons personne d’autre à attendre : nous avons notre Seigneur Jésus-Christ bien-aimé.
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