Les pharisiens refusaient de reconnaître à la fois Jean-Baptiste et le Seigneur Jésus Lui-même comme envoyés de Dieu. Chacun d'eux, malgré leurs différences, leur déplaisait d'une manière ou d'une autre...
Les pharisiens refusaient de reconnaître à la fois Jean-Baptiste et le Seigneur Jésus Lui-même comme envoyés de Dieu. Chacun d'eux, malgré leurs différences, leur déplaisait d'une manière ou d'une autre. Jean-Baptiste ne leur plaisait pas par son ascétisme et son appel au renouveau de la foi. Le Seigneur... Le Seigneur ne leur convenait en rien, en particulier par le fait qu'Il ne rejetait pas la repentance des pécheurs, que les pharisiens considéraient comme voués à la perdition. En réalité, bien sûr, cela cachait une réticence à accepter la Bonne Nouvelle, d'abord et avant tout parce que les pharisiens désiraient par-dessus tout paraître meilleurs que quiconque à leurs propres yeux. L'Évangile n'offre cette possibilité ni à eux, ni à quiconque. Il est important de noter que les pharisiens, pour autant qu'on puisse en juger d'après les récits évangéliques et historiques, tenaient des discours selon lesquels Jean-Baptiste n'était pas ce que devait être un prophète, et Jésus de Nazareth n'était pas non plus...
Le Seigneur leur applique l'image d'enfants qui ne pleurent pas aux chants de deuil et ne se réjouissent pas aux chants joyeux. Dieu, dit ainsi le Seigneur, essaie de transmettre Sa parole, Sa volonté, la Bonne Nouvelle aux pharisiens de telle et telle manière, par des voies diverses et différentes. Mais ils ne réagissent à rien, et cela révèle précisément leur refus de répondre à l'appel de Dieu. La question n'est pas de savoir comment est Jean-Baptiste ou comment est Jésus Lui-même.
Ceux qui cherchent la Parole de Dieu pourront, d'une manière ou d'une autre, la trouver et l'accepter, conclut le Seigneur par ces mots : « la sagesse a été justifiée par tous ses enfants ». Les uns sont venus à Christ par la prédication du Baptiste, les autres ont reconnu en Lui le Sauveur par eux-mêmes... Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende.
À notre époque, ce passage de l'Évangile reste extrêmement actuel. Souvent, les gens disent : je croirais bien, mais... Quelque chose ne convient jamais à celui qui ne veut pas croire. Tantôt il y a beaucoup de mauvaises choses dans la Bible (c'est pourtant la vérité sur l'histoire qui y est écrite), tantôt les chrétiens sont mauvais, tantôt les commandements sont étranges... C'est précisément à une telle attitude que s'appliquent les paroles du Christ.
35 v) Var. « par ses propres œuvres », cf. Mt 11.19. Les enfants de la Sagesse, c’est-à-dire de Dieu souverainement sage, cf. Pr 8.22, reconnaissent et accueillent les œuvres de Dieu.
Le mérite particulier du troisième évangile lui vient de la personnalité très attachante de son auteur, qui y transparaît sans cesse. Saint Luc est un écrivain de grand talent et une âme délicate. Il a mené son œuvre de façon originale, avec un souci d’information et d’ordre, 1.3. Ce n’est pas à dire qu’il ait pu donner aux matériaux reçus de la tradition un arrangement plus «sp;historique » que Matthieu et Marc ; son respect des sources et sa façon de les juxtaposer ne le lui permettaient pas. Son plan reprend les grandes lignes de celui de Marc avec quelques transpositions, ou omissions. Des épisodes sont déplacés, 3.19-20 ; 4.16-30 ; 5.1-11 ; 6.12-19 ; 22.31-34, etc., tantôt par soucis de clarté et de logique, tantôt par influence d’autres traditions, parmi lesquelles il faut noter celle qui se reflète également dans le quatrième évangile. D’autres épisodes sont omis, soit comme moins intéressants pour les lecteurs païens, cf. Mc 12.28-34, à comparer Lc 10.25-28. On remarquera surtout l’absence d’un correspondant à Mc 6.45-8.26. La différence la plus notable par rapport au deuxième évangile est la longue section médiane 9.51-18.14, qui est présentée sous la forme d’une montée vers Jérusalem à l’aide de notations répétées, 9.51 ; 13.22 ; 17.11, cf. Mc 10.1, et où l’on verra moins le souvenir réel de différents voyages que l’insistance voulue sur une idée théologique chère à Luc : la Ville sainte est le lieu où doit s’accomplir le salut 9.31 ; 13.33 ; 18.31 ; 19.11, c’est là que l’Évangile a commencé, 1.5s, et c’est là qu’il doit finir, 24.52s – par des apparitions et des entretiens qui n’ont pas lieu en Galilée, 24.13-51 ; et comp. 24.6 avec Mc 16.7, Mt 28.7, 16-20 – car c’est de là que doit partir l’évangélisation du monde, 24.47 ; Ac 1.8. Dans un sens plus large, c’est la montée de Jésus (et du chrétien) vers Dieu.
D’autres traits littéraires de Luc sont l’emploi des genres du symposium, 7.36-50 ; 11.37-54 ; 14.1-24, et du discours des adieux, 22.14-38, son goût des parallèles (Jean le Baptiste et Jésus, 1.5-2.52) et des inclusions, et le schéma promesse-accomplissement qui ponctue son récit.
Si l’on poursuit dans le détail la comparaison de Luc avec Marc et Matthieu, on observe sur le vif l’activité toujours en éveil d’un écrivain qui excelle à présenter les choses d’une façon qui lui est propre, évitant ou atténuant ce qui peut froisser sa sensibilité ou celle de ses lecteurs (8.43 comp. Mc 5.26 om. Mc 9.43-48 ; 13.32, etc.), ou bien leur être peu compréhensible (om. Mc 4.13 ; 8.32s ; 9.28s ; 14.50) ou les excluant (Lc 9.45 ; 18.24 ; 22.45), interprétant les termes obscurs (6.15) ou précisant la géographie (4.31 ; 19.28s, 37 ; 23.51), etc. Par ces nombreuses et fines touches, et surtout par le riche apport dû à son enquête personnelle, Luc nous livre les réactions et les tendances de son âme ; ou plutôt, par le moyen de cet instrument de choix, l’Esprit-Saint nous présente le message évangélique d’une façon originale, riche de doctrine. Il s’agit moins d’ailleurs de grandes thèses théologiques (les idées maîtresses sont les mêmes que chez Marc et Matthieu) que d’une psychologie religieuse où l’on trouve, mêlées à une influence très discrète de son maître Paul, les inclinations propres au tempérament de Luc. En vrai « scriba mansuetudinis Christi » (Dante), il aime à souligner la miséricorde de son Maître pour les pécheurs, 15.1s, 7, 10, et à raconter des scènes de pardon, 7.36-50 ; 15.11-32 ; 19.1-10 ; 23.34, 39-43. Il insiste volontiers sur la tendresse de Jésus pour les humbles et les pauvres, tandis que les orgueilleux et les riches jouisseurs sont sévèrement traités, 1.51-53 ; 6.20-26 ; 12.13-21 ; 14.7-11 ; 16.15, 19-31 ; 18.9-14. Cependant même la juste condamnation ne se fera qu’après les délais patients de la miséricorde, 13.6-9 ; comp. Mc 11.12-14. Il faut seulement qu’on se repente, qu’on se renonce, et ici la générosité exigeante de Luc tient à répéter l’exigences d’un détachement décidé et absolu, 14.25-34, notamment par l’abandon des richesses, 6.34s ; 12.33 ; 16.9-13. On notera encore les passages propres au troisième évangile sur la nécessité de la prière, 11.5-8 ; 18.1-8, et sur l’exemple qu’en a donné Jésus, 3.21 ; 5.16 ; 6.12 ; 9.28. Enfin, comme chez saint Paul et dans les Actes, l’Esprit Saint occupe une place de premier plan que Luc seul souligne en 1.15, 35, 41, 67 ; 2.25-27 ; 4.1, 14, 18 ; 10.21 ; 11.13 ; 24.49. Ceci, avec l’atmosphère de reconnaissance pour les bienfaits divins et d’allégresse spirituelle, qui enveloppe tout le troisième évangile, 2.14 ; 5.26 ; 10.17 ; 13.17 ; 18.43 ; 19.37 ; 24.51s, achève de donner à l’œuvre de Luc cette ferveur qui touche et réchauffe le cœur.