3 n'accordez rien à l'esprit de parti, rien à la vaine gloire, mais que chacun par l'humilité estime les autres supérieurs à soi;
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En parlant des relations entre chrétiens, Paul attire particulièrement l'attention sur la nécessité d'éviter les ambitions et la vaine gloire. Bien sûr, dans toute affaire, l'ambition et la vaine gloire font plus de mal que de bien. L'une comme l'autre peuvent pousser l'homme à l'activité et même parfois l'amener à obtenir des résultats. Mais le bien apporté par un homme dans un tel état est d'ordinaire largement annulé par le déséquilibre que son ambition et sa vanité introduisent dans l'oeuvre commune et dans l'atmosphère de l'équipe.
Cependant l'apôtre n'a pas en vue seulement cet aspect du problème. Il s'agit aussi de l'état intérieur, spirituel, de l'homme.
Ce n'est pas un hasard si Paul mentionne ce que l'on traduit habituellement en russe par «humilité de pensée»: une intelligence qui s'est abaissée, qui est devenue petite et discrète. Et il ne s'agit pas ici du fait que l'apôtre serait contre la raison, ou que l'activité intellectuelle comme telle lui répugnerait. Il comprend simplement qu'aucune activité humaine ne peut être laissée à elle-même, y compris l'activité intellectuelle. Et lorsqu'il s'agit de disputes et de discussions, c'est précisément et tout particulièrement l'activité intellectuelle qui est concernée.
En effet, l'intelligence, comme toute faculté psychique de l'homme, est un phénomène purement naturel. Si l'on parle de la vie intérieure de l'homme, seule la volonté peut être considérée comme sa composante spirituelle. C'est précisément la volonté, l'intention, qui détermine l'état spirituel de l'homme et son activité spirituelle. L'intelligence, comme les sentiments, est liée à des processus psychiques purement naturels. Or la nature, on le sait, a horreur du vide, et toute substance naturelle remplit tout l'espace qui lui est accessible. Les émotions, l'imagination et les constructions intellectuelles, si on leur laisse libre cours, peuvent s'emparer entièrement du monde intérieur de l'homme. Alors tout ce qui se trouve au-delà de leurs frontières cesse d'avoir de l'importance: le prochain, le problème discuté comme tel, même la réalité elle-même.
L'appel à placer le prochain au-dessus de soi dans la discussion n'est qu'un moyen de limiter l'activité intellectuelle autosuffisante, de faire sortir la volonté de l'homme hors de ses frontières. Et il ne s'agit pas seulement du prochain, qu'il est facile de ne pas remarquer. Il s'agit aussi du fait qu'en se laissant emporter par son activité intérieure, on peut facilement ne pas remarquer la vie elle-même. Y compris la vie du Royaume. Et cela relève déjà du salut, qu'il est mortellement dangereux de négliger.
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