20 Alors il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu'il était le Christ. |
Les interprètes de l'Évangile et les spécialistes du Nouveau Testament ont beaucoup discuté de ce qu'on appelle le «secret messianique» de Jésus. Pourquoi interdit-il aux disciples de parler de lui comme du Messie? Pourquoi, même lorsque Pierre a reconnu en lui précisément le Messie, le premier des apôtres et, sans doute, le premier des hommes, Jésus lui ordonne-t-il de se taire, tout en reconnaissant que le mystère de sa messianité a été révélé à Pierre par l'Esprit de Dieu? La réponse la plus répandue est assez simple: Jésus n'avait pas l'intention de devenir le Messie des représentations messianiques populaires.
Or le peuple attendait du Messie des actes parfaitement compréhensibles et évidents: le Messie devait restaurer un État juif indépendant, établir dans cet État des lois conformes à la Torah et en devenir le roi. L'image du Messie-Roi était, dans la conscience populaire, inséparable de l'image d'un royaume terrestre et d'un souverain juste, semblable à David, dont le Messie devait être le descendant. Jésus, naturellement, n'avait pas l'intention de faire quoi que ce soit de semblable; c'est pourquoi une popularité «messianique» parmi le peuple ne lui était d'aucune utilité. Pourtant, il pouvait facilement obtenir une telle popularité: les miracles qu'il accomplissait étaient visibles et connus de tous. Voilà pourquoi Jésus coupe court à toutes les rumeurs sur sa messianité, et interdit même à certains de raconter les miracles qu'il a accomplis.
Mais il ne s'agissait sans doute pas seulement d'une gloire «messianique» dont Jésus n'avait pas besoin. Il s'agissait aussi des disciples eux-mêmes. Eux aussi regardaient Jésus, le Messie, à peu près comme leurs contemporains, malgré tous les efforts de Jésus pour les aider à voir la situation autrement. Le même Pierre, presque aussitôt après sa confession messianique, se met à discuter avec Jésus quand celui-ci commence à lui parler, ainsi qu'aux autres disciples, de la mort qui l'attend. Même Pierre, qui l'avait reconnu comme Messie, ne comprenait ni le sens de son chemin et de son ministère, ni la véritable signification du Messie et de son rôle dans le salut de l'humanité. Dans un tel état, il est impossible de témoigner.
Ou plutôt, c'est possible, mais ce sera un témoignage non pas sur le Messie tel qu'il est réellement, mais sur ses propres vues et suppositions concernant qui est le Messie et ce qu'il doit faire. C'est pourquoi, pour Pierre comme pour les autres apôtres, il valait mieux se taire sur la messianité de Jésus. Le Royaume est autre chose: la prédication du Royaume était accessible aux disciples, et à un certain moment Jésus lui-même les envoie prêcher ainsi, avec un succès réel.
Ce succès venait aussi de ce qu'il n'y avait là aucune représentation personnelle, aucune fantaisie ni construction conceptuelle: pendant la prédication, chacun des disciples devint simplement un instrument de l'action directe de Dieu. En revanche, dans leur relation avec lui, avec leur Maître, aucun des apôtres, y compris Pierre, n'était prêt à quelque chose de semblable: trop d'humain se dressait entre Jésus et ses disciples durant son ministère terrestre. Et il leur ordonne de se taire sur sa messianité. Jusqu'à la Résurrection, jusqu'à la Pentecôte. Jusqu'au temps où tout leur deviendra clair.
20 Alors il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu'il était le Christ. |
21 À dater de ce jour, Jésus commença de montrer à ses disciples qu'il lui fallait s'en aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter. |
22 Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner en disant : " Dieu t'en préserve, Seigneur ! Non, cela ne t'arrivera point ! " |
23 Mais lui, se retournant, dit à Pierre : " Passe derrière moi, Satan ! tu me fais obstacle, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! " |
24 Alors Jésus dit à ses disciples : " Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. |
Nous avons tous fréquenté l'école, et certains d'entre nous y travaillent même. Nous connaissons tous l'enchaînement logique: donne la bonne réponse, reçois la meilleure note de la maîtresse et obtiens de ta mère qu'une promenade au zoo remplace la visite chez le dentiste. Ainsi, après que Pierre confesse Jésus comme le Christ, le Fils du Dieu vivant, les paroles « Heureux es-tu, Simon, fils de Jonas » nous semblent tout à fait naturelles. Mais ensuite: « Jésus commença à montrer à ses disciples qu'il lui fallait s'en aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter. » Même la pensée de cela effraie les disciples; c'est pourquoi Pierre dit: « Non, cela ne t'arrivera pas! »
Confesser Jésus comme Fils de Dieu nous ouvre le chemin de la récompense, mais cette récompense est d'une espèce particulière: la possibilité de contempler et d'éprouver la profondeur de la miséricorde divine, une profondeur effrayante. C'est la possibilité de toucher la nature cachée et ineffable de l'amour de Dieu: il a donné son Fils unique afin que le monde soit sauvé par lui. Dans cette profondeur se trouve une réponse à chacune de nos questions murmurées, mais il faut accueillir Jésus comme le Fils de Dieu et oser entendre ses paroles.
Pour l'homme, cette profondeur de miséricorde demeure toujours incompréhensible. La divinité est impassible, le Tout-Puissant ne peut souffrir: tel est le cri de Pierre et des Juifs, des philosophes grecs et des théologiens chrétiens hellénisés. Le Fils de Dieu incarné a souffert pour nous dans la chair; dans notre effroi, soit nous disons, comme les Juifs, qu'il n'est que chair, soit nous démontrons jusqu'à l'enrouement, comme les Grecs, qu'il a souffert dans la chair, uniquement dans la chair, tandis que le divin en lui est demeuré impassible. Mais lui-même dit: « Mon cœur en moi est bouleversé, toutes mes entrailles frémissent » (Os 11:8), et c'est pourquoi « il lui fallait s'en aller à Jérusalem et y souffrir beaucoup ».
20 Alors il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu'il était le Christ. |
21 À dater de ce jour, Jésus commença de montrer à ses disciples qu'il lui fallait s'en aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter. |
22 Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner en disant : " Dieu t'en préserve, Seigneur ! Non, cela ne t'arrivera point ! " |
23 Mais lui, se retournant, dit à Pierre : " Passe derrière moi, Satan ! tu me fais obstacle, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! " |
24 Alors Jésus dit à ses disciples : " Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. |
Non seulement beaucoup de pharisiens, mais les apôtres eux-mêmes ne comprenaient pas leur Maître en tout. C'est au fond ce qui explique, semble-t-il, la réaction de Pierre aux paroles de Jésus sur Sa mort et Sa résurrection à venir. En ce qui concerne la mort et la résurrection, les disciples, semble-t-il, ne comprirent jamais vraiment Jésus, et ce n'est qu'après Sa résurrection que la situation s'éclaircit quelque peu pour eux.
Il est évident que Pierre et les autres apôtres s'en tenaient tout de même à des vues plus ou moins traditionnelles sur le Messie et le messianisme. Et ils ne comprenaient absolument pas comment le Messie pouvait mourir. Il ne s'agissait même pas du fait qu'Il ressusciterait ensuite d'entre les morts: les apôtres, comme tous leurs contemporains juifs, connaissaient bien sûr la résurrection générale au jour du Jugement. Le problème était que le Messie ne pouvait pas, ne devait pas mourir, car Il devait prendre la tête du soulèvement messianique afin de conduire ensuite la guerre sainte pour l'établissement sur la terre du Royaume de Dieu.
Et Pierre, lorsqu'il dit à Jésus: «Que cela ne T'arrive pas!», s'effraie non pas tant de la mort en elle-même, car il dira ensuite très sincèrement, pendant la Cène, qu'il est prêt à mourir auprès du Maître, que du fait que la mission de Jésus s'avérerait avoir échoué, que rien de ce qu'il attend, lui et les autres apôtres, ne se réaliserait. Cela ne pouvait tout simplement pas être, car le Messie est celui qui accomplit les plans de Dieu sur la terre; il ne peut y avoir ici d'échec. L'échec n'est possible que dans un seul cas: si cet Homme n'est pas le Messie. Mais Pierre et les autres apôtres avaient peur même de penser une telle chose.
C'est pourquoi les paroles de Jésus sur Sa mort et Sa résurrection à venir les plongent dans le choc. Mais, comme on le voit, personne en dehors de Pierre n'osa exprimer à voix haute ses craintes et ses perplexités, peut-être par peur d'entendre le pire. Il ne restait qu'à suivre le Maître et à voir ce qui se passerait ensuite.
13 Arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Jésus posa à ses disciples cette question : " Au dire des gens, qu'est le Fils de l'homme ? " |
14 Ils dirent : " Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres encore, Jérémie ou quelqu'un des prophètes. " - |
15 " Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? " |
16 Simon-Pierre répondit : " Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. " |
17 En réponse, Jésus lui dit : " Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t'est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux. |
18 Eh bien! moi je te dis: Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l'Hadès ne tiendront pas contre elle. |
19 Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié. " |
20 Alors il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu'il était le Christ. |
21 À dater de ce jour, Jésus commença de montrer à ses disciples qu'il lui fallait s'en aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter. |
22 Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner en disant : " Dieu t'en préserve, Seigneur ! Non, cela ne t'arrivera point ! " |
23 Mais lui, se retournant, dit à Pierre : " Passe derrière moi, Satan ! tu me fais obstacle, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! " |
24 Alors Jésus dit à ses disciples : " Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. |
25 Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera. |
26 Que servira-t-il donc à l'homme de gagner le monde entier, s'il ruine sa propre vie? Ou que pourra donner l'homme en échange de sa propre vie? |
27 " C'est qu'en effet le Fils de l'homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon sa conduite. |
28 En vérité je vous le dis : il en est d'ici présents qui ne goûteront pas la mort avant d'avoir vu le Fils de l'homme venant avec son Royaume. |
Les apôtres ne comprennent pas immédiatement Jésus. Pierre, en L'appelant Christ, c'est-à-dire Oint, Roi d'Israël, ne peut contenir Ses prédictions concernant Sa propre mort à Jérusalem.
Et nous, comprenons-nous ce que signifie être chrétiens ? Car pour nous, le christianisme est le plus souvent associé à une certaine forme de vie spirituelle, à une vision particulière du monde, à un comportement particulier, à des règles de vie particulières. Notre « salut de l'âme » ne contraste-t-il pas avec les paroles sur ceux qui « veulent sauver leur âme (leur vie) » ? Il ne parle pas de règles, ni de vision du monde, ni de « valeurs chrétiennes ». Il parle de la croix, du port de la croix, comme du signe du chrétien.
Si cela nous est difficile à comprendre et à contenir, nous ne devons pas désespérer : les apôtres non plus ne le pouvaient pas. L'important est seulement d'avancer sur le chemin de cette prise de conscience. Et pour avancer, il faut connaître le but.
13 Arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Jésus posa à ses disciples cette question : " Au dire des gens, qu'est le Fils de l'homme ? " |
14 Ils dirent : " Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres encore, Jérémie ou quelqu'un des prophètes. " - |
15 " Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? " |
16 Simon-Pierre répondit : " Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. " |
17 En réponse, Jésus lui dit : " Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t'est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux. |
18 Eh bien! moi je te dis: Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l'Hadès ne tiendront pas contre elle. |
19 Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié. " |
20 Alors il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu'il était le Christ. |
21 À dater de ce jour, Jésus commença de montrer à ses disciples qu'il lui fallait s'en aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter. |
22 Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner en disant : " Dieu t'en préserve, Seigneur ! Non, cela ne t'arrivera point ! " |
23 Mais lui, se retournant, dit à Pierre : " Passe derrière moi, Satan ! tu me fais obstacle, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! " |
Le passage du livre des Nombres raconte la méfiance humaine, la manière dont cette foule sortie d'Égypte ne voit pas, derrière ses problèmes, la présence de Celui qui peut résoudre tous ses problèmes.
Comme l'opinion de la foule est contagieuse ! Même Moïse, semble-t-il, tombe sous son influence et, perdant confiance, frappe deux fois le rocher de son bâton au lieu d'en faire sortir l'eau par la PAROLE. Cette petite hésitation de celui « à qui il a été beaucoup donné » conduit pour lui à l'impossibilité d'entrer dans la terre promise tant désirée.
Le passage de l'Évangile apparaît comme une sorte de réponse à cette histoire. Jésus, après avoir entendu les opinions diverses sur Lui qui viennent de la foule, demande aux disciples : « Et vous, qui dites-vous que Je suis ? » Il les aide ainsi à surmonter cette pression de la foule. Et Il reçoit la réponse inspirée de Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ».
13 Arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Jésus posa à ses disciples cette question : " Au dire des gens, qu'est le Fils de l'homme ? " |
14 Ils dirent : " Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres encore, Jérémie ou quelqu'un des prophètes. " - |
15 " Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? " |
16 Simon-Pierre répondit : " Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. " |
17 En réponse, Jésus lui dit : " Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t'est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux. |
18 Eh bien! moi je te dis: Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l'Hadès ne tiendront pas contre elle. |
19 Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié. " |
20 Alors il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu'il était le Christ. |
Pour qui les gens prennent-ils Jésus ? Cette question se pose encore à chacun de nous, et les réponses que l’on entend sont diverses.
D’abord, Il interroge les disciples sur les opinions qui circulent dans le peuple. Les opinions rapportées par les disciples diffèrent, au fond, par le nom mentionné, mais elles se ramènent toutes à voir en Jésus un grand prophète. Et cette opinion, à vrai dire, n’a pas disparu, car le maximum que les gens puissent conclure, en regardant de loin, c’est qu’Il est prophète. À notre époque, on ajouterait d’autres définitions, par exemple « grand maître », etc. Mais, jusqu’à un certain moment, toutes ces définitions relèvent de l’information abstraite.
Puis Il demande aux disciples leur opinion personnelle, et cette question nous est adressée à tous. Ici cesse la théorie nue, et vient l’heure du choix. De celui que je reconnais être le Christ dépend la manière dont je vais vivre.
C’est pourquoi la confession de Pierre ne fut pas seulement sa reconnaissance personnelle de Jésus comme Christ, Fils de Dieu. Par sa bouche, tous les apôtres ont confessé le Christ, et à cette confession se joignent les disciples de tous les temps et de tous les peuples. Ce ne sont pas la chair et le sang qui l’ont révélé à Pierre : cela signifie que ce ne sont ni les réflexions ni les traditions humaines, mais le Père céleste. Les réflexions humaines peuvent mener jusqu’au seuil de la vérité, mais c’est le Seigneur Lui-même qui nous aide, mystérieusement et imperceptiblement pour la perception ordinaire, à franchir ce seuil.
1 Les Pharisiens et les Sadducéens s'approchèrent alors et lui demandèrent, pour le mettre à l'épreuve, de leur faire voir un signe venant du ciel. |
2 Il leur répondit : " Au crépuscule vous dites : Il va faire beau temps, car le ciel est rouge feu ; |
3 et à l'aurore: Mauvais temps aujourd'hui, car le ciel est d'un rouge sombre. Ainsi, le visage du ciel, vous savez l'interpréter, et pour les signes des temps vous n'en êtes pas capables! |
4 Génération mauvaise et adultère ! elle réclame un signe, et de signe, il ne lui sera donné que le signe de Jonas. " Et les laissant, il s'en alla. |
5 Comme ils passaient sur l'autre rive, les disciples avaient oublié de prendre des pains. |
6 Or Jésus leur dit : " Ouvrez l'œil et méfiez-vous du levain des Pharisiens et des Sadducéens ! " |
7 Et eux de faire en eux-mêmes cette réflexion : " C'est que nous n'avons pas pris de pains. " |
8 Le sachant, Jésus dit : " Gens de peu de foi, pourquoi faire en vous-mêmes cette réflexion, que vous n'avez pas de pains ? |
9 Vous ne comprenez pas encore? Vous ne vous rappelez pas les cinq pains pour les cinq mille hommes, et le nombre de couffins que vous en avez retirés? |
10 ni les sept pains pour les quatre mille hommes, et le nombre de corbeilles que vous en avez retirées? |
11 Comment ne comprenez-vous pas que ma parole ne visait pas des pains ? Méfiez-vous, dis-je, du levain des Pharisiens et des Sadducéens ! " |
12 Alors ils comprirent qu'il avait dit de se méfier, non du levain dont on fait le pain, mais de l'enseignement des Pharisiens et des Sadducéens. |
13 Arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Jésus posa à ses disciples cette question : " Au dire des gens, qu'est le Fils de l'homme ? " |
14 Ils dirent : " Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres encore, Jérémie ou quelqu'un des prophètes. " - |
15 " Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? " |
16 Simon-Pierre répondit : " Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. " |
17 En réponse, Jésus lui dit : " Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t'est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux. |
18 Eh bien! moi je te dis: Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l'Hadès ne tiendront pas contre elle. |
19 Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié. " |
20 Alors il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu'il était le Christ. |
21 À dater de ce jour, Jésus commença de montrer à ses disciples qu'il lui fallait s'en aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter. |
22 Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner en disant : " Dieu t'en préserve, Seigneur ! Non, cela ne t'arrivera point ! " |
23 Mais lui, se retournant, dit à Pierre : " Passe derrière moi, Satan ! tu me fais obstacle, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! " |
24 Alors Jésus dit à ses disciples : " Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. |
25 Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera. |
26 Que servira-t-il donc à l'homme de gagner le monde entier, s'il ruine sa propre vie? Ou que pourra donner l'homme en échange de sa propre vie? |
27 " C'est qu'en effet le Fils de l'homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon sa conduite. |
28 En vérité je vous le dis : il en est d'ici présents qui ne goûteront pas la mort avant d'avoir vu le Fils de l'homme venant avec son Royaume. |
La lecture d'aujourd'hui nous raconte la confession de Pierre (v. 13-20), précédée des conversations de Jésus avec les pharisiens au sujet des signes (« prodiges », v. 1-4) et avec les disciples au sujet du « levain des pharisiens et des sadducéens » (v. 5-12). Elle s'achève par la description du dialogue de Pierre avec Jésus, au cours duquel Jésus parle de Son disciple avec assez de rudesse (v. 21-28).
Manifestement, l'événement central ici est précisément la confession de Pierre, qui reconnaît en Jésus le Messie-Christ promis par Dieu, tandis que le peuple Le tenait pour un prophète (v. 14-16). Alors Jésus, confirmant la conclusion de Pierre, dit qu'il n'a pu le comprendre que grâce à une révélation venant de Dieu (v. 17).
Il semblerait que les disciples de Jésus n'étaient pas les seuls à attendre le Messie : aux temps évangéliques, les attentes messianiques étaient très vives dans le peuple juif. Mais justement, Jésus ressemblait moins que tout au Messie qu'attendaient le peuple et les rabbins savants. Le peuple attendait un Messie-roi qui libérerait la Judée du pouvoir de Rome ; les rabbins savants et les théologiens scribes voulaient voir un Messie qui correspondrait à leurs théories théologiques. Ce n'est pas par hasard que les pharisiens et les sadducéens demandent à Jésus de leur montrer l'un de ces signes messianiques par lesquels, selon leurs propres conceptions, on pouvait seulement reconnaître le Messie. Et Jésus refuse, non parce que, bien sûr, cela Lui aurait été difficile, mais parce qu'Il ne voulait « s'inscrire » dans aucun concept théologique et n'avait pas l'intention de « correspondre » aux représentations de qui que ce soit. Accepter un tel Messie, ne correspondant à aucune norme ni opinion communément admise, en qui la majorité était prête à voir plutôt un impie et un transgresseur de la Torah qu'un Messie, n'était réellement possible que par révélation.
Peu après cela, le temps vint pour Pierre et les autres disciples d'apprendre la croix et la Résurrection (v. 21), et il apparut alors que cette connaissance était insupportable pour l'homme. Accepter un Messie persécuté et souffrant était encore possible, d'autant que l'image du Messie souffrant était bien connue de tout Juif croyant par le livre d'Isaïe, mais se résigner à Sa défaite complète se révéla absolument impensable ; or la mort sur la croix était perçue par Pierre et les autres apôtres seulement comme une défaite. Quant à la réalité de la résurrection en général et de la Résurrection du Christ en particulier, elle n'était pour eux qu'une perspective lointaine, si bien que, même lorsqu'Il ressuscita, ils ne purent pas encore longtemps y croire jusqu'au bout.
Il n'est pas étonnant que Pierre ne puisse se résigner à l'idée de la nécessité de la mort du Maître (v. 22). Mais Jésus demeure ici aussi inflexible : on ne peut pas s'arrêter à mi-chemin, on ne peut pas accepter le Messie sans accepter Son chemin. L'homme qui agit ainsi se transforme de disciple en adversaire (v. 23). Il n'y a qu'un seul chemin vers le Royaume (v. 24-27), et l'on ne peut y parvenir qu'en le parcourant jusqu'au bout.
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