23 Car n'est-ce pas la nuit pour le pays qui est dans la détresse ? Comme le passé a humilié le pays de Zabulon et le pays de Nephtali, l'avenir glorifiera le chemin de la mer, au-delà du Jourdain, le district des nations. |
1 Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, sur les habitants du sombre pays, une lumière a resplendi. |
2 Tu as multiplié la nation, tu as fait croître sa joie; ils se réjouissent devant toi comme on se réjouit à la moisson, comme on exulte au partage du butin. |
3 Car le joug qui pesait sur elle, la barre posée sur ses épaules, le bâton de son oppresseur, tu les as brisés comme au jour de Madiân. |
4 Car toute chaussure qui résonne sur le sol, tout manteau roulé dans le sang, seront mis à brûler, dévorés par le feu. |
5 Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné, il a reçu le pouvoir sur ses épaules et on lui a donné ce nom: Conseiller-merveilleux, Dieu-fort, Père-éternel, Prince-de-paix, |
6 pour que s'étende le pouvoir dans une paix sans fin sur le trône de David et sur son royaume, pour l'établir et pour l'affermir dans le droit et la justice. Dès maintenant et à jamais, l'amour jaloux de Yahvé Sabaot fera cela. |
7 Le Seigneur a jeté une parole en Jacob, elle est tombée en Israël. |
8 Tout le peuple l'a su, Éphraïm et l'habitant de Samarie qui disent dans l'orgueil de leur cœur altier: |
9 " Les briques sont tombées, nous construirons en pierre de taille, les sycomores ont été abattus, nous les remplacerons par des cèdres. " |
10 Mais Yahvé a soutenu contre ce peuple son adversaire Raçôn, il a excité ses ennemis, |
11 Aram à l'orient, les Philistins à l'occident: ils ont dévoré Israël à belles dents. Avec tout cela sa colère ne s'est pas détournée, sa main reste levée. |
12 Mais le peuple n'est pas revenu à celui qui le frappait, il n'a pas cherché Yahvé Sabaot. |
13 Aussi Yahvé a retranché d'Israël tête et queue, palme et jonc, en un jour. |
14 l'ancien et le dignitaire, c'est la tête, le prophète qui enseigne le mensonge, c'est la queue. |
15 Les guides de ce peuple l'ont égaré, et ceux qu'ils guident se sont fourvoyés. |
16 C'est pourquoi en ses jeunes gens le Seigneur ne trouvera plus sa joie, de ses orphelins et de ses veuves il n'aura plus pitié, car tous sont impies et malfaisants, toute bouche profère l'insanité. Avec tout cela sa colère ne s'est pas détournée, sa main reste levée. |
17 Oui, la méchanceté a brûlé comme le feu, elle dévore ronces et épines, elle a incendié les halliers de la forêt, ils se sont élevés en tourbillons de fumée. |
18 Par l'emportement de Yahvé Sabaot la terre a été brûlée et le peuple est comme la proie du feu. Nul n'a pitié de son frère, |
19 on a coupé à droite et on a eu faim, on a mangé à gauche et on n'a pas été rassasié. Chacun dévore la chair de son bras, |
20 Manassé dévore Éphraïm, et Éphraïm Manassé, ensemble ils s'attaquent à Juda. Avec tout cela sa colère ne s'est pas détournée, sa main reste levée. |
Dans cette prophétie, le reproche adressé à Israël et à Juda résonne par contraste : ils ne veulent pas se tourner vers Dieu même au moment des épreuves ; et, en même temps, vient l’annonce de l’élévation de la Galilée païenne, où cesseront les oppressions et les guerres, parce qu’y resplendira le Prince de la paix, de la paix comme état d’harmonie entre Dieu et les hommes. Il est paradoxal que la promesse du Fils survienne sur fond d’incrédulité et d’oubli de Dieu dans Son peuple. Mais, outre l’infidélité humaine et le péché, une autre force agit dans le monde : le zèle du Seigneur, Son amour ardent pour les hommes, qui ne recule devant rien.
1 Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, sur les habitants du sombre pays, une lumière a resplendi. |
La lecture d'aujourd'hui comprend un hymne messianique (v. 1-7) qui lie le ministère terrestre du Messie à la Galilée, lieu sans rien de remarquable du point de vue religieux. Il n'y avait pas ici de grands centres religieux yahvistes semblables à ceux qui existaient plus au sud, en Samarie; et Jérusalem, avec son Temple, était, selon les mesures locales, assez loin. Mais tout cela n'empêcha pas la Galilée d'entendre la prédication du Messie-Christ, ne l'empêcha pas de devenir le lieu où passa l'enfance du Sauveur.
La grandeur extérieure et la tradition ancienne ne favorisent pas toujours l'œuvre de Dieu. Qui sait ce qu'aurait été l'enfance de Jésus s'il l'avait passée non dans la tranquille Nazareth, mais à Jérusalem? Le dessein de Dieu exige souvent silence et discrétion, surtout au début, lorsque sa réalisation ne fait que commencer. Les desseins humains, au contraire, supposent souvent dès le début le bruit, la renommée et cette grandeur terrestre que l'homme déchu aime tant (v. 8-10).
La lecture d'aujourd'hui n'oppose pas par hasard au royaume d'Israël la Galilée méprisée de tous. L'ironie de la situation était que la Galilée appartenait, même si ce n'était pas entièrement, à cet État, mais y était considérée comme une périphérie reculée, sans intérêt pour personne et sans rien de remarquable. Toutes les grandes villes, tous les centres politiques et religieux importants du pays se trouvaient plus au sud, en Samarie. La Galilée, elle, était une région frontalière, déjà partiellement peuplée de païens, et c'est pourquoi le prophète l'appelle « païenne » (v. 1). Mais les siècles passèrent, et du royaume d'Israël, dont les dirigeants étaient fiers de la grandeur de leur pays, au fond tout petit, il ne resta que des souvenirs. Et la ville la plus connue sur cette terre aujourd'hui n'est même pas Béthel, qui fut la capitale religieuse du Nord et l'un des plus anciens centres religieux yahvistes, mais Nazareth, qui n'existait pas encore à l'époque de la prospérité du Royaume du Nord et qui, par la suite, ne se distinguait nullement par sa renommée, jusqu'à ce qu'elle soit glorifiée par Celui dont Isaïe rendait témoignage.
2 Tu as multiplié la nation, tu as fait croître sa joie; ils se réjouissent devant toi comme on se réjouit à la moisson, comme on exulte au partage du butin. |
À nous qui savons comment s'est accomplie la prophétie de la grande lumière manifestée en Galilée, il est difficile d'imaginer comment elle pouvait résonner aux jours d'Isaïe. Pourtant, il suffit de devenir pour un instant l'un de ses auditeurs pour éprouver de la perplexité. En effet, nous venions d'entendre des dénonciations de péchés païens, accompagnées de descriptions détaillées du châtiment qui les attendait, et soudain, de la même bouche, retentissent des paroles disant que précisément cette terre, si longtemps plongée dans les ténèbres païennes, le Seigneur entend la marquer glorieusement. Il devait être difficile aux auditeurs d'accepter aussi que la délivrance vienne d'un Enfant, car ils étaient habitués à se représenter les envoyés du Seigneur comme redoutables et puissants. Le bien qu'il apporte aux hommes, ils ne le comparaient pas par hasard à une victoire sur les ennemis, joyeuse, mais aussi difficile, acquise au prix du sang et des souffrances.
Mais voici que le prophète annonce que les temps des effusions de sang doivent prendre fin. Même les guerriers, contraints de verser le sang, seront lavés et purifiés de lui, ce qui signifie que les blessures infligées à l'humanité par une violence multiséculaire seront guéries. Mais elles ne seront pas guéries par une violence nouvelle, car la vraie force se manifeste très souvent justement dans ce qui, à un regard superficiel, paraît faible.
Et même les dures paroles prophétiques qui suivent celles sur l'Enfant, au sujet de la colère ardente du Seigneur qui embrase la terre, ne contredisent pas cela. Encore et encore, le prophète répète l'avertissement que les malheurs à venir seront la conséquence des propres transgressions du peuple. L'iniquité est comparée à un feu allumé par les impies eux-mêmes. La flamme, née de l'étincelle qu'ils ont fait jaillir, les consume eux-mêmes.
3 Car le joug qui pesait sur elle, la barre posée sur ses épaules, le bâton de son oppresseur, tu les as brisés comme au jour de Madiân. |
Parlant de la naissance du Messie, Isaïe indique le lieu où Il passera Ses années d'enfance. Mais pourquoi le prophète parle de « sombre pays » ? C’est la Galilée ! Il y a deux raisons à cela.
Au temps d’Isaïe de Jérusalem, lorsque le royaume du nord avait déjà arrêté son existence après la conquête assyrienne, il n’y a presque plus de Juifs sur son territoire (qui inclus la Galilée et le nord de Samarie), ils étaient en partie deportés vers d’autres régions du vaste Empire Assyrien, et en partie ont fui vers le sud, en Judée. Les autorités assyriens ont fait déménager sur ces lieux d'autres peuples païens mélangés avec le reste de la population locale juive. Mais il y a une autre explication compréhensible plutôt dans un contexte plus nouveau, l'histoire évangélique, que dans le contexte de l'histoire assyrien. Aux temps évangéliques les centres d’éducation judaïque étaient Jérusalem et Babylone.
Il y avait notamment dans ces villes, les meilleures académies théologiques connues dans tout le monde juif. Les gens ayant reçus une formation à Jérusalem et Babylone étaient assez souvent regardés par les habitants des autres villes un peu de haut, même s'il s'agissait de leurs compatriotes et coreligionnaires; et la Galilée en leurs yeux était une province profondément spirituelle, où par définition il ne pouvait rien avoir d’intéressant.
Mais Jésus cependant commence Son ministère notamment là-bas, en Galilée, dans les lieux, où Il a passé Son enfance. Et en premier écoutent Sa parole non pas les étudiants et les professeurs des académies spirituelles, mais des simples artisans, paysans et pêcheurs. Et non pas parce qu’ils étaient probablement plus instruits que ceux qui apprenaient et enseignaient dans les académies, mais parce qu'il était plus facile pour eux de laisser tout et suivre Celui qui apporte le Royaume dans le monde.
6 pour que s'étende le pouvoir dans une paix sans fin sur le trône de David et sur son royaume, pour l'établir et pour l'affermir dans le droit et la justice. Dès maintenant et à jamais, l'amour jaloux de Yahvé Sabaot fera cela. |
En énumérant lesnoms symboliques reflétant le sens de Qui deviendra le Christ pour les hommes,le prophète Isaïe exprime dans sa langue des choses très importantes. Il estimportant d'écouter ses paroles, puisque nous ne voyons pas souvent le don deDieu en Jésus Christ parce que nous n’attendons pas ce que Dieu donne. Leprophète fait savoir que le Christ est Merveilleux; Sa venu n’est pas sujet deslois du monde créé et ce qu'Il accomplit est inconcevable. «Le conseiller» -cela signifie que le Christ apporte au monde la volonté du Père Célesteconcernant le salut des hommes et, certes, l'obéissance à cette volonté. Frappantest le nom «Dieu-fort », dont le prophète joint au descendant David. Isaïelui-même ne le comprend pas sûrement comme nous : l'Ancien Testament necontient pas une révélation claire que le Christ est Homme-Dieu, parce que leshommes ne sont pas capables de le comprendre. Involontairement le prophèteparle ici de ce qui surpasse son propre entendement - et nous entendons la voixde l'Esprit inspirant Isaïe. Le Christ n’est pas simplement un homme, maisaussi Dieu! En Lui, ainsi, entre dans le monde la présence du Dieu Invisible etle précipice nous séparant de Lui est surmonté. Et c'est pour cela que pour leshommes le Christ ouvre la vie éternelle; Isaïe L’appelle «père - eternel». Enfin, advient l'entrée impérieuse del'éternité dans la vie humaine, parce que la venue du Christ rend possible lapaix entre nous. Rien n'est pour le prophète un signe si caractéristique del'éternité, signe si caractéristique de la vie divine, comme la paix. Lapuissance du Christ se réalise dans la réconciliation. Et en dehors de laréconciliation il n'y a pas de place au contraire pour Lui.
7 Le Seigneur a jeté une parole en Jacob, elle est tombée en Israël. |
En énumérant les noms symboliques qui reflètent l'essence de ce que le Christ deviendra pour les hommes, le prophète Isaïe exprime dans sa langue des choses très importantes. Il est important d'écouter ses paroles, parce que nous ne voyons souvent pas le don de Dieu dans le Christ, du fait que nous attendons autre chose que ce que Dieu donne. Le prophète dit que le Christ est Admirable ; Sa venue n'est pas soumise aux lois du monde créé, et ce qu'Il accomplit est incompréhensible. « Conseiller », dans la traduction slavonne « ange du grand conseil », signifie que le Christ apporte au monde la volonté du Père céleste pour le salut des hommes et, bien sûr, l'obéissance à cette volonté. Le nom « Dieu fort », que le prophète applique au descendant de David, est saisissant. Isaïe lui-même le comprend sans doute autrement que nous : l'Ancien Testament ne contient pas de révélation claire sur le Dieu-homme qu'est le Christ, parce que les hommes ne sont pas capables de la concevoir. Involontairement, le prophète dit ici ce qui dépasse sa propre intelligence, et nous entendons la voix de l'Esprit qui inspire Isaïe. Le Christ n'est pas seulement homme, Il est aussi Dieu ! En Lui, la présence du Dieu invisible entre donc dans le monde et le gouffre qui nous sépare de Lui est franchi. C'est pourquoi le Christ ouvre aux hommes la vie éternelle ; Isaïe L'appelle « Père d'éternité ». Enfin, l'entrée souveraine de l'éternité dans la vie humaine se produit parce que la venue du Christ rend possible la paix entre nous. Rien, pour le prophète, n'est un signe aussi caractéristique de l'éternité, aussi caractéristique de la vie divine, que la paix. La seigneurie du Christ se réalise dans la réconciliation. Et inversement, hors de la réconciliation, il n'y a pas de place pour Lui.
1 Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, sur les habitants du sombre pays, une lumière a resplendi. |
2 Tu as multiplié la nation, tu as fait croître sa joie; ils se réjouissent devant toi comme on se réjouit à la moisson, comme on exulte au partage du butin. |
3 Car le joug qui pesait sur elle, la barre posée sur ses épaules, le bâton de son oppresseur, tu les as brisés comme au jour de Madiân. |
4 Car toute chaussure qui résonne sur le sol, tout manteau roulé dans le sang, seront mis à brûler, dévorés par le feu. |
5 Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné, il a reçu le pouvoir sur ses épaules et on lui a donné ce nom: Conseiller-merveilleux, Dieu-fort, Père-éternel, Prince-de-paix, |
6 pour que s'étende le pouvoir dans une paix sans fin sur le trône de David et sur son royaume, pour l'établir et pour l'affermir dans le droit et la justice. Dès maintenant et à jamais, l'amour jaloux de Yahvé Sabaot fera cela. |
7 Le Seigneur a jeté une parole en Jacob, elle est tombée en Israël. |
8 Tout le peuple l'a su, Éphraïm et l'habitant de Samarie qui disent dans l'orgueil de leur cœur altier: |
9 " Les briques sont tombées, nous construirons en pierre de taille, les sycomores ont été abattus, nous les remplacerons par des cèdres. " |
10 Mais Yahvé a soutenu contre ce peuple son adversaire Raçôn, il a excité ses ennemis, |
11 Aram à l'orient, les Philistins à l'occident: ils ont dévoré Israël à belles dents. Avec tout cela sa colère ne s'est pas détournée, sa main reste levée. |
12 Mais le peuple n'est pas revenu à celui qui le frappait, il n'a pas cherché Yahvé Sabaot. |
13 Aussi Yahvé a retranché d'Israël tête et queue, palme et jonc, en un jour. |
14 l'ancien et le dignitaire, c'est la tête, le prophète qui enseigne le mensonge, c'est la queue. |
15 Les guides de ce peuple l'ont égaré, et ceux qu'ils guident se sont fourvoyés. |
16 C'est pourquoi en ses jeunes gens le Seigneur ne trouvera plus sa joie, de ses orphelins et de ses veuves il n'aura plus pitié, car tous sont impies et malfaisants, toute bouche profère l'insanité. Avec tout cela sa colère ne s'est pas détournée, sa main reste levée. |
17 Oui, la méchanceté a brûlé comme le feu, elle dévore ronces et épines, elle a incendié les halliers de la forêt, ils se sont élevés en tourbillons de fumée. |
18 Par l'emportement de Yahvé Sabaot la terre a été brûlée et le peuple est comme la proie du feu. Nul n'a pitié de son frère, |
19 on a coupé à droite et on a eu faim, on a mangé à gauche et on n'a pas été rassasié. Chacun dévore la chair de son bras, |
20 Manassé dévore Éphraïm, et Éphraïm Manassé, ensemble ils s'attaquent à Juda. Avec tout cela sa colère ne s'est pas détournée, sa main reste levée. |
Don merveilleux que la prophétie. Quelques siècles après la rédaction de ces paroles, l'apôtre Paul dira qu'il faut rechercher tout particulièrement ce don, parce qu'il nous ouvre les chemins du Seigneur.
À première vue, Isaïe prophétise simplement la naissance du Messie terrestre, le Roi issu de la lignée de David, mais il énumère des noms qui ne peuvent se rapporter qu'à Dieu Lui-même. Or, pour l'homme du temps d'Isaïe, le nom n'est pas une désignation conventionnelle, mais ce qui exprime l'essence de celui qui le porte.
Ainsi, le Roi issu de la lignée de David se révèle d'une manière étonnante être Dieu Lui-même, établissant Son Royaume pour toujours. Et tout cela, c'est le zèle de Dieu qui l'accomplit, ou, comme le précisera plus tard le Nouveau Testament, l'amour de Dieu.
9 " Les briques sont tombées, nous construirons en pierre de taille, les sycomores ont été abattus, nous les remplacerons par des cèdres. " |
10 Mais Yahvé a soutenu contre ce peuple son adversaire Raçôn, il a excité ses ennemis, |
11 Aram à l'orient, les Philistins à l'occident: ils ont dévoré Israël à belles dents. Avec tout cela sa colère ne s'est pas détournée, sa main reste levée. |
12 Mais le peuple n'est pas revenu à celui qui le frappait, il n'a pas cherché Yahvé Sabaot. |
13 Aussi Yahvé a retranché d'Israël tête et queue, palme et jonc, en un jour. |
14 l'ancien et le dignitaire, c'est la tête, le prophète qui enseigne le mensonge, c'est la queue. |
15 Les guides de ce peuple l'ont égaré, et ceux qu'ils guident se sont fourvoyés. |
16 C'est pourquoi en ses jeunes gens le Seigneur ne trouvera plus sa joie, de ses orphelins et de ses veuves il n'aura plus pitié, car tous sont impies et malfaisants, toute bouche profère l'insanité. Avec tout cela sa colère ne s'est pas détournée, sa main reste levée. |
17 Oui, la méchanceté a brûlé comme le feu, elle dévore ronces et épines, elle a incendié les halliers de la forêt, ils se sont élevés en tourbillons de fumée. |
18 Par l'emportement de Yahvé Sabaot la terre a été brûlée et le peuple est comme la proie du feu. Nul n'a pitié de son frère, |
19 on a coupé à droite et on a eu faim, on a mangé à gauche et on n'a pas été rassasié. Chacun dévore la chair de son bras, |
20 Manassé dévore Éphraïm, et Éphraïm Manassé, ensemble ils s'attaquent à Juda. Avec tout cela sa colère ne s'est pas détournée, sa main reste levée. |
Aujourd'hui nous lisons une prophétie d'Isaïe qui s'est accomplie du vivant même du prophète: les paroles sur la chute de Samarie, qui fut détruite avec tout le Royaume du Nord en 722 av. J.-C. Et dans cette prophétie il y a certaines choses qui attirent l'attention par leur actualité. Le prophète parle de personnes (un peuple croyant) qui ne voient pas dans leurs propres malheurs le fruit de leurs iniquités. C'est précisément cela qui rend la catastrophe inévitable.
Ce n'est rien, disent les gens du Nord, si le pays connaît le déclin, l'appauvrissement et la destruction. Nous ne nous découragerons pas, mais nous rebâtirons plus belle encore notre chère... Samarie, bien sûr. Mais, dit le prophète, le peuple ne revient pas vers Celui qui le frappe, et il ne recourt pas au Seigneur Sabaoth. Cela signifie qu'il serait juste, dans des conditions de déclin et de désagrégation, quand l'économie meurt et que l'arbitraire se multiplie, quand le pays se délite comme un château de sable, de ne pas seulement penser à la manière dont nous allons aménager... Samarie, bien sûr. Il serait juste de penser: «Quel est notre péché qui nous a conduits à cela?» et de recourir au Seigneur Sabaoth.
Les mots clés de toute la prophétie sont les versets 1-2 du chapitre 10. Le prophète accuse ceux qui décrètent des lois injustes et rédigent des décisions cruelles, qui écartent les pauvres de la justice et ravissent les droits des faibles de son peuple. Cette dénonciation ne s'adresse nullement seulement à Péqah et à Osée, rois de Samarie à cette époque, mais à tout le pays. Cette responsabilité commune est peut-être le revers de l'unité de la nation, de l'unité du pays. Et c'est pourquoi la cruauté et le tragique de notre histoire sont l'objet de notre repentir commun.
Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible. Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit. | ||
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||