Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour 2Co 2:3-4

Et si j'ai écrit ce que vous savez, c'était pour ne pas éprouver de tristesse, en venant, du fait de ceux qui devraient me donner de la joie, persuadé à l'égard de vous tous que ma joie est aussi la vôtre, à vous tous.
Oui, c'est dans une grande tribulation et angoisse de cœur que je vous ai écrit, parmi bien des larmes, non pour que vous soyez attristés, mais pour que vous sachiez l'extrême affection que je vous porte.
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Paul dit que la lettre qu'il avait écrite auparavant, et qui était rude à bien des égards, était liée à une « grande affliction » qui l'avait saisi à la pensée des frères de Corinthe et de la situation dans l'Église de Corinthe.

À en juger par certains passages de la Première épître aux Corinthiens, on peut penser que la situation spirituelle y était effectivement assez grave : l'apôtre dut rappeler aux Corinthiens des choses fondamentales liées au christianisme et à la vie chrétienne, choses qu'ils n'avaient pas exactement oubliées, semble-t-il, mais qui étaient passées pour eux au second plan, éclipsées par des choses plus « intéressantes » et plus « urgentes ». Mais la rudesse des paroles de l'apôtre ne visait nullement à accuser quelqu'un ni à le contraindre à quitter l'Église, ce qui n'aurait servi que Satan. Il faudrait plutôt parler de l'épreuve que fut la lettre de Paul à l'Église de Corinthe, l'épreuve de l'obéissance.

Et il ne s'agit évidemment pas ici du fait que l'apôtre exigeait pour lui une soumission inconditionnelle ; une telle chose était pratiquement impensable dans l'Église des premiers chrétiens, où la discipline formelle ne passait jamais au premier plan. Il s'agissait de l'attitude personnelle envers Paul et envers son autorité en ce qui concerne la vie spirituelle. Et l'obéissance, dans ce cas, devient la capacité d'écouter et la disposition à entendre.

À en juger par tout ce qui est dit dans la Première épître aux Corinthiens, l'Église de Corinthe était grande, active et, comme nous dirions aujourd'hui, « progressive » et « avancée » : les gens y étaient instruits, enclins aux débats théologiques et critiques à l'égard des traditions. Dans une telle communauté, chacun se sent plus ou moins autosuffisant, et il est très difficile à de telles personnes d'entendre quelqu'un d'autre, surtout un homme venu de l'extérieur, même respecté et faisant autorité. Et accepter la justesse de l'opinion d'autrui est encore plus difficile.

La première réaction naturelle, dans un tel cas, est d'ordinaire le rejet, parfois doux, parfois brusque, mais toujours résolu et sans équivoque. Et le fait que les paroles de l'apôtre aient malgré tout produit leur effet signifie que cette première réaction a été surmontée. Dans l'Église de Corinthe, on a entendu l'apôtre et l'on a prêté attention à ses paroles. Paul considère cet état de choses comme une victoire spirituelle des chrétiens de Corinthe, une victoire avant tout sur eux-mêmes, sur leur propre nature. Une victoire dont il se réjouit sincèrement, non parce qu'on l'a entendu, mais parce qu'elle signifiait le triomphe du Royaume dans la communauté ecclésiale de Corinthe.

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