12 Par les mains des apôtres il se faisait de nombreux signes et prodiges parmi le peuple... Ils se tenaient tous d'un commun accord sous le portique de Salomon, |
13 et personne d'autre n'osait se joindre à eux, mais le peuple célébrait leurs louanges. |
14 Des croyants de plus en plus nombreux s'adjoignaient au Seigneur, un multitude d'hommes et de femmes. |
15 ... à tel point qu'on allait jusqu'à transporter les malades dans les rues et les déposer là sur des lits et des grabats, afin que tout au moins l'ombre de Pierre, à son passage, couvrît l'un d'eux. |
16 La multitude accourait même des villes voisines de Jérusalem, apportant des malades et des gens possédés par des esprits impurs, et tous étaient guéris. |
17 Alors intervint le grand prêtre, avec tous ceux de son entourage, le parti des Sadducéens. Pleins d'animosité, |
18 ils mirent la main sur les apôtres et les jetèrent dans la prison publique. |
19 Mais pendant la nuit l'Ange du Seigneur ouvrit les portes de la prison et, après les avoir conduits dehors, leur dit : |
20 " Allez annoncer hardiment au peuple dans le Temple tout ce qui concerne cette Vie-là. " |
21 Dociles à ces paroles, ils entrèrent au Temple dès le point du jour et se mirent à enseigner. Cependant le grand prêtre arriva avec ceux de son entourage. On convoqua le Sanhédrin et tout le Sénat des Israélites et on fit chercher les apôtres à la prison. |
22 Mais les satellites, rendus sur place, ne les trouvèrent pas dans la prison. Ils revinrent donc annoncer : |
23 " Nous avons trouvé la prison soigneusement fermée et les gardes en faction aux portes. Mais quand nous avons ouvert, nous n'avons trouvé personne à l'intérieur. " |
24 À cette nouvelle, le commandant du Temple et les grands prêtres, tout perplexes à leur sujet, se demandaient ce que cela pouvait bien signifier. |
25 Survint alors quelqu'un qui leur annonça : " Les hommes que vous avez mis en prison, les voilà qui se tiennent dans le Temple et enseignent le peuple. " |
26 Alors le commandant du Temple partit avec ses hommes et ramena les apôtres, mais sans violence, car ils craignaient le peuple, qui aurait pu les lapider. |
27 Les ayant donc amenés, ils les firent comparaître devant le Sanhédrin. Le grand prêtre les interrogea : |
28 " Nous vous avions formellement interdit d'enseigner en ce nom-là. Or voici que vous avez rempli Jérusalem de votre doctrine ! Vous voulez ainsi faire retomber sur nous le sang de cet homme-là ! " |
29 Pierre répondit alors, avec les apôtres : " Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. |
30 Le Dieu de nos pères a ressuscité ce Jésus que vous, vous aviez fait mourir en le suspendant au gibet. |
31 C'est lui que Dieu a exalté par sa droite, le faisant Chef et Sauveur, afin d'accorder par lui à Israël la repentance et la rémission des péchés. |
32 Nous sommes témoins de ces choses, nous et l'Esprit Saint que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. " |
En décrivant la vie de la communauté chrétienne primitive, l’auteur sacré attire l’attention sur ces manifestations de la force du Royaume qui devaient être évidentes pour chacun. Guérisons, conversions, libération des possédés du pouvoir des forces ténébreuses : tout cela était bien connu et décrit dans les évangiles ; et aux temps du christianisme primitif, lorsque les évangiles n’étaient pas encore écrits, les récits de ces événements se transmettaient de bouche à oreille. Et voici que maintenant, sous les yeux de beaucoup, quelque chose de semblable se produisait. L’histoire du Royaume dans le monde se poursuivait.
Il y avait aussi quelque chose de plus : sortir de prison à travers une porte fermée, voilà quelque chose de tout à fait incroyable... mais Jésus ressuscité passait Lui aussi à travers les portes fermées, elles n’étaient pas un obstacle pour Lui. Dans un monde non transfiguré, cela est impossible ; dans le Royaume, c’est tout à fait possible. L’auteur du livre décrit précisément ce qui se passe comme se passant dans le Royaume. Ce qui se produit n’est pas la diffusion d’une nouvelle religion à travers Jérusalem et la Judée, mais la diffusion du Royaume en elles. Une diffusion à laquelle, naturellement, chacun réagit à sa manière. À laquelle les autorités religieuses sont elles aussi forcées de réagir d’une façon ou d’une autre : tout ce qui se passe devient trop visible.
Visible et effrayant. Effrayant par son caractère incontrôlable et imprévisible. Par ce qui fait peur à tout pouvoir simplement parce qu’il est pouvoir. Et les autorités religieuses de Judée ne faisaient pas exception : car le pouvoir est toujours pouvoir avant tout, et qu’il soit civil ou religieux est une question secondaire. Ce qui effraie le plus le sommet du Temple et tout le Sanhédrin, c’est la diffusion d’un nouveau nom par lequel on peut être sauvé. Cela se comprend : un nouveau nom sacré signifie une nouvelle voie vers Dieu.
Quelle est cette nouvelle voie ? Qui peut l’emprunter et comment ? Que signifie tout cela pour les anciennes voies ? Les apôtres et tous les membres du nouveau mouvement sont des messianistes évidents et déclarés ; ils parlent sans cesse du Messie, dont le nom équivaut pour eux au nom de Dieu. Ils parlent du Royaume. Qu’est-ce que ce Royaume ? Y a-t-il une place pour le Temple en lui ? Et pour l’ancien sacerdoce ? Ou bien, dans ce nouveau Royaume, tout sera-t-il nouveau : le Temple, le sacerdoce et le culte ? Et qu’en est-il du pouvoir terrestre ?
Toutes ces questions ne laissaient pas en repos le sommet du Temple ni les chefs spirituels de la Synagogue traditionnelle. Si les chefs spirituels du nouveau mouvement avaient préalablement coordonné leur activité avec le Sanhédrin, ou du moins l’en avaient informé, tout aurait été différent. Mais ils ne faisaient rien de tel. Et le Temple comme le Sanhédrin observaient avec tension les nouveaux messianistes. Qui étaient-ils : des alliés ou des concurrents ? Et plus le temps passait, plus il devenait évident, pour le Temple comme pour la Synagogue traditionnelle, que ces nouveaux messianistes ne deviendraient pas leurs alliés.
29 Pierre répondit alors, avec les apôtres : " Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. |
À première vue, tout est clair. Bien sûr, Dieu est le principal dans notre vie, il faut Lui obéir en tout. On peut même dire que tous nos malheurs viennent de la désobéissance à Dieu, car le péché originel n'est rien d'autre que la désobéissance. N'essayons-nous pas de Lui obéir ? C'est vrai, nous n'y parvenons pas toujours... Mais ce n'est rien, Dieu aidera, et nous y arriverons !
Arrêtons-nous : qu'est-ce donc que nous réussirons à faire ? Les gens qui ont envoyé Jésus à la croix, puis jugé les Apôtres, désobéissaient-ils consciemment à Dieu ? Et ceux qui ont lapidé le protodiacre Étienne étaient absolument convaincus d'accomplir la volonté de Dieu. Regardez l'histoire de l'Église : l'intolérance, les croisades, l'Inquisition, tout cela aussi venait en quelque sorte de l'obéissance à Dieu. Et le terrorisme actuel tente lui aussi de se présenter comme une sainteté, fût-elle musulmane !
Comment comprendre que ce que nous considérons comme la volonté de Dieu l'est réellement ? Il y a une réponse qui paraît simple : vérifier dans la Bible. Mais récemment, on m'a raconté que les deux partis extrémistes ennemis d'Irlande du Nord justifient leurs meurtres et leurs attentats par des citations de la Bible ! Il ne s'agit pas seulement de ce qui y est écrit, mais aussi de la manière dont nous le comprenons, et cela relève déjà de l'action de l'Esprit. Rappelez-vous comment Jésus, lorsque Ses disciples voulurent interpréter de travers un passage biblique, leur dit : « Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes » (Lc 9:55)
Alors comment devons-nous obéir à Dieu ?
29 Pierre répondit alors, avec les apôtres : " Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. |
Tout est clair apparemment. Bien sûr que Dieu est capital dans notre vie, il faut Lui obéir en tout. On peut même dire que tous nos malheurs viennent de la désobéissance à Dieu, en effet, et le péché originel est rien d'autre, que la désobéissance. N’essayons-nous pas à Lui obéir ? C’est vrai, qu’on ne réussit pas toujours... Mais rien de grave, Dieu aidera, et tout nous réussira!
Stop, et qu’est ce qui nous réussira? Ces gens, qui ont fait partir Jésus sur la croix, et qui ensuite ont jugé les Apôtres, n'obéissaient-ils pas à Dieu consciemment? Et les gens qui ont lapidé Etienne étaient absolument sûrs qu'ils exécutent la volonté de Dieu. Jetez un coup d'œil dans l'histoire de l'Église : l'intolérance, les croisades, l'inquisition ne sont-elles pas aussi comme de l'obéissance à Dieu. Et le terrorisme actuel ne cherche t-il pas à s’appeler sainteté, même si elle est musulmane!
Comment savoir que ce dont nous considérons comme volonté Divine, est effectivement telle? Il y a paraît-il une réponse simple : vérifier par la Bible. Mais voici, on m’avait raconté que les deux partis ennemis extrémistes en Irlande du Nord justifiaient leurs meurtres et explosions par des citations tirées de la Bible! Il ne s’agit pas seulement de ce qui est écrite dans elle, mais aussi de la manière dont nous comprenons cela, et c’est déjà de la compétence de l'Esprit. Rappelons-nous comment Jésus réprimanda Ses disciples, lorsque ceux-ci voulaient incorrectement interpréter un passage biblique, en disant: «vous ne savez de quel Esprit vous êtes animés» (Luc 9:55).
Mais comment obéir donc à Dieu?
17 Alors intervint le grand prêtre, avec tous ceux de son entourage, le parti des Sadducéens. Pleins d'animosité, |
18 ils mirent la main sur les apôtres et les jetèrent dans la prison publique. |
19 Mais pendant la nuit l'Ange du Seigneur ouvrit les portes de la prison et, après les avoir conduits dehors, leur dit : |
20 " Allez annoncer hardiment au peuple dans le Temple tout ce qui concerne cette Vie-là. " |
21 Dociles à ces paroles, ils entrèrent au Temple dès le point du jour et se mirent à enseigner. Cependant le grand prêtre arriva avec ceux de son entourage. On convoqua le Sanhédrin et tout le Sénat des Israélites et on fit chercher les apôtres à la prison. |
22 Mais les satellites, rendus sur place, ne les trouvèrent pas dans la prison. Ils revinrent donc annoncer : |
23 " Nous avons trouvé la prison soigneusement fermée et les gardes en faction aux portes. Mais quand nous avons ouvert, nous n'avons trouvé personne à l'intérieur. " |
24 À cette nouvelle, le commandant du Temple et les grands prêtres, tout perplexes à leur sujet, se demandaient ce que cela pouvait bien signifier. |
25 Survint alors quelqu'un qui leur annonça : " Les hommes que vous avez mis en prison, les voilà qui se tiennent dans le Temple et enseignent le peuple. " |
26 Alors le commandant du Temple partit avec ses hommes et ramena les apôtres, mais sans violence, car ils craignaient le peuple, qui aurait pu les lapider. |
27 Les ayant donc amenés, ils les firent comparaître devant le Sanhédrin. Le grand prêtre les interrogea : |
28 " Nous vous avions formellement interdit d'enseigner en ce nom-là. Or voici que vous avez rempli Jérusalem de votre doctrine ! Vous voulez ainsi faire retomber sur nous le sang de cet homme-là ! " |
29 Pierre répondit alors, avec les apôtres : " Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. |
30 Le Dieu de nos pères a ressuscité ce Jésus que vous, vous aviez fait mourir en le suspendant au gibet. |
31 C'est lui que Dieu a exalté par sa droite, le faisant Chef et Sauveur, afin d'accorder par lui à Israël la repentance et la rémission des péchés. |
32 Nous sommes témoins de ces choses, nous et l'Esprit Saint que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. " |
33 En entendant cela, ils frémissaient de rage et projetaient de les faire mourir. |
34 Alors un Pharisien nommé Gamaliel se leva au milieu du Sanhédrin; c'était un docteur de la Loi respecté de tout le peuple. Il donna l'ordre de faire sortir ces hommes un instant. |
35 Puis il dit aux sanhédrites : " Hommes d'Israël, prenez bien garde à ce que vous allez faire à l'égard de ces gens-là. |
36 Il y a quelque temps déjà se leva Theudas, qui se disait quelqu'un et qui rallia environ quatre cents hommes. Il fut tué, et tous ceux qui l'avaient suivi se débandèrent, et il n'en resta rien. |
37 Après lui, à l'époque du recensement, se leva Judas le Galiléen, qui entraîna du monde à sa suite; il périt, lui aussi, et ceux qui l'avaient suivi furent dispersés. |
38 À présent donc, je vous le dis, ne vous occupez pas de ces gens-là, laissez-les. Car si leur propos ou leur œuvre vient des hommes, il se détruira de lui-même; |
39 mais si vraiment il vient de Dieu, vous n'arriverez pas à les détruire. Ne risquez pas de vous trouver en guerre contre Dieu. " On adopta son avis. |
40 Ils rappelèrent alors les apôtres. Après les avoir fait battre de verges, ils leur interdirent de parler au nom de Jésus, puis les relâchèrent. |
41 Pour eux, ils s'en allèrent du Sanhédrin, tout joyeux d'avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le Nom. |
42 Et chaque jour, au Temple et dans les maisons, ils ne cessaient d'enseigner et d'annoncer la Bonne Nouvelle du Christ Jésus. |
La lecture d'aujourd'hui nous montre la limite que peut atteindre la conscience religieuse. Cette limite est désignée par le discours de Gamaliel (v. 34-39). Gamaliel appartenait à l'école rabbinique fondée par Hillel, maître de la Torah qui vivait environ deux siècles avant la naissance du Christ. Les représentants de cette école n'ont jamais été des formalistes religieux, considérant que la Torah devait être écrite dans le coeur de l'homme, déterminant toute sa vie et l'aidant à construire ses relations avec Dieu. Pour eux, le premier plan n'était pas occupé par le rite, mais par une communion intime, mystique, avec Dieu. À Hillel appartiennent ces paroles: «Là où deux ou trois se rassemblent au nom de la Torah, la shekhina demeure au milieu d'eux» (dans le judaïsme, on appelle shekhina la présence de Dieu). Il n'est pas étonnant que ce soit précisément un représentant de cette école qui ait pris la parole devant le Sanhédrin en faveur des apôtres.
Pour Gamaliel non plus, la situation n'était pas du tout claire ni univoque, mais il ne craignait pas ce que craignait l'élite du Temple: que le nouveau mouvement commencé dans le peuple se retourne contre eux (v. 27-28). L'absence de peur et la disponibilité à accueillir tout ce qui vient réellement de Dieu le distinguent de la majorité des représentants des autorités religieuses officielles.
Gamaliel ne peut rien dire de précis au sujet des apôtres et de leur prédication, ce qui n'a rien d'étonnant: il demeure le porteur et le gardien d'une tradition religieuse qui n'est liée ni à Jésus ni à Ses disciples. Mais son expérience spirituelle et religieuse lui suggère que des mouvements de ce genre ne réussissent que lorsqu'ils viennent de Dieu. C'est pourquoi il est tranquille: si les apôtres accomplissent l'oeuvre de Dieu, il n'a pas à s'inquiéter; sinon, il n'y a pas davantage lieu de s'agiter, car dans ce cas elle finira de toute façon tôt ou tard par ne rien donner.
Une telle position paraît neutre et expectative, mais elle ne pouvait être autre: Gamaliel restait dans des cadres religieux, bien que sa foi fût sincère et sa religiosité conséquente. Il ne savait réellement rien ni de Jésus ni des apôtres, et aucune expérience religieuse ne pouvait lui révéler ce qui ne se révèle qu'au contact du Royaume. Mais en même temps, Gamaliel, à ce qu'on voit, demeure absolument ouvert à l'action de Dieu et prêt à accueillir tout ce qui vient de Dieu. Sa position suppose avant tout une honnêteté absolue devant lui-même et devant Dieu. Et c'est, apparemment, ce que la religion peut donner de meilleur à l'homme. Dans un tel état d'esprit, l'homme ne se jettera ni à la suite des faux prophètes et des faux messies, ni ne saisira des pierres à l'apparition de tout nouveau mouvement religieux. Sa religion lui donne la paix intérieure. Cette paix qui, bien sûr, ne remplace pas le Royaume, mais donne la possibilité de le voir.
17 Alors intervint le grand prêtre, avec tous ceux de son entourage, le parti des Sadducéens. Pleins d'animosité, |
18 ils mirent la main sur les apôtres et les jetèrent dans la prison publique. |
19 Mais pendant la nuit l'Ange du Seigneur ouvrit les portes de la prison et, après les avoir conduits dehors, leur dit : |
20 " Allez annoncer hardiment au peuple dans le Temple tout ce qui concerne cette Vie-là. " |
21 Dociles à ces paroles, ils entrèrent au Temple dès le point du jour et se mirent à enseigner. Cependant le grand prêtre arriva avec ceux de son entourage. On convoqua le Sanhédrin et tout le Sénat des Israélites et on fit chercher les apôtres à la prison. |
22 Mais les satellites, rendus sur place, ne les trouvèrent pas dans la prison. Ils revinrent donc annoncer : |
23 " Nous avons trouvé la prison soigneusement fermée et les gardes en faction aux portes. Mais quand nous avons ouvert, nous n'avons trouvé personne à l'intérieur. " |
24 À cette nouvelle, le commandant du Temple et les grands prêtres, tout perplexes à leur sujet, se demandaient ce que cela pouvait bien signifier. |
25 Survint alors quelqu'un qui leur annonça : " Les hommes que vous avez mis en prison, les voilà qui se tiennent dans le Temple et enseignent le peuple. " |
26 Alors le commandant du Temple partit avec ses hommes et ramena les apôtres, mais sans violence, car ils craignaient le peuple, qui aurait pu les lapider. |
27 Les ayant donc amenés, ils les firent comparaître devant le Sanhédrin. Le grand prêtre les interrogea : |
28 " Nous vous avions formellement interdit d'enseigner en ce nom-là. Or voici que vous avez rempli Jérusalem de votre doctrine ! Vous voulez ainsi faire retomber sur nous le sang de cet homme-là ! " |
29 Pierre répondit alors, avec les apôtres : " Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. |
30 Le Dieu de nos pères a ressuscité ce Jésus que vous, vous aviez fait mourir en le suspendant au gibet. |
31 C'est lui que Dieu a exalté par sa droite, le faisant Chef et Sauveur, afin d'accorder par lui à Israël la repentance et la rémission des péchés. |
32 Nous sommes témoins de ces choses, nous et l'Esprit Saint que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. " |
33 En entendant cela, ils frémissaient de rage et projetaient de les faire mourir. |
34 Alors un Pharisien nommé Gamaliel se leva au milieu du Sanhédrin; c'était un docteur de la Loi respecté de tout le peuple. Il donna l'ordre de faire sortir ces hommes un instant. |
35 Puis il dit aux sanhédrites : " Hommes d'Israël, prenez bien garde à ce que vous allez faire à l'égard de ces gens-là. |
36 Il y a quelque temps déjà se leva Theudas, qui se disait quelqu'un et qui rallia environ quatre cents hommes. Il fut tué, et tous ceux qui l'avaient suivi se débandèrent, et il n'en resta rien. |
37 Après lui, à l'époque du recensement, se leva Judas le Galiléen, qui entraîna du monde à sa suite; il périt, lui aussi, et ceux qui l'avaient suivi furent dispersés. |
38 À présent donc, je vous le dis, ne vous occupez pas de ces gens-là, laissez-les. Car si leur propos ou leur œuvre vient des hommes, il se détruira de lui-même; |
39 mais si vraiment il vient de Dieu, vous n'arriverez pas à les détruire. Ne risquez pas de vous trouver en guerre contre Dieu. " On adopta son avis. |
40 Ils rappelèrent alors les apôtres. Après les avoir fait battre de verges, ils leur interdirent de parler au nom de Jésus, puis les relâchèrent. |
41 Pour eux, ils s'en allèrent du Sanhédrin, tout joyeux d'avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le Nom. |
42 Et chaque jour, au Temple et dans les maisons, ils ne cessaient d'enseigner et d'annoncer la Bonne Nouvelle du Christ Jésus. |
On entend parfois des débats sur l’avenir du christianisme : est-il encore actuel dans le monde moderne, est-il menacé d’oubli ou connaîtra-t-il au contraire un nouvel essor ? Peut-être les analystes qui raisonnent sur ces questions devraient-ils écouter les paroles de Gamaliel dans la lecture d’aujourd’hui. Sans être lui-même chrétien, il laissa à Dieu — en qui il croyait bien sûr — le soin de décider si le nouvel enseignement subsisterait ou non. Pourquoi donc Luc a-t-il inclus dans son histoire de l’Église primitive ces paroles d’un homme qui, à bien des égards, s’opposait au christianisme ? Peut-être a-t-il perçu l’immense importance, pour les chrétiens eux-mêmes, de ce témoignage : le destin de leur Église, de leur communauté, de leur œuvre, de leur ministère et de leur vie même est uniquement entre les mains de Dieu et n’existe que parce qu’il Lui plaît.
27 Les ayant donc amenés, ils les firent comparaître devant le Sanhédrin. Le grand prêtre les interrogea : |
28 " Nous vous avions formellement interdit d'enseigner en ce nom-là. Or voici que vous avez rempli Jérusalem de votre doctrine ! Vous voulez ainsi faire retomber sur nous le sang de cet homme-là ! " |
29 Pierre répondit alors, avec les apôtres : " Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. |
30 Le Dieu de nos pères a ressuscité ce Jésus que vous, vous aviez fait mourir en le suspendant au gibet. |
31 C'est lui que Dieu a exalté par sa droite, le faisant Chef et Sauveur, afin d'accorder par lui à Israël la repentance et la rémission des péchés. |
32 Nous sommes témoins de ces choses, nous et l'Esprit Saint que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. " |
33 En entendant cela, ils frémissaient de rage et projetaient de les faire mourir. |
Il semblerait que nous soyons habitués à comprendre la Croix et la Résurrection comme un sacrifice pour le pardon de nos péchés. Oui, l'auteur des Actes en parle (voir Ac 5:31), mais il mentionne aussitôt le repentir. C'est saisissant ! Nous comprenons que le Seigneur est venu dans le monde pour que nous nous repentions et que nous L'accueillions, Lui et le Père ; mais le fait qu'Il ressuscite aussi pour « donner à Israël le repentir », puis à tous les vivants, peut échapper à notre attention.
D'un autre côté, comment pourrait-il en être autrement ? Car la mission est la mission, et elle s'accomplit par tous les moyens possibles ! Et en effet, en regardant les événements décrits dans les Actes et l'accroissement des croyants dans l'Église (voir, par exemple, Ac 2:41, 5:14, 17:4), nous voyons que les gens se repentent précisément après l'annonce du Seigneur crucifié et ressuscité. L'annonce que Quelqu'un est venu pour ton salut, qu'Il a été tué par ta propre faute, mais que, malgré cela, Il est ressuscité, bouleverse l'homme. Et s'il écoute cette annonce et l'entend, reconnaissant Jésus comme Sauveur, le Seigneur ne tarde pas à se réjouir de la centième brebis retrouvée (voir Mt 18:12-14).
1 Un certain Ananie, d'accord avec Saphire sa femme, vendit une propriété; |
2 il détourna une partie du prix, de connivence avec sa femme, et apportant le reste, il le déposa aux pieds des apôtres. |
3 " Ananie, lui dit alors Pierre, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, que tu mentes à l'Esprit Saint et détournes une partie du prix du champ ? |
4 Quand tu avais ton bien, n'étais-tu pas libre de le garder, et quand tu l'as vendu, ne pouvais-tu disposer du prix à ton gré ? Comment donc cette décision a-t-elle pu naître dans ton cœur ? Ce n'est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu. " |
5 En entendant ces paroles, Ananie tomba et expira. Une grande crainte s'empara alors de tous ceux qui l'apprirent. |
6 Les jeunes gens vinrent envelopper le corps et l'emportèrent pour l'enterrer. |
7 Au bout d'un intervalle d'environ trois heures, sa femme, qui ne savait pas ce qui était arrivé, entra. |
8 Pierre l'interpella : " Dis-moi, le champ que vous avez vendu, c'était tant ? " Elle dit : " Oui, tant. " |
9 Alors Pierre : " Comment donc avez-vous pu vous concerter pour mettre l'Esprit du Seigneur à l'épreuve ? Eh bien ! voici à la porte les pas de ceux qui ont enterré ton mari : ils vont aussi t'emporter. " |
10 À l'instant même elle tomba à ses pieds et expira. Les jeunes gens qui entraient la trouvèrent morte; ils l'emportèrent et l'enterrèrent auprès de son mari. |
11 Une grande crainte s'empara alors de l'Église entière et de tous ceux qui apprirent ces choses. |
12 Par les mains des apôtres il se faisait de nombreux signes et prodiges parmi le peuple... Ils se tenaient tous d'un commun accord sous le portique de Salomon, |
13 et personne d'autre n'osait se joindre à eux, mais le peuple célébrait leurs louanges. |
14 Des croyants de plus en plus nombreux s'adjoignaient au Seigneur, un multitude d'hommes et de femmes. |
15 ... à tel point qu'on allait jusqu'à transporter les malades dans les rues et les déposer là sur des lits et des grabats, afin que tout au moins l'ombre de Pierre, à son passage, couvrît l'un d'eux. |
16 La multitude accourait même des villes voisines de Jérusalem, apportant des malades et des gens possédés par des esprits impurs, et tous étaient guéris. |
Sur le fond de l'élan spirituel de la première communauté chrétienne, l'épisode d'Ananie et de Saphire paraît quelque chose de sauvage et de terrible. Pourtant, il reflète le fait que la proximité de Dieu n'est pas seulement un grand bonheur, mais aussi un grand risque. Si un homme n'en est qu'au tout début de sa recherche religieuse, ses erreurs et ses égarements ne conduisent pas encore à la catastrophe; tandis que, pour un homme qui a connu Dieu, de telles choses ne sont déjà plus admissibles. Comparez: c'est une chose d'être trompé par un vendeur inconnu sur un marché, et c'en est une autre d'être trahi par un être aimé. Si un homme a déjà consacré, donné toute sa vie à Dieu, et qu'il apparaît soudain que tout cela n'était qu'une fiction, que l'on peut renoncer à tout cela, alors cette vie consacrée à Dieu perd tout sens, et l'homme meurt...
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