RÉFLEXIONS. Lectionnaire catholique.

RÉFLEXIONS pour Ac 5:12-32

En décrivant la vie de la communauté chrétienne primitive, l’auteur sacré attire l’attention sur ces manifestations de la force du Royaume qui devaient être évidentes pour chacun. Guérisons, conversions, libération des possédés du pouvoir des forces ténébreuses : tout cela était bien connu et décrit dans les évangiles ; et aux temps du christianisme primitif, lorsque les évangiles n’étaient pas encore écrits, les récits de ces événements se transmettaient de bouche à oreille. Et voici que maintenant, sous les yeux de beaucoup, quelque chose de semblable se produisait. L’histoire du Royaume dans le monde se poursuivait.

Il y avait aussi quelque chose de plus : sortir de prison à travers une porte fermée, voilà quelque chose de tout à fait incroyable... mais Jésus ressuscité passait Lui aussi à travers les portes fermées, elles n’étaient pas un obstacle pour Lui. Dans un monde non transfiguré, cela est impossible ; dans le Royaume, c’est tout à fait possible. L’auteur du livre décrit précisément ce qui se passe comme se passant dans le Royaume. Ce qui se produit n’est pas la diffusion d’une nouvelle religion à travers Jérusalem et la Judée, mais la diffusion du Royaume en elles. Une diffusion à laquelle, naturellement, chacun réagit à sa manière. À laquelle les autorités religieuses sont elles aussi forcées de réagir d’une façon ou d’une autre : tout ce qui se passe devient trop visible.

Visible et effrayant. Effrayant par son caractère incontrôlable et imprévisible. Par ce qui fait peur à tout pouvoir simplement parce qu’il est pouvoir. Et les autorités religieuses de Judée ne faisaient pas exception : car le pouvoir est toujours pouvoir avant tout, et qu’il soit civil ou religieux est une question secondaire. Ce qui effraie le plus le sommet du Temple et tout le Sanhédrin, c’est la diffusion d’un nouveau nom par lequel on peut être sauvé. Cela se comprend : un nouveau nom sacré signifie une nouvelle voie vers Dieu.

Quelle est cette nouvelle voie ? Qui peut l’emprunter et comment ? Que signifie tout cela pour les anciennes voies ? Les apôtres et tous les membres du nouveau mouvement sont des messianistes évidents et déclarés ; ils parlent sans cesse du Messie, dont le nom équivaut pour eux au nom de Dieu. Ils parlent du Royaume. Qu’est-ce que ce Royaume ? Y a-t-il une place pour le Temple en lui ? Et pour l’ancien sacerdoce ? Ou bien, dans ce nouveau Royaume, tout sera-t-il nouveau : le Temple, le sacerdoce et le culte ? Et qu’en est-il du pouvoir terrestre ?

Toutes ces questions ne laissaient pas en repos le sommet du Temple ni les chefs spirituels de la Synagogue traditionnelle. Si les chefs spirituels du nouveau mouvement avaient préalablement coordonné leur activité avec le Sanhédrin, ou du moins l’en avaient informé, tout aurait été différent. Mais ils ne faisaient rien de tel. Et le Temple comme le Sanhédrin observaient avec tension les nouveaux messianistes. Qui étaient-ils : des alliés ou des concurrents ? Et plus le temps passait, plus il devenait évident, pour le Temple comme pour la Synagogue traditionnelle, que ces nouveaux messianistes ne deviendraient pas leurs alliés.