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RÉFLEXIONS pour Rm 14:13-23

13 Finissons-en donc avec ces jugements les uns sur les autres: jugez plutôt qu'il ne faut rien mettre devant votre frère qui le fasse buter ou tomber. -
14 Je le sais, j'en suis certain dans le Seigneur Jésus, rien n'est impur en soi, mais seulement pour celui qui estime un aliment impur; en ce cas il l'est pour lui. -
15 En effet, si pour un aliment ton frère est contristé, tu ne te conduis plus selon la charité. Ne va pas avec ton aliment faire périr celui-là pour qui le Christ est mort!
16 N'exposez donc pas votre privilège à l'outrage.
17 Car le règne de Dieu n'est pas affaire de nourriture ou de boisson, il est justice, paix et joie dans l'Esprit Saint.
18 Celui en effet qui sert le Christ de la sorte est agréable à Dieu et approuvé des hommes.
19 Poursuivons donc ce qui favorise la paix et l'édification mutuelle.
20 Ne va pas pour un aliment détruire l'œuvre de Dieu. Tout est pur assurément, mais devient un mal pour l'homme qui mange en donnant du scandale.
21 Ce qui est bien, c'est de s'abstenir de viande et de vin et de tout ce qui fait buter ou tomber ou faiblir ton frère.
22 Cette foi que tu as, garde-la pour toi devant Dieu. Heureux qui ne se juge pas coupable au moment même où il se décide.
23 Mais celui qui mange malgré ses doutes est condamné, parce qu'il agit sans bonne foi et que tout ce qui ne procède pas de la bonne foi est péché.
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Poursuivant la discussion sur la religion dans son rapport au Royaume, Paul propose des critères qui peuvent guider ce qui concerne les obligations religieuses. Il attire d’abord l’attention sur le fait que, dans le Royaume, il n’y a ni ne peut y avoir en principe rien qui soit pécheur ou impur en soi, car le péché et l’impureté ne peuvent par définition faire partie du Royaume. Le problème surgit lorsque quelqu’un qui vit dans le Royaume commence à voir le péché ou l’impureté là où ils ne sont pas ; dans ce cas, pour celui qui voit ainsi la situation, ils peuvent devenir une réalité et rendre problématique pour lui la vie dans le Royaume (v. 14). Bien sûr, si le Royaume était déjà manifesté au monde dans toute sa plénitude, de tels problèmes ne seraient que les problèmes de personnes particulières et concrètes. Mais le Royaume ne s’est pas encore pleinement révélé, il ne fait que conquérir le monde, et l’ancien ordre des choses, pas encore entièrement transformé, peut influencer les esprits non seulement de ceux qui cherchent le Royaume, mais aussi de ceux qui l’ont déjà touché. Tous ceux qui ont trouvé le Royaume n’y sont pas encore enracinés au point que tout ce qui est lié à l’ancien ordre des choses, y compris la religion, leur soit devenu spirituellement indifférent ; il faut en tenir compte afin que personne ne perde le Royaume simplement parce que ceux qui vivent près de lui n’ont pas jugé nécessaire de s’abaisser à sa faiblesse (v. 15-16).

Le problème de la religion ici, comme on le voit, n’est plus lié au contenu spirituel de la religiosité comme telle, mais à son effet sur les âmes de ceux qui cherchent le Royaume et de ceux qui viennent tout juste de le trouver (v. 13). Mais il existe aussi un autre critère qui permet de vérifier sa propre sincérité devant Dieu. Il s’agit des doutes qui peuvent apparaître tout naturellement chez celui qui ne suit pas les normes religieuses communément admises. Et ici l’apôtre est très catégorique : s’il existe le moindre doute sur le fait d’avoir raison, alors il s’agit précisément d’une transgression de la norme, et non de la liberté propre à ceux qui vivent dans le Royaume (v. 21-22).

En effet, on peut simplement transgresser les normes communément admises sans en tenir compte, ou bien être au-dessus d’elles. Mais l’expérience du Royaume exclut les doutes ; s’ils apparaissent tout de même, on peut dire avec certitude qu’il s’agit précisément d’une transgression de la norme. Or, comme celui qui vit dans le Royaume n’ignore pas les normes et règles religieuses communément admises, mais se sent seulement parfaitement libre à l’égard de la religion, il ne lui est pas difficile de les suivre pour le bien spirituel de son prochain. La tâche principale, dans les relations avec le prochain, pour ceux qui vivent dans le Royaume, est de préserver cette paix et cette joie sans lesquelles il n’y a pas de Royaume, et non de lutter contre la religiosité en tant que telle. C’est pourquoi il ne leur est pas difficile de suivre les normes et règles religieuses si cela facilite la vie du prochain (v. 17-21).

Autres réflexions

 
Pour Rm 14:13
13 Finissons-en donc avec ces jugements les uns sur les autres: jugez plutôt qu'il ne faut rien mettre devant votre frère qui le fasse buter ou tomber. -
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Paul attire l'attention sur ce qui peut détruire la paix au sein de la communauté ecclésiale. Que faire si, à une même table, pendant le repas de la fraction du pain, prennent place des Juifs observants, pour qui toutes les prescriptions religieuses du judaïsme sont importantes, et des païens, à qui ces prescriptions n'importent pas ? Peut-on mettre sur la table des aliments non cachères simplement parce que...  Lire la suite

Paul attire l'attention sur ce qui peut détruire la paix au sein de la communauté ecclésiale. Que faire si, à une même table, pendant le repas de la fraction du pain, prennent place des Juifs observants, pour qui toutes les prescriptions religieuses du judaïsme sont importantes, et des païens, à qui ces prescriptions n'importent pas ?

Peut-on mettre sur la table des aliments non cachères simplement parce que, pour les chrétiens, les questions de cacherout ne sont plus pertinentes ? D'un côté, on le peut, et l'on ne peut accuser d'apostasie celui qui refuse la nourriture cachère. Mais, de l'autre, il y a aussi les relations entre les membres de la communauté. Des relations d'amour mutuel. L'apôtre comprend parfaitement que l'homme s'accroche à la religion non par force, mais par faiblesse.

Par faiblesse spirituelle, qui, ne permettant pas à l'homme de vivre pleinement la relation avec Dieu et avec le Christ, l'oblige à chercher un appui dans ce qui n'a pas de rapport direct ni avec le Royaume ni avec la vie spirituelle.

La religion est une béquille. Mais peut-on retirer ses béquilles à celui qui ne peut s'en passer, simplement parce que d'autres, sains et forts, s'en passent très bien ? Évidemment non. Et il n'est pas très fraternel non plus de faire parade de sa force et de sa santé devant ceux qui en sont privés. Il ne s'agit certes pas que les bien portants se fassent passer pour malades ou se comportent comme des malades.

Mais si les choses se présentent ainsi, et qu'il faut partager la route avec ceux qui ne peuvent se passer de béquilles, ce sont précisément les bien portants qui doivent, en chemin, adapter leur marche aux malades, et non l'inverse. Bien sûr, celui qui sent sa force veut toujours lui donner libre cours et se manifester pleinement. Mais alors il faudra oublier les faibles, ceux qui ne peuvent suivre le rythme des forts. Et avec eux il faudra oublier aussi l'amour, sans lequel aucune force ne vaut quoi que ce soit.

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Pour Rm 14:13
13 Finissons-en donc avec ces jugements les uns sur les autres: jugez plutôt qu'il ne faut rien mettre devant votre frère qui le fasse buter ou tomber. -
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Paul attire l'attention sur ce qui peut détruire la paix à l'intérieur de la communauté ecclésiale. Que faire si, à la même table, pendant le repas de la fraction du pain, s'assoient des Juifs fidèles, pour qui toutes les prescriptions religieuses du judaïsme sont importantes, et des païens pour qui...  Lire la suite

Paul attire l'attention sur ce qui peut détruire la paix à l'intérieur de la communauté ecclésiale. Que faire si, à la même table, pendant le repas de la fraction du pain, s'assoient des Juifs fidèles, pour qui toutes les prescriptions religieuses du judaïsme sont importantes, et des païens pour qui ces prescriptions ne comptent pas du tout ?

Peut-on mettre sur la table une nourriture non cachère simplement parce que, pour les chrétiens, les questions de cacherout ne sont plus actuelles ? D'un côté, oui, et on ne peut accuser de trahison celui qui renonce à la nourriture cachère. Mais, d'un autre côté, il y a aussi les relations entre les membres de la communauté. Les relations d'amour mutuel. L'apôtre comprend parfaitement que l'homme ne s'accroche pas à la religion par force, mais par faiblesse.

Par faiblesse spirituelle, qui, ne permettant pas à l'homme de vivre pleinement ses relations avec Dieu et avec le Christ, l'oblige à chercher un appui dans ce qui n'a pas de rapport direct ni avec le Royaume ni avec la vie spirituelle.

La religion, ce sont des béquilles. Mais peut-on enlever les béquilles à celui qui ne peut pas s'en passer, uniquement parce que d'autres, sains et forts, s'en passent très bien ? Évidemment non. Et même faire parade de sa force et de sa santé devant ceux qui en sont privés n'est pas très fraternel. Certes, il ne s'agit pas pour les bien portants de faire semblant d'être malades ou de se conduire comme des malades.

Mais s'il se trouve que l'on doit partager la route avec ceux qui ne peuvent pas se passer de béquilles, ce sont précisément les bien portants qui doivent adapter leur marche aux malades, et non l'inverse. Bien sûr, l'homme qui sent sa force a toujours envie de la laisser s'exprimer et de se manifester pleinement. Mais alors il faudra oublier les faibles, ceux qui ne peuvent pas suivre les forts. Et avec eux il faudra oublier l'amour, sans lequel aucune force ne vaut quoi que ce soit.

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Pour Rm 14:14
14 Je le sais, j'en suis certain dans le Seigneur Jésus, rien n'est impur en soi, mais seulement pour celui qui estime un aliment impur; en ce cas il l'est pour lui. -
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Dans le yahvisme, comme dans le judaïsme, les notions de pureté et d'impureté étaient essentielles dans la vie religieuse. À première vue, on pourrait croire qu'il s'agit de restrictions purement rituelles, partiellement empruntées au monde païen. Mais ce n'est tout de même pas exactement le cas...  Lire la suite

Dans le yahvisme, comme dans le judaïsme, les notions de pureté et d'impureté étaient essentielles dans la vie religieuse. À première vue, on pourrait croire qu'il s'agit de restrictions purement rituelles, partiellement empruntées au monde païen. Mais ce n'est tout de même pas exactement le cas. Les notions de pureté et d'impureté étaient liées aux représentations de la vie et de l'homme propres au yahvisme d'avant l'exil, qui devinrent ensuite habituelles pour le judaïsme aussi. La Bible décrit l'homme comme un être double et un, spirituel et naturel. Dieu « insuffle » dans les « narines » de l'homme, comme le dit le texte hébreu, ce souffle de vie qui fait de lui un homme. La vie humaine elle-même est un flux qui comprend une composante spirituelle et une composante naturelle. Le souffle divin de vie y entre en contact avec la nature, la pénétrant et en changeant la qualité. Ce flux de vie est désigné par le mot hébreu que l'on traduit habituellement par « âme ».

Il est naturel que l'intensité et la qualité de ce flux vital puissent varier. Dans le monde et dans la vie humaine, il existe quelque chose qui en obstrue le lit et en ralentit le cours: c'est ce qu'on appelle, dans la langue biblique, l'impureté ou la souillure. En premier lieu, bien sûr, les conséquences du péché commis souillent l'homme. Mais aux temps préchrétiens, il y avait dans le monde d'autres choses qui pouvaient souiller l'homme, conduire à l'appauvrissement et à l'épuisement du flux de sa vie. Tout ce qui se rapporte à la mort, à la décomposition, à l'entropie, tout cela diminuait la mesure de la plénitude de la vie humaine et en abaissait la qualité. Dans un tel état, la rencontre avec Dieu devenait problématique pour l'homme, voire totalement impossible: car pour le rencontrer, pour vivre la réalité de sa présence au lieu qu'il a lui-même choisi, il faut déjà posséder un certain minimum de plénitude et d'intensité de sa propre existence. Dans le shéol, dans le royaume des morts, on ne glorifie pas Dieu parce que sa présence ne s'y manifeste pas: l'existence qu'y mènent les morts est une existence au minimum, lorsque le flux de la vie est presque entièrement tari. Avant la venue du Christ, il fallait tenir compte de tout cela.

Mais avec le Christ, le Royaume est entré dans le monde avec toute sa plénitude de vie, auparavant invisible et inconnue. Désormais, quiconque vit de cette vie n'a plus à craindre que certains processus du monde non transformé l'empêchent de vivre toute la plénitude de la vie du Royaume. Désormais, seul son propre péché peut faire obstacle à l'homme. Et, bien sûr, la peur de l'impureté: car la peur crée souvent elle-même son propre objet. Celui qui continue de craindre l'impureté du monde déchu en subira inévitablement l'effet. Quant aux autres, ceux qui ont choisi le Christ et le Royaume, ils n'ont pas à s'en inquiéter: car le souffle du Royaume est plus fort que toutes les forces destructrices de ce monde.

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Pour Rm 14:17
17 Car le règne de Dieu n'est pas affaire de nourriture ou de boisson, il est justice, paix et joie dans l'Esprit Saint.
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Est invincible le rêve dans l'humanité d’une société idéale, où tout sera bien, juste et abondant. Seulement ceci ne réussit pas, on ne sait pourquoi...  Lire la suite

Est invincible le rêve dans l'humanité d’une société idéale, où tout sera bien, juste et abondant. Seulement ceci ne réussit pas, on ne sait pourquoi. Peut être, le fait est que chacun de nous considère la société de mauvaise, et que seulement nous sommes bons. Le Christ, en parlant du Règne de Dieu, souligne toujours le caractère spirituel de ce Règne, sa réalisation à l'intérieur de l’homme, et non dans la «société». De la même chose écrit l'apôtre Paul: notre appartenance à Christ n’est pas définie par les catégories extérieures et corporelles, mais par l'action de l'Esprit Saint en nous.

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Pour Rm 14:19-23
19 Poursuivons donc ce qui favorise la paix et l'édification mutuelle.
20 Ne va pas pour un aliment détruire l'œuvre de Dieu. Tout est pur assurément, mais devient un mal pour l'homme qui mange en donnant du scandale.
21 Ce qui est bien, c'est de s'abstenir de viande et de vin et de tout ce qui fait buter ou tomber ou faiblir ton frère.
22 Cette foi que tu as, garde-la pour toi devant Dieu. Heureux qui ne se juge pas coupable au moment même où il se décide.
23 Mais celui qui mange malgré ses doutes est condamné, parce qu'il agit sans bonne foi et que tout ce qui ne procède pas de la bonne foi est péché.
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La préparation au Carême s'achève par la lecture des paroles du Christ, transmises par l'évangéliste Matthieu, sur ce que sont le jeûne et la prière. Dans le Sermon sur la montagne, le Seigneur dit aux disciples que le jeûne et la prière n'ont de sens que...  Lire la suite

La préparation au Carême s'achève par la lecture des paroles du Christ, transmises par l'évangéliste Matthieu, sur ce que sont le jeûne et la prière. Dans le Sermon sur la montagne, le Seigneur dit aux disciples que le jeûne et la prière n'ont de sens que dans le secret, loin des hommes. Ce n'est que lorsqu'ils deviennent des événements de tes relations profondément personnelles avec Dieu et qu'ils ne sont visibles à personne sauf à Dieu, ce n'est qu'alors que le jeûne et la prière ont un sens. Le Seigneur nous met en garde contre la subtile tentation de «paraître jeûner devant les hommes». En ce temps de jeûne, notre ennemi nous tente réellement par le désir de paraître, afin que les gens autour de nous pensent (ne serait-ce qu'en silence): «Ah, comme il est pieux, un vrai saint...». Ce «Ah!» détruit tout le sens du jeûne. «Déchirez vos coeurs, et non vos vêtements», comme nous l'avons entendu chez le prophète Joël (Jl 2:13).

Et le Seigneur nous parle encore aujourd'hui de la prière: ne soyez pas verbeux comme les païens. Ni la durée de la prière, ni le nombre des mots qui y sont prononcés ne signifient rien. Seul l'élan de l'âme vers Dieu donne sa valeur à la prière. Et la lecture d'aujourd'hui se termine par la prière du «Notre Père». Les apôtres avaient l'habitude de prononcer cette prière trois fois par jour: le matin, le jour et le soir. Sans aucun doute, les apôtres priaient aussi au-delà de cela, mais ces trois moments sont devenus pour les chrétiens une sorte d'armature spirituelle qui soutient toute la journée, et toute la vie.

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Pour Rm 14:19
19 Poursuivons donc ce qui favorise la paix et l'édification mutuelle.
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Cela sonne quelque peu ennuyeux, cela n'inspire pas, n'est-ce pas ? S’aurait beaucoup été mieux : «nous allons chercher ce qui sert à notre propre affirmation et au plaisir mutuel». Le mot «paix» nous rappelle de vieux slogans de la lutte pour la paix...  Lire la suite

Cela sonne quelque peu ennuyeux, cela n'inspire pas, n'est-ce pas ? S’aurait beaucoup été mieux : «nous allons chercher ce qui sert à notre propre affirmation et au plaisir mutuel». Le mot «paix» nous rappelle de vieux slogans de la lutte pour la paix, et le mot "édification" - les professeurs les plus vilains à l'école.

Pourquoi c’est ainsi ? Comment se fait-il que ces magnifiques mots ont été pervertis dans notre perception? En effet, la «paix» n'est pas simplement l'absence de guerres et ni même l'absence des hostilités. Dans le langage biblique, «shalom» est un état de la Création au septième jour, lorsque Dieu, ayant tout accompli, se repose, lorsque tout est «très bon». Tels sont «le ciel nouveau et la terre nouvelle», qui ont été dits aux prophètes et dans le livre de Révélation, ce monde nouveau, que l'on peut comparer au sens initial du mot grec «cosmos», mot à partir duquel dérive «cosmétique», car le Cosmos c’est l’Univers rempli de beautés. La «paix» est une intégrité originale, une harmonie, l'ordre et la beauté. Et c’est effectivement ce que l’apôtre Paul nous invite à chercher, une telle paix en nous et dans nos relations les uns avec les autres, qui est créé seulement par Dieu.

Et le mot «édification» ne décrit pas une capucinade, mais la «cultivation», la multiplication du bien, de ce qui est bon. Il y a aussi ici une merveilleuse chose liée à Dieu. Dieu Lui-même est le Bien, et Il est infini, c'est pourquoi les lois ordinaires de la préservation comme «si quelque part quelque chose s'est ajoutée, alors quelque part autant a diminué» n'agissent pas en tout ce qu'est lié à la notion du bien. Lorsque nous partageons quelque chose de bien avec les autres (amour, consolation, connaissances etc.), alors cela arrive chez l’autre, et cela non seulement ne diminue pas en nous, mais d’une manière inattendue s’augmente plutôt, a lieu une édification mutuelle, l'augmentation mutuelle dans le bien, un mouvement commun vers le vrai Bien, vers Dieu.

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Pour Rm 14:19
19 Poursuivons donc ce qui favorise la paix et l'édification mutuelle.
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Cela sonne un peu ennuyeux, cela n'inspire pas, n'est-ce pas ? Ce serait bien mieux : « Recherchons ce qui sert à notre affirmation de nous-mêmes et à notre plaisir mutuel ». Le mot « paix » nous rappelle de vieux slogans sur la lutte pour la paix, et « édification », les professeurs les plus détestables à l'école...  Lire la suite

Cela sonne un peu ennuyeux, cela n'inspire pas, n'est-ce pas ? Ce serait bien mieux : « Recherchons ce qui sert à notre affirmation de nous-mêmes et à notre plaisir mutuel ». Le mot « paix » nous rappelle de vieux slogans sur la lutte pour la paix, et « édification », les professeurs les plus détestables à l'école.

Pourquoi en est-il ainsi ? Comment se fait-il que, dans notre perception, ces mots magnifiques aient été à ce point déformés ? Car la « paix » n'est pas seulement l'absence de guerre, ni même l'absence d'hostilité. Dans la langue biblique, « shalom » désigne l'état de la Création au septième jour, lorsque Dieu, ayant tout accompli, se repose, lorsque tout est « très bon ». Tels sont aussi les « nouveaux cieux et la nouvelle terre » dont parlent les prophètes et le livre de l'Apocalypse, ce monde nouveau que l'on peut rapprocher du sens premier du mot grec « cosmos », mot dont vient « cosmétique », parce que le Cosmos est l'Univers rempli de beauté. La « paix », c'est l'intégrité véritable, l'harmonie, l'ordre et la beauté. Et c'est précisément cela que l'apôtre Paul nous appelle à chercher : une telle paix en nous et dans nos relations les uns avec les autres, paix que Dieu seul crée.

Quant au mot « édification », il ne décrit pas une remontrance, mais une croissance, une multiplication du bien, de ce qui est bon. Il y a ici encore une chose étonnante liée à Dieu. Dieu Lui-même est le Bien, et Il est infini ; c'est pourquoi, dans tout ce qui touche à la notion de bien, les lois ordinaires de conservation du type « si quelque chose augmente ici, la même chose diminue ailleurs » ne fonctionnent pas. Lorsque nous partageons avec un autre quelque chose de bon (l'amour, la consolation, la connaissance, etc.), cela augmente chez l'autre, et chez nous non seulement cela ne diminue pas, mais cela augmente aussi d'une manière inattendue : il se produit une édification mutuelle, une croissance mutuelle dans le bien, un mouvement commun vers le vrai Bien, vers Dieu.

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Pour Rm 14:22
22 Cette foi que tu as, garde-la pour toi devant Dieu. Heureux qui ne se juge pas coupable au moment même où il se décide.
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Dans ses épîtres Paul consacre beaucoup de place aux raisonnements sur le rôle et la place de la religion dans la vie d'église. Cela n'est pas étonnant : car, dans l’église chrétienne primitive dans une même communauté se trouvaient assez souvent les religieux Hébreux...  Lire la suite

Dans ses épîtres Paul consacre beaucoup de place aux raisonnements sur le rôle et la place de la religion dans la vie d'église. Cela n'est pas étonnant : car, dans l’église chrétienne primitive dans une même communauté se trouvaient assez souvent les religieux Hébreux («les circoncis», «les Juifs») et les représentants areligieux d'autres peuples peuplant l'Empire romain («les incirconcis», «les païens»). Le paganisme à cette époque ne signifiait pas encore l'appartenance à une religion particulière, on appelait en ce temps païen ceux que nous aurions appelés aujourd'hui les gens laïques. Ce n'est pas étonnant qu'il y eût de conflit entre ces deux groupes à l'intérieur de l'Église: ils étaient trop dissemblables. Pour l’Hébreux l’observance de toutes les normes et règles du judaïsme était en elle-même quelque chose qui va de soi, ils ne se voyaient pas dans une même communauté avec les gens, pour qui la religion est indifférente.

Et, la plupart des païens qui s’étaient récemment convertis à Christ étaient vraiment comme cela: ils avaient besoin du Christ, et non du judaïsme. Les Hébreux insistaient assez souvent sur la nécessité de l'observation par tous des règles de leur propre religion, affirmant assez souvent qu’il est impossible d’être sauvé sans les respecter: car pour eux, elles s'associaient à la Torah comme telle, sans laquelle on ne peut pas entrer dans le Royaume. Qu’est-ce qu’il fallait faire? Puisque les païens récents étaient aussi sincères et francs dans leur rejet du judaïsme, qui leur était vraiment étranger, comme les Juifs dans son observation, sans quoi ils ne pouvaient pas s'imaginer une vie non seulement dans le siècle actuel, mais aussi dans le futur. Comment pouvait-on combiner ces deux approches?

Paul lui-même était sûr du fait que la religion comme telle n’est pas nécessaire pour le salut: ni la circoncision, ni «les oeuvres de la Loi» en eux-mêmes ne sauvent pas. Mais que faire si sans tout cela pour l’homme et la Torah n’est pas la Torah, et le Royaume pas le Royaume? Il était vraiment absurde de parler à une telle personne de l'inutilité de la religion, il fallait lui donner la possibilité de prendre sa religion avec lui dans le Royaume. Mais celui, qui pouvait s'en passer, il ne fallait pas lui l’imposer. La décision restait à l’homme lui-même.

Mais elle devait être consciente et univoque: ni le jeu dans la religion, ni le refus arbitraire d'elle ne convenaient pas pour une vie spirituelle complète. Ainsi, l'apôtre propose un critère simple : si la conscience de l’homme est tranquille, alors tout va bien pour lui dans la vie spirituelle. Et peu importe déjà ici, s'il est religieux, ou non. Ni une religiosité sincère, ni un refus sincère de la religion ne nuiront la vie spirituelle. Nuit seulement cette incertitude, qui oblige l’homme à se précipiter, le privant de son calme spirituel. Et Paul appelle chacun à choisir ce mode de vie, qui lui est plus proche, en n’imposant rien aux autres. Choisir sincèrement et sans équivoque.

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Pour Rm 14:22
22 Cette foi que tu as, garde-la pour toi devant Dieu. Heureux qui ne se juge pas coupable au moment même où il se décide.
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Dans ses lettres, Paul consacre beaucoup de place à réfléchir au rôle et à la place de la religion dans la vie de l'Église. Dans l'Église primitive, on trouvait souvent dans une même communauté...  Lire la suite

Dans ses lettres, Paul consacre beaucoup de place à réfléchir au rôle et à la place de la religion dans la vie de l'Église. Dans l'Église primitive, on trouvait souvent dans une même communauté des Juifs religieux (« circoncis », « Juifs ») et des représentants non religieux des autres peuples qui habitaient l'Empire romain (« incirconcis », « païens »). À cette époque, le paganisme ne signifiait déjà plus l'appartenance à telle ou telle religion ; on appelait alors païens ceux que nous appellerions aujourd'hui des gens séculiers. Il n'est pas étonnant qu'un conflit mûrît entre ces deux groupes à l'intérieur de l'Église : ils étaient trop différents. Pour un Juif, suivre toutes les normes et règles du judaïsme allait de soi ; ils ne s'imaginaient pas dans une même communauté avec des gens pour qui la religion était indifférente. Or la majorité des anciens païens convertis au Christ étaient précisément ainsi : il leur fallait le Christ, non le judaïsme. Les Juifs, eux, insistaient souvent sur l'obligation pour tous d'observer les règles de leur propre religion, affirmant souvent qu'il était impossible d'être sauvé sans les observer : pour eux, elles étaient associées à la Torah comme telle, sans laquelle on n'entre pas dans le Royaume. Que faire ? Les anciens païens étaient aussi sincères et francs dans leur refus du judaïsme, qui leur était réellement étranger, que les Juifs l'étaient dans leur fidélité à celui-ci, sans quoi ils ne pouvaient imaginer leur vie ni dans le siècle présent ni dans le siècle à venir. Comment concilier ces deux approches ? Paul lui-même était convaincu que la religion en tant que telle n'est pas nécessaire au salut : ni la circoncision ni les « œuvres de la Loi » ne sauvent par elles-mêmes. Mais que faire si, sans tout cela, pour un homme, la Torah n'est plus la Torah et le Royaume n'est plus le Royaume ? Il était vraiment inutile de dire à un tel homme que la religion n'est pas nécessaire ; il fallait lui donner la possibilité d'emporter sa religion avec lui dans le Royaume. Quant à celui qui pouvait s'en passer, il ne fallait pas la lui imposer. La décision revenait à l'homme lui-même. Mais elle devait être consciente et sans équivoque : ni jouer à la religion, ni y renoncer arbitrairement ne convenaient à une vie spirituelle pleine. Et l'apôtre propose un critère simple : si la conscience de l'homme est en paix, alors tout va bien dans sa vie spirituelle. Peu importe alors qu'il soit religieux ou non. Ni la religiosité sincère ni le refus sincère de la religion ne nuisent à la vie spirituelle. Ce qui nuit, c'est cette indétermination qui pousse l'homme à s'agiter, le privant de la paix spirituelle. Et Paul appelle chacun à choisir le mode de vie qui lui est le plus proche, sans rien imposer aux autres. À choisir sincèrement et sans équivoque.

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Pour Rm 14:1-23
À celui qui est faible dans la foi, soyez accueillants sans vouloir discuter des opinions.
Tel croit pouvoir manger de tout, tandis que le faible ne mange que des légumes:
que celui qui mange ne méprise pas l'abstinent et que l'abstinent ne juge pas celui qui mange; Dieu l'a bien accueilli.
Toi, qui es-tu pour juger un serviteur d'autrui? Qu'il reste debout ou qu'il tombe, cela ne concerne que son maître; d'ailleurs il restera debout, car le Seigneur a la force de le soutenir.
Celui-ci préfère un jour à un autre; celui-là les estime tous pareils: que chacun s'en tienne à son jugement.
Celui qui tient compte des jours le fait pour le Seigneur; et celui qui mange le fait pour le Seigneur, puisqu'il rend grâce à Dieu. Et celui qui s'abstient le fait pour le Seigneur, et il rend grâce à Dieu.
En effet, nul d'entre nous ne vit pour soi-même, comme nul ne meurt pour soi-même;
si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur, et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Donc, dans la vie comme dans la mort, nous appartenons au Seigneur.
Car le Christ est mort et revenu à la vie pour être le Seigneur des morts et des vivants.
10 Mais toi, pourquoi juger ton frère? et toi, pourquoi mépriser ton frère? Tous, en effet, nous comparaîtrons au tribunal de Dieu,
11 car il est écrit: Par ma vie, dit le Seigneur, tout genou devant moi fléchira, et toute langue rendra gloire à Dieu.
12 C'est donc que chacun de nous rendra compte à Dieu pour soi-même.
13 Finissons-en donc avec ces jugements les uns sur les autres: jugez plutôt qu'il ne faut rien mettre devant votre frère qui le fasse buter ou tomber. -
14 Je le sais, j'en suis certain dans le Seigneur Jésus, rien n'est impur en soi, mais seulement pour celui qui estime un aliment impur; en ce cas il l'est pour lui. -
15 En effet, si pour un aliment ton frère est contristé, tu ne te conduis plus selon la charité. Ne va pas avec ton aliment faire périr celui-là pour qui le Christ est mort!
16 N'exposez donc pas votre privilège à l'outrage.
17 Car le règne de Dieu n'est pas affaire de nourriture ou de boisson, il est justice, paix et joie dans l'Esprit Saint.
18 Celui en effet qui sert le Christ de la sorte est agréable à Dieu et approuvé des hommes.
19 Poursuivons donc ce qui favorise la paix et l'édification mutuelle.
20 Ne va pas pour un aliment détruire l'œuvre de Dieu. Tout est pur assurément, mais devient un mal pour l'homme qui mange en donnant du scandale.
21 Ce qui est bien, c'est de s'abstenir de viande et de vin et de tout ce qui fait buter ou tomber ou faiblir ton frère.
22 Cette foi que tu as, garde-la pour toi devant Dieu. Heureux qui ne se juge pas coupable au moment même où il se décide.
23 Mais celui qui mange malgré ses doutes est condamné, parce qu'il agit sans bonne foi et que tout ce qui ne procède pas de la bonne foi est péché.
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« Heureux celui qui ne se condamne pas dans le choix qu’il fait. » Se condamner soi-même, c’est ne pas accomplir ce que...  Lire la suite

« Heureux celui qui ne se condamne pas dans le choix qu’il fait. » Se condamner soi-même, c’est ne pas accomplir ce que nous prenons sur nous devant Dieu. Ne pas nous condamner dans notre choix, c’est ne pas regarder en arrière ni nous abandonner à l’imagination, ne pas supposer : « Qu’aurait-il pu arriver si... ? » C’est l’habitude de marcher droit devant Dieu dans le secret du cœur. C’est savoir mener une vie patiente sans envier ceux qui vivent autrement. Il arrive que nous regardions ceux qui n’observent pas le jeûne et pensions que leur vie est plus facile, plus gaie, plus simple. Nous reculons alors devant notre choix du Christ. Par le doute et l’imagination, nous laissons entrer dans notre vie la duplicité et la méfiance envers Dieu.

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