RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour Rm 14:13-23

Poursuivant la discussion sur la religion dans son rapport au Royaume, Paul propose des critères qui peuvent guider ce qui concerne les obligations religieuses. Il attire d’abord l’attention sur le fait que, dans le Royaume, il n’y a ni ne peut y avoir en principe rien qui soit pécheur ou impur en soi, car le péché et l’impureté ne peuvent par définition faire partie du Royaume. Le problème surgit lorsque quelqu’un qui vit dans le Royaume commence à voir le péché ou l’impureté là où ils ne sont pas ; dans ce cas, pour celui qui voit ainsi la situation, ils peuvent devenir une réalité et rendre problématique pour lui la vie dans le Royaume (v. 14). Bien sûr, si le Royaume était déjà manifesté au monde dans toute sa plénitude, de tels problèmes ne seraient que les problèmes de personnes particulières et concrètes. Mais le Royaume ne s’est pas encore pleinement révélé, il ne fait que conquérir le monde, et l’ancien ordre des choses, pas encore entièrement transformé, peut influencer les esprits non seulement de ceux qui cherchent le Royaume, mais aussi de ceux qui l’ont déjà touché. Tous ceux qui ont trouvé le Royaume n’y sont pas encore enracinés au point que tout ce qui est lié à l’ancien ordre des choses, y compris la religion, leur soit devenu spirituellement indifférent ; il faut en tenir compte afin que personne ne perde le Royaume simplement parce que ceux qui vivent près de lui n’ont pas jugé nécessaire de s’abaisser à sa faiblesse (v. 15-16).

Le problème de la religion ici, comme on le voit, n’est plus lié au contenu spirituel de la religiosité comme telle, mais à son effet sur les âmes de ceux qui cherchent le Royaume et de ceux qui viennent tout juste de le trouver (v. 13). Mais il existe aussi un autre critère qui permet de vérifier sa propre sincérité devant Dieu. Il s’agit des doutes qui peuvent apparaître tout naturellement chez celui qui ne suit pas les normes religieuses communément admises. Et ici l’apôtre est très catégorique : s’il existe le moindre doute sur le fait d’avoir raison, alors il s’agit précisément d’une transgression de la norme, et non de la liberté propre à ceux qui vivent dans le Royaume (v. 21-22).

En effet, on peut simplement transgresser les normes communément admises sans en tenir compte, ou bien être au-dessus d’elles. Mais l’expérience du Royaume exclut les doutes ; s’ils apparaissent tout de même, on peut dire avec certitude qu’il s’agit précisément d’une transgression de la norme. Or, comme celui qui vit dans le Royaume n’ignore pas les normes et règles religieuses communément admises, mais se sent seulement parfaitement libre à l’égard de la religion, il ne lui est pas difficile de les suivre pour le bien spirituel de son prochain. La tâche principale, dans les relations avec le prochain, pour ceux qui vivent dans le Royaume, est de préserver cette paix et cette joie sans lesquelles il n’y a pas de Royaume, et non de lutter contre la religiosité en tant que telle. C’est pourquoi il ne leur est pas difficile de suivre les normes et règles religieuses si cela facilite la vie du prochain (v. 17-21).