1 " Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour vous faire remarquer d'eux ; sinon, vous n'aurez pas de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux. |
2 Quand donc tu fais l'aumône, ne va pas le claironner devant toi; ainsi font les hypocrites, dans les synagogues et les rues, afin d'être glorifiés par les hommes; en vérité je vous le dis, ils tiennent déjà leur récompense. |
3 Pour toi, quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, |
4 afin que ton aumône soit secrète ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. |
5 " Quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment, pour faire leurs prières, à se camper dans les synagogues et les carrefours, afin qu'on les voie. En vérité je vous le dis, ils tiennent déjà leur récompense. |
6 Pour toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme sur toi la porte, et prie ton Père qui est là, dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. |
7 " Dans vos prières, ne rabâchez pas comme les païens : ils s'imaginent qu'en parlant beaucoup ils se feront mieux écouter. |
8 N'allez pas faire comme eux; car votre Père sait bien ce qu'il vous faut, avant que vous le lui demandiez. |
9 " Vous donc, priez ainsi : Notre Père qui es dans les cieux, que ton Nom soit sanctifié, |
10 que ton Règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. |
11 Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien. |
12 Remets-nous nos dettes comme nous-mêmes avons remis à nos débiteurs. |
13 Et ne nous soumets pas à la tentation; mais délivre-nous du Mauvais. |
14 " Oui, si vous remettez aux hommes leurs manquements votre Père céleste vous remettra aussi ; |
15 mais si vous ne remettez pas aux hommes, votre Père non plus ne vous remettra pas vos manquements. |
La logique du Sermon sur la montagne se poursuit: la logique de l'intériorisation, du déplacement de la vie spirituelle de l'extérieur vers l'intérieur. Les relations authentiques avec Dieu ne consistent pas à accomplir tel ou tel acte, mais dans la motivation intérieure de ces actes. Le mieux est que ces actes nous deviennent si naturellement intérieurs que nous n'en remarquions plus nous-mêmes les motifs. Ce n'est pas par hasard qu'ici revient comme un refrain: «ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra ouvertement».
L'aumône invisible de l'extérieur, la prière sobre en paroles et sans témoins: voilà les éléments de cette naturalité. Et Jésus Lui-même donne l'exemple de cette naturalité: la prière «Notre Père», née ici et maintenant, devenue le modèle des chrétiens de toutes les générations.
Et elle commence par le mot le plus naturel pour le Fils qui s'adresse au Père, «Abba», qu'il serait plus juste de traduire non par «Père», ni même par «Papa», mais par «Petit papa», tant cette adresse est enfantine et tendre.
1 " Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour vous faire remarquer d'eux ; sinon, vous n'aurez pas de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux. |
2 Quand donc tu fais l'aumône, ne va pas le claironner devant toi; ainsi font les hypocrites, dans les synagogues et les rues, afin d'être glorifiés par les hommes; en vérité je vous le dis, ils tiennent déjà leur récompense. |
3 Pour toi, quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, |
4 afin que ton aumône soit secrète ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. |
5 " Quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment, pour faire leurs prières, à se camper dans les synagogues et les carrefours, afin qu'on les voie. En vérité je vous le dis, ils tiennent déjà leur récompense. |
6 Pour toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme sur toi la porte, et prie ton Père qui est là, dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. |
7 " Dans vos prières, ne rabâchez pas comme les païens : ils s'imaginent qu'en parlant beaucoup ils se feront mieux écouter. |
8 N'allez pas faire comme eux; car votre Père sait bien ce qu'il vous faut, avant que vous le lui demandiez. |
9 " Vous donc, priez ainsi : Notre Père qui es dans les cieux, que ton Nom soit sanctifié, |
10 que ton Règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. |
11 Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien. |
12 Remets-nous nos dettes comme nous-mêmes avons remis à nos débiteurs. |
13 Et ne nous soumets pas à la tentation; mais délivre-nous du Mauvais. |
14 " Oui, si vous remettez aux hommes leurs manquements votre Père céleste vous remettra aussi ; |
15 mais si vous ne remettez pas aux hommes, votre Père non plus ne vous remettra pas vos manquements. |
Chaque action doit avoir un but déterminé; bien plus, ce but est atteint: celui qui aime ostensiblement pour mériter respect et honneur atteint facilement son but: il «a déjà reçu sa récompense». Celui qui aime en secret, même à son propre insu, au point que «la main gauche ne le sache pas», c'est-à-dire intérieurement, au fond du cœur, là où la conscience même de l'homme ne pénètre pas toujours, reçoit d'autant plus la «rétribution», c'est-à-dire atteint son but.
Et il semble que l'Évangile, la bonne nouvelle, consiste précisément dans cette promesse que le but sera atteint, même si notre main gauche n'en apprend jamais rien. Le Christ promet que la compassion, la participation à la vie d'un autre homme, atteindra son cœur; que celui qui cherche Dieu parviendra à rester seul avec Lui dans sa chambre, porte fermée.
1 " Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour vous faire remarquer d'eux ; sinon, vous n'aurez pas de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux. |
2 Quand donc tu fais l'aumône, ne va pas le claironner devant toi; ainsi font les hypocrites, dans les synagogues et les rues, afin d'être glorifiés par les hommes; en vérité je vous le dis, ils tiennent déjà leur récompense. |
3 Pour toi, quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, |
4 afin que ton aumône soit secrète ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. |
5 " Quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment, pour faire leurs prières, à se camper dans les synagogues et les carrefours, afin qu'on les voie. En vérité je vous le dis, ils tiennent déjà leur récompense. |
6 Pour toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme sur toi la porte, et prie ton Père qui est là, dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. |
7 " Dans vos prières, ne rabâchez pas comme les païens : ils s'imaginent qu'en parlant beaucoup ils se feront mieux écouter. |
8 N'allez pas faire comme eux; car votre Père sait bien ce qu'il vous faut, avant que vous le lui demandiez. |
9 " Vous donc, priez ainsi : Notre Père qui es dans les cieux, que ton Nom soit sanctifié, |
10 que ton Règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. |
11 Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien. |
12 Remets-nous nos dettes comme nous-mêmes avons remis à nos débiteurs. |
13 Et ne nous soumets pas à la tentation; mais délivre-nous du Mauvais. |
La préparation au Carême s'achève par la lecture des paroles du Christ, transmises par l'évangéliste Matthieu, sur ce que sont le jeûne et la prière. Dans le Sermon sur la montagne, le Seigneur dit aux disciples que le jeûne et la prière n'ont de sens que dans le secret, loin des hommes. Ce n'est que lorsqu'ils deviennent des événements de tes relations profondément personnelles avec Dieu et qu'ils ne sont visibles à personne sauf à Dieu, ce n'est qu'alors que le jeûne et la prière ont un sens. Le Seigneur nous met en garde contre la subtile tentation de «paraître jeûner devant les hommes». En ce temps de jeûne, notre ennemi nous tente réellement par le désir de paraître, afin que les gens autour de nous pensent (ne serait-ce qu'en silence): «Ah, comme il est pieux, un vrai saint...». Ce «Ah!» détruit tout le sens du jeûne. «Déchirez vos coeurs, et non vos vêtements», comme nous l'avons entendu chez le prophète Joël (Jl 2:13).
Et le Seigneur nous parle encore aujourd'hui de la prière: ne soyez pas verbeux comme les païens. Ni la durée de la prière, ni le nombre des mots qui y sont prononcés ne signifient rien. Seul l'élan de l'âme vers Dieu donne sa valeur à la prière. Et la lecture d'aujourd'hui se termine par la prière du «Notre Père». Les apôtres avaient l'habitude de prononcer cette prière trois fois par jour: le matin, le jour et le soir. Sans aucun doute, les apôtres priaient aussi au-delà de cela, mais ces trois moments sont devenus pour les chrétiens une sorte d'armature spirituelle qui soutient toute la journée, et toute la vie.
1 " Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour vous faire remarquer d'eux ; sinon, vous n'aurez pas de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux. |
2 Quand donc tu fais l'aumône, ne va pas le claironner devant toi; ainsi font les hypocrites, dans les synagogues et les rues, afin d'être glorifiés par les hommes; en vérité je vous le dis, ils tiennent déjà leur récompense. |
3 Pour toi, quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, |
4 afin que ton aumône soit secrète ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. |
5 " Quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment, pour faire leurs prières, à se camper dans les synagogues et les carrefours, afin qu'on les voie. En vérité je vous le dis, ils tiennent déjà leur récompense. |
6 Pour toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme sur toi la porte, et prie ton Père qui est là, dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. |
7 " Dans vos prières, ne rabâchez pas comme les païens : ils s'imaginent qu'en parlant beaucoup ils se feront mieux écouter. |
8 N'allez pas faire comme eux; car votre Père sait bien ce qu'il vous faut, avant que vous le lui demandiez. |
9 " Vous donc, priez ainsi : Notre Père qui es dans les cieux, que ton Nom soit sanctifié, |
10 que ton Règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. |
11 Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien. |
12 Remets-nous nos dettes comme nous-mêmes avons remis à nos débiteurs. |
13 Et ne nous soumets pas à la tentation; mais délivre-nous du Mauvais. |
La prière, comme forme la plus haute de communion, contient de nombreuses composantes différentes. De façon un peu conventionnelle, nous les divisons en actions de grâce, louanges et demandes. Peut-être quelqu’un donnera-t-il une autre classification ou proposera-t-il d’autres types de prières ; ici rien ne définit rien jusqu’au bout, de même qu’aucun schéma ne s’applique pleinement au flot vivant de la vie. Mais voici ce que nous rappelle la lecture d’aujourd’hui. Le Seigneur nous appelle à la brièveté dans la prière, et il semble, à première vue, que cela contredise toute la pratique des longs offices et des règles de prière étendues. Cela la contredirait s’il n’y avait pas ces paroles : car votre Père sait de quoi vous avez besoin. Autrement dit, en parlant de la prière, le Seigneur n’a en vue que la prière de demande. Pourquoi, si Lui-même aime tant prier avec le Psautier, où il y a tant de louange et d’autres manifestations de l’esprit de communion de l’homme avec Dieu ? Il nous semble que cela est plein d’un sens profond et n’a rien de fortuit. Nous plaçons parfois la prière de demande plus bas que les autres ; il nous semble que demander quelque chose, c’est s’abaisser ; nous sommes habitués à compter sur nous-mêmes, surtout aujourd’hui, dans le monde actuel, où beaucoup de choses sont accessibles à l’homme par des forces humaines. Mais en réalité, et le métropolite Antoine de Souroge l’écrit, la prière de demande est une prière très importante ; peut-être est-elle même plus importante que les autres, et le texte de la lecture d’aujourd’hui nous le rappelle. Mais voici la question : comment demander pour élever la prière de demande à une telle hauteur ? La réponse à cette question se trouve dans le trésor inestimable qu’est la prière du Seigneur, où la composante de demande est très forte précisément dans ce sens le plus élevé. On se souvient d’un entretien du métropolite Antoine avec une femme athée. Elle disait que, dans la prière du « Notre Père », elle pouvait s’accommoder de tout sauf des paroles : « et ne nous soumets pas à la tentation » ; c’est un signe de faiblesse, disait-elle. Et lorsque nous estimons peu les prières de demande, nous agissons comme cette femme. Souvenons-nous, en ces instants, de la révélation de l’apôtre Paul : « ...car Ma puissance s’accomplit dans la faiblesse » (2 Co 12:9).
1 " Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour vous faire remarquer d'eux ; sinon, vous n'aurez pas de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux. |
2 Quand donc tu fais l'aumône, ne va pas le claironner devant toi; ainsi font les hypocrites, dans les synagogues et les rues, afin d'être glorifiés par les hommes; en vérité je vous le dis, ils tiennent déjà leur récompense. |
3 Pour toi, quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, |
4 afin que ton aumône soit secrète ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. |
5 " Quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment, pour faire leurs prières, à se camper dans les synagogues et les carrefours, afin qu'on les voie. En vérité je vous le dis, ils tiennent déjà leur récompense. |
6 Pour toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme sur toi la porte, et prie ton Père qui est là, dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. |
Dieu lui-même n'impose jamais sa miséricorde. Même sa venue dans ce monde s'accomplit simplement comme la naissance d'un Enfant terrestre. Si nous sommes appelés à ressembler à sa perfection (Mt 5:48), alors notre miséricorde et notre piété doivent elles aussi être non ostentatoires et non envahissantes, mais l'expression joyeuse de nos relations secrètes avec le Père céleste.
1 " Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour vous faire remarquer d'eux ; sinon, vous n'aurez pas de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux. |
2 Quand donc tu fais l'aumône, ne va pas le claironner devant toi; ainsi font les hypocrites, dans les synagogues et les rues, afin d'être glorifiés par les hommes; en vérité je vous le dis, ils tiennent déjà leur récompense. |
3 Pour toi, quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, |
4 afin que ton aumône soit secrète ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. |
Chacun de nous peut se rappeler bien des exemples de la façon dont le prélèvement d'une petite part sur le surplus des richesses devenait une forme d'autopromotion. On serait tenté d'adresser à de telles personnes les expressions les plus mordantes. On peut dire beaucoup de choses aussi sur les miettes incapables de satisfaire tous les besoins, et sur le blanchiment de revenus injustes par une charité ostentatoire...
Mais il ne faut pas oublier non plus que le Christ nous conseille non seulement de ne pas sonner de la trompette lorsque nous faisons l'aumône, mais Il recommande même à la main droite de donner l'aumône en secret de la main gauche. Ce n'est pas un hasard si le type d'aumône le plus vénéré, depuis toujours, a été l'aumône secrète, lorsque seul le Père céleste connaissait le nom de celui qui avait accompli la bonne action. Mais même cela ne suffit pas, car on peut sonner de la trompette non seulement dans les synagogues ou dans les rues, ou encore à la télévision, mais aussi en soi-même, pas toujours de manière visible pour les autres, lorsque nous nous vantons devant nous-mêmes et nous attendrissons sur notre propre générosité et vertu. Ce faisant, nous commençons à éprouver un plaisir particulier à opposer notre aumône, authentique, à celle de quelqu'un d'autre, ostentatoire.
Il est beaucoup plus difficile de se retenir d'une telle complaisance envers soi-même, mais il est nécessaire de s'en souvenir, afin que l'aumône qui vient de nous ne serve pas à cultiver en nous-mêmes l'orgueil et la suffisance.
3 Pour toi, quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, |
Il existe différentes manières d’interprétation de ces mots. On peut les comprendre ainsi, lorsque nous faisons l’aumône avec la main gauche, nous ne devons pas compter combien nous en avons déjà faite avec la main droite. On peut encore comprendre ce verset tel que : la main droite est responsable de la réception, du gain d’argent, et quand nous faisons l’aumône avec la main gauche il ne sert a rien de chercher à se rappeler de combien d’argent nous possédons. Et on peut encore le comprendre allégoriquement : la main gauche (venant du cœur) signifie l’amour, la grâce, et la main droite signifie la justesse, l’équité, la vérité. Si on s’en tient a la dernière interprétation on se rend compte que ce verset ne parle peut être pas de l’aumône, mais plutôt de la relation entre les hommes dans son sens le plus large : que l’amour et la vérité ne se contredisent pas, mais se complètent. Nous devons alors choisir l’interprétation selon la manière dont le Saint Esprit nous dirige, puisque sans le Saint Esprit toute lecture des Saintes Ecritures est infructueuse et sans effet.
5 " Quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment, pour faire leurs prières, à se camper dans les synagogues et les carrefours, afin qu'on les voie. En vérité je vous le dis, ils tiennent déjà leur récompense. |
6 Pour toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme sur toi la porte, et prie ton Père qui est là, dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. |
7 " Dans vos prières, ne rabâchez pas comme les païens : ils s'imaginent qu'en parlant beaucoup ils se feront mieux écouter. |
8 N'allez pas faire comme eux; car votre Père sait bien ce qu'il vous faut, avant que vous le lui demandiez. |
9 " Vous donc, priez ainsi : Notre Père qui es dans les cieux, que ton Nom soit sanctifié, |
10 que ton Règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. |
11 Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien. |
12 Remets-nous nos dettes comme nous-mêmes avons remis à nos débiteurs. |
13 Et ne nous soumets pas à la tentation; mais délivre-nous du Mauvais. |
14 " Oui, si vous remettez aux hommes leurs manquements votre Père céleste vous remettra aussi ; |
15 mais si vous ne remettez pas aux hommes, votre Père non plus ne vous remettra pas vos manquements. |
Tout comme l'aumône ostentatoire, le Christ rejette la prière démonstrative et propose à ceux qui prient de se retirer dans leur chambre. Cela signifie-t-il que toute prière en présence d'autres personnes tombe sous Sa désapprobation?
Une telle conclusion serait hâtive, car Lui-même priait en présence d'une multitude, et Il ne l'interdisait pas à Ses disciples. Les paroles de désapprobation ne concernent pas, et ne peuvent pas concerner, la prière authentique, sincère, qui élance l'âme à la rencontre de Dieu. Autre chose est la piété ostentatoire du formalisme religieux, la transformation de la prière publique en élément de normes d'étiquette, privé de ferveur intérieure. Mais la prière sans foi devient dépourvue de sens.
Le bavardage dans la prière est du même ordre. Cela ne signifie pas que la prière doit être courte, mais sa force ne dépend pas de sa longueur. Quelqu'un a comparé la station dans la prière au tir à l'arc, qui exige la concentration de l'attention. La prière peut être longue, mais orientée vers un but; c'est pourquoi les paroles superflues peuvent l'affaiblir, voire la détruire.
Souvent, à partir des paroles du Christ selon lesquelles le Père céleste voit nos besoins avant même notre demande, les gens concluent qu'il ne faut pas Lui demander, sous prétexte qu'Il donnera de toute façon. En réalité, Il nous accorde beaucoup de choses indépendamment de nos demandes. Mais il est triste que nous Le regardions exclusivement comme un fournisseur de cadeaux, en nous dérobant à l'entrée dans une relation avec Lui, pénétrée de quelque chose de plus grand.
Pour que nous l'assimilions mieux, le Christ nous a donné la prière du «Notre Père», modèle de notre prière. Nous pouvons répéter ses paroles et les méditer chaque jour.
5 " Quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment, pour faire leurs prières, à se camper dans les synagogues et les carrefours, afin qu'on les voie. En vérité je vous le dis, ils tiennent déjà leur récompense. |
6 Pour toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme sur toi la porte, et prie ton Père qui est là, dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. |
Le Seigneur Jésus Christ rejette catégoriquement toute démonstration qui « Fait montre de spiritualité » dans son sermon sur la montagne. Et c’est exactement pour cela qu’Il critique les Pharisiens. Vouloir exhiber la vie spirituelle est le symptôme le plus typique des pharisiens ; Le Seigneur fait savoir à ses disciples que toutes choses, même les plus sérieuses comme la prière et l’aumône perdent leurs valeurs si elles ne sont pas accomplies pour Dieu. Nous devons examiner nos cœurs en lisant ces paroles : Il faut tout d’abord en soi-même résister aux pharisiens.
Le Seigneur s’oppose à la dévotion exhibitionniste de la prière, dont le seul témoin devrait être Dieu. On trouve Dieu lui-même à un si improbable proximité que personne n’aurait jamais pu imaginer en priant dans le secret, en communiquant avec Lui sans faire montre. Etre en privé avec Dieu est un merveilleux don du nouveau testament, une merveilleuse vocation chrétienne. Quand nous lisons les paroles de Jésus sur l’aumône, l’amour du prochain, le service rendu aux hommes, il est important de se rappeler de cet appel de prier le Père dans le secret. C’est justement cette communication en privé que le Seigneur appelle la pierre – pierre sur laquelle est basée toute la vie chrétienne.
En outre, il est indispensable de mentionner que les versions tardives byzantines de l’Évangile ajoutent une expression superflue : « te le rendra » qui fait allusion à la récompense. Il n’y a pas cette expression dans les anciens manuscrits. Cela veut dire que la récompense ne consiste probablement pas à la prospérité (ce que les pharisiens croyaient obligatoire). C’est vraiment formidable et très important que Jésus n’ait pas du tout parlé de quoi consiste la réponse de Dieu, car cela n’a pas d’importance pour l’amour. Le sens de la réponse en amour est conclu dans la réponse en elle-même.
5 " Quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment, pour faire leurs prières, à se camper dans les synagogues et les carrefours, afin qu'on les voie. En vérité je vous le dis, ils tiennent déjà leur récompense. |
6 Pour toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme sur toi la porte, et prie ton Père qui est là, dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. |
Dans le Sermon sur la montagne, le Seigneur Jésus-Christ rejette résolument toute manifestation de « spiritualité affichée ». C’est précisément cela qu’Il dénonce chez les pharisiens, et c’est précisément ce désir d’exposer sa vie spirituelle au regard des autres qui apparaît comme le symptôme le plus caractéristique du pharisaïsme. Le Seigneur dit aux disciples que toutes les choses, même les plus sérieuses, comme la prière et l’aumône, perdent leur sens si elles ne sont pas accomplies pour Dieu. En lisant ces paroles, nous pouvons porter attention à notre propre cœur : il faut combattre le pharisaïsme d’abord en nous-mêmes.
À la piété pharisienne ostentatoire, le Seigneur oppose une prière dont Dieu seul est témoin. En priant dans le secret, en communiant avec Dieu sans ostentation, nous trouvons Dieu Lui-même dans une proximité incroyable, que personne n’aurait jamais pu imaginer. Être seul avec Dieu est un don étonnant de la Nouvelle Alliance et une vocation étonnante des chrétiens. Lorsque nous lisons les paroles du Christ sur l’aumône, sur l’amour du prochain, sur le service des hommes, il est important de nous souvenir de cet appel à prier le Père qui est dans le secret. C’est précisément cette communion avec Dieu dans la solitude que le Seigneur appelle la pierre sur laquelle repose toute la vie du chrétien.
En outre, on ne peut manquer de noter que les versions byzantines tardives de l’Évangile ajoutent un mot superflu : « te le rendra publiquement ». Ce mot n’existe pas dans les manuscrits anciens. Cela signifie que la rétribution ne consiste sans doute pas en une prospérité visible, que les pharisiens considéraient justement comme obligatoire. Il est remarquable et très important que le Christ ne dise pas du tout en quoi consiste la réponse de Dieu. Car pour l’amour, cela n’a pas d’importance. Le sens de la réponse dans l’amour est contenu dans la réponse elle-même.
6 Pour toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme sur toi la porte, et prie ton Père qui est là, dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. |
Le contexte dans lequel sont dits ces mots du Sauveur est compréhensible : Jésus objecte âprement la spiritualité à la montre spécifique aux pharisiens (prière, charité, jeûne).Bien sûr que ceci a un lien avec nous, et nous devons le comprendre parce que nous ne sommes pas indifférents si les gens remarquent comment nous sommes très spirituels. Mais si on sort un peu de ce contexte, on peut encore voir deux cas typiques lorsque ces mots ne tombent pas sur les « sourcils », mais dans « l’œil ».
Le premier cas – lorsque nous limitons notre vie déprécatoire à une situation de prière commune ; Nous assistons ponctuellement aux liturgies, à d’autres réunions de déprécation, mais il n’y a pas la prière personnelle et intime. Nous faisons alors l’église, l’assemblée être intermédiaires entre Dieu et nous, se refermant ainsi à l’intimité superflue avec Dieu. Mais il ne peut en effet avoir d’intermédiaires en amour, ainsi que d’intimités superflues. Jésus nous rappelle de cela aujourd’hui.
Le deuxième cas c’est lorsque nous sommes tellement empêtrés dans nos problèmes personnels que toute prière est considérée comme une occasion d’exposer à Dieu tous ces problèmes à la fois. Alors en venant à l’église avec notre égoïsme, notre égocentrisme, nous ne suivons pas la liturgie, nous n’essayons pas de prier ensemble avec les autres, nous pensons seulement à ce qui nous concerne et demandons seulement ce que nous voulons, en détruisant ainsi l’unité déprécatoire de l’assemblée. Mais les mots de Jésus nous servent à nouveau d’aide : Ils font savoir qu’il y a un endroit où apporter tous nos problèmes à Dieu, cet endroit c’est notre prière privé et secrète, et l’église s’érige de notre service commun devant Dieu.
7 " Dans vos prières, ne rabâchez pas comme les païens : ils s'imaginent qu'en parlant beaucoup ils se feront mieux écouter. |
8 N'allez pas faire comme eux; car votre Père sait bien ce qu'il vous faut, avant que vous le lui demandiez. |
9 " Vous donc, priez ainsi : Notre Père qui es dans les cieux, que ton Nom soit sanctifié, |
10 que ton Règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. |
11 Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien. |
12 Remets-nous nos dettes comme nous-mêmes avons remis à nos débiteurs. |
13 Et ne nous soumets pas à la tentation; mais délivre-nous du Mauvais. |
14 " Oui, si vous remettez aux hommes leurs manquements votre Père céleste vous remettra aussi ; |
15 mais si vous ne remettez pas aux hommes, votre Père non plus ne vous remettra pas vos manquements. |
Jésus accomplit en substance un bouleversement dans la compréhension et la pratique de la prière. Il apparaît que Dieu n'a absolument pas besoin de nos demandes de prière. Bien plus, celui qui demande lui-même n'a pas non plus besoin de la prière. On pourrait objecter: « Pour Dieu, tout est clair, mais les hommes, en priant, saisissent parfois plus clairement leurs besoins en les formulant, et, dans un état apaisé, prennent conscience de leurs besoins intérieurs, comme d'ailleurs aussi extérieurs. En fin de compte, c'est précisément la prière qui sert souvent de source de résolution pour atteindre des buts conscients et nettement formulés ». Tout cela peut être reconnu comme vrai dans une certaine mesure; toutefois une telle autoréflexion intérieure ne peut déjà plus être appelée prière proprement dite: c'est plutôt une méditation avec des éléments de verbalisation.
D'ailleurs, la méditation, au sens de réflexion ou au sens de silence, n'est pas une chose si inutile. Mais elle aussi doit avoir pour contenu non pas tant notre vie psychique isolée que l'ouverture du cœur et de l'intelligence à la rencontre de Dieu et des circonstances de la vie. Et il faudrait ici mettre l'accent précisément sur Dieu, qui donne perspective et espace à la vie humaine.
Jésus parle justement de la prière comme de l'élan de tout l'être humain vers Dieu, Source et Fondement de tout. Et le seul but, au fond, d'une prière ainsi comprise est d'acquérir une sensibilité intérieure à la perception des mouvements de l'Esprit, qui seul fait des hommes les collaborateurs de Dieu et ceux qui partagent sa pensée, du Dieu qui se révèle dans le Christ. Dans ce cas, chaque chrétien ou chrétienne reçoit la possibilité de participer à l'édification de son Royaume et à l'accomplissement de sa volonté, et donc de réaliser sa vocation et ses dons, de recevoir son pardon et sa liberté, et de les donner à ceux qui, près de nous, en sont privés.
7 " Dans vos prières, ne rabâchez pas comme les païens : ils s'imaginent qu'en parlant beaucoup ils se feront mieux écouter. |
8 N'allez pas faire comme eux; car votre Père sait bien ce qu'il vous faut, avant que vous le lui demandiez. |
9 " Vous donc, priez ainsi : Notre Père qui es dans les cieux, que ton Nom soit sanctifié, |
10 que ton Règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. |
11 Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien. |
12 Remets-nous nos dettes comme nous-mêmes avons remis à nos débiteurs. |
13 Et ne nous soumets pas à la tentation; mais délivre-nous du Mauvais. |
14 " Oui, si vous remettez aux hommes leurs manquements votre Père céleste vous remettra aussi ; |
15 mais si vous ne remettez pas aux hommes, votre Père non plus ne vous remettra pas vos manquements. |
Les trois premiers versets de la prière du «Notre Père», la prière du Seigneur, parlent comme d'une seule et même chose: du Royaume. Le Royaume est la possession du Roi. Nous demandons que notre monde appartienne davantage au Roi, qu'il y ait en lui davantage de Dieu. Dans le Royaume, on glorifie le Roi, son nom est sanctifié, on le prie et on l'appelle à juger. Dans le Royaume, on accomplit la volonté du Roi, on lui obéit...
Même lorsque nous prononçons ces paroles avec attention, et non automatiquement, nous les percevons de manière abstraite, car nous les rapportons au monde entier et non à nous-mêmes. Mais le Christ dit pourtant que son Royaume est au-dedans de nous. Et l'on peut demander en pensant que ce Royaume doit être l'Église, c'est-à-dire moi, toi, nous tous qui prononçons ensemble ces paroles; et pour cela il faut que son nom soit sanctifié en moi, en toi, en nous, que moi, toi, nous ensemble accomplissions sa volonté. Si, après l'Eucharistie, nous prononçons ensemble ces paroles précisément ainsi, peut-être le Royaume de Dieu s'approchera-t-il, prendra-t-il plus de place dans notre cœur, se manifestera-t-il plus clairement dans l'Église.
14 " Oui, si vous remettez aux hommes leurs manquements votre Père céleste vous remettra aussi ; |
15 mais si vous ne remettez pas aux hommes, votre Père non plus ne vous remettra pas vos manquements. |
16 " Quand vous jeûnez, ne vous donnez pas un air sombre comme font les hypocrites : ils prennent une mine défaite, pour que les hommes voient bien qu'ils jeûnent. En vérité je vous le dis, ils tiennent déjà leur récompense. |
17 Pour toi, quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, |
18 pour que ton jeûne soit connu, non des hommes, mais de ton Père qui est là, dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. |
19 " Ne vous amassez point de trésors sur la terre, où la mite et le ver consument, où les voleurs percent et cambriolent. |
20 Mais amassez-vous des trésors dans le ciel: là, point de mite ni de ver qui consument, point de voleurs qui perforent et cambriolent. |
21 Car où est ton trésor, là sera aussi ton cœur. |
Le dimanche du pardon est l'un des jours les plus remarquables de l'année liturgique. Et l'on se souvient de l'ancienne coutume de répondre à une demande de pardon: Dieu pardonnera. À l'homme moderne, ces paroles heurtent l'oreille. Tel est peut-être le destin de la langue. Mais il semble que nos ancêtres n'avaient pas moins de spiritualité que nous, c'est pourquoi réfléchissons-y encore une fois.
Nous n'apprécions pas ces paroles, sans doute parce que nous traitons trop facilement le pardon de Dieu, comme si c'était quelque chose qui allait de soi par Sa grande miséricorde. L'homme, paraît-il, oui, peut pardonner ou ne pas pardonner; c'est pourquoi, en réponse à une demande de pardon, nous voulons entendre non pas «Dieu pardonnera», mais «je te pardonne». Et c'est précisément ici que nous devons nous souvenir des paroles de la lecture évangélique d'aujourd'hui: si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes leurs offenses, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses. Autrement dit, la situation se retourne en quelque sorte contre toi-même (et il devrait toujours en être ainsi dans la vie!)
Mais que savons-nous du pardon? Parfois, quelqu'un se guide d'après l'expression courante: je pardonne à tous ceux à qui je dois. Mais, sérieusement, le premier véritable maître du pardon est bien sûr Joseph, qui pardonna à ses frères. Apprenons auprès des grands maîtres.
Et je voudrais encore dire une chose. Ce n'est absolument pas par hasard que les paroles sur le pardon sont associées ici, dans le texte, aux paroles sur l'ascèse. Ces deux aspects de la vie ont un lien très profond, que l'on peut représenter ainsi: jeûne — humilité (au sens biblique, et non au sens ordinaire) — répression de l'orgueil — pardon.
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