1 Et Job fit cette réponse à Yahvé : |
2 Je sais que tu es tout-puissant : ce que tu conçois, tu peux le réaliser. |
3 Qui est celui-là qui voile tes plans, par des propos dénués de sens ? Oui, j’ai raconté des œuvres grandioses que je ne comprends pas, des merveilles qui me dépassent et que j’ignore. |
4 (Écoute, laisse-moi parler : je vais t’interroger et tu m’instruiras.) |
5 Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant mes yeux t’ont vu. |
6 Aussi je me rétracte et m’afflige sur la poussière et sur la cendre. |
7 Après qu’il eut ainsi parlé à Job, Yahvé s’adressa à Éliphaz de Témân : « Ma colère s’est enflammée contre toi et tes deux amis, car vous n’avez pas parlé de moi avec droiture comme l’a fait mon serviteur Job |
8 Et maintenant, procurez-vous sept taureaux et sept béliers, puis allez vers mon serviteur Job. Vous offrirez pour vous un holocauste, tandis que mon serviteur Job priera pour vous. Ce n’est que par égard pour lui que je ne vous infligerai pas ma disgrâce pour n’avoir pas, comme mon serviteur Job, parlé avec droiture de moi. » |
9 Éliphaz de Témân, Bildad de Shuah, Çophar de Naamat s’en furent exécuter l’ordre de Yahvé. Et Yahvé eut égard à Job. |
Après avoir vu et entendu tout ce que Dieu lui avait dit et montré, Job se repent de ce qu'il avait dit à Dieu auparavant, avant sa rencontre avec Lui (v. 1-6). Et ce second repentir n'était pas comme le premier (Jb 40, 3-5). Le premier repentir avait été provoqué par la prise de conscience que Job avait eu tort devant Dieu, qu'il s'était trompé en pensant que Dieu ne se souciait pas de l'homme particulier en général, ni de lui, Job, en particulier. Maintenant, le repentir de Job est plus profond ; il dit lui-même qu'il se repent « dans la poussière et la cendre » (v. 6), expression qu'on employait alors lorsqu'un homme voulait dire qu'il regrettait profondément tout ce qu'il avait fait auparavant. Un tel repentir devait évidemment signifier aussi le renoncement à ce que Job considérait auparavant comme justice, à ces exigences qu'il adressait à Dieu en voulant entrer en procès avec Lui (v. 3-4). Job explique simplement son renoncement. Il dit à Dieu : autrefois je n'avais fait qu'entendre parler de Toi, maintenant je Te vois (v. 5).
Il semblerait que ce soit précisément ce que Job avait si longtemps attendu et si fortement désiré : maintenant, enfin, il peut tout dire à Dieu. Mais, de toute évidence, pendant la rencontre, quelque chose s'est produit qui a entièrement changé Job lui-même et son regard sur sa propre justice. On le voit, c'est seulement maintenant qu'il est vraiment devenu un juste, et il l'a compris lui-même ; son ancienne justice lui apparaît désormais comme une sorte de jouet d'enfant qu'il présentait sérieusement à Dieu, réclamant en échange des droits particuliers et une place particulière dans un monde où se déroule la guerre entre Dieu et les forces des ténèbres. L'ancienne justice de Job ne dépassait pas encore les limites religieuses ; c'était une justice humaine, assurément précieuse pour Dieu, mais qui ne donnait pas à l'homme la possibilité de vivre une vie spirituelle plénière. Maintenant Job a compris ce qu'est la justice de Dieu, que l'on ne peut acquérir qu'en se remettant entièrement à la volonté de Dieu et en cessant d'espérer en quelque mérite personnel que ce soit, même ceux qui sont liés aux accomplissements de la vie religieuse. Mais cette remise totale à la volonté de Dieu était évidemment tout à fait impossible sans cette rencontre avec Dieu face à face que Job désirait tant, même s'il attendait de cette rencontre tout autre chose que ce qui est arrivé. Il voulait plaider contre Dieu, mais, ayant vu tout ce que Dieu pouvait révéler à l'homme, il a renoncé à son intention et s'est rendu à Dieu, reconnaissant sa défaite. Pourtant, cette défaite n'était pas tant devant la force de Dieu que devant Son amour et Sa sagesse. C'est pourquoi Dieu confie les amis de Job à ses prières (v. 7-9) : Job a déjà parcouru le chemin sur lequel eux n'ont pas encore posé le pied. Certes, la religiosité a sa signification et son sens ; elle contient sa vérité relative. Dieu dit à Job que ses amis n'ont pas parlé de Lui « avec autant de justesse que Job » (v. 7). Mais dans la relation avec Dieu, il y a quelque chose de plus grand que la religion : la révélation et le Royaume, vécus par Job lors de sa rencontre avec Dieu comme une réalité indubitable.
1 Et Job fit cette réponse à Yahvé : |
Que signifient les mots de Job? La Toute-puissance de Dieu? L’impossibilité pour l’homme de résister Dieu? Probablement, et cela aussi. Mais dans le contexte de tout le livre, ils acquièrent, probablement tout de même un autre sens, pas si évident. Quel est le principal problème de Job? Qu’est-ce qui l'inquiète le plus? Les malheurs qui l'ont frappé? Probablement, non. Cependant, bien sûr, le point de départ était justement les malheurs. Mais opprimait le plus Job le fait qu'il percevait ces malheurs comme une injustice, et en plus comme une injustice de la part de Dieu. Il est troublé, il ne peut pas comprendre: est-ce que Dieu est injuste? Ou Il n’a simplement pas le temps des gens? L'un et l'autre étaient pour Job équivalant à une catastrophe spirituelle, tout comme, sûrement pour n’importe quelle personne sincèrement religieuse.
Job, naturellement comme une personne sincère, a commencé à poser des questions très «incommodes» à Dieu, et en plus sous une forme très rude (au grand dam de ses amis, qui utilisaient tous les arguments théologiques se trouvant en leur disposition pour raisonner Job). Et puis, Job a enfin entendu Dieu. Le Dieu, Qui paradoxalement ne lui avait rien promis et ne lui avait répondu à aucune des questions et ni à aucune des accusations prononcées par Job à Son égard. Qu'est-ce qui a donc poussé Job à reconsidérer ses opinions antérieures? Est-ce seulement l’immense grandeur de Dieu, devant laquelle l’homme ne peut pas résister?
Probablement, pas seulement cela. Si tout était aussi facile, Dieu n’aurait pas eu besoin d’intervenir, les arguments avancés par les amis de Job auraient été assez suffisants. Apparemment, Job a compris autre chose: il s'est persuadé que Dieu a des réponses à ses questions posées, y compris la question sur les souffrances d’un juste innocent. En outre, Dieu est loin de vouloir justifier le mal et la souffrance : Ils, paraît-il, sont privés en général de tout sens et n'ont pas de justification. Il, probablement, a simplement fait savoir à Job qu'Il a un moyen de rendre ces souffrances comme anciennes, et viendra le jour, quand Il le fera.
Une telle réponse signifierait vraiment que Dieu peut tout, même ce que d'après les lois de notre monde non transformé s’avère en principe impossible. Il peut tout, non parce qu'Il a le pouvoir de détruire le monde et le créer de nouveau, mais parce que pour Lui il n'y a pas de situations sans issue et des pertes non remboursables, pour Son juste, Il trouvera une sortie à n'importe quelle impasse. Bien que, bien sûr cette sortie puisse s’avérer pas totalement telle ou même totalement pas telle que se l’imagine celui qui crie à Dieu pour l'aide et l'injustice.
1 Et Job fit cette réponse à Yahvé : |
Que signifient les mots de Job? La Toute-puissance de Dieu? L’impossibilité pour l’homme de résister Dieu? Probablement, et cela aussi. Mais dans le contexte de tout le livre, ils acquièrent, probablement tout de même un autre sens, pas si évident. Quel est le principal problème de Job? Qu’est-ce qui l'inquiète le plus? Les malheurs qui l'ont frappé? Probablement, non. Cependant, bien sûr, le point de départ était justement les malheurs. Mais opprimait le plus Job le fait qu'il percevait ces malheurs comme une injustice, et en plus comme une injustice de la part de Dieu. Il est troublé, il ne peut pas comprendre: est-ce que Dieu est injuste? Ou Il n’a simplement pas le temps des gens? L'un et l'autre étaient pour Job équivalant à une catastrophe spirituelle, tout comme, sûrement pour n’importe quelle personne sincèrement religieuse.
Job, naturellement comme une personne sincère, a commencé à poser des questions très «incommodes» à Dieu, et en plus sous une forme très rude (au grand dam de ses amis, qui utilisaient tous les arguments théologiques se trouvant en leur disposition pour raisonner Job). Et puis, Job a enfin entendu Dieu. Le Dieu, Qui paradoxalement ne lui avait rien promis et ne lui avait répondu à aucune des questions et ni à aucune des accusations prononcées par Job à Son égard. Qu'est-ce qui a donc poussé Job à reconsidérer ses opinions antérieures? Est-ce seulement l’immense grandeur de Dieu, devant laquelle l’homme ne peut pas résister?
Probablement, pas seulement cela. Si tout était aussi facile, Dieu n’aurait pas eu besoin d’intervenir, les arguments avancés par les amis de Job auraient été assez suffisants. Apparemment, Job a compris autre chose: il s'est persuadé que Dieu a des réponses à ses questions posées, y compris la question sur les souffrances d’un juste innocent. En outre, Dieu est loin de vouloir justifier le mal et la souffrance : Ils, paraît-il, sont privés en général de tout sens et n'ont pas de justification. Il, probablement, a simplement fait savoir à Job qu'Il a un moyen de rendre ces souffrances comme anciennes, et viendra le jour, quand Il le fera.
Une telle réponse signifierait vraiment que Dieu peut tout, même ce que d'après les lois de notre monde non transformé s’avère en principe impossible. Il peut tout, non parce qu'Il a le pouvoir de détruire le monde et le créer de nouveau, mais parce que pour Lui il n'y a pas de situations sans issue et des pertes non remboursables, pour Son juste, Il trouvera une sortie à n'importe quelle impasse. Bien que, bien sûr cette sortie puisse s’avérer pas totalement telle ou même totalement pas telle que se l’imagine celui qui crie à Dieu pour l'aide et l'injustice.
5 Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant mes yeux t’ont vu. |
6 Aussi je me rétracte et m’afflige sur la poussière et sur la cendre. |
La théorie sur Dieu s'écroule, quand Job le voit face à face. Et il s’avère que la théorie n'est même pas nécessaire. Il est Vivant. Il est en réalité au dessus de notre entendement. Quoi que nous ne pensions de Lui- Il est plus que nos représentations. Peu importe sont justes nos représentations ou pas- elles sont limitées, et ne peuvent par définition pas «envelopper» Sa personnalité. Nous est-il proposé de ne pas penser et de ne pas réfléchir? Non. Mais il faut se rappeler qu’Il est plus que nous ne nous imaginons. Et l’authentique réalité s'ouvre notamment au moment de la rencontre avec Lui face à face, les yeux dans les yeux - c'est-à-dire dans l'Éternité.
5 Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant mes yeux t’ont vu. |
6 Aussi je me rétracte et m’afflige sur la poussière et sur la cendre. |
La théorie sur Dieu s'écroule, quand Job le voit face à face. Et il s’avère que la théorie n'est même pas nécessaire. Il est Vivant. Il est en réalité au dessus de notre entendement. Quoi que nous ne pensions de Lui- Il est plus que nos représentations. Peu importe sont justes nos représentations ou pas- elles sont limitées, et ne peuvent par définition pas «envelopper» Sa personnalité. Nous est-il proposé de ne pas penser et de ne pas réfléchir? Non. Mais il faut se rappeler qu’Il est plus que nous ne nous imaginons. Et l’authentique réalité s'ouvre notamment au moment de la rencontre avec Lui face à face, les yeux dans les yeux - c'est-à-dire dans l'Éternité.
5 Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant mes yeux t’ont vu. |
6 Aussi je me rétracte et m’afflige sur la poussière et sur la cendre. |
Le message de Jacques contient beaucoup de telles profondes maximes, aphorismes, dont il convient de réfléchir. «Le fruit... est semé» : c'est-à-dire qu’il s'agit du début de l'action de la justice, des conditions, dans lesquelles la justice peut commencer à agir. La «justice» c’est et la «véracité», «l’équité» et le «bon droit». Comme nous, les gens luttent naturellement, se battent même, pour démontrer qu’ils ont raison, pour obtenir ce que nous appelons équité! Et voici les Saintes Ecritures nous font reculer : la justice agit seulement à travers ceux qui gardent la paix. La paix n'est pas simplement l'absence de guerre, des haines, des bagarres, la paix est un état très positif des idées, des sentiments, des relations, retrouvant l'harmonie, l'équilibre - avec le support de l'amour constant et immuable de Dieu.
5 Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant mes yeux t’ont vu. |
6 Aussi je me rétracte et m’afflige sur la poussière et sur la cendre. |
Le repentir de Job paraît souvent forcé aux lecteurs. Dieu S'est manifesté, Il a manifesté Sa force, et face à une démonstration si évidente, Job, pense-t-on, n'avait nulle part où se réfugier. Pourtant, il ne s'agit manifestement pas ici de la seule manifestation d'une force. Dieu a réellement parlé avec Job d'homme à homme, comme Job le voulait. Autre chose est que cette conversation s'est révélée inattendue pour lui. Dieu n'a pas cherché à détromper Job au sujet de sa justice, Il ne lui a pas présenté les péchés pour lesquels Il aurait pu le reprendre. Et Il n'a pas répondu non plus à la question des souffrances des innocents, des justes.
Il S'est simplement tenu devant Job. Il lui a montré ce qu'est une force qui ignore l'homme, en prenant l'exemple des animaux qu'Il a créés. Et Il a fait comprendre à Job qu'Il est Dieu, qu'Il sait ce qu'Il fait et qu'Il Se souvient de l'homme. Bien sûr, Dieu ne donne à Job aucun détail, encore moins des garanties. Sauf une: Il Se souvient de l'homme et sait que faire du mal dans lequel gît le monde. Et même si, pour l'homme qui vit dans ce monde, tout paraît sans issue et sans espérance, Dieu a Son plan, qui comprend entre autres la délivrance du monde hors du mal. Bien sûr, si ces paroles avaient été dites à Job par ses amis, il ne les aurait pas crues.
Après tout, ils lui disaient bien quelque chose de semblable. Mais ce qui importait, c'était justement la rencontre, la rencontre avec Dieu face à face, que Job désirait et attendait tant. Cette rencontre, entre autres, a ouvert à Job des perspectives spirituelles qu'il ne connaissait pas et ne voyait pas auparavant. Il est apparu que toute sa vie antérieure, et même sa justice, n'était qu'une affaire humaine; elle ne dépassait pas les limites de cette religiosité traditionnelle dont Job lui-même était porteur, avec une entière sincérité et conviction.
Dieu a ouvert à Job une autre perspective, lui a montré une autre vie. Une vie où il n'y a pas de religion, mais où il y a le Dieu vivant. Et où la justice n'est pas un décompte soigneux, presque comptable, des mérites et des péchés, mais l'expérience de la rencontre avec ce Dieu vivant et parfaitement réel. Et donc aussi la rencontre avec une vie nouvelle et tout aussi réelle: la vie du grand monde de Dieu, qui se révélera un jour dans toute la plénitude du Royaume de Dieu. Job peut maintenant témoigner de cette réalité nouvelle qui s'est ouverte à lui. Il peut communiquer avec Dieu, à partir d'elle et à travers elle. Voilà pourquoi Dieu lui confie la prière pour ses amis, qui pour l'instant ne savent rien de tel. Ou presque rien. Et c'est pourquoi ils parlent, ils témoignent de Dieu moins justement que Job, devenu témoin vivant du Dieu vivant.
Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible. Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit. | ||
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||