1 N'ayant, en effet, que l'ombre des biens à venir, non la substance même des réalités, la Loi est absolument impuissante, avec ces sacrifices, toujours les mêmes, que l'on offre perpétuellement d'année en année, à rendre parfaits ceux qui s'approchent de Dieu. |
2 Autrement, n'aurait-on pas cessé de les offrir puisque les officiants de ce culte, purifiés une fois pour toutes, n'auraient plus conscience d'aucun péché? |
3 Bien au contraire, par ces sacrifices eux-mêmes, on rappelle chaque année le souvenir des péchés. |
4 En effet, du sang de taureaux et de boucs est impuissant à enlever des péchés. |
5 C'est pourquoi, en entrant dans le monde, le Christ dit: Tu n'as voulu ni sacrifice ni oblation; mais tu m'as façonné un corps. |
6 Tu n'as agréé ni holocaustes ni sacrifices pour les péchés. |
7 Alors j'ai dit: Voici, je viens, car c'est de moi qu'il est question dans le rouleau du livre, pour faire, ô Dieu, ta volonté. |
8 Il commence par dire: Sacrifices, oblations, holocaustes, sacrifices pour les péchés, tu ne les as pas voulus ni agréés - et cependant ils sont offerts d'après la Loi -, |
9 alors il déclare : Voici, je viens pour faire ta volonté. Il abroge le premier régime pour fonder le second. |
10 Et c'est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés par l'oblation du corps de Jésus Christ, une fois pour toutes. |
En poursuivant son propos sur les sacrifices, l'auteur de l'épître revient à un thème que Paul a souvent abordé: l'insuffisance de la Torah pour transformer pleinement l'homme. Disciple et continuateur de l'apôtre, il l'illustre par la Torah sacerdotale, qui prescrivait des sacrifices réguliers, y compris des sacrifices de purification. Il attire l'attention sur ce que son maître a souvent dit: suivre la Torah permet de résister au péché, mais ne donne pas de s'en débarrasser une fois pour toutes. Appliqué à la Torah sacerdotale, cela signifie une mauvaise infinité de sacrifices sans fin visible, car après chaque purification, nécessairement relative, et chaque sanctification, nécessairement incomplète, l'homme purifié et sanctifié pèche de nouveau et perd sa sanctification (v. 1-2). Le sang sacrificiel peut purifier des conséquences d'un péché concret, mais il ne peut délivrer de ce que les livres du Nouveau Testament appellent le péché originel; ainsi les sacrifices de purification deviennent paradoxalement pour l'homme un rappel de la condition pécheresse dont ils auraient dû le délivrer (v. 3-4). La vraie purification complète s'accomplit une seule fois, comme la sanctification complète ne peut être qu'unique: la purification complète délivre l'homme de son péché une fois pour toutes, et la sanctification complète, même lorsqu'elle se déploie dans le temps, n'implique pas la possibilité de perdre la sainteté et de revenir à l'état ancien où tout devrait recommencer.
C'est pourquoi l'auteur de l'épître parle de la sanctification définitive des fidèles «par l'offrande du corps de Jésus-Christ une fois pour toutes» (v. 10). Cette sanctification définitive ouvre aux chercheurs la route du Royaume, changeant complètement l'ancien mécanisme des sacrifices de purification et de tous les autres sacrifices. C'est en ce sens que l'auteur parle de l'inutilité des sacrifices anciens: ils ne valent que pour l'ordre ancien, préchrétien (v. 5-9). Dans le Royaume, la Torah sacerdotale cesse d'être actuelle au même sens où la Torah en général cesse de l'être: après la transformation du monde et de la nature humaine, elle n'est plus nécessaire comme moyen de lutte contre le péché, définitivement vaincu. Et la Torah sacerdotale cesse d'être actuelle dans le Royaume comme moyen de cette purification incomplète et de cette sanctification relative qu'elle était auparavant, lorsque le monde gisait encore dans le mal (v. 9).
1 N'ayant, en effet, que l'ombre des biens à venir, non la substance même des réalités, la Loi est absolument impuissante, avec ces sacrifices, toujours les mêmes, que l'on offre perpétuellement d'année en année, à rendre parfaits ceux qui s'approchent de Dieu. |
2 Autrement, n'aurait-on pas cessé de les offrir puisque les officiants de ce culte, purifiés une fois pour toutes, n'auraient plus conscience d'aucun péché? |
3 Bien au contraire, par ces sacrifices eux-mêmes, on rappelle chaque année le souvenir des péchés. |
4 En effet, du sang de taureaux et de boucs est impuissant à enlever des péchés. |
5 C'est pourquoi, en entrant dans le monde, le Christ dit: Tu n'as voulu ni sacrifice ni oblation; mais tu m'as façonné un corps. |
6 Tu n'as agréé ni holocaustes ni sacrifices pour les péchés. |
7 Alors j'ai dit: Voici, je viens, car c'est de moi qu'il est question dans le rouleau du livre, pour faire, ô Dieu, ta volonté. |
8 Il commence par dire: Sacrifices, oblations, holocaustes, sacrifices pour les péchés, tu ne les as pas voulus ni agréés - et cependant ils sont offerts d'après la Loi -, |
9 alors il déclare : Voici, je viens pour faire ta volonté. Il abroge le premier régime pour fonder le second. |
10 Et c'est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés par l'oblation du corps de Jésus Christ, une fois pour toutes. |
Poursuivant son propos sur la Torah et sur la sanctification par les sacrifices yahvistes traditionnels, l’auteur de l’épître, comme son maître Paul, parle de l’insuffisance aussi bien de la Torah elle-même, qui ne s’est pas révélée dans la plénitude de la Torah vivante, que de la sanctification qui lui est liée. En effet, pour Paul, la plénitude de la vie en Dieu, avant même sa rencontre avec le Christ sur le chemin de Damas, était liée précisément à la Torah vivante ; toute autre manière de suivre la Torah lui paraissait insuffisante.
Après cette rencontre, il comprit que c’est précisément la personne du Christ qui est l’unique exemple, dans le monde, de la Torah vivante réalisée. Il comprit aussi que même la Torah intérieure, par elle-même, n’est pas encore la plénitude de la vie avec Dieu : la Torah intérieure indique seulement le chemin, mais ne garantit pas que l’homme qui la suit pourra parcourir ce chemin.
Dans la plénitude de la Torah vivante manifestée au monde par le Christ disparaissait non seulement la Torah comme code juridique ou moral, mais aussi la Torah intérieure comme cette boussole spirituelle qui indiquait le chemin vers le but : désormais, le but lui-même était déjà sous les yeux. L’auteur de l’épître applique cette vision de la Torah aux sacrifices et à la sanctification : auparavant, en se sanctifiant, l’homme indiquait pour ainsi dire la direction du mouvement, montrait le chemin vers le but, se dirigeant là où il ne pouvait parvenir, de même que l’homme pécheur ne pouvait devenir une Torah vivante, quels que soient ses efforts pour suivre la Torah intérieure.
Désormais, avec la venue du Christ, apparaissait enfin la possibilité d’atteindre le but, de se sanctifier dans toute la plénitude possible à l’homme, de participer non plus à cette Présence qui se trouvait auprès de chaque autel terrestre, mais à Celle qui demeure auprès du Trône de gloire. Et dans les rayons de ce Trône, dont le chemin est ouvert par le Sauveur comme Grand Prêtre du Royaume, disparaissent tous les autels terrestres et toutes les actions sacrées. Les actions sacrées des chrétiens ne sont pas un remplacement des anciennes actions sacrées yahvistes dans l’histoire terrestre qui continue, mais la plénitude supra-historique de la sanctification, ouverte au monde par la présence en lui du Royaume.
Mais tout cela n’est actuel que pour ceux pour qui le Royaume est la réalité de leur propre vie. Pour tous les autres, au fond, rien ne change : ils continuent à vivre dans l’ancien rythme spirituel, celui d’une purification et d’une sanctification périodiques, qui se répètent sans cesse parce qu’en dehors du Royaume l’homme est condamné à piétiner sur place, même s’il est formellement membre de l’Église. Alors, pour un tel homme, sa vie ecclésiale, au fond, ne diffère en rien de celle qui caractérisait les croyants yahvistes de l’époque préchrétienne, même si extérieurement elle est parfaitement chrétienne.
4 En effet, du sang de taureaux et de boucs est impuissant à enlever des péchés. |
5 C'est pourquoi, en entrant dans le monde, le Christ dit: Tu n'as voulu ni sacrifice ni oblation; mais tu m'as façonné un corps. |
6 Tu n'as agréé ni holocaustes ni sacrifices pour les péchés. |
7 Alors j'ai dit: Voici, je viens, car c'est de moi qu'il est question dans le rouleau du livre, pour faire, ô Dieu, ta volonté. |
8 Il commence par dire: Sacrifices, oblations, holocaustes, sacrifices pour les péchés, tu ne les as pas voulus ni agréés - et cependant ils sont offerts d'après la Loi -, |
9 alors il déclare : Voici, je viens pour faire ta volonté. Il abroge le premier régime pour fonder le second. |
10 Et c'est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés par l'oblation du corps de Jésus Christ, une fois pour toutes. |
Dans l’épître aux Hébreux, Paul touche à un thème important pour nous tous. Il met à nu la limite entre l’observance de certains rites et la foi vivante, l’accomplissement de la volonté du Père.
On peut s’opposer à une telle compréhension de ce qui est discuté, en disant que derrière le rite se tient presque toujours la foi des générations précédentes, l’Église, et donc le Seigneur Lui-même. C’est ainsi dans de nombreux cas, même si ce n’est pas toujours le cas. Mais le fait est que le rite peut nous cacher Dieu. En conséquence, hélas, on peut cesser de Le percevoir comme une Personne, ne voyant plus qu’une série de prescriptions, de limitations et d’actions exigées de soi.
Mais Paul, citant les paroles du Christ, souligne l’accomplissement de la volonté du Père céleste; or, pour cela, une communion vivante avec Lui-même est nécessaire dans la prière et dans la lecture de Sa Parole. Et c’est déjà par cela que le Seigneur, par l’Esprit Saint, nous donne la juste perception et la plénitude de la participation au rite de l’Église.
1 N'ayant, en effet, que l'ombre des biens à venir, non la substance même des réalités, la Loi est absolument impuissante, avec ces sacrifices, toujours les mêmes, que l'on offre perpétuellement d'année en année, à rendre parfaits ceux qui s'approchent de Dieu. |
2 Autrement, n'aurait-on pas cessé de les offrir puisque les officiants de ce culte, purifiés une fois pour toutes, n'auraient plus conscience d'aucun péché? |
3 Bien au contraire, par ces sacrifices eux-mêmes, on rappelle chaque année le souvenir des péchés. |
4 En effet, du sang de taureaux et de boucs est impuissant à enlever des péchés. |
5 C'est pourquoi, en entrant dans le monde, le Christ dit: Tu n'as voulu ni sacrifice ni oblation; mais tu m'as façonné un corps. |
6 Tu n'as agréé ni holocaustes ni sacrifices pour les péchés. |
7 Alors j'ai dit: Voici, je viens, car c'est de moi qu'il est question dans le rouleau du livre, pour faire, ô Dieu, ta volonté. |
8 Il commence par dire: Sacrifices, oblations, holocaustes, sacrifices pour les péchés, tu ne les as pas voulus ni agréés - et cependant ils sont offerts d'après la Loi -, |
9 alors il déclare : Voici, je viens pour faire ta volonté. Il abroge le premier régime pour fonder le second. |
10 Et c'est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés par l'oblation du corps de Jésus Christ, une fois pour toutes. |
11 Tandis que tout prêtre se tient debout chaque jour, officiant et offrant maintes fois les mêmes sacrifices, qui sont absolument impuissants à enlever des péchés, |
12 lui au contraire, ayant offert pour les péchés un unique sacrifice, il s'est assis pour toujours à la droite de Dieu, |
13 attendant désormais que ses ennemis soient placés comme un escabeau sous ses pieds. |
14 Car par une oblation unique il a rendu parfaits pour toujours ceux qu'il sanctifie. |
15 Or l'Esprit Saint lui aussi nous l'atteste; car après avoir déclaré: |
16 Telle est l'alliance que je contracterai avec eux après ces jours-là, le Seigneur dit : Je mettrai mes lois dans leur cœur et je les graverai dans leur pensée. |
17 Ni de leur péchés, ni de leurs offenses, je ne me souviendrai plus. |
18 Or là où les péchés sont remis, il n'y a plus d'oblation pour le péché. |
Aujourd’hui, dans un passage de l’épître aux Hébreux, l’apôtre Paul parle du sacrifice du Christ sur la Croix. Paul souligne que ce sacrifice est offert une seule fois dans le Corps de Jésus Christ et qu’il n’a plus à être renouvelé, car le pardon des péchés est accordé par le Christ. C’est pourquoi les paroles du Christ dans le passage de l’Évangile selon Marc sont si importantes : « ...si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. » C’est précisément le chemin de l’amour crucifié qui fait de nous les hommes que le Christ a rachetés, ceux pour qui il s’est offert en sacrifice.
1 N'ayant, en effet, que l'ombre des biens à venir, non la substance même des réalités, la Loi est absolument impuissante, avec ces sacrifices, toujours les mêmes, que l'on offre perpétuellement d'année en année, à rendre parfaits ceux qui s'approchent de Dieu. |
2 Autrement, n'aurait-on pas cessé de les offrir puisque les officiants de ce culte, purifiés une fois pour toutes, n'auraient plus conscience d'aucun péché? |
3 Bien au contraire, par ces sacrifices eux-mêmes, on rappelle chaque année le souvenir des péchés. |
4 En effet, du sang de taureaux et de boucs est impuissant à enlever des péchés. |
5 C'est pourquoi, en entrant dans le monde, le Christ dit: Tu n'as voulu ni sacrifice ni oblation; mais tu m'as façonné un corps. |
6 Tu n'as agréé ni holocaustes ni sacrifices pour les péchés. |
7 Alors j'ai dit: Voici, je viens, car c'est de moi qu'il est question dans le rouleau du livre, pour faire, ô Dieu, ta volonté. |
8 Il commence par dire: Sacrifices, oblations, holocaustes, sacrifices pour les péchés, tu ne les as pas voulus ni agréés - et cependant ils sont offerts d'après la Loi -, |
9 alors il déclare : Voici, je viens pour faire ta volonté. Il abroge le premier régime pour fonder le second. |
10 Et c'est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés par l'oblation du corps de Jésus Christ, une fois pour toutes. |
11 Tandis que tout prêtre se tient debout chaque jour, officiant et offrant maintes fois les mêmes sacrifices, qui sont absolument impuissants à enlever des péchés, |
12 lui au contraire, ayant offert pour les péchés un unique sacrifice, il s'est assis pour toujours à la droite de Dieu, |
13 attendant désormais que ses ennemis soient placés comme un escabeau sous ses pieds. |
14 Car par une oblation unique il a rendu parfaits pour toujours ceux qu'il sanctifie. |
15 Or l'Esprit Saint lui aussi nous l'atteste; car après avoir déclaré: |
16 Telle est l'alliance que je contracterai avec eux après ces jours-là, le Seigneur dit : Je mettrai mes lois dans leur cœur et je les graverai dans leur pensée. |
17 Ni de leur péchés, ni de leurs offenses, je ne me souviendrai plus. |
18 Or là où les péchés sont remis, il n'y a plus d'oblation pour le péché. |
La lecture d'aujourd'hui de l'épître aux Hébreux est pour ainsi dire à deux couches. Il y a une première couche: ce dont il a déjà été question à plusieurs reprises, à savoir que les sacrifices de l'Ancien Testament ne pouvaient purifier du péché. Seule la mort du Christ sur la croix donne la véritable purification. Tel est le sens direct des paroles: «Tu n'as voulu ni sacrifice ni offrande... voici, je viens faire Ta volonté, ô Dieu». Paul met ces paroles dans la bouche de Jésus. Cependant, on peut aussi regarder les choses un peu autrement. Bien sûr, ce n'est qu'une seconde couche, et pourtant. Ici sont opposés le sacrifice et l'accomplissement de la volonté de Dieu. Nos offrandes, nos tentatives de faire quelque chose pour Dieu, ne Lui sont pas nécessaires. Ce dont Il a besoin, c'est de l'accomplissement de Sa volonté. Comme le disait un prêtre: «cessez de faire des œuvres pour Dieu et commencez à faire les œuvres de Dieu».
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