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RÉFLEXIONS pour Gn 4:1-26

L'homme connut Eve, sa femme; elle conçut et enfanta Caïn et elle dit : J'ai acquis un homme de par Yahvé.
Elle donna aussi le jour à Abel, frère de Caïn. Or Abel devint pasteur de petit bétail et Caïn cultivait le sol.
Le temps passa et il advint que Caïn présenta des produits du sol en offrande à Yahvé,
et qu'Abel, de son côté, offrit des premiers-nés de son troupeau, et même de leur graisse. Or Yahvé agréa Abel et son offrande.
Mais il n'agréa pas Caïn et son offrande, et Caïn en fut très irrité et eut le visage abattu.
Yahvé dit à Caïn : Pourquoi es-tu irrité et pourquoi ton visage est-il abattu ?
Si tu es bien disposé, ne relèveras-tu pas la tête ? Mais si tu n'es pas bien disposé, le péché n'est-il pas à la porte, une bête tapie qui te convoite, pourras-tu la dominer ?
Cependant Caïn dit à son frère Abel : Allons dehors, et, comme ils étaient en pleine campagne, Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua.
Yahvé dit à Caïn : Où est ton frère Abel ? Il répondit : Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère ?
10 Yahvé reprit : Qu'as-tu fait ! Écoute le sang de ton frère crier vers moi du sol !
11 Maintenant, sois maudit et chassé du sol fertile qui a ouvert la bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère.
12 Si tu cultives le sol, il ne te donnera plus son produit : tu seras un errant parcourant la terre.
13 Alors Caïn dit à Yahvé : Ma peine est trop lourde à porter.
14 Vois ! Tu me bannis aujourd'hui du sol fertile, je devrai me cacher loin de ta face et je serai un errant parcourant la terre : mais, le premier venu me tuera !
15 Yahvé lui répondit : Aussi bien, si quelqu'un tue Caïn, on le vengera sept fois et Yahvé mit un signe sur Caïn, afin que le premier venu ne le frappât point.
16 Caïn se retira de la présence de Yahvé et séjourna au pays de Nod, à l'orient d'Éden.
17 Caïn connut sa femme, qui conçut et enfanta Hénok. Il devint un constructeur de ville et il donna à la ville le nom de son fils, Hénok.
18 À Hénok naquit Irad, et Irad engendra Mehuyaèl, et Mehuyaèl engendra Metushaèl, et Metushaèl engendra Lamek.
19 Lamek prit deux femmes: le nom de la première était Ada et le nom de la seconde Çilla.
20 Ada enfanta Yabal: il fut l'ancêtre de ceux qui vivent sous la tente et ont des troupeaux.
21 Le nom de son frère était Yubal: il fut l'ancêtre de tous ceux qui jouent de la lyre et du chalumeau.
22 De son côté, Çilla enfanta Tubal-Caïn: il fut l'ancêtre de tous les forgerons en cuivre et en fer; la sœur de Tubal-Caïn était Naama.
23 Lamek dit à ses femmes : Ada et Çilla, entendez ma voix, femmes de Lamek, écoutez ma parole : J'ai tué un homme pour une blessure, un enfant pour une meurtrissure.
24 C'est que Caïn est vengé sept fois, mais Lamek, septante-sept fois !
25 Adam connut sa femme; elle enfanta un fils et lui donna le nom de Seth, car, dit-elle, Dieu m'a accordé une autre descendance à la place d'Abel, puisque Caïn l'a tué .
26 Un fils naquit à Seth aussi, et il lui donna le nom d'Énosh. Celui-ci fut le premier à invoquer le nom de Yahvé.
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Caïn est depuis longtemps devenu le symbole du fratricide, et les gens ne réfléchissent généralement même pas à la raison pour laquelle tout s'est passé ainsi ni à ce pour quoi, au juste, Caïn a tué Abel. Tous deux offrirent des sacrifices, et le Seigneur « regarda Abel et son offrande, mais ne regarda pas Caïn ni son offrande ». Autrement dit, il accepta le sacrifice d'Abel et n'accepta pas celui de Caïn. Deux questions se posent. La première : qu'est-ce qui déplut donc au Seigneur dans le sacrifice de Caïn ? La seconde : il ne l'a pas accepté, soit ; où est donc la tragédie ? Commençons par la tragédie. Ainsi, le Seigneur a préféré l'un des deux frères. Le sacrifice d'Abel lui a davantage plu ; il l'aime davantage. La réaction de Caïn, c'est la jalousie. Et maintenant il est plus simple de répondre à la première question : qu'est-ce qui déplut à Dieu dans le sacrifice de Caïn ? Très certainement, Caïn offrait déjà ce sacrifice avec une telle disposition intérieure : le désir d'acheter la faveur de Dieu. La suite, le meurtre, prouve que le cœur de Caïn n'était pas ouvert à Dieu dès le début. C'est pourquoi le Seigneur, malgré tout son désir, n'aurait pas pu accepter un tel sacrifice : un sacrifice offert non du cœur, mais avec un but personnel.

Autres réflexions

 
Pour Gn 4:1-26
L'homme connut Eve, sa femme; elle conçut et enfanta Caïn et elle dit : J'ai acquis un homme de par Yahvé.
Elle donna aussi le jour à Abel, frère de Caïn. Or Abel devint pasteur de petit bétail et Caïn cultivait le sol.
Le temps passa et il advint que Caïn présenta des produits du sol en offrande à Yahvé,
et qu'Abel, de son côté, offrit des premiers-nés de son troupeau, et même de leur graisse. Or Yahvé agréa Abel et son offrande.
Mais il n'agréa pas Caïn et son offrande, et Caïn en fut très irrité et eut le visage abattu.
Yahvé dit à Caïn : Pourquoi es-tu irrité et pourquoi ton visage est-il abattu ?
Si tu es bien disposé, ne relèveras-tu pas la tête ? Mais si tu n'es pas bien disposé, le péché n'est-il pas à la porte, une bête tapie qui te convoite, pourras-tu la dominer ?
Cependant Caïn dit à son frère Abel : Allons dehors, et, comme ils étaient en pleine campagne, Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua.
Yahvé dit à Caïn : Où est ton frère Abel ? Il répondit : Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère ?
10 Yahvé reprit : Qu'as-tu fait ! Écoute le sang de ton frère crier vers moi du sol !
11 Maintenant, sois maudit et chassé du sol fertile qui a ouvert la bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère.
12 Si tu cultives le sol, il ne te donnera plus son produit : tu seras un errant parcourant la terre.
13 Alors Caïn dit à Yahvé : Ma peine est trop lourde à porter.
14 Vois ! Tu me bannis aujourd'hui du sol fertile, je devrai me cacher loin de ta face et je serai un errant parcourant la terre : mais, le premier venu me tuera !
15 Yahvé lui répondit : Aussi bien, si quelqu'un tue Caïn, on le vengera sept fois et Yahvé mit un signe sur Caïn, afin que le premier venu ne le frappât point.
16 Caïn se retira de la présence de Yahvé et séjourna au pays de Nod, à l'orient d'Éden.
17 Caïn connut sa femme, qui conçut et enfanta Hénok. Il devint un constructeur de ville et il donna à la ville le nom de son fils, Hénok.
18 À Hénok naquit Irad, et Irad engendra Mehuyaèl, et Mehuyaèl engendra Metushaèl, et Metushaèl engendra Lamek.
19 Lamek prit deux femmes: le nom de la première était Ada et le nom de la seconde Çilla.
20 Ada enfanta Yabal: il fut l'ancêtre de ceux qui vivent sous la tente et ont des troupeaux.
21 Le nom de son frère était Yubal: il fut l'ancêtre de tous ceux qui jouent de la lyre et du chalumeau.
22 De son côté, Çilla enfanta Tubal-Caïn: il fut l'ancêtre de tous les forgerons en cuivre et en fer; la sœur de Tubal-Caïn était Naama.
23 Lamek dit à ses femmes : Ada et Çilla, entendez ma voix, femmes de Lamek, écoutez ma parole : J'ai tué un homme pour une blessure, un enfant pour une meurtrissure.
24 C'est que Caïn est vengé sept fois, mais Lamek, septante-sept fois !
25 Adam connut sa femme; elle enfanta un fils et lui donna le nom de Seth, car, dit-elle, Dieu m'a accordé une autre descendance à la place d'Abel, puisque Caïn l'a tué .
26 Un fils naquit à Seth aussi, et il lui donna le nom d'Énosh. Celui-ci fut le premier à invoquer le nom de Yahvé.
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La parabole de Caïn et Abel, de quoi parle-t-elle ? Et est-ce bien une parabole ? Il est pourtant question ici d'un meurtre, le premier après la chute, et c'est par lui que commence l'histoire de l'humanité déchue. En soi, cela n'a rien d'étonnant...  Lire la suite

La parabole de Caïn et Abel, de quoi parle-t-elle ? Et est-ce bien une parabole ? Il est pourtant question ici d'un meurtre, le premier après la chute, et c'est par lui que commence l'histoire de l'humanité déchue. En soi, cela n'a rien d'étonnant : par quoi d'autre une telle histoire aurait-elle pu commencer ? Et dans l'histoire de l'humanité, il y a eu tant de meurtres que le récit de Caïn et Abel peut être considéré comme typique, caractéristique de toute époque, y compris de cette époque de la préhistoire que l'auteur sacré a en vue. Certes, il ne s'agit pas simplement d'un meurtre, mais d'un meurtre par jalousie ; mais cela non plus n'est pas rare : on a tué par jalousie tant de fois et, sans aucun doute, on tuera encore tant de fois, que, du point de vue du motif aussi, l'événement décrit par l'auteur du Pentateuque peut être considéré comme typique. Seulement la jalousie ici n'est pas tout à fait ordinaire : Caïn n'a pas jalousé n'importe quoi, mais la foi d'Abel, plus exactement sa relation de confiance avec Dieu, que Caïn lui-même, à en juger par le récit de l'auteur sacré, n'avait pas.

Une question naturelle se pose : pourquoi ? Qu'est-ce qui a empêché Caïn ? De mauvaises intentions envers son frère ? Elles auraient pu en être la cause, mais elles ne sont apparues qu'au moment où Caïn s'est convaincu que son offrande n'était pas nécessaire à Dieu. Le fait que Caïn était cultivateur et Abel berger ? Du point de vue des représentants de certains mouvements spécifiques à l'intérieur du yahvisme, une telle réponse aurait été tout à fait adéquate, mais l'auteur du Pentateuque leur appartenait à peine, bien qu'il connût sans aucun doute ces mouvements et la manière dont leurs participants regardaient le mode de vie sédentaire et le mode de vie nomade.

Alors quoi ? À une lecture attentive de la parabole, une nuance intéressante saute aux yeux : Caïn sait parfaitement que Dieu n'a pas accepté son offrande. D'où le sait-il ? Nous le savons par le récit de l'auteur sacré, mais comment et d'où Caïn pouvait-il savoir que Dieu avait rejeté son offrande ? Caïn avait manifestement certains moyens de savoir si Dieu avait accepté son offrande ou non. Les historiens des religions connaissent de nombreux moyens utilisés dans l'Antiquité pour déterminer si une offrande était agréable à Dieu ou aux dieux, ou ne l'était pas. Caïn avait la possibilité de savoir ce qui l'intéressait et qui était si important pour lui. Et Abel ? Pas un mot à son sujet. Cela signifie-t-il qu'il ne lui aurait pas été intéressant de savoir si Dieu avait accepté son offrande ? Si l'on suit l'auteur de la parabole, il en résulte que non. Abel offre simplement son sacrifice à Dieu et vit en paix.

Dieu confirme justement que cette position se révèle la plus juste. Il dit à Caïn : si tu fais de bonnes œuvres, relève la tête ; sinon, prends garde, le péché est à la porte, il se porte vers toi, mais toi, domine sur lui. Tout est simple, mais c'est précisément cette simplicité qui ne convient pas à Caïn. Il lui faut des garanties ; il veut comprendre si Dieu a accepté son offrande ou non, afin de savoir ensuite sur quoi il peut compter en échange. Tu me donnes, je te donne : pour le monde déchu, ce sont des relations normales, mais pas avec Dieu. Caïn veut pourtant qu'avec Dieu aussi elles soient ainsi. Il se met en colère contre Dieu lorsqu'il comprend que son offrande n'a pas été acceptée (dans le texte hébreu, c'est bien cela : Caïn se met plutôt en colère qu'il ne s'attriste), baisse la tête et se détourne de Dieu. Une relation avec Lui dans la liberté et l'amour, mais sans garanties, ne convient pas à Caïn.

C'est pour cela qu'il tue Abel : chez celui-là, tout réussit, mais pas comme Caïn l'aurait voulu. Il lui semble que si Abel disparaît, alors pour lui, Caïn, tout réussira. Mais lorsqu'il tue, il apparaît que rien n'a changé, que tout a été en vain ; pourtant Caïn, même après le meurtre, ne veut pas reconnaître l'évidence, cet échec spirituel qui est parfaitement clair pour Dieu.

Ce n'est pas un hasard si ce sont précisément les descendants de Caïn qui construisent une ville et créent la civilisation : c'est ainsi que l'homme déchu cherche à garantir son bien-être et sa sécurité. Avec Dieu, cela n'a pas marché ; eh bien, on peut, en fin de compte, se passer de Lui. Mais c'est une impasse, et ce n'est pas un hasard si la généalogie des descendants de Caïn s'achève sans mener nulle part. Tandis que la lignée commencée par Seth, venu remplacer Abel, conduit à Abraham, au peuple de Dieu.

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Pour Gn 4:1-26
L'homme connut Eve, sa femme; elle conçut et enfanta Caïn et elle dit : J'ai acquis un homme de par Yahvé.
Elle donna aussi le jour à Abel, frère de Caïn. Or Abel devint pasteur de petit bétail et Caïn cultivait le sol.
Le temps passa et il advint que Caïn présenta des produits du sol en offrande à Yahvé,
et qu'Abel, de son côté, offrit des premiers-nés de son troupeau, et même de leur graisse. Or Yahvé agréa Abel et son offrande.
Mais il n'agréa pas Caïn et son offrande, et Caïn en fut très irrité et eut le visage abattu.
Yahvé dit à Caïn : Pourquoi es-tu irrité et pourquoi ton visage est-il abattu ?
Si tu es bien disposé, ne relèveras-tu pas la tête ? Mais si tu n'es pas bien disposé, le péché n'est-il pas à la porte, une bête tapie qui te convoite, pourras-tu la dominer ?
Cependant Caïn dit à son frère Abel : Allons dehors, et, comme ils étaient en pleine campagne, Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua.
Yahvé dit à Caïn : Où est ton frère Abel ? Il répondit : Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère ?
10 Yahvé reprit : Qu'as-tu fait ! Écoute le sang de ton frère crier vers moi du sol !
11 Maintenant, sois maudit et chassé du sol fertile qui a ouvert la bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère.
12 Si tu cultives le sol, il ne te donnera plus son produit : tu seras un errant parcourant la terre.
13 Alors Caïn dit à Yahvé : Ma peine est trop lourde à porter.
14 Vois ! Tu me bannis aujourd'hui du sol fertile, je devrai me cacher loin de ta face et je serai un errant parcourant la terre : mais, le premier venu me tuera !
15 Yahvé lui répondit : Aussi bien, si quelqu'un tue Caïn, on le vengera sept fois et Yahvé mit un signe sur Caïn, afin que le premier venu ne le frappât point.
16 Caïn se retira de la présence de Yahvé et séjourna au pays de Nod, à l'orient d'Éden.
17 Caïn connut sa femme, qui conçut et enfanta Hénok. Il devint un constructeur de ville et il donna à la ville le nom de son fils, Hénok.
18 À Hénok naquit Irad, et Irad engendra Mehuyaèl, et Mehuyaèl engendra Metushaèl, et Metushaèl engendra Lamek.
19 Lamek prit deux femmes: le nom de la première était Ada et le nom de la seconde Çilla.
20 Ada enfanta Yabal: il fut l'ancêtre de ceux qui vivent sous la tente et ont des troupeaux.
21 Le nom de son frère était Yubal: il fut l'ancêtre de tous ceux qui jouent de la lyre et du chalumeau.
22 De son côté, Çilla enfanta Tubal-Caïn: il fut l'ancêtre de tous les forgerons en cuivre et en fer; la sœur de Tubal-Caïn était Naama.
23 Lamek dit à ses femmes : Ada et Çilla, entendez ma voix, femmes de Lamek, écoutez ma parole : J'ai tué un homme pour une blessure, un enfant pour une meurtrissure.
24 C'est que Caïn est vengé sept fois, mais Lamek, septante-sept fois !
25 Adam connut sa femme; elle enfanta un fils et lui donna le nom de Seth, car, dit-elle, Dieu m'a accordé une autre descendance à la place d'Abel, puisque Caïn l'a tué .
26 Un fils naquit à Seth aussi, et il lui donna le nom d'Énosh. Celui-ci fut le premier à invoquer le nom de Yahvé.
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À la lecture de la parabole de Caïn et Abel, une question surgit : pourquoi donc Caïn a-t-il tué son frère ? La première et la plus...  Lire la suite

À la lecture de la parabole de Caïn et Abel, une question surgit : pourquoi donc Caïn a-t-il tué son frère ? La première réponse, la plus naturelle, à cette question est : par jalousie. Bien sûr, cette réponse sera juste à bien des égards, car Caïn pouvait réellement jalouser Abel, qui avait réussi ce que lui-même n’avait pas réussi : offrir un sacrifice agréable à Dieu. Il est à peine nécessaire de démontrer que la jalousie, dans l’histoire de l’humanité, a plus d’une fois conduit au fratricide, et il n’y a rien d’étonnant à ce que l’histoire de l’humanité déchue commence précisément ainsi. Et pourtant, ce n’est pas encore toute la réponse. Car la jalousie est née ici non sur un terrain domestique, mais sur un terrain religieux ; la question était de savoir quel sacrifice était le plus agréable à Dieu ou, pour parler le langage d’aujourd’hui, quelle foi était la plus correcte. Et alors se pose la question suivante : pourquoi le sacrifice de Caïn s’est-il révélé inutile à Dieu ? Certes, Caïn est cultivateur et, contrairement au berger Abel, il apporte à Dieu non des veaux ni des agneaux, mais les fruits de la terre ; mais il serait difficile de croire que Dieu n’ait pas accepté ses dons pour cette seule raison, car, en fin de compte, chacun sacrifie ce qu’il possède, et la Bible n’interdit nullement d’offrir à Dieu les fruits du travail agricole. Il s’agit vraisemblablement d’autre chose, et ici le texte même de la parabole peut nous aider : il ne dit presque rien d’Abel, mais raconte beaucoup et en détail au sujet de Caïn. Or le thème principal du récit devient précisément l’histoire de la manière dont Caïn apprend que son sacrifice n’est pas accepté et de la façon dont il réagit à ce fait. Comment Caïn apprend-il donc que son sacrifice est rejeté ? Le texte de la parabole n’en dit rien. Un historien des religions dirait que les anciens avaient beaucoup de moyens de déterminer si leur sacrifice était accepté ou non. Mais ce n’est pas cela qui importe. Ce qui importe, c’est le fait même que Caïn avait des moyens de le déterminer et que, par conséquent, il existait déjà une certaine religion, car de telles connaissances supposent l’existence d’un système religieux. Si tel est le cas, Caïn était évidemment religieux, ce qu’on ne peut pas dire d’Abel, qui apporte simplement son sacrifice sans se tourmenter de savoir s’il est accepté par Dieu ou non. À première vue, il n’y a rien de mauvais dans le désir de savoir si Dieu accepte ton sacrifice. Mais beaucoup dépend ici des buts et des intentions de l’homme. Caïn, par exemple, ayant appris que son sacrifice n’est pas accepté, se détourne de Dieu avec colère, ne voulant même pas regarder le ciel (v.5 ; le mot hébreu correspondant signifie plutôt non pas « il fut attristé », mais « il fut vexé et irrité »). Il comptait évidemment sur une certaine réponse que supposait sa religion, mais la réponse attendue ne vint pas. Bien sûr, Dieu n’abandonne pas Caïn ; il lui explique ce qu’il faut faire pour avoir avec lui des relations normales et pleines (v.6–7). Mais dans ces relations, il n’y a pas de place pour la religiosité ; elles sont extrêmement simples, et à leur base se trouvent seulement le juste choix entre le bien et le mal et la constance dans l’accomplissement de la décision prise. La religion a ceci de bon qu’elle donne des garanties ; mais dans les relations dont Dieu parle à Caïn, il n’est question d’aucune garantie : il y a seulement la relation avec Dieu, et rien d’autre. Or il est très difficile à l’homme déchu de se séparer de cette bouée de sauvetage qu’il croit pouvoir trouver dans la religion : car les relations avec Dieu sont imprévisibles, tandis que l’homme déchu cherche précisément la prévisibilité, qui devient pour lui le symbole de la sécurité. Alors il faut choisir entre Dieu et la religion. Caïn choisit la religion, et alors Abel devient la menace la plus terrible pour son bien-être religieux : car lui a réellement des relations normales avec Dieu, et il se passe de toute religion. Pour la conscience religieuse, c’est une catastrophe, car si une telle chose est possible ne serait-ce que pour un seul homme sur la terre, cela signifie la fin de la religiosité, qui cesse d’être la valeur suprême et absolue. Il ne reste alors qu’une chose : se débarrasser d’Abel, supprimer la menace. Ainsi le choix spirituel détermine le choix moral, justifiant l’un des péchés les plus terribles : le fratricide.

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Pour Gn 4:1-26
L'homme connut Eve, sa femme; elle conçut et enfanta Caïn et elle dit : J'ai acquis un homme de par Yahvé.
Elle donna aussi le jour à Abel, frère de Caïn. Or Abel devint pasteur de petit bétail et Caïn cultivait le sol.
Le temps passa et il advint que Caïn présenta des produits du sol en offrande à Yahvé,
et qu'Abel, de son côté, offrit des premiers-nés de son troupeau, et même de leur graisse. Or Yahvé agréa Abel et son offrande.
Mais il n'agréa pas Caïn et son offrande, et Caïn en fut très irrité et eut le visage abattu.
Yahvé dit à Caïn : Pourquoi es-tu irrité et pourquoi ton visage est-il abattu ?
Si tu es bien disposé, ne relèveras-tu pas la tête ? Mais si tu n'es pas bien disposé, le péché n'est-il pas à la porte, une bête tapie qui te convoite, pourras-tu la dominer ?
Cependant Caïn dit à son frère Abel : Allons dehors, et, comme ils étaient en pleine campagne, Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua.
Yahvé dit à Caïn : Où est ton frère Abel ? Il répondit : Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère ?
10 Yahvé reprit : Qu'as-tu fait ! Écoute le sang de ton frère crier vers moi du sol !
11 Maintenant, sois maudit et chassé du sol fertile qui a ouvert la bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère.
12 Si tu cultives le sol, il ne te donnera plus son produit : tu seras un errant parcourant la terre.
13 Alors Caïn dit à Yahvé : Ma peine est trop lourde à porter.
14 Vois ! Tu me bannis aujourd'hui du sol fertile, je devrai me cacher loin de ta face et je serai un errant parcourant la terre : mais, le premier venu me tuera !
15 Yahvé lui répondit : Aussi bien, si quelqu'un tue Caïn, on le vengera sept fois et Yahvé mit un signe sur Caïn, afin que le premier venu ne le frappât point.
16 Caïn se retira de la présence de Yahvé et séjourna au pays de Nod, à l'orient d'Éden.
17 Caïn connut sa femme, qui conçut et enfanta Hénok. Il devint un constructeur de ville et il donna à la ville le nom de son fils, Hénok.
18 À Hénok naquit Irad, et Irad engendra Mehuyaèl, et Mehuyaèl engendra Metushaèl, et Metushaèl engendra Lamek.
19 Lamek prit deux femmes: le nom de la première était Ada et le nom de la seconde Çilla.
20 Ada enfanta Yabal: il fut l'ancêtre de ceux qui vivent sous la tente et ont des troupeaux.
21 Le nom de son frère était Yubal: il fut l'ancêtre de tous ceux qui jouent de la lyre et du chalumeau.
22 De son côté, Çilla enfanta Tubal-Caïn: il fut l'ancêtre de tous les forgerons en cuivre et en fer; la sœur de Tubal-Caïn était Naama.
23 Lamek dit à ses femmes : Ada et Çilla, entendez ma voix, femmes de Lamek, écoutez ma parole : J'ai tué un homme pour une blessure, un enfant pour une meurtrissure.
24 C'est que Caïn est vengé sept fois, mais Lamek, septante-sept fois !
25 Adam connut sa femme; elle enfanta un fils et lui donna le nom de Seth, car, dit-elle, Dieu m'a accordé une autre descendance à la place d'Abel, puisque Caïn l'a tué .
26 Un fils naquit à Seth aussi, et il lui donna le nom d'Énosh. Celui-ci fut le premier à invoquer le nom de Yahvé.
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La séparation d’avec Dieu et l’aliénation d’avec les hommes — ces deux motifs sont étroitement mêlés dans la vie et dans ce récit...  Lire la suite

La séparation d’avec Dieu et l’aliénation d’avec les hommes — ces deux motifs sont étroitement mêlés dans la vie comme dans ce récit. L’impiété entraîne non seulement la mort, comme limite de la vie, mais la mort de la vie elle-même: la solitude absolue, ultime. Le symbole le plus fort de la solitude est le meurtre, et le plus terrible des meurtres est le fratricide. Caïn reste non seulement sans Dieu, mais aussi sans frère, seul sur cette terre terrible et indifférente: plus aucun homme ne s’approchera de lui, même pour le tuer. Il est très important de comprendre que Caïn n’est pas simplement un personnage négatif d’un récit édifiant; il est le triste symbole de tout homme pour qui la solitude et l’aliénation d’avec les autres sont devenues le reflet d’un vide intérieur, que seul Dieu peut combler.

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Pour Gn 4:7
Si tu es bien disposé, ne relèveras-tu pas la tête ? Mais si tu n'es pas bien disposé, le péché n'est-il pas à la porte, une bête tapie qui te convoite, pourras-tu la dominer ?
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Avant la venue du Christ dans le monde, personne n'avait jamais parlé du péché originel. Mais cela ne signifie pas qu'on n'en savait rien. C'est autre chose de dire que cette détérioration fondamentale, cette corruption de la nature humaine qui devenait la source des péchés concrets, n'était pas perçue en elle-même comme un péché. En effet, comment...  Lire la suite

Avant la venue du Christ dans le monde, personne n'avait jamais parlé du péché originel. Mais cela ne signifie pas qu'on n'en savait rien. C'est autre chose de dire que cette détérioration fondamentale, cette corruption de la nature humaine qui devenait la source des péchés concrets, n'était pas perçue en elle-même comme un péché. En effet, comment accuser quelqu'un d'être né tel qu'il est né? Personne n'est coupable de ses maladies héréditaires, même si ces maladies sont devenues la conséquence du péché de ses parents.

Mais ce dont l'homme a été tenu responsable en tout temps, ce sont ses actes concrets. Bien sûr, à l'époque que décrit l'auteur sacré, il n'était encore question ni de Torah ni de commandements; ils étaient encore à venir, car l'action, selon la logique de l'auteur du Livre de la Genèse, se déroule à l'aube même de l'histoire, déjà déchue, de l'humanité. Et pourtant Dieu s'adresse à l'homme en l'appelant à faire de bonnes actions et à regarder Dieu dans les yeux avec sérénité. Il restait donc, semble-t-il, même après la chute, dans le coeur de l'homme, cette «Torah naturelle», cette loi dont Paul dit qu'elle est écrite dans le coeur des païens. Et ici, ce n'est pas encore le paganisme à proprement parler: on se souvient encore de l'Unique, Il n'est pas encore tout à fait oublié.

Et Dieu appelle Caïn à cette simplicité qui délivre de toutes les peurs et de toutes les perplexités intérieures, de toutes les questions au sujet du sacrifice agréé et de celui qui ne l'est pas. Si tu fais de bonnes actions, relève la tête et regarde hardiment vers le ciel. Sinon, le péché lui-même s'attachera à toi, car celui qui ne fait rien de bon glissera tôt ou tard dans le marécage du péché, qui, pour l'homme déchu, est toujours une menace directe et immédiate. Ainsi Dieu indique à Caïn le seul chemin spirituel possible pour lui, comme pour tout autre. Un chemin qui aurait pu le délivrer du fratricide.

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Pour Gn 4:7
Si tu es bien disposé, ne relèveras-tu pas la tête ? Mais si tu n'es pas bien disposé, le péché n'est-il pas à la porte, une bête tapie qui te convoite, pourras-tu la dominer ?
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Avant l'arrivée au monde du Christ personne n’avait jamais parlé du péché originel. Mais cela ne signifie pas qu’on ne connaissait rien de cela. Une autre chose est que ce dommage fondamental, la perversité de la nature humaine, qui devenait la source des péchés...  Lire la suite

Avant l'arrivée au monde du Christ personne n’avait jamais parlé du péché originel. Mais cela ne signifie pas qu’on ne connaissait rien de cela. Une autre chose est que ce dommage fondamental, la perversité de la nature humaine, qui devenait la source des péchés concrets, n’était pas perçu en soi-même comme péché.

En effet, comment peut-on accuser quelqu’un du fait qu’il soit né tel qu’il est né? Personne n'est coupable de ses maladies héréditaires, même si ces maladies étaient la conséquence du péché de leurs parents. Mais voici pourquoi l’homme est considéré responsable à toutes les époques, ainsi c’est pour ses actes concrets. Certes, à cette époque, que décrit l’auteur, on ne pouvait encore parler ni de la Torah, ni d’aucun commandement, ils étaient encore en avant, puisque la scène selon la logique de l'auteur du Livre de Genèse, se passe à l'aube de l'histoire, d'ailleurs, de l'humanité déjà déchue. Mais Dieu S’adresse tout de même à l’homme avec l’appel de faire de bonnes oeuvres et de regarder tranquillement dans les yeux de Dieu.

Il restait quand même, probablement dans le coeur de l’homme, même après la chute, cette «Torah naturelle», cette loi, que Paul dit être écrite dans le coeur des païens. Mais en effet, ce n’est pas le paganisme proprement dit, on se rappelle encore ici de l’Unique, Il n'est pas encore tout à fait oublié. Et Dieu appelle Caïn à cette simplicité, qui délivre de toutes les craintes et malentendus internes, de toutes les questions au sujet du sacrifice accepté et non accepté.

Si tu commets de bonnes oeuvres, lève la tête et regarde courageusement le ciel. Sinon le péché lui-même viendra chez toi, puisque celui qui ne fait rien de bien, tôt ou tard glissera obligatoirement au marais du péché, qui pour l’homme déchu est toujours une menace directe et immédiate. Ainsi Dieu montre à Caïn l’unique possible chemin spirituel pour lui, tout comme pour toute autre personne. Le chemin, qui aurait pu le délivrer du fratricide.

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Pour Gn 4:8-15
Cependant Caïn dit à son frère Abel : Allons dehors, et, comme ils étaient en pleine campagne, Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua.
Yahvé dit à Caïn : Où est ton frère Abel ? Il répondit : Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère ?
10 Yahvé reprit : Qu'as-tu fait ! Écoute le sang de ton frère crier vers moi du sol !
11 Maintenant, sois maudit et chassé du sol fertile qui a ouvert la bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère.
12 Si tu cultives le sol, il ne te donnera plus son produit : tu seras un errant parcourant la terre.
13 Alors Caïn dit à Yahvé : Ma peine est trop lourde à porter.
14 Vois ! Tu me bannis aujourd'hui du sol fertile, je devrai me cacher loin de ta face et je serai un errant parcourant la terre : mais, le premier venu me tuera !
15 Yahvé lui répondit : Aussi bien, si quelqu'un tue Caïn, on le vengera sept fois et Yahvé mit un signe sur Caïn, afin que le premier venu ne le frappât point.
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La réaction de Caïn à cette décision, que l'on peut considérer comme un jugement à son égard, est assez curieuse. Même confondu par Dieu pour...  Lire la suite

La réaction de Caïn à cette décision, que l'on peut considérer comme un jugement à son égard, est assez curieuse. Même confondu par Dieu pour le terrible péché de fratricide, il ne regrette rien et ne se repent de rien. La seule chose qui inquiète Caïn est la peur que maintenant, devenu exilé, quiconque le voudra puisse le tuer: car l'exilé et le vagabond se trouvait souvent sans défense devant le premier venu.

Apparemment, nous avons ici devant nous le comportement typique du pécheur qui ne considère pas son péché comme un péché. Il ne demande pas pardon à Dieu, sans doute parce qu'il tient Son verdict pour injuste par définition. De même, apparemment, il se considère lui-même comme innocent de tout. Ce qui l'inquiète donc n'est pas le péché lui-même, qui pour lui n'est pas un péché, mais les conséquences du péché, qui s'abattent sur lui indépendamment de son rapport au péché lui-même.

Et c'est toute l'histoire de l'humanité déchue: elle est traversée non par la conscience du péché et le repentir, mais par la lutte contre les conséquences du péché, le sien comme celui d'autrui. N'est-ce pas pour cela que l'humanité se révèle incapable de trouver cette harmonie avec le monde et avec elle-même que tant de gens ont cherchée et cherchent encore, longtemps et sans succès?

Or la solution du problème est bien plus proche qu'il ne peut sembler. Mais pour la trouver, il faut se décider au repentir. Cela signifie changer le paradigme spirituel et mental de l'histoire de toute l'humanité. Et, à en juger par la marche des choses, pour beaucoup d'entre nous, le faire n'est pas plus simple que pour Caïn de reconnaître sa responsabilité dans le péché qu'il avait commis.

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Pour Gn 4:9-10
Yahvé dit à Caïn : Où est ton frère Abel ? Il répondit : Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère ?
10 Yahvé reprit : Qu'as-tu fait ! Écoute le sang de ton frère crier vers moi du sol !
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Il nous est donné dans ces mots que nous lisons aujourd’hui une évidente et simple vérité: il ne faut pas tuer. Tout l'univers s'écroule du fait que nous portons atteinte à la vie des autres gens...  Lire la suite

Il nous est donné dans ces mots que nous lisons aujourd’hui une évidente et simple vérité: il ne faut pas tuer. Tout l'univers s'écroule du fait que nous portons atteinte à la vie des autres gens, la vie, que Dieu leur a offert. En effet, en tuant Abel, Caïn s'oppose à Dieu qui a voulu qu’Abel vive. Tout le reste : l'astuce de Caïn et son refus de prendre la responsabilité, - recule au deuxième plan. Les raisons qui ont incité Caïn à tuer son frère ne sont presque pas en général examinées dans les Saintes Ecritures. Peu importe, combien ces raisons sont sérieuses. Il est important qu’il ne faille pas tuer. Mais les gens ne sont pas dans l'état d'entendre cela jusqu'à présent.

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Pour Gn 4:9-10
Yahvé dit à Caïn : Où est ton frère Abel ? Il répondit : Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère ?
10 Yahvé reprit : Qu'as-tu fait ! Écoute le sang de ton frère crier vers moi du sol !
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Aujourd’hui, ces paroles nous donnent une vérité simple et évidente : il ne faut pas tuer. Tout l’univers s’effondre lorsque nous portons atteinte à la vie d’autrui...  Lire la suite

Aujourd’hui, ces paroles nous donnent une vérité simple et évidente : il ne faut pas tuer. Tout l’univers s’effondre lorsque nous portons atteinte à la vie d’autrui, cette vie que Dieu lui a donnée. En tuant Abel, Caïn s’oppose à Dieu, qui voulait qu’Abel vive. Tout le reste—la ruse de Caïn et son refus d’assumer sa responsabilité—passe au second plan. Les raisons qui ont poussé Caïn à tuer son frère ne sont presque pas abordées dans l’Écriture. Peu importe leur gravité. Ce qui importe, c’est qu’il ne faut pas tuer. Pourtant les hommes sont encore incapables de l’entendre.

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Pour Gn 4:16-26
16 Caïn se retira de la présence de Yahvé et séjourna au pays de Nod, à l'orient d'Éden.
17 Caïn connut sa femme, qui conçut et enfanta Hénok. Il devint un constructeur de ville et il donna à la ville le nom de son fils, Hénok.
18 À Hénok naquit Irad, et Irad engendra Mehuyaèl, et Mehuyaèl engendra Metushaèl, et Metushaèl engendra Lamek.
19 Lamek prit deux femmes: le nom de la première était Ada et le nom de la seconde Çilla.
20 Ada enfanta Yabal: il fut l'ancêtre de ceux qui vivent sous la tente et ont des troupeaux.
21 Le nom de son frère était Yubal: il fut l'ancêtre de tous ceux qui jouent de la lyre et du chalumeau.
22 De son côté, Çilla enfanta Tubal-Caïn: il fut l'ancêtre de tous les forgerons en cuivre et en fer; la sœur de Tubal-Caïn était Naama.
23 Lamek dit à ses femmes : Ada et Çilla, entendez ma voix, femmes de Lamek, écoutez ma parole : J'ai tué un homme pour une blessure, un enfant pour une meurtrissure.
24 C'est que Caïn est vengé sept fois, mais Lamek, septante-sept fois !
25 Adam connut sa femme; elle enfanta un fils et lui donna le nom de Seth, car, dit-elle, Dieu m'a accordé une autre descendance à la place d'Abel, puisque Caïn l'a tué .
26 Un fils naquit à Seth aussi, et il lui donna le nom d'Énosh. Celui-ci fut le premier à invoquer le nom de Yahvé.
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Le fait qu'une civilisation entière se construise sur la lignée de Caïn montre que le genre humain est empoisonné dès l'origine. L'auteur sacré montre comment prend de la vitesse...  Lire la suite

Le fait qu'une civilisation entière se construise sur la lignée de Caïn montre que le genre humain est empoisonné dès l'origine. L'auteur sacré montre comment prend de la vitesse la terrible machine du mal. Les paroles: «si Caïn est vengé sept fois, Lamek le sera soixante-dix-sept fois» signifient précisément cela. Et les paroles de Lamek, «j'ai tué un homme pour ma blessure», signifient que le meurtre a été commis en vengeance d'un mal quelconque qui lui avait été fait, à lui, Lamek. Mais en réalité, n'est-ce pas ce que nous voyons tout au long de l'histoire humaine? Dès que l'homme reçoit entre ses mains une nouvelle avancée technique, les forces du mal s'en emparent bientôt. Ce processus se décrit le mieux par l'expression «course aux armements», qui a retenti au terrible XXe siècle: voilà une telle course aux armements tout au long de l'histoire humaine.

Mais pour Abel, Seth fut donné: pour le mauvais Caïn, la vengeance, le mal, de nouvelles morts; pour le bon Abel, une nouvelle naissance, un homme nouveau. Ce fait sert de réponse aux jugements superficiels selon lesquels l'Ancien Testament autoriserait prétendument, voire célébrerait, la vengeance: s'il en était ainsi, la vengeance pour Abel aurait été célébrée; or non, pour Abel c'est la naissance de Seth qui est célébrée.

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Pour Gn 4:16-26
16 Caïn se retira de la présence de Yahvé et séjourna au pays de Nod, à l'orient d'Éden.
17 Caïn connut sa femme, qui conçut et enfanta Hénok. Il devint un constructeur de ville et il donna à la ville le nom de son fils, Hénok.
18 À Hénok naquit Irad, et Irad engendra Mehuyaèl, et Mehuyaèl engendra Metushaèl, et Metushaèl engendra Lamek.
19 Lamek prit deux femmes: le nom de la première était Ada et le nom de la seconde Çilla.
20 Ada enfanta Yabal: il fut l'ancêtre de ceux qui vivent sous la tente et ont des troupeaux.
21 Le nom de son frère était Yubal: il fut l'ancêtre de tous ceux qui jouent de la lyre et du chalumeau.
22 De son côté, Çilla enfanta Tubal-Caïn: il fut l'ancêtre de tous les forgerons en cuivre et en fer; la sœur de Tubal-Caïn était Naama.
23 Lamek dit à ses femmes : Ada et Çilla, entendez ma voix, femmes de Lamek, écoutez ma parole : J'ai tué un homme pour une blessure, un enfant pour une meurtrissure.
24 C'est que Caïn est vengé sept fois, mais Lamek, septante-sept fois !
25 Adam connut sa femme; elle enfanta un fils et lui donna le nom de Seth, car, dit-elle, Dieu m'a accordé une autre descendance à la place d'Abel, puisque Caïn l'a tué .
26 Un fils naquit à Seth aussi, et il lui donna le nom d'Énosh. Celui-ci fut le premier à invoquer le nom de Yahvé.
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L’occupation principale des descendants de Caïn devient la création d’une civilisation : ils construisent des villes, développent les métiers, le commerce, l’art. Faut-il donc, pour créer une civilisation, commencer nécessairement par commettre un fratricide ? Une civilisation ne peut-elle être bâtie que...  Lire la suite

L’occupation principale des descendants de Caïn devient la création d’une civilisation : ils construisent des villes, développent les métiers, le commerce, l’art. Faut-il donc, pour créer une civilisation, commencer nécessairement par commettre un fratricide ? Une civilisation ne peut-elle être bâtie que sur le sang, et exige-t-elle elle-même du sang ?

Sans doute n’en est-il tout de même pas tout à fait ainsi. Peut-être la question est-elle de savoir pour quoi l’on crée une civilisation. La réponse paraît évidente : pour rendre la vie plus confortable et plus sûre. À première vue, les villes, le développement de l’artisanat et l’apparition de l’art servent précisément ces buts. S’il n’y avait ce petit épisode avec Lamek, qui se vante d’avoir vengé le tort qu’on lui avait fait de telle manière que plus personne, jamais, n’oserait songer à rien de semblable. Et c’est là que se laisse entrevoir l’envers de la civilisation, un envers imprégné de sang.

On pourrait dire que Lamek n’a pas commencé le premier. Il n’a fait que porter des coups en retour. Mais il les portait de toute sa force, sans retenue, non pour se défendre, mais pour tuer, pour anéantir l’ennemi, l’anéantir en exemple pour quiconque oserait l’attaquer. Ici, il ne s’agit plus de légitime défense, mais de vengeance, vengeance non seulement pour lui-même, mais aussi pour Caïn, qui avait dû s’humilier et demander protection à Dieu, ce qui, pour quelqu’un qui, comme Caïn, considère Dieu comme un ennemi et un juge impitoyable, ne pouvait qu’être humiliant.

L’affirmation de soi fondée sur la force et la vengeance : voilà le fondement spirituel de la civilisation déchue. Il n’est pas étonnant que son histoire commence par un fratricide. Il n’est pas difficile de deviner quelle peut être sa fin.

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