1 " Je suis la vigne véritable et mon Père est le vigneron. |
2 Tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il l'enlève, et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, pour qu'il porte encore plus de fruit. |
3 Déjà vous êtes purs grâce à la parole que je vous ai fait entendre. |
4 Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut de lui-même porter du fruit s'il ne demeure pas sur la vigne, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. |
5 Je suis la vigne; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit; car hors de moi vous ne pouvez rien faire. |
6 Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il se dessèche; on les ramasse et on les jette au feu et ils brûlent. |
7 Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et vous l'aurez. |
8 C'est la gloire de mon Père que vous portiez beaucoup de fruit et deveniez mes disciples. |
Avant d’aller à la mort, Jésus adresse à Ses disciples les paroles les plus importantes. Il leur révèle l’essence même de ce que signifie être Son disciple. Chacun de nous est appelé à être un sarment sur la vigne, donc à être directement uni au Christ et nourri de la sève vivifiante, comme cela se produit dans une plante. Si l’on coupe une fleur de sa tige, si belle soit-elle, elle se flétrira inévitablement. De même, celui qui perd son lien avec Dieu perd la vie et devient incapable de porter du fruit.
L’Évangile indique à maintes reprises que ce lien avec le Seigneur se réalise par Sa Parole. Ici, Jésus S’adresse une fois encore aux apôtres et à nous tous, disant que « les paroles qui demeureront en vous » sont une condition nécessaire pour que le fruit apparaisse et que le sarment entier reste vivant. Et si cette condition est remplie, même ce qui paraît le plus incroyable devient possible ; alors, « demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé ».
1 " Je suis la vigne véritable et mon Père est le vigneron. |
2 Tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il l'enlève, et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, pour qu'il porte encore plus de fruit. |
3 Déjà vous êtes purs grâce à la parole que je vous ai fait entendre. |
4 Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut de lui-même porter du fruit s'il ne demeure pas sur la vigne, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. |
5 Je suis la vigne; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit; car hors de moi vous ne pouvez rien faire. |
6 Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il se dessèche; on les ramasse et on les jette au feu et ils brûlent. |
7 Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et vous l'aurez. |
8 C'est la gloire de mon Père que vous portiez beaucoup de fruit et deveniez mes disciples. |
Tout sarment qui porte du fruit, le Père le purifie afin qu’il porte encore plus de fruit. Jésus dit que les disciples sont déjà purifiés par la parole qu’Il a annoncée, et que maintenant la tâche est de demeurer en Lui.
Quelque chose en nous tend sans cesse vers l’indépendance, et c’est sans doute normal, car Dieu nous a créés libres. Mais lorsque nous commençons à chercher la liberté loin de Lui, tôt ou tard nous l’obtenons, et alors il apparaît que sans la Vigne vivante nous mourons, nous nous desséchons.
Cependant, le plus souvent, nous existons comme une branche fendue, qui semble encore unie à la vigne et se nourrir d’elle, mais cette union est fragile et la sève manque. De notre choix dépendra qu’elle se rompe définitivement ou qu’elle soit de nouveau greffée à la vigne.
1 " Je suis la vigne véritable et mon Père est le vigneron. |
2 Tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il l'enlève, et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, pour qu'il porte encore plus de fruit. |
3 Déjà vous êtes purs grâce à la parole que je vous ai fait entendre. |
4 Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut de lui-même porter du fruit s'il ne demeure pas sur la vigne, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. |
5 Je suis la vigne; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit; car hors de moi vous ne pouvez rien faire. |
6 Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il se dessèche; on les ramasse et on les jette au feu et ils brûlent. |
7 Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et vous l'aurez. |
8 C'est la gloire de mon Père que vous portiez beaucoup de fruit et deveniez mes disciples. |
Nous sommes appelés à demeurer sur la vigne parce que, séparés d'elle, les sarments sont coupés de la source de la vie et se dessèchent rapidement. Ils sont libres de se détacher, mais ils n'en tireront aucun profit. Aucun des sarments greffés sur cette vigne ne peut demeurer stérile. Si le Jardinier nous appelle à porter du fruit, c'est précisément parce qu'il purifie sans cesse les sarments et les rend capables d'en porter, chacun selon sa mesure; il ne faut pas être troublé si cette mesure diffère pour chacun. Mais si nous refusons de porter du fruit et voulons nous installer confortablement sur la vigne sans faire d'effort, nous nous en détacherons. Nous sommes avertis que, dans ce cas, nous serons jetés dehors et nous dessécherons. D'ailleurs, nous commencerons à nous dessécher avant même la séparation visible de la vigne, car le sarment qui ne s'est pas encore entièrement rompu, mais qui se sépare intérieurement de la vigne, se prive déjà de la sève qui donne la vie.
Ce n'est pas un hasard si les sarments tombés de la vigne sont pris comme symbole de stérilité spirituelle. Une fois coupés, ils ne peuvent servir à fabriquer des objets, par exemple des paniers ou des clôtures, car ils sont trop fragiles lorsqu'ils sont secs. Même comme combustible, ils sont inférieurs aux autres branches: ils brûlent vite et donnent peu de chaleur...
1 " Je suis la vigne véritable et mon Père est le vigneron. |
2 Tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il l'enlève, et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, pour qu'il porte encore plus de fruit. |
3 Déjà vous êtes purs grâce à la parole que je vous ai fait entendre. |
4 Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut de lui-même porter du fruit s'il ne demeure pas sur la vigne, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. |
5 Je suis la vigne; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit; car hors de moi vous ne pouvez rien faire. |
6 Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il se dessèche; on les ramasse et on les jette au feu et ils brûlent. |
7 Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et vous l'aurez. |
8 C'est la gloire de mon Père que vous portiez beaucoup de fruit et deveniez mes disciples. |
La lecture d’aujourd’hui nous permet de voir le fondement de ce que l’on appelle proprement le christianisme. Jésus dit à Ses disciples : Je suis la vigne, et Mon Père est le vigneron (v. 1). L’image de la vigne était déjà, chez les anciens prophètes, le symbole du Royaume messianique. Et Jésus, en Se nommant vigne, témoigne de Lui-même comme de l’axe spirituel de ce Royaume. Il ne s’agit pas d’une nouvelle religion du Royaume fondée par Jésus. La vigne n’est pas un enseignement ni une religion, mais Jésus Lui-même. C’est Lui qui a apporté le Royaume dans le monde, et s’il peut exister, ce n’est que parce qu’Il en restera désormais le centre et le soutien. Jésus porte en Lui la plénitude de Dieu, et donc la plénitude du Royaume, inséparable de Sa Personne. Pour parler le langage philosophique, c’est une unité ontologique, qui ne peut être détruite. Et le Père est réellement le vigneron, car c’est précisément Sa force qui vivifie le Royaume, et Jésus manifeste au monde Sa plénitude (Jn 14:8–11).
Le christianisme est donc la vie dans le Royaume, une vie inséparable de la vie de Jésus Lui-même, qui compare Ses disciples aux sarments de la vigne (v. 4–5). Voilà proprement le christianisme au sens évangélique du mot : vivre d’une seule vie avec le Christ dans Son Royaume. Comme on le voit, on ne peut parler de christianisme que lorsque la vie des disciples du Christ est aussi inséparable de la vie du Sauveur que la vie du Sauveur Lui-même est inséparable de la vie du Père. L’unité du Royaume n’est pas définie par une communauté d’enseignement, de religion ou de morale, mais par une communauté de vie.
Et la vie dépend de la sincérité et de la confiance dans les relations entre Jésus et ceux qui cherchent le Royaume ; c’est pourquoi, manifestement, est nécessaire à ceux qui y entrent cette purification par la parole dont Jésus parle lorsqu’Il raconte à Ses disciples le Royaume (v. 3). Être chrétien signifie proprement vivre de la vie du Royaume, et tous les autres éléments de la tradition chrétienne ne sont nécessaires que pour la « purification par la parole » ; ils ne sont qu’un moyen nécessaire pour que les paroles de Jésus, prononcées une fois, résonnent encore et encore, devenant un repère pour les nouvelles générations qui cherchent le Royaume.
Aucun autre christianisme ne peut exister par définition : Jésus Lui-même indique de manière parfaitement univoque qu’Il est l’unique fondement du Royaume, et donc de l’Église. Toute alternative est, pour parler le langage du Sauveur, l’alternative du « sarment desséché », voué à la perte (v. 4–6).
Et ce n’est pas étonnant : dans le monde non transfiguré, qui gît dans le mal, il n’y a rien qui puisse donner la vie à l’homme qui cherche le Royaume. Le monde est vaste, mais la Source de la vie n’y est qu’une. L’accepter ou la rejeter, chacun en décide lui-même.
1 " Je suis la vigne véritable et mon Père est le vigneron. |
2 Tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il l'enlève, et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, pour qu'il porte encore plus de fruit. |
3 Déjà vous êtes purs grâce à la parole que je vous ai fait entendre. |
4 Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut de lui-même porter du fruit s'il ne demeure pas sur la vigne, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. |
5 Je suis la vigne; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit; car hors de moi vous ne pouvez rien faire. |
6 Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il se dessèche; on les ramasse et on les jette au feu et ils brûlent. |
7 Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et vous l'aurez. |
8 C'est la gloire de mon Père que vous portiez beaucoup de fruit et deveniez mes disciples. |
En parlant de la parole par laquelle Il a purifié Ses disciples, Jésus témoigne de nouveau de Lui-même comme de la Torah vivante. C'est précisément des paroles de la Torah que l'on disait alors qu'elles purifiaient l'homme. Il ne s'agissait certes pas d'apprendre par cœur le texte du Pentateuque et de le répéter dans l'espoir que cette répétition même délivrerait celui qui répète de tous ses péchés. Même si, à cette époque, il y avait parmi les Juifs beaucoup de gens qui connaissaient réellement le Pentateuque par cœur, comme d'ailleurs aujourd'hui.
Mais il ne s'agissait pas d'apprendre le Pentateuque par cœur ; il s'agissait de laisser le commandement de Dieu changer sa vie. D'abord intérieure, puis extérieure. On ne regardait pas le commandement simplement comme une norme juridique ou même morale, mais comme une révélation directe de la volonté de Dieu. Comme l'intention de Dieu adressée à l'homme. Il fallait l'accueillir comme telle et bâtir sa propre vie en conformité avec elle. Accorder ses intentions humaines avec celles de Dieu. C'est ce qu'on appelait alors la Torah intérieure. Celle-là même qui purifiait l'homme. Parce qu'elle devenait réellement la parole vivante de Dieu, capable de purifier. Or Jésus parle de la force purificatrice de Ses paroles. Il affirme ainsi que chacune de Ses paroles est parole de Dieu. Mais la purification par la parole ne suffit pas. Il faut encore garder l'unité essentielle avec le Christ, sinon une vie plénière dans le Royaume est impossible. Essentielle signifie : vivre avec Lui d'une seule et même vie.
Comme les sarments sur la vigne : une vie normale n'est possible pour eux que tant qu'ils demeurent unis à cette vigne même. Cependant, une simple participation ne suffit pas : il faut encore que la même vie se poursuive dans le sarment lui-même. Les sarments secs, comme les branches sèches des arbres, ne servent à rien ; ils ne sont qu'un fardeau pour l'arbre ou pour la vigne. Il ne suffit pas d'être près de Jésus et de prendre part à Sa vie, il ne suffit pas d'éprouver le souffle du Royaume comme une réalité ; il faut encore devenir soi-même le réceptacle et le porteur de cette vie et de ce souffle.
Certes, le souffle du Royaume qui enveloppe l'homme le change, et la rencontre avec le Christ ne passe pas sans laisser de trace ; mais si, après tout cela, l'homme ne change pas intérieurement, ne devient pas lui-même, selon la parole de Paul, « temple du Saint-Esprit », lieu où l'Esprit demeure, on peut dire que toutes les rencontres ont été vaines et que toute l'expérience s'est perdue inutilement. C'est pour cela que le chrétien a besoin de la Torah intérieure, afin que ce qui a été reçu dans les rencontres avec le Christ et dans l'expérience du Royaume ne s'écoule pas de son âme comme l'eau à travers un tamis. C'est seulement dans cette double unité de la Loi, la Torah intérieure, et de la grâce que la vie du Royaume est possible, non pas épisodique et fortuite, mais plénière.
1 " Je suis la vigne véritable et mon Père est le vigneron. |
2 Tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il l'enlève, et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, pour qu'il porte encore plus de fruit. |
3 Déjà vous êtes purs grâce à la parole que je vous ai fait entendre. |
4 Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut de lui-même porter du fruit s'il ne demeure pas sur la vigne, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. |
5 Je suis la vigne; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit; car hors de moi vous ne pouvez rien faire. |
6 Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il se dessèche; on les ramasse et on les jette au feu et ils brûlent. |
7 Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et vous l'aurez. |
8 C'est la gloire de mon Père que vous portiez beaucoup de fruit et deveniez mes disciples. |
En parlant de la parole par laquelle Il a purifié Ses disciples, Jésus témoigne de nouveau de Lui-même comme de la Torah vivante. C'est bien des paroles de la Torah que l'on disait alors qu'elles purifiaient l'homme. Il ne s'agissait évidemment pas d'apprendre par coeur le texte du Pentateuque et de le répéter dans l'espérance que cette répétition même délivrerait celui qui répète de tous les péchés. Même si, à cette époque (comme d'ailleurs aujourd'hui), il y avait parmi les Juifs beaucoup de personnes qui connaissaient réellement le Pentateuque par coeur.
Mais il ne s'agissait pas d'apprendre le Pentateuque par coeur, il s'agissait de laisser le commandement de Dieu changer sa vie. D'abord intérieurement, puis extérieurement aussi. On ne regardait pas le commandement simplement comme une norme juridique, ni même morale, mais comme une révélation directe de la volonté de Dieu. Comme une intention de Dieu adressée à l'homme. Il fallait l'accueillir comme telle et construire sa propre vie en accord avec elle. Accorder ses intentions humaines avec celles de Dieu. C'est ce qu'on appelait alors la Torah intérieure. Celle-là même qui purifiait l'homme. Parce qu'elle devenait réellement une parole vivante de Dieu, capable de purifier. Et Jésus parle de la force purificatrice de Ses paroles. Il affirme ainsi que chacune de Ses paroles est parole de Dieu. Mais la purification par la parole ne suffit pas à elle seule. Il faut encore garder l'unité essentielle avec le Christ, sinon la vie pleine dans le Royaume est impossible. Essentielle signifie une unité où l'on vit avec Lui d'une seule vie.
Comme les sarments sur la vigne : leur vie normale n'est possible que tant qu'ils demeurent unis à cette vigne. Pourtant, la seule participation ne suffit pas : il faut encore que cette même vie se poursuive dans le sarment lui-même. Les sarments secs, comme les branches sèches des arbres, ne servent à rien, ils ne sont qu'un poids pour l'arbre ou pour la vigne. Il ne suffit pas d'être près de Jésus et de participer à Sa vie, il ne suffit pas de faire l'expérience du souffle du Royaume comme réalité, il faut encore devenir soi-même le réceptacle et le porteur de cette vie et de ce souffle.
Bien sûr, le souffle du Royaume qui enveloppe l'homme le change, et la rencontre avec le Christ ne passe pas sans laisser de trace ; mais si, après tout cela, l'homme ne change pas intérieurement, s'il ne devient pas lui-même, selon la parole de Paul, « temple du Saint-Esprit », lieu où l'Esprit demeure, on peut dire que toutes les rencontres ont été vaines et que toute l'expérience s'est perdue inutilement. C'est pour cela que le chrétien a besoin de la Torah intérieure : afin que ce qui a été reçu dans les rencontres avec le Christ et dans l'expérience du Royaume ne s'écoule pas de son âme comme l'eau à travers un crible. C'est seulement dans cette unité double de la Loi (la Torah intérieure) et de la grâce que la vie du Royaume est possible, non pas épisodique et fortuite, mais pleine.
1 " Je suis la vigne véritable et mon Père est le vigneron. |
2 Tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il l'enlève, et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, pour qu'il porte encore plus de fruit. |
3 Déjà vous êtes purs grâce à la parole que je vous ai fait entendre. |
4 Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut de lui-même porter du fruit s'il ne demeure pas sur la vigne, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. |
5 Je suis la vigne; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit; car hors de moi vous ne pouvez rien faire. |
6 Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il se dessèche; on les ramasse et on les jette au feu et ils brûlent. |
7 Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et vous l'aurez. |
8 C'est la gloire de mon Père que vous portiez beaucoup de fruit et deveniez mes disciples. |
La vigne, le cep sont d'anciens symboles vétérotestamentaires d'Israël (Is. 5:1-7; Ps. 79:9). Jésus Lui-même utilise aussi ces images dans Ses paraboles (Mt. 20:1-16; 21:28-46). Et maintenant, s'entretenant seul avec les disciples, Il leur révèle le mystère de leur vocation nouvelle: rassemblés autour de Lui pour le repas messianique, ils se joignent au vrai cep, à Celui qui est le véritable Élu, formant un peuple nouveau. Leur appartenance à la vraie religion, au vrai peuple, à tout ce que revendiquent toujours tous les « orthodoxes », les « patriotes » et les « vrais croyants », se définit désormais non par la nationalité, ni par la confession, ni par quelque orientation que ce soit, mais uniquement par le fait de « demeurer » en Jésus, de vivre de Sa vie, de porter Son fruit...
2 Tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il l'enlève, et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, pour qu'il porte encore plus de fruit. |
3 Déjà vous êtes purs grâce à la parole que je vous ai fait entendre. |
Jésus compare Ses auditeurs aux sarments d'une vigne, et non à des sarments stériles, qui sont retranchés, mais à des sarments qui portent du fruit et que le vigneron doit purifier : des parasites, des excroissances et cicatrices qui prennent la sève. Le Seigneur dit que la parole qu'Il a prêchée a apporté à Ses disciples une telle purification.
Que veut-Il dire ? Peut-être que Sa parole, Sa prédication construit en l'homme une dominante claire, la conscience du sens de la vie et de son orientation. La parole peut briser, mais elle peut aussi guérir. La parole du Christ, si elle est entendue et reçue, donne à l'homme une intégrité intérieure ; elle devient en lui une force agissante, lui permettant de porter au monde la joie et la lumière, car c'est une parole sur l'amour de Dieu pour nous et sur notre amour, une parole sur le salut et sur la vie éternelle.
2 Tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il l'enlève, et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, pour qu'il porte encore plus de fruit. |
3 Déjà vous êtes purs grâce à la parole que je vous ai fait entendre. |
Jésus compare Ses auditeurs aux branches de la vigne, et en outre pas aux sarments infructueuses - qui sont enlevés – mais plutôt avec les sarments fructueuses, dont le vigneron devrait nettoyer - des saboteurs, des excroissances et des entailles enlevant les jus. Dieu fait savoir que la parole, dont Il a enseigné, a apporté à Ses élèves un tel nettoyage. Que veut-Il dire? Est probable le fait que Sa parole, Sa prédication bâtit en l’homme une dominante bien précise, une compréhension du sens de la vie, sa {la vie} tendance. La parole peut briser, mais peut aussi guérir. La parole du Christ donne à l’homme une intégrité interne lorsqu’elle est entendue et acceptée; elle devient en lui une force efficace, permettant d’apporter joie et lumière dans le monde – c’est en effet une parole de l’amour de Dieu envers nous et de notre amour, c’est une parole du Salut et de la vie éternelle.
5 Je suis la vigne; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit; car hors de moi vous ne pouvez rien faire. |
L'image de la vigne est étonnante par tout ce qu'elle nous dit des relations avec Dieu. Et tout cela sort de la bouche de Jésus Lui-même. Comme il est merveilleux de comprendre que tu n'es pas seul dans ce monde : tout ce qui t'arrive vient de Dieu. Et c'est Lui qui donne les forces pour l'accueillir, comme la vigne nourrit les sarments. En outre, il y a encore le Vigneron, qui veille attentivement sur Sa vigne (voir Jn 15.1-2). Il suffit de se représenter les mains attentives du vigneron, tout ce qu'il fait, attacher et purifier chaque sarment, pour comprendre combien Dieu prend soin de nous. Les sarments n'ont qu'à prendre conscience qu'ils sont des sarments, sans chercher à devenir la vigne, et à recevoir le soin du Père.
7 Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et vous l'aurez. |
Jésus ne promet-il pas trop imprudemment l'accomplissement de nos désirs? Et si je désire... eh bien, quelque chose de ce genre? Mais que désirerai-je «de ce genre» si sa parole demeure vraiment en moi? Non dans un livre sur une étagère, non dans la prédication de quelqu'un, mais en moi-même? Que voudra ma volonté si j'existe comme un organe à l'intérieur du corps dont la tête, c'est-à-dire Celui qui prend les décisions essentielles, est le Christ lui-même?
8 C'est la gloire de mon Père que vous portiez beaucoup de fruit et deveniez mes disciples. |
9 Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez en mon amour. |
10 Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez en mon amour, comme moi j'ai gardé les commandements de mon Père et je demeure en son amour. |
11 Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète. |
12 Voici quel est mon commandement: vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés. |
13 Nul n'a plus grand amour que celui-ci: donner sa vie pour ses amis. |
14 Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. |
15 Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître; mais je vous appelle amis, parce que tout ce que j'ai entendu de mon Père, je vous l'ai fait connaître. |
16 Ce n'est pas vous qui m'avez choisi; mais c'est moi qui vous ai choisis et vous ai établis pour que vous alliez et portiez du fruit et que votre fruit demeure, afin que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. |
17 Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres. |
18 Si le monde vous hait, sachez que moi, il m'a pris en haine avant vous. |
19 Si vous étiez du monde, le monde aimerait son bien; mais parce que vous n'êtes pas du monde, puisque mon choix vous a tirés du monde, pour cette raison, le monde vous hait. |
20 Rappelez-vous la parole que je vous ai dite: Le serviteur n'est pas plus grand que son maître. S'ils m'ont persécuté, vous aussi ils vous persécuteront; s'ils ont gardé ma parole, la vôtre aussi ils la garderont. |
21 Mais tout cela, ils le feront contre vous à cause de mon nom, parce qu'ils ne connaissent pas celui qui m'a envoyé. |
22 Si je n'étais pas venu et ne leur avais pas parlé, ils n'auraient pas de péché; mais maintenant ils n'ont pas d'excuse à leur péché. |
23 Qui me hait, hait aussi mon Père. |
24 Si je n'avais pas fait parmi eux les œuvres que nul autre n'a faites, ils n'auraient pas de péché; mais maintenant ils ont vu et ils nous haïssent, et moi et mon Père. |
25 Mais c'est pour que s'accomplisse la parole écrite dans leur Loi : Ils m'ont haï sans raison. |
26 Lorsque viendra le Paraclet, que je vous enverrai d'auprès du Père, l'Esprit de vérité, qui vient du Père, il me rendra témoignage. |
27 Mais vous aussi, vous témoignerez, parce que vous êtes avec moi depuis le commencement. |
En parlant du Royaume à ses disciples, Jésus les appelle sans cesse à l'amour mutuel (v. 9-12, 17). Ce n'est pas étonnant si l'on se souvient que le christianisme n'est rien d'autre que la vie dans le Royaume, et donc la vie dans l'amour. L'amour n'est évidemment pas l'unique caractéristique du Royaume. La vie du Royaume, c'est aussi le souffle de Dieu qui le pénètre et les manifestations de la puissance divine qui accompagnent partout Jésus pendant son ministère terrestre. Mais, dans notre monde encore imparfaitement transfiguré, l'amour propre à ceux qui portent le Royaume se révèle manifestement son témoignage le plus éclatant.
La force, par exemple, est bien connue du monde non transfiguré. Qui plus est, dans le monde qui gît au pouvoir du mal, il y en a parfois même trop. La force permet parfois de soumettre les hommes, mais il est impossible de les forcer à aimer. Des relations imposées par la force, et donc involontaires, ne conviennent pas au Royaume. Dans le monde déchu, la force ne sera guère perçue comme une alternative à l'ordre existant. On pourrait dire la même chose des phénomènes spirituels en eux-mêmes, car le monde déchu connaît lui aussi une sorte de spiritualité. Bien sûr, les phénomènes spirituels propres à la nature déchue diffèrent essentiellement et qualitativement des influences spirituelles qui viennent du Royaume. Mais ils peuvent parfois leur ressembler extérieurement, et la différence peut paraître imperceptible à celui qui ne voit que l'extérieur. Il apparaît ainsi que la spiritualité en elle-même ne signifie pas encore nécessairement l'apparition d'une alternative aux lois de ce monde.
Pour qu'une telle alternative apparaisse, il importe que chacun puisse non seulement voir clairement que les disciples et les fidèles du Christ possèdent une certaine spiritualité, mais aussi discerner ce qu'elle est. À cet égard, le témoignage de l'amour qui pénètre toutes les relations dans le Royaume se révèle le meilleur: l'amour mutuel montre visiblement au monde précisément ce qu'il ne possède pas et ce qui lui manque tant. C'est pourquoi, à la différence de la force et de la spiritualité comme telles, l'amour peut devenir l'alternative à l'ordre du monde existant que le monde désire tant et redoute tant. Il la redoute parce que, du point de vue des lois de notre monde encore non transfiguré, les relations d'amour sont réellement contre nature; la nature et la société, qui ne s'en est pas beaucoup éloignée, suivent d'autres principes, comptant sur la force, l'avantage et l'efficacité.
Il n'est pas étonnant que ceux qui veulent vivre autrement dans ce monde y deviennent un corps étranger (v. 18-19). Mais certains sont prêts au moins à essayer de trouver une alternative. Ceux qui vivent selon les lois du Royaume ne seront donc pas seulement persécutés: il y aura aussi des hommes prêts à écouter leur témoignage et à suivre leur chemin (v. 20). Pourtant, les disciples et les fidèles du Christ ne devraient apparemment ni tenter d'éviter les persécutions, ni espérer un succès massif de leur prédication, car, selon les paroles de Jésus, « le serviteur n'est pas plus grand que son maître ». Seul le témoignage importe fondamentalement. Chacun décide lui-même comment y répondre.
27 Je vous laisse la paix; c'est ma paix que je vous donne; je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre cœur ne se trouble ni ne s'effraie. |
28 Vous avez entendu que je vous ai dit: Je m'en vais et je reviendrai vers vous. Si vous m'aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais vers le Père, parce que le Père est plus grand que moi. |
29 Je vous le dis maintenant avant que cela n'arrive, pour qu'au moment où cela arrivera, vous croyiez. |
30 Je ne m'entretiendrai plus beaucoup avec vous, car il vient, le Prince de ce monde; sur moi il n'a aucun pouvoir, |
31 mais il faut que le monde reconnaisse que j'aime le Père et que je fais comme le Père m'a commandé. Levez-vous ! Partons d'ici ! |
1 " Je suis la vigne véritable et mon Père est le vigneron. |
2 Tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il l'enlève, et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, pour qu'il porte encore plus de fruit. |
3 Déjà vous êtes purs grâce à la parole que je vous ai fait entendre. |
4 Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut de lui-même porter du fruit s'il ne demeure pas sur la vigne, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. |
5 Je suis la vigne; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit; car hors de moi vous ne pouvez rien faire. |
6 Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il se dessèche; on les ramasse et on les jette au feu et ils brûlent. |
7 Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et vous l'aurez. |
En décrivant le Royaume, Jésus recourt à l'image de la vigne, du cep, traditionnelle pour le yahvisme et le judaïsme. Mais dans cette image traditionnelle, il met un sens nouveau lié à l'essence du Royaume qu'il a apporté au monde. Bien sûr, il y a place ici pour la compréhension traditionnelle du Royaume comme lieu où n'agit qu'une seule volonté: la volonté de Dieu, créateur du monde. Ce n'est pas par hasard que Jésus dit que « le prince de ce monde » « n'a rien en lui »: car le Royaume qu'il a apporté au monde n'existe pas selon les lois de ce monde, de sorte que « le prince de ce monde » ne peut avoir aucun pouvoir sur lui, même si, demeurant dans notre monde non transfiguré, le Royaume est constamment en contact avec lui.
Mais l'image du cep devient aussi l'image des relations à l'intérieur du Royaume, où tous sont liés les uns aux autres et au Christ comme les sarments sur le cep. Ce lien est absolu, immédiat et organique: chaque sarment est le prolongement du cep; si on l'en arrache, il se dessèche. Tous les sarments vivent d'une seule vie avec le cep, se nourrissant avec lui des mêmes sucs venus d'une même source. De toute évidence, c'est de cette manière que les habitants du Royaume sont liés les uns aux autres et au Christ.
De ce point de vue, on peut définir le Royaume comme un espace unique de relations qui relient entre eux tous ses habitants, au centre duquel se trouve le Christ. Et c'est précisément le fait de la présence du Christ qui fait du Royaume le Royaume. Car pour qu'il reste lui-même, il lui faut une constance des relations, une stabilité de celles-ci, impensables dans le monde déchu pour une volonté humaine endommagée par la chute. Seule la volonté de celui qui, étant Homme, est demeuré non soumis au péché peut devenir le fondement d'une unité stable, nécessaire comme condition indispensable de l'existence du Royaume dans notre monde en voie de transfiguration, mais pas encore transfiguré. C'est précisément cela, à ce qu'il semble, que le Sauveur a en vue lorsqu'il dit: « Sans moi, vous ne pouvez rien faire ».
Bien sûr, même dans l'état déchu, l'homme peut parfois, avec l'aide de Dieu, faire quelque chose de bon. Mais faire quoi que ce soit pour le Royaume n'est possible qu'en étant une partie du Royaume. Et être une partie de celui-ci est impossible sans l'unité spirituelle avec celui qui constitue son fondement spirituel, qui est l'axe spirituel sur lequel le Royaume tient.
Une extrémité de cet axe est tenue par Dieu, qui a ressuscité son Fils d'entre les morts. À l'autre, nous sommes là, nous qui nous considérons comme chrétiens et qui essayons de l'être autant que nous le pouvons. Et entre nous se trouve le Royaume, qui entre dans le monde à travers nous.
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