RÉFLEXIONS pour 1P 1:13-25
Pierre commence à parler de la vie chrétienne par la question de la sainteté. Il se réfère à la Torah, plus précisément au Livre du Lévitique, où retentit pour la première fois l'appel de Dieu : « Soyez saints, car Je suis saint, Moi, Yahvé, votre Dieu. » La barre n'est pas simplement placée haut : par Son appel, Dieu la porte à une hauteur absolue. Il s'agit d'une plénitude de sanctification de l'être humain qui corresponde à la plénitude de la sainteté de Dieu Lui-même.
Bien sûr, l'être humain n'est pas Dieu. Mais il peut être sanctifié en demeurant dans la présence de Dieu. Dieu transforme la personne, transforme même la nature humaine, tout comme Il transforme la nature de tout ce qu'Il touche. Ce changement de nature au contact de Dieu, voilà précisément la sanctification. Mais la sainteté ne se réduit pas à la sanctification. On ne peut sanctifier une personne comme on sanctifie, par exemple, la pierre, le bois ou le métal. Car l'être humain est image de Dieu, donc une personne douée de conscience de soi et de liberté de volonté. Il ne peut donc être sanctifié sans participer lui-même à ce processus. Et il y participe avant tout en consentant à y prendre part.
Par ce « oui » qu'il dit à Dieu. Mais un seul « oui » ne suffit pas : il faudra le répéter sans cesse. Pour que le processus ne s'arrête pas, pour que la personne reste toujours « sainte », c'est-à-dire sanctifiée, il faut réaffirmer ce « oui » encore et encore, afin de demeurer dans la présence de Dieu. C'est là que sont nécessaires cette concentration de l'« esprit », cette manière d'en « ceindre les reins » dont parle l'apôtre. Il ne s'agit évidemment pas seulement de l'intelligence en tant que telle, mais aussi de la capacité à distinguer le bien du mal : le mot grec correspondant signifie, à proprement parler, « discernement ».
Savoir distinguer le bien du mal, ce qui correspond aux commandements de Dieu de ce qui les contredit, voilà l'aptitude essentielle de la vie chrétienne. La communion directe avec le Christ ressuscité ouvre la possibilité d'avancer sur ce chemin. C'est Son sang versé, Sa mort et Sa résurrection qui nous ouvrent le chemin de la vie chrétienne.
Sans le Royaume qui, selon les propres paroles du Sauveur, « s'est approché », sans son souffle et sa puissance, la plénitude de la sanctification, la demeure ininterrompue dans la présence de Dieu, nous serait aussi impossible qu'elle l'était aux hommes du monde préchrétien, même à ceux qui s'étaient engagés sur le chemin de la justice. Et si l'un de nous choisit maintenant le mal dans lequel le monde est plongé, en renonçant à la sainteté, ce n'est que son propre choix. Avec la responsabilité qui en découle.
