6 Yahvé Sabaot prépare pour tous les peuples, sur cette montagne, un festin de viandes grasses, un festin de bons vins, de viandes moelleuses, de vins dépouillés. |
7 Il a détruit sur cette montagne le voile qui voilait tous les peuples et le tissu tendu sur toutes les nations; |
8 il a fait disparaître la mort à jamais. Le Seigneur Yahvé a essuyé les pleurs sur tous les visages, il ôtera l'opprobre de son peuple sur toute la terre, car Yahvé a parlé. |
9 Et on dira, en ce jour-là: Voyez, c'est notre Dieu, en lui nous espérions pour qu'il nous sauve; c'est Yahvé, nous espérions en lui. Exultons, réjouissons-nous du salut qu'il nous a donné. |
10 Car la main de Yahvé reposera sur cette montagne et Moab sera foulé sur place, comme on foule la paille dans la fosse à fumier. |
Comme ce qu'écrit Isaïe ressemble peu à ce qui se passe chez Matthieu... La guérison des malades et la multiplication des pains au désert semblent si éloignées de la vision du prophète. Quel que soit le verset que l'on prenne, tout est différent ! Et pourtant, ce qui se passe au désert, lorsque les aveugles voient, que les lépreux sont purifiés et que le Sauveur rassasie tous ceux qui sont dans le besoin, est précisément l'accomplissement des prophéties dans la vie. Quand les mots peinent à exprimer l'inexprimable, l'homme essaie de les faire entrer tant bien que mal dans sa propre compréhension. Ensuite, il lui devient difficile d'admettre qu'ils prennent vie autrement qu'il ne l'avait imaginé. Mais cela n'empêche pas Dieu d'accomplir Ses promesses et d'essuyer les larmes de tous les visages.
6 Yahvé Sabaot prépare pour tous les peuples, sur cette montagne, un festin de viandes grasses, un festin de bons vins, de viandes moelleuses, de vins dépouillés. |
7 Il a détruit sur cette montagne le voile qui voilait tous les peuples et le tissu tendu sur toutes les nations; |
8 il a fait disparaître la mort à jamais. Le Seigneur Yahvé a essuyé les pleurs sur tous les visages, il ôtera l'opprobre de son peuple sur toute la terre, car Yahvé a parlé. |
9 Et on dira, en ce jour-là: Voyez, c'est notre Dieu, en lui nous espérions pour qu'il nous sauve; c'est Yahvé, nous espérions en lui. Exultons, réjouissons-nous du salut qu'il nous a donné. |
10 Car la main de Yahvé reposera sur cette montagne et Moab sera foulé sur place, comme on foule la paille dans la fosse à fumier. |
Décrivant l’époque messianique, le prophète mentionne particulièrement la victoire complète et définitive sur la mort. La Bible parle beaucoup, en général, de la victoire sur la mort et de la résurrection universelle à la fin des temps. Quant à l’après-mort, les livres bibliques en parlent presque pas. De l’immortalité de l’âme et de la rétribution dans l’au-delà, la Bible, à la différence des textes égyptiens ou grecs, ne dit rien. Cela n’a rien d’étonnant : une âme immortelle existant séparément du corps n’est pas encore la vie dans toute sa plénitude.
La vie dans toute sa plénitude ne peut être que la vie de l’homme tout entier, âme et corps ensemble, et non séparément. Mais il ne s’agit pas seulement de cela. Il s’agit aussi de la manière dont la Bible voit l’homme. Nous, hommes des temps modernes, regardons l’homme plutôt avec les yeux d’un philosophe grec qu’avec les yeux des auteurs des livres bibliques. Pour nous, l’homme est une âme éternelle et immuable unie à un corps temporaire et fragile. Mais dans la Bible, l’âme n’est nullement immuable.
Dans les livres bibliques, l’âme n’est pas du tout une structure, mais un processus ; c’est le flux de la vie humaine dans toutes ses manifestations, depuis les plus hautes aspirations spirituelles jusqu’à la simple physiologie, comme la respiration et la circulation du sang. Et dans ce flux essentiellement naturel entre ce « souffle de vie » que Dieu « insuffle » à l’homme « dans les narines » (ou, comme l’ont transmis les auteurs de la traduction synodale, « dans le visage ») lors de la création.
C’est au point d’intersection de ces deux flux, le « souffle de vie » de Dieu et l’existence naturelle, comme un philosophe moderne appellerait l’« âme » biblique, que naît la personne humaine. La plénitude de la vie de l’homme est déterminée par l’intensité de ce processus naturel. Et l’intensité du processus dépend de ce qui détermine sa qualité : la nature ou le « souffle de vie » de Dieu. Ici, plusieurs variantes sont possibles : depuis la plénitude de la vie dans le Royaume jusqu’à son minimum dans le shéol, dans le monde des ombres, où l’on ne peut parler de vie que de façon très conditionnelle.
Dans la Bible, la mort n’est pas la disparition de l’homme, ni son départ dans le néant, mais l’épuisement en lui de la vie jusqu’à ce minimum qui transforme le défunt en enveloppe vide, en ombre privée de vie. Le contraire de la mort n’est donc pas simplement la vie, mais la vie en plénitude, dans cette plénitude qui n’est possible que dans le Royaume. Dans le Royaume, où la mort, sous quelque forme que ce soit, n’a pas et ne peut pas avoir de place. C’est pourquoi la venue du Messie et l’avènement du Royaume messianique mettent fin à la mort : tant qu’elle n’a pas définitivement disparu, la vie n’a pas encore vaincu. Et donc le Royaume, lui non plus, n’est pas encore venu dans toute sa plénitude.
8 il a fait disparaître la mort à jamais. Le Seigneur Yahvé a essuyé les pleurs sur tous les visages, il ôtera l'opprobre de son peuple sur toute la terre, car Yahvé a parlé. |
9 Et on dira, en ce jour-là: Voyez, c'est notre Dieu, en lui nous espérions pour qu'il nous sauve; c'est Yahvé, nous espérions en lui. Exultons, réjouissons-nous du salut qu'il nous a donné. |
Oui ou non? La parole annoncée par Isaïe il ya de cela presque 27 siècles s’accomplira ou pas? On Peut dire, que c'est la question clé définissant notre relation envers la vie. On ne peut vivre qu’en s'appuyant sur cette prophétie, rien qu’en espérant qu'elle est vraie. Dans le cas contraire tout perd son sens, et la vie devient horrible et absurde.
En effet, la souffrance inonde le monde comme un déluge, et on ne voit pas de délivrance d’elle. Toutes nos joies et hautes aspirations, toutes nos bonnes œuvres, tout comme tous nos péchés, la méchanceté et la cupidité sont vanités et course au vent, parce que la mort attend tout un chacun. Mais lorsque le Seigneur dit ces paroles à travers le prophète - tout change. La souveraineté de la mort n'est pas définitive, elle sera vaincue, et toute la souffrance des gens trouvera la consolation – c'est-à-dire avoir le sens de vivre.
Dieu donne une multitude de confirmations de Sa fidélité tout au long de l’histoire, pour que nous puissions croire notamment à cette promesse. Dans la vie de tout un chacun qui cherche Dieu, s'accumule l'expérience témoignant que Dieu est fidèle - notamment pour que tu puisses croire. Pour notre relation envers soi-même, envers la vie et envers le monde c'est la base, dont la psychologie appelle "la confiance de base». Sans elle, aucune personne ne peut grandir intellectuellement et d'une manière émotionnelle saine.
Et quand même le prophète nous appelle à l'exploit de la confiance. Croire à ses mots est aussi difficile, comme il était difficile à Pierre de croire au Seigneur Jésus, sortir du bateau et marcher sur l'eau. En effet, nous ne pourrons recevoir une affirmation définitive de la véracité des mots du prophète que, lorsque sa parole s’accomplira. Mais combien il est difficile de ne pas croire à ces paroles! Toute notre essence s’oppose à cette sinistre absurdité, dans laquelle se transforme notre vie de méfiance. Quelque part dans l’intimité inconcevable de la nature humaine est mise la connaissance secrète de ce que cette prophétie est vraie. Et c'est pourquoi l'espoir est si vivifiant pour nous.
9 Et on dira, en ce jour-là: Voyez, c'est notre Dieu, en lui nous espérions pour qu'il nous sauve; c'est Yahvé, nous espérions en lui. Exultons, réjouissons-nous du salut qu'il nous a donné. |
«Ce jour-là»... Pour le prophète Isaïe ce jour est dans le futur. Où est ce jour pour nous? Dans le passé, quand le Fils de Dieu a accepté de mourir sur la croix pour notre salut? Ou dans le futur, quand Il viendra dans la puissance et la gloire et accomplira la victoire définitive sur le mal? Et si ce jour était aujourd’hui, et en ce jour nous est prévu une telle rencontre, quand nous dirons : «Voyez, c’est notre Dieu!» ? Voulons-nous cette rencontre? Y a-t-il en nous cet espoir, sans lequel la rencontre est impossible? Sommes-nous prêts à accepter la joie, qu'apporte cette rencontre?
29 Étant parti de là, Jésus vint au bord de la mer de Galilée. Il gravit la montagne, et là il s'assit. |
30 Et des foules nombreuses s'approchèrent de lui, ayant avec elles des boiteux, des estropiés, des aveugles, des muets et bien d'autres encore, qu'ils déposèrent à ses pieds; et il les guérit. |
31 Et les foules de s'émerveiller en voyant ces muets qui parlaient, ces estropiés qui redevenaient valides, ces boiteux qui marchaient et ces aveugles qui recouvraient la vue ; et ils rendirent gloire au Dieu d'Israël. |
32 Jésus, cependant, appela à lui ses disciples et leur dit : " J'ai pitié de la foule, car voilà déjà trois jours qu'ils restent auprès de moi et ils n'ont pas de quoi manger. Les renvoyer à jeun, je ne le veux pas : ils pourraient défaillir en route. " |
33 Les disciples lui disent : " Où prendrons-nous, dans un désert, assez de pains pour rassasier une telle foule ? " |
34 Jésus leur dit : " Combien de pains avez-vous ? " - " Sept, dirent-ils, et quelques petits poissons. " |
35 Alors il ordonna à la foule de s'étendre à terre; |
36 puis il prit les sept pains et les poissons, rendit grâces, les rompit et il les donnait à ses disciples, qui les donnaient à la foule. |
37 Tous mangèrent et furent rassasiés, et des morceaux qui restaient on ramassa sept pleines corbeilles! |
Les nombreuses guérisons que le Seigneur accomplit deviennent comme une illustration de la prophétie d'Isaïe: «Alors s'ouvriront les yeux des aveugles, et les oreilles des sourds seront ouvertes. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la langue du muet chantera» (Is. 35:5-6). Nous voyons s'accomplir ce dont parle le prophète; nous voyons le Christ vaincre des maladies terribles, incurables selon notre compréhension. Mais le Seigneur ne le fait pas seulement pour montrer qu'Il est venu accomplir ce dont parlaient les prophètes; Il guérit les malades parce qu'Il aime chacun de ceux qu'on Lui apporte. Aux yeux du Seigneur, la vie de chacun de nous est précieuse. Nous voyons que le Seigneur ne donne pas seulement, le Seigneur donne avec abondance. Non seulement Il accomplit tout ce dont parlaient les prophètes, non seulement Il guérit les malades, mais Il prend encore soin que tous ces hommes soient nourris. Il s'inquiète que le difficile chemin du retour leur enlève leurs forces, leur enlève la joie de la guérison. Et le fait que les disciples n'aient avec eux que très peu de chose ne L'arrête pas. Et voilà que, par la miséricorde de Dieu, toute la foule de quatre mille personnes est nourrie, et il reste encore beaucoup.
Nous aussi, nous n'avons pas tant que cela à offrir à Dieu; parfois nous n'avons presque rien du tout, et chacun de nous est infiniment petit auprès du Seigneur. Alors nous avons honte: en vérité, que pouvons-nous Te donner, Seigneur? Mais le Seigneur nous montre comment notre petitesse peut devenir une source de nourriture, d'aide pour nos frères et sœurs. Seulement, ce ne sera déjà plus notre force, ni notre puissance: ce sera la force de Son amour, de Sa miséricorde et de Son Esprit.
29 Étant parti de là, Jésus vint au bord de la mer de Galilée. Il gravit la montagne, et là il s'assit. |
30 Et des foules nombreuses s'approchèrent de lui, ayant avec elles des boiteux, des estropiés, des aveugles, des muets et bien d'autres encore, qu'ils déposèrent à ses pieds; et il les guérit. |
31 Et les foules de s'émerveiller en voyant ces muets qui parlaient, ces estropiés qui redevenaient valides, ces boiteux qui marchaient et ces aveugles qui recouvraient la vue ; et ils rendirent gloire au Dieu d'Israël. |
Aujourd'hui, nous avons l'une des lectures évangéliques les plus courtes, trois versets seulement. Mais ils nous permettent de voir ce qui se passe. Les pharisiens ont été scandalisés par les paroles du Christ que nous avons lues hier et avant-hier, et il s'est retiré de Palestine dans la région de Tyr et de Sidon. Enfin il en revint sur les rives du lac de Tibériade, et les foules l'entourèrent. Ces gens avaient parcouru un long chemin pour se rassembler autour de Jésus. Ils portaient et conduisaient avec eux de nombreux malades et infirmes afin, comme le dit l'évangéliste, de les jeter à ses pieds. Le verbe grec employé ici, ρίπτω, signifie « jeter, lancer, précipiter, poser ». Il était très pénible de porter ces malades, et, arrivés sur place et montés sur la montagne où Jésus était assis, les gens déposaient véritablement ce lourd fardeau.
Comme lors de la guérison du paralytique, lorsque ses amis ont défait le toit pour le descendre aux pieds de Jésus, ici encore la persévérance et le labeur des hommes sont nécessaires pour que Dieu accomplisse son œuvre de guérison. Porter le poids de la maladie d'autrui est une condition importante pour pouvoir demander au Christ son aide.
29 Étant parti de là, Jésus vint au bord de la mer de Galilée. Il gravit la montagne, et là il s'assit. |
30 Et des foules nombreuses s'approchèrent de lui, ayant avec elles des boiteux, des estropiés, des aveugles, des muets et bien d'autres encore, qu'ils déposèrent à ses pieds; et il les guérit. |
31 Et les foules de s'émerveiller en voyant ces muets qui parlaient, ces estropiés qui redevenaient valides, ces boiteux qui marchaient et ces aveugles qui recouvraient la vue ; et ils rendirent gloire au Dieu d'Israël. |
On regarde les paroles que le Seigneur nous adresse aujourd'hui, et l'on se souvient que, ces jours-ci, un courriel est arrivé avec la demande de prier pour la jeune Marie, nouvellement défunte. Elle est morte de la mucoviscidose. Et pour sa mère Marina, qui reste maintenant seule, parce que sa deuxième fille est morte de la même maladie. Comment cela se peut-il ? Tant de personnes ont prié pour elles ! Et que nous importe que, pour un bref instant, le Christ ait visité la terre et guéri un certain nombre de malades... Si l'on plaçait ces personnes à côté de tous les enfants morts au fil des siècles, on ne les remarquerait tout simplement pas. Alors quoi, faut-il se réjouir ?
Oui, se réjouir. Parce que le Christ n'est pas simplement venu pour guérir ; Il est venu et a transformé leurs maladies en Ses propres plaies, Il est mort et ressuscité. Il n'est pas seulement Guérisseur ni Thaumaturge, bien qu'Il soit l'un et l'autre. Il nous a montré le Chemin de la vie. Il a éclairé la route dans les ténèbres.
Aucun des miracles de Jésus ne se limite à un sens local, dans le temps et l'espace, pour une seule personne. C'est pourquoi on ne peut pas lire les récits évangéliques de miracles hors du contexte de tout l'Évangile. Sinon, nous risquons de tomber dans une erreur très terrible, si caractéristique de nos contemporains aujourd'hui : percevoir l'Église en consommateurs. Tu paies pour une intention de prière pour la santé, la santé augmentera. Et le Temple devient un magasin. C'est effrayant.
Le Christ guérit, mais par Ses plaies. Il ne faut pas l'oublier. Par Ses plaies jusqu'à la mort. Jusqu'à la mort la plus réelle, la plus douloureuse. Une mort qui ne Lui fut en rien plus facile qu'à chacun de nous. Au contraire, c'est plus facile pour nous : nous mourons en général sous narcotiques, et Lui a refusé ; nous mourons sur des draps propres, et Lui était couvert de sang coagulé et de poussière ; nous sommes entourés de proches aimants, et Lui était sous les moqueries et les injures. On pourrait continuer cette liste, mais ce n'est sans doute pas nécessaire. Que notre coeur se remplisse simplement de gratitude envers Lui, d'amour et de tendresse. Et que nous n'ayons peur de rien, car « mon Dieu a souffert davantage et la Mère de Dieu a souffert plus douloureusement » (N. S. Goumilev)
29 Étant parti de là, Jésus vint au bord de la mer de Galilée. Il gravit la montagne, et là il s'assit. |
30 Et des foules nombreuses s'approchèrent de lui, ayant avec elles des boiteux, des estropiés, des aveugles, des muets et bien d'autres encore, qu'ils déposèrent à ses pieds; et il les guérit. |
Parfois, en lisant l'Évangile, on peut penser que la seule tâche de Jésus pendant Son ministère terrestre était de guérir. Pourtant Lui-même parlait d'abord du Royaume qui, selon Ses paroles, «s'est approché». À première vue, il n'y a pas ici de lien direct, et les guérisons ressemblent simplement à des actes de miséricorde envers des malades qui avaient réellement besoin d'être guéris. Parfois, des prédicateurs chrétiens soulignent même que Jésus, dit-on, aidait toujours les hommes en les délivrant de la maladie, en leur faisant sentir ce qu'est la vie pleine d'un homme en bonne santé, et qu'ensuite seulement Il leur parlait du Royaume. Mais en est-il ainsi? Extérieurement, tout ressemble bien à cela. À condition, bien sûr, de considérer les guérisons seulement comme une délivrance de la maladie et un retour à la santé physique. Beaucoup de ceux qui virent Jésus pendant Son ministère terrestre pensaient justement ainsi, considérant les guérisons qu'Il accomplissait comme la conséquence de l'action de la puissance de Dieu, de même que tous les autres miracles accomplis par Dieu grâce aux prières de Ses serviteurs. Mais en est-il ainsi en réalité? Bien sûr, toute guérison est toujours action de la puissance de Dieu. Mais dans le cas de Jésus, ce qui frappe, c'est la manière dont les guérisons ont lieu: Jésus guérit souvent ceux qui L'entourent par Sa seule présence. Nous avons ici, à l'évidence, non de simples guérisons, mais l'action de ce même souffle du Royaume qui accompagne Jésus partout. Jésus ne soigne pas les maladies, fût-ce d'une manière surnaturelle. Il fait simplement participer les hommes qui Lui font confiance au Royaume qu'Il a apporté dans le monde. Et dans le Royaume, ce qui n'étonne pas, il n'y a pas de place pour le mal, le péché, les maladies ni la mort. Bien sûr, la guérison en elle-même ne signifie pas encore la plénitude de la transfiguration. Les hommes guéris, même après la guérison, restent une part du monde non transfiguré. Mais, ayant participé à la plénitude du Royaume, ils reçoivent la plénitude de vie possible dans le monde non transfiguré. Ainsi les guérisons accomplies par Jésus deviennent témoignage du Royaume.
32 Jésus, cependant, appela à lui ses disciples et leur dit : " J'ai pitié de la foule, car voilà déjà trois jours qu'ils restent auprès de moi et ils n'ont pas de quoi manger. Les renvoyer à jeun, je ne le veux pas : ils pourraient défaillir en route. " |
33 Les disciples lui disent : " Où prendrons-nous, dans un désert, assez de pains pour rassasier une telle foule ? " |
Pourquoi le Seigneur, qui répète si souvent lorsqu’Il accomplit des miracles « va et ne le dis à personne », accomplit-Il un miracle aussi manifeste, qui deviendra certainement connu de tous, et même une seconde fois ? Car pour manifester le pouvoir du Fils de Dieu sur la création, il aurait suffi de rassasier cinq mille hommes avec cinq pains…
La question posée est très certainement mal formulée, et c’est important. Il n’est pas du tout évident que le Seigneur ait consciemment prévu cette situation. Le verbe grec du verset 29, à la différence du russe « s’assit », exprime une action non achevée : « étant monté sur la montagne, Il y était assis ». Et les foules vinrent à Lui… Ce que le Seigneur ne pouvait certainement pas faire, c’était leur refuser la guérison et la parole de vie ; ainsi, après la prédication, le soir arriva sans qu’on s’en aperçoive. Il n’a pas créé exprès la situation pour un miracle ; mais puisqu’elle s’est présentée, le miracle lui-même devient la suite naturelle de l’abondante miséricorde du Christ.
Il est également important pour nous que l’évangéliste conserve le récit de la seconde multiplication des pains pour la foule, nous donnant la possibilité de voir les traits essentiels de ressemblance dans la manière dont le miracle s’accomplit. À la différence de la première fois, les disciples ne disent plus avec scepticisme que deux cents unités romaines conventionnelles ne suffiraient pas pour une telle foule ; ils demandent au Maître : d’où aurions-nous assez de pain ? Et le Christ prend ce qui est là et rend grâce.
C’est précisément là, sans doute, le mot clé de tout le récit de ce miracle : l’action de grâce à Dieu. C’est elle qui se révèle être l’acte qui introduit le miracle dans le monde et efface la frontière entre la terre et le ciel.
1 Yahvé, tu es mon Dieu, je t'exalterai, je louerai ton nom, car tu as accompli des merveilles, les desseins de jadis, fidèlement, fermement. |
2 Car tu as fait de la ville un tas de pierres, la cité fortifiée est une ruine, la citadelle des étrangers n'est plus une ville, jamais elle ne sera reconstruite. |
3 C'est pourquoi un peuple fort te glorifie, la cité des nations redoutables te craint. |
4 Car tu as été un refuge pour le faible, un refuge pour le malheureux plongé dans la détresse, un abri contre la pluie, un ombrage contre la chaleur, car le souffle des violents est comme la pluie d'hiver. |
5 Comme la chaleur sur une terre aride, tu apaises le tumulte des étrangers: la chaleur tiédit à l'ombre d'un nuage, le chant des violents se tait. |
6 Yahvé Sabaot prépare pour tous les peuples, sur cette montagne, un festin de viandes grasses, un festin de bons vins, de viandes moelleuses, de vins dépouillés. |
7 Il a détruit sur cette montagne le voile qui voilait tous les peuples et le tissu tendu sur toutes les nations; |
8 il a fait disparaître la mort à jamais. Le Seigneur Yahvé a essuyé les pleurs sur tous les visages, il ôtera l'opprobre de son peuple sur toute la terre, car Yahvé a parlé. |
9 Et on dira, en ce jour-là: Voyez, c'est notre Dieu, en lui nous espérions pour qu'il nous sauve; c'est Yahvé, nous espérions en lui. Exultons, réjouissons-nous du salut qu'il nous a donné. |
10 Car la main de Yahvé reposera sur cette montagne et Moab sera foulé sur place, comme on foule la paille dans la fosse à fumier. |
11 Il étend les mains, au milieu de la montagne, comme le nageur les étend pour nager. Mais il rabaissera son orgueil, malgré les efforts de ses mains. |
12 Et la place forte inaccessible de tes remparts, il l'a abattue, abaissée, renversée à terre, dans la poussière. |
1 En ce jour-là, on chantera ce chant au pays de Juda: Nous avons une ville forte; pour nous protéger, il a mis mur et avant-mur. |
2 Ouvrez les portes! Qu'elle entre, la nation juste qui observe la fidélité. |
3 C'est un dessein arrêté: tu assureras la paix, la paix qui t'est confiée. |
4 Confiez-vous en Yahvé à jamais! Car Yahvé est un rocher, éternellement. |
5 C'est lui qui a précipité les habitants des hauteurs, la cité élevée; il l'abaisse, il l'abaisse jusqu'à terre, il lui fait mordre la poussière. |
6 Elle sera foulée aux pieds, par les pieds du malheureux, par les pas du faible. |
7 Le sentier du juste, c'est la droiture, tu aplanis la droite trace du juste. |
8 Oui, dans le sentier de tes jugements, nous t'attendions, Yahvé, à ton nom et à ta mémoire va le désir de l'âme. |
9 Mon âme t'a désiré pendant la nuit, oui, au plus profond de moi, mon esprit te cherche, car lorsque tu rends tes jugements pour la terre, les habitants du monde apprennent la justice. |
10 Si l'on fait grâce au méchant sans qu'il apprenne la justice, au pays de la droiture il fait le mal, sans voir la majesté de Yahvé. |
11 Yahvé, ta main est levée et ils ne voient pas! Ils verront, pleins de confusion, ton amour jaloux pour ce peuple, oui, le feu préparé pour tes ennemis les dévorera. |
12 Yahvé, tu nous assures la paix, et même toutes nos œuvres, tu les accomplis pour nous. |
13 Yahvé notre Dieu, d'autres maîtres que toi ont dominé sur nous, mais, attachés à toi seul, nous invoquons ton nom. |
14 Les morts ne revivront pas, les ombres ne se relèveront pas, car tu les as visités, exterminés, tu as détruit jusqu'à leur souvenir. |
15 Tu as fait de nous une nation, Yahvé, tu as fait de nous une nation et tu as été glorifié. Tu as fait reculer les limites du pays. |
16 Yahvé, dans la détresse ils t'ont cherché, ils se répandirent en prière car ton châtiment était sur eux. |
17 Comme la femme enceinte à l'heure de l'enfantement souffre et crie dans ses douleurs, ainsi étions-nous devant ta face, Yahvé. |
18 Nous avons conçu, nous avons souffert, mais c'était pour enfanter du vent: nous n'avons pas donné le salut à la terre, il ne naît pas d'habitants au monde. |
19 Tes morts revivront, tes cadavres ressusciteront. Réveillez-vous et chantez, vous qui habitez la poussière, car ta rosée est une rosée lumineuse, et le pays va enfanter des ombres. |
20 Va, mon peuple, entre dans tes chambres, ferme tes portes sur toi; cache-toi un tout petit instant, jusqu'à ce qu'ait passé la fureur. |
21 Car voici Yahvé qui sort de sa demeure pour châtier la faute des habitants de la terre; et la terre dévoilera son sang, elle cessera de recouvrir ses cadavres. |
1 Ce jour-là, Yahvé châtiera avec son épée dure, grande et forte, Léviathan, le serpent fuyard, Léviathan, le serpent tortueux; il tuera le dragon qui habite la mer. |
2 Ce jour-là, la vigne magnifique, chantez-la! |
3 Moi, Yahvé, j'en suis le gardien, de temps en temps, je l'irrigue; pour qu'on ne lui fasse pas de mal, nuit et jour je la garde. |
4 - Je n'ai plus de muraille. Qui va me réduire en ronces et en épines? - Dans la guerre, je la foulerai, je la brûlerai en même temps. |
5 Ou bien que l'on fasse appel à ma protection, que l'on fasse la paix avec moi, la paix, qu'on la fasse avec moi. |
6 À l'avenir Jacob s'enracinera, Israël bourgeonnera et fleurira, la face du monde se couvrira de récolte. |
7 L'a-t-il frappé comme avaient frappé ceux qui le frappaient? À-t-il assassiné comme avaient assassiné ses assassins? |
8 En la chassant, en l'excluant, tu as exercé un jugement, il l'a chassée de son souffle violent, tel le vent d'orient. |
9 Car ainsi sera pardonnée la faute de Jacob, tel sera le fruit qu'il recueillera en renonçant à son péché, quand toutes les pierres de l'autel seront mises en pièces comme des pierres à chaux, quand les Ashéras et les brûle-parfums ne seront plus debout. |
10 Car la ville fortifiée est devenue une solitude, abandonnée, délaissée comme un désert, où les veaux paissent, où ils se couchent en détruisant les branchages. |
11 Quand sèchent les branches on les brise, des femmes viennent et y mettent le feu. Or ce peuple n'est pas intelligent, aussi son créateur n'aura pas pitié de lui, celui qui l'a modelé ne lui fera pas grâce. |
12 Et il arrivera qu'en ce jour-là, Yahvé fera le battage, depuis le cours du Fleuve jusqu'au torrent d'Égypte, et vous, vous serez glanés un à un, enfants d'Israël. |
13 Et il arrivera qu'en ce jour-là, on sonnera du grand cor, alors viendront ceux qui se meurent au pays d'Assur, et ceux qui sont bannis au pays d'Égypte, ils adoreront Yahvé sur la montagne sainte, à Jérusalem. |
L'Apocalypse d'Isaïe n'est pas un récit des malheurs à venir, mais une vision du triomphe du Royaume de Dieu. Notons pour nous-mêmes quelques détails dont parle le prophète: la victoire sur les ennemis d'Israël, le rassemblement d'Israël dispersé, le repas du Seigneur pour tous les peuples sur la montagne de Sion, l'ouverture des chemins de la justice personnelle, la victoire sur la mort et la résurrection des morts, la défaite du serpent, la joie et l'allégresse dans le salut de Dieu. Pourquoi cela est-il écrit? Peut-être sommes-nous appelés à participer à cette victoire par notre confiance dans la prophétie et notre accord avec le dessein de Dieu.
1 Yahvé, tu es mon Dieu, je t'exalterai, je louerai ton nom, car tu as accompli des merveilles, les desseins de jadis, fidèlement, fermement. |
2 Car tu as fait de la ville un tas de pierres, la cité fortifiée est une ruine, la citadelle des étrangers n'est plus une ville, jamais elle ne sera reconstruite. |
3 C'est pourquoi un peuple fort te glorifie, la cité des nations redoutables te craint. |
4 Car tu as été un refuge pour le faible, un refuge pour le malheureux plongé dans la détresse, un abri contre la pluie, un ombrage contre la chaleur, car le souffle des violents est comme la pluie d'hiver. |
5 Comme la chaleur sur une terre aride, tu apaises le tumulte des étrangers: la chaleur tiédit à l'ombre d'un nuage, le chant des violents se tait. |
6 Yahvé Sabaot prépare pour tous les peuples, sur cette montagne, un festin de viandes grasses, un festin de bons vins, de viandes moelleuses, de vins dépouillés. |
7 Il a détruit sur cette montagne le voile qui voilait tous les peuples et le tissu tendu sur toutes les nations; |
8 il a fait disparaître la mort à jamais. Le Seigneur Yahvé a essuyé les pleurs sur tous les visages, il ôtera l'opprobre de son peuple sur toute la terre, car Yahvé a parlé. |
9 Et on dira, en ce jour-là: Voyez, c'est notre Dieu, en lui nous espérions pour qu'il nous sauve; c'est Yahvé, nous espérions en lui. Exultons, réjouissons-nous du salut qu'il nous a donné. |
Le milieu du Grand Carême approche, et c'est pourquoi nous lisons aujourd'hui les paroles du prophète Isaïe sur la victoire de Dieu. Le prophète chante un hymne au Tout-Puissant et parle d'une victoire qui s'étend toujours plus largement. Au début du passage, il glorifie Dieu pour la destruction d'un royaume opposé à Lui ; puis le regard du prophète se tourne vers le salut des pauvres et des opprimés. Il dit que, grâce à l'intervention du Tout-Puissant, le souffle des tyrans était comme une tempête contre un mur, et qu'Il a dompté la fureur des ennemis. Mais le prophète dit ensuite que, tout comme les oppresseurs terrestres, des oppresseurs d'un tout autre genre seront eux aussi vaincus et soumis. Le Seigneur détruira le voile qui repose sur tous les peuples, c'est-à-dire la barrière entre tous les hommes et Lui-même. Enfin, le prophète célèbre la victoire sur la mort elle-même et sur la souffrance : la mort sera engloutie pour toujours, et le Seigneur Dieu essuiera les larmes de tous les visages. La foi que cela arrivera ainsi peut être pour nous une source de force en tout temps.
1 Yahvé, tu es mon Dieu, je t'exalterai, je louerai ton nom, car tu as accompli des merveilles, les desseins de jadis, fidèlement, fermement. |
2 Car tu as fait de la ville un tas de pierres, la cité fortifiée est une ruine, la citadelle des étrangers n'est plus une ville, jamais elle ne sera reconstruite. |
3 C'est pourquoi un peuple fort te glorifie, la cité des nations redoutables te craint. |
4 Car tu as été un refuge pour le faible, un refuge pour le malheureux plongé dans la détresse, un abri contre la pluie, un ombrage contre la chaleur, car le souffle des violents est comme la pluie d'hiver. |
5 Comme la chaleur sur une terre aride, tu apaises le tumulte des étrangers: la chaleur tiédit à l'ombre d'un nuage, le chant des violents se tait. |
6 Yahvé Sabaot prépare pour tous les peuples, sur cette montagne, un festin de viandes grasses, un festin de bons vins, de viandes moelleuses, de vins dépouillés. |
7 Il a détruit sur cette montagne le voile qui voilait tous les peuples et le tissu tendu sur toutes les nations; |
8 il a fait disparaître la mort à jamais. Le Seigneur Yahvé a essuyé les pleurs sur tous les visages, il ôtera l'opprobre de son peuple sur toute la terre, car Yahvé a parlé. |
9 Et on dira, en ce jour-là: Voyez, c'est notre Dieu, en lui nous espérions pour qu'il nous sauve; c'est Yahvé, nous espérions en lui. Exultons, réjouissons-nous du salut qu'il nous a donné. |
La prophétie d'Isaïe parle de la Résurrection du Christ: «Il ôtera l'opprobre de Son peuple». L'opprobre, ce ne sont pas seulement les offenses, les souffrances et les oppressions. C'est aussi le fardeau du péché qui, comme une maladie, comme la lèpre, sépare l'homme de Dieu et des autres hommes. C'est aussi le péché originel dont nous sommes marqués et dont nous ne pouvons être délivrés que par la mort et la Résurrection au jour du Jugement. Et Son peuple, c'est quiconque donne sa vie pour Lui et pour l'Évangile.
La mort est déjà engloutie pour toujours. Et la joie de la Résurrection est avec nous chaque jour. Et au dernier jour il y aura l'arc-en-ciel, et le Seigneur rétablira le paradis sur la terre, et Son peuple montera sur la montagne et célébrera sa rencontre avec le Seigneur et la restauration du monde. Du monde tel qu'il avait été pensé et créé aux premiers jours.
29 Étant parti de là, Jésus vint au bord de la mer de Galilée. Il gravit la montagne, et là il s'assit. |
30 Et des foules nombreuses s'approchèrent de lui, ayant avec elles des boiteux, des estropiés, des aveugles, des muets et bien d'autres encore, qu'ils déposèrent à ses pieds; et il les guérit. |
31 Et les foules de s'émerveiller en voyant ces muets qui parlaient, ces estropiés qui redevenaient valides, ces boiteux qui marchaient et ces aveugles qui recouvraient la vue ; et ils rendirent gloire au Dieu d'Israël. |
32 Jésus, cependant, appela à lui ses disciples et leur dit : " J'ai pitié de la foule, car voilà déjà trois jours qu'ils restent auprès de moi et ils n'ont pas de quoi manger. Les renvoyer à jeun, je ne le veux pas : ils pourraient défaillir en route. " |
33 Les disciples lui disent : " Où prendrons-nous, dans un désert, assez de pains pour rassasier une telle foule ? " |
34 Jésus leur dit : " Combien de pains avez-vous ? " - " Sept, dirent-ils, et quelques petits poissons. " |
35 Alors il ordonna à la foule de s'étendre à terre; |
36 puis il prit les sept pains et les poissons, rendit grâces, les rompit et il les donnait à ses disciples, qui les donnaient à la foule. |
37 Tous mangèrent et furent rassasiés, et des morceaux qui restaient on ramassa sept pleines corbeilles! |
38 Or ceux qui mangèrent étaient quatre mille hommes, sans compter les femmes et les enfants. |
39 Après avoir renvoyé les foules, Jésus monta dans la barque et s'en vint dans le territoire de Magadan. |
Le récit de la seconde multiplication des pains reprend en partie celui du premier repas de la foule, mais ils présentent aussi des différences. Seuls les détails diffèrent, mais c’est précisément grâce aux nuances que l’on peut découvrir beaucoup de choses.
Si, la première fois, le Christ, pris de compassion pour le peuple, avait Lui-même guéri tous ceux qui L’avaient suivi, cette fois les gens Lui amènent expressément de nombreux malades et infirmes afin qu’Il les guérisse. Il vient sans aucun doute en aide à tous ceux qui sont dans le besoin. Mais de plus en plus souvent, les gens considèrent le Christ comme Celui qui apporte une aide concrète, sans voir toutefois aucun autre sens à Sa venue dans le monde.
Si, la première fois, la question de la nourriture pour le peuple avait été posée par les disciples, cette fois c’est Lui-même qui exprime le désir de nourrir la foule. Il est étonnant que les disciples semblent avoir oublié le premier repas et ne comprennent pas où trouver du pain dans le désert. Pourquoi ? Est-ce parce qu’ils craignent de demander que se répète ce qui les avait tant frappés ? Ou bien ce qu’ils ont vu est-il réellement passé à côté de leur conscience ? Mais ne nous arrive-t-il pas, à nous aussi, de replonger souvent dans le quotidien après un événement important de notre vie spirituelle, si bien que l’expérience qui aurait dû nous bouleverser tombe dans l’oubli...
21 En sortant de là, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. |
22 Et voici qu'une femme cananéenne, étant sortie de ce territoire, criait en disant : " Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David : ma fille est fort malmenée par un démon. " |
23 Mais il ne lui répondit pas un mot. Ses disciples, s'approchant, le priaient : " Fais-lui grâce, car elle nous poursuit de ses cris. " |
24 A quoi il répondit : " Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël. " |
25 Mais la femme était arrivée et se tenait prosternée devant lui en disant : " Seigneur, viens à mon secours ! " |
26 Il lui répondit : " Il ne sied pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. " - |
27 " Oui, Seigneur ! dit-elle, et justement les petits chiens mangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ! " |
28 Alors Jésus lui répondit : " O femme, grande est ta foi ! Qu'il t'advienne selon ton désir ! " Et de ce moment sa fille fut guérie. |
29 Étant parti de là, Jésus vint au bord de la mer de Galilée. Il gravit la montagne, et là il s'assit. |
30 Et des foules nombreuses s'approchèrent de lui, ayant avec elles des boiteux, des estropiés, des aveugles, des muets et bien d'autres encore, qu'ils déposèrent à ses pieds; et il les guérit. |
31 Et les foules de s'émerveiller en voyant ces muets qui parlaient, ces estropiés qui redevenaient valides, ces boiteux qui marchaient et ces aveugles qui recouvraient la vue ; et ils rendirent gloire au Dieu d'Israël. |
32 Jésus, cependant, appela à lui ses disciples et leur dit : " J'ai pitié de la foule, car voilà déjà trois jours qu'ils restent auprès de moi et ils n'ont pas de quoi manger. Les renvoyer à jeun, je ne le veux pas : ils pourraient défaillir en route. " |
33 Les disciples lui disent : " Où prendrons-nous, dans un désert, assez de pains pour rassasier une telle foule ? " |
34 Jésus leur dit : " Combien de pains avez-vous ? " - " Sept, dirent-ils, et quelques petits poissons. " |
35 Alors il ordonna à la foule de s'étendre à terre; |
36 puis il prit les sept pains et les poissons, rendit grâces, les rompit et il les donnait à ses disciples, qui les donnaient à la foule. |
37 Tous mangèrent et furent rassasiés, et des morceaux qui restaient on ramassa sept pleines corbeilles! |
38 Or ceux qui mangèrent étaient quatre mille hommes, sans compter les femmes et les enfants. |
39 Après avoir renvoyé les foules, Jésus monta dans la barque et s'en vint dans le territoire de Magadan. |
Une fois encore, l'Évangile reprend le récit où Jésus distribue du pain au peuple, et désormais le sens intérieur de ce qui se passe est clairement indiqué. Entre les deux descriptions de repas, nous rencontrons une personne pour qui recevoir de Jésus ne serait-ce que les restes de ce pain signifie recevoir une vie renouvelée. C'est une femme païenne qui demande la vie non pour elle-même, mais pour sa fille mourante. Extérieurement, son dialogue avec Jésus ressemble à un concours d'esprit : Jésus esquisse une petite scène parabolique (les chiens et les enfants), et la femme s'insère habilement dans Ses images, prouvant ainsi son droit aux « miettes de pain ». Mais, en réalité, le Christ ne la loue pas pour une réponse ingénieuse, mais pour sa foi, car ce qui lui arrive est précisément un acte de foi : elle reconnaît en Jésus Celui Qui donne le pain de vie. Dans sa douleur et son besoin, les paroles du Christ sur le pain céleste, que les disciples comprenaient si difficilement (cf. Jn 6), deviennent pour elle parfaitement claires, et elle touche au mystère du salut, au mystère du pain de vie, le Christ.
21 En sortant de là, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. |
22 Et voici qu'une femme cananéenne, étant sortie de ce territoire, criait en disant : " Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David : ma fille est fort malmenée par un démon. " |
23 Mais il ne lui répondit pas un mot. Ses disciples, s'approchant, le priaient : " Fais-lui grâce, car elle nous poursuit de ses cris. " |
24 A quoi il répondit : " Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël. " |
25 Mais la femme était arrivée et se tenait prosternée devant lui en disant : " Seigneur, viens à mon secours ! " |
26 Il lui répondit : " Il ne sied pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. " - |
27 " Oui, Seigneur ! dit-elle, et justement les petits chiens mangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ! " |
28 Alors Jésus lui répondit : " O femme, grande est ta foi ! Qu'il t'advienne selon ton désir ! " Et de ce moment sa fille fut guérie. |
29 Étant parti de là, Jésus vint au bord de la mer de Galilée. Il gravit la montagne, et là il s'assit. |
30 Et des foules nombreuses s'approchèrent de lui, ayant avec elles des boiteux, des estropiés, des aveugles, des muets et bien d'autres encore, qu'ils déposèrent à ses pieds; et il les guérit. |
31 Et les foules de s'émerveiller en voyant ces muets qui parlaient, ces estropiés qui redevenaient valides, ces boiteux qui marchaient et ces aveugles qui recouvraient la vue ; et ils rendirent gloire au Dieu d'Israël. |
32 Jésus, cependant, appela à lui ses disciples et leur dit : " J'ai pitié de la foule, car voilà déjà trois jours qu'ils restent auprès de moi et ils n'ont pas de quoi manger. Les renvoyer à jeun, je ne le veux pas : ils pourraient défaillir en route. " |
33 Les disciples lui disent : " Où prendrons-nous, dans un désert, assez de pains pour rassasier une telle foule ? " |
34 Jésus leur dit : " Combien de pains avez-vous ? " - " Sept, dirent-ils, et quelques petits poissons. " |
35 Alors il ordonna à la foule de s'étendre à terre; |
36 puis il prit les sept pains et les poissons, rendit grâces, les rompit et il les donnait à ses disciples, qui les donnaient à la foule. |
37 Tous mangèrent et furent rassasiés, et des morceaux qui restaient on ramassa sept pleines corbeilles! |
38 Or ceux qui mangèrent étaient quatre mille hommes, sans compter les femmes et les enfants. |
39 Après avoir renvoyé les foules, Jésus monta dans la barque et s'en vint dans le territoire de Magadan. |
La lecture d’aujourd’hui nous propose de nouveau deux épisodes qui, à première vue, ne sont pas directement liés entre eux : la guérison de la fille de la Samaritaine (v. 22–28) et le miracle de la multiplication des pains, semblable à celui décrit au chapitre précédent (v. 29–38 ; cf. Mt 14:13–21). Pourtant, il existe un lien entre eux. Et ce lien passe par le Royaume, dont la manifestation est à la base des événements décrits dans les deux épisodes. Car les miracles comme les guérisons mentionnés dans les récits évangéliques parlent toujours, au fond, d’une seule chose : du Royaume qui, selon la parole du Sauveur, « s’est approché ».
21 En sortant de là, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. |
22 Et voici qu'une femme cananéenne, étant sortie de ce territoire, criait en disant : " Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David : ma fille est fort malmenée par un démon. " |
23 Mais il ne lui répondit pas un mot. Ses disciples, s'approchant, le priaient : " Fais-lui grâce, car elle nous poursuit de ses cris. " |
24 A quoi il répondit : " Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël. " |
25 Mais la femme était arrivée et se tenait prosternée devant lui en disant : " Seigneur, viens à mon secours ! " |
26 Il lui répondit : " Il ne sied pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. " - |
27 " Oui, Seigneur ! dit-elle, et justement les petits chiens mangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ! " |
28 Alors Jésus lui répondit : " O femme, grande est ta foi ! Qu'il t'advienne selon ton désir ! " Et de ce moment sa fille fut guérie. |
29 Étant parti de là, Jésus vint au bord de la mer de Galilée. Il gravit la montagne, et là il s'assit. |
30 Et des foules nombreuses s'approchèrent de lui, ayant avec elles des boiteux, des estropiés, des aveugles, des muets et bien d'autres encore, qu'ils déposèrent à ses pieds; et il les guérit. |
31 Et les foules de s'émerveiller en voyant ces muets qui parlaient, ces estropiés qui redevenaient valides, ces boiteux qui marchaient et ces aveugles qui recouvraient la vue ; et ils rendirent gloire au Dieu d'Israël. |
32 Jésus, cependant, appela à lui ses disciples et leur dit : " J'ai pitié de la foule, car voilà déjà trois jours qu'ils restent auprès de moi et ils n'ont pas de quoi manger. Les renvoyer à jeun, je ne le veux pas : ils pourraient défaillir en route. " |
33 Les disciples lui disent : " Où prendrons-nous, dans un désert, assez de pains pour rassasier une telle foule ? " |
34 Jésus leur dit : " Combien de pains avez-vous ? " - " Sept, dirent-ils, et quelques petits poissons. " |
35 Alors il ordonna à la foule de s'étendre à terre; |
36 puis il prit les sept pains et les poissons, rendit grâces, les rompit et il les donnait à ses disciples, qui les donnaient à la foule. |
37 Tous mangèrent et furent rassasiés, et des morceaux qui restaient on ramassa sept pleines corbeilles! |
38 Or ceux qui mangèrent étaient quatre mille hommes, sans compter les femmes et les enfants. |
39 Après avoir renvoyé les foules, Jésus monta dans la barque et s'en vint dans le territoire de Magadan. |
Quand nous lisons dans l'Évangile que cette femme était cananéenne, cela ne signifie pas qu'elle était « de seconde catégorie », ou d'une origine mauvaise, ou qu'elle avait encore déplu à Jésus par quelque chose. Nous savons, pour l'avoir lu dans l'Évangile et simplement senti dans notre coeur, que Jésus est toujours prêt à aider et à guérir les pauvres, les pécheurs et les rejetés. Pour les premiers auditeurs de l'évangéliste, il était parfaitement clair qu'elle était une païenne authentique, c'est-à-dire qu'elle croyait aux dieux païens, les adorait et leur offrait des sacrifices. C'est précisément pourquoi le Seigneur soumet sa foi à une telle épreuve : pour l'aider elle-même à comprendre pourquoi elle s'adresse à Lui pour demander de l'aide, et non à ses dieux.
Ici, une ligne est comme tracée entre les représentations païennes de l'homme et le recours à Jésus, c'est-à-dire la prière. La prière au Christ, et au Père dans le Christ, est incompatible avec le paganisme. Or le paganisme lui-même n'est pas nécessairement la foi en d'autres dieux ; c'est aussi, chez les chrétiens, l'espérance tout à fait ordinaire placée non dans le Dieu unique, mais dans quelque chose d'autre : l'argent, ses propres capacités, son parti politique, le « on verra bien », etc. Le paganisme, c'est quand nous ne vivons pas pour Dieu, mais pour quelqu'un d'autre, le plus souvent simplement pour nous-mêmes. Si donc, étant de tels païens, nous voulons demander quelque chose au Christ, nous adresser à Lui dans la prière, il nous faudra, avec cette femme cananéenne, passer par une réévaluation complète de notre foi et comprendre pourquoi nous nous sommes tournés vers le Christ, et non vers nos idoles...
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