RÉFLEXIONS pour Pr 8:1-9:18 — le 23 juillet 2024

RÉFLEXIONS pour Pr 8:1-9:18

La Sagesse appelle les hommes, et les paroles du Christ reviennent à l'esprit : « Je me tiens à la porte et je frappe » (Ap 3:20). Accueillir la sagesse, comme tout ce qui vient d'en haut, est un acte libre : personne ne contraint personne, mais il vaut tout de même mieux avoir la sagesse. La sagesse vaut mieux que l'or, et ce n'est pas une simple métaphore : ceux qui courent après l'or plutôt qu'après la sagesse risquent de se retrouver sans or ni sagesse.

Les mots « la crainte du Seigneur, c'est la haine du mal » nous dévoilent une autre facette de cette notion difficile, qui ne se réduit pas aux formes de peur qui nous sont familières. Cela signifie, entre autres, qu'il ne suffit pas d'éviter le mal : il faut s'y opposer activement, ce qui exige l'intrépidité née de la crainte de Dieu.

Les paroles sur les premières poussières de l'univers peuvent être comprises comme une évocation des particules les plus petites, et l'on peut présenter ce passage de l'Écriture à ceux qui tentent de démontrer le caractère « antiscientifique » de la vision biblique du monde. Cette lecture est peut-être juste, mais il importe davantage de voir se dévoiler dans les pages de la Bible le sens de la Création que d'y rechercher une description détaillée de l'organisation du monde du point de vue de la physique. Et si le monde a été créé avec sagesse, cela signifie que l'univers n'est organisé ni de façon absurde ni de façon chaotique.

La Sagesse conseille de reprendre le sage, car, pour bien réagir à la critique, il faut savoir y réagir. En poursuivant ce raisonnement, on pourrait conclure qu'il est inutile d'instruire l'insensé, mais cela n'est pas dit : il ne faut donc pas renoncer à tenter de faire entendre raison à celui qui ne comprend pas quelque chose. (Et qui a le droit de traiter un autre être humain d'imbécile ?) En revanche, il est inutile d'instruire le railleur qui tourne le sacré en dérision. Parmi les nombreuses formes du mal, cette dérision est distinguée parce qu'elle est non seulement dirigée contre Dieu, qui donne la sagesse et le bien, mais aussi suscitée moins par « l'incompréhension » que par une obsession passionnée. Nous pouvons ici nous rappeler le conseil évangélique : « ne jetez pas vos perles devant les porcs » (Mt 7:6).

Le sens de la « crainte de Dieu » se dévoile à nouveau devant nous : elle est le commencement de la sagesse, tandis que la sagesse elle-même est inséparable de l'intelligence, dont l'essence est la connaissance du Saint. L'Écriture n'a jamais nié l'importance de la raison ; il est donc vain de l'opposer à la foi.