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RÉFLEXIONS pour Jon 3:1-10

1 La parole de Yahvé fut adressée pour la seconde fois à Jonas :
2 « Lève-toi, lui dit-il, va à Ninive, la grande ville, et annonce-leur ce que je te dirai. »
3 Jonas se leva et alla à Ninive selon la parole de Yahvé. Or Ninive était une ville divinement grande : il fallait trois jours pour la traverser.
4 Jonas pénétra dans la ville ; il y fit une journée de marche. Il prêcha en ces termes : « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite. »
5 Les gens de Ninive crurent en Dieu ; ils publièrent un jeûne et se revêtirent de sacs, depuis le plus grand jusqu’au plus petit.
6 La nouvelle parvint au roi de Ninive ; il se leva de son trône, quitta son manteau, se couvrit d’un sac et s’assit sur la cendre.
7 Puis l’on cria dans Ninive, et l’on fit, par décret du roi et des grands, cette proclamation : « Hommes et bêtes, gros et petit bétail ne goûteront rien, ne mangeront pas et ne boiront pas d’eau.
8 On se couvrira de sacs, on criera vers Dieu avec force, et chacun se détournera de sa mauvaise conduite et de l’iniquité que commettent ses mains.
9 Qui sait si Dieu ne se ravisera pas et ne se repentira pas, s’il ne reviendra pas de l’ardeur de sa colère, en sorte que nous ne périssions point ? »
10 Dieu vit ce qu’ils faisaient pour se détourner de leur conduite mauvaise. Aussi Dieu se repentit du mal dont il les avait menacés, il ne le réalisa pas.
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La prédication de Jonas à Ninive s'est achevée par un succès saisissant. Pour les contemporains de l'auteur du Livre de Jonas, Ninive, capitale de l'Empire assyrien, était le foyer du mal dans le monde, le symbole de tout ce qu'il y a de pire sur terre, y compris, entre autres, de la révolte contre Dieu. L'Assyrie historique donnait matière à de telles représentations : c'était réellement la première société sans religion de l'histoire. Bien sûr, l'Assyrie avait ses dieux, mais aux yeux, sinon de la majorité, du moins de très nombreux Assyriens, ils n'étaient que des symboles de l'empire lui-même, sans être associés à aucune puissance supérieure.

Et c'est dans une telle ville que Dieu envoie Son prophète ! L'entreprise paraît totalement désespérée : que peut-on attendre d'un tel peuple ? Mais il se produit quelque chose de tout à fait inattendu : la ville entière, avec le roi lui-même à sa tête, se tourne vers Dieu et se repent de ses péchés, s'imposant un jeûne en signe de repentir, comme il était d'usage en ce temps-là.

Comment cela a-t-il pu se produire ? Aussi étrange que cela paraisse, c'est précisément leur péché, évident aux yeux de tous, qui a pu aider les habitants de Ninive à parvenir au repentir. Ils étaient païens et ne croyaient même pas à leurs propres dieux. Ils se distinguaient par leur goût de la mollesse et du luxe, associé à une cruauté devenue proverbiale. Le mépris des vaincus, que l'on ne considérait souvent même pas comme des êtres humains, était chose courante.

Mais malgré tout cela, les Assyriens en général, et les Ninivites en particulier, avaient encore un autre trait : une certaine franchise et une certaine sincérité au sujet de leurs péchés. En péchant, ils ne jugeaient pas nécessaire de cacher quoi que ce soit, convaincus d'avoir le droit de faire ce qu'ils faisaient.

Une telle franchise facilite toujours le repentir et simplifie la vie spirituelle en général. Certes, le repentir exige dans tous les cas un effort spirituel, mais, dans une situation semblable à celle des Assyriens, l'homme n'a du moins pas à se faire d'illusions sur ses propres actes : il en voit clairement la nature et le sens. Il ne lui reste qu'à comprendre que ces actes sont des péchés, et le repentir peut alors fort bien devenir l'étape logique suivante sur son chemin spirituel. Une étape qui sera aussi résolue que tous les actes qu'il avait accomplis auparavant, sans avoir conscience de leur caractère pécheur, ou sans même y avoir réfléchi.

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Pour Jon 3:1-10
1 La parole de Yahvé fut adressée pour la seconde fois à Jonas :
2 « Lève-toi, lui dit-il, va à Ninive, la grande ville, et annonce-leur ce que je te dirai. »
3 Jonas se leva et alla à Ninive selon la parole de Yahvé. Or Ninive était une ville divinement grande : il fallait trois jours pour la traverser.
4 Jonas pénétra dans la ville ; il y fit une journée de marche. Il prêcha en ces termes : « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite. »
5 Les gens de Ninive crurent en Dieu ; ils publièrent un jeûne et se revêtirent de sacs, depuis le plus grand jusqu’au plus petit.
6 La nouvelle parvint au roi de Ninive ; il se leva de son trône, quitta son manteau, se couvrit d’un sac et s’assit sur la cendre.
7 Puis l’on cria dans Ninive, et l’on fit, par décret du roi et des grands, cette proclamation : « Hommes et bêtes, gros et petit bétail ne goûteront rien, ne mangeront pas et ne boiront pas d’eau.
8 On se couvrira de sacs, on criera vers Dieu avec force, et chacun se détournera de sa mauvaise conduite et de l’iniquité que commettent ses mains.
9 Qui sait si Dieu ne se ravisera pas et ne se repentira pas, s’il ne reviendra pas de l’ardeur de sa colère, en sorte que nous ne périssions point ? »
10 Dieu vit ce qu’ils faisaient pour se détourner de leur conduite mauvaise. Aussi Dieu se repentit du mal dont il les avait menacés, il ne le réalisa pas.
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Le repentir des Ninivites entre dans une nouvelle étape, plus forte, lorsque l'élan de repentir gagne le roi. Bien que l'histoire ne connaisse aucun...  Lire la suite

Le repentir des Ninivites entre dans une nouvelle étape, plus forte, lorsque l'élan de repentir gagne le roi. Bien que nous ne connaissions aucun roi historique d'Assyrie qui se soit repenti, il importe de voir ici autre chose : le roi ne reste pas à l'écart du mouvement de repentir qui a saisi le peuple et ne rejette pas cette « initiative venue d'en bas ». En tant que chef du peuple, il ne se sépare pas de ceux qui se repentent et reconnaît ses propres péchés, inséparables de ceux de tous ses sujets. L'exemple du détenteur du pouvoir peut agir sur ses sujets dans un sens comme dans l'autre. De même qu'il ne faut pas exclure que des pécheurs endurcis changent de voie, il ne faut pas non plus penser que les gouvernants soient incapables de se laisser guider par d'autres considérations que des raisons purement utilitaires.

Le Seigneur renonça aux malheurs qu'Il avait annoncés parce que leur repentir était authentique. Cela signifie que nous pouvons, nous aussi, espérer que les malheurs qui nous effraient aujourd'hui ne se produiront pas si nous changeons de voie. Pourvu seulement que notre repentir ne se révèle pas une simple formalité.

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Pour Jon 3:1-5
1 La parole de Yahvé fut adressée pour la seconde fois à Jonas :
2 « Lève-toi, lui dit-il, va à Ninive, la grande ville, et annonce-leur ce que je te dirai. »
3 Jonas se leva et alla à Ninive selon la parole de Yahvé. Or Ninive était une ville divinement grande : il fallait trois jours pour la traverser.
4 Jonas pénétra dans la ville ; il y fit une journée de marche. Il prêcha en ces termes : « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite. »
5 Les gens de Ninive crurent en Dieu ; ils publièrent un jeûne et se revêtirent de sacs, depuis le plus grand jusqu’au plus petit.
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Le Seigneur ordonne une seconde fois à Jonas d’aller à Ninive. Cela ne fait pas que souligner l’importance particulière de ce qui a été dit, comme de tout ce qui...  Lire la suite

Le Seigneur ordonne une seconde fois à Jonas d’aller à Ninive. Cela ne fait pas que souligner l’importance particulière de ce qui a été dit, comme de tout ce qui est dit deux fois dans la Bible. Le Seigneur s’adresse à Jonas comme la première fois, comme s’il n’avait pas tenté de se dérober à son appel ; il donne à celui qui s’est écarté de ses voies la possibilité de recommencer.

Ninive, ville païenne et hostile, est appelée pour la première fois une grande ville aux yeux de Dieu. Il ne l’a pas définitivement rejetée à cause de ses péchés ; ses habitants sont eux aussi ses créatures, des descendants d’Adam. L’expression trois jours de marche, qui caractérise les dimensions de la ville, est une métaphore, mais elle n’est pas moins exacte que la phrase sur l’oiseau rare capable de traverser le Dniepr en volant. L’ancienne Ninive n’atteignait pas de telles dimensions ; de telles épithètes évoquent plutôt les villes modernes, qu’il est réellement difficile de parcourir à pied. Nous comprenons alors que le livre de Jonas concerne tous les temps. Ainsi, nous aussi, qui vivons dans de nouvelles Ninive, pouvons, comme Jonas, être appelés à prêcher à ceux que nous avons l’habitude de considérer comme des pécheurs endurcis. Aurons-nous assez de résolution pour accepter un tel appel s’il nous est adressé, ou chercherons-nous à nous en dégager sous prétexte que la prédication « ne sera de toute façon pas entendue » ?

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Pour Jon 3:4-6
4 Jonas pénétra dans la ville ; il y fit une journée de marche. Il prêcha en ces termes : « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite. »
5 Les gens de Ninive crurent en Dieu ; ils publièrent un jeûne et se revêtirent de sacs, depuis le plus grand jusqu’au plus petit.
6 La nouvelle parvint au roi de Ninive ; il se leva de son trône, quitta son manteau, se couvrit d’un sac et s’assit sur la cendre.
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Discuter de l’impossibilité du passage de la mer Rouge, de la manne céleste, du déluge universel, est pour le moins étrange...  Lire la suite

Discuter de l’impossibilité du passage de la mer Rouge, de la manne céleste, du déluge universel, est pour le moins étrange lorsque nous lisons l’un des événements les plus incroyables. Une ville entière a abandonné toutes ses affaires, et tous, depuis le roi jusqu’aux enfants, ont demandé pardon et miséricorde. C’est comme si un homme venu d’une autre ville arrivait à Tallinn, Tver, Kostroma, Koursk ou dans n’importe quel arrondissement de Moscou comptant cent vingt mille habitants, et se mettait à parcourir la ville en disant que, dans quarante jours, elle serait détruite à cause de ce qui s’y passe. Et qu’après cela, tous, y compris l’administration municipale avec le maire à sa tête, décidaient de ne plus faire le mal ni commettre de violence. Tout cela est si incroyable qu’il est encore plus difficile de prendre conscience du résultat auquel cela a conduit. Ils ont changé leur vie, renoncé au mal, et Dieu a suspendu l’action des lois de la nature. Il a annulé Sa décision de détruire la ville parce que les hommes, voyant jusqu’où ils s’étaient conduits eux-mêmes, se sont tournés vers Lui pour obtenir miséricorde. À bien y réfléchir, il n’y a là aucune contradiction, puisqu’Il a Lui-même dit que nous pouvons choisir «la vie et le bien, ou la mort et le mal». Et en choisissant le bien, nous choisissons un jugement selon la miséricorde, non selon la justice stricte.

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Pour Jon 3:4-5
4 Jonas pénétra dans la ville ; il y fit une journée de marche. Il prêcha en ces termes : « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite. »
5 Les gens de Ninive crurent en Dieu ; ils publièrent un jeûne et se revêtirent de sacs, depuis le plus grand jusqu’au plus petit.
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Comme on le voit, la prédication de Jonas a réussi, puisqu’il a pu amener au repentir même les habitants d’une ville comme Ninive. En effet, à l’époque préexilique (lorsque fut écrit le livre de Jonas), Ninive était précisément le symbole de tout ce qu’il y a de pire dans le monde (après l’exil à Babylone, la place de Ninive dans les livres bibliques fut prise par Babylone)...  Lire la suite

Comme on le voit, la prédication de Jonas a réussi, puisqu’il a pu amener au repentir même les habitants d’une ville comme Ninive. En effet, à l’époque préexilique (lorsque fut écrit le livre de Jonas), Ninive était précisément le symbole de tout ce qu’il y a de pire dans le monde (après l’exil à Babylone, la place de Ninive dans les livres bibliques fut prise par Babylone). Cela n’a rien d’étonnant : il s’agit de la capitale de l’Empire assyrien, dont les souverains et les soldats se distinguaient par leur cruauté même dans le monde antique, où il était généralement difficile de surprendre par la cruauté. Mais il ne s’agit pas seulement de la cruauté légendaire des Assyriens ; il s’agit aussi de l’esprit de l’empire qu’ils ont créé.

En réalité, l’Assyrie a donné au monde le premier exemple d’une société pratiquement sans religion. Bien sûr, les Assyriens, comme tous les peuples de l’Antiquité, avaient leurs dieux, dont ils protégeaient jalousement l’honneur et la dignité. Mais ces dieux étaient pour les Assyriens plutôt des symboles de la puissance impériale que des objets de culte religieux. La situation rappelait celle de l’Empire romain tardif : en Jupiter Capitolin, bien sûr, plus personne ne croyait sérieusement, mais ne pas lui rendre les honneurs convenables signifiait humilier Rome, avec toutes les conséquences qui en découlaient.

Un témoignage remarquable en est le discours du commandant du corps expéditionnaire assyrien envoyé pour conquérir l’Égypte et qui, en chemin, décida de mettre fin à l’autonomie relative de la Judée et assiégea Jérusalem (on peut le trouver dans le livre d’Isaïe). Il ne parle pas de la grandeur des dieux assyriens, mais de la force de l’Empire assyrien.

Il dit aux assiégés : en quel Dieu espérez-vous ? Combien de peuples ont eu différents dieux, et un seul dieu a-t-il jamais aidé qui que ce soit ? Pour la guerre, selon lui, il faut « conseil et force », c’est-à-dire une armée puissante et une administration efficace, non le soutien de quelque dieu que ce soit. Ces paroles trahissent clairement l’athéisme pratique, peut-être non officiellement déclaré, de celui qui parle. Et l’on peut penser qu’une telle vision du monde n’était pas propre au seul commandant du corps expéditionnaire.

Pour obliger de telles personnes à se repentir, il fallait faire des efforts. Plus encore : il fallait une action particulière et ciblée de Dieu pour obtenir un tel effet. Mais l’auteur du livre de Jonas, comme on le voit, comprenait bien que la seule possibilité pour Ninive et pour toute l’Assyrie de survivre était la conversion et le repentir des péchés commis. Et le destin historique de l’Assyrie, qui dans son ensemble se révéla incapable d’un tel repentir, confirme qu’il avait raison.

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Pour Jon 3:4-5
4 Jonas pénétra dans la ville ; il y fit une journée de marche. Il prêcha en ces termes : « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite. »
5 Les gens de Ninive crurent en Dieu ; ils publièrent un jeûne et se revêtirent de sacs, depuis le plus grand jusqu’au plus petit.
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Il arrive que dans la vie des individus et des peuples entiers il se passe quelque chose qu’on dit que cela ne peut pas être parce qu’elle ne peut jamais être. La confession massive des habitants de Ninive peut être attribuée à de tels événements. C’est notamment pourquoi le prophète ne voulait pas partir là-bas, il était absolument certain...  Lire la suite

Il arrive que dans la vie des individus et des peuples entiers il se passe quelque chose qu’on dit que cela ne peut pas être parce qu’elle ne peut jamais être. La confession massive des habitants de Ninive peut être attribuée à de tels événements. C’est notamment pourquoi le prophète ne voulait pas partir là-bas, il était absolument certain : prêcher à Ninive, appeler ses habitants à la confession est une chose notoirement absurde. Mais Dieu l'a envoyé tout de même notamment là-bas. Pourquoi? Les biblistes discutent jusqu'à présent, si l'histoire racontée par l'auteur du Livre de Jonas, est réelle ou inventée, mais, quoi qu'il en soit, une chose est évidente: nous avons devant nous une parabole, et peu importe ce qui est à sa base : un fait historique ou une invention d'art.

C'est la parabole d’un prophète, qui a obtenu un succès inattendu là, où on ne pouvait pas attendre le succès, et ne comprenant pas que son succès était vraiment un succès, et non l'échec, comme il lui semblait après la conversion des Ninivites. Peut-être le prophète les comparait à son propre peuple: car les Juifs ne prenaient pas toujours au sérieux les mots des prophètes. Et ici, Jonas a pensé, probablement, que les ninivites, les païens, et encore vivant dans le pays, qui était pour ses contemporains et compatriotes le symbole de tout ce qu’il y avait de pire dans le monde, le symbole de l’impiété et de rébellion contre les dieux.

Est-ce que de tels gens pourront entendre l'appel de Dieu à la conversion et au repentir? Et voici se produit notamment ce que le prophète considérait improbable: son témoignage est entendu, la ville se repent. Comment cela pouvait arriver ? La réponse semble paradoxale, mais c’est notamment la mesure de l’état de péché des habitants de la ville qui pouvait les incliner à la repentance. Les compatriotes du prophète (si ce n’est pas tous, plusieurs) ne se considéraient d'habitude pas du tout comme des pécheurs; ils ont bien sûr péché et connaissaient cela, mais péchaient «comme tous» et vivaient aussi «comme tout le monde».

Le sentiment «nous ne sommes pas pires que les autres», «nous sommes comme tout le monde» est familier à tout un chacun, mais ce n’est pas chacun qui réfléchit, quel frein il peut devenir sur le chemin spirituel, ne laissant pas celui qui réfléchit voir ses actes tels qu’ils sont, du point de vue des commandements de Dieu et du chemin de la justice. Chez les religieux Juifs ce sentiment était beaucoup plus fort que chez les non-religieux ninivites. C'est pourquoi il était plus facile pour eux de se repentir: ils ne se nourrissaient pas d’illusions sur leur propre compte. Et ils [les ninivites] ont dépassé sur le chemin de la repentance les compatriotes du prophète, qui trouvaient que, ne considérant pas quelques bagatelles, tout est en ordre dans leur vie spirituelle.

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Pour Jon 3:6-10
6 La nouvelle parvint au roi de Ninive ; il se leva de son trône, quitta son manteau, se couvrit d’un sac et s’assit sur la cendre.
7 Puis l’on cria dans Ninive, et l’on fit, par décret du roi et des grands, cette proclamation : « Hommes et bêtes, gros et petit bétail ne goûteront rien, ne mangeront pas et ne boiront pas d’eau.
8 On se couvrira de sacs, on criera vers Dieu avec force, et chacun se détournera de sa mauvaise conduite et de l’iniquité que commettent ses mains.
9 Qui sait si Dieu ne se ravisera pas et ne se repentira pas, s’il ne reviendra pas de l’ardeur de sa colère, en sorte que nous ne périssions point ? »
10 Dieu vit ce qu’ils faisaient pour se détourner de leur conduite mauvaise. Aussi Dieu se repentit du mal dont il les avait menacés, il ne le réalisa pas.
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Les prophètes bibliques avertissaient souvent leur propre peuple, comme les autres peuples, des malheurs à venir qui les menaçaient en raison de leurs péchés et de leur vie injuste. Certes, lorsqu'il s'agit de peuples païens qui ne connaissent ni Dieu ni les commandements qu'Il a explicitement donnés, les exigences sont quelque peu atténuées...  Lire la suite

Les prophètes bibliques avertissaient souvent leur propre peuple, comme les autres peuples, des malheurs à venir qui les menaçaient en raison de leurs péchés et de leur vie injuste. Certes, lorsqu'il s'agit de peuples païens qui ne connaissent ni Dieu ni les commandements qu'Il a explicitement donnés, les exigences sont quelque peu atténuées. Dieu ne demande, par exemple, un monothéisme strict à aucun autre peuple qu'au Sien.

Mais, pour ce qui est des relations des hommes entre eux, tout reste en vigueur. Cela n'a rien d'étonnant : la voix de la conscience suffit généralement ici, en rappelant ces mêmes commandements que Dieu donne explicitement à Son peuple. Il suffit d'écouter cette voix et de la suivre. Et si l'on éprouve des difficultés à la suivre, ce n'est pas par manque d'information, mais uniquement par refus de la suivre. À l'époque où fut écrit le livre de Jonas, Ninive était perçue comme le symbole et le foyer du mal mondial qui défie Dieu.

Elle était la capitale de l'Empire assyrien, dont, selon le témoignage du prophète, personne ne regretta la destruction, ni pendant ni après celle-ci. Par la suite, après l'Exil à Babylone, Babylone prit la place de Ninive dans l'ensemble des images et des symboles bibliques. Mais cela se produisit plus tard, plusieurs siècles après l'apparition du livre de Jonas. Et voici que, dans ce foyer du mal mondial, devenu le symbole d'une opposition universelle à Dieu, retentit une prédication qui, de façon tout à fait inattendue, suscite le repentir et la conversion des habitants. Incroyable, mais vrai. Il se produit ensuite quelque chose qui paraît plus incroyable encore : Dieu renonce à Ses projets de châtier Ninive.

Une seule conversion aurait-elle donc pesé davantage que tout le mal commis par les Ninivites ? Si l'on adopte une approche strictement arithmétique, en comptant les mauvaises actions et les bonnes, alors, bien sûr, non. Un seul repentir, une seule conversion, ne l'emportent pas sur tous les péchés commis, ni dans la vie d'une personne ni dans celle d'un peuple entier. Mais ce n'est pas l'arithmétique qui importe à Dieu. Il ne calcule pas le bilan des mauvaises et des bonnes actions ; s'il en était ainsi, personne n'aurait de chance. Seule la conversion Lui importe.

Ce qui importe, c'est de savoir avec qui se tient une personne ou un peuple entier, ici et maintenant : avec Lui ou avec ceux qui s'opposent à Lui. Et si c'est avec Lui, Il fera tout pour que ceux qui se sont tournés vers Lui aient la possibilité de changer de vie, peut-être même de repartir de zéro. Car Il ne veut pas que les pécheurs meurent à cause de leurs péchés. Il veut que le pécheur se tourne vers Lui, se repente du péché commis et commence une vie nouvelle. Et si le pécheur se repent vraiment et se tourne vers Lui, Il fera tout pour rendre cette vie nouvelle possible à celui qui s'est repenti.

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Pour Jon 3:10
10 Dieu vit ce qu’ils faisaient pour se détourner de leur conduite mauvaise. Aussi Dieu se repentit du mal dont il les avait menacés, il ne le réalisa pas.
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Dieu peut-Il annuler Sa décision? Et s'Il le peut, dans quels cas? Qu'est-ce que le destin, la fatalité, la prédestination? Existent-ils? C'est l'expérience prophétique qui répond le mieux à cette question. On considère souvent les prophètes comme des prédicteurs des événements à venir...  Lire la suite

Dieu peut-Il annuler Sa décision? Et s'Il le peut, dans quels cas? Qu'est-ce que le destin, la fatalité, la prédestination? Existent-ils? C'est l'expérience prophétique qui répond le mieux à cette question. On considère souvent les prophètes comme des prédicteurs des événements à venir, à qui Dieu Lui-même révèle Ses plans afin qu'ils soient connus des hommes.

Mais en est-il ainsi? La langue biblique ne connaît pas de mot que d'autres langues rendent par des notions comme le sort, le fatum ou le destin. La Bible n'y recourt pas du tout. Dans ce cas, naturellement, il n'y a pas lieu de parler d'une quelconque prédestination: car elle est impossible s'il n'y a rien de programmé d'avance. Ninive devait périr, elle semblait condamnée, mais ses habitants se repentirent de leurs péchés et se tournèrent vers Dieu; et Lui, voyant leur repentir, annula la fin déjà, comme même Jonas le pensait, inévitable.

Une question naturelle se pose: qu'en est-il alors des plans et des desseins de Dieu? Comment peut-on en général planifier quoi que ce soit si l'on ne sait jamais exactement si les événements se produiront comme prévu? Pourtant, lorsqu'il s'agit de nous-mêmes, nous nous trouvons précisément dans cette situation et nous sommes tout de même capables de planifier nos actions et souvent de réaliser ce que nous avons conçu, si bien sûr quelque chose ne va pas complètement autrement que nous ne l'avions prévu. Le but reste le même; seuls changent les moyens de l'atteindre. Pourquoi donc devrions-nous nous étonner que Dieu aussi agisse souvent de cette manière?

Il pourrait agir autrement; Il pourrait simplement réaliser Son plan sans prêter aucune attention à nous et à notre choix. Il pourrait ne rien nous pardonner et ne donner à chacun de nous qu'une seule chance. Mais Il ne veut pas seulement réaliser ce qu'Il a conçu; Il veut le faire de telle sorte que nous soyons impliqués dans Ses affaires aussi profondément que possible. Non parce qu'Il ne s'en sortirait pas sans nous, mais parce qu'être impliqués dans Ses affaires signifie aussi devenir participants de Ses plans et, à la fin, si bien sûr nous ne partons pas nous-mêmes, habitants de Son Royaume. Un Royaume sans lequel il n'y a pas lieu de parler ni de salut ni de vie.

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Pour Jon 3:10
10 Dieu vit ce qu’ils faisaient pour se détourner de leur conduite mauvaise. Aussi Dieu se repentit du mal dont il les avait menacés, il ne le réalisa pas.
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Parfois, en lisant la Bible, on peut penser que Dieu prend Ses décisions de la même manière que les hommes : d’abord Il projette de punir un homme ou tout un peuple, puis parfois, selon les circonstances, Il a pitié et change d’avis, modifiant Sa décision. Quand il s’agit...  Lire la suite

Parfois, en lisant la Bible, on peut penser que Dieu prend Ses décisions de la même manière que les hommes : d’abord Il projette de punir un homme ou tout un peuple, puis parfois, selon les circonstances, Il a pitié et change d’avis, modifiant Sa décision. Quand il s’agit des hommes, il n’y a rien d’étonnant dans un tel algorithme de décision : l’homme peut ignorer quelque chose, ou surestimer tel ou tel fait, ou simplement reconnaître son erreur et remplacer une décision erronée par celle qui lui paraît désormais juste.

Mais Dieu n’est pas un homme ! De quoi s’agit-il donc ? Que pourrait-Il ne pas prendre en compte en prenant une décision ? Y a-t-il quelque chose qui puisse Le faire changer d’avis ?

Sans doute une seule chose : les décisions des hommes. Cela peut paraître incroyable, mais il en est ainsi : Dieu peut modifier certaines de Ses décisions selon le choix fait par un homme particulier ou par tout un peuple. Car Il nous a réellement donné la liberté et Il la prend tout à fait au sérieux. Et si nous Lui demandons quelque chose de tout notre cœur, même s’il s’agit du pardon des péchés que nous avons commis, Il ne laissera pas cela sans attention.

Alors, dans Ses décisions, toutes sortes de changements deviennent possibles. Car Il ne veut pas que les pécheurs périssent à cause de leurs péchés ; Sa tâche n’est pas de punir, mais de sauver. Parfois Il peut abandonner un homme particulier ou tout un peuple à son sort, si l’on ne veut pas Le voir ni Le laisser entrer dans sa vie : car on sait bien qu’on ne force pas l’amour. Mais, comme on le voit, une seule conversion et un seul repentir suffisent pour qu’Il intervienne de nouveau. Alors le malheur suspendu au-dessus du peuple peut disparaître comme la fumée. Et le peuple reçoit une chance de salut et de vie nouvelle.

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