RÉFLEXIONS pour Jon 3:1-10 — le 21 février 2024

RÉFLEXIONS pour Jon 3:1-10

La prédication de Jonas à Ninive s'est achevée par un succès saisissant. Pour les contemporains de l'auteur du Livre de Jonas, Ninive, capitale de l'Empire assyrien, était le foyer du mal dans le monde, le symbole de tout ce qu'il y a de pire sur terre, y compris, entre autres, de la révolte contre Dieu. L'Assyrie historique donnait matière à de telles représentations : c'était réellement la première société sans religion de l'histoire. Bien sûr, l'Assyrie avait ses dieux, mais aux yeux, sinon de la majorité, du moins de très nombreux Assyriens, ils n'étaient que des symboles de l'empire lui-même, sans être associés à aucune puissance supérieure.

Et c'est dans une telle ville que Dieu envoie Son prophète ! L'entreprise paraît totalement désespérée : que peut-on attendre d'un tel peuple ? Mais il se produit quelque chose de tout à fait inattendu : la ville entière, avec le roi lui-même à sa tête, se tourne vers Dieu et se repent de ses péchés, s'imposant un jeûne en signe de repentir, comme il était d'usage en ce temps-là.

Comment cela a-t-il pu se produire ? Aussi étrange que cela paraisse, c'est précisément leur péché, évident aux yeux de tous, qui a pu aider les habitants de Ninive à parvenir au repentir. Ils étaient païens et ne croyaient même pas à leurs propres dieux. Ils se distinguaient par leur goût de la mollesse et du luxe, associé à une cruauté devenue proverbiale. Le mépris des vaincus, que l'on ne considérait souvent même pas comme des êtres humains, était chose courante.

Mais malgré tout cela, les Assyriens en général, et les Ninivites en particulier, avaient encore un autre trait : une certaine franchise et une certaine sincérité au sujet de leurs péchés. En péchant, ils ne jugeaient pas nécessaire de cacher quoi que ce soit, convaincus d'avoir le droit de faire ce qu'ils faisaient.

Une telle franchise facilite toujours le repentir et simplifie la vie spirituelle en général. Certes, le repentir exige dans tous les cas un effort spirituel, mais, dans une situation semblable à celle des Assyriens, l'homme n'a du moins pas à se faire d'illusions sur ses propres actes : il en voit clairement la nature et le sens. Il ne lui reste qu'à comprendre que ces actes sont des péchés, et le repentir peut alors fort bien devenir l'étape logique suivante sur son chemin spirituel. Une étape qui sera aussi résolue que tous les actes qu'il avait accomplis auparavant, sans avoir conscience de leur caractère pécheur, ou sans même y avoir réfléchi.