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RÉFLEXIONS pour Ac 10:19-20

19 Comme Pierre était toujours à réfléchir sur sa vision, l'Esprit lui dit : " Voilà des hommes qui te cherchent.
20 Va donc, descends et pars avec eux sans hésiter, car c'est moi qui les ai envoyés. "
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L'action du souffle de Dieu, de l'Esprit Saint, dans l'Église des premiers chrétiens est mentionnée constamment dans les livres du Nouveau Testament, depuis le jour même de la Pentecôte. On en parle comme de quelque chose qui va de soi et qui est clair, de quelque chose qui n'exige ni explication ni commentaire. Aujourd'hui, cela peut nous paraître pour le moins inhabituel. Les chrétiens contemporains parlent alors de phénomènes charismatiques, d'Églises charismatiques, de communautés et de mouvements charismatiques. On appelle parfois cela renouveau spirituel, renouvellement charismatique, ou autrement encore.

Mais quel que soit le nom donné à ce souffle de Dieu dans l'Église contemporaine, il faut reconnaître que, par rapport aux temps des premiers chrétiens, il apparaît aujourd'hui comme quelque chose d'inhabituel et, en tout cas, comme ne caractérisant pas l'Église dans son ensemble. La première génération chrétienne le percevait autrement. Ses représentants ne doutaient pas que le souffle de Dieu, le souffle du Royaume, le souffle de l'Esprit Saint pénètre toute l'Église et la vie de chacun de ses membres. La première génération chrétienne ne pouvait tout simplement pas se représenter sa vie autrement.

La vie quotidienne de chaque chrétien, et plus encore ses événements importants liés aux missions confiées par Dieu, était déterminée directement par les actions de l'Esprit Saint, comme dans le cas décrit avec Pierre, et cela n'étonnait personne. Bien sûr, les premiers chrétiens savaient aussi entendre la voix de Dieu mieux que nous aujourd'hui. Qu'est-ce donc qui a changé au cours des siècles passés ? Il est peu crédible que, dans l'Église, le souffle de Dieu se soit fait moins perceptible. Le souffle de Dieu, le souffle du Royaume, respire aujourd'hui dans l'Église comme au jour de la Pentecôte. Le problème est ailleurs : dans notre perception du christianisme. Pour Pierre, comme pour toute la génération des premiers chrétiens, le christianisme était une vie, la vie avec le Christ dans Son Royaume. Et le chrétien faisait aussi passer cette vie par son propre cœur.

Le Royaume n'était pas seulement au-dehors ; les fidèles ne ressentaient pas seulement le souffle de l'Esprit Saint, ils le laissaient aussi entrer au-dedans, dans leur vie, dans leurs assemblées, dans leur cœur. Et ils savaient préparer leurs cœurs et leurs esprits à la rencontre de cette vie nouvelle : tout ce qu'ils connaissaient de la Torah intérieure, de la prière incessante, de l'attention à leurs intentions, bref, tout le meilleur de la tradition et de la pratique ascétiques du judaïsme de leur temps, ils l'utilisaient pour se préparer à la rencontre du Christ, à cette vie nouvelle.

En langage contemporain, nous dirions que, dans la vie spirituelle des premiers chrétiens, la composante ascétique n'était pas moins importante que la composante charismatique. Pour nous aujourd'hui, le christianisme devient souvent une religion, bien entendu la seule vraie. Entre le souffle de Dieu, le souffle du Royaume, et nous, se dresse notre religiosité, dont les symboles et les rites nous rappellent le Royaume tout en nous en séparant.

Et le souffle de l'Esprit Saint nous parvient comme de loin, filtrant à travers les fissures de notre religion. Or nous réfléchissons rarement au fait que la plénitude de la vérité n'est pas dans la religion, même chrétienne, mais dans le Christ. Et la plénitude de la vie n'est pas dans le rite ni dans le symbole, même chargé de sens profonds, mais dans le Royaume. Si nous y réfléchissons sérieusement et changeons notre vie, le souffle de Dieu et la vie du Royaume s'ouvriront à nous dans la même plénitude où ils s'ouvraient aux premiers chrétiens. Car Dieu est le même, et le Sauveur est le même. Et la plénitude de la vie du Royaume ne s'est pas appauvrie.

Autres réflexions

 
Pour Ac 10:1-48
Il y avait à Césarée un homme du nom de Corneille, centurion de la cohorte Italique.
Pieux et craignant Dieu, ainsi que toute sa maison, il faisait de larges aumônes au peuple juif et priait Dieu sans cesse.
Il eut une vision. Vers la neuvième heure du jour, l'Ange de Dieu - il le voyait clairement - entrait chez lui et l'appelait : " Corneille ! "
Il le regarda et fut pris de frayeur. " Qu'y a-t-il, Seigneur ? " demanda-t-il. - " Tes prières et tes aumônes, lui répondit l'Ange, sont montées devant Dieu, et il s'est souvenu de toi.
Maintenant donc, envoie des hommes à Joppé et fais venir Simon, surnommé Pierre.
Il loge chez un certain Simon, un corroyeur, dont la maison se trouve au bord de la mer. "
Quand l'ange qui lui parlait fut parti, Corneille appela deux de ses domestiques ainsi qu'un soldat pieux, de ceux qui lui étaient attachés,
et après leur avoir tout expliqué, il les envoya à Joppé.
Le lendemain, tandis qu'ils faisaient route et approchaient de la ville, Pierre monta sur la terrasse, vers la sixième heure, pour prier.
10 Il sentit la faim et voulut prendre quelque chose. Or, pendant qu'on lui préparait à manger, il tomba en extase.
11 Il voit le ciel ouvert et un objet, semblable à une grande nappe nouée aux quatre coins, en descendre vers la terre.
12 Et dedans il y avait tous les quadrupèdes et les reptiles, et tous les oiseaux du ciel.
13 Une voix lui dit alors : " Allons, Pierre, immole et mange. "
14 Mais Pierre répondit : " Oh non ! Seigneur, car je n'ai jamais rien mangé de souillé ni d'impur ! "
15 De nouveau, une seconde fois, la voix lui parle : " Ce que Dieu a purifié, toi, ne le dis pas souillé. "
16 Cela se répéta par trois fois, et aussitôt l'objet fut remporté au ciel.
17 Tout perplexe, Pierre était à se demander en lui-même ce que pouvait bien signifier la vision qu'il venait d'avoir, quand justement les hommes envoyés par Corneille, s'étant enquis de la maison de Simon, se présentèrent au portail.
18 Ils appelèrent et s'informèrent si c'était bien là que logeait Simon surnommé Pierre.
19 Comme Pierre était toujours à réfléchir sur sa vision, l'Esprit lui dit : " Voilà des hommes qui te cherchent.
20 Va donc, descends et pars avec eux sans hésiter, car c'est moi qui les ai envoyés. "
21 Pierre descendit auprès de ces hommes et leur dit : " Me voici. Je suis celui que vous cherchez. Quel est le motif qui vous amène ? "
22 Ils répondirent : " Le centurion Corneille, homme juste et craignant Dieu, à qui toute la nation juive rend bon témoignage, a reçu d'un ange saint l'avis de te faire venir chez lui et d'entendre les paroles que tu as à dire. "
23 Pierre les fit alors entrer et leur donna l'hospitalité. Le lendemain, il se mit en route et partit avec eux; quelques-uns des frères de Joppé l'accompagnèrent.
24 Il entra dans Césarée le jour suivant. Corneille les attendait et avait réuni ses parents et ses amis intimes.
25 Au moment où Pierre entrait, Corneille vint à sa rencontre et, tombant à ses pieds, se prosterna.
26 Mais Pierre le releva en disant : " Relève-toi. Je ne suis qu'un homme, moi aussi. "
27 Et tout en s'entretenant avec lui, il entra. Il trouve alors les gens qui s'étaient réunis en grand nombre,
28 et il leur dit : " Vous le savez, il est absolument interdit à un Juif de frayer avec un étranger ou d'entrer chez lui. Mais Dieu vient de me montrer, à moi, qu'il ne faut appeler aucun homme souillé ou impur.
29 Aussi n'ai-je fait aucune difficulté pour me rendre à votre appel. Je vous le demande donc, pour quelle raison m'avez-vous fait venir ? "
30 Corneille répondit : " Il y a maintenant trois jours, j'étais en prière chez moi à la neuvième heure et voici qu'un homme surgit devant moi, en vêtements resplendissants.
31 Il me dit : "Corneille, ta prière a été exaucée, et de tes aumônes on s'est souvenu auprès de Dieu.
32 Envoie donc quérir à Joppé Simon, surnommé Pierre. Il loge dans la maison du corroyeur Simon, au bord de la mer. "
33 Aussitôt je t'ai donc fait chercher, et toi, tu as bien fait de venir. Nous voici donc tous devant toi pour entendre ce qui t'a été prescrit par Dieu. "
34 Alors Pierre prit la parole et dit : " Je constate en vérité que Dieu ne fait pas acception des personnes,
35 mais qu'en toute nation celui qui le craint et pratique la justice lui est agréable.
36 " Il a envoyé sa parole aux Israélites, leur annonçant la bonne nouvelle de la paix par Jésus Christ : c'est lui le Seigneur de tous.
37 Vous savez ce qui s'est passé dans toute la Judée : Jésus de Nazareth, ses débuts en Galilée, après le baptême proclamé par Jean ;
38 comment Dieu l'a oint de l'Esprit Saint et de puissance, lui qui a passé en faisant le bien et en guérissant tous ceux qui étaient tombés au pouvoir du diable; car Dieu était avec lui.
39 Et nous, nous sommes témoins de tout ce qu'il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Lui qu'ils sont allés jusqu'à faire mourir en le suspendant au gibet,
40 Dieu l'a ressuscité le troisième jour et lui a donné de se manifester,
41 non à tout le peuple, mais aux témoins que Dieu avait choisis d'avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d'entre les morts;
42 et il nous a enjoint de proclamer au Peuple et d'attester qu'il est, lui, le juge établi par Dieu pour les vivants et les morts.
43 C'est de lui que tous les prophètes rendent ce témoignage que quiconque croit en lui recevra, par son nom, la rémission de ses péchés. "
44 Pierre parlait encore quand l'Esprit Saint tomba sur tous ceux qui écoutaient la parole.
45 Et tous les croyants circoncis qui étaient venus avec Pierre furent stupéfaits de voir que le don du Saint Esprit avait été répandu aussi sur les païens.
46 Ils les entendaient en effet parler en langues et magnifier Dieu. Alors Pierre déclara :
47 " Peut-on refuser l'eau du baptême à ceux qui ont reçu l'Esprit Saint aussi bien que nous ? "
48 Et il ordonna de les baptiser au nom de Jésus Christ. Alors ils le prièrent de rester quelques jours avec eux.
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C'est le récit de la manière dont Dieu a séparé une fois pour toutes son Église de toute forme de nationalisme...  Lire la suite

C'est le récit de la manière dont Dieu a séparé une fois pour toutes son Église de toute forme de nationalisme. Pour Dieu, il n'existe pas de « peuples impurs », il n'existe pas de « pays parias » ; il est également miséricordieux envers tous (justes et injustes), et quiconque agit selon la justice, dans quelque peuple que ce soit, lui est agréable.

Voilà pour la théorie. Mais dans la pratique, nous, chrétiens, sommes trop souvent devenus porteurs de toutes sortes d'« anti-ismes » : antisémitisme, anti-islamisme, antiaméricanisme, et ainsi de suite. Les hésitations de l'apôtre Pierre peuvent encore s'expliquer par le fait qu'il avait été élevé dans les notions de séparation et d'élection divine de son peuple. Mais par quoi peut-on justifier notre conduite ?

Heureusement, Dieu agit activement pour vaincre ces préjugés pécheurs : il suffit que les proches et les amis de Corneille entendent de Pierre les premières paroles de la Bonne Nouvelle, et il répand sur eux son Esprit, montrant ainsi que son Église est pour tous.

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