37 Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés; remettez, et il vous sera remis. |
38 Donnez, et l'on vous donnera ; c'est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu'on versera dans votre sein ; car de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous en retour. " |
39 Il leur dit encore une parabole : " Un aveugle peut-il guider un aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous les deux dans un trou ? |
40 Le disciple n'est pas au-dessus du maître; tout disciple accompli sera comme son maître. |
41 Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l'œil de ton frère? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas! |
42 Comment peux-tu dire à ton frère : "Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil", toi qui ne vois pas la poutre qui est dans ton œil ? Hypocrite, ôte d'abord la poutre de ton œil ; et alors tu verras clair pour ôter la paille qui est dans l'œil de ton frère. |
43 " Il n'y a pas de bon arbre qui produise un fruit gâté, ni inversement d'arbre gâté qui produise un bon fruit. |
44 Chaque arbre en effet se reconnaît à son propre fruit; on ne cueille pas de figues sur des épines, on ne vendange pas non plus de raisin sur des ronces. |
45 L'homme bon, du bon trésor de son cœur, tire ce qui est bon, et celui qui est mauvais, de son mauvais fond, tire ce qui est mauvais ; car c'est du trop-plein du cœur que parle sa bouche. |
Le Christ appelle Ses disciples à bâtir une maison sur le roc. Mais cette image n'est pas aussi simple qu'elle le paraît, car ce roc n'est ni un ensemble de conceptions « universellement humaines » de la vie, ni des commandements et des lois solidement établis. C'est la parole de Jésus, c'est-à-dire la Bonne Nouvelle, qui demeure toujours nouvelle pour l'homme et ne se fige jamais en une masse de pierre. Essayez de bâtir votre vie sur l'amour de votre adversaire, sur un pardon conscient et honnête. On ne peut pas s'habituer à de telles choses, pas plus qu'on ne peut aimer « par habitude ». Le paradoxe de la vie chrétienne est qu'elle se bâtit sur un roc fixé non pas dans la terre, mais dans le ciel, là où il n'existe aucun autre appui que Dieu. Mais pour parvenir à s'accrocher « à l'air », il faut un désir courageux, la volonté de trouver ce qui est plus solide que toute pierre terrestre.
37 Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés; remettez, et il vous sera remis. |
A première vue, ce verset est juste un concret supplément à la «règle d’or générale de l’éthique» : «Ne faites pas à autrui ce que vous n'aimerez pas qu'on vous fasse». Mais il faut plus profondément jeter un coup d’œil. Nous ne voulons pas que les gens nous jugent, parce que nous ne faisons pas confiance à leurs jugements: peu importe, ils ne pourront en rien arranger la situation. Nous n’acceptons pas leurs condamnations, parce que nous considérons qu’elles ne sont en rien meilleures aux nôtres. Et c’est pourquoi nous refusons orgueilleusement leurs pardons, ce qui nous permet aussi de ne pardonner personne. Ainsi, nous jugeons, condamnons, et ne pardonnons pas. Mais Jésus ne parle en effet pas seulement de la justice et du pardon humain, mais aussi du Divin. Tout est différent ici, Dieu a absolument le droit de juger, ce jugement nous fait peur parce que le Juge nous voit entièrement. Voila ici nous commençons à «rêver» du pardon, de la grâce dont nous ne méritons pas. Mais nous devons alors reconnaitre la supériorité de la grâce sur la justice et sur la manière dont nous nous comportons envers les autres. Et ceci veut dire -ne peut pas juger, ne pas condamner, pardonner.
37 Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés; remettez, et il vous sera remis. |
A première vue, ce verset est juste un concret supplément à la «règle d’or générale de l’éthique» : «Ne faites pas à autrui ce que vous n'aimerez pas qu'on vous fasse». Mais il faut plus profondément jeter un coup d’œil. Nous ne voulons pas que les gens nous jugent, parce que nous ne faisons pas confiance à leurs jugements: peu importe, ils ne pourront en rien arranger la situation. Nous n’acceptons pas leurs condamnations, parce que nous considérons qu’elles ne sont en rien meilleures aux nôtres. Et c’est pourquoi nous refusons orgueilleusement leurs pardons, ce qui nous permet aussi de ne pardonner personne. Ainsi, nous jugeons, condamnons, et ne pardonnons pas. Mais Jésus ne parle en effet pas seulement de la justice et du pardon humain, mais aussi du Divin. Tout est différent ici, Dieu a absolument le droit de juger, ce jugement nous fait peur parce que le Juge nous voit entièrement. Voila ici nous commençons à «rêver» du pardon, de la grâce dont nous ne méritons pas. Mais nous devons alors reconnaitre la supériorité de la grâce sur la justice et sur la manière dont nous nous comportons envers les autres. Et ceci veut dire -ne peut pas juger, ne pas condamner, pardonner.
39 Il leur dit encore une parabole : " Un aveugle peut-il guider un aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous les deux dans un trou ? |
40 Le disciple n'est pas au-dessus du maître; tout disciple accompli sera comme son maître. |
41 Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l'œil de ton frère? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas! |
42 Comment peux-tu dire à ton frère : "Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil", toi qui ne vois pas la poutre qui est dans ton œil ? Hypocrite, ôte d'abord la poutre de ton œil ; et alors tu verras clair pour ôter la paille qui est dans l'œil de ton frère. |
43 " Il n'y a pas de bon arbre qui produise un fruit gâté, ni inversement d'arbre gâté qui produise un bon fruit. |
44 Chaque arbre en effet se reconnaît à son propre fruit; on ne cueille pas de figues sur des épines, on ne vendange pas non plus de raisin sur des ronces. |
45 L'homme bon, du bon trésor de son cœur, tire ce qui est bon, et celui qui est mauvais, de son mauvais fond, tire ce qui est mauvais ; car c'est du trop-plein du cœur que parle sa bouche. |
La paille et la poutre sont des images qui reflètent l’essence du péché humain, qui l’empêche de voir Dieu et le prochain. Que ce ne soient pas des hyperboles, quiconque a vécu une telle rencontre avec ses propres péchés après une attention soutenue aux imperfections d’autrui le sait. Jésus nous appelle à veiller sur nous-mêmes, à retirer avant tout les poutres de nos propres yeux. Cependant, Il ne veut pas que nous nous limitions à cela, puisqu’Il dit qu’il est nécessaire de le faire afin de purifier l’œil du frère. Le Seigneur ne propose pas de ne plus regarder du tout les problèmes de nos proches, de nous concentrer sur nos défauts et de nous détourner du monde plein de péché. Au contraire, Il attend de nous que, après avoir purifié nos propres yeux, nous puissions regarder ce monde avec Ses yeux, pleins de miséricorde et d’amour, c’est-à-dire devenir Ses collaborateurs. De même que, quelques versets plus haut, Il confiait à Ses disciples les béatitudes, qui donnent la possibilité « d’être fils du Très-Haut ».
39 Il leur dit encore une parabole : " Un aveugle peut-il guider un aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous les deux dans un trou ? |
40 Le disciple n'est pas au-dessus du maître; tout disciple accompli sera comme son maître. |
41 Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l'œil de ton frère? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas! |
42 Comment peux-tu dire à ton frère : "Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil", toi qui ne vois pas la poutre qui est dans ton œil ? Hypocrite, ôte d'abord la poutre de ton œil ; et alors tu verras clair pour ôter la paille qui est dans l'œil de ton frère. |
Le Christ veut nous faire sortir des limites de notre étroitesse et nous donne la possibilité de nous regarder de l'extérieur. Alors nous voyons que nous sommes parmi les autres et que nous leur ressemblons en bien des points, tandis que notre caractère unique ne réside nullement dans ce qui nous plaît en nous-mêmes. Et alors vient la compréhension qu'il est malhonnête de juger ceux qui nous entourent sans nous juger nous-mêmes pour la même chose, voire pour pire.
L'expression de la paille et de la poutre, devenue proverbiale, même aux temps où l'athéisme dominait, rappelait, sans référence à sa source première, la sobriété et aidait parfois à ne pas se laisser entraîner par un jugement présomptueux. Or cela est toujours difficile: en réalité, non seulement nous ne voyons pas la poutre elle-même, mais elle, invisible, nous empêche aussi de voir bien des choses, et en premier lieu ce que nous sommes nous-mêmes. Et comme il est effrayant, parfois, de tout apprendre sur soi!
Récemment, un psychologue disait que si l'homme apprenait tout le négatif qui se cache dans son subconscient, il mourrait d'une rupture du coeur. Il faut croire que sans le Christ, une telle chose est possible. Mais il ne nous est pas nécessaire de faire remonter à la surface les ténèbres cachées; nous pouvons changer sans nous enliser douloureusement dans la psychanalyse. Il suffit, avec l'aide de Dieu, de nous voir de l'extérieur et d'avouer courageusement que je ne suis pas tel que je veux paraître à mes propres yeux et aux yeux de ceux qui m'entourent, puis de me remettre entre Ses mains, en me détournant de ma propre impureté et en m'efforçant de ne pas m'y enliser. Et ensuite, essayons, avec Son aide, de commencer à porter du fruit.
45 L'homme bon, du bon trésor de son cœur, tire ce qui est bon, et celui qui est mauvais, de son mauvais fond, tire ce qui est mauvais ; car c'est du trop-plein du cœur que parle sa bouche. |
On peut avoir impression que ces mots de Jésus nous privent de tout espoir. La conscience ne permet pas de se qualifier d’homme bon. Et si je suis un homme mauvais, alors peu importe ce que je fais, cela sera toujours « mauvais », et on n’a pas où se fourrer.
Il s’agit en effet d’autre chose ici. Jésus parle du jugement «par les fruits » (et non de la condamnation), Il fait savoir que, nous ne devons pas croire que nos mauvais comportements ne signifient rien, qu’ils {ces comportements} sont seulement externes – ce qu’on dit, et régulièrement Je suis blanc et duveteux. Il nous prévient de l’auto-disculpation, Il veut qu’en voyant notre méchanceté, nous nous détournons du mal qui est à l’intérieur de nous, et cherchons à changer. Si un tel désir apparait, alors Dieu pourra répondre à cela, plus précisément à notre désir de changer intérieurement, dans le cœur – et c’est ce qu’Il nous propose dans Sa Nouvelle Alliance avec nous.
45 L'homme bon, du bon trésor de son cœur, tire ce qui est bon, et celui qui est mauvais, de son mauvais fond, tire ce qui est mauvais ; car c'est du trop-plein du cœur que parle sa bouche. |
On peut avoir impression que ces mots de Jésus nous privent de tout espoir. La conscience ne permet pas de se qualifier d’homme bon. Et si je suis un homme mauvais, alors peu importe ce que je fais, cela sera toujours « mauvais », et on n’a pas où se fourrer.
Il s’agit en effet d’autre chose ici. Jésus parle du jugement «par les fruits » (et non de la condamnation), Il fait savoir que, nous ne devons pas croire que nos mauvais comportements ne signifient rien, qu’ils {ces comportements} sont seulement externes – ce qu’on dit, et régulièrement Je suis blanc et duveteux. Il nous prévient de l’auto-disculpation, Il veut qu’en voyant notre méchanceté, nous nous détournons du mal qui est à l’intérieur de nous, et cherchons à changer. Si un tel désir apparait, alors Dieu pourra répondre à cela, plus précisément à notre désir de changer intérieurement, dans le cœur – et c’est ce qu’Il nous propose dans Sa Nouvelle Alliance avec nous.
37 Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés; remettez, et il vous sera remis. |
38 Donnez, et l'on vous donnera ; c'est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu'on versera dans votre sein ; car de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous en retour. " |
39 Il leur dit encore une parabole : " Un aveugle peut-il guider un aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous les deux dans un trou ? |
40 Le disciple n'est pas au-dessus du maître; tout disciple accompli sera comme son maître. |
41 Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l'œil de ton frère? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas! |
42 Comment peux-tu dire à ton frère : "Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil", toi qui ne vois pas la poutre qui est dans ton œil ? Hypocrite, ôte d'abord la poutre de ton œil ; et alors tu verras clair pour ôter la paille qui est dans l'œil de ton frère. |
43 " Il n'y a pas de bon arbre qui produise un fruit gâté, ni inversement d'arbre gâté qui produise un bon fruit. |
44 Chaque arbre en effet se reconnaît à son propre fruit; on ne cueille pas de figues sur des épines, on ne vendange pas non plus de raisin sur des ronces. |
45 L'homme bon, du bon trésor de son cœur, tire ce qui est bon, et celui qui est mauvais, de son mauvais fond, tire ce qui est mauvais ; car c'est du trop-plein du cœur que parle sa bouche. |
46 " Pourquoi m'appelez-vous "Seigneur, Seigneur", et ne faites-vous pas ce que je dis ? |
47 " Quiconque vient à moi, écoute mes paroles et les met en pratique, je vais vous montrer à qui il est comparable. |
48 Il est comparable à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé, creusé profond et posé les fondations sur le roc. La crue survenant, le torrent s'est rué sur cette maison, mais il n'a pu l'ébranler, parce qu'elle était bien bâtie. |
49 Mais celui au contraire qui a écouté et n'a pas mis en pratique est comparable à un homme qui aurait bâti sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s'est rué sur elle, et aussitôt elle s'est écroulée ; et le désastre survenu à cette maison a été grand ! " |
En comparant le Sermon sur la montagne chez Matthieu et chez Luc, il apparaît clairement que Luc l'a présenté de manière généralement moins détaillée. Bien sûr, il est peu probable que l'un des évangélistes ait transmis mot pour mot les paroles de Jésus. À l'époque, on avait coutume de compiler les paroles des maîtres et des prédicateurs pour en faire des textes littéraires d'un genre particulier, et parfois des recueils entiers. Mais même en tenant compte de ce fait, il est évident que Luc a distingué dans la prédication de Jésus ce qu'il tenait pour principal. Pour l'évangéliste, le principal est l'absence de condamnation. « Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés »: ce sont précisément ces paroles du Sauveur que Luc considère comme les plus importantes de tout le Sermon sur la montagne. Pourquoi celles-là? Chez Matthieu, par exemple, il existe beaucoup d'autres thèmes qui ne sont pas moins importants.
Pourtant, l'absence de condamnation peut réellement être considérée comme un critère de la qualité de la vie intérieure de l'homme. Il ne s'agit évidemment pas d'évaluer, mais précisément de condamner. Évaluer un acte concret d'une personne dans une situation donnée est tout à fait naturel. La condamnation est autre chose: il ne s'agit déjà plus de l'acte, mais de la personne elle-même. Un homme devient ainsi le juge d'un autre, alors que Dieu ne l'a nullement établi comme tel. Le chemin d'un homme, son aboutissement et leur évaluation sont la prérogative de Dieu et de Dieu seul. Même si quelqu'un se dirige manifestement tout droit vers l'étang de feu, Dieu seul peut le condamner à cet étang.
Tout homme peut seulement constater que le pécheur avance dans cette direction. Pourquoi donc prononçons-nous si facilement une sentence là où personne ne nous a donné le droit de le faire? Manifestement parce que nous ne voyons pas la situation comme Dieu la voit et que nous ne suivons pas les mêmes critères: non des critères absolus, mais relatifs. Nous ne voyons pas l'homme dans toute la plénitude de la vie que Dieu lui a donnée, mais seulement dans son état concret du moment. Nous appliquons à cet état certains critères formels, le plus souvent moraux et religieux, et nous obtenons naturellement une image entièrement déformée de la réalité. Rien d'étonnant à cela: tant que notre vie est déterminée non par le souffle de vie que Dieu nous a donné, mais par notre propre nature, on ne peut rien attendre d'autre.
Mais si nous vivons de la vie du Royaume, une telle déformation de la réalité est tout simplement impossible. Et si elle existe, c'est que nous sommes encore loin du Royaume, comme l'évangéliste nous en témoigne.
37 Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés; remettez, et il vous sera remis. |
38 Donnez, et l'on vous donnera ; c'est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu'on versera dans votre sein ; car de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous en retour. " |
39 Il leur dit encore une parabole : " Un aveugle peut-il guider un aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous les deux dans un trou ? |
40 Le disciple n'est pas au-dessus du maître; tout disciple accompli sera comme son maître. |
41 Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l'œil de ton frère? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas! |
42 Comment peux-tu dire à ton frère : "Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil", toi qui ne vois pas la poutre qui est dans ton œil ? Hypocrite, ôte d'abord la poutre de ton œil ; et alors tu verras clair pour ôter la paille qui est dans l'œil de ton frère. |
43 " Il n'y a pas de bon arbre qui produise un fruit gâté, ni inversement d'arbre gâté qui produise un bon fruit. |
44 Chaque arbre en effet se reconnaît à son propre fruit; on ne cueille pas de figues sur des épines, on ne vendange pas non plus de raisin sur des ronces. |
45 L'homme bon, du bon trésor de son cœur, tire ce qui est bon, et celui qui est mauvais, de son mauvais fond, tire ce qui est mauvais ; car c'est du trop-plein du cœur que parle sa bouche. |
46 " Pourquoi m'appelez-vous "Seigneur, Seigneur", et ne faites-vous pas ce que je dis ? |
47 " Quiconque vient à moi, écoute mes paroles et les met en pratique, je vais vous montrer à qui il est comparable. |
48 Il est comparable à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé, creusé profond et posé les fondations sur le roc. La crue survenant, le torrent s'est rué sur cette maison, mais il n'a pu l'ébranler, parce qu'elle était bien bâtie. |
49 Mais celui au contraire qui a écouté et n'a pas mis en pratique est comparable à un homme qui aurait bâti sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s'est rué sur elle, et aussitôt elle s'est écroulée ; et le désastre survenu à cette maison a été grand ! " |
Comment comprendre la parabole du mauvais ou du bon arbre? Car tous les hommes, y compris nous-mêmes, portent parfois de bons fruits et parfois de mauvais fruits. Il apparaît qu’ici surgit encore la tentation de diviser les hommes, et soi-même, en bons et mauvais. (Et parfois il est même agréable de dire: «Oh, comme je suis mauvais!»; cela semblerait utile à l’humilité.) Mais ici encore nous jugeons, alors qu’il est dit: «Ne jugez pas.»
Il s’agit très probablement ici du fait que derrière nos actes se tient une orientation intérieure, spirituelle, qui dépend de nous. C’est pourquoi, pour ne pas être un mauvais arbre, il faut porter un bon fruit, et pour que les paroles du Seigneur nous soient profitables, il faut les accomplir. Voilà la tâche morale fondamentale du chrétien: faire le bien, et non juger. C’est le Christ qui jugera.
37 Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés; remettez, et il vous sera remis. |
38 Donnez, et l'on vous donnera ; c'est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu'on versera dans votre sein ; car de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous en retour. " |
39 Il leur dit encore une parabole : " Un aveugle peut-il guider un aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous les deux dans un trou ? |
40 Le disciple n'est pas au-dessus du maître; tout disciple accompli sera comme son maître. |
41 Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l'œil de ton frère? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas! |
42 Comment peux-tu dire à ton frère : "Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil", toi qui ne vois pas la poutre qui est dans ton œil ? Hypocrite, ôte d'abord la poutre de ton œil ; et alors tu verras clair pour ôter la paille qui est dans l'œil de ton frère. |
43 " Il n'y a pas de bon arbre qui produise un fruit gâté, ni inversement d'arbre gâté qui produise un bon fruit. |
44 Chaque arbre en effet se reconnaît à son propre fruit; on ne cueille pas de figues sur des épines, on ne vendange pas non plus de raisin sur des ronces. |
45 L'homme bon, du bon trésor de son cœur, tire ce qui est bon, et celui qui est mauvais, de son mauvais fond, tire ce qui est mauvais ; car c'est du trop-plein du cœur que parle sa bouche. |
46 " Pourquoi m'appelez-vous "Seigneur, Seigneur", et ne faites-vous pas ce que je dis ? |
47 " Quiconque vient à moi, écoute mes paroles et les met en pratique, je vais vous montrer à qui il est comparable. |
48 Il est comparable à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé, creusé profond et posé les fondations sur le roc. La crue survenant, le torrent s'est rué sur cette maison, mais il n'a pu l'ébranler, parce qu'elle était bien bâtie. |
49 Mais celui au contraire qui a écouté et n'a pas mis en pratique est comparable à un homme qui aurait bâti sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s'est rué sur elle, et aussitôt elle s'est écroulée ; et le désastre survenu à cette maison a été grand ! " |
La parabole de la maison bâtie sur le roc conclut le sixième chapitre de l’Évangile selon Luc. Elle conclut aussi le Sermon sur la montagne, dans lequel Jésus explique ce qu’Il attend de Ses disciples et ce que signifie être « fils du Très-Haut ». Dans cette parabole, Il attire encore une fois notre attention sur l’importance non seulement d’écouter et d’accueillir les vérités évangéliques, mais aussi d’agir dans leur esprit.
Si, après avoir entendu les béatitudes, nous disons avec réserve : « Oui, c’est très sage et très beau », mais sans les incarner en aucune manière dans notre vie, nous ne serons pas Ses disciples. Notre christianisme restera seulement un système éthique, qui peut se briser sous l’assaut des épreuves. Mais si nous vivons réellement selon Ses commandements, si nous regardons le monde avec Ses yeux et accomplissons Sa volonté, ce sera un fondement que rien ne pourra plus ébranler.
36 " Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant. |
37 Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés; remettez, et il vous sera remis. |
38 Donnez, et l'on vous donnera ; c'est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu'on versera dans votre sein ; car de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous en retour. " |
Tout homme connaît des moments où il prend conscience qu’il est pécheur. Daniel parle d’une faute commune (Dn 9:5), sans se dérober ni se justifier par le fait qu’il n’est pas le seul à avoir péché. Et il oppose ces péchés non pas à quelque «oncle étranger», mais à la sainteté, à la beauté de Dieu lui-même. Daniel regarde le Seigneur, se purifiant sous son regard miséricordieux, qui sera manifesté au monde en Jésus.
Jésus parle lui aussi de la miséricorde de Dieu, rappelant aux Juifs les vérités de l’Ancien Testament. Mais il va plus loin: «Soyez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux», appelant à l’action et à l’imitation. Le verset 38 paraît contradictoire, mais c’est ainsi que se présente la miséricorde de Dieu, sa loi. Dans la seconde partie du verset, nous lisons l’inégalité éternelle de nos relations avec Dieu: il ne peut tout simplement pas donner moins, moins que son Incarnation, son Amour et la Croix. C’est par ces dons qui sont les siens que nous éprouvons tout ce que nous accomplissons dans le monde.
27 " Mais je vous le dis, à vous qui m'écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, |
28 bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous diffament. |
29 À qui te frappe sur une joue, présente encore l'autre; à qui t'enlève ton manteau, ne refuse pas ta tunique. |
30 À quiconque te demande, donne, et à qui t'enlève ton bien, ne le réclame pas. |
31 Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux pareillement. |
32 Que si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on? Car même les pécheurs aiment ceux qui les aiment. |
33 Et si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quel gré vous en saura-t-on? Même les pécheurs en font autant. |
34 Et si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on? Même des pécheurs prêtent à des pécheurs afin de recevoir l'équivalent. |
35 Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour. Votre récompense alors sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car il est bon, Lui, pour les ingrats et les méchants. |
36 " Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant. |
37 Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés; remettez, et il vous sera remis. |
38 Donnez, et l'on vous donnera ; c'est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu'on versera dans votre sein ; car de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous en retour. " |
En poursuivant Sa prédication des béatitudes, le Christ dit ce qu’il faut précisément faire pour « être fils du Très-Haut ». Si, dans les béatitudes, il était question des états de l’homme, des qualités et des propriétés qui lui sont propres, ici Jésus énumère une série d’actions que le chrétien doit accomplir. « Mais à vous qui écoutez, Je dis », s’adresse-t-Il à ceux qui ont déjà entendu et accepté les béatitudes radicales, contraires à la compréhension habituelle de la vie.
Il apparaît que le chrétien ne doit pas seulement accepter passivement la vie, mais aussi porter activement le Christ dans le monde. Bénir ceux qui maudissent, donner sa dernière tunique, présenter la joue... Le Seigneur, en disant : « Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux », appelle Ses disciples à accomplir des actions qui pourraient aussi inciter d’autres hommes à agir chrétiennement.
En répondant au mal par le bien, en essayant d’aimer là où règne la haine, en manifestant une véritable miséricorde envers nos prochains, nous ne faisons que donner aux autres ce que nous avons nous-mêmes reçu de Dieu comme Ses enfants.
27 " Mais je vous le dis, à vous qui m'écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, |
28 bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous diffament. |
29 À qui te frappe sur une joue, présente encore l'autre; à qui t'enlève ton manteau, ne refuse pas ta tunique. |
30 À quiconque te demande, donne, et à qui t'enlève ton bien, ne le réclame pas. |
31 Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux pareillement. |
32 Que si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on? Car même les pécheurs aiment ceux qui les aiment. |
33 Et si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quel gré vous en saura-t-on? Même les pécheurs en font autant. |
34 Et si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on? Même des pécheurs prêtent à des pécheurs afin de recevoir l'équivalent. |
35 Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour. Votre récompense alors sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car il est bon, Lui, pour les ingrats et les méchants. |
36 " Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant. |
37 Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés; remettez, et il vous sera remis. |
38 Donnez, et l'on vous donnera ; c'est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu'on versera dans votre sein ; car de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous en retour. " |
Les sceptiques qui s’élèvent contre le christianisme et les chrétiens parlent souvent d’intérêt personnel. Ils disent qu’en faisant le bien, les chrétiens se préoccupent d’une récompense d’en haut, et qu’ils accomplissent tout « en vue des biens futurs promis ». Que leur répondre, puisque nous disons réellement à la suite de l’évangéliste : « ...et votre récompense sera grande » ?
Sans doute, la première chose à comprendre est que le Seigneur nous appelle à un désintéressement absolu. Et le passage d’aujourd’hui, dans lequel le Seigneur appelle à donner sans rien recevoir en retour, et même sans espérer recevoir quoi que ce soit, doit servir d’avertissement contre cette espérance pseudo-chrétienne en une rétribution posthume, ou en quelque autre rétribution du Seigneur.
C’est autre chose que le Seigneur soit juste. Et Sa justice est au-dessus de tout. Mais elle n’appartient qu’à Lui ; nous n’avons pas le droit de juger ni d’elle, ni de nous-mêmes à sa lumière. C’est précisément pourquoi le Seigneur dit : « À Moi la vengeance, et Moi, Je rendrai ». Dans ces paroles, il n’y a pas seulement la promesse du triomphe final du bien sur le mal, ou, plus exactement, de la conversion du mal en bien. Il y a aussi la condition de notre désintéressement devant Lui.
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