20 Il y avait là quelques Grecs, de ceux qui montaient pour adorer pendant la fête. |
21 Ils s’avancèrent vers Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée, et ils lui firent cette demande : « Seigneur, nous voulons voir Jésus. » |
22 Philippe vient le dire à André ; André et Philippe viennent le dire à Jésus. |
23 Jésus leur répond :« Voici venue l’heure où doit être glorifié le Fils de l’homme. |
24 En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. |
25 Qui aime sa vie la perd ; et qui hait sa vie en ce monde la conservera en vie éternelle. |
26 Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. |
27 Maintenant mon âme est troublée. Et que dire ? Père, sauve-moi de cette heure ! Mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure. |
28 Père, glorifie ton Nom ! »Du ciel vint alors une voix :« Je l’ai glorifié et de nouveau je le glorifierai. » |
29 La foule qui se tenait là et qui avait entendu, disait qu’il y avait eu un coup de tonnerre ; d’autres disaient : « Un ange lui a parlé. » |
30 Jésus reprit : « Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix, mais pour vous. |
31 C’est maintenant le jugement de ce monde ; maintenant le Prince de ce monde va être jeté bas ; |
32 et moi, une fois élevé de terre, je les attirerai tous à moi. » |
33 Il signifiait par là de quelle mort il allait mourir. |
34 La foule alors lui répondit : « Nous avons appris de la Loi que le Christ demeure à jamais. Comment peux-tu dire : « Il faut que soit élevé le Fils de l’homme » ? Qui est ce Fils de l’homme ? » |
35 Jésus leur dit :« Pour peu de temps encore la lumière est parmi vous. Marchez tant que vous avez la lumière, de peur que les ténèbres ne vous saisissent : celui qui marche dans les ténèbres ne sait pas où il va. |
36 Tant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin de devenir des fils de lumière. » Ainsi parla Jésus, et s’en allant il se cacha loin d’eux. |
37 Bien qu’il eût fait tant de signes devant eux, ils ne croyaient pas en lui, |
38 afin que s’accomplît la parole dite par Isaïe le prophète :Seigneur, qui a cru à notre parole ? Et le bras du Seigneur, à qui a-t-il été révélé ? |
39 Aussi bien ne pouvaient-ils croire, car Isaïe a dit encore : |
40 Il a aveuglé leurs yeux et il a endurci leur cœur, pour que leurs yeux ne voient pas, que leur cœur ne comprenne pas, qu’ils ne se convertissent pas et que je ne les guérisse pas. |
41 Isaïe a dit cela, parce qu’il eut la vision de sa gloire et qu’il parla de lui. |
42 Toutefois, il est vrai, même parmi les notables, un bon nombre crurent en lui, mais à cause des Pharisiens ils ne se déclaraient pas, de peur d’être exclus de la synagogue, |
43 car ils aimèrent la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu. |
44 Jésus s’écria et dit :« Qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en celui qui m’a envoyé, |
45 et qui me voit voit celui qui m’a envoyé. |
46 Moi, lumière, je suis venu dans le monde, pour que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. |
47 Si quelqu’un entend mes paroles et ne les garde pas, je ne le juge pas, car je ne suis pas venu pour juger le monde, mais pour sauver le monde. |
48 Qui me rejette et n’accueille pas mes paroles a son juge : la parole que j’ai fait entendre, c’est elle qui le jugera au dernier jour ; |
49 car ce n’est pas de moi-même que j’ai parlé, mais le Père qui m’a envoyé m’a lui-même commandé que dire et de quoi parler ; |
50 et je sais que son commandement est vie éternelle. Ainsi donc ce dont je parle, tel que le Père me l’a dit j’en parle. » |
Le Seigneur nous adresse, à nous Ses disciples, ces paroles mystérieuses : « Pour peu de temps encore, la lumière est parmi vous. » Oui, bien sûr, Il parle de Sa mort prochaine sur la croix, car le Verbe, tel une semence de Dieu, doit mourir pour porter du fruit. Et Il est mort—cela, à la différence de Sa résurrection, personne n'en doute—et la lumière qu'Il avait apportée dans le monde s'est éteinte à jamais pour le monde. Mais non pour ceux qui L'ont cru ! Il a promis que ceux qui croient en Lui deviendraient des fils de lumière, porteurs de cette lumière révélée aux Apôtres dans la Résurrection. C'est à la fois une promesse et une tâche : ne pas demeurer dans les ténèbres malgré Sa mort évidente aux yeux de tous, mais « marcher dans la lumière », c'est-à-dire vivre en Sa présence, en croyant qu'Il est vivant. Alors Sa mort, à travers nous—et c'est étonnant—portera beaucoup de fruit pour le monde et ouvrira à tous l'accès au Royaume de la Lumière...
20 Il y avait là quelques Grecs, de ceux qui montaient pour adorer pendant la fête. |
21 Ils s’avancèrent vers Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée, et ils lui firent cette demande : « Seigneur, nous voulons voir Jésus. » |
22 Philippe vient le dire à André ; André et Philippe viennent le dire à Jésus. |
23 Jésus leur répond :« Voici venue l’heure où doit être glorifié le Fils de l’homme. |
24 En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. |
25 Qui aime sa vie la perd ; et qui hait sa vie en ce monde la conservera en vie éternelle. |
26 Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. |
27 Maintenant mon âme est troublée. Et que dire ? Père, sauve-moi de cette heure ! Mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure. |
28 Père, glorifie ton Nom ! »Du ciel vint alors une voix :« Je l’ai glorifié et de nouveau je le glorifierai. » |
29 La foule qui se tenait là et qui avait entendu, disait qu’il y avait eu un coup de tonnerre ; d’autres disaient : « Un ange lui a parlé. » |
30 Jésus reprit : « Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix, mais pour vous. |
31 C’est maintenant le jugement de ce monde ; maintenant le Prince de ce monde va être jeté bas ; |
32 et moi, une fois élevé de terre, je les attirerai tous à moi. » |
33 Il signifiait par là de quelle mort il allait mourir. |
34 La foule alors lui répondit : « Nous avons appris de la Loi que le Christ demeure à jamais. Comment peux-tu dire : « Il faut que soit élevé le Fils de l’homme » ? Qui est ce Fils de l’homme ? » |
35 Jésus leur dit :« Pour peu de temps encore la lumière est parmi vous. Marchez tant que vous avez la lumière, de peur que les ténèbres ne vous saisissent : celui qui marche dans les ténèbres ne sait pas où il va. |
36 Tant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin de devenir des fils de lumière. » Ainsi parla Jésus, et s’en allant il se cacha loin d’eux. |
37 Bien qu’il eût fait tant de signes devant eux, ils ne croyaient pas en lui, |
38 afin que s’accomplît la parole dite par Isaïe le prophète :Seigneur, qui a cru à notre parole ? Et le bras du Seigneur, à qui a-t-il été révélé ? |
39 Aussi bien ne pouvaient-ils croire, car Isaïe a dit encore : |
40 Il a aveuglé leurs yeux et il a endurci leur cœur, pour que leurs yeux ne voient pas, que leur cœur ne comprenne pas, qu’ils ne se convertissent pas et que je ne les guérisse pas. |
41 Isaïe a dit cela, parce qu’il eut la vision de sa gloire et qu’il parla de lui. |
42 Toutefois, il est vrai, même parmi les notables, un bon nombre crurent en lui, mais à cause des Pharisiens ils ne se déclaraient pas, de peur d’être exclus de la synagogue, |
43 car ils aimèrent la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu. |
44 Jésus s’écria et dit :« Qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en celui qui m’a envoyé, |
45 et qui me voit voit celui qui m’a envoyé. |
46 Moi, lumière, je suis venu dans le monde, pour que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. |
47 Si quelqu’un entend mes paroles et ne les garde pas, je ne le juge pas, car je ne suis pas venu pour juger le monde, mais pour sauver le monde. |
48 Qui me rejette et n’accueille pas mes paroles a son juge : la parole que j’ai fait entendre, c’est elle qui le jugera au dernier jour ; |
49 car ce n’est pas de moi-même que j’ai parlé, mais le Père qui m’a envoyé m’a lui-même commandé que dire et de quoi parler ; |
50 et je sais que son commandement est vie éternelle. Ainsi donc ce dont je parle, tel que le Père me l’a dit j’en parle. » |
Le Seigneur nous dit mystérieusement, à nous Ses disciples: «La lumière est encore avec vous pour un peu de temps». Oui, bien sûr, il s'agit de Sa mort prochaine sur la croix, car il faut que la Parole, comme le grain semé par Dieu, meure pour porter du fruit. Et Il est mort, en cela, contrairement à Sa résurrection, personne ne doute, et la lumière qu'Il a apportée au monde s'est éteinte pour toujours pour le monde.
Mais non pour ceux qui Lui ont fait confiance! Il a promis que ceux qui croient en Lui seraient fils de lumière, porteurs de cette lumière manifestée aux apôtres dans la Résurrection. Et c'est à la fois une promesse et une tâche: ne pas rester dans les ténèbres malgré Sa mort évidente aux yeux de tous, «marcher dans la lumière», c'est-à-dire vivre en Sa présence, en croyant qu'Il est vivant. Alors Sa mort, à travers nous, et c'est étonnant, portera beaucoup de fruit pour le monde, ouvrira à tous l'accès au Royaume de la Lumière...
20 Il y avait là quelques Grecs, de ceux qui montaient pour adorer pendant la fête. |
21 Ils s’avancèrent vers Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée, et ils lui firent cette demande : « Seigneur, nous voulons voir Jésus. » |
22 Philippe vient le dire à André ; André et Philippe viennent le dire à Jésus. |
23 Jésus leur répond :« Voici venue l’heure où doit être glorifié le Fils de l’homme. |
24 En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. |
25 Qui aime sa vie la perd ; et qui hait sa vie en ce monde la conservera en vie éternelle. |
26 Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. |
27 Maintenant mon âme est troublée. Et que dire ? Père, sauve-moi de cette heure ! Mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure. |
28 Père, glorifie ton Nom ! »Du ciel vint alors une voix :« Je l’ai glorifié et de nouveau je le glorifierai. » |
29 La foule qui se tenait là et qui avait entendu, disait qu’il y avait eu un coup de tonnerre ; d’autres disaient : « Un ange lui a parlé. » |
30 Jésus reprit : « Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix, mais pour vous. |
31 C’est maintenant le jugement de ce monde ; maintenant le Prince de ce monde va être jeté bas ; |
32 et moi, une fois élevé de terre, je les attirerai tous à moi. » |
33 Il signifiait par là de quelle mort il allait mourir. |
34 La foule alors lui répondit : « Nous avons appris de la Loi que le Christ demeure à jamais. Comment peux-tu dire : « Il faut que soit élevé le Fils de l’homme » ? Qui est ce Fils de l’homme ? » |
35 Jésus leur dit :« Pour peu de temps encore la lumière est parmi vous. Marchez tant que vous avez la lumière, de peur que les ténèbres ne vous saisissent : celui qui marche dans les ténèbres ne sait pas où il va. |
36 Tant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin de devenir des fils de lumière. » Ainsi parla Jésus, et s’en allant il se cacha loin d’eux. |
37 Bien qu’il eût fait tant de signes devant eux, ils ne croyaient pas en lui, |
38 afin que s’accomplît la parole dite par Isaïe le prophète :Seigneur, qui a cru à notre parole ? Et le bras du Seigneur, à qui a-t-il été révélé ? |
39 Aussi bien ne pouvaient-ils croire, car Isaïe a dit encore : |
40 Il a aveuglé leurs yeux et il a endurci leur cœur, pour que leurs yeux ne voient pas, que leur cœur ne comprenne pas, qu’ils ne se convertissent pas et que je ne les guérisse pas. |
41 Isaïe a dit cela, parce qu’il eut la vision de sa gloire et qu’il parla de lui. |
42 Toutefois, il est vrai, même parmi les notables, un bon nombre crurent en lui, mais à cause des Pharisiens ils ne se déclaraient pas, de peur d’être exclus de la synagogue, |
43 car ils aimèrent la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu. |
44 Jésus s’écria et dit :« Qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en celui qui m’a envoyé, |
45 et qui me voit voit celui qui m’a envoyé. |
46 Moi, lumière, je suis venu dans le monde, pour que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. |
47 Si quelqu’un entend mes paroles et ne les garde pas, je ne le juge pas, car je ne suis pas venu pour juger le monde, mais pour sauver le monde. |
48 Qui me rejette et n’accueille pas mes paroles a son juge : la parole que j’ai fait entendre, c’est elle qui le jugera au dernier jour ; |
49 car ce n’est pas de moi-même que j’ai parlé, mais le Père qui m’a envoyé m’a lui-même commandé que dire et de quoi parler ; |
50 et je sais que son commandement est vie éternelle. Ainsi donc ce dont je parle, tel que le Père me l’a dit j’en parle. » |
La lecture de ce jour nous offre un nouveau témoignage de Jésus sur Lui-même, sur le Père et sur le Royaume. Il est intéressant de noter qu'Il le donne lorsqu'on Lui annonce que certains « Grecs » souhaitent Le voir (versets 20–22). On appelait parfois ainsi d'anciens païens qui s'étaient tournés vers le Dieu d'Abraham sans avoir adopté la religion juive dans sa totalité. Les anciens prophètes avaient déjà annoncé qu'à la fin des temps, lorsque viendrait le Messie promis par Dieu, le reste du peuple de Dieu s'unirait dans Son Royaume, pour former un seul peuple, au reste des païens en quête de la vraie foi, qui reconnaîtraient le Dieu d'Abraham et se tourneraient vers Lui. C'est pourquoi Jésus voit dans la démarche des « Grecs » qui viennent à Lui un signe supplémentaire de l'avènement du Royaume (verset 23). Il témoigne en même temps que Son ministère terrestre touche à sa fin, que vient le jour qui, certes, ne Lui apportera que la souffrance, mais sans lequel Son ministère messianique n'atteindra ni son achèvement ni sa plénitude (versets 24–28). Pour la première fois, des paroles annonçant Sa mort sur la croix sont ici prononcées publiquement, avec une clarté sans précédent (versets 29–33). Elles plongent les auditeurs dans la perplexité : même les grands prophètes d'Israël ne disent rien de la résurrection du Messie, et Sa mort n'est mentionnée qu'une fois dans le Livre d'Isaïe. L'entourage de Jésus pense qu'Il parle non de Lui-même, mais de quelqu'un d'autre (verset 34). Mais Jésus redit au peuple qu'Il n'est pas tel que Ses compatriotes s'attendaient à Le voir, que le vrai Messie diffère aussi bien de celui de la tradition religieuse que de celui des récits populaires. Jésus dit : tant que la lumière de Dieu demeure parmi vous, profitez-en ; il reste peu de temps, et bientôt vous serez dans les ténèbres, à avancer à tâtons (verset 35). Il invite Ses auditeurs à faire confiance à la lumière pour devenir enfants de lumière (verset 36). L'évangéliste explique ce qui empêchait beaucoup de croire : la peur des persécutions et le refus de voir et d'entendre ce que l'on ne veut ni voir ni entendre (versets 37–43). Pendant ce temps, Jésus dit aussi quelque chose d'important sur le Jugement que les Juifs croyants attendaient au dernier jour. Il dit : Je ne suis pas venu juger le monde, mais permettre à ceux qui cherchent la lumière de la trouver (versets 46–47). J'ai apporté au monde, dit Jésus, la plénitude de vie que J'ai reçue du Père ; Mes paroles sont Ses paroles (versets 49–50). Et c'est la « parole », le témoignage de Jésus, qui devient jugement (verset 48). En effet, personne ne pouvait rester indifférent après avoir rencontré Jésus face à face et entendu Son témoignage sur le Royaume. Chacun devait choisir : accueillir ce témoignage de tout cœur et suivre Jésus dans Son Royaume, ou le rejeter avec Celui qui avait apporté le Royaume au monde. De ce choix dépendait ce que l'homme deviendrait devant Dieu : un habitant du Royaume ayant trouvé la plénitude de vie, ou un exclu voué à la mort.
20 Il y avait là quelques Grecs, de ceux qui montaient pour adorer pendant la fête. |
21 Ils s’avancèrent vers Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée, et ils lui firent cette demande : « Seigneur, nous voulons voir Jésus. » |
22 Philippe vient le dire à André ; André et Philippe viennent le dire à Jésus. |
23 Jésus leur répond :« Voici venue l’heure où doit être glorifié le Fils de l’homme. |
24 En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. |
25 Qui aime sa vie la perd ; et qui hait sa vie en ce monde la conservera en vie éternelle. |
26 Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. |
27 Maintenant mon âme est troublée. Et que dire ? Père, sauve-moi de cette heure ! Mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure. |
28 Père, glorifie ton Nom ! »Du ciel vint alors une voix :« Je l’ai glorifié et de nouveau je le glorifierai. » |
29 La foule qui se tenait là et qui avait entendu, disait qu’il y avait eu un coup de tonnerre ; d’autres disaient : « Un ange lui a parlé. » |
30 Jésus reprit : « Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix, mais pour vous. |
31 C’est maintenant le jugement de ce monde ; maintenant le Prince de ce monde va être jeté bas ; |
32 et moi, une fois élevé de terre, je les attirerai tous à moi. » |
33 Il signifiait par là de quelle mort il allait mourir. |
34 La foule alors lui répondit : « Nous avons appris de la Loi que le Christ demeure à jamais. Comment peux-tu dire : « Il faut que soit élevé le Fils de l’homme » ? Qui est ce Fils de l’homme ? » |
35 Jésus leur dit :« Pour peu de temps encore la lumière est parmi vous. Marchez tant que vous avez la lumière, de peur que les ténèbres ne vous saisissent : celui qui marche dans les ténèbres ne sait pas où il va. |
36 Tant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin de devenir des fils de lumière. » Ainsi parla Jésus, et s’en allant il se cacha loin d’eux. |
Les paroles de Jésus selon lesquelles l’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié furent prononcées en réponse à la nouvelle apportée par les disciples que des Grecs désiraient Le voir. L’évangéliste ne dit ni qui étaient ces Grecs, ni si la rencontre eut lieu ; apparemment, elle n’eut pas lieu. Nous avons très probablement ici l’un des exemples où le Christ ne donne pas la réponse que l’on attend de Lui, mais dit ce que Ses interlocuteurs ont réellement besoin d’entendre. Il n’est pas exclu que les disciples, même à ce moment-là, ne comprennent pas encore pleinement que le Maître doit passer par la souffrance, et que l’intérêt des Grecs soit pour eux le signe de nouvelles possibilités de prédication. Ils pensent en termes quantitatifs, mais le Christ Se prépare au sacrifice de Lui-même, qui changera tout qualitativement. Pour le salut de l’humanité divisée, y compris des Grecs, Il va à la mort, après quoi la prédication des disciples pourra porter du fruit.
On pourrait objecter aux paroles : « Maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors », que le mal règne encore aujourd’hui dans le monde. Mais les forces du mal ne possèdent plus le pouvoir qu’elles avaient avant le Golgotha. L’agonie peut être longue et violente, mais le coup mortel a déjà été porté à l’ennemi.
24 En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. |
25 Qui aime sa vie la perd ; et qui hait sa vie en ce monde la conservera en vie éternelle. |
26 Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. |
L'idée d'une âme qu'il faudrait haïr peut sembler étrange et même absurde. Pourquoi, en effet, une personne devrait-elle haïr ce qu'elle possède de plus précieux, cela même qui fait d'elle ce qu'elle est ? Pour être précis, il faut toutefois remarquer qu'il n'est pas question ici de l'âme au sens où nous employons aujourd'hui ce mot, mais simplement de la vie. Pourtant, même ainsi compris, le problème demeure : pourquoi une personne devrait-elle haïr sa propre vie, qui lui a été donnée par Dieu ?
La réponse la plus simple pourrait être d'invoquer la Chute, qui a déformé cette vie même et l'a transformée en une pitoyable ressemblance de ce qu'elle devait être selon le dessein de Dieu. Une telle réponse, cependant, serait plus propre à un pythagoricien ou à un platonicien qu'à un croyant en Yahvé. Dans le monde païen, l'idée que la vie terrestre était un état qui ne convenait pas à l'homme était assez largement répandue, parmi les philosophes, les mystiques et les ascètes, bien sûr. Ils voyaient la vie de l'homme déchu dans toute sa laideur et ne concevaient pas d'autre issue que d'y renoncer, renoncement qui, à leurs yeux, libérait la personne du pouvoir de ce mal dans lequel gît le monde et dans lequel se déroule la vie de chacun de ses habitants. La Bible, cependant, ne parle nulle part du renoncement à la vie comme d'un moyen d'échapper au mal ; le spiritualisme des platoniciens ou des pythagoriciens lui est étranger. Et les paroles de Jésus sur la haine de sa propre vie peuvent difficilement être comprises dans un sens spiritualiste, qu'il s'agisse d'un spiritualisme de type grec ou indien.
Un parallèle indien pourrait toutefois être pertinent ici : le parallèle avec le bouddhisme et avec la notion de nirvana qui lui est fondamentale. Contrairement à l'idée répandue, il ne s'agit pas d'un départ dans le non-être, mais au contraire d'une expérience de l'être, d'un être qui ne se révèle que lorsque la personne prend ses distances avec l'être illusoire, imaginaire et inauthentique qu'elle considère habituellement comme la véritable vie. Le Bouddha comprit soudain que l'être authentique et la vraie vie ne se trouvent pas du tout là où la plupart des gens les voient. C'est pourquoi il en vint à haïr la vie dans un sens presque évangélique, non de cette haine qui souhaite la destruction de ce qui est haï, mais de la haine au sens biblique du terme, lorsque la personne se détache complètement de ce qu'elle hait et l'exclut de sa vie. Exclure l'illusion au profit du réel : telle fut l'expérience du Bouddha.
Or le Christ est Lui-même ce réel. Il porte en Lui la plénitude du Royaume, et quiconque vient à Lui se trouve devant un choix : rester avec sa propre vie, qui tôt ou tard s'épuisera, ou renoncer à son existence séparée, donner sa vie au Christ et Le laisser en disposer. Cela rappelle un peu le bouddhisme, avec cette différence toutefois que le bouddhisme est apophatique, tandis que le christianisme est cataphatique. Avec le Christ et dans le Christ sont entrés dans le monde cet être authentique et cette vraie vie que le Bouddha avait pressentis au moment de son illumination. Et pour les trouver, il faut le même renoncement à ce qui est propre, séparé, fini et donc inauthentique. Sans un tel renoncement, on ne peut atteindre le réel, qu'il s'agisse de l'illumination des bouddhistes ou de la plénitude du Royaume du Christ.
24 En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. |
25 Qui aime sa vie la perd ; et qui hait sa vie en ce monde la conservera en vie éternelle. |
26 Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. |
Nous pensons toujours que, pour donner, nous devons d'abord recevoir quelque chose. L'apôtre Paul renverse cette logique : il n'est donné qu'à celui qui donne. En cela, il suit parfaitement le Christ : dans l'Évangile selon Jean, Jésus dit des choses très semblables. Veux-tu la vie éternelle ? Donne celle que tu as. Veux-tu la récompense du Père ? Commence par servir.
32 et moi, une fois élevé de terre, je les attirerai tous à moi. » |
«Et moi, quand j'aurai été élevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi». Paroles étranges. Jean explique ensuite qu'il s'agit de la Mort de Jésus, et non de l'Ascension. Le mot «attirerai» peut être compris de manières très différentes; les deux sens sont sans doute importants. On peut le comprendre comme une expression de l'amour. La croix est l'expression suprême de l'amour de Dieu: Dieu nous aime jusqu'à la mort, et la mort de la croix. Par ces paroles, Jésus nous dit en quelque sorte: «Je vous attirerai à moi par mon amour, je vous embrasserai, je vous prendrai par la main et je vous conduirai au Père».
D'autre part, jusqu'au Second Avènement du Christ, tant que le temps n'est pas achevé et que nous vivons sur cette terre et péchons, il n'y a pour nous pas d'autre chemin: nous devons nous aussi passer par la croix. Le Christ nous a rachetés, et après la Croix il y aura la Résurrection. Mais le chemin vers la résurrection et la vie éternelle passe par le Golgotha, où nous ne serons jamais seuls: Jésus sera auprès de nous.
34 La foule alors lui répondit : « Nous avons appris de la Loi que le Christ demeure à jamais. Comment peux-tu dire : « Il faut que soit élevé le Fils de l’homme » ? Qui est ce Fils de l’homme ? » |
Jésus et les personnes qui L'écoutent comprennent différemment le chemin du Messie. Et l'image même du Messie dans la conscience populaire diffère de ce que le Sauveur s'est révélé être en réalité. La principale différence tient au fait que, pour l'immense majorité de ceux qui écoutaient Jésus, l'oeuvre du Messie était une oeuvre purement extérieure. Le Messie, ou, comme Jésus S'appelle habituellement Lui-même à la troisième personne, le Fils de l'homme (cette image messianique est tirée du Livre de Daniel), n'a pas, dans la conscience du peuple, un chemin humain ordinaire.
Il n'est pas un homme ordinaire. Il «demeure pour toujours». Et Il vient sur la terre pour accomplir quelque chose de grand, qui doit s'achever par la création du Royaume messianique, un État terrestre puissant que dirigera ce Roi extraordinaire. Son chemin terrestre sera mystérieux et ne ressemblera pas au chemin d'un homme ordinaire, même si les Juifs ne parlent pas encore de la divinité du Messie au sens chrétien. Et voilà qu'il apparaît que le Messie doit encore recevoir une certaine glorification. Il y avait de quoi réfléchir. Jésus Lui-même, cependant, parle de Son chemin terrestre réel. D'un chemin qui suppose la mort sur la croix et la résurrection qui suit. Et aussi du chemin par lequel on entre dans Son Royaume. D'un chemin qui suppose un changement de vie. Non pas une réorganisation de la vie humaine selon certaines règles particulières, mais son changement, complet et radical.
Un tel changement fera de la vie limitée et finie de l'homme déchu une partie d'une autre vie. De cette vie du Royaume dans toute sa plénitude que le Sauveur a apportée dans le monde. Sans ce changement, il est impossible d'entrer dans le Royaume. Il semblerait qu'il n'y ait rien de compliqué. C'est bien plus simple que les nombreuses méthodes ingénieuses de restructuration et de refonte de la nature humaine que, de tout temps, quantité de magiciens et d'occultistes ont proposées. Mais c'est précisément un tel changement qui se révèle parfois absolument au-dessus des forces de l'homme. Parce qu'il faut ici desserrer la main. Et, ce qui est encore plus difficile, la volonté. Lâcher prise.
Or lâcher sa propre vie, cette existence même à laquelle on a pris l'habitude de s'identifier, n'est pas du tout simple. Il est plus facile de la refaire de toutes les façons possibles, mais soi-même, sous son propre contrôle, que de renoncer à ce contrôle et de permettre à un Autre de gouverner sa vie. Ici, il faut une confiance qui existe ou qui n'existe pas. Mais si elle n'existe pas, il faudra alors abandonner aussi l'espérance du Royaume. Car dans le Royaume où règne le Christ, on ne peut pas vivre sans faire confiance à Celui qui gouverne ce Royaume.
36 Tant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin de devenir des fils de lumière. » Ainsi parla Jésus, et s’en allant il se cacha loin d’eux. |
37 Bien qu’il eût fait tant de signes devant eux, ils ne croyaient pas en lui, |
38 afin que s’accomplît la parole dite par Isaïe le prophète :Seigneur, qui a cru à notre parole ? Et le bras du Seigneur, à qui a-t-il été révélé ? |
39 Aussi bien ne pouvaient-ils croire, car Isaïe a dit encore : |
40 Il a aveuglé leurs yeux et il a endurci leur cœur, pour que leurs yeux ne voient pas, que leur cœur ne comprenne pas, qu’ils ne se convertissent pas et que je ne les guérisse pas. |
41 Isaïe a dit cela, parce qu’il eut la vision de sa gloire et qu’il parla de lui. |
42 Toutefois, il est vrai, même parmi les notables, un bon nombre crurent en lui, mais à cause des Pharisiens ils ne se déclaraient pas, de peur d’être exclus de la synagogue, |
43 car ils aimèrent la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu. |
44 Jésus s’écria et dit :« Qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en celui qui m’a envoyé, |
45 et qui me voit voit celui qui m’a envoyé. |
46 Moi, lumière, je suis venu dans le monde, pour que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. |
47 Si quelqu’un entend mes paroles et ne les garde pas, je ne le juge pas, car je ne suis pas venu pour juger le monde, mais pour sauver le monde. |
Chacun connaît sans doute la situation où l'on propose à quelqu'un quelque chose d'important, de beau, de précieux, de nécessaire ou de savoureux, et où cette personne refuse. L'une des réactions les plus typiques pourrait être formulée d'une manière enfantine ainsi: « Eh bien tant pis, je n'en avais pas tant envie », ou encore plus gaiement: « Il m'en restera davantage ». Mais, en parlant ainsi, nous faisons semblant que le mépris de l'autre personne ne nous touche pas et que nous sommes des « gens libres vivant dans un pays libre »; chacun peut avoir quelque chose qui lui est cher, et nous respectons le choix de l'autre.
En réalité, sous ce calme affiché se cache une blessure: ce qui a du prix pour toi se révèle inutile aux autres. Peu à peu, cette blessure peut empoisonner encore plus la vie: on commence à avoir l'impression que ce n'est pas ce qui a été proposé qui a été refusé, mais que c'est toi-même qu'on n'aime pas, qu'on ne respecte pas, qu'on n'accepte pas. Et cela commence...
Gloire à Dieu, car il n'est pas du tout ainsi! Lorsque nous refusons ce qu'il partage avec nous, non seulement quelque chose d'important pour lui, mais ce sans quoi aucun homme ne sera vraiment heureux, il dit quand même qu'il ne nous juge pas (voir Jn 12:47). Ensuite il ajoutera que chacun sera son propre juge (voir Jn 12:48). Et c'est une vérité bouleversante: le Seigneur ne peut pas nous priver du salut; nous seuls pouvons nous en priver nous-mêmes. Lui non seulement ne nous condamne pas, mais il ne nous juge même pas pour cela. Cela lui fait simplement très mal...
36 Tant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin de devenir des fils de lumière. » Ainsi parla Jésus, et s’en allant il se cacha loin d’eux. |
37 Bien qu’il eût fait tant de signes devant eux, ils ne croyaient pas en lui, |
38 afin que s’accomplît la parole dite par Isaïe le prophète :Seigneur, qui a cru à notre parole ? Et le bras du Seigneur, à qui a-t-il été révélé ? |
39 Aussi bien ne pouvaient-ils croire, car Isaïe a dit encore : |
40 Il a aveuglé leurs yeux et il a endurci leur cœur, pour que leurs yeux ne voient pas, que leur cœur ne comprenne pas, qu’ils ne se convertissent pas et que je ne les guérisse pas. |
41 Isaïe a dit cela, parce qu’il eut la vision de sa gloire et qu’il parla de lui. |
42 Toutefois, il est vrai, même parmi les notables, un bon nombre crurent en lui, mais à cause des Pharisiens ils ne se déclaraient pas, de peur d’être exclus de la synagogue, |
43 car ils aimèrent la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu. |
44 Jésus s’écria et dit :« Qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en celui qui m’a envoyé, |
45 et qui me voit voit celui qui m’a envoyé. |
46 Moi, lumière, je suis venu dans le monde, pour que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. |
47 Si quelqu’un entend mes paroles et ne les garde pas, je ne le juge pas, car je ne suis pas venu pour juger le monde, mais pour sauver le monde. |
L'évangéliste décrit de manière tout à fait exhaustive les raisons de l'incrédulité envers Jésus. Il divise tous les incroyants en deux catégories: ceux qui ne veulent pas voir la vérité et ceux qui ont simplement peur. Le second cas est plus ou moins compréhensible: de tout temps la peur et la lâcheté ont été parmi les principaux obstacles sur le chemin de la justice, empêchant ceux qui marchent ou désirent marcher sur ce chemin de prendre les bonnes décisions. La situation est plus complexe pour la première catégorie. Il est sans doute difficile d'imaginer un homme qui, dans la vie ordinaire, s'aveugle volontairement ou ferme simplement les yeux afin de remplacer par des fantasmes la réalité qui l'entoure et qu'il ne voit plus. Cela se comprend: dans la vie quotidienne, les conséquences d'un tel acte peuvent être des plus inattendues et désagréables. Mais dans la vie spirituelle, beaucoup font apparemment ce choix, et assez souvent, bien que les conséquences n'y soient guère moins sérieuses. Pourquoi donc?
Le philosophe athénien Socrate, qui vécut cinq siècles avant la naissance du Christ, semble avoir déjà compris la raison d'un tel comportement. Il disait que les hommes prennent souvent un petit bien pour un grand et un grand mal pour un petit — et inversement — simplement parce que ce qui est grand paraît plus petit à distance qu'il ne l'est réellement. Cela vaut pour la vie spirituelle autant que pour la vie quotidienne.
Renoncer à des opinions confortables et familières, à une vision du monde bien établie, surtout religieuse, est à tout le moins inconfortable. Le jour du Jugement paraît si lointain, si petit devant cet inconfort, que... l'on n'en tient pas compte, peut-être dans l'espoir que, d'ici là, les choses s'arrangeront d'une façon ou d'une autre, se mettront en ordre et se résoudront d'elles-mêmes, et que nous entrerons tout de même dans le Royaume à peu de frais, sans sacrifices ni pertes particulières.
Quant à ceux qui, comme on dit, tiennent beaucoup trop à s'en mêler, mieux vaut s'en débarrasser. De toute façon, on ne vivra pas tranquille avec eux. La manière de s'en débarrasser n'est qu'une question technique.
36 Tant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin de devenir des fils de lumière. » Ainsi parla Jésus, et s’en allant il se cacha loin d’eux. |
37 Bien qu’il eût fait tant de signes devant eux, ils ne croyaient pas en lui, |
38 afin que s’accomplît la parole dite par Isaïe le prophète :Seigneur, qui a cru à notre parole ? Et le bras du Seigneur, à qui a-t-il été révélé ? |
39 Aussi bien ne pouvaient-ils croire, car Isaïe a dit encore : |
40 Il a aveuglé leurs yeux et il a endurci leur cœur, pour que leurs yeux ne voient pas, que leur cœur ne comprenne pas, qu’ils ne se convertissent pas et que je ne les guérisse pas. |
41 Isaïe a dit cela, parce qu’il eut la vision de sa gloire et qu’il parla de lui. |
42 Toutefois, il est vrai, même parmi les notables, un bon nombre crurent en lui, mais à cause des Pharisiens ils ne se déclaraient pas, de peur d’être exclus de la synagogue, |
43 car ils aimèrent la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu. |
44 Jésus s’écria et dit :« Qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en celui qui m’a envoyé, |
45 et qui me voit voit celui qui m’a envoyé. |
46 Moi, lumière, je suis venu dans le monde, pour que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. |
47 Si quelqu’un entend mes paroles et ne les garde pas, je ne le juge pas, car je ne suis pas venu pour juger le monde, mais pour sauver le monde. |
En citant le prophète Isaïe, l'évangéliste Jean nous fait comprendre qu'il n'y a rien d'inhabituel dans l'incrédulité des Juifs. Des raisons humaines simples, compréhensibles et nullement honorables y conduisent. Pour nous, l'important n'est pas de condamner ceux qui ne croient pas, mais de nous pénétrer de l'esprit des paroles du Christ. Le Seigneur nous parle aujourd'hui de nouveau de la lumière. Il est la lumière venue dans le monde afin que ceux qui croient en lui ne demeurent pas dans les ténèbres. Ainsi, connaissant le Seigneur Jésus-Christ, nous pouvons nous-mêmes être remplis de cette lumière et voir la vérité et le mensonge, la vie et la mort, la cruauté et la miséricorde. Et cela nous donne la possibilité de choisir et de suivre la vérité que le Seigneur nous révèle.
36 Tant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin de devenir des fils de lumière. » Ainsi parla Jésus, et s’en allant il se cacha loin d’eux. |
37 Bien qu’il eût fait tant de signes devant eux, ils ne croyaient pas en lui, |
38 afin que s’accomplît la parole dite par Isaïe le prophète :Seigneur, qui a cru à notre parole ? Et le bras du Seigneur, à qui a-t-il été révélé ? |
39 Aussi bien ne pouvaient-ils croire, car Isaïe a dit encore : |
40 Il a aveuglé leurs yeux et il a endurci leur cœur, pour que leurs yeux ne voient pas, que leur cœur ne comprenne pas, qu’ils ne se convertissent pas et que je ne les guérisse pas. |
41 Isaïe a dit cela, parce qu’il eut la vision de sa gloire et qu’il parla de lui. |
42 Toutefois, il est vrai, même parmi les notables, un bon nombre crurent en lui, mais à cause des Pharisiens ils ne se déclaraient pas, de peur d’être exclus de la synagogue, |
43 car ils aimèrent la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu. |
44 Jésus s’écria et dit :« Qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en celui qui m’a envoyé, |
45 et qui me voit voit celui qui m’a envoyé. |
46 Moi, lumière, je suis venu dans le monde, pour que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. |
47 Si quelqu’un entend mes paroles et ne les garde pas, je ne le juge pas, car je ne suis pas venu pour juger le monde, mais pour sauver le monde. |
Aujourd'hui, nous commençons par la lumière et nous terminons par la lumière : « Tant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin de devenir fils de lumière » — au début. Et à la fin : « Je suis venu dans le monde comme lumière, afin qu'aucun de ceux qui croient en Moi ne demeure dans les ténèbres. » La lumière est un mot très important pour l'Évangile de Jean. Dans le prologue de cet Évangile, nous rencontrons précisément ces paroles : Et la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas saisie. (1:5) Le symbolisme de la lumière et des ténèbres a des racines dans l'Ancien Testament. Mais il n'est pas aussi simple qu'on pourrait le penser en faisant appel aux schémas culturels habituels. Rappelons ces paroles : « Ils veulent changer la nuit en jour, rapprocher la lumière de la face des ténèbres » (Jb 17:12). Et, bien sûr, chacun se souvient de l'image du « démon de midi » — midi, c'est bien le maximum de lumière — dans l'un des psaumes les plus connus (Ps 91:6). L'apôtre Paul le formule le plus nettement : « …Satan lui-même prend l'apparence d'un ange de lumière » (2 Co 11:14). Incapables de vaincre la lumière, les ténèbres essaient d'en prendre l'apparence. Et notre Seigneur dit : Je voyais Satan tomber du ciel comme l'éclair (Lc 10:18). L'éclair, lui aussi, est lumière. Tout cela a permis au bienheureux Jérôme d'introduire le mot Lucifer, auparavant employé pour désigner l'étoile du matin. Et nous devons bien comprendre que notre tâche est beaucoup plus difficile que de séparer la lumière des ténèbres — cette distinction est évidente. Notre tâche est de distinguer ce qui porte la lumière de ce qui est luciférien, bien que l'un soit la traduction exacte de l'autre. Et le Christ nous y aide, car Il nous ramène à l'origine : et Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière des ténèbres (Gn 1:4).
37 Bien qu’il eût fait tant de signes devant eux, ils ne croyaient pas en lui, |
38 afin que s’accomplît la parole dite par Isaïe le prophète :Seigneur, qui a cru à notre parole ? Et le bras du Seigneur, à qui a-t-il été révélé ? |
39 Aussi bien ne pouvaient-ils croire, car Isaïe a dit encore : |
40 Il a aveuglé leurs yeux et il a endurci leur cœur, pour que leurs yeux ne voient pas, que leur cœur ne comprenne pas, qu’ils ne se convertissent pas et que je ne les guérisse pas. |
41 Isaïe a dit cela, parce qu’il eut la vision de sa gloire et qu’il parla de lui. |
42 Toutefois, il est vrai, même parmi les notables, un bon nombre crurent en lui, mais à cause des Pharisiens ils ne se déclaraient pas, de peur d’être exclus de la synagogue, |
43 car ils aimèrent la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu. |
44 Jésus s’écria et dit :« Qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en celui qui m’a envoyé, |
45 et qui me voit voit celui qui m’a envoyé. |
46 Moi, lumière, je suis venu dans le monde, pour que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. |
47 Si quelqu’un entend mes paroles et ne les garde pas, je ne le juge pas, car je ne suis pas venu pour juger le monde, mais pour sauver le monde. |
48 Qui me rejette et n’accueille pas mes paroles a son juge : la parole que j’ai fait entendre, c’est elle qui le jugera au dernier jour ; |
49 car ce n’est pas de moi-même que j’ai parlé, mais le Père qui m’a envoyé m’a lui-même commandé que dire et de quoi parler ; |
50 et je sais que son commandement est vie éternelle. Ainsi donc ce dont je parle, tel que le Père me l’a dit j’en parle. » |
À travers le récit perce la voix directe de l'évangéliste, qui partage avec nous ses propres pensées et émotions au sujet de ce qu'il a vu. Il déplore que ceux qui ont vu les œuvres du Christ n'aient pas cru en Lui, tout en se souvenant que les prophètes en avaient averti depuis longtemps ; c'est pourquoi il se réfère à Isaïe. Mais Jean relève aussitôt que même parmi les dirigeants, beaucoup crurent, et se pose ici la question difficile de ces nombreux convertis qui avaient peur de confesser ouvertement le Christ. Jean le reproche à ces personnes, mais remarquons qu'il parle de dirigeants, dont la position était plus solide que celle des gens d'origine « simple », parmi lesquels tous ne se distinguaient pas non plus par leur courage. À ces derniers, l'évangéliste ne fait manifestement aucun reproche ; il demande davantage de comptes aux « dirigeants ». Mais le reproche est un avertissement qui ne s'adresse pas seulement aux personnes instruites et influentes : si la foi s'abaisse réellement devant la gloire humaine, cela ne reste pas sans conséquence pour l'âme. Le Seigneur est miséricordieux et ne rejette ni les faibles ni ceux qui trébuchent, mais par leur peu de foi ces personnes se font elles-mêmes du tort.
Et c'est précisément ici, non plus dans un entretien secret avec Nicodème, l'un de ces « dirigeants », mais en s'adressant à tous ceux qui peuvent entendre, que le Christ révèle qu'Il est la lumière et que Son jugement ne ressemblera pas aux châtiments judiciaires auxquels les hommes sont habitués et qu'ils attendent donc. Non, ce n'est pas ainsi qu'Il juge ; mais Sa Parole et Sa lumière rendent manifeste tout ce qui est sombre dans nos cœurs et nous donnent ainsi la possibilité de nous libérer des ténèbres.
40 Il a aveuglé leurs yeux et il a endurci leur cœur, pour que leurs yeux ne voient pas, que leur cœur ne comprenne pas, qu’ils ne se convertissent pas et que je ne les guérisse pas. |
41 Isaïe a dit cela, parce qu’il eut la vision de sa gloire et qu’il parla de lui. |
42 Toutefois, il est vrai, même parmi les notables, un bon nombre crurent en lui, mais à cause des Pharisiens ils ne se déclaraient pas, de peur d’être exclus de la synagogue, |
Les causes de l'incrédulité ne sont que deux: le refus de voir l'évident et la peur. D'ailleurs, si l'on y réfléchit, il n'est pas difficile de comprendre que la racine est unique, et que c'est précisément la peur. Seulement, à ce qu'on voit, elle prend des formes différentes. Il y a une peur ouverte, non dissimulée: dans de tels cas, l'homme reconnaît d'ordinaire simplement et directement qu'il refuse de voir et d'entendre certaines choses seulement parce qu'il a peur. Il comprend qu'après avoir entendu et vu quelque chose, il devra tirer certaines conclusions de ce qu'il a vu et entendu, puis changer quelque chose dans sa vie, et les changements peuvent avoir des conséquences pour le moins indésirables. Ici tout est clair: l'homme ne veut pas écouter Jésus, ne veut pas le suivre, parce qu'il ne veut pas de problèmes inutiles. C'est bien sûr mauvais, mais tout de même pas comme dans le second cas. Ici, tout est assez franc, et celui qui a peur comprend lui-même tout: il sait qu'il manque de courage et il se rend compte de son problème. De plus, vaincre une telle peur n'est pas simple, mais, dans l'ensemble, ce n'est pas si difficile: c'est justement une peur extérieure, elle entrave l'homme de l'extérieur en l'effrayant surtout par des conséquences extérieures.
La seconde raison est plus grave et plus profonde. Ici aussi il y a la peur, mais une autre, intérieure. Extérieurement, un tel homme peut ne rien craindre du tout. Il peut ne pas trembler à la pensée des conséquences de son choix. Mais pour son monde intérieur, un tel homme peut avoir peur, et même beaucoup.
D'ordinaire, la peur du premier type saisit l'homme séculier, non croyant, qui est porté à s'appuyer sur l'extérieur et à accorder une grande importance à ce qu'il est facile de perdre, par exemple en cas de persécutions. Mais la seconde peur est plutôt propre à l'homme religieux, pour qui la valeur principale est son monde intérieur. Un tel homme est convaincu qu'on ne peut pas lui prendre ce monde, même en lui ôtant la vie, et donc qu'il n'a rien à craindre de l'extérieur. Mais de l'intérieur, le monde de l'homme religieux est très vulnérable, et un tel homme veille sans cesse soigneusement à ce que personne ne détruise d'une manière ou d'une autre sa religiosité. S'il sent dans les paroles de quelqu'un une menace pour sa religiosité, il devient aussitôt aveugle et sourd, simplement par instinct de conservation.
Seul le Sauveur peut délivrer de ces deux peurs, car il peut faire participer chacun de ceux qui lui font confiance à la vie de son Royaume. Et le souffle du Royaume entré dans le cœur de l'homme ne peut lui être enlevé ni détruit. Alors la peur disparaît aussi, car il n'y a plus rien à craindre.
44 Jésus s’écria et dit :« Qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en celui qui m’a envoyé, |
45 et qui me voit voit celui qui m’a envoyé. |
46 Moi, lumière, je suis venu dans le monde, pour que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. |
47 Si quelqu’un entend mes paroles et ne les garde pas, je ne le juge pas, car je ne suis pas venu pour juger le monde, mais pour sauver le monde. |
48 Qui me rejette et n’accueille pas mes paroles a son juge : la parole que j’ai fait entendre, c’est elle qui le jugera au dernier jour ; |
49 car ce n’est pas de moi-même que j’ai parlé, mais le Père qui m’a envoyé m’a lui-même commandé que dire et de quoi parler ; |
50 et je sais que son commandement est vie éternelle. Ainsi donc ce dont je parle, tel que le Père me l’a dit j’en parle. » |
Quelles paroles étonnantes Jésus prononce dans le passage d'aujourd'hui de l'Évangile selon Jean ! L'unité dont parle l'Église se voit précisément ici. Bien plus, ce sont précisément ces paroles de Jésus qui nous aident à toucher la profondeur des relations du Fils et du Père. Ils sont si inséparables que celui qui croit au Fils croit au Père, et celui qui voit Jésus voit le Seigneur Sabaoth Lui-même. Et par la miséricorde de Dieu, la lumière vient dans le monde pour nous révéler le Père, en éclairant nos coeurs.
44 Jésus s’écria et dit :« Qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en celui qui m’a envoyé, |
45 et qui me voit voit celui qui m’a envoyé. |
46 Moi, lumière, je suis venu dans le monde, pour que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. |
47 Si quelqu’un entend mes paroles et ne les garde pas, je ne le juge pas, car je ne suis pas venu pour juger le monde, mais pour sauver le monde. |
48 Qui me rejette et n’accueille pas mes paroles a son juge : la parole que j’ai fait entendre, c’est elle qui le jugera au dernier jour ; |
49 car ce n’est pas de moi-même que j’ai parlé, mais le Père qui m’a envoyé m’a lui-même commandé que dire et de quoi parler ; |
50 et je sais que son commandement est vie éternelle. Ainsi donc ce dont je parle, tel que le Père me l’a dit j’en parle. » |
Jésus est lumière. Mais pourquoi, pourquoi cette lumière irrite-t-elle tant de gens ? La réponse la plus logique est sans doute qu'elle les empêche de dormir... Nous aimons dormir, du sommeil du péché, du sommeil de la mort. Car très souvent toute notre vie se déroule comme dans un rêve, et nous faisons tout presque automatiquement. Mais Sa lumière, comme le soleil éclatant d'un dimanche matin, nous empêche de dormir ! Il faut ouvrir les yeux et... regarder. Regarder le monde, regarder ceux qui nous entourent, Le regarder dans les yeux. C'est effrayant, c'est difficile, mais c'est précisément cela, la vie. Il vient et apporte Sa lumière non pour nous condamner : « Regardez comme tout va mal ! Vous voyez ? Voilà. » Il donne la lumière pour nous sauver, afin que nous apprenions à Le regarder, à nous réjouir et à aimer.
19 Alors les Pharisiens se dirent entre eux : « Vous voyez que vous ne gagnez rien ; voilà le monde parti après lui ! » |
20 Il y avait là quelques Grecs, de ceux qui montaient pour adorer pendant la fête. |
21 Ils s’avancèrent vers Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée, et ils lui firent cette demande : « Seigneur, nous voulons voir Jésus. » |
22 Philippe vient le dire à André ; André et Philippe viennent le dire à Jésus. |
23 Jésus leur répond :« Voici venue l’heure où doit être glorifié le Fils de l’homme. |
24 En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. |
25 Qui aime sa vie la perd ; et qui hait sa vie en ce monde la conservera en vie éternelle. |
26 Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. |
27 Maintenant mon âme est troublée. Et que dire ? Père, sauve-moi de cette heure ! Mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure. |
28 Père, glorifie ton Nom ! »Du ciel vint alors une voix :« Je l’ai glorifié et de nouveau je le glorifierai. » |
29 La foule qui se tenait là et qui avait entendu, disait qu’il y avait eu un coup de tonnerre ; d’autres disaient : « Un ange lui a parlé. » |
30 Jésus reprit : « Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix, mais pour vous. |
31 C’est maintenant le jugement de ce monde ; maintenant le Prince de ce monde va être jeté bas ; |
32 et moi, une fois élevé de terre, je les attirerai tous à moi. » |
33 Il signifiait par là de quelle mort il allait mourir. |
34 La foule alors lui répondit : « Nous avons appris de la Loi que le Christ demeure à jamais. Comment peux-tu dire : « Il faut que soit élevé le Fils de l’homme » ? Qui est ce Fils de l’homme ? » |
35 Jésus leur dit :« Pour peu de temps encore la lumière est parmi vous. Marchez tant que vous avez la lumière, de peur que les ténèbres ne vous saisissent : celui qui marche dans les ténèbres ne sait pas où il va. |
36 Tant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin de devenir des fils de lumière. » Ainsi parla Jésus, et s’en allant il se cacha loin d’eux. |
Il existe dans l’histoire de l’humanité des tournants qui peuvent passer extérieurement inaperçus, tout en étant la véritable cause d’événements historiques de grande ampleur. Lorsque « quelques Grecs » demandent à l’apôtre Philippe de leur organiser une rencontre avec Jésus, un tel tournant se produit, et le Seigneur dit à ce sujet : « L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié. »
En effet, toute l’histoire de la religion de l’Ancien Testament s’est déroulée dans une contradiction flagrante entre le caractère universel de la révélation divine qui y était donnée et le caractère étroitement national de la religion elle-même. Participer à l’Alliance avec Dieu et être juif par le sang étaient considérés comme une seule et même chose. À maintes reprises, les prophètes ont annoncé que viendrait le jour où le Seigneur appellerait à Lui toutes les nations, mais ce temps était associé à la venue future du Messie. Or ce jour est arrivé.
C’est dans ce contexte universel qu’il faut comprendre les paroles du Christ : « Quand J’aurai été élevé de terre, J’attirerai tous les hommes à Moi. » Voilà pourquoi le désir des Grecs de rencontrer le Christ devient un tel tournant de l’histoire.
19 Alors les Pharisiens se dirent entre eux : « Vous voyez que vous ne gagnez rien ; voilà le monde parti après lui ! » |
20 Il y avait là quelques Grecs, de ceux qui montaient pour adorer pendant la fête. |
21 Ils s’avancèrent vers Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée, et ils lui firent cette demande : « Seigneur, nous voulons voir Jésus. » |
22 Philippe vient le dire à André ; André et Philippe viennent le dire à Jésus. |
23 Jésus leur répond :« Voici venue l’heure où doit être glorifié le Fils de l’homme. |
24 En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. |
25 Qui aime sa vie la perd ; et qui hait sa vie en ce monde la conservera en vie éternelle. |
26 Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. |
27 Maintenant mon âme est troublée. Et que dire ? Père, sauve-moi de cette heure ! Mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure. |
28 Père, glorifie ton Nom ! »Du ciel vint alors une voix :« Je l’ai glorifié et de nouveau je le glorifierai. » |
29 La foule qui se tenait là et qui avait entendu, disait qu’il y avait eu un coup de tonnerre ; d’autres disaient : « Un ange lui a parlé. » |
30 Jésus reprit : « Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix, mais pour vous. |
31 C’est maintenant le jugement de ce monde ; maintenant le Prince de ce monde va être jeté bas ; |
32 et moi, une fois élevé de terre, je les attirerai tous à moi. » |
33 Il signifiait par là de quelle mort il allait mourir. |
34 La foule alors lui répondit : « Nous avons appris de la Loi que le Christ demeure à jamais. Comment peux-tu dire : « Il faut que soit élevé le Fils de l’homme » ? Qui est ce Fils de l’homme ? » |
35 Jésus leur dit :« Pour peu de temps encore la lumière est parmi vous. Marchez tant que vous avez la lumière, de peur que les ténèbres ne vous saisissent : celui qui marche dans les ténèbres ne sait pas où il va. |
36 Tant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin de devenir des fils de lumière. » Ainsi parla Jésus, et s’en allant il se cacha loin d’eux. |
Les Grecs, venus vers Jésus, demandent l'aide de Philippe. Et celui-ci, pour une raison quelconque, va vers André. Il est peu vraisemblable que l'apôtre ait eu peur d'aller lui-même vers le Maître. Il est tout aussi peu vraisemblable qu'André ait été le secrétaire personnel du Christ, chargé de l'emploi du temps du Maître. Il s'agit de tout autre chose.
Quelque chose d'inhabituel se produit. Pour la première fois sont mentionnés d'autres peuples qui répondent à la prédication de Jésus, même s'ils croient au même Dieu que les Juifs. La communauté des disciples du Christ se trouve face à quelque chose de nouveau. C'est pourquoi Philippe se comporte de façon très naturelle: il ne se hâte pas d'agir seul. Jésus envoyait les apôtres prêcher non pas un par un, mais deux par deux (voir Mc 6:7).
Qui sait, peut-être Philippe est-il allé vers André précisément parce qu'il était avec lui «en binôme»? De plus, Philippe se souvient sûrement de ce que le Christ avait dit: «Là où deux ou trois sont réunis en Mon nom, Je suis au milieu d'eux» (Mt 18:20).
Le Seigneur fonde ainsi l'Église: non pas des croyants isolés, mais des disciples qui viennent ensemble vers Lui. Lorsque nous ne comprenons pas quoi faire, lorsque nous voulons connaître la volonté de Dieu, il ne nous faut pas nous appuyer exclusivement sur la manière dont nous l'entendons nous-mêmes. Dieu nous a donné Son Église pour nous aider: Il nous a donné des anciens, Il nous a donné des frères et des soeurs avec lesquels nous pouvons nous adresser à Lui ensemble. Et ainsi s'accomplit Sa parole: «Si deux d'entre vous s'accordent sur la terre pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par Mon Père qui est aux cieux» (Mt 18:19).
19 Alors les Pharisiens se dirent entre eux : « Vous voyez que vous ne gagnez rien ; voilà le monde parti après lui ! » |
20 Il y avait là quelques Grecs, de ceux qui montaient pour adorer pendant la fête. |
21 Ils s’avancèrent vers Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée, et ils lui firent cette demande : « Seigneur, nous voulons voir Jésus. » |
22 Philippe vient le dire à André ; André et Philippe viennent le dire à Jésus. |
23 Jésus leur répond :« Voici venue l’heure où doit être glorifié le Fils de l’homme. |
24 En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. |
25 Qui aime sa vie la perd ; et qui hait sa vie en ce monde la conservera en vie éternelle. |
26 Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. |
27 Maintenant mon âme est troublée. Et que dire ? Père, sauve-moi de cette heure ! Mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure. |
28 Père, glorifie ton Nom ! »Du ciel vint alors une voix :« Je l’ai glorifié et de nouveau je le glorifierai. » |
29 La foule qui se tenait là et qui avait entendu, disait qu’il y avait eu un coup de tonnerre ; d’autres disaient : « Un ange lui a parlé. » |
30 Jésus reprit : « Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix, mais pour vous. |
31 C’est maintenant le jugement de ce monde ; maintenant le Prince de ce monde va être jeté bas ; |
32 et moi, une fois élevé de terre, je les attirerai tous à moi. » |
33 Il signifiait par là de quelle mort il allait mourir. |
34 La foule alors lui répondit : « Nous avons appris de la Loi que le Christ demeure à jamais. Comment peux-tu dire : « Il faut que soit élevé le Fils de l’homme » ? Qui est ce Fils de l’homme ? » |
35 Jésus leur dit :« Pour peu de temps encore la lumière est parmi vous. Marchez tant que vous avez la lumière, de peur que les ténèbres ne vous saisissent : celui qui marche dans les ténèbres ne sait pas où il va. |
36 Tant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin de devenir des fils de lumière. » Ainsi parla Jésus, et s’en allant il se cacha loin d’eux. |
Quand il s'agit du ministère terrestre du Sauveur, nous comprenons qu'il est question de quelque chose d'unique: en effet, à lui seul il était destiné de naître et de vivre sa vie terrestre comme Messie; cela n'a été donné à personne d'autre. Et pourtant sa vie est devenue une sorte de modèle spirituel qui convient à chacun de ses disciples. Bien plus: il n'existe tout simplement pas d'autre modèle permettant d'entrer dans le Royaume et, de toute évidence, il ne peut pas y en avoir, du moins dans notre monde marqué par la chute.
Ce modèle est très simple en théorie et loin d'être simple en pratique: l'homme doit consentir à se séparer de sa propre vie afin de la recevoir ensuite de nouveau, mais autrement, dans une qualité nouvelle, apte au Royaume. Celui qui aime sa vie, son âme, telle qu'elle est, dans son état actuel, ne peut pas compter sur le Royaume. L'exigence paraît excessive et dure, mais, comme on le voit, cette dureté tient précisément à la spécificité du monde déchu, dont la vie de chacun de nous fait partie. Même Jésus lui-même, sur qui le péché originel n'a pas de pouvoir, n'était pas, pendant son ministère terrestre, entièrement libre de cette spécificité: étant pleinement et jusqu'au bout habitant de notre monde non transfiguré et partie de celui-ci, il s'est trouvé soumis, sinon au péché, du moins à la mort, même si, bien sûr, ce n'était pas comme nous: la mort n'était pour lui que possible, non inévitable comme pour nous.
Et la seule chose qui puisse nous aider, c'est la disposition à renoncer à notre vie dans sa qualité actuelle, ce que Jésus appelle « haïr sa propre vie ». Il faut se souvenir que, dans la langue biblique, l'amour et la haine ne désignent pas les états émotionnels que nous entendons souvent par ces mots, mais l'attitude d'acceptation ou de refus envers ce vers quoi se tourne notre volonté. Le refus de la vie, y compris avant tout de notre propre vie, dans sa qualité et son état actuels, et la disposition à s'en séparer pour une vie autre et nouvelle, constituent la condition préalable nécessaire pour commencer le chemin vers le Royaume, chemin au cours duquel notre ancienne vie sera refondue en une vie nouvelle, apte à l'éternité.
Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible. Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit. | ||
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||