1 Or il y avait parmi les Pharisiens un homme du nom de Nicodème, un notable des Juifs. |
2 Il vint de nuit trouver Jésus et lui dit : " Rabbi, nous le savons, tu viens de la part de Dieu comme un Maître : personne ne peut faire les signes que tu fais, si Dieu n'est pas avec lui. " |
3 Jésus lui répondit : " En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'en haut, nul ne peut voir le Royaume de Dieu. " |
4 Nicodème lui dit : " Comment un homme peut-il naître, étant vieux ? Peut-il une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître ? " |
5 Jésus répondit : " En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'eau et d'Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. |
6 Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l'Esprit est esprit. |
7 Ne t'étonne pas, si je t'ai dit: Il vous fait naître d'en haut. |
8 Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit. " |
9 Nicodème lui répondit : " Comment cela peut-il se faire ? " |
10 Jésus lui répondit : " Tu es Maître en Israël, et ces choses-là, tu ne les saisis pas ? |
11 En vérité, en vérité, je te le dis, nous parlons de ce que nous savons et nous attestons ce que nous avons vu; mais vous n'accueillez pas notre témoignage. |
12 Si vous ne croyez pas quand je vous dis les choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous dirai les choses du ciel? |
13 Nul n'est monté au ciel, hormis celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme. |
14 Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l'homme, |
15 afin que quiconque croit ait par lui la vie éternelle. |
16 Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. |
17 Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. |
18 Qui croit en lui n'est pas jugé; qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au Nom du Fils unique de Dieu. |
19 Et tel est le jugement: la lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises. |
20 Quiconque, en effet, commet le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient démontrées coupables, |
21 mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, afin que soit manifesté que ses œuvres sont faites en Dieu. " |
Il n’est pas étonnant que les paroles de Jésus aient tellement bouleversé Nicodème. Selon sa conception, sa place dans le Royaume du Messie à venir lui était garantie par le seul fait d’être né de parents juifs et d’appartenir au peuple élu. Mais le Seigneur lui dit—et nous dit—que ce qui est né de la chair, c’est-à-dire des hommes, fussent-ils juifs, est chair ; pour entrer dans le Royaume de l’Esprit, il faut naître de l’eau (le baptême) et de l’Esprit (le don de l’Esprit que, selon la parole du Seigneur, reçoit celui qui croit en Lui—Jn 7,38). Bien sûr, il nous est facile de nous moquer de ce maître reconnu du judaïsme qui ne comprend pas des choses aussi simples, puisque nous savons, nous, de quoi parle le Seigneur Jésus. Oui, Dieu merci, contrairement à Nicodème, nous comprenons lorsque le Maître parle « des choses terrestres » ; mais cela signifie-t-il que nous comprendrons lorsqu’Il parlera « des choses célestes » ? S’Il appelle la naissance de l’Esprit une chose « terrestre », qu’est-ce donc que la chose « céleste » ? Peut-être ne devrions-nous pas tant nous élever au-dessus de Nicodème, car auprès du Seigneur Jésus nous restons toujours des disciples qui comprennent lentement...
1 Or il y avait parmi les Pharisiens un homme du nom de Nicodème, un notable des Juifs. |
2 Il vint de nuit trouver Jésus et lui dit : " Rabbi, nous le savons, tu viens de la part de Dieu comme un Maître : personne ne peut faire les signes que tu fais, si Dieu n'est pas avec lui. " |
3 Jésus lui répondit : " En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'en haut, nul ne peut voir le Royaume de Dieu. " |
4 Nicodème lui dit : " Comment un homme peut-il naître, étant vieux ? Peut-il une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître ? " |
5 Jésus répondit : " En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'eau et d'Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. |
6 Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l'Esprit est esprit. |
7 Ne t'étonne pas, si je t'ai dit: Il vous fait naître d'en haut. |
8 Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit. " |
9 Nicodème lui répondit : " Comment cela peut-il se faire ? " |
10 Jésus lui répondit : " Tu es Maître en Israël, et ces choses-là, tu ne les saisis pas ? |
11 En vérité, en vérité, je te le dis, nous parlons de ce que nous savons et nous attestons ce que nous avons vu; mais vous n'accueillez pas notre témoignage. |
12 Si vous ne croyez pas quand je vous dis les choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous dirai les choses du ciel? |
13 Nul n'est monté au ciel, hormis celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme. |
14 Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l'homme, |
15 afin que quiconque croit ait par lui la vie éternelle. |
16 Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. |
17 Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. |
18 Qui croit en lui n'est pas jugé; qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au Nom du Fils unique de Dieu. |
19 Et tel est le jugement: la lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises. |
20 Quiconque, en effet, commet le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient démontrées coupables, |
21 mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, afin que soit manifesté que ses œuvres sont faites en Dieu. " |
Il n'est pas étonnant que les paroles de Jésus aient tant choqué Nicodème. Car, dans sa représentation, une place dans le Royaume du Messie à venir lui était assurée par le simple fait d'être né de parents juifs, par son appartenance au peuple élu. Mais le Seigneur lui dit, et nous dit, que ce qui est né de la chair, c'est-à-dire des hommes, fussent-ils même juifs, est chair; et que pour entrer dans le Royaume de l'Esprit, il faut naître de l'eau, recevoir le baptême, et de l'Esprit, acquérir ce don de l'Esprit que, selon la parole du Seigneur, reçoit quiconque croit en lui (Jn 7:38).
Bien sûr, il nous est facile, à vous et à moi, de sourire devant un maître juif reconnu qui ne comprend pas des choses si simples, puisque nous savons, nous, de quoi parle le Seigneur Jésus. Oui, par la grâce de Dieu, contrairement à Nicodème, nous comprenons lorsque le Maître parle « des choses terrestres »; mais cela signifie-t-il que nous comprendrons lorsqu'il parlera « des choses célestes »? S'il appelle la naissance de l'Esprit « terrestre », qu'est-ce donc alors que le « céleste »? Sans doute ne devons-nous pas trop nous élever au-dessus de Nicodème, car auprès du Seigneur Jésus nous restons toujours des disciples qui comprennent mal...
1 Or il y avait parmi les Pharisiens un homme du nom de Nicodème, un notable des Juifs. |
2 Il vint de nuit trouver Jésus et lui dit : " Rabbi, nous le savons, tu viens de la part de Dieu comme un Maître : personne ne peut faire les signes que tu fais, si Dieu n'est pas avec lui. " |
3 Jésus lui répondit : " En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'en haut, nul ne peut voir le Royaume de Dieu. " |
4 Nicodème lui dit : " Comment un homme peut-il naître, étant vieux ? Peut-il une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître ? " |
5 Jésus répondit : " En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'eau et d'Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. |
6 Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l'Esprit est esprit. |
7 Ne t'étonne pas, si je t'ai dit: Il vous fait naître d'en haut. |
8 Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit. " |
9 Nicodème lui répondit : " Comment cela peut-il se faire ? " |
10 Jésus lui répondit : " Tu es Maître en Israël, et ces choses-là, tu ne les saisis pas ? |
11 En vérité, en vérité, je te le dis, nous parlons de ce que nous savons et nous attestons ce que nous avons vu; mais vous n'accueillez pas notre témoignage. |
12 Si vous ne croyez pas quand je vous dis les choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous dirai les choses du ciel? |
13 Nul n'est monté au ciel, hormis celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme. |
14 Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l'homme, |
15 afin que quiconque croit ait par lui la vie éternelle. |
L’Église est jeune et pleine de forces, des forces que l’Esprit du Seigneur a insufflées en elle. Les sauvés s’ajoutent par milliers, de nombreux signes s’accomplissent, tous les croyants ont reçu le don de l’Esprit Saint et demeurent dans la crainte de Dieu ; leur vie est le modèle d’une vie chrétienne pleinement accomplie (voir Ac 2:42). Vraiment, ce n’est plus une vie, c’est un rêve… Mais un rêve, c’est tout de même quelque chose de généralement inaccessible, quelque chose que l’on invente pour soulager sa conscience. On se dit : c’est un idéal incompatible avec la réalité. Or ce dont vivent les premiers chrétiens, c’est justement la vraie réalité. Plus réelle que celle dans laquelle nous vivons maintenant.
Et dans l’entretien avec Nicodème, le Seigneur parle précisément de cet être nouveau, du Royaume de Dieu qui est au-dedans d’eux et au milieu d’eux (voir Lc 17:21, Mt 18:20). Par le repentir, par le baptême d’eau et d’Esprit, par la naissance d’en haut, nous pouvons entrer, ou plus exactement nous donnons au Christ la possibilité de nous conduire dans cette autre vie (voir Jn 3:13). Peut-être ne l’avons-nous pas encore remarqué nous-mêmes, mais Lui a déjà tout fait. Il ne nous reste qu’à y croire comme à rien d’autre. Croire, afin de prendre progressivement conscience de ce qui nous est arrivé…
1 Or il y avait parmi les Pharisiens un homme du nom de Nicodème, un notable des Juifs. |
2 Il vint de nuit trouver Jésus et lui dit : " Rabbi, nous le savons, tu viens de la part de Dieu comme un Maître : personne ne peut faire les signes que tu fais, si Dieu n'est pas avec lui. " |
3 Jésus lui répondit : " En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'en haut, nul ne peut voir le Royaume de Dieu. " |
4 Nicodème lui dit : " Comment un homme peut-il naître, étant vieux ? Peut-il une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître ? " |
5 Jésus répondit : " En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'eau et d'Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. |
6 Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l'Esprit est esprit. |
7 Ne t'étonne pas, si je t'ai dit: Il vous fait naître d'en haut. |
8 Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit. " |
9 Nicodème lui répondit : " Comment cela peut-il se faire ? " |
10 Jésus lui répondit : " Tu es Maître en Israël, et ces choses-là, tu ne les saisis pas ? |
11 En vérité, en vérité, je te le dis, nous parlons de ce que nous savons et nous attestons ce que nous avons vu; mais vous n'accueillez pas notre témoignage. |
12 Si vous ne croyez pas quand je vous dis les choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous dirai les choses du ciel? |
13 Nul n'est monté au ciel, hormis celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme. |
14 Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l'homme, |
15 afin que quiconque croit ait par lui la vie éternelle. |
Comme cela arrive souvent, le plus important dans la lecture évangélique d’aujourd’hui est son sens direct. Dans l’entretien nocturne avec Nicodème, homme d’un certain âge et riche d’expérience, le Seigneur parle d’une nouvelle naissance, du fait qu’une vie nouvelle peut commencer pour celui qui croit en Lui. Et cette vie, dit-Il, commence par une naissance de l’Esprit de Dieu, une naissance d’en haut. Il est terrible et triste qu’un homme ne vive pas de cette vie née d’en haut, donnée par l’Esprit. Mais ce fait ne doit pas nous conduire au découragement ; au contraire, l’ordre direct du Christ à l’homme est : nais et vis. Comme Dieu l’a dit par le prophète Ézéchiel : je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive.
Des paroles du Seigneur sur la naissance d’en haut découle encore une conclusion évidente : cette naissance dépend de toi-même ; la volonté du Créateur pour ta naissance d’en haut existe déjà et elle a été clairement exprimée par le Seigneur. Et cela nous ouvre le côté joyeux, pascal, de ces paroles.
1 Or il y avait parmi les Pharisiens un homme du nom de Nicodème, un notable des Juifs. |
2 Il vint de nuit trouver Jésus et lui dit : " Rabbi, nous le savons, tu viens de la part de Dieu comme un Maître : personne ne peut faire les signes que tu fais, si Dieu n'est pas avec lui. " |
3 Jésus lui répondit : " En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'en haut, nul ne peut voir le Royaume de Dieu. " |
4 Nicodème lui dit : " Comment un homme peut-il naître, étant vieux ? Peut-il une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître ? " |
5 Jésus répondit : " En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'eau et d'Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. |
6 Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l'Esprit est esprit. |
7 Ne t'étonne pas, si je t'ai dit: Il vous fait naître d'en haut. |
8 Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit. " |
9 Nicodème lui répondit : " Comment cela peut-il se faire ? " |
10 Jésus lui répondit : " Tu es Maître en Israël, et ces choses-là, tu ne les saisis pas ? |
11 En vérité, en vérité, je te le dis, nous parlons de ce que nous savons et nous attestons ce que nous avons vu; mais vous n'accueillez pas notre témoignage. |
12 Si vous ne croyez pas quand je vous dis les choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous dirai les choses du ciel? |
13 Nul n'est monté au ciel, hormis celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme. |
14 Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l'homme, |
15 afin que quiconque croit ait par lui la vie éternelle. |
Parmi les pharisiens, il y avait aussi des hommes qui cherchaient sincèrement, sinon le Royaume, du moins cette vérité de Dieu qui comptait pour eux davantage que les préjugés traditionnels ayant éloigné tant de leurs coreligionnaires. Nicodème était manifestement de ceux-là. Pourtant, malgré toute sa sincérité, il lui est loin d'être facile de comprendre Jésus, bien que, selon le Sauveur Lui-même, Celui-ci ait dit à son interlocuteur une chose que ce dernier, qui se considérait comme un maître du peuple, ne pouvait ignorer. Il s'agit du renouvellement spirituel, que Jésus définit comme le fait de « naître de l'eau et de l'esprit ». Bien sûr, chacun en Israël savait ce qu'était une ablution purificatrice et à quoi elle servait. Mais l'ablution était traditionnellement liée à la purification d'un péché précis ou, plus exactement, de ses conséquences, car on était purifié du péché lui-même par le repentir et le retour à Dieu. Nicodème ne comprend manifestement pas quel rapport cela a avec le fait de « naître d'en haut ». Pour lui, naître signifie entrer dans le monde comme tout être humain y entre en sortant du sein maternel. Jésus essaie de lui parler d'une autre naissance, de la naissance au Royaume qu'Il a apporté dans le monde. Une telle naissance exige bien une purification, une dernière purification afin de se débarrasser de tout ce qui est incompatible avec la vie nouvelle. Mais l'essentiel est le souffle de Dieu, qui enveloppe tous ceux qui participent à la vie du Royaume. Sans ce souffle, il n'y aura ni renouvellement de l'homme lui-même, ni participation à la vie nouvelle. Pourtant, tout ce que dit Jésus paraît si étrange et incompréhensible à Nicodème qu'Il finit simplement par changer de sujet en disant : si Je vous ai parlé des choses terrestres et que vous ne croyez pas, comment croirez-vous si Je vous parle des choses célestes ? En effet, avant de connaître quoi que ce soit du « céleste », de la vie du Royaume, il fallait absolument comprendre comment on entre dans ce Royaume. Mais une telle compréhension se révèle pratiquement inaccessible à Nicodème, malgré toute sa religiosité et toutes ses connaissances. Il n'y a sans doute là rien d'étrange : ces connaissances concernaient notre monde, encore non transformé, un monde trop différent du Royaume pour que celui qui n'a aucune expérience de la vie nouvelle puisse en comprendre les lois.
3 Jésus lui répondit : " En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'en haut, nul ne peut voir le Royaume de Dieu. " |
4 Nicodème lui dit : " Comment un homme peut-il naître, étant vieux ? Peut-il une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître ? " |
Parmi les pharisiens, il y avait des personnes différentes, et elles avaient envers Jésus des attitudes différentes. Il y avait aussi, parmi les chefs spirituels du mouvement, des hommes qui manifestaient pour lui et pour ses paroles un intérêt sincère. Nicodème était l'un d'eux. Il vient à Jésus avec des paroles de soutien et d'approbation, en l'appelant « vrai maître ». Il est difficile de dire quel sens Nicodème mettait dans ces mots. Il est tout à fait possible qu'il ne considérât pas Jésus comme le Messie. Mais Jésus lui-même, de toute évidence, n'a pas l'intention de discuter avec Nicodème de la question de sa messianité.
En réponse aux assurances de Nicodème, selon lesquelles lui et ceux qui pensent comme lui voient en Jésus un vrai maître, Jésus lui parle aussitôt de la seconde naissance. De la naissance d'en haut. De l'eau et du souffle de Dieu. On dit d'ordinaire : c'est au sujet du baptême. Oui, c'est évidemment au sujet du baptême. Mais pourquoi Nicodème est-il alors si étonné ? Les ablutions purificatrices qui ont reçu chez nous le nom de baptême étaient connues depuis longtemps et bien connues des Juifs.
Si ce Maître mystérieux n'avait proposé qu'une nouvelle ablution purificatrice, il n'y aurait rien eu d'inhabituel. Mais il parle d'une seconde naissance, et Nicodème ne le comprend pas. Pourtant il le devrait : « Tu es maître en Israël, et tu ne sais même pas cela ? » Jésus parle de la seconde naissance comme de quelque chose qui pouvait et devait être connu de Nicodème, s'il est vraiment maître en Israël. Il ne s'agit donc manifestement pas seulement d'ablutions purificatrices. D'ailleurs, Nicodème parle de l'utilité de la nouvelle naissance comme d'une chose évidente, mais inaccessible. Il ne demande pas : « Pourquoi ? » Il dit : « Comment ? » Comment naître une seconde fois ?
Pourquoi, cela est clair : c'est la manière la plus radicale de se libérer de l'impureté. Recommencer la vie. À partir d'une page blanche. Et ne plus se souiller. Mais comment ? Jésus dit : de l'eau et du souffle de Dieu. Cela sonne étrangement, car, comme on le pensait alors, Dieu purifie l'homme ou bien le sanctifie. D'abord il purifie, puis il sanctifie. D'abord la purification, l'ablution et le sacrifice pour le péché, puis le sacrifice de paix. Et peut-être alors le souffle de Dieu descendra-t-il sur l'homme. Mais avoir aussitôt la purification et le souffle de Dieu ? Jésus, pourtant, parle de la vie du Royaume.
Il parle de la mesure dans laquelle elle est accessible ici et maintenant ; en ce sens, ses paroles sont « terrestres ». Il parle du souffle du Royaume, qui purifie. Et qui renouvelle chaque fois la personne, comme en la faisant naître de nouveau à la lumière : car dans le Royaume, chaque jour est nouveau. Et, bien sûr, l'eau : car, jusqu'à la transfiguration complète de la nature humaine, on n'échappe pas au péché. Cela, c'est « terrestre ». Et cela est incompréhensible. Quant au « céleste », il n'en est pas encore question. Il est devant nous. Lorsque le Royaume se manifestera jusqu'au bout dans notre monde déchu, en le transformant totalement. Alors il n'y aura plus besoin de purifications. Mais cela est devant nous. Pour l'instant, il faut des pas justes. Pour l'instant, il s'agit du « terrestre ».
5 Jésus répondit : " En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'eau et d'Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. |
Autant que nous sommes dans une position meilleure, que Nicodème, qui est le premier à avoir entendu ces mots. Il lui était évidemment très difficile de les comprendre, mais beaucoup plus facile pour nous, connaissant déjà ce qui s'est passé par la suite.
Le péché a pénétré toute notre vie, toutes nos pensées et actes dès la naissance - l'égoïsme, l'orgueil, l’exaltation, la condamnation... Le péché conduit aux actions incorrectes (pécheresses), ayant des conséquences très lourdes, qui à leur tour provoquent les nouveaux péchés en nous mêmes, et en nos proches. Et tout cela roule, comme une boule de neige, prenant de plus en plus de vitesse. Certes, une telle vie n'a rien de commun avec le Royaume de Dieu. Peut-on arrêter cela? Et si la réponse est oui, alors comment?
Jésus fait savoir qu'une nouvelle naissance est nécessaire pour cela, ou une régénération, parce qu'une vieille vie doit entièrement cesser, et c’est seulement après cela que peut commencer la vie nouvelle. Notre participation, notre désir est indispensable ici, - ce qui est caractérisé par le mot «repentance». C’est justement à travers la repentance que nous venons à la mort volontaire dans l'eau du Baptême, dans laquelle s'achève notre vie pécheresse; et le pas suivant est l’acceptation de la vie nouvelle, que nous offre le vivifiant Saint-Esprit, envoyé à nous par l’aimant Père Céleste. Et voici que nous, des bébés nouveau-nés, baignés par l'eau et l'Esprit, entrons dans le Royaume de Dieu...
C’est ainsi dans l'idéal. Dans la pratique c’est seulement partiel pour nous. Notre repentance est incomplète, nous continuons à nous repentir même après le Baptême. Et ceci dit, notre vie pécheresse ne meurt pas complètement, et nous devrons encore être purifiés et encore purifiés. Et la naissance de l'Esprit - n’est avant tout pas une régénération, mais plutôt la naissance en nous d’une vie nouvelle semblable au grain de moutarde, qui devrait grandir et grandir. Oui Dieu fera de nous ce sol fertile, dans lequel le Royaume croissant atteindra la maturité et apportera des fruits!
8 Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit. " |
Jésus utilise la comparaison de l'esprit avec le vent (c'est un jeu de mots dans la langue araméenne): l'esprit, tout comme le vent, souffle partout; on peut sentir son haleine, mais il est impossible de déterminer le début et la fin de ce flux. Seul l'esprit connait la source et le but de son mouvement. L'idée de Jésus et l'image utilisée par lui sont claire jusqu'à ce point, et ici Il fait un tournant brusque: «Ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit». Comment – «comme ça» ? Il semble qu'Il veut dire que la nouvelle vie qui «n’est pas dans la chair, mais dans l'Esprit» (Rom 8) est autant différente en comparaison avec la vie ordinaire, dont on ne connait pas où est son début et quel est son but.
8 Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit. " |
Et personne ne demande si nous sommes d'accord ou pas. Le vent souffle où il veut. Personne ne peut l’indiquer où aller, comment agir, où souffler. Personne n'a le pouvoir sur lui. Il se manifeste là où il veut. Le Seigneur fait savoir ici que l’Esprit est comme ce vent. Il semble parfois que voici ici Il {l’Esprit} devrait se manifester, car nous en avons besoin maintenant. Mais en réponse nous avons le silence, parce qu'Il est libre, Il est la liberté elle même. Sans Lui, nous ne pouvions même pas connaitre qu'est-ce que c'est, comment on peut vivre, quand il n'y a pas des règles et rites strictes, il n'y a pas d'obligations "tu me donnes, je te donne". Certes, il aurait été plus facile et plus tranquille, si on savait exactement où, par quel moyen et pour quel coût on pouvait Le rencontrer, et recevoir ce qu’on souhaite. Mais alors, Il ne serait pas Dieu.
13 Nul n'est monté au ciel, hormis celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme. |
14 Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l'homme, |
15 afin que quiconque croit ait par lui la vie éternelle. |
16 Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. |
17 Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. |
Aujourd'hui, nos pensées vont à la Croix du Seigneur. Le Fils de Dieu sans péché S'est livré au supplice le plus douloureux, et la Croix, lieu et instrument de Sa mort, est effrayante, monstrueuse. Et voici que l'Église découvre et élève cette Croix. Est-ce donc pour nous plonger dans l'horreur et nous détruire ?
Non, en contemplant la Croix et en nous souvenant du Crucifié, nous pouvons sentir Sa présence dans nos souffrances et dans notre mort, nous pouvons découvrir en nous la capacité de compatir. En outre, tous les textes d'aujourd'hui disent que la Croix du Seigneur est l'instrument de notre salut, la manifestation suprême de l'amour de Dieu, la révélation de la gloire de Dieu. Alors, en contemplant la Croix, nous pouvons exposer notre coeur glacé aux rayons brûlants de Son amour et découvrir en nous la capacité de rendre grâce. Crucem Tuam adoramus, Domine... Nous adorons Ta Croix, Maître...
16 Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. |
17 Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. |
18 Qui croit en lui n'est pas jugé; qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au Nom du Fils unique de Dieu. |
19 Et tel est le jugement: la lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises. |
20 Quiconque, en effet, commet le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient démontrées coupables, |
21 mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, afin que soit manifesté que ses œuvres sont faites en Dieu. " |
Les paroles de Jésus sur le Jugement, semble-t-il, n'auraient nullement dû paraître à Nicodème comme quelque chose de nouveau ou d'inattendu. En effet, Nicodème, en rabbin savant, devait bien connaître la sainte Écriture de son temps, qui comprenait non seulement la Torah, mais aussi les livres prophétiques. Or ce que Jésus dit du Jugement avait déjà été dit par eux plus d'une fois. Le premier à parler du Jugement comme d'une rencontre avec Dieu face à face fut déjà Amos. C'est lui aussi qui, le premier, avertit ses compatriotes et coreligionnaires que le Jugement pourrait être pour eux non pas du tout le triomphe des vainqueurs, comme beaucoup l'attendaient, mais un moment de vérité, et d'une vérité très désagréable pour beaucoup. Et il n'y aura pas d'autre Jugement: car Dieu veut sauver l'homme et lui ouvrir cette plénitude de vie qu'il lui a destinée, non le condamner.
Jésus dit la même chose lorsqu'il parle de lui-même comme Juge, non au sens où la majorité croyante le comprenait alors, mais au sens prophétique: il a apporté dans le monde le Royaume, dont la lumière brille pour chacun, et les hommes se condamnent eux-mêmes en choisissant les ténèbres.
C'est pourquoi l'issue du Jugement pour chacun dépend de son attitude envers Jésus, ou plus exactement de sa relation avec Jésus: si quelqu'un fait confiance à Celui qui a apporté le Royaume dans le monde, son choix est fait et, dans son principe, l'issue du Jugement le concernant est déterminée: le Royaume lui sera donné, même si cela n'arrive pas immédiatement. Mais s'il n'y a pas cette confiance, l'homme se condamne lui-même par là, en se privant de la possibilité d'entrer dans le Royaume. Ainsi, pleinement dans l'esprit de la tradition prophétique, Jésus tranche la question du Jugement, tout en se désignant lui-même comme Celui à qui il a été donné d'apporter au monde le Royaume et le Jugement.
16 Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. |
17 Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. |
18 Qui croit en lui n'est pas jugé; qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au Nom du Fils unique de Dieu. |
19 Et tel est le jugement: la lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises. |
20 Quiconque, en effet, commet le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient démontrées coupables, |
21 mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, afin que soit manifesté que ses œuvres sont faites en Dieu. " |
La venue du Fils de Dieu dans le monde est la manifestation non de la colère de Dieu, mais de son amour. Dans la lecture d’aujourd’hui, Jésus dit que Dieu a envoyé le Fils non pour juger, mais pour sauver. Et en même temps, le fait même de la venue du Fils de Dieu est déjà un jugement, parce qu’il est la lumière. Dans cette lumière, l’essentiel devient visible : le cœur des hommes.
Tant qu’il n’était pas là tout près, on pouvait faire semblant que tout était normal. Bien plus, on pouvait dire qu’on aimait Dieu et continuer à vivre comme cela nous arrangeait. Quand lui est là, il n’y a plus de place pour aucun mensonge. C’est précisément pourquoi il était si difficile de l’accueillir pour ceux qui le voyaient aux jours de sa vie terrestre, face à face.
Nous avons cru sans le voir. La question est de savoir ce qu’est pour nous sa lumière : vie et joie, ou mise en accusation ? Et voulons-nous vraiment le rencontrer ? Prions pour que sa lumière éclaire nos cœurs, afin qu’il devienne notre vie.
16 Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. |
17 Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. |
18 Qui croit en lui n'est pas jugé; qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au Nom du Fils unique de Dieu. |
19 Et tel est le jugement: la lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises. |
20 Quiconque, en effet, commet le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient démontrées coupables, |
21 mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, afin que soit manifesté que ses œuvres sont faites en Dieu. " |
Les paroles de Jésus sur le Jugement prennent un sens particulier dans le contexte de Son entretien avec Nicodème sur le Royaume. En effet, la seconde naissance est inséparable de la vie du Royaume. On n’y entre pas simplement : il faut devenir un homme nouveau pour participer à sa vie. Dès ici et maintenant. Il faut naître de nouveau.
Mais que faire du péché ? Le Jugement est en effet la conséquence du péché, ou plus exactement de la condition pécheresse de l’être humain. Déjà les prophètes d’avant l’Exil parlaient du Jugement comme d’une rencontre face à face avec Dieu, au cours de laquelle tout ce qui est caché deviendrait visible. Ce n’est pas Dieu qui juge l’être humain : l’être humain se juge lui-même. Ou plutôt, c’est son propre péché qui le juge. Et voici une proposition unique. L’entrée dans le Royaume est ouverte à chacun, quels que soient ses péchés, accordée d’avance. Le Roi de ce Royaume, établi par Dieu, est investi de pouvoirs particuliers : Il a le droit d’accueillir quiconque se tourne vers Lui et Lui fait confiance, Lui confiant sa personne et sa vie.
Celui-là entrera dans le Royaume et participera à sa vie. Quant à ses péchés, le Roi S’en chargera Lui-même. Mais ce Roi ne chassera pas le pécheur du Royaume, à moins que celui-ci ne veuille partir de lui-même, refusant de travailler sur lui-même. En somme, tout ce qui concerne le Jugement sera, pour de telles personnes, lié au Roi ; en son temps, ce même Roi présentera chacun de Ses sujets à Dieu, Son Père céleste.
Une garantie est même proposée : si le sujet n’abandonne en aucune circonstance son Roi et accepte le travail sur lui-même et sur ses péchés que le Roi lui proposera, le pardon de ses péchés par le Père céleste lui est garanti. Une sorte de justice céleste déléguée. Une question se pose : qu’est-ce qui pourrait pousser une personne à refuser une proposition aussi avantageuse ? Une seule chose, manifestement : la certitude que, malgré ses péchés, elle ne travaillera pas sur elle-même. Non pas parce qu’elle ne le peut pas — le Roi connaît Ses sujets, et Ses tâches sont souvent difficiles, mais jamais impossibles — mais parce qu’elle ne le veut pas, pour des raisons connues d’elle seule. Quelles que soient ces raisons, une chose est claire : une telle personne préférera se tenir loin de Dieu, et du Royaume également. Elle détermine ainsi son propre destin dans l’éternité, car l’amour ne se commande pas.
16 Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. |
17 Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. |
18 Qui croit en lui n'est pas jugé; qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au Nom du Fils unique de Dieu. |
19 Et tel est le jugement: la lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises. |
20 Quiconque, en effet, commet le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient démontrées coupables, |
21 mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, afin que soit manifesté que ses œuvres sont faites en Dieu. " |
Dans les paroles du Christ que nous lisons aujourd’hui dans l’Évangile de Jean, ce que le langage théologique appelle l’« économie », c’est-à-dire le dessein de Dieu pour notre salut, est formulé avec une clarté saisissante. Il est absolument nécessaire d’écouter attentivement ces paroles, absolument nécessaire d’apprendre à vivre dans notre cœur cette réalité de l’amour du Créateur dont parle le Seigneur. Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné Son Fils unique pour le salut de tous ! Le Fils de Dieu est venu non pour juger le monde — car qui résisterait au jugement du Tout-Puissant ? — mais afin que le monde soit sauvé par Lui ! Si nous nous fions à cette révélation, toute notre vie peut se remplir d’une joie merveilleuse que personne ni rien ne pourra nous enlever.
Il y a beaucoup de mal dans le monde ; l’injustice et l’oppression y triomphent. Le monde est rempli de souffrances innocentes, et la mort attend tout homme. Tout cela est vrai, et tout cela serait un motif de pessimisme et de ressentiment envers Dieu s’il n’y avait la volonté de Dieu de sauver le monde, dont parle aujourd’hui le Seigneur. À toutes nos questions — « Où est Dieu quand les hommes souffrent ? », « Pourquoi Dieu tolère-t-Il tout cela ? » et « Comment a-t-Il pu le permettre ? » —, nous recevons une réponse dans ces paroles du Christ. Le monde est rempli du mal et de la souffrance que les hommes y ont introduits, mais Dieu ne se contente pas de refuser ce triomphe du mal : Il nous a aussi donné une issue. La lumière est venue dans ce monde en Christ, et nous y sommes tous appelés. En ces jours pascals où nous célébrons la victoire du Christ sur le péché et la mort, ce passage retentit comme un véritable hymne de victoire.
Aujourd’hui, l’Église célèbre aussi la mémoire d’un homme étonnant, le prophète Jérémie, qui six siècles avant le Christ nous annonça ce dessein de salut. Jérémie vécut une vie pleine de souffrances, d’espérances et de déceptions. Il fut témoin de tentatives de renaissance de la foi et de la chute de Jérusalem ; il proclamait l’appel de Dieu à la foi et au salut, et il fut tué parce que la volonté du Tout-Puissant qu’il annonçait ne coïncidait pas avec les idées de grandeur et de prestige nationaux. Lorsque le Christ demanda à Ses disciples pour qui les hommes Le tenaient, ils ne nommèrent que trois prophètes : « Les uns disent Jean-Baptiste, d’autres Élie, d’autres encore Jérémie » (Mt 16:14). Cela est important, car Jérémie est un prophète rejeté, qui souffre de son amour pour Dieu et pour son peuple et vit douloureusement la rupture tragique entre eux.
En glorifiant l’exploit du prophète, rappelons-nous aujourd’hui la promesse principale que le Seigneur donna par lui vers l’an 600 avant J.-C. et qui s’accomplit en Jésus-Christ : « Voici venir des jours, dit le Seigneur, où Je conclurai avec la maison d’Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle. Elle ne sera pas comme l’alliance que J’ai conclue avec leurs pères le jour où Je les ai pris par la main pour les faire sortir du pays d’Égypte, alliance qu’ils ont rompue, bien que Je sois resté uni à eux, dit le Seigneur. Mais voici l’alliance que Je conclurai avec la maison d’Israël après ces jours, dit le Seigneur : Je mettrai Ma loi au-dedans d’eux et Je l’écrirai sur leur cœur ; Je serai leur Dieu, et ils seront Mon peuple. Ils ne s’enseigneront plus l’un l’autre, le frère disant à son frère : “Connaissez le Seigneur”, car tous Me connaîtront, du plus petit au plus grand, dit le Seigneur, parce que Je pardonnerai leurs iniquités et ne Me souviendrai plus de leurs péchés. Ainsi parle le Seigneur, qui a donné le soleil pour éclairer le jour, les lois à la lune et aux étoiles pour éclairer la nuit, qui soulève la mer et fait mugir ses flots ; le Seigneur des armées est Son nom » (Jr 31:31–35).
16 Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. |
Ce verset est surement le plus connu dans toute la Bible. Il n’est pas exclu qu’il soit le meilleur de tous les résumés énonçant le sens de l’Évangile – la Bonne et Joyeuse Nouvelle.
Tout commence donc avec Dieu: Il est porteur d'amour. On ne peut comprendre en réalité ce que c’est que l'amour, qu’en Le regardant. Il a tant aimé le monde qu’il a donné ce qui Lui était le plus cher, Son Fils unique. Et Lui, Fils de Dieu par amour au Père a emprunté jusqu'au bout le chemin du Fils de l’Homme, chemin de souffrances et de la mort; ayant vaincu toute mort naturelle par Sa mort et ayant ouvert la porte à la vie éternelle par Sa résurrection. L'entrée dans cette vie éternelle c’est la foi en tout ceci.
Nous vivons, engloutis par nos préoccupations, contrits par nos infortunes, souffrant de nos maladies, attendant notre mort. La Bonne Nouvelle nous a-t-elle atteints? Nous sommes nous rendus compte qu'en comparaison avec ce que Dieu a déjà fait pour nous, on attend de nous juste un brin? Ou soupirons-nous encore difficilement et accablement: «qui peut être sauvé ?»
19 Et tel est le jugement: la lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises. |
La peur d’être condamné au jugement dernier (que l’on appelle justement « terrible ») est familière à tout homme. Pourtant, nous avons l’habitude de percevoir ce jugement comme une procédure juridique où nos actes sont examinés et où le Seigneur rend une décision qui nous vient ainsi comme de l’extérieur. Dans une telle image du monde, nos actes sont liés à notre sort après la mort, mais d’une manière médiate. Mais les paroles de Jésus nous montrent une image tout autre.
Le Seigneur est immuable dans Son amour pour nous ; en Lui il n’y a ni mal ni désir de condamner l’humanité. Un peu plus haut, dans la conversation de Jésus avec Nicodème, nous voyons l’annonce de jusqu’où Il est prêt à aller dans Son amour pour les hommes : jusqu’au supplice et à la souffrance de la croix. Mais à la lumière de Son sacrifice, notre mesquinerie, la souffrance que nous causons aux autres, notre méchanceté deviennent si clairement visibles qu’en vérité cela fait peur ; on voudrait se retirer dans l’ombre, devenir imperceptible. Et ainsi, en fuyant Son amour qui éclaire tout, nous nous accrochons instinctivement à nos ténèbres humaines, nous devenons nous-mêmes notre propre condamnation.
Il est étonnant que Jésus dise cela non devant une grande foule, mais dans une conversation nocturne avec un seul disciple, et encore un disciple secret : Nicodème. Sans doute parce que Ses paroles s’adressent à chacun de nous séparément. Parce que le Seigneur, par Sa venue sur la terre, ne change pas seulement notre représentation du monde, mais appelle chacun de nous à la transfiguration du cœur, du chemin de notre vie ; Il nous appelle à faire un choix entre la lumière et les ténèbres.
19 Et tel est le jugement: la lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises. |
On dit souvent que dans la Bible certaines choses sont confuses, peu claires, que certaines sont proches et familières, et que d'autres sont simples tout en étant profondes. Ce passage appartient sans doute à cette dernière catégorie : ceux qui racontent directement et clairement ce qui se passe maintenant et ce qui se passera ensuite. Et, comme toujours, il n'y a ici rien de superflu ni d'inutile pour nous ; chaque parole est importante. Comme l'évangéliste décrit étonnamment le jugement, au sujet duquel on a tant imaginé et écrit. Le jugement consiste à constater notre choix : lumière ou ténèbres, bien ou mal. Et il n'y a pas là de poêles ardentes…
21 mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, afin que soit manifesté que ses œuvres sont faites en Dieu. " |
Ce verset aide à trouver une réponse à la question de la « prière incessante » (1 Th 5:17). Autrefois, en pensant aux moines, il était difficile de ne pas se demander combien cela devait être dur pour eux, les pauvres, d'être tout le temps en prière. Les psaumes aux lèvres, la langue fatiguée, et sans doute pas un instant pour penser à autre chose. Bref, on ne souhaiterait pas cela pour soi. C'est bien sûr une représentation exagérée, mais l'appel de l'apôtre Paul à la prière incessante n'en disparaît pas pour autant.
Jésus Lui-même en donne la réponse. Ses paroles nous suggèrent que la « prière incessante » ne consiste pas à rester assis des journées entières avec un livre de prières entre les mains. Il dit que les hommes qui aspirent à la lumière, qui agissent selon la vérité, c'est-à-dire qui accordent leur vie à la volonté du Créateur, font ainsi tout dans le Seigneur Lui-même, et que leurs oeuvres « sont accomplies en Dieu ». C'est cela qui fait de toute la vie de tels hommes une prière incessante, par la parole, par l'action et même par le souffle (Ps 150:6).
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