14 Car l'amour du Christ nous presse, à la pensée que, si un seul est mort pour tous, alors tous sont morts. |
L'idée de l'apôtre Paul, pourquoi c’est exactement ceci qui se passe, qu’est ce qui nous est demandé pour être embrasser par l'amour du Christ, n’est pas exprimée tout à fait clairement dans la traduction de la Bible de Jérusalem. Dans l'original grec l'apôtre écrit : l'amour du Christ nous embrasse, krinantas touto, qui comprenons qu'Un Seul est mort pour tous. Le Bienheureux Jérôme de Stridon, en traduisant ce texte dans la langue latine, souligne encore plus cet aspect: au Vulgate ces mots sonnent : «nos aestimantes hoc...». Ce verbe signifie "estimer".
Voici donc de quoi il s’agit : l'amour du Christ nous presse, remplit de lui-même toute notre vie, quand nous estimons la grandeur de Son sacrifice, quand nous comprenons, nous nous rendons compte que nous sommes vraiment tous morts en Lui.
En outre, il est important de se reconnaitre cela comme étant un fait accompli. Ne pas raisonner, cherchant un sens à un phénomène religieux, mais considérer, comprendre que cela s'est déjà passé et, comme un fait historique, a une relation directe avec nous. C’est seulement ainsi qu’on peut recevoir cet amour, sans lequel la vie perd le support.
14 Car l'amour du Christ nous presse, à la pensée que, si un seul est mort pour tous, alors tous sont morts. |
15 Et il est mort pour tous, afin que les vivants ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux. |
16 Ainsi donc, désormais nous ne connaissons personne selon la chair. Même si nous avons connu le Christ selon la chair, maintenant ce n'est plus ainsi que nous le connaissons. |
17 Si donc quelqu'un est dans le Christ, c'est une création nouvelle: l'être ancien a disparu, un être nouveau est là. |
Chez l'apôtre Paul, tout paraît si simple : « le monde ancien s'en est allé, désormais tout est nouveau »... Et nous, nous cherchons toujours comment, progressivement, peu à peu, tout doucement — de manière fluide et indolore — passer, pour ainsi dire, à l'état de « créature nouvelle ». Tout se serait-il donc produit chez Paul instantanément et sans difficulté ? Je ne le pense pas : si l'on lit attentivement ses épîtres, on comprend que, pour lui non plus, rien n'était simple. Alors pourquoi s'exprime-t-il avec une telle netteté ? Sans doute parce qu'il sait ce qui est essentiel. L'essentiel, c'est la nouveauté qui est en moi grâce à la victoire du Christ ; quant au « vieil homme », il est, hélas, toujours là, mais ce n'est pas lui qu'il faut regarder : c'est le Christ.
11 Connaissant donc la crainte du Seigneur, nous cherchons à persuader les hommes. Quant à Dieu, nous sommes à découvert devant lui, et j'espère que, dans vos consciences aussi, nous sommes à découvert. |
12 Nous ne recommençons pas à nous recommander nous-mêmes devant vous; nous vous donnons seulement occasion de vous glorifier à notre sujet, pour que vous puissiez répondre à ceux qui se glorifient de ce qui se voit et non de ce qui est dans le cœur. |
13 En effet, si nous avons été hors de sens, c'était pour Dieu; si nous sommes raisonnables, c'est pour vous. |
14 Car l'amour du Christ nous presse, à la pensée que, si un seul est mort pour tous, alors tous sont morts. |
15 Et il est mort pour tous, afin que les vivants ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux. |
16 Ainsi donc, désormais nous ne connaissons personne selon la chair. Même si nous avons connu le Christ selon la chair, maintenant ce n'est plus ainsi que nous le connaissons. |
17 Si donc quelqu'un est dans le Christ, c'est une création nouvelle: l'être ancien a disparu, un être nouveau est là. |
18 Et le tout vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec Lui par le Christ et nous a confié le ministère de la réconciliation. |
19 Car c'était Dieu qui dans le Christ se réconciliait le monde, ne tenant plus compte des fautes des hommes, et mettant en nous la parole de la réconciliation. |
20 Nous sommes donc en ambassade pour le Christ; c'est comme si Dieu exhortait par nous. Nous vous en supplions au nom du Christ: laissez-vous réconcilier avec Dieu. |
21 Celui qui n'avait pas connu le péché, Il l'a fait péché pour nous, afin qu'en lui nous devenions justice de Dieu. |
En poursuivant son propos sur le Royaume, Paul attire l'attention sur ce qui constitue proprement le fondement du christianisme: les chrétiens sont ceux qui vivent de la même vie que le Christ ressuscité, la vie de ce Royaume qu'Il a apporté au monde; ils deviennent une «création nouvelle», renouvelés par le souffle de Dieu qui traverse ce Royaume (v. 17). C'est pourquoi il est insensé d'aborder les témoins du Royaume avec une mesure humaine ordinaire: ce qu'ils disent n'exprime pas leurs propres évaluations de ce qui se passe ni leur attitude envers cela, mais le regard de Dieu sur la situation, que les témoins ne font que transmettre à ceux à qui ils prêchent. Et si les évaluations se révèlent parfois dures, ce n'est qu'une donnée objective, non la mauvaise volonté du témoin qui, de sa propre initiative, ne recourrait jamais à une telle dureté (v. 13).
La preuve de la sincérité du témoin ne peut être que son ouverture à Dieu et aux hommes (v. 11-12), ouverture sans laquelle aucun témoignage du Royaume n'est possible. Quand il s'agit de témoignage, le témoin, plus que quiconque, suit le principe compris spirituellement: «rien de personnel». Toutes les sympathies et antipathies humaines passent au second plan, car elles sont principalement conditionnées par les limites de la nature humaine déchue et n'ont rien à voir avec le Royaume. Le chrétien ne vit déjà plus de sa vie naturelle propre: il vit de la vie du Ressuscité, pour laquelle ces sympathies et antipathies n'ont aucune importance (v. 14-15). Même la relation au Sauveur Lui-même cesse alors d'être purement humaine, comme elle ne pouvait manquer de l'être, par exemple, chez les apôtres qui fréquentaient Jésus pendant Son ministère terrestre (v. 16). Le seul but du témoignage devient le salut de chacun, sa réconciliation avec Dieu par le Christ et son entrée, dans le Christ, dans le Royaume que le Sauveur ouvre à tout chercheur prêt à Lui faire confiance (v. 18-21).
10 Car il faut que tous nous soyons mis à découvert devant le tribunal du Christ, pour que chacun recouvre ce qu'il aura fait pendant qu'il était dans son corps, soit en bien, soit en mal. |
11 Connaissant donc la crainte du Seigneur, nous cherchons à persuader les hommes. Quant à Dieu, nous sommes à découvert devant lui, et j'espère que, dans vos consciences aussi, nous sommes à découvert. |
12 Nous ne recommençons pas à nous recommander nous-mêmes devant vous; nous vous donnons seulement occasion de vous glorifier à notre sujet, pour que vous puissiez répondre à ceux qui se glorifient de ce qui se voit et non de ce qui est dans le cœur. |
13 En effet, si nous avons été hors de sens, c'était pour Dieu; si nous sommes raisonnables, c'est pour vous. |
14 Car l'amour du Christ nous presse, à la pensée que, si un seul est mort pour tous, alors tous sont morts. |
15 Et il est mort pour tous, afin que les vivants ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux. |
À la fin de la lecture d'aujourd'hui, il y a des paroles disant que l'amour du Christ nous enveloppe. L'apôtre explique pourquoi cela se produit, ce qui est requis de nous pour être enveloppés par l'amour du Christ. Sa pensée n'est pas exprimée de façon tout à fait claire dans notre traduction synodale russe. On y lit : « l'amour du Christ nous enveloppe, nous qui raisonnons ainsi : si un seul est mort pour tous... ». Dans l'original, l'apôtre Paul écrit : l'amour du Christ nous saisit, κρίναντας τούτο, ayant compris qu'un seul est mort pour tous. Le texte slavon dit ici : « nous qui avons jugé cela », et il utilise le passé simple, non le présent comme dans la traduction synodale. Le bienheureux Jérôme de Stridon, en traduisant ce texte en latin, souligne encore davantage cet aspect : dans la Vulgate, ces paroles sonnent ainsi : « nos aestimantes hoc... ». Ce verbe signifie « évaluer », tout comme l'anglais « to estimate » qui en est issu.
Voici donc de quoi il s'agit : l'amour du Christ nous enveloppe, remplit de lui-même toute notre vie lorsque nous évaluons la grandeur de Son sacrifice, lorsque nous comprenons, lorsque nous prenons conscience qu'en Lui nous sommes réellement tous morts. Plus encore, il est important d'en prendre conscience comme d'un fait accompli. Non pas raisonner en cherchant un sens à un phénomène religieux, mais juger, comprendre que cela a déjà eu lieu et que, comme fait historique, cela nous concerne directement. C'est seulement ainsi que l'on peut recevoir cet amour sans lequel la vie perd son appui.
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