1 Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques, et Jean son frère, et les emmène, à l'écart, sur une haute montagne. |
2 Et il fut transfiguré devant eux: son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. |
3 Et voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s'entretenaient avec lui. |
4 Pierre alors, prenant la parole, dit à Jésus : " Seigneur, il est heureux que nous soyons ici ; si tu le veux, je vais faire ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. " |
5 Comme il parlait encore, voici qu'une nuée lumineuse les prit sous son ombre, et voici qu'une voix disait de la nuée : " Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur, écoutez-le. " |
6 À cette voix, les disciples tombèrent sur leurs faces, tout effrayés. |
7 Mais Jésus, s'approchant, les toucha et leur dit : " Relevez-vous, et n'ayez pas peur. " |
8 Et eux, levant les yeux, ne virent plus personne que lui, Jésus, seul. |
9 Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : " Ne parlez à personne de cette vision, avant que le Fils de l'homme ne ressuscite d'entre les morts. " |
10 Et les disciples lui posèrent cette question : " Que disent donc les scribes, qu'Élie doit venir d'abord ? " |
11 Il répondit : " Oui, Élie doit venir et tout remettre en ordre ; |
12 or, je vous le dis, Élie est déjà venu, et ils ne l'ont pas reconnu, mais l'ont traité à leur guise. De même le Fils de l'homme aura lui aussi à souffrir d'eux. " |
13 Alors les disciples comprirent que ses paroles visaient Jean le Baptiste. |
Les rencontres les plus importantes entre Dieu et l'homme ont eu lieu au sommet d'une montagne : Moïse y a reçu la Loi et Élie y a entendu le souffle de l'Esprit. Maintenant, Jésus monte sur la montagne afin de commencer en Lui-même la transformation de l'homme, de la maladie de la peur et de la haine vers la lumière divine. En bas, sur la terre ferme, les prophètes rencontraient toujours la déception et le rejet : Moïse vit l'idole d'or, et Élie l'apostasie et la persécution. Jésus descend pour aller à la rencontre de Sa souffrance, de Sa mort et de Sa résurrection—afin que la transfiguration du Fils bien-aimé ne s'arrête pas à Lui, afin que chacun puisse suivre Son chemin, devenir un fils ou une fille bien-aimés du Père et vivre de Sa lumière. En ce jour, nous pouvons entrer dans cette union de la lumière de Dieu et de la croix du Christ, qui ouvre la voie à la Résurrection universelle.
1 Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques, et Jean son frère, et les emmène, à l'écart, sur une haute montagne. |
2 Et il fut transfiguré devant eux: son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. |
3 Et voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s'entretenaient avec lui. |
4 Pierre alors, prenant la parole, dit à Jésus : " Seigneur, il est heureux que nous soyons ici ; si tu le veux, je vais faire ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. " |
5 Comme il parlait encore, voici qu'une nuée lumineuse les prit sous son ombre, et voici qu'une voix disait de la nuée : " Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur, écoutez-le. " |
6 À cette voix, les disciples tombèrent sur leurs faces, tout effrayés. |
7 Mais Jésus, s'approchant, les toucha et leur dit : " Relevez-vous, et n'ayez pas peur. " |
8 Et eux, levant les yeux, ne virent plus personne que lui, Jésus, seul. |
9 Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : " Ne parlez à personne de cette vision, avant que le Fils de l'homme ne ressuscite d'entre les morts. " |
10 Et les disciples lui posèrent cette question : " Que disent donc les scribes, qu'Élie doit venir d'abord ? " |
11 Il répondit : " Oui, Élie doit venir et tout remettre en ordre ; |
12 or, je vous le dis, Élie est déjà venu, et ils ne l'ont pas reconnu, mais l'ont traité à leur guise. De même le Fils de l'homme aura lui aussi à souffrir d'eux. " |
13 Alors les disciples comprirent que ses paroles visaient Jean le Baptiste. |
Le Christ s’est transfiguré tout en restant Homme ; mais en dévoilant aux disciples une part de Sa divinité, Il leur a donné la possibilité de toucher une autre réalité, incompréhensible pour tous ceux qui ont l’habitude de vivre selon les règles du monde terrestre. La lumière montrée sur la montagne de la Transfiguration ne fut sans doute pas révélée aux disciples dans toute sa force et toute sa puissance ; ils ne l’auraient probablement pas supporté. Même ce qu’il leur fut donné de voir produisit sur eux une impression si forte, si déstabilisante, que les disciples eurent très peur. Et pourtant il leur fut donné, à eux des hommes, de participer à cette lumière.
Les paroles de Pierre sur les trois tentes, sur le fait qu’il est bon d’être ici, sont naturelles : elles reflètent profondément l’état intérieur non seulement de Pierre, mais aussi de beaucoup d’entre nous lorsque nous rencontrons pour la première fois les manifestations bouleversantes du monde spirituel. En de tels moments, nous risquons de tout oublier et ne voulons qu’une seule chose : continuer à rester là où nous sommes bien. Mais les joies spirituelles ne sont pas données pour que nous en recevions passivement du plaisir. Après avoir donné cette force aux disciples, le Christ redescend avec eux dans le monde, où eux, et nous, avons encore beaucoup à accomplir.
1 Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques, et Jean son frère, et les emmène, à l'écart, sur une haute montagne. |
2 Et il fut transfiguré devant eux: son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. |
3 Et voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s'entretenaient avec lui. |
4 Pierre alors, prenant la parole, dit à Jésus : " Seigneur, il est heureux que nous soyons ici ; si tu le veux, je vais faire ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. " |
5 Comme il parlait encore, voici qu'une nuée lumineuse les prit sous son ombre, et voici qu'une voix disait de la nuée : " Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur, écoutez-le. " |
6 À cette voix, les disciples tombèrent sur leurs faces, tout effrayés. |
7 Mais Jésus, s'approchant, les toucha et leur dit : " Relevez-vous, et n'ayez pas peur. " |
8 Et eux, levant les yeux, ne virent plus personne que lui, Jésus, seul. |
9 Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : " Ne parlez à personne de cette vision, avant que le Fils de l'homme ne ressuscite d'entre les morts. " |
10 Et les disciples lui posèrent cette question : " Que disent donc les scribes, qu'Élie doit venir d'abord ? " |
11 Il répondit : " Oui, Élie doit venir et tout remettre en ordre ; |
12 or, je vous le dis, Élie est déjà venu, et ils ne l'ont pas reconnu, mais l'ont traité à leur guise. De même le Fils de l'homme aura lui aussi à souffrir d'eux. " |
13 Alors les disciples comprirent que ses paroles visaient Jean le Baptiste. |
Sur le sommet de la montagne ont eu lieu les rencontres les plus importantes de Dieu avec l'homme : Moïse a reçu la Loi, Élie a entendu le souffle de l'Esprit. Maintenant Jésus monte sur la montagne pour commencer en Lui-même la transfiguration de l'homme : de la maladie de la peur et de la haine vers la lumière divine.
En bas, sur la terre plane, les prophètes attendaient toujours la déception et le rejet : Moïse a vu l'idole d'or, Élie, l'apostasie et la persécution. Jésus descend pour aller à la rencontre de Sa souffrance, de Sa mort et de Sa résurrection, afin que la transfiguration du Fils bien-aimé ne s'arrête pas à Lui, afin que chacun puisse suivre Son chemin : devenir fils ou fille bien-aimé du Père, vivre de Sa lumière. En ce jour, nous pouvons entrer dans ce lien entre la lumière de Dieu et la croix du Christ, qui ouvre le chemin de la Résurrection universelle.
1 Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques, et Jean son frère, et les emmène, à l'écart, sur une haute montagne. |
2 Et il fut transfiguré devant eux: son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. |
3 Et voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s'entretenaient avec lui. |
4 Pierre alors, prenant la parole, dit à Jésus : " Seigneur, il est heureux que nous soyons ici ; si tu le veux, je vais faire ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. " |
5 Comme il parlait encore, voici qu'une nuée lumineuse les prit sous son ombre, et voici qu'une voix disait de la nuée : " Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur, écoutez-le. " |
6 À cette voix, les disciples tombèrent sur leurs faces, tout effrayés. |
7 Mais Jésus, s'approchant, les toucha et leur dit : " Relevez-vous, et n'ayez pas peur. " |
8 Et eux, levant les yeux, ne virent plus personne que lui, Jésus, seul. |
9 Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : " Ne parlez à personne de cette vision, avant que le Fils de l'homme ne ressuscite d'entre les morts. " |
10 Et les disciples lui posèrent cette question : " Que disent donc les scribes, qu'Élie doit venir d'abord ? " |
11 Il répondit : " Oui, Élie doit venir et tout remettre en ordre ; |
12 or, je vous le dis, Élie est déjà venu, et ils ne l'ont pas reconnu, mais l'ont traité à leur guise. De même le Fils de l'homme aura lui aussi à souffrir d'eux. " |
13 Alors les disciples comprirent que ses paroles visaient Jean le Baptiste. |
Comme le dit le Sauveur à la fin du chapitre précédent, certains de Ses disciples verront le Royaume venu avec puissance avant leur mort. Cette parole s'accomplit quelques jours plus tard, lorsque trois d'entre eux voient Sa transfiguration sur la montagne. En quoi consiste donc le Royaume de Dieu qui leur fut révélé ce jour-là ? Ils voient, dans la mesure où ils peuvent l'accueillir, un Homme revêtu de la gloire divine, un Homme dont Dieu Lui-même dit : « Celui-ci est Mon Fils bien-aimé, en qui J'ai mis toute Mon affection »... Autrement dit, se tient devant eux un Homme dont Dieu peut Se réjouir au lieu de S'affliger, un Homme qui a pleinement accompli le dessein divin sur Lui ou, pour employer un langage moderne, l'homme idéal, l'homme véritable, l'Homme-Dieu. En quoi d'autre le Royaume de Dieu pourrait-il consister pour nous, sinon à devenir semblables à Dieu, à devenir tels qu'Il veut nous voir ? Sur la montagne de la Transfiguration, Dieu devenu Homme nous montre le chemin et le but de notre existence terrestre.
5 Comme il parlait encore, voici qu'une nuée lumineuse les prit sous son ombre, et voici qu'une voix disait de la nuée : " Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur, écoutez-le. " |
Cet épisode de la Transfiguration du Seigneur a inspiré beaucoup de théologiens, de prédicateurs et d’iconographes. Le fait que le Christ ait manifesté Sa gloire aux disciples est un moment très important dans les relations entre Dieu et les hommes. Dieu confirme encore une fois ce qu’Il a dit par le prophète Amos : Il ne fait rien sans révéler Son secret aux hommes. Dans ce miracle, Jésus donne aux disciples de voir Son visage transfiguré par la gloire éternelle, afin qu’ils aient ensuite la possibilité de Le reconnaître dans la résurrection (ce n’est pas Sa faute si les disciples tombèrent face contre terre). Et l’apparition d’Élie et de Moïse, qui s’entretenaient avec le Christ, permettait aux disciples de mieux comprendre les paroles de Jésus : « Pour Dieu, tous sont vivants » (cf. Lc 20:38).
Mais en outre, ici Dieu répète Son témoignage au sujet du Fils, Fils parfait du Père parfait. La perfection de la paternité est dans l’amour du Père pour le Fils. La perfection de la filiation est dans l’obéissance du Fils à la bonne volonté du Père. C’est pourquoi toute la bienveillance du Père est manifestée dans le Fils ; dans Sa vie se révèle la volonté de Dieu pour nous tous, et il en découle : « Écoutez-Le »
5 Comme il parlait encore, voici qu'une nuée lumineuse les prit sous son ombre, et voici qu'une voix disait de la nuée : " Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur, écoutez-le. " |
Ce témoignage direct du Père céleste sur Jésus Christ comporte des mots difficiles a comprendre comme « en o eudokesa » ; La traduction française « qui a toute ma faveur » est loin de l’idéale. Un peu plus mieux la traduction latine « in Quo Mihi bene complacui » (en qui j’ai mis toute Ma faveur), ce qui est plus proche des traductions européennes. Mais on voit bien qu’aucune traduction ne donne avec une intelligibilité suffisante le sens du mot Tout-puissant.
Qu’est ce que Dieu veut donc dire aux disciples du Christ de Jésus, avant de leur demander de L’écouter ? Chaque traduction montre ses nuances. Les traductions Européennes sous-entendent que le Fils est l’unique a être soumis a la volonte du Père, le seul à observer « Ses commandements », comme le dit Jésus lui-même dans l’Évangile de Jean. Et ceci est très important, car nous ne pouvons observer les commandements du père si nous ne sommes pas avec Jésus.
La traduction française sous-entend que ce n’est qu’en Jésus et rien qu’en Lui que nous recevons l’affection du Père pour le monde et les Hommes. L’amour du père s’exprime du fait qu’Il nous donne Jésus, comme le dit une fois de plus Jésus dans l’Évangile de Jean. En outre, la traduction française sous-entend aussi qu’en premier plan ressort avec un éclat spécial ce texte : « Celui-ci est Mon Fils bien-aimé » ou encore en d’autres termes « Celui-ci est Mon Fils, Mon bien-aimé » ; Et il importe ici que l’amour du Père demeure en le Fils et arrive a nous par Lui. Raison pour laquelle le Père nous dit aujourd’hui « écoutez-Le ».
10 Et les disciples lui posèrent cette question : " Que disent donc les scribes, qu'Élie doit venir d'abord ? " |
11 Il répondit : " Oui, Élie doit venir et tout remettre en ordre ; |
12 or, je vous le dis, Élie est déjà venu, et ils ne l'ont pas reconnu, mais l'ont traité à leur guise. De même le Fils de l'homme aura lui aussi à souffrir d'eux. " |
13 Alors les disciples comprirent que ses paroles visaient Jean le Baptiste. |
En interrogeant Jésus au sujet d'Élie, les disciples cherchent à savoir si Sa venue correspond aux prophéties messianiques. S'Il est le Messie, le second avènement du grand prophète aurait dû Le précéder. La réponse du Christ les oblige à déplacer quelque peu leur regard. Le Seigneur ne dit pas qu'Élie est déjà venu et que, par conséquent, Il est bien le Sauveur attendu. Il dit que Jean le Baptiste était précisément ce précurseur, mais attire leur attention non sur le fait de Sa propre messianité qui en découle, mais sur la manière dont les hommes réagissent à cette venue. La mort et l'humiliation qu'a connues Jean L'attendent Lui aussi. En y préparant les apôtres, Il attire leur attention sur le rôle sacrificiel du Messie. Peut-être beaucoup d'entre eux avaient-ils déjà été déçus par le Précurseur après son exécution, le prenant pour un homme ordinaire. Ces paroles du Christ les aident à porter un regard neuf sur le Baptiste et à voir qu'il avait été choisi par Dieu, mais non au sens mondain habituel.
10 Et les disciples lui posèrent cette question : " Que disent donc les scribes, qu'Élie doit venir d'abord ? " |
11 Il répondit : " Oui, Élie doit venir et tout remettre en ordre ; |
12 or, je vous le dis, Élie est déjà venu, et ils ne l'ont pas reconnu, mais l'ont traité à leur guise. De même le Fils de l'homme aura lui aussi à souffrir d'eux. " |
13 Alors les disciples comprirent que ses paroles visaient Jean le Baptiste. |
Jean-Baptiste a toujours été juste un peu en avance sur Jésus. Il est né six mois plus tôt et il est mort, semble-t-il, six mois plus tôt également. Comme si, par son propre exemple—plus simple, aussi étrange que cela puisse paraître—il nous apprenait sans cesse à comprendre tout ce qu'il est impossible à l'homme de saisir. Ce qui a précédé sa naissance peut aisément être qualifié de miracle, mais combien cela est incomparable avec l'Annonciation et la Nativité ! Il fut le premier à saluer la Vierge et l'Enfant qu'Elle portait. Chaque fois, tout ce qu'il dit ne signifie pour nous qu'une chose : regardez, il est si simple de reconnaître, d'accueillir, d'adorer et de servir Jésus. La proximité constante du saint et de l'incompréhensible l'obligeait à vivre en ascète et en combattant spirituel, comme nous le dirions aujourd'hui. Non parce que Dieu l'exigeait, mais parce qu'il était, comme nous, un homme pécheur.
10 Et les disciples lui posèrent cette question : " Que disent donc les scribes, qu'Élie doit venir d'abord ? " |
Cette conversation a lieu aussitôt après la Transfiguration du Seigneur, lorsque Jésus demande aux disciples de garder le silence sur le fait qu’ils ont désormais reçu d’en haut la confirmation que Jésus est bien le Messie, le Sauveur attendu par la maison d’Israël. Et la question des disciples est tout à fait naturelle, bien qu’elle soit dictée par le doute. Depuis l’enfance, ils savent que la venue du Messie doit être précédée par la venue du prophète Élie, et voilà que la tradition qu’ils connaissent depuis l’enfance entre en contradiction avec leur propre expérience, tout juste vécue. Et le Christ leur fait comprendre qu’il y a déjà eu un homme qui a « préparé Ses chemins », Jean, qu’on n’a pas accueilli et qu’on a tué. Et que Lui-même devra subir le rejet et la souffrance. Ces paroles terribles sont un avertissement pour nous tous.
Très souvent, nous avons une idée toute faite de la manière dont la grâce peut ou ne peut pas se manifester, en essayant de faire entrer le dessein divin dans nos représentations terrestres. Et alors le même danger nous guette : ne pas remarquer, ne pas voir, rejeter par inadvertance celui qui est envoyé par Dieu, et par là même Le refuser Lui-même. Il n’y a qu’un seul chemin : écouter la Parole de Dieu et vivre dans la confiance, sans s’appuyer sur des recettes toutes faites et sans placer des espérances excessives dans l’expérience d’autrui.
11 Il répondit : " Oui, Élie doit venir et tout remettre en ordre ; |
12 or, je vous le dis, Élie est déjà venu, et ils ne l'ont pas reconnu, mais l'ont traité à leur guise. De même le Fils de l'homme aura lui aussi à souffrir d'eux. " |
Ainsi le Christ répond à la question sur la prophétie de Malachie, qui dit: «Je vous enverrai Élie le prophète avant que vienne le jour du Seigneur» (Mal. 4:5). Il est frappant que les paroles de la Bible concernant le Messie soient comprises de façon figurée, tandis que celles concernant le Précurseur le sont littéralement. Les Juifs attendent la venue d'Élie, et les disciples s'étonnent de l'interprétation du Christ. Cela nous donne l'occasion de voir la distance entre ce que Dieu veut nous dire et ce que nous sommes capables d'entendre. C'est pourquoi, après sa Résurrection, les disciples du Christ disent que nous ne pouvons comprendre l'Ancien Testament qu'à travers le Nouveau. Seuls les événements réels de la vie de Jésus-Christ nous permettent de distinguer ce que l'Ancien Testament nous disait de manière figurée et ce qu'il disait littéralement.
10 Et les disciples lui posèrent cette question : " Que disent donc les scribes, qu'Élie doit venir d'abord ? " |
11 Il répondit : " Oui, Élie doit venir et tout remettre en ordre ; |
12 or, je vous le dis, Élie est déjà venu, et ils ne l'ont pas reconnu, mais l'ont traité à leur guise. De même le Fils de l'homme aura lui aussi à souffrir d'eux. " |
13 Alors les disciples comprirent que ses paroles visaient Jean le Baptiste. |
14 Comme ils rejoignaient la foule, un homme s'approcha de lui et, s'agenouillant, lui dit: |
15 " Seigneur, aie pitié de mon fils, qui est lunatique et va très mal : souvent il tombe dans le feu, et souvent dans l'eau. |
16 Je l'ai présenté à tes disciples, et ils n'ont pas pu le guérir. " - |
17 " Engeance incrédule et pervertie, répondit Jésus, jusques à quand serai-je avec vous ? Jusques à quand ai-je à vous supporter ? Apportez-le-moi ici. " |
18 Et Jésus le menaça, et le démon sortit de l'enfant qui, de ce moment, fut guéri. |
« Élie doit venir d'abord... » Cela semblerait être une affirmation fondée sur la connaissance de l'Écriture. Pourtant, pour une raison ou une autre, elle n'aide pas les hommes à reconnaître dans les actes de Jean le Baptiste la venue d'Élie. Le problème tient sans doute à ce qu'il existe différentes connaissances de l'Écriture: l'une selon la lettre, l'autre selon l'esprit.
Il est remarquable que Satan, en tentant le Sauveur, citait lui aussi l'Écriture. « Les démons aussi croient » (Jc 2:19). Cela signifie que les démons peuvent eux aussi professer tout ce que professe un homme bon. Pourtant, il existe une différence essentielle. Saisir en quoi elle consiste et la comprendre réellement en profondeur nous est à tous infiniment nécessaire. Car l'une de nos expériences les plus douloureuses est de rencontrer parmi nos frères et sœurs dans la foi des hommes qui sont en réalité terrifiants.
Si l'on compare Élie et Jean selon la lettre, il peut effectivement sembler qu'ils soient deux hommes tout à fait différents. Élie tue les prêtres païens; Élie est tout entier tempête et feu. Il suffit de se rappeler comment les disciples de Jésus, Jacques et Jean, lui demandent s'ils peuvent, à l'exemple d'Élie, faire descendre le feu pour détruire les impies (Lc 9:52-56). Jean le Baptiste, lui, prononce certes des paroles menaçantes et accusatrices, mais il lave néanmoins quiconque vient à lui. Il accorde donc le pardon et agit par la miséricorde, non par la violence. Ces deux hommes sembleraient être tout à fait opposés. Et pourtant le Christ dit qu'Élie vient en Jean...
Mais il suffit de réfléchir à l'esprit de ces deux hommes. Il est clair que leur être prophétique lui-même, avec toute sa douleur devant la trahison envers Dieu, les unit et les rapproche infiniment. Mais quelque chose d'autre encore les unit: tous deux sont des hommes auxquels les tourments du doute ne sont pas étrangers. Élie demande la mort (1 R 19:4), et Jean lui aussi, dans l'attente de la mort, éprouve les tourments du désespoir et du doute: si Jésus n'est pas celui qui doit venir, il faut lutter pour sa vie, organiser une fuite, et ainsi de suite; s'il l'est, il faut accepter la mort. Au fond, c'est la même question de vie et de mort.
Il est remarquable de voir ce que dit Élie lorsqu'il demande la mort: « Prends ma vie, car je ne suis pas meilleur que mes pères. » Une telle humilité peut être comparée à celle qui anime Jean lorsqu'il dit: « Je ne suis pas digne de porter ses sandales » (Mt 3:11). La conscience que les deux prophètes ont d'eux-mêmes peut se fondre en une seule formule: « Je ne suis qu'un homme. »
10 Et les disciples lui posèrent cette question : " Que disent donc les scribes, qu'Élie doit venir d'abord ? " |
11 Il répondit : " Oui, Élie doit venir et tout remettre en ordre ; |
12 or, je vous le dis, Élie est déjà venu, et ils ne l'ont pas reconnu, mais l'ont traité à leur guise. De même le Fils de l'homme aura lui aussi à souffrir d'eux. " |
13 Alors les disciples comprirent que ses paroles visaient Jean le Baptiste. |
14 Comme ils rejoignaient la foule, un homme s'approcha de lui et, s'agenouillant, lui dit: |
15 " Seigneur, aie pitié de mon fils, qui est lunatique et va très mal : souvent il tombe dans le feu, et souvent dans l'eau. |
16 Je l'ai présenté à tes disciples, et ils n'ont pas pu le guérir. " - |
17 " Engeance incrédule et pervertie, répondit Jésus, jusques à quand serai-je avec vous ? Jusques à quand ai-je à vous supporter ? Apportez-le-moi ici. " |
18 Et Jésus le menaça, et le démon sortit de l'enfant qui, de ce moment, fut guéri. |
Il n'est pas si simple de distinguer une prophétie d'une prédiction, et en réponse aux paroles du Seigneur Jésus Christ sur la Résurrection, les disciples L'interrogent sur la venue d'Élie. Après que, lors de la Transfiguration du Seigneur, les disciples voient Moïse et Élie s'entretenir avec Lui, ils se souviennent de la prophétie de Malachie et posent leur question au Seigneur Jésus. Peut-être les disciples comprennent-ils la prophétie de manière trop littérale ? C'est précisément ce que le Seigneur leur dit en premier lieu, en indiquant que cette prophétie s'est accomplie en Jean le Baptiste, prophète dans l'esprit et la puissance d'Élie. C'est ainsi que les disciples comprennent le Christ, et cette opinion était communément admise à l'époque apostolique. Des interprètes plus tardifs, toutefois, jugèrent la réponse du Christ incorrecte et se mirent à affirmer qu'Élie viendrait avant le second avènement, comme Jean avant le premier.
Mais l'essentiel dans la réponse du Christ est ailleurs. Il déplace la conversation de ce que Dieu devait accomplir, et de la question de savoir s'Il l'a accompli, vers la manière dont les hommes accueillent Ses envoyés. En langage moderne, le problème n'est pas de savoir si Dieu a accompli assez exactement la prophétie de Malachie, mais que les hommes n'ont pas reconnu Son envoyé, n'ont pas accueilli sa prédication et l'ont tué. Ainsi, le sens de la prophétie ne réside pas dans la littéralité de son accomplissement, mais dans le fait que nous puissions devenir participants de l'oeuvre de Dieu annoncée d'avance.
10 Et les disciples lui posèrent cette question : " Que disent donc les scribes, qu'Élie doit venir d'abord ? " |
11 Il répondit : " Oui, Élie doit venir et tout remettre en ordre ; |
12 or, je vous le dis, Élie est déjà venu, et ils ne l'ont pas reconnu, mais l'ont traité à leur guise. De même le Fils de l'homme aura lui aussi à souffrir d'eux. " |
13 Alors les disciples comprirent que ses paroles visaient Jean le Baptiste. |
14 Comme ils rejoignaient la foule, un homme s'approcha de lui et, s'agenouillant, lui dit: |
15 " Seigneur, aie pitié de mon fils, qui est lunatique et va très mal : souvent il tombe dans le feu, et souvent dans l'eau. |
16 Je l'ai présenté à tes disciples, et ils n'ont pas pu le guérir. " - |
17 " Engeance incrédule et pervertie, répondit Jésus, jusques à quand serai-je avec vous ? Jusques à quand ai-je à vous supporter ? Apportez-le-moi ici. " |
18 Et Jésus le menaça, et le démon sortit de l'enfant qui, de ce moment, fut guéri. |
Il n’est pas si simple de distinguer la prophétie de la prédiction, et en réponse aux paroles du Seigneur Jésus Christ sur la Résurrection, les disciples l’interrogent sur la venue d’Élie. Après que, lors de la Transfiguration du Seigneur, les disciples ont vu Moïse et Élie s’entretenir avec Lui, ils se souviennent de la prophétie de Malachie et posent leur question au Seigneur Jésus. Peut-être les disciples comprennent-ils la prophétie trop littéralement ? C’est précisément ce que le Seigneur leur dit d’abord, en indiquant que cette prophétie s’est accomplie en Jean Baptiste, prophète dans l’esprit et la puissance d’Élie. C’est ainsi que les disciples comprennent le Christ, et cette opinion était communément admise à l’époque apostolique. Des interprètes plus tardifs, toutefois, ont jugé la réponse du Christ incorrecte et se sont mis à affirmer qu’Élie viendra avant le second avènement, comme Jean est venu avant le premier.
Mais l’essentiel de la réponse du Christ est ailleurs. Il déplace la conversation de ce que Dieu devait accomplir, et de la question de savoir s’Il l’a accompli, vers la manière dont les hommes accueillent Ses envoyés. Pour parler en langage moderne, le problème n’est pas de savoir si Dieu a accompli avec assez de précision la prophétie de Malachie, mais que les hommes n’ont pas reconnu Son envoyé, n’ont pas accueilli sa prédication et l’ont tué. Le sens de la prophétie n’est donc pas dans la littéralité de son accomplissement, mais dans le fait que nous puissions devenir participants de l’œuvre de Dieu annoncée d’avance.
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