Dans l'Évangile, les mots « qu'il est difficile à ceux qui ont des richesses d'entrer dans le royaume de Dieu » se retrouvent également dans l'Évangile selon Marc sous la forme : « qu'il est difficile à ceux qui se confient dans les richesses d'entrer dans le royaume de Dieu ! ». C'est une précision importante qui nous aide à comprendre la pensée du Seigneur Jésus-Christ...
Dans l'Évangile, les mots « qu'il est difficile à ceux qui ont des richesses d'entrer dans le royaume de Dieu » se retrouvent également dans l'Évangile selon Marc sous la forme : « qu'il est difficile à ceux qui se confient dans les richesses d'entrer dans le royaume de Dieu ! ». C'est une précision importante qui nous aide à comprendre la pensée du Seigneur Jésus-Christ. L'argent en lui-même n'a rien de particulièrement mauvais ; ce qui est mauvais, c'est que nous en devenons très facilement les esclaves. Nous commençons à réfléchir aux moyens d'en obtenir toujours plus ; cela se transforme aisément en passion, en une sorte de jeu de hasard. L'homme vit alors pour lui-même et pour son argent, ce qui est bien trop peu pour mener une vie pleine et accomplie. De plus, gagner de l'argent finit par absorber tout notre temps et notre énergie, de sorte qu'il n'en reste plus pour Dieu, pour l'amour, pour le prochain, ni pour rien d'autre… Enfin, de manière imperceptible, l'homme se focalise sur ce qu'il peut faire avec son argent : voilà, je vais m'acheter ceci, puis encore cela… Or, on n'emporte rien de tout cela dans la tombe. Plusieurs passages de l'Évangile soulignent que l'argent est bon en tant que moyen pour accomplir le bien, et pas uniquement pour soi-même. En bref, avoir suffisamment d'argent pour vivre dignement et pour faire le bien autour de soi n'est pas du tout une mauvaise chose. Cependant, il est essentiel que l'argent ne devienne pas le sens ni le but de l'existence. Mais en tant que moyen, pourquoi pas.
Il est évident que lorsque l'on a très peu d'argent, de tels problèmes spirituels, s'ils se présentent, prennent une ampleur bien moindre. Il faut toutefois admettre qu'il est possible d'être très pauvre tout en ne pensant qu'à l'argent (ce qui est souvent aggravé par le murmure : « à moi qui suis si bon, on n'a pas donné mon dû »). Ce n'est manifestement pas mieux. Le bonheur ne se trouve pas dans l'argent (ni dans sa quantité), mais dans le fait d'être généreux sans murmurer. La générosité est probablement le maître-mot pour définir l'attitude chrétienne face à la richesse. La générosité sanctifie celui qui possède l'argent, tandis que l'avidité souille même le pauvre.
La pauvreté, lorsqu'elle n'est pas obnubilée par elle-même et par ses maigres ressources, possède sans doute un avantage majeur : elle permet de se confier véritablement et fermement en Dieu. Dans l'abondance, cette confiance laisse place à la gratitude envers Dieu pour les forces et les capacités qu'Il nous a données pour gagner notre vie. La gratitude envers Dieu (associée, pour ainsi dire, à la générosité) ôte également à la richesse toute saveur de péché. Mais être reconnaissant dans la pauvreté, c'est atteindre un sommet spirituel.
Incontestablement, la pauvreté est une épreuve difficile. Or, toute difficulté dans la vie peut être pour l'homme une occasion de s'approcher du Christ, qui S'est volontairement dépouillé et rendu pauvre pour nous.
Enfin, pour un chrétien, toute condition de vie n'a de valeur que si c'est Dieu Lui-même qui l'y appelle. Les uns (et c'est le cas du plus grand nombre), Il les appelle à être pauvres et à porter tous les fardeaux de la vie avec gratitude et générosité (même avec peu de moyens). À d'autres, le Seigneur dit clairement : « vends tout ce que tu as, et suis-moi ». Et d'autres encore sont appelés à gagner beaucoup d'argent pour aider les premiers et les deuxièmes… L'essentiel est de « viser juste », de répondre à sa propre vocation. Autrement, ni la pauvreté ni la richesse ne porteront de fruit.
Quant au commerce… La Parole de Dieu porte un regard positif sur toute occupation honnête qui n'est pas liée au péché, qui est utile aux autres et qui ne nuit à personne. Ainsi, la liste des activités proscrites est assez limitée : le banditisme, la prostitution… Bien sûr, il peut être difficile pour le commerce, tout comme pour la politique, de rester honnête (en particulier dans certains pays « exotiques » comme le nôtre). Mais difficile ne veut pas dire impossible. Il m'est même arrivé de croiser des policiers de la route honnêtes et croyants (certes, c'était dans une province reculée et il y a longtemps, mais il était très agréable de circuler sur ces routes).