10 Discernez ce qui plaît au Seigneur, |
11 et ne prenez aucune part aux œuvres stériles des ténèbres, dénoncez-les plutôt. |
Paul rappelle à plusieurs reprises aux chrétiens d'Éphèse que la vie spirituelle du chrétien est incompatible avec tout péché conscient. Bien sûr, par ignorance ou par faiblesse, chacun pèche d'une manière ou d'une autre, et cela durera jusqu'à la transformation complète de la nature humaine. Mais cela ne donne au chrétien aucune raison de traiter le péché avec légèreté, dans l'assurance que «Dieu pardonnera tout» parce que «dans le Christ tout péché est pardonné».
Après la venue du Christ, l'homme ne reste réellement plus jamais seul devant Dieu avec son péché; il peut toujours demander au Sauveur d'intervenir dans la situation, et alors son péché cesse d'être seulement son problème, devenant aussi le problème du Christ, que celui-ci résout avec l'homme, en prenant sur lui les conséquences qui, autrement, seraient retombées sur la tête du pécheur lui-même.
Mais même avec une telle intervention, la situation ne peut changer radicalement que lorsque l'homme se repent de son péché et y renonce, et non lorsqu'il s'estime en droit de continuer à pécher en espérant que «le Christ arrangera tout», sous prétexte que le péché est inévitable jusqu'à la transformation complète de l'homme. Or, à en juger par les paroles de l'apôtre, on peut penser qu'il y avait dans l'Église d'Éphèse des personnes qui traitaient le péché avec assez de légèreté. C'est surtout à elles que Paul s'adresse, leur rappelant que l'aide du Christ pour être délivré des conséquences du péché commis n'enlève nullement à l'homme sa responsabilité pour le péché lui-même. On ne peut pas continuer à pécher comme avant, en menant un mode de vie païen habituel, et compter sur le fait qu'ensuite, à la fin du chemin de la vie, on pourra tout de suite se repentir de tout et qu'après cela tout s'arrangera d'une manière ou d'une autre.
Et le problème n'est pas qu'il soit trop tard pour se repentir le dernier jour de la vie terrestre, mais qu'il est très possible que l'homme qui n'a pas craint de pécher toute sa vie ne puisse pas se repentir le dernier jour de sa vie sur la terre. Bien sûr, le miracle est toujours possible, mais il ne vaut guère la peine de renoncer au chemin de la justice et de pécher en espérant un miracle à la fin de la vie. Voilà ce que Paul rappelle à ses frères d'Éphèse qui ont soit oublié ce qu'il leur avait dit, soit n'en ont jamais rien su.
10 Discernez ce qui plaît au Seigneur, |
11 et ne prenez aucune part aux œuvres stériles des ténèbres, dénoncez-les plutôt. |
Paul rappelle à plusieurs reprises aux chrétiens d’Éphèse que la vie spirituelle du chrétien est incompatible avec tout péché conscient. Bien sûr, par ignorance ou par faiblesse, chacun pèche d’une manière ou d’une autre, et il en sera ainsi jusqu’à la transfiguration complète de la nature humaine. Mais cela ne donne au chrétien aucune raison de traiter le péché à la légère, dans l’assurance que «Dieu pardonnera tout» parce que «dans le Christ tout péché est pardonné».
Après la venue du Christ, l’homme ne reste effectivement plus jamais seul devant Dieu avec son péché; il peut toujours demander au Sauveur d’intervenir dans la situation, et alors son péché cesse d’être seulement son problème pour devenir aussi le problème du Christ, qu’il résout avec l’homme en prenant sur lui les conséquences qui, autrement, seraient retombées sur la tête du pécheur lui-même.
Mais même avec une telle intervention, il n’est possible de transformer radicalement la situation que lorsque l’homme se repent de son péché et y renonce, non lorsqu’il se croit en droit de continuer à pécher en espérant que «le Christ arrangera tout», sous prétexte que le péché est inévitable jusqu’à la transfiguration complète de l’homme. Or, à en juger par les paroles de l’apôtre, on peut penser qu’il y avait dans l’Église d’Éphèse des personnes qui traitaient le péché avec assez de légèreté. C’est principalement à elles que Paul s’adresse, leur rappelant que l’aide du Christ pour délivrer des conséquences du péché commis n’enlève nullement à l’homme sa responsabilité pour le péché lui-même. On ne peut pas continuer à pécher comme avant, en menant un mode de vie païen habituel, et compter sur le fait qu’ensuite, à la fin du chemin de la vie, on pourra tout d’un coup se repentir de tout et qu’après cela tout finira par s’arranger d’une manière ou d’une autre.
Et il ne s’agit pas ici de dire qu’au dernier jour de la vie terrestre il est trop tard pour se repentir; il s’agit du fait qu’il est fort possible qu’un homme qui n’a pas craint de pécher tout au long de sa vie ne puisse pas non plus se repentir lors de son dernier jour sur terre. Bien sûr, le miracle reste toujours possible, mais il ne vaut pas la peine de renoncer au chemin de la justice et de pécher dans l’espoir d’un miracle à la fin de la vie. Voilà ce que Paul rappelle à ceux de ses frères d’Éphèse qui ont oublié ce qu’il leur avait dit, ou qui n’en avaient jamais rien su.
9 car le fruit de la lumière consiste en toute bonté, justice et vérité. |
10 Discernez ce qui plaît au Seigneur, |
11 et ne prenez aucune part aux œuvres stériles des ténèbres, dénoncez-les plutôt. |
12 Certes, ce que ces gens-là font en cachette, on a honte même de le dire; |
13 mais quand tout cela est dénoncé, c'est dans la lumière qu'on le voit apparaître; |
14 tout ce qui apparaît, en effet, est lumière. C'est pourquoi l'on dit: Éveille-toi, toi qui dors, lève-toi d'entre les morts, et sur toi luira le Christ. |
15 Ainsi prenez bien garde à votre conduite; qu'elle soit celle non d'insensés mais de sages, |
16 qui tirent bon parti de la période présente; car nos temps sont mauvais; |
17 ne vous montrez donc pas inconsidérés, mais sachez voir quelle est la volonté du Seigneur. |
18 Ne vous enivrez pas de vin: on n'y trouve que libertinage; mais cherchez dans l'Esprit votre plénitude. |
19 Récitez entre vous des psaumes, des hymnes et des cantiques inspirés; chantez et célébrez le Seigneur de tout votre cœur. |
Pour ce jour du Saint-Esprit, citons des paroles de l'office composées par saint Théophane le Marqué, qui vécut dans la première moitié du IXe siècle.
Source de vie en qui nous croyons, flot de bonté, Saint-Esprit de Dieu, rends la vie à mon intelligence morte et, par Ton action, relève-la pour chanter Ta divinité.
Ô Esprit de sagesse et de crainte de Dieu, Esprit de vérité, de conseil et d'intelligence, Toi qui donnes la paix, demeure en nous, afin que, sanctifiés par Ta présence, nous chantions sans cesse dans la nuit : nous Te glorifions, Ami des hommes.
Tout-Puissant et Seigneur de tous, Toi qui préserves toute la création de la corruption, accorde-nous la sanctification et l'illumination, afin que, rassasiés de Ta lumière, nous chantions sans cesse dans la nuit : nous Te glorifions, Ami des hommes.
Viens à nous, Esprit Saint, rends-nous participants de Ta sainteté, de la Lumière sans déclin, de la vie divine et de Tes dons parfumés, car Tu es le flot de la Divinité, procédant du Père par le Fils.
9 car le fruit de la lumière consiste en toute bonté, justice et vérité. |
10 Discernez ce qui plaît au Seigneur, |
11 et ne prenez aucune part aux œuvres stériles des ténèbres, dénoncez-les plutôt. |
12 Certes, ce que ces gens-là font en cachette, on a honte même de le dire; |
13 mais quand tout cela est dénoncé, c'est dans la lumière qu'on le voit apparaître; |
14 tout ce qui apparaît, en effet, est lumière. C'est pourquoi l'on dit: Éveille-toi, toi qui dors, lève-toi d'entre les morts, et sur toi luira le Christ. |
15 Ainsi prenez bien garde à votre conduite; qu'elle soit celle non d'insensés mais de sages, |
16 qui tirent bon parti de la période présente; car nos temps sont mauvais; |
17 ne vous montrez donc pas inconsidérés, mais sachez voir quelle est la volonté du Seigneur. |
18 Ne vous enivrez pas de vin: on n'y trouve que libertinage; mais cherchez dans l'Esprit votre plénitude. |
19 Récitez entre vous des psaumes, des hymnes et des cantiques inspirés; chantez et célébrez le Seigneur de tout votre cœur. |
Aujourd'hui, l'Église orthodoxe célèbre le jour du Saint-Esprit. L'Épître aux Éphésiens nous rappelle que « le fruit de l'Esprit consiste en toute bonté, justice et vérité » (v. 9) et nous appelle à « être remplis de l'Esprit » (v. 18). Ce nouvel état de l'homme, l'apôtre Paul l'appelle « lumière dans le Seigneur »; l'apôtre Jean recourt lui aussi à cette image de la lumière lorsqu'il parle de l'amour fraternel entre les croyants (1 Jn 2:10). Dans l'esprit de l'amour, nous sommes appelés à « chercher ceux qui se sont égarés » (Mt 18:10-14), à résoudre les problèmes de nos relations (Mt 18:15-18) et enfin à recevoir la grâce de Dieu dans la prière unanime au nom du Christ et en sa présence, comme cela nous a été promis.
8 Jadis vous étiez ténèbres, mais à présent vous êtes lumière dans le Seigneur; conduisez-vous en enfants de lumière; |
9 car le fruit de la lumière consiste en toute bonté, justice et vérité. |
10 Discernez ce qui plaît au Seigneur, |
Comment savoir ce qui plait à Dieu? Comment se conduire pour ne pas être coupable devant Lui? Ces questions ne sont pas simples et encore plus, elles sont loin d’être oiseuses, car plusieurs choses dans notre vie dépendent de la réponse pratique à ces questions.
L'apôtre Paul dans l’épître aux Éphésiens utilise un fameux verbe traduit en français comme «discernez». Il signifie en effet «examiner, vérifier, reconnaitre par la vue». L'apôtre nous appelle donc à nous conduire, comme les enfants de la lumière, en examinant nos œuvres, vérifiant si elles seront convenables devant le Visage du Tout-Puissant.
Tous ces mots forment une seule phrase dans le texte grec, et c'est important. La vérification doit être fondé sur des critères, c'est pourquoi l'apôtre appelle le principal critère : les fruits du Saint Esprit. Est donc agréable à Dieu tout ce qui peut être appelé fruits d’action du Saint Esprit dans notre vie. C'est particulièrement toute bonté, la justice et la vérité.
Il peut être que L’apôtre tente de transmettre par ces mots familiers quelque chose, dont les mots ne peuvent transmettre. La langue moderne désigne cela par un terme assez vague "bien". C’est notamment ce que nous appelons «bien», son augmentation (et, donc, la diminution du mal) qui devient pour l'apôtre Paul le critère sur lequel nos œuvres et notre vie plaisent à Dieu.
8 Jadis vous étiez ténèbres, mais à présent vous êtes lumière dans le Seigneur; conduisez-vous en enfants de lumière; |
9 car le fruit de la lumière consiste en toute bonté, justice et vérité. |
10 Discernez ce qui plaît au Seigneur, |
Comment savoir ce qui plaît à Dieu ? Comment agir pour ne pas être coupable devant lui ? Ces questions ne sont pas simples et, surtout, elles sont loin d'être oiseuses, car beaucoup dans notre vie dépend de la réponse pratique qu'on leur donne. Dans la lettre aux Éphésiens, l'apôtre Paul emploie un verbe remarquable, traduit en russe par « éprouver ». Il signifie réellement « éprouver, vérifier, découvrir la vérité sur quelque chose ». Ce verbe était utilisé lorsqu'on vérifiait l'aptitude des recrues au service militaire ; à cette époque, il n'y avait pas de commission médicale, et l'on vérifiait la capacité à lancer une lance et des choses semblables. Cela signifie que l'apôtre nous appelle à agir comme des enfants de lumière, en vérifiant nos actes « quant à leur aptitude », en vérifiant s'ils seront agréables devant la face du Tout-Puissant.
Dans le texte grec, toutes ces paroles forment une seule phrase, et c'est important. Une épreuve doit reposer sur des critères, et c'est pourquoi l'apôtre nomme le critère principal : les fruits de l'Esprit Saint. Ainsi, ce qui plaît à Dieu, c'est ce que l'on peut appeler les fruits de l'action de l'Esprit Saint dans notre vie. Il s'agit principalement de toute bonté, justice et vérité. Peut-être l'apôtre essaie-t-il, par ces mots étroitement liés, d'exprimer quelque chose qui ne tient pas dans les mots. Le langage moderne désigne cela par le terme assez vague de « bien ». C'est précisément ce que nous appelons le bien, sa croissance et donc la diminution du mal, qui devient pour l'apôtre Paul le critère permettant de savoir si nos actes et la vie elle-même sont agréables à Dieu.
1 Oui, cherchez à imiter Dieu, comme des enfants bien-aimés, |
2 et suivez la voie de l'amour, à l'exemple du Christ qui vous a aimés et s'est livré pour nous, s'offrant à Dieu en sacrifice d'agréable odeur. |
3 Quant à la fornication, à l'impureté sous toutes ses formes, ou encore à la cupidité, que leurs noms ne soient même pas prononcés parmi vous: c'est ce qui sied à des saints. |
4 De même pour les grossièretés, les inepties, les facéties: tout cela ne convient guère; faites entendre plutôt des actions de grâces. |
5 Car, sachez-le bien, ni le fornicateur, ni le débauché, ni le cupide - qui est un idolâtre - n'ont droit à l'héritage dans le Royaume du Christ et de Dieu. |
6 Que nul ne vous abuse par de vaines raisons: ce sont bien de tels désordres qui attirent la colère de Dieu sur ceux qui lui résistent. |
7 N'ayez donc rien de commun avec eux. |
8 Jadis vous étiez ténèbres, mais à présent vous êtes lumière dans le Seigneur; conduisez-vous en enfants de lumière; |
9 car le fruit de la lumière consiste en toute bonté, justice et vérité. |
10 Discernez ce qui plaît au Seigneur, |
11 et ne prenez aucune part aux œuvres stériles des ténèbres, dénoncez-les plutôt. |
12 Certes, ce que ces gens-là font en cachette, on a honte même de le dire; |
13 mais quand tout cela est dénoncé, c'est dans la lumière qu'on le voit apparaître; |
14 tout ce qui apparaît, en effet, est lumière. C'est pourquoi l'on dit: Éveille-toi, toi qui dors, lève-toi d'entre les morts, et sur toi luira le Christ. |
15 Ainsi prenez bien garde à votre conduite; qu'elle soit celle non d'insensés mais de sages, |
16 qui tirent bon parti de la période présente; car nos temps sont mauvais; |
17 ne vous montrez donc pas inconsidérés, mais sachez voir quelle est la volonté du Seigneur. |
18 Ne vous enivrez pas de vin: on n'y trouve que libertinage; mais cherchez dans l'Esprit votre plénitude. |
19 Récitez entre vous des psaumes, des hymnes et des cantiques inspirés; chantez et célébrez le Seigneur de tout votre cœur. |
20 En tout temps et à tout propos, rendez grâces à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus Christ. |
21 Soyez soumis les uns aux autres dans la crainte du Christ. |
En parlant de la vie spirituelle, Paul ne se lasse pas de répéter que la plénitude du Royaume est incompatible avec tout péché (v. 3-7). Ces mentions si insistantes de ce fait évident étaient, manifestement, liées au fait que, pour beaucoup de chrétiens (et peut-être pas seulement à Éphèse), il n'était pas du tout évident. À en juger par certains enseignements de l'apôtre dans sa lettre aux chrétiens d'Éphèse, ceux-ci étaient manifestement déjà prêts à se résigner à ce que le péché demeure tout de même, dans une certaine mesure, une part de leur vie (v. 1-3, 15-21).
Cela tenait sans doute au fait que beaucoup, dans l'Église d'Éphèse, regardaient le christianisme non comme une vie dans le Royaume, mais comme une nouvelle religion, peut-être comme une variante particulière du judaïsme pour les païens. Dans ce cas, il aurait fallu se résigner au fait que le péché existe dans la vie des fidèles: il n'y a pas d'hommes sans péché, et le judaïsme n'a jamais exigé de l'homme l'impossible; il exigeait seulement l'exclusion absolue du péché commis consciemment et volontairement, et non de tout péché en général. Ce dernier point était un idéal inaccessible vers lequel on pouvait et devait tendre, mais qu'on ne pouvait exiger de personne comme norme de vie.
Apparemment, les chrétiens d'Éphèse voyaient les choses de la même manière, en acceptant comme un fait donné les péchés de certains de leurs frères. Paul, lui, comprend parfaitement que le christianisme n'est pas du tout une nouvelle religion, mais précisément la vie dans le Royaume; c'est pourquoi il insiste sur un idéal qui, dans le Royaume, peut et doit devenir réalité. Il sait que, pour un chrétien, le péché signifie non seulement un écart du chemin de la justice, mais aussi la perte du Royaume, qui n'est pas toujours visible d'emblée seulement parce qu'il ne s'est pas encore pleinement révélé dans notre monde en voie de transfiguration, mais encore non transfiguré. Celui qui a péché se trouve de façon tout à fait réelle dans ces ténèbres extérieures que le Sauveur lui-même oppose au Royaume; et s'il ne s'en rend pas toujours compte, c'est seulement parce qu'il lui reste encore la possibilité d'éviter à la fois le choix définitif qu'il devra faire au dernier Jugement et toute la plénitude des conséquences du péché qu'il a commis, conséquences qui restent cachées à l'homme jusqu'à la fin des temps.
Mais Paul appelle ses lecteurs à regarder la situation avec les yeux d'un homme pour qui la fin des temps est déjà arrivée, et à évaluer chacun de ses actes en conséquence, afin de devenir habitant du Royaume en pleine mesure, ici et maintenant.
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