11 Tel doit être l'objet de tes prescriptions et de ton enseignement. |
12 Que personne ne méprise ton jeune âge. Au contraire, montre-toi un modèle pour les croyants, par la parole, la conduite, la charité, la foi, la pureté. |
13 En attendant que je vienne, consacre-toi à la lecture, à l'exhortation, à l'enseignement. |
14 Ne néglige pas le don spirituel qui est en toi, qui t'a été conféré par une intervention prophétique accompagnée de l'imposition des mains du collège des presbytres. |
15 Prends cela à cœur. Sois-y tout entier, afin que tes progrès soient manifestes à tous. |
16 Veille sur ta personne et sur ton enseignement ; persévère en ces dispositions. Agissant ainsi, tu te sauveras, toi et ceux qui t'écoutent. |
Dans la lettre de l’apôtre Paul, la vie chrétienne se présente tout autrement que nous avons l’habitude de la voir. Notre tâche principale devient de garder l’esprit constamment jeune. Nous ne pouvons nous permettre de nous fatiguer, de nous relâcher ni de décider que nous savons déjà tout. L’essentiel est de chercher sans cesse et de suivre sans cesse la vérité. Nous ne pouvons nous permettre de cesser de brûler ni de devenir tièdes. Et nous devons toujours avoir conscience que nous sommes jeunes et inexpérimentés, encore au début du chemin. Pour le parcourir jusqu’au bout, nous devons veiller et apprendre sans cesse.
11 Tel doit être l'objet de tes prescriptions et de ton enseignement. |
12 Que personne ne méprise ton jeune âge. Au contraire, montre-toi un modèle pour les croyants, par la parole, la conduite, la charité, la foi, la pureté. |
13 En attendant que je vienne, consacre-toi à la lecture, à l'exhortation, à l'enseignement. |
14 Ne néglige pas le don spirituel qui est en toi, qui t'a été conféré par une intervention prophétique accompagnée de l'imposition des mains du collège des presbytres. |
15 Prends cela à cœur. Sois-y tout entier, afin que tes progrès soient manifestes à tous. |
16 Veille sur ta personne et sur ton enseignement ; persévère en ces dispositions. Agissant ainsi, tu te sauveras, toi et ceux qui t'écoutent. |
Timothée était membre du conseil des anciens qui dirigeait alors l'Église, ayant reçu un certain don de Dieu «par prophétie, avec l'imposition des mains des presbytres» (dans la traduction synodale, les presbytres sont appelés «sacerdoce»). À cette époque, l'Église, comme d'autres fraternités religieuses juives de l'époque évangélique, était dirigée par un conseil des anciens, qui était un organe en partie représentatif (on y trouvait habituellement des représentants des différentes communautés composant la fraternité), en partie coopté (selon toute apparence, de nouveaux membres ne pouvaient entrer au conseil des anciens qu'avec l'accord de tous ses participants).
Il n'est pas étonnant que, lors de l'admission de nouveaux membres au conseil, on priât pour eux avec imposition des mains: cette pratique ancienne était liée à la tradition des communautés prophétiques et constituait une sorte d'initiation: en entrant dans la communauté, une personne devait vivre ce qui est lié à l'expérience de cette communauté, comprendre ce qui constitue précisément le fondement de sa vie spirituelle.
Une telle pratique existait dans chaque communauté ecclésiale, et il aurait été étrange qu'elle fût absente du conseil des anciens, qui était lui aussi avant tout une communauté d'Église, et non quelque centre dirigeant et administratif. Nous ne savons pas comment se déroulait exactement la prière avec imposition des mains aux temps des premiers chrétiens, et il ne reste qu'à deviner de quelle «prophétie» parle l'apôtre. Il n'est pas exclu que l'un des prophètes de l'Église (or le ministère prophétique, dans la première période chrétienne, était la norme dans l'Église) ait reçu une révélation particulière concernant la personne de Timothée et son ministère.
Si tel est le cas, il n'est pas étonnant que Paul l'appelle à ne pas oublier ce qu'il a reçu pendant cette prière. À en juger par la mention que l'apôtre fait de «l'enseignement», dans lequel il conseille à Timothée de «s'appliquer», il s'agit du ministère de docteur-rabbin dans l'Église, dont Paul parle d'ailleurs beaucoup dans l'épître à Timothée. Il faut noter que les docteurs-rabbins se trouvaient souvent membres du conseil des anciens: dans toute fraternité, leur ministère était considéré comme l'un des plus importants, et leur expérience, liée non seulement à l'étude des livres sacrés, mais aussi à l'acquisition de la Torah intérieure, pouvait être importante pour toute la fraternité (dans le cas présent, pour toute l'Église).
Entre-temps, Timothée, à en juger par la mention de sa «jeunesse», était plus jeune que ne l'étaient habituellement les membres du conseil des anciens, et ce fait pouvait même troubler quelqu'un, si bien que Paul dut l'encourager: si les membres du conseil l'ont jugé digne d'entrer dans leur communauté, cela signifie qu'il en est réellement digne, malgré son âge. Comme on le voit, l'apôtre appelle Timothée à être devant Dieu celui qu'il est, en restant lui-même en toutes circonstances: c'est ainsi précisément qu'il accomplira le mieux le ministère que Dieu lui a confié.
12 Que personne ne méprise ton jeune âge. Au contraire, montre-toi un modèle pour les croyants, par la parole, la conduite, la charité, la foi, la pureté. |
13 En attendant que je vienne, consacre-toi à la lecture, à l'exhortation, à l'enseignement. |
14 Ne néglige pas le don spirituel qui est en toi, qui t'a été conféré par une intervention prophétique accompagnée de l'imposition des mains du collège des presbytres. |
Paul mentionne en passant une institution propre à l'Église primitive: celle des presbytres, ou anciens. À en juger par le fait qu'à côté de l'imposition des mains il est question de «prophétie» comme don, ou de «prophétisation» comme état spirituel particulier propre au prophète au moment où il vit une révélation (le mot grec correspondant peut désigner l'un et l'autre), on peut penser que la communauté des «anciens» (presbytres) était, en tout cas dans l'Église de la période primitive, une communauté charismatique. Quoi qu'il en soit, l'imposition des mains supposait une prière pour que Dieu envoie l'esprit qui devait renouveler celui pour qui l'on priait, et toute la tradition yahviste, puis synagogale, de même que la tradition des confréries religieuses juives existant à l'époque évangélique, liait un tel renouvellement au don de prophétie.
Certes, celui qui avait vécu une expérience de ce genre ne devenait pas forcément prophète, mais il éprouvait en lui-même l'action du souffle de Dieu, qui, à proprement parler, fait du prophète biblique un prophète. Dans le peuple de Dieu, certains ministères supposaient depuis longtemps la nécessité d'une telle expérience; on connaît bien l'exemple des premiers rois d'Israël, qui ne pouvaient prétendre au pouvoir sans passer par une consécration prophétique (l'exemple typique en est la consécration de Saül, 1 S 10:1-12). D'ailleurs, l'exemple de Saül est aussi la meilleure preuve qu'aucune consécration, en elle-même, ne change automatiquement l'homme sans sa volonté et ses efforts spirituels. Voilà pourquoi Paul appelle Timothée à prendre soin des dons reçus de Dieu lors de l'imposition des mains, dons qu'il est autrement facile de perdre.
Quant à la communauté des «anciens» (presbytres), elle était, semble-t-il, charismatique non pas en ce sens que tous ses membres étaient prophètes, mais en ce sens qu'ils avaient tous vécu l'expérience de la descente de l'Esprit, comme Timothée l'avait vécue. Il est probable qu'après une telle imposition des mains, celui qui avait vécu un renouvellement spirituel devenait lui-même presbytre, comme ce fut le cas de Timothée, qui auparavant, à en juger par le contexte de l'épître, était sans doute un simple diacre, placé à la tête de la communauté. Désormais il était devenu diacre-presbytre, et, semble-t-il, inhabituellement jeune du point de vue de la pratique ecclésiale de l'époque; cela, à en juger par l'encouragement que Paul adresse à son disciple, suscitait chez certains de l'étonnement et une attitude méprisante envers le jeune «ancien».
Visiblement, l'apôtre se souvenait de ce que certains de ses coreligionnaires oubliaient: l'âge spirituel et l'âge physique ne sont pas la même chose. Le premier se détermine par le nombre des années vécues, le second par l'intensité de la vie spirituelle et la mesure de l'enracinement dans le Royaume. Et Paul, semble-t-il, conseille à Timothée de se soucier avant tout du second, sans accorder beaucoup d'importance au premier.
16 Veille sur ta personne et sur ton enseignement ; persévère en ces dispositions. Agissant ainsi, tu te sauveras, toi et ceux qui t'écoutent. |
Le testament de l'apôtre Paul à Timothée, nous concerne aussi probablement. Qu'entend-il par le mot «enseignement»? Apparemment, ce que le professeur a transmit à l'élève (disciple). C'est-à-dire, en premier lieu, les Saintes Ecritures, la parole de Dieu (à l’époque de l’apôtre Paul c'est l'ancien testament); deuxièmement, la Bonne Nouvelle, l'Évangile, le récit de l'accomplissement des anciennes prophéties sur la vie terrestre de Jésus-Christ; troisièmement, le témoignage de la première génération apostolique des chrétiens sur l'action du Ressuscité dans leur vie; quatrièmement, la compréhension théologique de tout ce qui s’est passé... On pourra probablement trouver "cinquièmement", et "sixièmement". De manière ou d'autre, c’est déjà beaucoup, et il faut vraiment constamment persévérer en cela. Mais comment persévérer? Paul dit: «veille». Cela signifie entrer à l'intérieur, en profondeur, faire pénétrer à travers les formes extérieures de l'expression de l’enseignement dans son cœur, la parole incarnée de Dieu, à la rencontre avec Christ en personne.
Mais en outre il est aussi nécessaire de veiller sur sa personne, les endroits sombres de l'âme seront illuminés par la lumière de l’enseignement, pour aller à la rencontre avec Christ, en ayant prise de conscience de son obscurité et son désir d'être purifié et sauvé. Ainsi le salut entre en nous, et par nous entre dans ce monde. Nous devenons alors ceux qui portent la lumière du salut à leurs élèves, comme Paul l’a apporté à Timothée. La pureté de l’enseignement et notre propre pureté, est ce qui peut faire des disciples de toutes les nations (voire Matt. 28:19).
9 Elle est sûre cette parole et digne d'une entière créance. |
10 Si en effet nous peinons et combattons, c'est que nous avons mis notre espérance dans le Dieu vivant, le Sauveur de tous les hommes, des croyants surtout. |
11 Tel doit être l'objet de tes prescriptions et de ton enseignement. |
12 Que personne ne méprise ton jeune âge. Au contraire, montre-toi un modèle pour les croyants, par la parole, la conduite, la charité, la foi, la pureté. |
13 En attendant que je vienne, consacre-toi à la lecture, à l'exhortation, à l'enseignement. |
14 Ne néglige pas le don spirituel qui est en toi, qui t'a été conféré par une intervention prophétique accompagnée de l'imposition des mains du collège des presbytres. |
15 Prends cela à cœur. Sois-y tout entier, afin que tes progrès soient manifestes à tous. |
Aujourd’hui, nous lisons le récit de l’évangéliste Luc sur la conversion de Zachée. À partir de ce jour, les lectures dominicales de l’Évangile nous donneront matière à réflexion et à prière, afin de nous aider à nous préparer au Grand Carême et donc, dans une certaine mesure, à Pâques. Et ce chemin commence pour nous avec le récit de Zachée, chef des publicains, qui fit peu de cas de son rang social pour voir le Seigneur Jésus.
Homme de petite taille, il ne pouvait pas s’approcher du Christ à cause de la foule. Il importe de noter précisément à quoi Zachée dut renoncer. Car il était non seulement riche, mais aussi chef de l’administration fiscale. Il représentait le pouvoir romain, et son activité de perception des impôts et des taxes concernait chacun des habitants de Jéricho. Les Juifs méprisaient les publicains comme des traîtres, mais ils craignaient le pouvoir romain. Ainsi, « se rabaisser » aux yeux des habitants signifiait pour Zachée à la fois des difficultés innombrables et une poussée de mépris social. Tout cela, pour reprendre les mots de l’apôtre Paul, il le « regarda comme une perte ».
Nous lisons ce récit parce que, pendant le carême qui approche, chaque chrétien reçoit la possibilité de chercher le Christ sans se demander de quoi il a l’air aux yeux des autres. Voilà pourquoi l’exemple de Zachée est si important pour nous. Voilà aussi pourquoi il est si important que le Seigneur le récompense par ces paroles : « Aujourd’hui, le salut est entré dans cette maison ».
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