28 Ayant dit cela, il partait en tête, montant à Jérusalem. |
29 Et il advint qu'en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant: |
30 " Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l'attache, un ânon que personne au monde n'a jamais monté ; détachez-le et amenez-le. |
31 Et si quelqu'un vous demande : "Pourquoi le détachez-vous ?" vous direz ceci : "C'est que le Seigneur en a besoin". " |
32 Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit. |
33 Et tandis qu'ils détachaient l'ânon, ses maîtres leur dirent : " Pourquoi détachez-vous cet ânon ? " |
34 Ils dirent : " C'est que le Seigneur en a besoin. " |
35 Ils l'amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l'ânon, ils firent monter Jésus. |
36 Et, tandis qu'il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. |
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d'une voix forte pour tous les miracles qu'ils avaient vus. |
38 Ils disaient : " Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! " |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : " Maître, réprimande tes disciples. " |
40 Mais il répondit : " Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. " |
41 Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle, |
42 en disant : " Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. |
43 Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t'environneront de retranchements, t'investiront, te presseront de toute part. |
44 Ils t'écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! " . |
45 Puis, entré dans le Temple, il se mit à chasser les vendeurs, |
46 en leur disant : " Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ! " |
47 Il était journellement à enseigner dans le Temple, et les grands prêtres et les scribes cherchaient à le faire périr, les notables du peuple aussi. |
48 Mais ils ne trouvaient pas ce qu'ils pourraient faire, car tout le peuple l'écoutait, suspendu à ses lèvres. |
L’évangéliste réunit dans un même récit l’entrée triomphale de Jésus dans la ville sainte, lorsque ni la louange ni la joie ne peuvent être contenues par aucune force, au point que même les pierres sont prêtes à chanter la gloire du Roi qui vient, et les pleurs douloureux de Jésus sur Jérusalem. La ville de la promesse devient ici l’image collective de tous ceux qui attendent le Christ, qui ne peuvent vivre sans Lui, mais ne Le reconnaissent pas et ne peuvent croire que leur espérance s’accomplit en Jésus de Nazareth. Sous nos yeux se produisent à la fois un triomphe et une catastrophe, car la ville, le peuple et chaque personne reçoivent l’occasion tant attendue de voir, de reconnaître et de rencontrer leur rêve, mais ils « ne reconnaissent pas le temps où ils sont visités ». Au fond de moi, comme beaucoup d’autres sans doute, j’aimerais que ce temps soit clair et évident pour tous, ou du moins qu’il ne soit pas obligatoire, qu’il ne concerne pas tout le monde. Mais un tel temps arrive, et, ce qui est le plus effrayant, on peut le manquer, ne pas reconnaître Dieu lorsqu’Il passe tout près...
28 Ayant dit cela, il partait en tête, montant à Jérusalem. |
29 Et il advint qu'en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant: |
30 " Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l'attache, un ânon que personne au monde n'a jamais monté ; détachez-le et amenez-le. |
31 Et si quelqu'un vous demande : "Pourquoi le détachez-vous ?" vous direz ceci : "C'est que le Seigneur en a besoin". " |
32 Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit. |
33 Et tandis qu'ils détachaient l'ânon, ses maîtres leur dirent : " Pourquoi détachez-vous cet ânon ? " |
34 Ils dirent : " C'est que le Seigneur en a besoin. " |
35 Ils l'amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l'ânon, ils firent monter Jésus. |
36 Et, tandis qu'il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. |
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d'une voix forte pour tous les miracles qu'ils avaient vus. |
38 Ils disaient : " Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! " |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : " Maître, réprimande tes disciples. " |
40 Mais il répondit : " Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. " |
41 Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle, |
42 en disant : " Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. |
43 Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t'environneront de retranchements, t'investiront, te presseront de toute part. |
44 Ils t'écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! " . |
45 Puis, entré dans le Temple, il se mit à chasser les vendeurs, |
46 en leur disant : " Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ! " |
47 Il était journellement à enseigner dans le Temple, et les grands prêtres et les scribes cherchaient à le faire périr, les notables du peuple aussi. |
48 Mais ils ne trouvaient pas ce qu'ils pourraient faire, car tout le peuple l'écoutait, suspendu à ses lèvres. |
En entrant à Jérusalem, Jésus pleure sur son destin. Il prévoit manifestement le triste sort de la ville : en l'an 70, après le soulèvement antiromain lancé par les zélotes et la guerre qui s'ensuivit, Jérusalem sera entièrement détruite par l'armée romaine envoyée pour réprimer l'insurrection. Au Moyen Âge, et en partie aussi à l'époque moderne, il existait parmi les chrétiens une opinion répandue et populaire selon laquelle cette catastrophe fut le châtiment du rejet, par le peuple juif, du Messie qui lui avait été envoyé. Pourtant Jésus Lui-même regarde la situation autrement. Pour Lui, c'est d'abord une tragédie, une catastrophe nationale. Il ne la considère nullement comme une juste rétribution. Pour Lui, c'est plutôt une possibilité rejetée, et donc manquée.
Dans la vie des individus comme dans celle des peuples entiers, il existe de tels carrefours où se détermine et se fixe le vecteur du mouvement spirituel ultérieur pour des années (s'il s'agit d'une personne) ou pour des siècles (s'il s'agit d'un peuple). Il n'y a là rien de prédéterminé, aucun programme écrit d'avance, aucun destin ni fatalité. Au contraire, un tel carrefour est toujours un moment de liberté suprême. Le moment du choix où c'est précisément l'homme lui-même, ou le peuple lui-même, qui choisit et détermine ce qui, par la suite, lui paraîtra peut-être fatalité ou destin. Pour le peuple juif, le jour de l'entrée du Sauveur à Jérusalem devint un tel moment.
On peut certes dire que l'enthousiasme avec lequel la foule L'accueillait dans les rues de Jérusalem ne valait pas grand-chose : les enthousiasmes de foule ne durent jamais longtemps. Mais le peuple avait la possibilité de choisir, un choix sérieux, déterminant l'histoire ultérieure pour des siècles, et Jésus le comprend parfaitement. De même qu'Il comprend autre chose : comme tous les choix semblables, celui-ci se ramène en essence à ceci : suivre Dieu ou suivre ses propres opinions, traditions, habitudes. Et la seconde option est toujours catastrophique. La seule question est de savoir dans combien de temps cette catastrophe surviendra. Quant au fait qu'elle surviendra, il n'y a pas à en douter : les possibilités manquées se vengent toujours, et plus la possibilité est grande, plus la catastrophe sera terrible si l'on manque cette possibilité.
C'est pourquoi Jésus pleure sur Jérusalem. Lui plus que quiconque comprend ce qui a été donné et ce qui a été manqué. Et Il comprend aussi quelles en seront les conséquences.
28 Ayant dit cela, il partait en tête, montant à Jérusalem. |
29 Et il advint qu'en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant: |
30 " Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l'attache, un ânon que personne au monde n'a jamais monté ; détachez-le et amenez-le. |
31 Et si quelqu'un vous demande : "Pourquoi le détachez-vous ?" vous direz ceci : "C'est que le Seigneur en a besoin". " |
32 Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit. |
33 Et tandis qu'ils détachaient l'ânon, ses maîtres leur dirent : " Pourquoi détachez-vous cet ânon ? " |
34 Ils dirent : " C'est que le Seigneur en a besoin. " |
35 Ils l'amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l'ânon, ils firent monter Jésus. |
36 Et, tandis qu'il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. |
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d'une voix forte pour tous les miracles qu'ils avaient vus. |
38 Ils disaient : " Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! " |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : " Maître, réprimande tes disciples. " |
40 Mais il répondit : " Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. " |
41 Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle, |
42 en disant : " Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. |
43 Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t'environneront de retranchements, t'investiront, te presseront de toute part. |
44 Ils t'écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! " . |
45 Puis, entré dans le Temple, il se mit à chasser les vendeurs, |
46 en leur disant : " Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ! " |
47 Il était journellement à enseigner dans le Temple, et les grands prêtres et les scribes cherchaient à le faire périr, les notables du peuple aussi. |
48 Mais ils ne trouvaient pas ce qu'ils pourraient faire, car tout le peuple l'écoutait, suspendu à ses lèvres. |
L'évangéliste réunit dans un même récit l'entrée triomphale de Jésus dans la ville sainte, lorsque la louange et la joie ne peuvent être contenues par aucune force, au point que même les pierres sont prêtes à chanter la gloire du Roi qui vient, et les pleurs douloureux de Jésus sur Jérusalem. La ville de la promesse apparaît ici comme l'image collective de tous ceux qui attendent le Christ, qui ne peuvent vivre sans Lui, mais qui ne Le reconnaissent pas, qui ne peuvent croire que leur espérance s'accomplit en Jésus de Nazareth. Sous nos yeux se déroulent à la fois un triomphe et une catastrophe, parce qu'à la ville, au peuple, à des personnes concrètes est donnée la possibilité tant attendue de voir, de reconnaître, de rencontrer leur rêve, mais ils « ne reconnaissent pas le temps de leur visite ».
Au fond de nous, nous voudrions sans doute que ce temps soit manifeste, évident pour tous, ou du moins qu'il ne soit pas obligatoire, qu'il ne concerne pas tout le monde. Mais un tel temps arrive et, chose la plus terrible, on peut le manquer, ne pas reconnaître Dieu quand Il passe tout près...
29 Et il advint qu'en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant: |
30 " Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l'attache, un ânon que personne au monde n'a jamais monté ; détachez-le et amenez-le. |
31 Et si quelqu'un vous demande : "Pourquoi le détachez-vous ?" vous direz ceci : "C'est que le Seigneur en a besoin". " |
32 Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit. |
33 Et tandis qu'ils détachaient l'ânon, ses maîtres leur dirent : " Pourquoi détachez-vous cet ânon ? " |
34 Ils dirent : " C'est que le Seigneur en a besoin. " |
35 Ils l'amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l'ânon, ils firent monter Jésus. |
36 Et, tandis qu'il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. |
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d'une voix forte pour tous les miracles qu'ils avaient vus. |
38 Ils disaient : " Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! " |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : " Maître, réprimande tes disciples. " |
40 Mais il répondit : " Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. " |
Le mont des Oliviers est le commencement de la glorification du Christ. C'est Son Entrée à Jérusalem, l'entrée du Roi. Et c'est sur cette même montagne qu'Il revient après avoir mangé la Pâque avec les disciples. Et de nouveau, c'est du mont des Oliviers que commence la glorification du Christ - comme Sauveur du Monde.
Et au cours du repas pascal, le Christ explique aux apôtres ce qu'Il accomplissait Lui-même et ce qui s'accomplit. Il est Celui qui sert, auprès duquel se trouvaient des hommes qui avaient déjà changé dans leur coeur. À qui Il promet le repas dans le Royaume des Cieux. Et à qui Il lègue, comme témoins de Ses oeuvres, la Communion à Son Corps et à Son Sang. La communion à Sa mort et à Sa Résurrection prochaine. La communion à la gloire du Christ, par laquelle tous les chrétiens sont fortifiés et sauvés depuis ces jours-là.
29 Et il advint qu'en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant: |
30 " Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l'attache, un ânon que personne au monde n'a jamais monté ; détachez-le et amenez-le. |
31 Et si quelqu'un vous demande : "Pourquoi le détachez-vous ?" vous direz ceci : "C'est que le Seigneur en a besoin". " |
32 Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit. |
33 Et tandis qu'ils détachaient l'ânon, ses maîtres leur dirent : " Pourquoi détachez-vous cet ânon ? " |
34 Ils dirent : " C'est que le Seigneur en a besoin. " |
35 Ils l'amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l'ânon, ils firent monter Jésus. |
36 Et, tandis qu'il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. |
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d'une voix forte pour tous les miracles qu'ils avaient vus. |
38 Ils disaient : " Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! " |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : " Maître, réprimande tes disciples. " |
40 Mais il répondit : " Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. " |
Pourquoi les pharisiens demandent-ils à Jésus de faire taire Ses disciples, alors que ceux-ci Le glorifiaient comme Messie ? Était-ce seulement par peur de possibles conséquences politiques ? Certes, ils pouvaient craindre des débordements, voire une insurrection directe, bien que, en un certain sens, le moment en fût déjà passé. Mais on pouvait tout attendre de la foule de Jérusalem, et les Romains, qui ne toléraient aucun désordre dans la ville, étaient toujours prêts à intervenir, et leur intervention se terminait toujours par un bain de sang. Pourtant, il ne s’agissait sans doute pas seulement de ces craintes. Il s’agissait aussi du fait que Jésus était, aux yeux des pharisiens, un Messie « incorrect », ne correspondant absolument pas à leurs représentations et à leurs concepts. Ils attendaient certes le Messie, mais pas celui-là. Celui-ci faisait tout autrement qu’ils ne l’attendaient. D’abord Il refusa de leur fournir les preuves de Sa messianité qu’ils attendaient, puis Il évita la possibilité de prendre la tête d’un grand mouvement populaire, bien qu’une telle possibilité se soit présentée à Lui plusieurs fois. Et maintenant, Le voilà qui semble parler directement de Sa messianité, mais de nouveau pas comme aurait dû le faire le « vrai » Messie. En effet, le vrai Messie ne peut tout de même pas entrer dans la ville monté sur un âne ! Ce n’est même plus une parabole, c’est une véritable profanation de l’entrée solennelle dans la ville du Messie vainqueur, du Messie qui chasse les Romains, du Messie qui établit Son Royaume, du Messie qui gouvernera d’une main forte au nom de Dieu… Et soudain, au lieu du triomphe attendu, une procession à moitié solennelle, à moitié bouffonne, rappelant l’entrée en ville du « roi » des esclaves pendant les Saturnales romaines… Il y avait de quoi être troublé. Il n’est pas étonnant que les pharisiens, en hommes profondément religieux, se soient mis à demander à Jésus de mettre fin à ce qui leur paraissait être une comédie déplacée et indigne. Et Jésus leur répondit que tout était sérieux. Sérieux au point qu’il leur était même difficile de l’imaginer. Seulement les événements ne se développeraient pas comme ils l’attendaient.
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d'une voix forte pour tous les miracles qu'ils avaient vus. |
38 Ils disaient : " Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! " |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : " Maître, réprimande tes disciples. " |
40 Mais il répondit : " Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. " |
41 Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle, |
42 en disant : " Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. |
43 Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t'environneront de retranchements, t'investiront, te presseront de toute part. |
44 Ils t'écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! " . |
Le jour est venu dont les prophètes d’Israël parlaient avec crainte: Dieu a visité Son peuple. Depuis la haute Antiquité, les hommes attendaient cette venue de Dieu, mettaient en elle toutes leurs espérances. Non seulement Israël, mais beaucoup d’autres peuples au début du Ier siècle de notre ère attendaient la manifestation de quelqu’un qui leur apporterait la paix et ouvrirait le chemin de la vie. Dans une certaine mesure, même nous, deux millénaires plus tard, avons hérité de cette attente et de cette espérance de la visite de Dieu. Les prophètes annonçaient que le soleil s’obscurcirait en ce jour-là, que toute créature serait changée, que le péché cesserait et que les hommes seraient rachetés de la mort. «Ah! si Tu déchirais les cieux et descendais!», s’écriait l’auteur de la seconde partie du livre d’Isaïe. «La voix de mon bien-aimé! le voici qui vient, sautant sur les montagnes, bondissant sur les collines», comme une heureuse rencontre d’amoureux, le Cantique des Cantiques présente ce jour.
Et voici qu’Il vient. Une multitude de disciples, peut-être plusieurs centaines de personnes, glorifient les grandes œuvres de Dieu et bénissent Sa venue. Mais aussitôt, au milieu de la foule incrédule, se trouvent ceux qui jugent nécessaire de Lui reprocher seulement Son manque de retenue: «Défends à Tes disciples de glorifier Dieu et Toi!». Et presque personne ne pense à ce qu’Il a maintes fois appelé par les prophètes: «Corrigez vos mauvaises voies, afin de ne pas périr en ce jour-là». Seules Sa Mère très pure et Ses proches disciples reçoivent de sentir Sa tristesse. Il vient, et nous, même en ce jour, nous ne savons pas que pour Le rencontrer il faut cesser de faire le mal et apprendre à faire le bien. Comment Le rencontrer, par quoi mériter Sa bienveillance? Que faire pour qu’Il nous bénisse et nous aide? «Cherchez le bien, et non le mal, afin de vivre», disait-Il par Ses envoyés. Et nous pensons qu’il faut accomplir certains rites et organiser de somptueuses célébrations. Comme si cela devait nous servir à la paix, nous donner la paix dans cette rencontre avec Jésus.
S’Il n’entre pas aujourd’hui à Jérusalem, nous ne pourrons pas devenir participants de Son Corps et de Son Sang. S’Il ne Se livre pas pour nous, nous resterons prisonniers de la mort. Mais Ses élus ne reconnaissent pas le temps de la visite; ils ne reconnaissent pas que le jour attendu et annoncé est arrivé. Et c’est pourquoi Jésus pleure. Récemment, le Seigneur disait dans l’un des passages de quoi Ses disciples devaient se réjouir. Aujourd’hui nous comprenons ce que nous devons craindre: ne pas reconnaître le temps de la visite.
41 Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle, |
42 en disant : " Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. |
43 Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t'environneront de retranchements, t'investiront, te presseront de toute part. |
44 Ils t'écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! " . |
Quand nous lisons que notre tâche est d'imiter le Christ en tout, ces paroles sont le plus souvent perçues par nous comme une convention. On peut essayer de lire ce texte évangélique de ce point de vue. Dans une telle situation, l'homme hausse les épaules avec résignation en disant : « C'est bien ce qui est arrivé », ou bien il va jusqu'à une malveillance non dissimulée : « Voilà, on t'avait bien dit, à toi (à vous), qu'il ne fallait pas faire cela, qu'il fallait faire ainsi ; maintenant souffrez et tourmentez-vous. »
Jésus, lui, « en le voyant, pleura sur lui ». Il est impuissant à s'imposer : chacun est libre de L'accueillir ou de ne pas L'accueillir. Mais le résultat du refus de vivre avec le Christ est si terrible que Dieu pleure en y pensant. Ce n'est pas le désespoir de l'impuissance, c'est la douleur devant le choix que fait l'homme libre. Et cela alors même que Jésus sait qu'un tel refus Le conduira Lui-même à la croix quelques jours plus tard. Mais ce n'est pas sur cela qu'Il pleure ; Il pleure sur ce dans quoi se précipite le peuple choisi par Dieu.
Voici le portrait parfaitement clair de Dieu : Il a créé l'homme libre ; Il mourra d'une mort terrible parce que l'homme a choisi de Le tuer ; sachant cela, Il pleure sur la vie effrayante que connaîtra l'homme qui a fait ce choix. Voilà ce qu'Il nous appelle, nous aussi, à imiter.
42 en disant : " Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. |
Voici le jour dont le prophète Isaïe avait parlé de avec frayeur: Dieu a visité Son peuple. Les gens attendaient cette arrivée de Dieu depuis la haute antiquité, ils avaient mis tout leur espoir en Lui. Il n’y a pas qu’Israël, plusieurs autres peuples au début du 1er siècle de notre ère attendaient l’apparition de quelqu’un, qui leur apporterait la paix et leur ouvrirait le chemin de la vie (la vraie vie). Même nous avons après deux millénaires hérité en quelque sorte cette attente et l’espoir de la visite de Dieu. Les prophètes ont annoncé que le soleil s’obscurcira en ce jour-là et toute créature se transformera, il n’y aura plus de péchés et les hommes seront rédimés de la mort. «Oh! si Tu déchirais les cieux, et si Tu descendais!» - s’exclamait l’auteur de la deuxième partie du livre du prophète Isaïe. Le Cantique des Cantiques présente ce jour comme une heureuse rencontre des amoureux:«J'entends mon bien-aimé. Voici qu'il arrive, sautant sur les montagnes, bondissant sur les collines».
Et voici qu’Il arrive. Une multitude des disciples (peut être quelque centaines d’hommes) louent les grandes œuvres de Dieu et bénissent Son arrivée. Mais au même endroit se trouvent parmi une foule d’incrédules ceux qui estiment nécessaire de juste Le reprocher de l’indiscrétion: « Réprimande Tes disciples de louer Dieu et Toi!» Et presque personne ne se rappelle de ce qu’Il a exhorté plusieurs fois à travers les prophètes de faire: « Améliorer vos voies mauvaises, pour ne pas périr en ce jour-là». Seuls Sa Mère et les disciples proches ont été donnés la possibilité de sentir Son affliction. Il vient, mais nous ne savons pas qu’en ce jour, il nous faut arrêter de faire du mal et apprendre à faire du bien pour Le rencontrer. Comment Le rencontrer, comment mériter Sa bienveillance? Que devons-nous faire pour qu’Il nous bénisse et nous aide? «Recherchez le bien et non le mal, afin que vous viviez» disait-il à travers le prophète Amos (Amos5:14). Mais nous pensons qu’il faut accomplir certain rites et faire des galas fastueux; comme s’ils pouvaient nous servir de paix, nous donner la paix dans cette rencontre avec Jésus Christ.
S’Il n’entre pas aujourd’hui à Jérusalem, nous ne pourrons pas être des communiants de Son Corps et de Son Sang. S’Il ne Se donne pas pour nous, nous resterons des prisonniers de la mort. Mais Ses élus ne reconnaissent pas le temps de la visite, ils ne savent pas que le jour prédit tant attendu est arrivé. Et c’est pour cela que Jésus pleure. Le Seigneur a dit une fois de quoi devraient se réjouir Ses disciples. Nous comprenons aujourd’hui ce dont nous devrons avoir peur: ne pas connaitre le temps (on dirait même l’heure, la minute ou la seconde) de la visite.
45 Puis, entré dans le Temple, il se mit à chasser les vendeurs, |
46 en leur disant : " Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ! " |
47 Il était journellement à enseigner dans le Temple, et les grands prêtres et les scribes cherchaient à le faire périr, les notables du peuple aussi. |
48 Mais ils ne trouvaient pas ce qu'ils pourraient faire, car tout le peuple l'écoutait, suspendu à ses lèvres. |
Chacun des évangélistes, conformément à la logique et aux particularités de son récit, nous rapporte l’histoire de la purification du Temple. Le fait est que, pour les Juifs qui voyaient le Seigneur Jésus chasser du temple les vendeurs, c’était le signe qu’Il est réellement le Sauveur du monde, le Christ. Le prophète Aggée dit de ce Temple, le Second, que sa gloire sera plus grande que celle du temple de Salomon, parce que le Libérateur y viendra. Et voici que le Christ chasse du temple l’agitation indigne du sanctuaire; puis, comme l’écrit l’évangéliste Luc, Il enseigne chaque jour dans le temple. Jour après jour, encore et encore, le Christ annonce l’amour du Père et appelle au repentir.
Il est important pour nous de prêter attention à la manière dont l’évangéliste Luc parle de Ses auditeurs. La traduction synodale propose ici les mots: «...tout le peuple L’écoutait sans relâche»; mais dans l’original grec, l’évangéliste emploie un mot très expressif: «...tout le peuple était suspendu à Lui en L’écoutant». Cette assiduité-là, quand nous sommes littéralement suspendus au Christ en grappes, captant chacune de Ses paroles, empêcha les grands prêtres et les scribes de mettre aussitôt à exécution leurs desseins perfides. Ils voulaient Le faire périr, mais ils ne le pouvaient pas, dit l’évangéliste, parce que tout le peuple était littéralement suspendu à Lui. L’hostilité du monde contre le Christ, l’opposition des forces du mal à Son action salvatrice se sont révélées impuissantes lorsque les hommes écoutaient ainsi Sa parole.
La ressemblance de cette image avec les paroles du Christ rapportées par l’apôtre Jean au chapitre 15 de son Évangile attire l’attention: «Demeurez en Moi, et Moi en vous. Comme le sarment ne peut porter de fruit s’il ne demeure sur la vigne, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez en Moi.» Il est caractéristique que l’évangéliste Luc n’emploie pas ici le mot habituel chez lui, «ochlos», la foule, mais «laos», le peuple, mot par lequel on a ensuite désigné les laïcs dans l’Église.
45 Puis, entré dans le Temple, il se mit à chasser les vendeurs, |
46 en leur disant : " Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ! " |
47 Il était journellement à enseigner dans le Temple, et les grands prêtres et les scribes cherchaient à le faire périr, les notables du peuple aussi. |
48 Mais ils ne trouvaient pas ce qu'ils pourraient faire, car tout le peuple l'écoutait, suspendu à ses lèvres. |
Chacun des évangélistes, selon la logique et les particularités de son récit, nous rapporte l'histoire de la purification du Temple. Le fait est que, pour les Juifs qui voyaient le Seigneur Jésus chasser les marchands du Temple, c'était le symbole qu'Il est réellement le Sauveur du monde, le Christ. Le prophète Aggée dit de ce Second Temple que sa gloire sera plus grande que celle du temple de Salomon, parce que le Libérateur y viendra. Et voici que le Christ chasse du Temple l'agitation indigne du sanctuaire, puis, comme l'écrit l'évangéliste Luc, Il enseigne chaque jour dans le Temple. Jour après jour, encore et encore, le Christ annonce l'amour du Père et appelle à la repentance.
Il est important pour nous de remarquer comment l'évangéliste Luc parle de Ses auditeurs. La traduction synodale propose ici ces mots : « ...tout le peuple L'écoutait sans relâche », mais dans l'original grec l'évangéliste emploie un mot très expressif : « ...tout le peuple était suspendu à Lui en L'écoutant ». C'est cette assiduité, lorsque nous sommes littéralement suspendus en grappes au Christ, saisissant chacune de Ses paroles, qui empêcha les grands prêtres et les scribes de mettre immédiatement à exécution leurs desseins perfides. Ils voulaient Le faire périr, mais ils ne le pouvaient pas, dit l'évangéliste, parce que tout le peuple était littéralement suspendu à Lui. L'hostilité du monde contre le Christ, l'opposition des forces du mal à Son action salvatrice, se sont révélées impuissantes lorsque les hommes prêtaient ainsi attention à Sa parole.
On remarque la ressemblance de cette image avec les paroles du Christ que rapporte l'apôtre Jean au chapitre 15 de son Évangile : « Demeurez en Moi, et Moi en vous. Comme le sarment ne peut porter du fruit s'il ne demeure sur la vigne, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez en Moi ». Il est significatif que l'évangéliste Luc n'emploie pas ici le mot qui lui est habituel, « ochlos », la foule, mais « laos », le peuple, mot par lequel on appellera plus tard les laïcs dans l'Église.
12 Il dit donc : " Un homme de haute naissance se rendit dans un pays lointain pour recevoir la dignité royale et revenir ensuite. |
13 Appelant dix de ses serviteurs, il leur remit dix mines et leur dit : "Faites-les valoir jusqu'à ce que je vienne. " |
14 Mais ses concitoyens le haïssaient et ils dépêchèrent à sa suite une ambassade chargée de dire : "Nous ne voulons pas que celui-là règne sur nous. " |
15 " Et il advint qu'une fois de retour, après avoir reçu la dignité royale, il fit appeler ces serviteurs auxquels il avait remis l'argent, pour savoir ce que chacun lui avait fait produire. |
16 Le premier se présenta et dit : "Seigneur, ta mine a rapporté dix mines. " - |
17 "C'est bien, bon serviteur, lui dit-il ; puisque tu t'es montré fidèle en très peu de chose, reçois autorité sur dix villes. " |
18 Le second vint et dit : "Ta mine, Seigneur, a produit cinq mines. " |
19 A celui-là encore il dit : "Toi aussi, sois à la tête de cinq villes. " |
20 L'autre aussi vint et dit : "Seigneur, voici ta mine, que je gardais déposée dans un linge. |
21 Car j'avais peur de toi, qui es un homme sévère, qui prends ce que tu n'as pas mis en dépôt et moissonnes ce que tu n'as pas semé. " - |
22 "Je te juge, lui dit-il, sur tes propres paroles, mauvais serviteur. Tu savais que je suis un homme sévère, prenant ce que je n'ai pas mis en dépôt et moissonnant ce que je n'ai pas semé. |
23 Pourquoi donc n'as-tu pas confié mon argent à la banque ? A mon retour, je l'aurais retiré avec un intérêt. " |
24 Et il dit à ceux qui se tenaient là : "Enlevez-lui sa mine, et donnez-la à celui qui a les dix mines. "... - |
25 "Seigneur, lui dirent-ils, il a dix mines ! "... - |
26 "Je vous le dis : à tout homme qui a l'on donnera ; mais à qui n'a pas on enlèvera même ce qu'il a. " |
27 " "Quant à mes ennemis, ceux qui n'ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici, et égorgez-les en ma présence. " " |
28 Ayant dit cela, il partait en tête, montant à Jérusalem. |
L'expérience montre que cette parabole est très difficile même pour des chrétiens affermis. L'image du roi, telle qu'elle est décrite dans la parabole, renvoie manifestement, selon la symbolique biblique messianique qui nous est déjà familière, au Juge Très-Haut, et la situation elle-même ressemble beaucoup au Jugement dernier. Mais cette image elle-même ne peut susciter rien d'autre que le rejet, la répulsion et une peur animale : cruel, mal aimé du peuple, avide... et tout cela, il le confirme par ses propres paroles et par ses actes. Mais en est-il réellement ainsi ? Quelle est donc cette image en vérité, qui est son véritable prototype, et si ce n'est qu'une image, dans la conscience de qui s'est-elle imprimée ?
Prêtons attention aux paroles : « Je te jugerai d'après tes propres paroles, mauvais serviteur ». Nous devons nous arrêter longuement ici pour lire correctement les paroles qui suivent : « Tu savais que je suis un homme sévère, prenant ce que je n'ai pas déposé et moissonnant ce que je n'ai pas semé ». Lorsque nous lisons ces paroles à un rythme ordinaire, nous y voyons en règle générale seulement une confirmation de ce que nous voyons déjà : que ce roi est avide, que son peuple ne l'aime pas, qu'il ordonne de mettre à mort devant lui ceux qui ne sont pas d'accord. Ainsi tout cela s'inscrit dans une seule image et se fige dans l'esprit, tandis que les mots « d'après tes propres paroles » passent véritablement inaperçus. Mais si l'on y prête l'oreille, le tableau change aussitôt radicalement. Ce n'est que la représentation qu'un serviteur négligent se fait du roi, représentation qui ne l'a aidé à rien faire de bon.
On nous dira : mais qu'en est-il de la représentation de tous les « citoyens » qui envoyaient une ambassade et ne voulaient pas avoir un tel roi ? Mais cela aussi n'est que leur représentation. Et enfin, dira-t-on, lui-même dit : « égorgez-les devant moi ». Pourtant, réfléchissons : est-ce seulement une indication des paroles bien connues du psaume : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : siège à ma droite, jusqu'à ce que je fasse de tes ennemis le marchepied de tes pieds (Ps 109:1), ou des paroles d'un autre psaume : « J'ai sacré mon Roi sur Sion, ma montagne sainte ; je publierai le décret : le Seigneur m'a dit : Tu es mon Fils ; moi, aujourd'hui, je t'ai engendré ; demande-moi, et je te donnerai les nations pour héritage et les extrémités de la terre pour possession ; tu les frapperas avec un sceptre de fer ; tu les briseras comme un vase de potier » (Ps 2:6-9) ? Alors il ne s'agit réellement que d'une indication du Jour du Jugement.
En réalité, il y a ici un point très important. Qu'est-ce qui mine souvent notre foi, qu'est-ce qui nous fait souffrir dans le trouble et le doute ? Souvent, nous voyons des gens qui, semble-t-il, devraient mieux que tous connaître Dieu, dire quelque chose qui nous paraît complètement aberrant. Et cela nous trouble. Mais nous ne devons pas oublier que ce n'est que leur représentation de Lui, même s'il nous semble parfois, comme à la lecture de cette parabole, qu'elle correspond si manifestement à la réalité. Remarquons enfin que nous n'avons jamais connu la représentation que certains des personnages mentionnés dans la parabole se faisaient du roi : ceux qui ont simplement pris l'argent et l'ont fait fructifier. Que pensent-ils du roi ? Cela, nous ne le savons pas.
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