RÉFLEXIONS pour Nb 20:1-29
L’épisode de Mériba est remarquable parce que c’est précisément à cause de lui que Moïse fut finalement privé de la possibilité d’entrer dans la terre promise. Une question naturelle se pose : pourquoi ? Il y avait eu assez d’épisodes semblables, ou comparables, sur le chemin du Sinaï aux frontières de la terre promise par Dieu. Qu’est-ce qui distingue celui-ci ? Extérieurement, une seule phrase, une seule question adressée par Moïse à la foule : est-ce à nous de faire jaillir pour vous de l’eau de ce rocher ? Dieu dit : parce que vous ne M’avez pas cru, vous ne conduirez pas le peuple dans la terre. L’accent porte précisément là-dessus : vous ne conduirez pas le peuple. Le fait que vous-mêmes n’y entrerez pas n’en est que la conséquence. De quoi s’agit-il donc ? Que signifie manifester la sainteté de Dieu ? Comment cela est-il même possible à l’homme ? Bien entendu, l’homme ne peut être par lui-même porteur de la sainteté de Dieu.
Il ne peut être qu’un miroir qui reflète cette sainteté, un miroir plus ou moins pur. Pour refléter la sainteté de Dieu, il faut l’humilité. Non pas l’humilité au sens où nous la comprenons souvent aujourd’hui, dans un sens plutôt fataliste où nous tenons pour volonté de Dieu absolument tout ce qui arrive autour de nous, mais dans son sens véritable et originel, où l’humilité signifie se remettre entièrement à la volonté de Dieu.
Dans ce cas, l’homme doit pour ainsi dire disparaître, devenir absolument imperceptible sur le fond de la présence et de l’action de Dieu, afin que tout ce qui arrive soit attribué à Dieu seul et à personne d’autre. Alors la sainteté de Dieu se manifestera dans la plus grande plénitude possible pour l’homme qui la reflète. Moins l’homme se détache sur le fond de la présence et de la sainteté de Dieu, plus la présence de Dieu devient visible et plus Son action apparaît clairement.
Cela était particulièrement important pour les hommes qui regardaient Moïse et tout ce qui se passait. Ils étaient déjà disposés à voir en Moïse un chef dont ils attendaient des miracles. Mais Dieu devait éduquer Son peuple, et non celui de Moïse, d’Aaron ou de qui que ce soit d’autre. Tout « moi » humain trop nettement mis en relief, même sur le fond de la sainteté de Dieu, empêchait l’accomplissement de cette tâche. La présence d’un chef aussi visible que Moïse devenait indésirable au regard de la mission d’éduquer le peuple de Dieu ; une fois son œuvre accomplie, il devait partir, comme Dieu le lui dit directement en s’adressant à lui comme à Son serviteur.
