30 Je ne puis rien faire de moi-même. Je juge selon ce que j'entends: et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. |
31 Si je me rends témoignage à moi-même, mon témoignage n'est pas valable. |
32 Un autre témoigne de moi, et je sais qu'il est valable le témoignage qu'il me rend. |
33 Vous avez envoyé trouver Jean et il a rendu témoignage à la vérité. |
34 Non que je relève du témoignage d'un homme; si j'en parle, c'est pour votre salut. |
35 Celui-là était la lampe qui brûle et qui luit, et vous avez voulu vous réjouir une heure à sa lumière. |
36 Mais j'ai plus grand que le témoignage de Jean: les œuvres que le Père m'a donné à mener à bonne fin, ces œuvres mêmes que je fais me rendent témoignage que le Père m'envoie. |
37 Et le Père qui m'a envoyé, lui, me rend témoignage. Vous n'avez jamais entendu sa voix, vous n'avez jamais vu sa face, |
38 et sa parole, vous ne l'avez pas à demeure en vous, puisque vous ne croyez pas celui qu'il a envoyé. |
39 Vous scrutez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui me rendent témoignage, |
40 et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie! |
41 De la gloire, je n'en reçois pas qui vienne des hommes; |
42 mais je vous connais: vous n'avez pas en vous l'amour de Dieu; |
43 je viens au nom de mon Père et vous ne m'accueillez pas; qu'un autre vienne en son propre nom, celui-là, vous l'accueillerez. |
44 Comment pouvez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique. |
45 Ne pensez pas que je vous accuserai auprès du Père. Votre accusateur, c'est Moïse, en qui vous avez mis votre espoir. |
46 Car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, car c'est de moi qu'il a écrit. |
47 Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles ? " |
1 Après cela, Jésus s'en alla de l'autre côté de la mer de Galilée ou de Tibériade. |
2 Une grande foule le suivait, à la vue des signes qu'il opérait sur les malades. |
Parlant de l’essence de Son conflit avec les pharisiens, Jésus place au premier plan leur manque de confiance en Dieu. L’accusation pourrait sembler étrange, car il s’agit d’hommes profondément religieux, prêts à beaucoup pour leur religion, y compris, si nécessaire, au sacrifice. Certes, cette religiosité comportait parfois beaucoup de dureté : la disposition à mourir pour sa foi allait souvent de pair avec la disposition à tuer pour cette même foi. Mais l’une comme l’autre se faisaient au nom de Dieu et de la foi ! Jésus parle pourtant du manque d’amour et de confiance en Dieu chez Ses auditeurs. Était-ce une particularité de la religiosité pharisienne ? S’il en était ainsi, tout serait plus simple, surtout pour nous qui n’avons rien à voir avec la religion des pharisiens. Mais les choses ne sont manifestement pas si simples. Jésus dit clairement que ce n’est pas Lui qui juge les pharisiens qui Le rejettent, mais la Torah, qu’ils tentent de L’accuser d’enfreindre. Il leur répond que la Torah Lui rend témoignage. Une telle affirmation peut sembler étrange, car la Torah, à moins de tenter de l’interpréter au prix de distorsions bien connues, ne dit rien du Messie. Pourtant, la Torah sur laquelle se fonde le judaïsme n’a jamais été entièrement contenue en lui, pas plus qu’elle ne tient tout entière dans aucun cadre religieux. D’autre part, c’est précisément la Torah, et avant tout, bien sûr, la Torah intérieure que ces mêmes pharisiens ne pouvaient ignorer, qui aurait dû conduire les auditeurs de Jésus au-delà des limites de leur propre religion et leur révéler quelque chose de plus grand, s’ils avaient seulement été entièrement conséquents dans leur fidélité à la Torah. Mais tel est le malheur de toute religion : après avoir d’abord incité l’homme à la vie spirituelle, elle commence inévitablement, à un certain moment, à l’entraver dans cette vie, en lui imposant un certain plafond spirituel et en exigeant de ses adeptes un compromis entre ses propres exigences et ce à quoi Dieu appelle celui qui suit le chemin de la justice. L’homme doit alors choisir entre Dieu et une religion devenue si familière et commode. Jésus voit que Ses auditeurs ont choisi leur religion. Il dit que la Torah, qui indique le chemin du Royaume, deviendra désormais pour eux non un appui, mais un jugement. Il en va de même pour quiconque rejette Dieu et la Torah au profit de quoi que ce soit, fût-ce de sa propre religion, quelle qu’elle soit.
30 Je ne puis rien faire de moi-même. Je juge selon ce que j'entends: et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. |
31 Si je me rends témoignage à moi-même, mon témoignage n'est pas valable. |
32 Un autre témoigne de moi, et je sais qu'il est valable le témoignage qu'il me rend. |
33 Vous avez envoyé trouver Jean et il a rendu témoignage à la vérité. |
34 Non que je relève du témoignage d'un homme; si j'en parle, c'est pour votre salut. |
35 Celui-là était la lampe qui brûle et qui luit, et vous avez voulu vous réjouir une heure à sa lumière. |
36 Mais j'ai plus grand que le témoignage de Jean: les œuvres que le Père m'a donné à mener à bonne fin, ces œuvres mêmes que je fais me rendent témoignage que le Père m'envoie. |
37 Et le Père qui m'a envoyé, lui, me rend témoignage. Vous n'avez jamais entendu sa voix, vous n'avez jamais vu sa face, |
38 et sa parole, vous ne l'avez pas à demeure en vous, puisque vous ne croyez pas celui qu'il a envoyé. |
39 Vous scrutez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui me rendent témoignage, |
40 et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie! |
41 De la gloire, je n'en reçois pas qui vienne des hommes; |
42 mais je vous connais: vous n'avez pas en vous l'amour de Dieu; |
43 je viens au nom de mon Père et vous ne m'accueillez pas; qu'un autre vienne en son propre nom, celui-là, vous l'accueillerez. |
44 Comment pouvez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique. |
45 Ne pensez pas que je vous accuserai auprès du Père. Votre accusateur, c'est Moïse, en qui vous avez mis votre espoir. |
46 Car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, car c'est de moi qu'il a écrit. |
47 Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles ? " |
1 Après cela, Jésus s'en alla de l'autre côté de la mer de Galilée ou de Tibériade. |
2 Une grande foule le suivait, à la vue des signes qu'il opérait sur les malades. |
Parlant de l'essence de Son conflit avec les pharisiens, Jésus met au premier plan leur défiance envers Dieu. L'accusation paraît étrange : il s'agit pourtant de gens profondément religieux, prêts à beaucoup pour leur religion, y compris, s'il le fallait, au sacrifice. Certes, cette religiosité comportait parfois beaucoup de dureté ; la disposition à mourir pour sa foi voisinait souvent avec la disposition à tuer pour cette même foi. Mais l'une et l'autre choses se faisaient au nom de Dieu et de la foi !
Et pourtant Jésus parle de l'absence, chez Ses auditeurs, d'amour et de confiance envers Dieu. Qu'est-ce donc : une particularité de la religiosité pharisienne ? S'il en était ainsi, tout serait plus simple, surtout pour nous qui n'avons aucun rapport avec la religion des pharisiens. Mais l'affaire, à ce qu'il apparaît, n'est pas si simple. Car Jésus dit directement que ce n'est pas Lui qui juge les pharisiens qui Le rejettent, mais la Torah, dont ils essaient de L'accuser de violer les prescriptions. Et Lui répond que la Torah témoigne de Lui.
Une telle affirmation peut paraître étrange : dans la Torah, en effet, si l'on ne tente pas de l'interpréter avec des efforts forcés, rien n'est dit du Messie. Mais c'est précisément la Torah, sur laquelle se fonde le judaïsme, qui n'a jamais été contenue jusqu'au bout en lui, pas plus qu'elle ne se laisse contenir tout entière dans aucun cadre religieux. D'autre part, c'est justement la Torah, et avant tout, bien sûr, la Torah intérieure, que ces mêmes pharisiens ne pouvaient ignorer, qui aurait dû conduire les auditeurs de Jésus au-delà des limites de leur propre religion, en leur ouvrant quelque chose de plus grand, si seulement ils avaient été conséquents jusqu'au bout dans leur fidélité à la Torah.
Mais le malheur de toute religion est là : au début, elle stimule l'homme à la vie spirituelle ; puis, à un certain moment, elle commence inévitablement à lui faire obstacle dans cette vie, en fixant un plafond spirituel donné et en exigeant de ses adeptes un compromis entre ses exigences et ce à quoi Dieu appelle celui qui marche sur le chemin de la justice. Alors l'homme doit choisir entre Dieu et une religion si habituelle et si commode. Et Jésus voit que Ses auditeurs ont fait le choix de leur religion. Il dit que la Torah, qui indique le chemin vers le Royaume, deviendra désormais pour eux non un appui, mais un jugement. Comme pour quiconque rejette Dieu et la Torah au profit de quoi que ce soit, fût-ce même de sa propre religion. Quelle que soit cette religion.
39 Vous scrutez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui me rendent témoignage, |
Et en effet, nous scrutons l'Écriture comme la clé du salut. Elle ressemble à un épais manuel d'instructions, et en le suivant nous obtiendrons enfin l'éternité. Il suffit simplement de comprendre ce qui est permis et ce qui ne l'est pas, comment agir dans telle ou telle situation, et tout s'arrangera. Mais ce n'est pas de cela que parle le livre.
Quoi que les hommes fassent pour réduire la Révélation à la Loi, ce n'est pas son sens. Dieu se révèle lui-même ; il vient, et il s'avère qu'il n'y a pas de règles. Même le jugement, pour nous, consiste dans le fait que la Lumière est venue dans le monde et que nous commençons à voir que nos oeuvres sont mauvaises. L'Écriture parle de Jésus ; nous lisons ce qui est écrit pour une seule raison : le connaître, le comprendre, entendre sa voix. Et, reconnaissant que la Bible ne parle de rien d'autre, nous devons lire précisément ainsi l'histoire pluriséculaire de la Révélation de Dieu aux hommes. Une Révélation avec laquelle il est si difficile d'être d'accord, parce qu'elle renverse nos idées habituelles sur la structure du monde.
42 mais je vous connais: vous n'avez pas en vous l'amour de Dieu; |
43 je viens au nom de mon Père et vous ne m'accueillez pas; qu'un autre vienne en son propre nom, celui-là, vous l'accueillerez. |
44 Comment pouvez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique. |
Les paroles du Christ disant que ceux qui ne Le reçoivent pas, Lui venu au nom du Père, le vrai Dieu, recevront un autre, sont souvent interprétées en ce sens que toutes les religions, en dehors des chrétiennes, viennent du diable. Puisqu'ils ne reçoivent pas le Christ, dit-on, ils ont donc reçu « un autre », et cet « autre » ne peut être que l'adversaire du Christ. Pourtant Jésus Lui-même ne parle pas du tout d'une reconnaissance ou d'une non-reconnaissance formelle de Sa personne. Conduire à Sa suite n'est pas pour Lui une fin en soi. Le but est de conduire plus loin : vers le Père. Mais on ne peut y parvenir que par Lui, avec Son aide, en participant à la plénitude de Sa vie.
Peu Lui importe ce que les gens pensent de Lui : Il veut seulement que tous soient sauvés. Mais pour cela, les déclarations ne suffisent pas. Il faut un travail spirituel. Il ne crée pas une nouvelle religion pour laquelle Il chercherait des adeptes. Sa tâche est de faire en sorte que celui qui a commencé ici son chemin vers le Royaume puisse l'achever, en allant jusqu'au bout. Et entrer dans le Royaume, y trouvant le salut. La question de la fidélité au Christ n'est ni religieuse ni doctrinale. C'est la question de la fidélité à Dieu et à Son Royaume.
Une fidélité intérieure avant tout. « Vous ne Me croyez pas parce que la parole de Dieu n'est pas en vous ». Ici, bien sûr, il ne s'agit pas de connaître les textes sacrés. « Vous n'avez ni entendu ni vu Mon Père ». Voilà la réponse à toutes les questions. Il ne s'agit pas de savoir où et quand l'homme est né, à quelle tradition culturelle et religieuse il appartient, quels textes sacrés il a lus. Il s'agit seulement de savoir s'il lui est arrivé au moins une fois dans sa vie de rencontrer le Dieu vivant.
Non pas les descriptions de Dieu que l'on peut trouver en abondance dans la littérature religieuse et dans les livres sacrés, mais Dieu Lui-même. Si cela lui est arrivé, le Christ était présent, que celui qui vivait cette rencontre ait su ou non Sa présence. Et si la rencontre a changé la vie de celui qui l'a vécue, si l'homme, après elle, a sérieusement réfléchi à la vie spirituelle et au chemin spirituel, le Christ n'abandonnera pas un tel homme. Mais si l'homme n'a pas besoin de la vie spirituelle, si elle se réduit pour lui à une vie religieuse, il ne verra pas le Messie.
Même en étant un Juif orthodoxe. Ou un orthodoxe, un catholique ou un protestant parfaitement orthodoxe. Car des notions justes sur Dieu et sur le Christ ne garantissent pas encore une communion réelle avec Dieu et avec le Christ. Et la connaissance des textes corrects, par exemple le Pentateuque de Moïse, ne fera alors que conduire à ce que l'auteur de ces textes devienne, au jour du Jugement, témoin à charge. Car à qui a plus connu, il sera plus demandé.
1 Après cela, Jésus s'en alla de l'autre côté de la mer de Galilée ou de Tibériade. |
2 Une grande foule le suivait, à la vue des signes qu'il opérait sur les malades. |
3 Jésus gravit la montagne et là, il s'assit avec ses disciples. |
4 Or la Pâque, la fête des Juifs, était proche. |
5 Levant alors les yeux et voyant qu'une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : " Où achèterons-nous des pains pour que mangent ces gens ? " |
6 Il disait cela pour le mettre à l'épreuve, car lui-même savait ce qu'il allait faire. |
7 Philippe lui répondit : " Deux cents deniers de pain ne suffisent pas pour que chacun en reçoive un petit morceau. " |
8 Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit: |
9 " Il y a ici un enfant, qui a cinq pains d'orge et deux poissons ; mais qu'est-ce que cela pour tant de monde ? " |
10 Jésus leur dit : " Faites s'étendre les gens. " Il y avait beaucoup d'herbe en ce lieu. Ils s'étendirent donc, au nombre d'environ cinq mille hommes. |
11 Alors Jésus prit les pains et, ayant rendu grâces, il les distribua aux convives, de même aussi pour les poissons, autant qu'ils en voulaient. |
12 Quand ils furent repus, il dit à ses disciples : " Rassemblez les morceaux en surplus, afin que rien ne soit perdu. " |
13 Ils les rassemblèrent donc et remplirent douze couffins avec les morceaux des cinq pains d'orge restés en surplus à ceux qui avaient mangé. |
14 A la vue du signe qu'il venait de faire, les gens disaient : " C'est vraiment lui le prophète qui doit venir dans le monde. " |
15 Alors Jésus, se rendant compte qu'ils allaient venir s'emparer de lui pour le faire roi, s'enfuit à nouveau dans la montagne, tout seul. |
Quelle situation intéressante : Jésus passe sur l’autre rive du lac, et une foule Le suit. Pour parler simplement, ces gens Lui ont emboîté le pas afin de voir quelque chose d’intéressant. On pourrait se dire : ils L’ont suivi de leur propre initiative, Jésus ne les a pas appelés, alors pourquoi devrait-Il Se préoccuper de les nourrir ? Qu’ils aillent dans les villages voisins ou, après tout, qu’ils se débrouillent comme ils veulent. Il fallait réfléchir avant de partir on ne sait où ; ils auraient pu s’occuper eux-mêmes de leur nourriture. Mais Jésus, semble-t-il, ne pose absolument pas la question ainsi. Il voit des personnes qui L’ont suivi et, pour une raison ou une autre, estime nécessaire de pourvoir à leur nourriture. Pourquoi ? Les a-t-Il appelées ? Lui ont-elles demandé de leur donner à manger ? Non. Mais elles L’ont suivi, et pour Lui, c’est la raison principale de prendre soin d’elles... D’un côté, c’est pour nous une leçon—une leçon de responsabilité envers ceux « que nous avons apprivoisés ». De l’autre, c’est une immense consolation : s’Il est miséricordieux à ce point, cela signifie qu’Il est tout aussi ouvert à nos besoins lorsque nous nous tournons vers Lui pour demander Son aide.
1 Après cela, Jésus s'en alla de l'autre côté de la mer de Galilée ou de Tibériade. |
2 Une grande foule le suivait, à la vue des signes qu'il opérait sur les malades. |
3 Jésus gravit la montagne et là, il s'assit avec ses disciples. |
4 Or la Pâque, la fête des Juifs, était proche. |
5 Levant alors les yeux et voyant qu'une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : " Où achèterons-nous des pains pour que mangent ces gens ? " |
6 Il disait cela pour le mettre à l'épreuve, car lui-même savait ce qu'il allait faire. |
7 Philippe lui répondit : " Deux cents deniers de pain ne suffisent pas pour que chacun en reçoive un petit morceau. " |
8 Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit: |
9 " Il y a ici un enfant, qui a cinq pains d'orge et deux poissons ; mais qu'est-ce que cela pour tant de monde ? " |
10 Jésus leur dit : " Faites s'étendre les gens. " Il y avait beaucoup d'herbe en ce lieu. Ils s'étendirent donc, au nombre d'environ cinq mille hommes. |
11 Alors Jésus prit les pains et, ayant rendu grâces, il les distribua aux convives, de même aussi pour les poissons, autant qu'ils en voulaient. |
12 Quand ils furent repus, il dit à ses disciples : " Rassemblez les morceaux en surplus, afin que rien ne soit perdu. " |
13 Ils les rassemblèrent donc et remplirent douze couffins avec les morceaux des cinq pains d'orge restés en surplus à ceux qui avaient mangé. |
14 A la vue du signe qu'il venait de faire, les gens disaient : " C'est vraiment lui le prophète qui doit venir dans le monde. " |
15 Alors Jésus, se rendant compte qu'ils allaient venir s'emparer de lui pour le faire roi, s'enfuit à nouveau dans la montagne, tout seul. |
16 Quand le soir fut venu, ses disciples descendirent à la mer, |
17 et, montant en bateau, ils se rendaient de l'autre côté de la mer, à Capharnaüm. Il faisait déjà nuit; Jésus n'était pas encore venu les rejoindre; |
18 et la mer, comme soufflait un grand vent, se soulevait. |
19 Ils avaient ramé environ vingt-cinq ou trente stades, quand ils voient Jésus marcher sur la mer et s'approcher du bateau. Ils eurent peur. |
20 Mais il leur dit : " C'est moi. N'ayez pas peur. " |
21 Ils étaient disposés à le prendre dans le bateau, mais aussitôt le bateau toucha terre là où ils se rendaient. |
22 Le lendemain, la foule qui se tenait de l'autre côté de la mer vit qu'il n'y avait eu là qu'une barque et que Jésus n'était pas monté dans le bateau avec ses disciples, mais que seuls ses disciples s'en étaient allés. |
23 Cependant, de Tibériade des bateaux vinrent près du lieu où l'on avait mangé le pain. |
24 Quand donc la foule vit que Jésus n'était pas là, ni ses disciples non plus, les gens s'embarquèrent et vinrent à Capharnaüm à la recherche de Jésus. |
25 L'ayant trouvé de l'autre côté de la mer, ils lui dirent : " Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? " |
26 Jésus leur répondit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés. |
27 Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l'homme, car c'est lui que le Père, Dieu, a marqué de son sceau. " |
28 Ils lui dirent alors : " Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? " |
29 Jésus leur répondit : " L'œuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé. " |
30 Ils lui dirent alors : " Quel signe fais-tu donc, pour qu'à sa vue nous te croyions ? Quelle œuvre accomplis-tu ? |
31 Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit : Il leur a donné à manger du pain venu du ciel. " |
32 Jésus leur répondit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, non, ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel ; mais c'est mon Père qui vous le donne, le pain qui vient du ciel, le vrai ; |
33 car le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. " |
34 Ils lui dirent alors : " Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. " |
35 Jésus leur dit : " Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n'aura jamais faim ; qui croit en moi n'aura jamais soif. |
36 Mais je vous l'ai dit: vous me voyez et vous ne croyez pas. |
37 Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors; |
38 car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. |
39 Or c'est la volonté de celui qui m'a envoyé que je ne perde rien de tout ce qu'il m'a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour. |
40 Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. " |
41 Les Juifs alors se mirent à murmurer à son sujet, parce qu'il avait dit : " Je suis le pain descendu du ciel. " |
La lecture d'aujourd'hui nous permet de mieux comprendre ce que l'on appelle habituellement le « secret messianique » de Jésus. En parlant de lui, on entend le fait que Jésus lui-même, jusqu'aux derniers jours de son ministère terrestre, ne parlait presque pas directement de sa messianité, du moins pas ouvertement. Le récit de l'évangéliste nous ramène au miracle de la multiplication des pains (v. 1-14). La réaction à ce miracle fut manifestement une tentative de proclamer Jésus « roi », de faire de lui le chef d'un nouveau mouvement messianique (v. 15). Et ce n'est pas étonnant: selon les représentations généralement admises à cette époque, le Messie devait justement devenir roi, rétablir un État juif indépendant et y introduire des lois conformes à la Torah. Jésus, bien sûr, n'avait aucune intention de devenir le chef de quelque mouvement politico-religieux que ce soit.
Mais Jésus avait aussi une autre raison, plus importante, de cacher sa messianité. Il la dit lui-même directement à ceux qui étaient partis le chercher en Galilée: la plupart des hommes qui cherchaient à le rencontrer ne le faisaient pas parce qu'ils avaient soif du Royaume, mais parce qu'ils voulaient, en cas de besoin, toujours pouvoir recevoir gratuitement du pain (v. 26). Jésus, lui, leur parle de la vie éternelle et de l'essentiel sans lequel on ne peut y participer: la confiance en Celui que Dieu a envoyé dans le monde pour donner le Royaume aux hommes (v. 27-29).
Mais ils ne le comprennent pas. Ils lui demandent: où sont les preuves de la vérité de tes paroles (v. 30)? Et ils donnent aussitôt un exemple des preuves qui les convaincraient: la manne venue du ciel, comme au temps de Moïse dans le désert (v. 31). Jésus, de nouveau, leur dit que le Royaume est plus grand que n'importe quel miracle, et que le pain du Royaume est plus important que la manne (v. 32-33). Et de nouveau, ils ne le comprennent pas.
Ses auditeurs ne parviennent pas à saisir qu'avec la venue du Sauveur dans le monde une nouvelle époque a commencé, et que ce qui leur est arrivé sur la rive du lac de Génésareth n'était pas un miracle au sens où la manne en était un. Simplement, en étant avec Jésus, ils se sont trouvés dans le Royaume et ont vécu un certain temps selon ses lois; mais, manifestement, ils n'ont pas compris jusqu'au bout ce qui leur était arrivé. C'est pourquoi ils demandent du pain à Jésus et s'attendent à le recevoir comme autrefois leurs pères recevaient de Dieu la manne (v. 34). Et Jésus tente encore et encore de leur expliquer qu'il ne s'agit pas du pain, mais du Royaume et de cette plénitude de la vie divine qui y est donnée à chacun, de sorte que là aucune manne ne sera plus nécessaire.
Le miracle, c'est l'irruption du Royaume dans notre monde, la manifestation de ses lois là où, d'ordinaire, règnent des règles tout autres. Mais maintenant le Royaume entre dans le monde en le transformant, et le temps des miracles passe. Vient le temps du Royaume, ouvert à quiconque le cherche et veut y entrer.
1 Après cela, Jésus s'en alla de l'autre côté de la mer de Galilée ou de Tibériade. |
2 Une grande foule le suivait, à la vue des signes qu'il opérait sur les malades. |
3 Jésus gravit la montagne et là, il s'assit avec ses disciples. |
4 Or la Pâque, la fête des Juifs, était proche. |
5 Levant alors les yeux et voyant qu'une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : " Où achèterons-nous des pains pour que mangent ces gens ? " |
6 Il disait cela pour le mettre à l'épreuve, car lui-même savait ce qu'il allait faire. |
7 Philippe lui répondit : " Deux cents deniers de pain ne suffisent pas pour que chacun en reçoive un petit morceau. " |
8 Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit: |
9 " Il y a ici un enfant, qui a cinq pains d'orge et deux poissons ; mais qu'est-ce que cela pour tant de monde ? " |
10 Jésus leur dit : " Faites s'étendre les gens. " Il y avait beaucoup d'herbe en ce lieu. Ils s'étendirent donc, au nombre d'environ cinq mille hommes. |
11 Alors Jésus prit les pains et, ayant rendu grâces, il les distribua aux convives, de même aussi pour les poissons, autant qu'ils en voulaient. |
12 Quand ils furent repus, il dit à ses disciples : " Rassemblez les morceaux en surplus, afin que rien ne soit perdu. " |
13 Ils les rassemblèrent donc et remplirent douze couffins avec les morceaux des cinq pains d'orge restés en surplus à ceux qui avaient mangé. |
14 A la vue du signe qu'il venait de faire, les gens disaient : " C'est vraiment lui le prophète qui doit venir dans le monde. " |
15 Alors Jésus, se rendant compte qu'ils allaient venir s'emparer de lui pour le faire roi, s'enfuit à nouveau dans la montagne, tout seul. |
16 Quand le soir fut venu, ses disciples descendirent à la mer, |
17 et, montant en bateau, ils se rendaient de l'autre côté de la mer, à Capharnaüm. Il faisait déjà nuit; Jésus n'était pas encore venu les rejoindre; |
18 et la mer, comme soufflait un grand vent, se soulevait. |
19 Ils avaient ramé environ vingt-cinq ou trente stades, quand ils voient Jésus marcher sur la mer et s'approcher du bateau. Ils eurent peur. |
20 Mais il leur dit : " C'est moi. N'ayez pas peur. " |
21 Ils étaient disposés à le prendre dans le bateau, mais aussitôt le bateau toucha terre là où ils se rendaient. |
22 Le lendemain, la foule qui se tenait de l'autre côté de la mer vit qu'il n'y avait eu là qu'une barque et que Jésus n'était pas monté dans le bateau avec ses disciples, mais que seuls ses disciples s'en étaient allés. |
23 Cependant, de Tibériade des bateaux vinrent près du lieu où l'on avait mangé le pain. |
24 Quand donc la foule vit que Jésus n'était pas là, ni ses disciples non plus, les gens s'embarquèrent et vinrent à Capharnaüm à la recherche de Jésus. |
25 L'ayant trouvé de l'autre côté de la mer, ils lui dirent : " Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? " |
26 Jésus leur répondit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés. |
27 Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l'homme, car c'est lui que le Père, Dieu, a marqué de son sceau. " |
28 Ils lui dirent alors : " Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? " |
29 Jésus leur répondit : " L'œuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé. " |
30 Ils lui dirent alors : " Quel signe fais-tu donc, pour qu'à sa vue nous te croyions ? Quelle œuvre accomplis-tu ? |
31 Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit : Il leur a donné à manger du pain venu du ciel. " |
32 Jésus leur répondit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, non, ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel ; mais c'est mon Père qui vous le donne, le pain qui vient du ciel, le vrai ; |
33 car le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. " |
34 Ils lui dirent alors : " Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. " |
35 Jésus leur dit : " Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n'aura jamais faim ; qui croit en moi n'aura jamais soif. |
36 Mais je vous l'ai dit: vous me voyez et vous ne croyez pas. |
37 Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors; |
38 car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. |
39 Or c'est la volonté de celui qui m'a envoyé que je ne perde rien de tout ce qu'il m'a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour. |
40 Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. " |
41 Les Juifs alors se mirent à murmurer à son sujet, parce qu'il avait dit : " Je suis le pain descendu du ciel. " |
N'est-il pas étrange que Celui qui vient des cieux se soucie de nourrir de pain les foules de Ses auditeurs et de Ses disciples? Est-ce pour cela qu'Il est venu? Pourtant, le miracle de la multiplication des pains pour cinq mille personnes est le seul miracle décrit par tous les évangélistes, et il est donc particulièrement important. C'est lui qui sert de point de départ à la conversation sur le vrai pain dont l'homme vit véritablement, le pain de vie.
Nous avons entendu depuis l'enfance que l'homme ne vit pas seulement de pain. Mais si nous essayons de comprendre ce qui compose notre régime spirituel, y trouverons-nous ce qui peut réellement rassasier le cœur, et non un substitut qui ne laisse qu'une gueule de bois et de la nausée?
Le Seigneur nous propose un tel pain. Ce n'est pas un enseignement, ni des commandements, ni la foi en Dieu: tout cela existait déjà chez les Juifs et existe dans beaucoup d'écoles spirituelles et de religions. Jésus parle du pain qui descend réellement des cieux et donne la vraie vie, la vie éternelle. Ce pain, c'est Lui-même.
25 En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient - et c'est maintenant - où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l'auront entendue vivront. |
26 Comme le Père en effet a la vie en lui-même, de même a-t-il donné au Fils d'avoir aussi la vie en lui-même |
27 et il lui a donné pouvoir d'exercer le jugement parce qu'il est Fils d'homme. |
28 N'en soyez pas étonnés, car elle vient, l'heure où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix |
29 et sortiront: ceux qui auront fait le bien, pour une résurrection de vie, ceux qui auront fait le mal, pour une résurrection de jugement. |
30 Je ne puis rien faire de moi-même. Je juge selon ce que j'entends: et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. |
31 Si je me rends témoignage à moi-même, mon témoignage n'est pas valable. |
32 Un autre témoigne de moi, et je sais qu'il est valable le témoignage qu'il me rend. |
33 Vous avez envoyé trouver Jean et il a rendu témoignage à la vérité. |
34 Non que je relève du témoignage d'un homme; si j'en parle, c'est pour votre salut. |
35 Celui-là était la lampe qui brûle et qui luit, et vous avez voulu vous réjouir une heure à sa lumière. |
36 Mais j'ai plus grand que le témoignage de Jean: les œuvres que le Père m'a donné à mener à bonne fin, ces œuvres mêmes que je fais me rendent témoignage que le Père m'envoie. |
37 Et le Père qui m'a envoyé, lui, me rend témoignage. Vous n'avez jamais entendu sa voix, vous n'avez jamais vu sa face, |
38 et sa parole, vous ne l'avez pas à demeure en vous, puisque vous ne croyez pas celui qu'il a envoyé. |
39 Vous scrutez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui me rendent témoignage, |
40 et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie! |
41 De la gloire, je n'en reçois pas qui vienne des hommes; |
42 mais je vous connais: vous n'avez pas en vous l'amour de Dieu; |
43 je viens au nom de mon Père et vous ne m'accueillez pas; qu'un autre vienne en son propre nom, celui-là, vous l'accueillerez. |
44 Comment pouvez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique. |
45 Ne pensez pas que je vous accuserai auprès du Père. Votre accusateur, c'est Moïse, en qui vous avez mis votre espoir. |
46 Car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, car c'est de moi qu'il a écrit. |
47 Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles ? " |
«L'heure vient, et elle est déjà venue»: dans l'Évangile de Jean, nous entendons ces paroles lorsque le Seigneur parle de Sa mission sur la terre. Les premiers chrétiens comprenaient souvent les promesses du Seigneur Jésus comme la description de ce qui adviendra bientôt: le Jour du Seigneur, la fin de ce monde, lorsqu'Il jugera les vivants et les morts après la résurrection générale dans la chair. Mais si l'on rapporte cet événement à l'avenir (proche ou lointain), alors, premièrement, on ne comprend pas ce que signifie que l'heure «est déjà venue»; et deuxièmement, les paroles sur l'avenir peuvent être importantes comme promesse de notre résurrection, mais non comme description de ce qui se produit réellement maintenant.
Or l'Évangile est un livre très réel. Il a été écrit pour que nous ayons la vie maintenant, et non simplement pour que nous soyons effrayés par le Jugement futur et que nous nous conduisions bien. S'il en est ainsi, la justification au jugement du Fils de l'homme et la vie éternelle du Père agissent déjà, se produisent déjà dans la vie de celui qui a cru à Ses paroles, et Sa voix vivifie dès maintenant «ceux qui sont dans les tombeaux».
25 En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient - et c'est maintenant - où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l'auront entendue vivront. |
26 Comme le Père en effet a la vie en lui-même, de même a-t-il donné au Fils d'avoir aussi la vie en lui-même |
27 et il lui a donné pouvoir d'exercer le jugement parce qu'il est Fils d'homme. |
28 N'en soyez pas étonnés, car elle vient, l'heure où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix |
29 et sortiront: ceux qui auront fait le bien, pour une résurrection de vie, ceux qui auront fait le mal, pour une résurrection de jugement. |
30 Je ne puis rien faire de moi-même. Je juge selon ce que j'entends: et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. |
31 Si je me rends témoignage à moi-même, mon témoignage n'est pas valable. |
32 Un autre témoigne de moi, et je sais qu'il est valable le témoignage qu'il me rend. |
33 Vous avez envoyé trouver Jean et il a rendu témoignage à la vérité. |
34 Non que je relève du témoignage d'un homme; si j'en parle, c'est pour votre salut. |
35 Celui-là était la lampe qui brûle et qui luit, et vous avez voulu vous réjouir une heure à sa lumière. |
36 Mais j'ai plus grand que le témoignage de Jean: les œuvres que le Père m'a donné à mener à bonne fin, ces œuvres mêmes que je fais me rendent témoignage que le Père m'envoie. |
37 Et le Père qui m'a envoyé, lui, me rend témoignage. Vous n'avez jamais entendu sa voix, vous n'avez jamais vu sa face, |
38 et sa parole, vous ne l'avez pas à demeure en vous, puisque vous ne croyez pas celui qu'il a envoyé. |
39 Vous scrutez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui me rendent témoignage, |
40 et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie! |
41 De la gloire, je n'en reçois pas qui vienne des hommes; |
42 mais je vous connais: vous n'avez pas en vous l'amour de Dieu; |
43 je viens au nom de mon Père et vous ne m'accueillez pas; qu'un autre vienne en son propre nom, celui-là, vous l'accueillerez. |
44 Comment pouvez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique. |
45 Ne pensez pas que je vous accuserai auprès du Père. Votre accusateur, c'est Moïse, en qui vous avez mis votre espoir. |
46 Car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, car c'est de moi qu'il a écrit. |
47 Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles ? " |
La lecture d'aujourd'hui nous permet de mieux comprendre l'essence du conflit de Jésus avec cette partie de la Synagogue qui le rejetait et le condamnait. Il le dit lui-même de façon parfaitement claire: le principal problème de ses adversaires est qu'ils n'ont jamais connu le Dieu réel et vivant (v. 37-38). À première vue, une telle affirmation peut paraître étrange: en effet, les partisans comme les adversaires de Jésus étaient pour la plupart des hommes profondément religieux, connaissant l'Écriture et attendant, du moins en paroles, le Messie et le Royaume. Mais, manifestement, la religion était devenue pour eux une fin en soi au lieu d'être un moyen. Le Sauveur caractérise cette situation en une courte phrase: vous cherchez la gloire les uns auprès des autres, et non auprès de Dieu (v. 44).
Toute religion est œuvre des mains humaines. Certes, la révélation donnée par Dieu a souvent besoin d'une enveloppe religieuse pour être conservée et transmise aux générations à venir, mais son rôle demeure alors purement auxiliaire; la religiosité comme telle n'a aucun rapport avec la révélation. Mais, comme toute œuvre humaine, la religion offre un vaste champ à l'expression créatrice de soi, car s'y unissent des formes de culture aussi différentes que la science, l'art et l'ascèse. Et, comme toute œuvre humaine, la religion peut parfaitement saisir l'homme tout entier. Bien plus, elle est capable, comme rien d'autre, d'influencer la formation du système de valeurs des individus et de communautés entières.
Il n'est pas étonnant que toute religion, et plus encore une religion comme le judaïsme, fondée sur une tradition multiséculaire liée à la révélation donnée par Dieu, se referme tôt ou tard dans ses propres cadres et devienne autosuffisante. Alors ses adeptes doivent faire des efforts particuliers pour percer à travers leur religiosité jusqu'à Dieu. Mais, manifestement, les adversaires de Jésus n'étaient nullement disposés à de tels efforts. Toutes leurs forces étaient au contraire dirigées vers le maintien de cette enveloppe religieuse qui, en théorie, devait protéger la révélation autrefois reçue de Dieu, mais qui, en réalité, avait depuis longtemps cessé de remplir cette fonction. Ce n'est pas un hasard si Jésus dit que la Torah elle-même, donnée par Moïse, deviendra pour eux un jugement (v. 45): car garder fidélité à la Torah signifie garder fidélité à Dieu et à Celui qu'il envoie, et non à la tradition religieuse en elle-même, même si celle-ci devait son origine à la Torah (v. 46-47).
Et il ne s'agit pas du fait que le Seigneur serait blessé par ceux qui ne l'acceptent pas: il se soucie peu de gloire ou de renommée (v. 41). Il s'agit du fait que le temps du Jugement est déjà proche, et qu'il veut que chacun entre dans le Royaume (v. 34). Car le Jugement place chacun devant le choix entre la vie et la mort. Et aucune religion ne peut ici aider personne. Seul peut aider Celui qui a apporté le Royaume dans le monde.
24 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m'a envoyé a la vie éternelle et ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. |
25 En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient - et c'est maintenant - où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l'auront entendue vivront. |
26 Comme le Père en effet a la vie en lui-même, de même a-t-il donné au Fils d'avoir aussi la vie en lui-même |
27 et il lui a donné pouvoir d'exercer le jugement parce qu'il est Fils d'homme. |
28 N'en soyez pas étonnés, car elle vient, l'heure où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix |
29 et sortiront: ceux qui auront fait le bien, pour une résurrection de vie, ceux qui auront fait le mal, pour une résurrection de jugement. |
30 Je ne puis rien faire de moi-même. Je juge selon ce que j'entends: et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. |
En parlant de Son ministère, Jésus mentionne le Jugement et la résurrection des morts, tout ce qui, dans l’esprit de Ses auditeurs, était lié à la fin de l’histoire terrestre, à la venue du Messie et à l’avènement du Royaume messianique. Pourtant, Il ne Se nomme toujours pas Messie. C’est peut-être précisément ce qui provoquait de nombreux malentendus : tout en revendiquant des prérogatives messianiques, Jésus ne Se proclame pas Messie, alors que, selon les conceptions religieuses généralement admises à cette époque, rien de semblable n’était permis à un homme ordinaire, fût-il prophète. Pourquoi donc ne tente-t-Il pas de dissiper les malentendus en déclarant simplement Sa messianité ? L’attitude envers Ses paroles aurait alors certainement été différente, et les accusations auraient été moins nombreuses, peut-être même inexistantes. Après tout, on attendait du Messie le Jugement et une relation particulière avec Dieu, même si, bien sûr, il n’était pas question ici de nature divino-humaine au sens chrétien. Le problème, cependant, était qu’à cette époque, dans le milieu juif, on regardait le Messie et Ses tâches à travers le prisme de la tradition de ce messianisme militant qui, après avoir semblé s’éteindre complètement à l’époque hellénistique, reprit vie au temps des guerres des Maccabées. Celles-ci étaient considérées comme le début de la guerre messianique, pendant laquelle ou peu après laquelle le Messie apparaîtrait. Le Messie ne devait pas seulement Se déclarer, Il devait agir, et agir d’une manière tout à fait déterminée et attendue. Or Jésus n’avait nullement l’intention d’agir ainsi. Sa tâche principale durant Son bref ministère terrestre était de faire entrer le plus grand nombre possible de personnes dans la vie du Royaume. Sa mission consistait à aller révéler le Royaume là où le Père Le dirigeait et à créer une communauté de ceux qui étaient entrés dans le Royaume et prêts à se consacrer au témoignage rendu à celui-ci. Pour tous les autres, y compris même les apôtres, tout cela n’était qu’un prélude à ce qu’ils considéraient comme l’essentiel : la préparation de l’insurrection messianique et de la guerre messianique, qui devait s’achever par l’expulsion des Romains et la fondation d’un nouveau « royaume des justes ». Jésus, Lui, parle constamment de la même chose, du Royaume et de Sa véritable mission, sans Se nommer Messie précisément afin qu’on n’exige pas de Lui ce qu’Il ne pouvait en aucun cas accomplir, parce que cela n’entrait pas dans les plans de Son Père. Cela compliquait considérablement les choses et rapprochait le dénouement tragique, mais permettait d’éviter des malentendus qui auraient pu conduire à une grave tentation spirituelle, celle qui, en l’an 70, mena à la destruction de la ville et du Temple annoncée par le Sauveur.
24 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m'a envoyé a la vie éternelle et ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. |
25 En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient - et c'est maintenant - où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l'auront entendue vivront. |
26 Comme le Père en effet a la vie en lui-même, de même a-t-il donné au Fils d'avoir aussi la vie en lui-même |
27 et il lui a donné pouvoir d'exercer le jugement parce qu'il est Fils d'homme. |
28 N'en soyez pas étonnés, car elle vient, l'heure où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix |
29 et sortiront: ceux qui auront fait le bien, pour une résurrection de vie, ceux qui auront fait le mal, pour une résurrection de jugement. |
30 Je ne puis rien faire de moi-même. Je juge selon ce que j'entends: et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. |
Le Seigneur parle de nouveau du jugement qui attend toutes les oeuvres des hommes. Il en fut sans doute question plus d'une fois pendant le ministère terrestre du Christ, et tous les évangélistes transmettent d'une manière ou d'une autre ce que disait le Maître. À la différence de la longue parabole du Jugement dernier transmise par l'évangéliste Matthieu, l'évangéliste Jean rapporte ici la révélation du pouvoir que le Père a remis au Fils.
Le Seigneur dit que le Père céleste lui a remis le pouvoir d'exercer le jugement parce qu'il est le Fils de l'homme. D'une part, il est question du Messie, que la Sainte Écriture appelle souvent Fils de l'homme ; nous pouvons donc comprendre le Sauveur ainsi : le jugement lui est remis parce qu'il est le Christ, le Sauveur et le Rédempteur du monde. D'autre part, rappelons-nous les paroles de l'apôtre Paul : « C'est pourquoi il devait devenir en tout semblable à ses frères, afin d'être un grand prêtre miséricordieux et fidèle devant Dieu, pour expier les péchés du peuple. Car, du fait qu'il a souffert lui-même et a été tenté, il peut secourir ceux qui sont tentés » (He 2:17-18).
Jean Damascène dit la même chose dans l'irmos du canon de la Résurrection du premier ton, en s'adressant au Christ par ces mots : « Toi seul qui connais la faiblesse de la nature humaine et qui, par compassion, l'as assumée, ceins-moi de la force d'en haut... ». Le Fils, selon la pensée de l'apôtre Paul et de saint Jean, est le seul à connaître toute notre faiblesse ; c'est pourquoi le droit de nous juger lui est donné : lui-même a bu notre coupe jusqu'au fond.
17 Mais il répondit : " Mon Père est à l'œuvre jusqu'à présent et j'œuvre moi aussi " |
18 Aussi les Juifs n'en cherchaient que davantage à le tuer, puisque, non content de violer le sabbat, il appelait encore Dieu son propre Père, se faisant égal à Dieu. |
19 Jésus reprit donc la parole et leur dit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, qu'il ne le voie faire au Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement. |
20 Car le Père aime le Fils, et lui montre tout ce qu'il fait; et il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci, à vous en stupéfier. |
21 Comme le Père en effet ressuscite les morts et leur redonne vie, ainsi le Fils donne vie à qui il veut. |
22 Car le Père ne juge personne; il a donné au Fils le jugement tout entier, |
23 afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Qui n'honore pas le Fils n'honore pas le Père qui l'a envoyé. |
24 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m'a envoyé a la vie éternelle et ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. |
25 En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient - et c'est maintenant - où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l'auront entendue vivront. |
26 Comme le Père en effet a la vie en lui-même, de même a-t-il donné au Fils d'avoir aussi la vie en lui-même |
27 et il lui a donné pouvoir d'exercer le jugement parce qu'il est Fils d'homme. |
28 N'en soyez pas étonnés, car elle vient, l'heure où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix |
29 et sortiront: ceux qui auront fait le bien, pour une résurrection de vie, ceux qui auront fait le mal, pour une résurrection de jugement. |
30 Je ne puis rien faire de moi-même. Je juge selon ce que j'entends: et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. |
Il est frappant de voir à quel point nous pouvons percevoir différemment ce que nous lisons, « entendre » différemment. La perception semble dépendre de l’heure, de l’état physique du lecteur (tout simplement, du fait qu’il ait assez dormi ou non) et de son désir de recevoir une information. Pourtant, il y a dans ce monde Quelqu’un qui peut tout faire concourir au bien, y compris les obstacles (voir Rm 8,28). Au verset 24, Jésus prononce des paroles étonnantes. Mais même ces paroles peuvent être entendues de différentes manières. Parfois, par la grâce de Dieu, quelque chose s’embrase en nous en réponse à ce que nous avons lu. Il nous l’accorde soit lorsque nous demandons à entendre ainsi, soit lorsqu’Il tient Lui-même absolument à ce que nous entendions. C’est probablement de cette écoute attentive et de cette réponse à Sa parole que parle Jésus, et non de quelque chose que nous pourrions accomplir par nos seules forces humaines. Ce n’est pas sans raison qu’Il a répété à plusieurs reprises : « Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! » (Mt 11,15). Qui donc ne possède pas ces oreilles ? Mais seul le Seigneur peut les ouvrir. Demandons donc à Dieu le don d’entendre, afin que les mots « celui qui écoute Ma parole » puissent s’appliquer à nous.
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